Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Voir-ou-revoir

Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Entrée de l'exposition au MAMEntrée de l'exposition au MAM

Entrée de l'exposition au MAM

La rétrospective actuelle de l'oeuvre de Bernard Buffet au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris est un événement inattendu : elle est l'occasion pour beaucoup d'entre nous de découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de l'un des artistes les plus célèbres du XXe siècle.

L'ascension de Bernard Buffet fût fulgurante. Au milieu des années cinquante, il est considéré comme étant l'égal de Picasso (ce dernier doit sans doute fort peu apprécier cette estimation), un référendum organisé par le magazine "Connaissance des Arts", l'élit meilleur peintre de l'après-guerre.

1958. Première grande rétrospective à la galerie Charpentier et année charnière pour lui : il a trente ans, il est riche, il roule en Rolls, son succès commercial est énorme (il est le premier peintre à diffuser certaines de ses oeuvres sous forme de produits dérivés).

1959. André Malraux devenu Ministre chargé des Affaires Culturelles, inaugure la première Biennale de Paris qui "sacre" l'abstraction de Pierre Soulages ou de Georges Mathieu au détriment de la figuration. Pour Bernard Buffet, ce sera bientôt la chute brutale, il sera l'objet, selon Otto Hahn, d'un "terrorisme moral". On lui reproche, outre son succès commercial, son côté "people" artiste figure de la haute société. Pour les institutions et les critiques, dans le courant intellectuel du moment, il n'est plus acceptable. Bernard Buffet n'est pas du côté des abstraits... et il ose même affirmer qu'il est contre !

Depuis 1952, il présente chaque année, le premier jeudi de février, une exposition personnelle thématique, à la Galerie Garnier à Paris.Il est populaire. Le public lui reste fidèle. Dès le premier regard, son oeuvre est intelligible alors que l'abstraction impose une réflexion souvent aléatoire. Les collectionneurs continuent d'acheter ses oeuvres : Maurice Garnier, Roger Dutilleul, le Docteur Maurice Girardin, le japonais Kiichiro Okano qui fonde dans son pays, à Surugadaire, en 1973, le Musée Bernard Buffet riche de 2000 oeuvres ((peintures, aquarelles, dessins, affiches, livres).

J’ai découvert, en visitant cette rétrospective, un grand peintre dont je ne connaissais que quelques tableaux, notamment son « clown » (qui ne le connait pas ?), des portraits de sa femme Annabel et des vues de Paris. J’aime ses compositions rigoureuses, le dépouillement de ses premières œuvres aux teintes grises et ocre à la couche picturale fine, mais aussi plus tard l’éclatement de la couleur en pâte lourde dans les séries sur Le Cirque, Les Oiseaux, La Corrida, Sumi et Kabuki. Comment ne pas être impressionné par ses trois grands tableaux sur La Guerre, où l’on retrouve l’art de Callot, de Goya et du Douanier Rousseau.   

Dimanche 6 novembre, était diffusé sur Arte « Bernard Buffet, le grand dérangeur », un reportage passionnant et parfois émouvant qui a complété ma connaissance du peintre.

Les critiques   ne sont toujours pas tendres, comme celle de Philippe Dagen, journaliste, dans le Monde du 18 octobre : « A partir des années 1970, ce système a fini par fatiguer la plupart de ses supporteurs. Quant aux autres, cela faisait déjà longtemps qu’ils ne le regardaient plus, et cette exposition ne les convaincra pas qu’ils auraient eu tort ». A chacun sa vision. En ce qui me concerne, je suis ressortie convaincue par cette exposition et admirative de ce peintre prolifique.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

UNE VIE EN QUELQUES TABLEAUX

Bernard Buffet naît à Paris, le 10 juillet 1928 et grandit aux Batignolles. Dès 1942 il suit les cours de dessin de la Ville de Paris. En Janvier 1944 il entre avec dispense aux Beaux-Arts de Paris dans l'atelier d'Eugène Narbonne.

Buffet peint avec ardeur. C'est la guerre. Il utilise des morceaux de draps, de la toile à matelas. Les châssis sont fabriqués avec des chutes de bois rapportées de la miroiterie que dirige son père. La rareté des couleurs disponibles commande le ton gris ocre. Il peint ses proches, lui-même et tout ce qui l'entoure. Ses personnages longs et minces sont son propre reflet, celui d'un jeune homme qui a conservé sa silhouette maigre d'adolescent ayant vécu avec les restrictions de l'Occupation. Il a une mémoire visuelle exceptionnelle et compose directement le dessin sur sa toile au fusain, sans support de la nature ou de photos.

Deux hommes nus à table - 1947

Buffet à 20 ans, il remporte avec ce tableau le prix de la critique organisé par la Galerie Saint Placide. Il expose au Salon des Indépendants, et fait une première exposition personnelle.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le buveur - 1948 

Ce tableau est présenté en avril au prix de la jeune peinture créé par la Galerie Drouant-David. Au milieu du tableau on aperçoit le trait de raccordement de deux toiles assemblées.

Vacances en Vaucluse - 1950

Buffet rencontre Pierre Bergé dans un café de la rue de Seine. C'est le coup de foudre. Ils quittent Paris pour la Provence. Durant le Salon des Tuileries, le tableau exposé en vitrine à la Galerie Charpentier fait scandale et doit être retiré.

En 1951, les deux garçons sont hébergés par Giono à Manosque. Ils s'installent ensuite à Nanse jusqu'en 1955.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

La Crucifixion - 1952

Cette oeuvre fait partie de la première exposition thématique à la Galerie Drouant-David.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Les Horreurs de la guerre - 1954

Buffet n'a que 26 ans lorsqu'il peint cette série. Le peintre aspire à marquer son époque tout comme l'a fait Picasso avec Guernica..

L'Ange de la guerre - Les Pendus - Les Fusillés

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le clown - 1955

Le tableau, diffusé dans le monde entier, fait partie de la série sur le cirque qui marque la notoriété de Buffet. La cote du peintre monte. Il est en tête de la jeune école contemporaine. Il achète une belle demeure seigneuriale à Château d'Arc.

La voix humaine - 1957

Le livre entièrement calligraphié et illustré de pointes sèches originales de Buffet est une commande de Cocteau d'après le texte de sa pièce de théâtre écrite en 1930 et montée la même année par Berthe Bovy à la Comédie Française. La première représentation privée est chahutée par les Surréalistes. Cette pièce met en scène un unique personnage, une femme au téléphone en un dialogue lacunaire et tronqué.

 

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Voir la totalité de l'album ci-dessous

1958 - La Première grande rétrospective à la Galerie Charpentier est un énorme succès.

Après sa rupture avec Pierre Bergé, Buffet part à Saint Tropez et rencontre Annabel Schowb qu'il épouse en décembre. Ils auront trois enfants.

 

Maquette pour Toxique de Françoise Sagan - 1964

Entièrement illustrée par des dessins de Buffet - édité par Julliard

Court texte écrit par Françoise Sagan, sorte de journal d'un manque. Après son accident de voiture en 1957, elle reçoit pendant trois mois quotidiennement, un succédané de morphine appelé le "875" (palfium) qui la mène à faire une cure de désintoxication au cours de laquelle elle écrit cette confession

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

1956-1976

Buffet peint avec fureur. Il est sollicité pour des décors de ballets, des affiches de cinéma, des illustrations. Plus il est connu du grand public, plus sa réputation dans les milieux culturels baisse. En 1966 Connaissance des Arts le classe au 18e rang de l'index.

Au début des années 1970, il s'isole dans son atelier de Saint-Cast. Il n'assiste pas à l'inauguration du musée qui lui est consacré à Surugadaire au Japon. Il s'y rendra une première fois en 1980.

