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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

Jeudi 7 août

9 h 15 - gare SNCF de Lens

Nous découvrons une vaste place désertique. Il fait gris, il bruine. La première impression est plutôt sinistre.

Nous nous réfugions dans le seul café ouvert pour attendre la navette qui mène au musée. Finalement nous optons pour un taxi. Le chauffeur est pessimiste, le musée n'a pas apporté beaucoup aux habitants de Lens, ni à sa corporation, sauf durant la construction : "Une usine aurait été préférable" nous dit-il. Le Louvre Lens n'a pas eu l'impact du Guggenheim de Bilbao, notamment sur l'emploi.

9 h 50 - Le taxi nous dépose devant le musée.

Nous traversons une immense esplanade. Nous sommes les premiers visiteurs.

Le musée est construit sur l'ancienne fosse n°9 des mines de Lens, il est entouré d'un parc de vingt hectares. L'architecture est troublante (conçue par l'agence japonaise Sanaa). Certains murs semblent transparents, cachent-ils un jardin intérieur ? Il faut s'approcher pour voir que la construction s'efface dans le paysage : c'est le parc qui se reflète dans les parois de verre et d'aluminium poli.

10 h - Nous entrons dans le hall, immense, quelques visiteurs nous ont rejoints. Le matin, tout au long de notre visite , il y aura peu de monde. L'après-midi sera plus peuplé, notamment de groupes scolaires (en 2015 ils ont représentés un quart des visiteurs).

Visite de la "Galerie du temps".

Je retrouve le côté cotonneux des murs extérieurs, j'ai la sensation d'être dans un nuage. La salle est en pente douce, elle nous conduit à travers l'histoire, du quatrième millénaire avant notre ère jusqu'au milieu du 19è siècle. La juxtaposition d'œuvres de périodes et de provenances différentes, sensées dialoguer entre elles, peut-être contestable et contestée. En ce qui me concerne, si le Louvre Paris est pour moi le lieu culturel artistique par excellence où je ne me lasse pas d'aller régulièrement depuis une quarantaine d'années, j'ai aimé survoler, dans cette atmosphère ouatée, quelques belles œuvres de l'histoire de l'art.

Louvre-Lens - 62300 LENS - ouvert tous les jours, sauf mardi de 10 h à 18 h.

Prochain article : Exposition Charles Le Brun au Musée de Lens

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Exposition Albert Marquet - Peintre du temps suspendu

Le petit Albert est assis au bord de la Garonne, à Bordeaux, là où il est né. Il ne joue pas avec les autres enfants, il reste à l'écart. Il a un handicap : un pied-bot qui le fait claudiquer. Sa myopie a-t-elle été décelée ? Porte-t-il déjà des petites lunettes rondes ? Pour moi cela le rend attachant mais pour des petits garnements c'est l'objet de moqueries supplémentaires. Alors, le petit Albert, délaissé et silencieux, s'attache à la vie du port, au chargement des bateaux, au déplacement des grues, au va et vient des passants, aux reflets dans l'eau.

En classe, Albert est encore la risée de ses camarades : cela n'incite pas à être bon élève. Il s'isole et parsème livres et cahiers de croquis Son père tempête : "Tu finiras sous les ponts" , mais sa mère le comprend, reconnait ses dons pour le dessin. En 1892, elle décide de partir à Paris afin qu' Albert entre à l'Ecole des Arts Décoratifs. Pour assurer la subsistance de la famille elle prend une boutique de broderies. Les élèves surnomment Albert "l'English". Parmi eux se trouve Matisse. Il a six ans de plus qu'Albert, il prend sa défense et lui évite d'être le souffre-douleur de l'atelier.

