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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Autoportrait à la palette - 1865-1866 109x71cm - Chicago

Autoportrait à la palette - 1865-1866 109x71cm - Chicago

Frédéric Bazille est né le 6 décembre 1841. Il est issu d'une vieille famille d'orfèvres et de négociants, membres de l'Eglise réformée. Son père, propriétaire terrien et viticulteur est un notable. Bazille passe son enfance entre l'hôtel situé Grand-Rue à Montpellier et la résidence d'été de la famille, le domaine de Méric (devenu, de nos jours, un parc public). La bâtisse rose est située en hauteur, et la pente du parc descend jusqu'à la rivière Lez. "Méric, un greffon de Florence enté en Languedoc est un lieu magique" (F.B.Michel - biographie de Bazille)

 

Résidence de Méric

Résidence de Méric

En 1859, après avoir passé le baccalauréat, Bazille envisage de se consacrer à la peinture. Il entreprend cependant des études de médecine, carrière voulue par ses parents, tout en peignant pendant son temps libre et en suivant des cours de peinture et de dessin dans l'atelier du sculpteur Joseph Baussan.

En 1862, ses parents acceptent qu'il poursuive ses études à Paris, mais Bazille conserve la volonté d'être peintre. Il fréquente l'atelier de Charles Gleyre. Il y rencontre Monet, Sisley et Renoir. Monet sera un guide que Bazille hébergera et aidera beaucoup financièrement.

En 1854, il échoue à sa deuxième année de médecine, son père accepte finalement qu'il se consacre à la peinture.

Bazille est un hôte assidu du salon de sa cousine Mme Lejosne. Il y retrouve Baudelaire, Verlaine, Barbey d'Aurevilly, Braquemond, Manet. Cette élite, opposée à Napoléon III, voue un culte à Victor Hugo, l'exilé, et est hostile à l'académisme.

Il se lie d'amitié avec Pissarro, Fantin-Latour, Nadar (il sera présent à l'envol du "Géant"-voir article http://www.voir-ou-revoir.com/search/nadar/), Zola, Degas et Cézanne qu'il réunira au petit café Guerbois des Batignolles à quelques pas de l'atelier de Manet.

Ci-dessus - L'Atelier de la rue de Visconti - 1867 - Huile sur toile, 65x48cm, Richmond

L'atelier est un lieu essentiel pour les peintres : on s'y rencontre pour observer les progrès des uns et des autres, s'encourager, engager des débats esthétiques, y diner ensemble. C'est aussi un sujet de peinture lorsque l'on ne peut pas s'offrir des modèles ou sortir peindre en plein air.

Ci-dessous :

Atelier de la rue de la Condamine - 1869/1870 -  huile sur toile 98x128,5cm - Paris Musée d'Orsay.

Edmond Maître est au piano, Emile Zola parle à Renoir qui peint, et la grande silhouette de Bazille est de la touche de Manet.

Frédéric BAZILLE au Musée d'Orsay - Février 2017

En 1865, Bazille quitte son petit local de la rue de Vaugirard pour s'installer avec Monet dans un atelier 6, rue de Fürstenberg, face à l'atelier de Delacroix. De leur fenêtre les deux amis peuvent voir la pièce ou peint le maître. Ils y recevront Courbet venu encourager Monet qui peint "Le Déjeuner sur l'herbe". Bazille déménagera plusieurs fois durant les huit années passées à Paris. En 1966, rue Godot-de-Mauroy, puis rue de Visconti, aux Batignolles, et en avril 1870 rue des Beaux-Arts.

Bazille aime la vie parisienne, le théâtre, les concerts. Il partage sa passion pour la littérature, la poésie et le piano avec Edmond Maître avec lequel il entretiendra une amitié profonde. Mais il aime aussi se ressourcer au grand air et fait de nombreuses escapades à Honfleur avec Monet, à Chailly, à Barbizon, à Aigues-Mortes et retourne régulièrement tous les étés à Méric, site essentiel dans l'œuvre de Bazille.

Ci-dessus -  Paysage à Chailly - 1865 - huile sur toile 81x100cm - Chicago

Les remparts d'Aigues-Mortes - 1867 - Huile sur toile 46x75cm - Montpellier Musée Fabre

Les remparts d'Aigues-Mortes - 1867 - Huile sur toile 46x75cm - Montpellier Musée Fabre

Entre 1863 et 1870, Bazille peint plus d'une cinquantaine d'œuvres de tout genre : portraits, paysages, natures mortes (à cette époque genre important, modeste et peu couteux), nus (surtout masculins).

 

Négresse aux pivoines - 1870 - huile sur toile 60x75cm - Montpellier Musée Fabre

Négresse aux pivoines - 1870 - huile sur toile 60x75cm - Montpellier Musée Fabre

Portrait de Pierre Auguste Renoir - vers 1868-1869 - huile sur toile 61x50cm - Montpellier Musée Fabre - dépôt du Musée des beaux arts d'Alger

Portrait de Pierre Auguste Renoir - vers 1868-1869 - huile sur toile 61x50cm - Montpellier Musée Fabre - dépôt du Musée des beaux arts d'Alger

La Robe rose - 1864 - 147x110cm - Paris Musée d'Orsay

La Robe rose - 1864 - 147x110cm - Paris Musée d'Orsay

Ruth et Booz - 1870 - huile sur toile 138x202xm - Montpellier  Musée Fabre

Ruth et Booz - 1870 - huile sur toile 138x202xm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte au héron - 1867 huile sur toile 98x78cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte au héron - 1867 huile sur toile 98x78cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte aux poissons - 1866 - huile sur toile 47x39cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte aux poissons - 1866 - huile sur toile 47x39cm - Montpellier Musée Fabre

