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Voir-ou-revoir

Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir

J’entre pour la seconde fois à la Fondation Custodia. J’avais oublié, peut-être parce qu’il est lié à un mauvais souvenir, ce Musée du 121 rue de Lille dans le VIIe arrondissement de Paris où j’étais allée il y a quelques années. Mon amie Anne-Marie, passionnée d’art et visiteuse assidue des expositions parisiennes, l’a rappelé à mon souvenir en m’indiquant les expositions qui se tenaient actuellement au sous-sol et au 1er étage de l’Hôtel Levis-Mirepoix.

Derrière ce premier bâtiment, séparé par une petite cour, se tient l’Hôtel Turgot, bâtiment du XVIIIe siècle. Il renferme la collection Frits Lugt, un ensemble de 30.000 gravures, 7000 dessins, 220 peintures et 40.000 lettres d’artistes (une des plus importantes collections au monde), les lettres françaises du XIXe étant les plus nombreuses. Au 4ème étage, la bibliothèque de la Fondation, spécialisée en histoire de l’art en France, comprend 130.000 Volumes.

Ponctuellement la Fondation présente des expositions temporaires. Actuellement on peut voir :

  • Du dessin au tableau au siècle de Rembrandt. Y sont réunis des tableaux (souvent des images) des grands artistes hollandais du Siècle d’Or avec leur dessin préparatoire. Il était interdit de photographier cette exposition riche d’une centaine de dessins dont quelques Rembrandt, et des œuvres d’Esaias Van de Velde, d’Adriaen van Ostade , de Jacob van Ruisdael et beaucoup de noms qui me sont étrangers. On peut y voir aussi de très beaux carnets d’esquisses.

  • La quête de la ligne. Cent feuilles retracent l’histoire du dessin en Allemagne, du début du XVIIe siècle jusqu’à la fin du XIXe, objet de la collection de l’historien d’art Hinrich Sieveking.

Je vous propose de voir les œuvres de cette « quête de la ligne » qui m’ont interpellée. Photographier les dessins permet de les étudier de plus près, surtout s'ils sont petits et estompés par le temps et d’agrandir des parties presque invisibles à l’œil nu.

Cette exposition ne nous met pas face à des maîtres très connus (tout au moins pour moi), ce qui ne retire rien à la qualité des œuvres. Le plaisir est aussi dans la quiétude et le bonheur de se retrouver quasiment seule dans les salles.

Cliquez sur les photos pour les agrandir

Wilhelm von Kobell - 1766-1853 - "Etudes de troncs d'arbres dans une forêt de feuillus", vers 1800 - aquarelle, pinceau et encore gris-brun sur une esquisse à la mine de plomb sur plusieurs feuilles de papier - 303x286mm

Wilhelm von Kobell - 1766-1853 - "Etudes de troncs d'arbres dans une forêt de feuillus", vers 1800 - aquarelle, pinceau et encore gris-brun sur une esquisse à la mine de plomb sur plusieurs feuilles de papier - 303x286mm

Johann Eleazar Zeissig, dit Schenau - 1737-1806 - "Trois garçons à la cueillette de pommes" vers 1765 - sanguine sur papier 208x170mm

Johann Eleazar Zeissig, dit Schenau - 1737-1806 - "Trois garçons à la cueillette de pommes" vers 1765 - sanguine sur papier 208x170mm

"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017

Johann Heinrich Wilhelm Tischbein (1751-1829)

Illustration pour Le Roman de Renart : "Renart conduit au gibet" - aquarelle, plume et encre noire sur papier 240x380mm

Comme Tischbein, Goethe s'intéressait à l'antropomorphisme, qui attribue aux animaux les caractéristiques du comportement ou de la morphologie humaine. Goethe publie son poème épique (Le Roman de Renart) en 1794. En 1810, Tischbein rédige un poème épique sur le même sujet et crée les illustrations.

Tischbein - "Paysage de lacs au Schleswig-Holstein, avec des vestiges préhistoriques" 1808 - plume, encre brun-noir et aquarelle, sur papier 203x330mm

Tischbein - "Paysage de lacs au Schleswig-Holstein, avec des vestiges préhistoriques" 1808 - plume, encre brun-noir et aquarelle, sur papier 203x330mm

Franz Kobell - 1749-1822 - "Petite chute d'eau de la rivière Isar" vers 1820 - Pinceau et encres grise et brune sur papier - 163x208 mm

Franz Kobell - 1749-1822 - "Petite chute d'eau de la rivière Isar" vers 1820 - Pinceau et encres grise et brune sur papier - 163x208 mm

"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017

Johann Georg von Dillis - 1759-1841 "La Forêt près de Berg au bord du lac Starnberger See" vers 1798 - Mine de plomb, pierre noire, plume et encre grise et aquarelle, sur papier 317x270mm

Alors qu'à la fin du XVIIIe siècle, les artistes allemands s'éprennent du lavis monochrome, Dillis privilégie la difficile technique de l'aquarelle y associant mine de plomb,   pierre noire et encre.

"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017

Christian Ernst Bernhard Morgenstern - 1805-1867 "Vue du domaine de Sieveking à Hamm, près de Hambourg" , vers 1835 - Mine de plomb, rehauts de blanc sur papier jaunâtre-ocre - 349x396mm.