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Tous deux intègrent ensuite l'école des Beaux Arts dans l'atelier de Gustave Moreau. Albert y peint des nus, mais très vite il s'éloigne de l'académisme et dès 1898, utilise, en précurseur, des couleurs pures.

ci-contre, "Nu dit fauve" 1898

1905 : C'est la première fois que le salon d'automne a lieu au Grand Palais. Ingres, Manet, Renoir, bénéficient d'une rétrospective. Cézanne est présent. Le Douanier Rousseau expose son "Lion ayant faim se jette sur l'antilope". Dans une salle sont accrochées des peintures de Laprade, Camoin, Vlaminck, Derain... et Marquet. Matisse présente sa "Femme au chapeau". Pour les critiques ce sont des barbouillages, des peintures de fous aux couleurs criardes. Informé, Emile Loubet, Président en fin de mandat, refuse d'inaugurer le Salon.

Dans cette même salle contestée, trône un torse d'enfant et un petit buste en marbre, dans un style Renaissance italienne, du sculpteur Albert Marque (Albert MARQUE qu'il ne faut pas confondre avec Marquet sera aussi le créateur d'une tête de poupée qui obtiendra un grand succès. Elle est aujourd'hui très recherchée par les collectionneurs ). Le critique Louis Vauxcelles s'écrie "Donatello au milieu des fauves" . Le qualificatif "fauve" est resté, le mot fauvisme devait apparaître plus tard pour désigner à la fois le groupe et son art.
 

Page du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de MatissePage du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de Matisse

Page du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de Matisse

En 1906, sur les conseils de son ami Camoin, Marquet part peindre au Havre avec Dufy. Il redécouvre la vie d'un port, l'eau, les reflets. Il adoucit sa palette, privilégie les gris.

Il expose à la Galerie Druet en 1907. Les collectionneurs russes Morozov et Chtchoukine lui achètent des toiles. C'est la raison de la présence de nombreuses œuvres de Marquet au Musée de l'Ermitage et au Musée Pouchkine . Il sera d'ailleurs invité à Moscou en 1934.

Le port du Havre 1906

Le port du Havre 1906

Il se marie tard, à la cinquantaine avec Marcelle Martinet de vingt ans sa cadette. Il a rencontré Marcelle à Alger où il passe tous les hivers sur les conseils d'Elie Faure, son ami médecin, écrivain et collectionneur.

Chaque année, et jusqu'à sa mort, il voyage beaucoup de ports en ports : Londres, Tanger, Barcelone, Oslo, Stockholm, Alger, Rotterdam… "il se sentait partout chez lui où il y avait de l'eau et des bateaux" écrira Marcelle.

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Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -

Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 - Marseille 1907 - Alger -

Mais Marquet aime aussi intensément Paris et les quais de la Seine. Le présage de son père ne se réalisera pas : il ne dort pas sous les ponts, il les peint vu de haut, installé en étage dans différents ateliers. C'est sa particularité : traiter le paysage en vue plongeante. Paris est gris, c'est la réalité, Marquet l'interprète en camaïeux : le gris de la Seine s'accorde au gris des façades, des toits, des rues, du ciel.

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Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928
Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928
Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928

Quai des Grands Augustins 1906 - Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928

C'est une peinture sobre et élégante. Quelques lignes noires soulignent un quai ou un pont. Les petits personnages sont extraordinaires : vus de près ils sont construits d'un trait de pinceau spontané, de loin ils apparaissent vivants, animent merveilleusement le paysage.

La crue de la Seine 1910 -

La crue de la Seine 1910 -

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Comme pour affirmer sa passion de l'eau, des ports et des bateaux, Marquet n'acceptera comme récompense que le titre de "peintre officiel de la marine".

La sincérité qui émane des tableaux de Marquet rend cette exposition très attachante. Marquet regarde, et peint, tout simplement.