En 1984, il achète le Domaine de la Baume à Tourtour dans le Haut Var. Il y vivra jusqu'à sa mort (le domaine est devenu un hôtel de luxe)

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le Kabuki - 1987

Série inspirée par le Japon. Le Kabuki est une forme de théâtre traditionnel japonais, très prisée des citadins, qui a vu le jour à l'époque Edo, au début du XVIIe siècle.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Vingt mille lieues sous les mers - 1989

Avec ces tableaux inspirés par Jules Verne, Buffet continue son travail sériel de grand format. Viendront à la suite les séries sur l'Enfer de Dante et les Folles.

Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante
Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante
Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante

Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante

La harpiste - 1991

Nouvelle série sur le cirque

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Les terroristes - 1997

Série très violente avec une pointe d'humour noir. Le peintre insiste surtout sur les armes des terroristes. Buffet qui s'estime victime d'un terrorisme culturel offre des cibles à la critique assassine.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

La mort - 1999

Atteint de la maladie de Parkinson, Bernard Buffet prépare méthodiquement sa sortie. Il a des difficultés pour tenir ses pinceaux et ne supporte pas l'idée de ne plus peindre. Le 4 Octobre 1999, il se suicide par asphyxie avec un sac plastique sur lequel il inscrit son nom. Ses cendres ont été dispersées dans le jardin du musée de Surugadaire.

Cette série extraordinaire sera exposée en Février 2000.

et plus d'images .... ci-dessous

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir

Ce n’est ni une exposition, ni un événement particulier qui justifie cet article, mais l’album d’une amie bloggeuse, Emma, qui a compilé de nombreuses photos attribuées à Nadar.

Nadar photographe, c’est ainsi qu’on le qualifie généralement, et je ne le connaissais qu’au travers de cette profession. Les commentaires enthousiasmes qu’Emma m’a écrit en m’adressant son album, m’ont incitée à aller voir de plus près ce personnage étonnant.

Photographe, certes : Nadar, à la lumière naturelle avec des poses classiques et sans accessoires, a tiré le portrait de toutes les personnalités de son époque (comme vous pourrez le voir dans l’album d’Emma ci-dessous*) , Plus tard la concurrence le poussera à accepter des compromis commerciaux.

* a l'attention de mes lecteurs étrangers : pour feuilleter cet album ne pas activer le traducteur, rester dans la version française

Gaspard-Félix Tournachon est né le 6 avril 1820 à Paris. Il commence des études de médecine à Lyon. Ses amis le surnomment « Tournadar » car il a l’habitude de compléter les mots par la terminaison « dar ».  Tournadar deviendra Nadar. Ses études interrompues il s’exerce au journalisme. En 1845 il publie son premier roman (il deviendra un écrivain prolifique) et commence une carrière de caricaturiste en publiant dans les journaux politiques d’opposition. Il lance une série de portraits à charge le « Panthéon Nadar ».  

Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach
Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques OffenbachGérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach
Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques OffenbachGérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach

Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach

1854 il encourage son frère Adrien à devenir photographe et le rejoint pour pratiquer lui-même  la photographie.

En 1856 il est à la tête de trois journaux illustrés et dispose d’un atelier luxueux de photographe, 113 rue Saint Lazare.

Mais sa vraie passion, c’est l’Aérostation et quelle passion !

« La question de la navigation aérienne est la plus grande question des siècles ».

En 1858, après avoir effectué de nombreuses ascensions avec les frères Godard, Nadar dépose un brevet pour photographier la terre vue du ciel. Il prend la première vue aérienne au-dessus du Petit Bicêtre près de Paris (Petit Clamart), photo aujourd’hui introuvable, ainsi que des vues au-dessus de Paris.

vues aériennes de Paris 1868vues aériennes de Paris 1868

vues aériennes de Paris 1868

LE GEANT

Nadar en visionnaire, considérait que l’avenir des transports était aérien.  En lançant, avec les frères Godard, la construction d’un grand ballon, Nadar avait pour objectif d’obtenir les sommes nécessaires à la construction d’une machine non pas « à flotter mais à voyager dans l’atmosphère » selon sa théorie du « plus lourd que l’air ».

Je passerai sur les étapes difficiles de la mise en œuvre de ce projet ambitieux. Le ballon appelé « Géant » mesure 45 mètres de haut. Il a une capacité de 6000m3 de gaz, soit 12 fois plus qu'un ballon ordinaire et une nacelle à deux étages.

Nadar obtient l’autorisation de lancer le « Géant » depuis le Champ de Mars. On installe 1200 mètres de tuyaux de 50 cm de diamètre jusqu’au centre de la place où la valve doit vomir 3000m3/ heure de gaz d’éclairage.

Des piquets et un treillage entourent l’enceinte où seront reçus les visiteurs. Nadar a fait imprimer 400 000 billets d’entrée, il y aura environ 250 000 personnes pour l’envolée.

Le 4 Octobre 1863, un attelage de chevaux apporte le ballon ployé, le filet, les agrès et la nacelle capable de transporter 34 personnes. Nadar embarque 13 passagers.

A la tombée du jour, le cri est lancé « Lâchez tout ».

Le ballon s’élève sous les « hurrah » de la foule. Il monte, il monte sous un vent d’ouest. A bord c’est l’euphorie. Sans perdre de temps on dîne copieusement : jambon, volaille, desserts, glaces, vins de Bordeaux et de Champagne. Puis la nuit froide et longue s’installe, le ballon traverse des couches de plus en plus noires. Lorsque la lueur rouge de l’aube apparaît, une buée pénétrante imprègne les voyageurs. L’eau ruisselle sur les visages, les vêtements, les cordages. Chargé du poids de l’eau, le ballon se met à redescendre avec une rapidité vertigineuse. Jetés par-dessus bord, les lests dépassés par la vitesse, retombent sur les têtes. Le sol arrive à toute allure sans que rien n’y puisse faire. Après plusieurs effroyables secousses, la nacelle sursaute, racle le sol, les passagers raidis s’accrochent. Enfin le ballon infernal s’immobilise. Il est resté 5 heures en l’air. Un paysan s’approche : « où sommes-nous ? demande Nadar » A Barcy près de Meaux, à deux pas du grand Marais.

 

photographie du départ de la seconde ascension

photographie du départ de la seconde ascension

Nadar ne se dit pas vaincu et le 18 Octobre 1863, même lieu, même heure, en présence de l’Empereur et du Roi de Grèce, Nadar fait regonfler son Géant.  Il embarque neuf passagers, dont sa femme (contrairement à ce qui est parfois dit, Nadar dans son livre « A terre et dans l’air – mémoire du Géant  - 1865 », n’évoque jamais la présence de Jules Verne dans la liste des passagers). Un ballon plus petit est laché en même temps.

 « Lâchez tout ! » Le Géant s’élève pour la seconde fois. Il monte, monte. Le dîner est pris vivement car la nuit tombe. Le temps est magnifique et le vent porte le ballon en direction de l’Allemagne. Le début du voyage est très prometteur, à coup sûr Nadar et son Géant vont se venger des détracteurs du premier parcours et leurs railleries. Dans la nuit, les premiers feux, aperçus au loin, évoquent un phare et la mer redoutée. Nadar calme les frères Godard qui veulent se poser. Le vol se poursuit, sans doute pas très haut car à la vue d’autres feux « ho hé où sommes-nous ? » « Erquelinnes répond un douanier ». Ils sont en Belgique. Le ballon passe au-dessus de Bruxelles. Plus tard se profile au loin une clarté diffuse gris argenté : la Hollande et ses marais…  à gauche, un bruissement profond : la mer. Dispute à bord, se poser, ne pas se poser. Le temps de tergiverser et le vent d’ouest repousse le ballon vers les terres. Mais le Géant commence à sécher des humidités de la nuit, le gaz se dilate aux rayons du soleil… il monte, il monte….4000 mètres. Le ballon poursuit sa montée, l’enveloppe se tend, entre chaque maille du filet il capitonne. Nadar ordonne un coup de soupape, Louis Godard n’y va pas de main morte, une descente s’amorce et se transforme en chute.  Au sol les arbres sont couchés par un vent violent et le ballon entame une course folle à l’horizontale. Les ancres s’arrachent, le ballon brise un arbre, des chevaux fuient. Au loin passe une locomotive et ses wagons, le chauffeur s’arrête et recule à temps pour laisser passer l’énorme boule qui déracine les poteaux, arrache les fils électriques et les traîne comme la queue d’une comète, La nacelle ne s’écarte presque plus du sol, le ballon remorqueur la heurte parfois, elle racle la terre, fauche les bruyères, traverse un cours d’eau. Déjà certains sont tombés ou ont sauté, réduisant le poids de la nacelle, accélérant la vitesse. Il ne reste plus que Nadar et sa femme, serrés l’un contre l’autre. La nacelle traverse un bras de rivière, les malheureux passagers suffoquent. Au sortir de l’eau la nacelle racle un talus, l’écrase, le tasse. Devant, le ballon damné tire toujours ….  Enfin, quelque peu dégonflé, il s’arrête après un parcours de 16 km dans les environs de Hanovre. Nadar a les jambes fracturées. Sa femme est sous le ballon, blessée.