Jeune Homme nu couché sur l'herbe - vers 1867 - huile sur toile - 147x139 - Montpellier Musée Fabre

Jeune Homme nu couché sur l'herbe - vers 1867 - huile sur toile - 147x139 - Montpellier Musée Fabre

Le Pêcheur à l'épervier - 1868 - huile sur toile 188x87cm - Remagen

Le Pêcheur à l'épervier - 1868 - huile sur toile 188x87cm - Remagen

Bazille meurt tragiquement le 28 Novembre 1870, au cours de la guerre franco-prussienne. Avec la fougue de la jeunesse il s'est engagé dans le 3ème régiment de Zouaves. Sergent major nouvellement promu, il reçoit une balle dans le bras et une dans le ventre lors de l'assaut de Beaune-la-Rolande (Loiret).

La quasi-totalité de son œuvre est rapatriée chez ses parents, où personne ne la voit durant près de trente ans. Nous devons à Manet et au critique Roger Marx la redécouverte de Bazille. A l'Exposition Universelle de 1900, Roger Marx fait le bilan d'un siècle de peinture française et introduit avec les impressionnistes qui sont devenus célèbres, l'oublié Bazille. La "Vue du village" et "La Toilette" sont présentés dans la salle des précurseurs du mouvement

La Vue du Village - 1868 - Huile sur toile - 137x85cm - Montpellier Musée Fabre

La Vue du Village - 1868 - Huile sur toile - 137x85cm - Montpellier Musée Fabre

La Toilette - 1870, huile sur toile 130x128cm - Montpellier Musée Fabre

La Toilette - 1870, huile sur toile 130x128cm - Montpellier Musée Fabre

Marc Bazille, frère de Frédéric, propose pour une somme symbolique "La Réunion de famille" aux musées nationaux. En 1910, une première grande rétrospective est organisée dans le cadre du Salon d'Automne.

 

La Réunion de famille - 1867-1868 - huile sur toile 152x230cm - Paris Musée d'Orsay

La Réunion de famille - 1867-1868 - huile sur toile 152x230cm - Paris Musée d'Orsay

Bazille n'aura vendu aucun tableau de son vivant, d'ailleurs il n'avait nullement besoin d'argent, ses parents lui versaient une rente mensuelle mais il devait rendre des comptes. Mécène pour ses amis, il acheta notamment à Monet "Les Femmes au jardin".

En 1870 il émergeait à peine sur la scène artistique, le Salon lui ouvrait ses portes : "Je suis lancé, écrivait-il à son frère Marc, et tout ce que j'exposerai dorénavant sera regardé". Bazille n'a pas eu la chance de vivre le plein épanouissement de l'impressionnisme.

C'est une très belle exposition qui, au travers des œuvres de Bazille en résonance avec celles de ses amis et contemporains, met en évidence la recherche de cette génération sur la peinture en plein air et particulièrement selon Bazille "comment peintre une figure au soleil"

Pierre Auguste RENOIR - Bazille peignant à son chevalet - 1867

Pierre Auguste RENOIR - Bazille peignant à son chevalet - 1867

Claude MONET - Portrait de Bazille à la ferme Saint-Siméon -  1864

Claude MONET - Portrait de Bazille à la ferme Saint-Siméon - 1864

PREMIERE EXPOSITION SUR BAZILLE ORGANISEE PAR LES MUSEES NATIONAUX

Jusqu'au 5 Mars 2017 - Musée d'Orsay PARIS

Commenter cet article

Angelilie 12/03/2017 14:41

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement.

Claude 21/02/2017 16:15

Oui, une belle découverte pour moi aussi. J'avais raté cette expo à Montpellier, il va falloir que je me débrouille pour la voir ici! Votre présentation est comme toujours très stimulante!

Cath 15/02/2017 11:58

Merci pour ce bel article Marraine et cette émouvante histoire de la vie de F. Bazille que je ne connaissais pas. Gros bisous.

emma 13/02/2017 14:27

passionnant, on sent que l'art a été la "grande affaire" de cette époque, avec des consanguinités de style, de sujets, et de lieux, entre artistes, sans compter la toilette même des personnages - au point que le profane (moi) se perd un peu. Pourquoi diable est ce que je confondais Bazille et Caillebotte ? peut être le nu masculin (merci Google qui m'égare sur des sites très...particuliers) ou peut être cette peinture du pianiste que j'aurais prise pour le frère Caillebotte ?

legendre 13/02/2017 05:59

Article très bien conçu, attractif: une rencontre stimulante et riche que celle de ce beau peintre inspiré qu´est Bazille. Merci á vous.

almanito 12/02/2017 19:44

Triste destin, qui sait s'il n'aurait pas figuré parmi les plus grands Impressionnistes...

Rufus 12/02/2017 16:46

C'est une histoire bien triste que vous nous offrez aujourd'hui, chère Michèle. Pauvre Frédéric, et pauvres parents ! (je crois me rappeler que son père avait été en quête du corps de son fils, et qu'il l'avait retrouvé à Beaune). Une fois encore vous complétez ma "culture" : je ne connaissais pas l'existence d'un Déjeuner sur l'herbe de Monet.