Albert MARQUET - 1875-1947 - Né à Bordeaux, décédé à Paris. Repose au cimetière de la Frette sur Seine (Val d'Oise)

Exposition jusqu'au 21 août 2016

Ci-contre, "Les persiennes" 1945, une de ces dernières toiles

Mon coup de cœur dans cette exposition - "Les hangars du port de Bougie" Algérie 1929

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Mais on pouvait voir aussi, et entre autres dessins et tableaux (l'exposition comporte une centaine d'oeuvres) ...

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Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

JACQUES GRINBERG - Musée d'Art Moderne Paris

(Sofia 1941 - Paris 2011)

Jusqu'au 18 septembre, une salle du MAM est consacrée à ce peintre, pionnier de la Nouvelle Figuration.

Jacques Grinberg peint "des œuvres au langage politique violent, antibourgeois et antimilitariste qui dénoncent la censure, l'oppression mais aussi la solitude ou l'enfermement. Jacques Grinberg qui signait Jacques, était aussi bien marqué par les idées communistes de ses parents que par la tragédie des camps nazis".

Cette présentation de quelques œuvres majeures du peintre est organisée à l'occasion de l'acquisition d'une œuvre par le musée et d'une donation par les enfants de l'artiste et par des collectionneurs.

La salle 14bis dédiée à Jacques Grinberg se trouve au niveau de la collection permanente du Musée.

Association l'Homme Bleu

http://www.jacquesgrinberg.com

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Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992

Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992

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Publié dans : #Oeuvres
Apoxyomène - Musée du Louvre - 24/01/2013-2016

Après avoir parcouru les musées du monde entier en passant par le Louvre en 2013, l'Apoxyomène a retrouvé l'île de Lošinj, en Croatie, où il s'était noyé. Il trône désormais dans une salle immaculée du musée qui lui est entièrement consacré.

Apoxyomène - Musée du Louvre - 24/01/2013-2016

Je publie à nouveau son histoire. Est-il véritablement heureux dans cette salle qui ressemble à la cellule capitonnée d'un hôpital psychiatrique ? Il aurait sans doute, tout comme moi, préféré une salle ouverte sur les eaux cristallines qui l'avaient protégé durant tant de siècles.

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On m'appelle l'Apoxyomène de Croatie. J'ai quitté la Grèce vers la fin du IVè siècle avant JC à bord d'un navire à destination de l'Italie. Je devais servir de décor dans une villa, un jardin ou dans des thermes.
Je suis un lutteur, mes muscles du torse sont particulièrement développés par rapport à mes jambes. J'étais occupé à nettoyer mon corps après l'effort, en raclant (d'où mon nom apoxyomène qui vient du grec racler gratter), à l'aide d'un stigile, le mélange d'huile et de sable qui enduisait ma peau, lorsqu'une tempête a éclatée dans les eaux croates de la Mer Adriatique.
Pour délester le bateau on m'a jeté par dessus bord, la chute m'a arraché l'auriculaire gauche et j'ai laché mon stigile. J'ai coulé à 45 mètres de fond, les courants m'ont arraché les yeux. Ma peau de bronze s'est erodée lentement mais j'ai lutté (après tout c'était mon métier) pour conserver mon aspect.
On m'a retrouvé en 1996, les scientifiques m'ont accueilli avec une grande joie, je suis selon eux exceptionnel car dans la grande majorité mes milliers de compatriotes (les athlètes et parmi lesquels les apoxyomènes étaient une source d'inspiration pour les artistes) n'ont pas survécu à l'Antiquité. Ils ont été refondus pour récupérer le cuivre et l'étain afin de fabriquer armes, outils et vaisselles.
Je suis toujours aveugle, je ne sais pas où je suis, il y a beaucoup de monde autour de moi, le brouhaha d'un lieu vaste et clos ; j'entends les commentaires flatteurs, je n'ai donc pas trop changé, on me trouve beau. Ce doit être le jour.  Soudain un silence profond s'installe. Je retrouve la solitude et l'angoisse des profondeurs de la mer où je suis resté vingt quatre siècles. Ce doit être la nuit.
  

                                                                               
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