NADAR ET LE GEANT - octobre 2016
NADAR ET LE GEANT - octobre 2016

Cet épisode, digne d’un roman de Jules Verne (qui s’inspirera des aventures de Nadar dans plusieurs romans, donnant à son héros le nom d’Ardan, anagramme de Nadar), ne décourage pas Nadar. Bien qu’ayant laissé dans l’affaire une partie de sa fortune, il crée en 1870 avec Camille Legrand et Jules Dufour, la « Compagnie des aérostiers » qui transportera passagers et pigeons voyageurs durant la guerre franco-prussienne de 1870. 66 ballons seront construits entre septembre 1870 et janvier 1871. C’est à bord de l’un de ces ballons que Gambetta quittera Paris pour Tours le 8 Octobre 1870.

Et ensuite….

Après la Commune Nadar ruiné reprend, pour subsister, son activité de photographe.  Il s’installe en 1887, en forêt de Sénart avec son épouse, hémiplégique à la suite d’un conflit affectif avec leur fils Paul. Puis part à Marseille en 1894, laissant la gestion de ses affaires à Paul, où il fonde un atelier photographique.

En 1900 la rétrospective qui lui est consacrée à l’exposition universelle est un triomphe. Il revient à paris en 1904. Il décède le 20 mars 1910 à quelques jours de ses 90 ans.

Nadar avait raison, l’avenir des transports était aérien avec des « Plus lourd que l’air ». De nos jours, dans le monde, un avion décolle toutes les secondes, soit 29,2 millions de vols par an.  

1883 - Nadar publie une charge contre Gambetta, sous la forme d'un pastiche de la Passion du Christ. Je ne résiste pas à vous faire lire la lettre d'introduction ....encore d'actualité !

A Monsieur qui balaie à la Chambre des Députés

Monsieur et même Citoyen,

Permettez-moi de vous dédier cette oeuvre qui durera moins que l'airain.

Vous faites quelque chose, Monsieur, dans un lieu où on ne fait rien. Matin et soir vous êtes là honnêtement, à votre tâche, par la Chambre et aussi dans les Bureaux, car vous n'auriez pas l'improbité de vous octroyer à vous-même des congés pour la grande moitié d'un temps qu'on vous paie entier.

Vous ne vous occupez ni d’industriellement politiques ni de tripotages financiers.

Vous avez l'estomac trop délicat pour avoir avalé les couleuvres et crapauds de la candidature, et l'âme trop haute pour aller au-devant d'aucun suffrage ; mais encore, vous ne vous moqueriez pas de vos commettants en prétendant commander à ceux qui vous auraient sur vos instances, accepté seulement pour les servir.

Vous avez la dignité qu'il faut pour n'avoir jamais abusé de votre place en extorquant bassement un pourboire, même à des compagnies de chemins de fer, sachant de reste que le gendarme ne se fait point payer un verre de vin par celui qu'il est chargé d'arrêter.

Vous ne portez pas votre tête ainsi que le Saint-Sacrement, comme tels de ces suburbains gonflés qui viennent ici nous jouer "la Cagnotte" parlementaire, et vous ne croyez pas sérieusement que la France entière tient dans votre culotte.

Enfin, Monsieur, vous n'avez pas pris à tâche, en bondant d'atouts sur atouts le jeu de nos adversaires, de faire mépriser, ridiculiser et haïr par les uns ce qui est notre Chose commune, et, pire encore, d'énerver, de décourager et de tuer chez les autres l'amour de la République.

Continuez à nous servir d'exemple, Monsieur, et poussez votre oeuvre. Balayez, balayez ferme, balayez à droite, balayez à gauche, balayez au centre, balayez de la montagne à la paine et de la plaine au marais ; balayez partout, balayez toujours, balayez tout et le reste !

Et dépêchez-vous pour passer votre balai bien vite à Messieurs vos Collègues du Sénat, des Ministères et de toute notre Administration publique.

En cet espoir caressé, je vous prie d’agréer, Monsieur et cher Citoyen, cette trop faible expression de ma considération motivée.

                                                                                                                             NADAR 

 

Et pour lire le livre... cliquez sur le lien ci-dessous

http://www.textesrares.com/nadar/nadar.htm

Autoportrait en studio dans un ballon

Autoportrait en studio dans un ballon

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
BEN - Musée Maillol - sept 2016

TOUT EST ART ?

Les vacances sont finies, c'est l'automne. Vous êtes tristes, déprimés : courrez au Musée Maillol !

Pour sa réouverture, le Musée Maillol se lance dans l'art contemporain en exposant un adepte de l'écriture et des petites phrases assassines ou philosophiques : BEN, Benjamin Vautier, octogénaire toujours aussi facétieux.

Dans un bric-à-brac de peintures, sculptures, installations, jeux, photos et vidéos (dont une délirante, lorsque proche du mouvement Fluxus, il exécutait des performances sur la Promenade des Anglais à NICE).

On prend un bain d'humour et ça fait un bien fou.

Merci BEN

Pour tout connaître sur lui voir son site : www.ben-vautier.com

BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016

Les performances

BEN - Musée Maillol - sept 2016BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016BEN - Musée Maillol - sept 2016

Les tableaux des pauvres

Le Fontana du Pauvre - Le Matisse du pauvre - Des yeux sur les iris de Van Gogh
Le Fontana du Pauvre - Le Matisse du pauvre - Des yeux sur les iris de Van GoghLe Fontana du Pauvre - Le Matisse du pauvre - Des yeux sur les iris de Van Gogh

Le Fontana du Pauvre - Le Matisse du pauvre - Des yeux sur les iris de Van Gogh

Exposition jusqu'au 15 Janvier 2017.

ET POUR CONCLURE :

BEN - Musée Maillol - sept 2016

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions Province
Joaquin SOROLLA - Musée des Impressionnismes de Giverny - sept.2016

"Peintre !... Rien d'autre que peintre !... je n'ai jamais voulu être, ne veux et ne serai jamais rien d'autre qu'un peintre" Joaquim Sorolla

Au départ rien ne semblait pourtant facile. Né en 1863, orphelin très jeune, Sorolla est recueilli par sa tante et son oncle maternels.

Un photographe, Antonio Garcia Peris le fait travailler dans son atelier comme coloriste photographe. Plus tard, la production du jeune Joaquim en portera les traces notamment avec les cadrages de ses compositions en plongée et contre-plongée.

Sorolla étudie très tôt la peinture et s'imprègne des œuvres au Musée du Prado, en particulier Vélasquez.

Il entre aux Beaux Arts de Valence, obtient une bourse pour partir à Rome parfaire ses connaissances classiques.

Il se rend régulièrement à Paris, fréquente Bonnat, Rodin. Il s'intéresse à l'impressionnisme, connait le fauvisme et autres courants. Il découvre aussi les peintres nordiques dont les coloris vifs et lumineux l'inspireront.

Dès le milieu des années 1890, Sorolla reçoit de prestigieuses récompenses, dont le grand prix de l'exposition universelle de 1900 pour "Triste héritage".

photo web - toutes les photos qui suivent MP

photo web - toutes les photos qui suivent MP

En 1906 sa première exposition personnelle à Paris est un succès.

Son prestige grandit et s'étend lors d'expositions internationales. Il expose à l'Hispanic Sociéty of America de New-York en 1909 et l'immense succès qu'il remporte incite le fondateur de l'institution, Archer Milton Huntington, à lui commander un grand décor pour sa bibliothèque.

Joaquim Sorolla a épousé Clothilde, la fille du photographe Garcia Peris. Ils ont eu trois enfants, Maria, Joaquim et Elena. La famille est au cœur de ses préoccupations. Sa femme et ses enfants sont ses modèles favoris et une source permanente d'inspiration.

Elena parmi les roses - 1887

Elena parmi les roses - 1887

mère - 1895

mère - 1895

Les plages de Valence, les pêcheurs, les scènes de baignades sont aussi des motifs de prédilection. Comme Monet il se passionne pour les reflets.

En 1920 alors qu'il travaille à un portrait dans son jardin, il est frappé par une attaque d'hémiplégie. Il ne reprendra pas ses pinceaux. Il meurt trois ans plus tard.

En 1926, Clothilde léguera les collections et la maison familiale à l'Etat espagnol afin que soit créé un musée à la mémoire de son mari. Le musée Sorolla est situé près de Pasco de Castellana dans un quartier élégant de Madrid. Magnifique demeure, au décor reconstitué grâce aux nombreuses photographies retrouvées. Une grande partie des œuvres de Sorolla peintes dans les lieux mêmes y sont exposées. Sorolla avait fait construire cette grande maison en 1911. Il créa lui même ses jardins, pour lui et sa famille, havre de paix et de beauté qu'il peindra une quarantaine de fois entre 1917 et 1920.

1898 - cousant

1898 - cousant

1898 cousant - détails
1898 cousant - détails
1898 cousant - détails

1898 cousant - détails

1900 - la préparation des raisins secs

1900 - la préparation des raisins secs

1902 nu

1902 nu

1903 - Pêcheur à Valence

1903 - Pêcheur à Valence

1903 - Enfants au bord de la mer

1903 - Enfants au bord de la mer

détail

détail

1904 - l'été

1904 - l'été

1904 - l'heure du bain

1904 - l'heure du bain

l'été et l'heure du bain - détailsl'été et l'heure du bain - détails

l'été et l'heure du bain - détails

1905 - Le bateau blanc

1905 - Le bateau blanc

1905 - nageurs

1905 - nageurs

1906 - Biarritz1906 - Biarritz1906 - Biarritz

1906 - Biarritz

1907 - Maria peignant

1907 - Maria peignant

1919 - Elena à la Cale de Saint Vicente

1919 - Elena à la Cale de Saint Vicente

La magnifique exposition de Giverny présente de nombreux tableaux très attachants. On y retrouve toute l'affectivité de Sorolla dans des blancs éblouissants : éblouissement de l'amour.

 Mère

Mère

A ne pas manquer, jusqu'au 6 Novembre

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir

AVANT PROPOS

Dans mon article précédent sur le Louvre-Lens, j'ai évoqué la "sinistre place de la gare" et la grisaille. Il n'était pas dans mon intention de tomber dans les clichés attribués généralement à la région Nord. C'est un fait : ce jour là il pleuvait et les rues étaient désertes. Je tiens aussi à redire à mes amis de cette région combien j'ai aimé ce musée, son architecture et sa collection semi-permanente, ainsi que la très belle scénographie de l'exposition Charles Le Brun.

***************************************************************************************************************

CHARLES LE BRUN - PEINTRE DU ROI-SOLEIL

Très impressionnante, effectivement, cette présentation du peintre du Roi-Soleil. Le bleu et le rouge nous plongent dans le faste royal de Versailles. A l'encontre, les lucarnes rondes qui ponctuent le parcours évoquent l'intimité d'une "mansarde", ouvertures indiscrètes sur les mystères des salles suivantes. ( est-ce là une évocation de Mansart devenu premier architecte du roi en 1681 ?)

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Charles Le Brun est né en 1619 à Paris. Son père, Nicolas, est sculpteur, spécialisé dans la gravure des pierres tombales. Sa mère, Julienne de Bé, est issue d'une famille de maîtres écrivains. Charles est le troisième d'une fratrie de neuf enfants.

Sa première formation, au dessin et à la sculpture, vient probablement de son père. Il apprend la lecture en latin dans l'une des petites écoles de Paris, puis l'écriture.

En raison de l'appartenance de son père à la Communauté des maîtres peintres et sculpteurs de Paris, Charles Le Brun est exempté de l'apprentissage de cinq ans auprès d'un même maître. Sa curiosité le fait aller "d'école en école". Il se forme auprès de François Perrier puis dans l'atelier de Simon Vouet où il rencontre André le Nôtre et Pierre Mignard.

Portrait de Nicolas Le Brun - huile sur toile - Salzburg
Portrait de Nicolas Le Brun - huile sur toile - Salzburg

A douze ou treize ans selon ses biographes, mais sans doute un peu plus tard, il exécute un remarquable portrait de son père.

Pierre Séguier, premier grand officier de la Couronne, personnage important du royaume, découvre Le Brun en 1635. Il devient son protecteur (il le restera jusqu'à sa mort en 1672), lance sa carrière.

cliquez pour agrandir
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Le portrait équestre du chancelier Séguier - huile sur toile 295x357cm -

Musée du Louvre Paris. vers 1655

Le Brun n'indique aucune référence dans son tableau, il ne représente ni le lieu, ni le moment. L'espace est vide. Le tableau était resté dans la descendance de Séguier. Durant la seconde guerre mondiale, les propriétaires, inquiets de son avenir , l'ont offert au Louvre en 1942 qui l'a conservé au château de Sourches.

La production de jeunesse de Le Brun consiste en de petits tableaux préparatoires à des gravures.

Ci-dessous :

"Allégorie avec une femme et deux putti" - vers 1640 - huile sur bois

"L'Enfance" 1639-1640

cliquez pour agrandir
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Première consécration à 21 ans. Le Cardinal de Richelieu lui commande un tableau, "Hercule terrassant Diomède".

Huile sur toile - 1640-1641 -290x188cm - Nottingham, Castle Museum

et dessin préparatoire.

cliquez pour agrandir
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

A la même époque, Poussin orne le plafond de l'appartement de Richelieu. Il aurait admiré le travail de Le Brun et suggéré que Le Brun l'accompagne à Rome. Séguier ordonne cet exil à Le Brun qui le vivra très mal.

Au bout de trois ans, après avoir copié les grands maîtres, il quitte la ville sans l'autorisation de Séguier.

Au retour de Rome en 1646, les commandes et les chantiers de décoration abondent.

Le Brun est parmi les jeunes artistes qui ont eu l'idée de demander la protection royale afin de se séparer de la corporation et de faire de la peinture et de la sculpture des arts libéraux : l'Académie était fondée.

Le Brun reprenant un dialogue avec Poussin peint "Le sommeil de l'Enfant Jésus dit Le silence" 1655 Huile sur toile - 87x188cm - Musée du Louvre Paris

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

La gloire vient avec Vaux le Vicomte. Le Brun est appelé par Fouquet, surintendant des Finances, pour concevoir la décoration des appartements d'apparat. Mais Le Brun a déjà travaillé pour Louis XIV au Louvre. Il a peint le plafond et un dessus de cheminée pour le Petit Cabinet. Il a aussi créé une œuvre éphémère, l'arc de triomphe au bout de la place Dauphine pour l'entrée de Louis XIV et de sa jeune épouse Marie Thérèse d'Autriche.

Le 5 septembre 1661, jour anniversaire du Roi, Fouquet est arrêté. Le règne personnel de Louis XIV commence et grâce à la confiance que lui accorde Colbert (né comme Le Brun en 1619), Le Brun obtient le titre de premier peintre au service exclusif du Roi. Il dirige les décors des principales résidences royales qui rayonneront dans toute l'Europe.

"Le Roi prend Maëstricht en treize jours - 1673 - détail de l'Europe - Voute de la galerie des Glaces - Château de Versailles

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

En 1665, Charles Le Brun prend la direction de la manufacture des Gobelins.

Manufacture des Gobelins d'après Le Brun - Portière de Mars
Manufacture des Gobelins d'après Le Brun - Portière de MarsManufacture des Gobelins d'après Le Brun - Portière de Mars

Manufacture des Gobelins d'après Le Brun - Portière de Mars

Dans les années 1667, Le Brun donne une série de conférences, voulues par Colbert, à l'Académie Royale (il en est le Directeur), dont une sur l'expression des passions de l'âme. Les gravures reproduites à partir des dessins de Le Brun ont été publiées à partir de 1690. Le Brun met aussi en confrontation sur une même page des têtes humaines et animales. Il humanise l'animal à un moment où la Querelle de l'âme des bêtes fait rage.

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Au cours des années 1670 à 1680, Le Brun exécute pour le château de Colbert à Sceaux, le décor de la voute de la chapelle (détruite).

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Il décore également la chapelle située dans le chœur de l'église Saint-Nicolas-de-Chardonnet à Paris (rue des Bernardins dans le 5e), qu'il a obtenu avec messe pour lui et son épouse "à perpétuité". Elle accueillera la tombe de sa mère, et plus tard la sienne et celle de son épouse.

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Après la mort de Colbert il est tenu à l'écart par le Marquis de Louvois qui lui préfère Mignard. Le Brun exécute pour le roi, qui lui a conservé affection et confiance, des œuvres touchantes sur la vie du Christ. Il réserve une version de "l'Adoration des Bergers" à sa femme Suzanne Butay, sans doute son tout dernier tableau. Louvois le retiendra autoritairement pour le roi, malgré les supplications de Suzanne.

dessin préparatoire à la toile destinée à Suzanne - l'Enfant Jésus

Autre version de " l'Adoration des Bergers" - 1689

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Le Brun s'éteint le 12 février 1690 dans sa maison de Montmorency.

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Cette exposition sera, pour moi, la découverte de Le Brun peintre de chevalet à la sensibilité extrême, donnant aux traits de l'enfant Jésus et de la Vierge une douceur et une beauté émouvante. J'ai particulièrement admiré les cartons de la main de Le Brun.

cliquez sur les images pour les agrandir et faire défiler
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

L'exposition est terminée depuis hier.

Photos MP

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

Jeudi 7 août

9 h 15 - gare SNCF de Lens

Nous découvrons une vaste place désertique. Il fait gris, il bruine. La première impression est plutôt sinistre.

Nous nous réfugions dans le seul café ouvert pour attendre la navette qui mène au musée. Finalement nous optons pour un taxi. Le chauffeur est pessimiste, le musée n'a pas apporté beaucoup aux habitants de Lens, ni à sa corporation, sauf durant la construction : "Une usine aurait été préférable" nous dit-il. Le Louvre Lens n'a pas eu l'impact du Guggenheim de Bilbao, notamment sur l'emploi.

9 h 50 - Le taxi nous dépose devant le musée.

Nous traversons une immense esplanade. Nous sommes les premiers visiteurs.

Le musée est construit sur l'ancienne fosse n°9 des mines de Lens, il est entouré d'un parc de vingt hectares. L'architecture est troublante (conçue par l'agence japonaise Sanaa). Certains murs semblent transparents, cachent-ils un jardin intérieur ? Il faut s'approcher pour voir que la construction s'efface dans le paysage : c'est le parc qui se reflète dans les parois de verre et d'aluminium poli.

10 h - Nous entrons dans le hall, immense, quelques visiteurs nous ont rejoints. Le matin, tout au long de notre visite , il y aura peu de monde. L'après-midi sera plus peuplé, notamment de groupes scolaires (en 2015 ils ont représentés un quart des visiteurs).

Visite de la "Galerie du temps".

Je retrouve le côté cotonneux des murs extérieurs, j'ai la sensation d'être dans un nuage. La salle est en pente douce, elle nous conduit à travers l'histoire, du quatrième millénaire avant notre ère jusqu'au milieu du 19è siècle. La juxtaposition d'œuvres de périodes et de provenances différentes, sensées dialoguer entre elles, peut-être contestable et contestée. En ce qui me concerne, si le Louvre Paris est pour moi le lieu culturel artistique par excellence où je ne me lasse pas d'aller régulièrement depuis une quarantaine d'années, j'ai aimé survoler, dans cette atmosphère ouatée, quelques belles œuvres de l'histoire de l'art.

Louvre-Lens - 62300 LENS - ouvert tous les jours, sauf mardi de 10 h à 18 h.

Prochain article : Exposition Charles Le Brun au Musée de Lens

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Exposition Albert Marquet - Peintre du temps suspendu

Le petit Albert est assis au bord de la Garonne, à Bordeaux, là où il est né. Il ne joue pas avec les autres enfants, il reste à l'écart. Il a un handicap : un pied-bot qui le fait claudiquer. Sa myopie a-t-elle été décelée ? Porte-t-il déjà des petites lunettes rondes ? Pour moi cela le rend attachant mais pour des petits garnements c'est l'objet de moqueries supplémentaires. Alors, le petit Albert, délaissé et silencieux, s'attache à la vie du port, au chargement des bateaux, au déplacement des grues, au va et vient des passants, aux reflets dans l'eau.

En classe, Albert est encore la risée de ses camarades : cela n'incite pas à être bon élève. Il s'isole et parsème livres et cahiers de croquis Son père tempête : "Tu finiras sous les ponts" , mais sa mère le comprend, reconnait ses dons pour le dessin. En 1892, elle décide de partir à Paris afin qu' Albert entre à l'Ecole des Arts Décoratifs. Pour assurer la subsistance de la famille elle prend une boutique de broderies. Les élèves surnomment Albert "l'English". Parmi eux se trouve Matisse. Il a six ans de plus qu'Albert, il prend sa défense et lui évite d'être le souffre-douleur de l'atelier.

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Tous deux intègrent ensuite l'école des Beaux Arts dans l'atelier de Gustave Moreau. Albert y peint des nus, mais très vite il s'éloigne de l'académisme et dès 1898, utilise, en précurseur, des couleurs pures.

ci-contre, "Nu dit fauve" 1898

1905 : C'est la première fois que le salon d'automne a lieu au Grand Palais. Ingres, Manet, Renoir, bénéficient d'une rétrospective. Cézanne est présent. Le Douanier Rousseau expose son "Lion ayant faim se jette sur l'antilope". Dans une salle sont accrochées des peintures de Laprade, Camoin, Vlaminck, Derain... et Marquet. Matisse présente sa "Femme au chapeau". Pour les critiques ce sont des barbouillages, des peintures de fous aux couleurs criardes. Informé, Emile Loubet, Président en fin de mandat, refuse d'inaugurer le Salon.

Dans cette même salle contestée, trône un torse d'enfant et un petit buste en marbre, dans un style Renaissance italienne, du sculpteur Albert Marque (Albert MARQUE qu'il ne faut pas confondre avec Marquet sera aussi le créateur d'une tête de poupée qui obtiendra un grand succès. Elle est aujourd'hui très recherchée par les collectionneurs ). Le critique Louis Vauxcelles s'écrie "Donatello au milieu des fauves" . Le qualificatif "fauve" est resté, le mot fauvisme devait apparaître plus tard pour désigner à la fois le groupe et son art.
 

Page du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de MatissePage du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de Matisse

Page du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de Matisse

En 1906, sur les conseils de son ami Camoin, Marquet part peindre au Havre avec Dufy. Il redécouvre la vie d'un port, l'eau, les reflets. Il adoucit sa palette, privilégie les gris.

Il expose à la Galerie Druet en 1907. Les collectionneurs russes Morozov et Chtchoukine lui achètent des toiles. C'est la raison de la présence de nombreuses œuvres de Marquet au Musée de l'Ermitage et au Musée Pouchkine . Il sera d'ailleurs invité à Moscou en 1934.

Le port du Havre 1906

Le port du Havre 1906

Il se marie tard, à la cinquantaine avec Marcelle Martinet de vingt ans sa cadette. Il a rencontré Marcelle à Alger où il passe tous les hivers sur les conseils d'Elie Faure, son ami médecin, écrivain et collectionneur.

Chaque année, et jusqu'à sa mort, il voyage beaucoup de ports en ports : Londres, Tanger, Barcelone, Oslo, Stockholm, Alger, Rotterdam… "il se sentait partout chez lui où il y avait de l'eau et des bateaux" écrira Marcelle.

diaporama
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -

Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 - Marseille 1907 - Alger -

Mais Marquet aime aussi intensément Paris et les quais de la Seine. Le présage de son père ne se réalisera pas : il ne dort pas sous les ponts, il les peint vu de haut, installé en étage dans différents ateliers. C'est sa particularité : traiter le paysage en vue plongeante. Paris est gris, c'est la réalité, Marquet l'interprète en camaïeux : le gris de la Seine s'accorde au gris des façades, des toits, des rues, du ciel.

diaporama
Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928
Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928
Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928

Quai des Grands Augustins 1906 - Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928

C'est une peinture sobre et élégante. Quelques lignes noires soulignent un quai ou un pont. Les petits personnages sont extraordinaires : vus de près ils sont construits d'un trait de pinceau spontané, de loin ils apparaissent vivants, animent merveilleusement le paysage.

La crue de la Seine 1910 -

La crue de la Seine 1910 -

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Comme pour affirmer sa passion de l'eau, des ports et des bateaux, Marquet n'acceptera comme récompense que le titre de "peintre officiel de la marine".

La sincérité qui émane des tableaux de Marquet rend cette exposition très attachante. Marquet regarde, et peint, tout simplement.

Albert MARQUET - 1875-1947 - Né à Bordeaux, décédé à Paris. Repose au cimetière de la Frette sur Seine (Val d'Oise)

Exposition jusqu'au 21 août 2016

Ci-contre, "Les persiennes" 1945, une de ces dernières toiles

Mon coup de cœur dans cette exposition - "Les hangars du port de Bougie" Algérie 1929

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Mais on pouvait voir aussi, et entre autres dessins et tableaux (l'exposition comporte une centaine d'oeuvres) ...

diaporama
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

JACQUES GRINBERG - Musée d'Art Moderne Paris

(Sofia 1941 - Paris 2011)

Jusqu'au 18 septembre, une salle du MAM est consacrée à ce peintre, pionnier de la Nouvelle Figuration.

Jacques Grinberg peint "des œuvres au langage politique violent, antibourgeois et antimilitariste qui dénoncent la censure, l'oppression mais aussi la solitude ou l'enfermement. Jacques Grinberg qui signait Jacques, était aussi bien marqué par les idées communistes de ses parents que par la tragédie des camps nazis".

Cette présentation de quelques œuvres majeures du peintre est organisée à l'occasion de l'acquisition d'une œuvre par le musée et d'une donation par les enfants de l'artiste et par des collectionneurs.

La salle 14bis dédiée à Jacques Grinberg se trouve au niveau de la collection permanente du Musée.

Association l'Homme Bleu

http://www.jacquesgrinberg.com

diaporamas
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992

Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Oeuvres
Apoxyomène - Musée du Louvre - 24/01/2013-2016

Après avoir parcouru les musées du monde entier en passant par le Louvre en 2013, l'Apoxyomène a retrouvé l'île de Lošinj, en Croatie, où il s'était noyé. Il trône désormais dans une salle immaculée du musée qui lui est entièrement consacré.

Apoxyomène - Musée du Louvre - 24/01/2013-2016

Je publie à nouveau son histoire. Est-il véritablement heureux dans cette salle qui ressemble à la cellule capitonnée d'un hôpital psychiatrique ? Il aurait sans doute, tout comme moi, préféré une salle ouverte sur les eaux cristallines qui l'avaient protégé durant tant de siècles.

 ______________________________________________________________________________________________

On m'appelle l'Apoxyomène de Croatie. J'ai quitté la Grèce vers la fin du IVè siècle avant JC à bord d'un navire à destination de l'Italie. Je devais servir de décor dans une villa, un jardin ou dans des thermes.
Je suis un lutteur, mes muscles du torse sont particulièrement développés par rapport à mes jambes. J'étais occupé à nettoyer mon corps après l'effort, en raclant (d'où mon nom apoxyomène qui vient du grec racler gratter), à l'aide d'un stigile, le mélange d'huile et de sable qui enduisait ma peau, lorsqu'une tempête a éclatée dans les eaux croates de la Mer Adriatique.
Pour délester le bateau on m'a jeté par dessus bord, la chute m'a arraché l'auriculaire gauche et j'ai laché mon stigile. J'ai coulé à 45 mètres de fond, les courants m'ont arraché les yeux. Ma peau de bronze s'est erodée lentement mais j'ai lutté (après tout c'était mon métier) pour conserver mon aspect.
On m'a retrouvé en 1996, les scientifiques m'ont accueilli avec une grande joie, je suis selon eux exceptionnel car dans la grande majorité mes milliers de compatriotes (les athlètes et parmi lesquels les apoxyomènes étaient une source d'inspiration pour les artistes) n'ont pas survécu à l'Antiquité. Ils ont été refondus pour récupérer le cuivre et l'étain afin de fabriquer armes, outils et vaisselles.
Je suis toujours aveugle, je ne sais pas où je suis, il y a beaucoup de monde autour de moi, le brouhaha d'un lieu vaste et clos ; j'entends les commentaires flatteurs, je n'ai donc pas trop changé, on me trouve beau. Ce doit être le jour.  Soudain un silence profond s'installe. Je retrouve la solitude et l'angoisse des profondeurs de la mer où je suis resté vingt quatre siècles. Ce doit être la nuit.
  

                                                                               
SAM_2210.JPG

 

SAM_2202.JPG    SAM 2206

SAM_2200.JPG   SAM_2201.JPG

 SAM_2204.JPG   SAM_2209.JPG

 SAM_2205.JPG   SAM_2208.JPG
Depuis 2014, Over-Blog a changé sa version. Les articles publiés auparavant ne peuvent pas être modifiés. Il est possible de rajouter du texte et des photos  mais on ne peut pas modifier le texte original ni les photos (pas de clic pour les agrandir).

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province
Exposition "LE SILO" - Marines - Juin 2016

Ce samedi 11 juin, visite inoubliable au "SILO", musée privé situé à Marines, village du Val d'Oise, proche de Pontoise.

Comment ordonner mes émotions ? Par quoi ai-je été la plus séduite ? Est-ce par l'espace découvert dès l'entrée, par les œuvres exposées, ou par l'accueil et la rencontre avec Françoise et Jean Philippe BILLARANT.

Je mettrai en premier la rencontre avec le couple, collectionneur d'œuvres relevant de l'art minimal et de l'art conceptuel. Nous étions une vingtaine d'amis de l'association "Art Rencontre" d'Eaubonne, nous avons été accueillis chaleureusement et très simplement. Tout au long de la visite et devant chacune des œuvres , Françoise et Jean-Philippe BILLARANT (ce sont eux qui assument le rôle de guides !), nous ont donné des explications claires et vivantes, partageant leur passion avec enthousiasme. C'était un réel bonheur de les écouter.

A une époque ou l'argent régit tout, Françoise et Jean-Philippe BILLARANT partagent sans désir de profit leur collection. Ils précisent d'ailleurs que celle-ci n'a pas été constituée dans un but de spéculation : ce sont de vrais mécènes, protecteur des arts.

L'espace est impressionnant de beauté. Cet ancien silo à grain, édifié en 1962 était abandonné et promis à la ruine. Acquit par Françoise et Jean-Philippe BILLARANT, Il a été restauré par l'architecte Xavier Prédine-Hug. L'extérieur n'a pas été modifié. A l'intérieur un étage a été aménagé. C'est immense, bien structuré, on peut imaginer être dans une cathédrale ou dans un monde meilleur, pur et lumineux. Le lieu vit et vibre depuis 2011.

Le couple collectionne depuis les années 70 les œuvres d'une quarantaine d'artistes représentatifs de l'art minimaliste et conceptuel, mécène de certains de ces artistes depuis leurs débuts, notamment Krijn de Koning, Charles Sandison, Felice Vanini, Michel Verjux

Le Minimalisme a profondément marqué l'art contemporain. Il incarnait la tendance américaine dominante à la fin des années 60. Le mouvement , qui regroupe des artistes tels que Frank Stella, Donald Judd, Carl Andre, Robert Morris et Sol Le Witt, reconnait en Ad Reinhardt l'un de ses pionniers.

L'Art conceptuel n'est pas un mouvement structuré. Il a une acceptation large fondée sur l'affirmation de la primauté de l'idée sur la réalisation.

Les expositions présentées sont renouvelées tous les deux ans.

Et, au fond, pourquoi vouloir ordonner mes émotions ? Ce fût là une merveilleuse visite, riche d'enrichissements de toutes sortes !

cliquez sur les images pour les agrandir - Photos de cet article MPcliquez sur les images pour les agrandir - Photos de cet article MP

cliquez sur les images pour les agrandir - Photos de cet article MP

Exposition "LE SILO" - Marines - Juin 2016

Françoise et Jean-Philippe BILLARANT accueillent Mireille Denis-Malherbe, plasticienne, présidente de l'Association Art Rencontre.

A l'extérieur - François MORELLET -  Braming Pi 1 = 8° - 2002

A l'extérieur - François MORELLET - Braming Pi 1 = 8° - 2002

VISITE DU REZ DE CHAUSSEE

Véronique JOUMARD - né en 1984 à Grenoble -

Véronique JOUMARD - né en 1984 à Grenoble -

Sur le mur néons de Maurizio Nannucci né en 1939 à Florence- "Wicheverworld"

Sur le mur néons de Maurizio Nannucci né en 1939 à Florence- "Wicheverworld"

Richard SERRA - né en 1939 à San Francisco - "Basic source" (au Musée Guggenheim de Bilbao Richard Serra expose son oeuvre monumentale :  "La matière du temps")

Richard SERRA - né en 1939 à San Francisco - "Basic source" (au Musée Guggenheim de Bilbao Richard Serra expose son oeuvre monumentale : "La matière du temps")

Carl André - né en 1935 à Quincy (USA) - Cubes en graphite "Silence" / Construction du mur blanc - Philippe Decrauzat "Folding" / Néons de François Morellet - cliquez sur les images pour les agrandir.Carl André - né en 1935 à Quincy (USA) - Cubes en graphite "Silence" / Construction du mur blanc - Philippe Decrauzat "Folding" / Néons de François Morellet - cliquez sur les images pour les agrandir.

Carl André - né en 1935 à Quincy (USA) - Cubes en graphite "Silence" / Construction du mur blanc - Philippe Decrauzat "Folding" / Néons de François Morellet - cliquez sur les images pour les agrandir.

François MORELLET - 1926-2016 à Cholet (Maine et Loire) - "Lunatique Neonly"- Voir ci-dessous l' interview émouvant  de l'artiste lors de son exposition au Centre Pompidou

François MORELLET - 1926-2016 à Cholet (Maine et Loire) - "Lunatique Neonly"- Voir ci-dessous l' interview émouvant de l'artiste lors de son exposition au Centre Pompidou

Angela DENATICO, née en 1974, et Rafael LAIN, né en 1973 tous deux à Caxias do Sol au Brésil - "L'été et l'hiver"     Angela DENATICO, née en 1974, et Rafael LAIN, né en 1973 tous deux à Caxias do Sol au Brésil - "L'été et l'hiver"

Angela DENATICO, née en 1974, et Rafael LAIN, né en 1973 tous deux à Caxias do Sol au Brésil - "L'été et l'hiver"

Bertrand LAVIER - né en 1949 à Chatillon-sur-Seine (Côte d'Or) - Walt Disney production.

Bertrand LAVIER - né en 1949 à Chatillon-sur-Seine (Côte d'Or) - Walt Disney production.

John Mc Cracken - 1934 Berkeley-2011 New-York - Colonne monochrome

John Mc Cracken - 1934 Berkeley-2011 New-York - Colonne monochrome

Krijn de KONING - né en 1963 à Amsterdam - Blue Drawing 2015 - A exposé au "Cent Quatre" en 2015 -
Krijn de KONING - né en 1963 à Amsterdam - Blue Drawing 2015 - A exposé au "Cent Quatre" en 2015 - Krijn de KONING - né en 1963 à Amsterdam - Blue Drawing 2015 - A exposé au "Cent Quatre" en 2015 -

Krijn de KONING - né en 1963 à Amsterdam - Blue Drawing 2015 - A exposé au "Cent Quatre" en 2015 -

Michel VERJUX - né en 1956 à Chalon sur Saône (Bourgogne) Projection lumineuse  d'un cercle

Michel VERJUX - né en 1956 à Chalon sur Saône (Bourgogne) Projection lumineuse d'un cercle

Felice VARINI - né en 1952 à Locarno (Suisse) - Trois carrés évidés, rouge, jaune, bleu - 2011

Felice VARINI - né en 1952 à Locarno (Suisse) - Trois carrés évidés, rouge, jaune, bleu - 2011

VISITE DE L'ETAGE

Sur le mur encadrant l'ouverture triangle de Niele TORONI - né en 1937 à Muralto en Suisse - Fondateur du groupe BMPT -  Empreinte de pinceau n° 50 à intervalles réguliers de 30cm en quinconce. A gauche Philippe DECRAUZAT - né en 1974 en Suisse -

Sur le mur encadrant l'ouverture triangle de Niele TORONI - né en 1937 à Muralto en Suisse - Fondateur du groupe BMPT - Empreinte de pinceau n° 50 à intervalles réguliers de 30cm en quinconce. A gauche Philippe DECRAUZAT - né en 1974 en Suisse -

Sur le mur de droite Philippe DECRAUZAT -  Au fond, peinture marouflée sur le mur de Cécile Bart

Sur le mur de droite Philippe DECRAUZAT - Au fond, peinture marouflée sur le mur de Cécile Bart

J.P. BILLARANT donnant des explications sur  l'oeuvre de Cécile BART, née en 1958 à DIjon.

J.P. BILLARANT donnant des explications sur l'oeuvre de Cécile BART, née en 1958 à DIjon.

Daniel BUREN - né en 1958 à Boulogne Billancourt (Hauts de Seine)

Daniel BUREN - né en 1958 à Boulogne Billancourt (Hauts de Seine)

A Gauche : Peter DOWNSBROUGH - Né en 1940 à New Brunswick (New Jersey)  "And" Red square/2013  - A droite Panneau de D.Buren

A Gauche : Peter DOWNSBROUGH - Né en 1940 à New Brunswick (New Jersey) "And" Red square/2013 - A droite Panneau de D.Buren

Claude RUTAULT - Né en 1941 au Trois Moutiers (Vienne) - En 1973, Claude Rutault repeint sa cuisine et en même temps un petit tableau qui y était accroché.Il lui paraît alors évident qu'une toile et son mur cohabitent.Claude RUTAULT - Né en 1941 au Trois Moutiers (Vienne) - En 1973, Claude Rutault repeint sa cuisine et en même temps un petit tableau qui y était accroché.Il lui paraît alors évident qu'une toile et son mur cohabitent.

Claude RUTAULT - Né en 1941 au Trois Moutiers (Vienne) - En 1973, Claude Rutault repeint sa cuisine et en même temps un petit tableau qui y était accroché.Il lui paraît alors évident qu'une toile et son mur cohabitent.

Felice VARINI - Pentagone dans un pentagone dans un pentagone - anamorphose

Felice VARINI - Pentagone dans un pentagone dans un pentagone - anamorphose

Mon coup de cœur : l'œuvre de Charles SANDISON, né à Haltwhistleen (Royaume Uni) en 1969

Steps - Sous nos pieds, dans un fourmillement extraordinaire, les mots dévalent les escaliers accédant au rez-de-chaussée.

Impressionnée, subjuguée, je n'ai pas eu le réflexe de filmer. Le travail de Charles SANDISON n'est pas fait pour être figé.

.

Exposition "LE SILO" - Marines - Juin 2016Exposition "LE SILO" - Marines - Juin 2016

Prenez le temps de regarder les deux vidéos. Surtout la première où Charles SANDISON explique son œuvre.

Il aurait été trop long de citer dans cet article les explications, importantes et indispensables pour la compréhension des œuvres exposées, que nous ont données Françoise et Jean-Philippe BILLARANT . Les artistes concernés sont des personnalités internationales connues et reconnues. On trouve sur internet et pour chacun d'eux une importante documentation.

Ne manquez pas d'aller visiter Le Silo, je n'ai d'ailleurs qu'une hâte moi-même : y retourner.

visite sur rendez-vous :

lesilo@billarant.com

Le silo - route de Bréançon - 95640 Marines

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016

Une photo émouvante, dont j'ai beaucoup de mal à me détacher, marque le destin tragique de Paula Modersohn-Becker. Paula est couchée, sa tête reposant sur un oreiller blanc où courre une broderie ajourée de petits soleils. Elle tient serrée contre elle un bébé et pose une main protectrice sur le petit crâne. Son visage est marqué par un accouchement qui a duré deux jours et s'est terminé au chloroforme et aux forceps . Ses lèvres dessinent un sourire fatigué. Est-ce le bonheur ?

Le temps est suspendu.

Il y a eu un avant.

Paula Becker est une adolescente déterminée à devenir peintre. Elle poursuit ses études d'art à Berlin, puis, plus tard rejoint un groupe de peintres à Worpswede, un village pauvre situé au nord de Brême, entouré de marais, de forêts et de dunes. Elle y rencontre son futur mari Otto Modersohn. Elle fait aussi la connaissance de Clara Westhoff, sculpteur, et de Rainer Maria Rilke, poète. Ils seront ses deux plus fidèles amis.

A Worpswede Paula peint dans un esprit symboliste des paysages brumeux, des marais. Elle dessine à l'hospice des pauvres, peint des portraits d'enfants et de vieillards.

photos web
photos web
photos web
photos web
photos web
photos web

photos web

A l'aube du XXe siècle, elle est attirée par Paris, ville lumière. Elle y séjourne quatre fois, seule et inconnue, entre 1900 et 1907. A cette époque, l'animation règne au "Bateau Lavoir" avec Picasso, Modigliani, Juan Gris, Léger, le Douanier Rousseau… la liste serait longue.

Paula ne les croise pas et reste en marge de tout courant, libre de s'exprimer. Par le biais des expositions, les œuvres de Cézanne, Gauguin et Rousseau, la marquent profondément et la confortent dans sa propre démarche esthétique. Durant ses séjours à Paris, elle ne rencontrera que Rodin.

Durant huit années elle n'a qu'un seul but , "consciemment et inconsciemment, oh, peindre, peindre, peindre !"

Elle peint des autoportraits (influencée par les portraits égyptiens du Fayoum) , des natures mortes, des poissons rouges dans un bocal (dix ans avant Matisse), des fillettes nues, des bébés aux joues roses qui tètent, des mères et leurs nourrissons liés dans une plénitude charnelle...

Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.
Photos web.

Photos web.

Puis un jour de mai 1906, elle se dénude et peint son reflet dans un miroir, elle a simulé un ventre rond. Un tissu blanc entoure ses hanches, elle porte un collier d'ambre, comme sur de nombreux autoportraits. Celui-ci est le plus célèbre : c'est la première fois qu'une femme se peint nue. En bas de la toile on peut lire : "j'ai peint ceci à l'âge de trente ans, à l'occasion de mon sixième anniversaire de mariage, PB".

Autoportrait au sixième anniversaire de mariage - mai 1906 - détrempe sur carton - 101,8x70,2cm. Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Autoportrait au sixième anniversaire de mariage - mai 1906 - détrempe sur carton - 101,8x70,2cm. Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Paula a pris des distances avec son mari : "Cher Otto… Mais je ne veux pas venir vers toi maintenant, je ne peux pas… Et je ne veux aucun enfant de toi : pas maintenant"

L'année 1906 Paula a travaillé fébrilement : quatre-vingts tableaux. Elle a vécu entourée de ses toiles.

Etre femme artiste est souvent un déchirement : comment choisir entre l'art et la famille ? Comment allier les deux ? Le dilemme se posait sans aucun doute pour Paula : "moi, pauvre petit être humain, je ne sais pas quel est le bon chemin pour moi", puis "ce qui compte le plus pour moi : la paix pour mon travail, et ça je l'ai aux côtés d'Otto".

A-t-elle choisi délibérément, à trente et un ans, d'être enceinte, a-t-elle provoquée le destin ?

La petite Mathilde nait le 2 novembre 1907.

Le temps est suspendu.

Il y a un court après.

Le 21 Novembre, la maison est en fête, envahie de fleurs et de bougies : Paula peut se lever. Elle tombe foudroyée par une embolie d'être restée couchée. Son dernier mot est "schade" "dommage".

Nourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cmNourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cm

Nourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cm

De son vivant Paula n'aura vendu que trois tableaux, dont un petit à Rilke. Le succès viendra trop tard.

A l'ouverture de sa succession on découvrira une œuvre incroyablement importante, plus d'un millier de tableaux et dessins. Sa correspondance et son journal deviendront des best-sellers. L'Allemagne la reconnaitra , on lui consacrera un musée à Brême en 1927.

Cette photo m'obsède. Sans cette fin dramatique, quel aurait pu être l'autre chemin de Paula. On dit maintenant qu'elle a effleuré le cubisme. Aurait-elle rejoint, voir dépassé dans sa démarche les célébrités du début du siècle ? Elle en avait la volonté, l'énergie, le talent. …" shade"

Beaucoup d'émotion à visiter cette exposition, mais aussi à lire le merveilleux livre de Marie Darrieussecq, "Etre ici est une splendeur" (biographie de Paula), ainsi que le poème de Rainer Maria Rilke dédié à Paula, "Requiem" .

"J'achèterai des fruits, où l'on retrouve la campagne, jusqu'au ciel.

Car à ceci tu t'entendais : les fruits dans leur plénitude.

Tu les posais sur des coupes devant toi,

tu en évaluais le poids par les couleurs.

Et comme des fruits aussi tu voyais les femmes,

tu voyais les enfants, modelés de l'intérieur

dans les formes de leur existence.

Et pour finir, toi-même tu te vis comme un fruit,

tu te dépouillas de tes vêtements,

tu allas te placer devant le miroir et tu t'y enfonças tout entière,

sauf le regard : lequel, sans fléchir,

s'abstint de dire : c'est moi. Non : ceci est.

extrait de "Requiem" - Rainer Maria Rilke

LE SITE DU MUSEE DE PAULA : http://www.museen-boettcherstrasse.de/francais

PAULA MODERSOHN-BECKER - 1876 Dresde 1907 Worpswede

Musée d'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS jusqu'au 21 août 2016

Ce tableau termine l'exposition -  Vieille domestique au jardin 1906 -  96x80,2cm - Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Ce tableau termine l'exposition - Vieille domestique au jardin 1906 - 96x80,2cm - Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016
PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016

APPEL A CANDIDATURE

Artistes demeurant dans le Val d'Oise et la région Ile de France

Les amis des arts d'Ermont - ARAMI - ART CONTEMPORAIN EN VAL D'OISE

Exposition au Théâtre Pierre Fresnay ERMONT - 95120

du 19 au 27 novembre 2016

renseignements, règlement et bulletin d'inscription : www.arami95.com

Voir l'exposition 2015 ci-dessous :

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>