Ce paysage que j'aime tout particulièrement a été acheté en 1829 par un grand mécène, le Dr Karl Sieveking. Il réunissait dans sa maison de nombreux artistes locaux. Une partie de l'ancien domaine Sieveking constitue aujourd'hui le parc public "Hammer Park" de Hambourg.

"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017

Ernst Fries - 1801-1833 - "Vue de Pagiano" 1825 - Pinceau et encres grise et brune sur une esquisse à la mine de plomb sur papier - 298x375mm.

La douceur et la transparence de ce lavis sont remarquables. Le dessin a sans doute été exécuté sur place lors d'un séjour du peintre en Toscane. Pagiano est un petit village au bord de l'Arno à quelques kilomètres de Florence.

"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017
"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017

Ces très beaux et fins portraits à la mine de plomb sont de :

Wilhelm Hensel - 1794-1861 :

- "Portrait de la ballerine Emilie Hoguet-Vestris" 1822 Mine de plomb sur papier 179x144mm

- "Portrait de la ballerine Stanis Lemière " 1822 - Mine de plomb sur papier 177x144mm

Gustav Heinrich Naeke - 1786-1835 - "Portrait du peintre Heinrich Reinbold" 1820 - Mine de plomb sur papier 146x94mm

Erwin Speckter - 1806-1835 "Portrait d'une jeune femme d'Albano - vers 1831 - Mine de plomb sur papier 156x133 - On retrouve ce dessin dans la vue de son atelier (voir ci-dessous)

 

                                   

"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017

Erwin Speckter - "Bernhard Neber et Erwin Speckter dans leur atelier à Rome" 1831 - Aquarelle sur une esquisse à la mine de plomb sur papier - 192x249mm

Mes lecteurs qui sont peintres doivent, comme moi, s'interroger sur l'habillement des deux amis. Il fait sans doute froid ,  comme l'atteste le poêle, mais tout de même... peindre en redingote et en haut de forme ne doit pas faciliter le geste.

Adrian Ludwig Richter - 1803-1884 - "Paysans traversant un gué" vers 1847 - Plume et encres brune et rouge, aquarelle sur une esquisse à la mine de plomb sur papier - 122x193mmAdrian Ludwig Richter - 1803-1884 - "Paysans traversant un gué" vers 1847 - Plume et encres brune et rouge, aquarelle sur une esquisse à la mine de plomb sur papier - 122x193mm

Adrian Ludwig Richter - 1803-1884 - "Paysans traversant un gué" vers 1847 - Plume et encres brune et rouge, aquarelle sur une esquisse à la mine de plomb sur papier - 122x193mm

Ernst Ferdinand Oehme - "Paysage fluvial dans le brouillard du matin" 1840 - aquarelle sur papier - 140x204

Ernst Ferdinand Oehme - "Paysage fluvial dans le brouillard du matin" 1840 - aquarelle sur papier - 140x204

"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017
"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017

Victor Paul Mohn - 1842-1911 - "Bosquet de chênes dans le forêt de Serpentara, près d'Olevano" - 1866

Aquarelle, plume et encres brune et grise sur une esquisse à la mine de plomb sur papier - 318x474mm.

Mohn appartient à la dernière génération des peintres romantiques. Il fut l'élève de Richter. Il part en Italie avec deux autres élèves et marchent dans les traces de leur maître. Ils continuent de travailler, d'après nature, à la mine de plomb et à l'aquarelle, alors que les esquisses à l'huile sont devenues à la mode.

 

"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017
"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017

Dans ce très beau dessin de François, baron Gérard, de 1810, représentant "Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie", fils de Joséphine,  la ligne est omniprésente. Le visage seul est aquarellé. L'agrandissement nous permet de voir la finesse et l'extraordinaire précision des petites touches de ce portrait d'environ 25mm de haut.

Aquarelle et mine de plomb sur papier 208x161 mm,

"La quête de la ligne" - Fondation Custodia - Avril 2017

 Anton van Dyck (1599-1641). "Un chevalier tombant de son cheval cabré", plume et encre brune sur papier - 100x87mm

Anton van Dyck était assistant de Rubens et ce dessin, probablement de cette période montre l'ambition du peintre à traiter les scènes de batailles d'une façon aussi éclatantes que celles de son maître. D'une grande vigueur et spontanéité, fait de lignes plus ou moins appuyées et d'un modelé en hachures, cette esquisse termine de façon éclatante l'exposition.

La quête de la ligne - Trois siècles de dessin en Allemagne - à voir jusqu'au 7 Mai 2017.

photos MP

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Rufus 23/04/2017 22:41

Un gentil cadeau à vos fidèles, chère Michèle. De très belles images, toutes remarquables, telles qu'il est difficile d'en préférer vraiment. Un grand merci à vous, et revenez nous vite.

almanito 23/04/2017 17:54

Superbe présentation comme d'habitude. J'aime beaucoup le trait de certains dessins comme le paysage de lacs ou le paysage fluvial dont la modernité me fait penser à Jongkind (que j'aime beaucoup) et j'ai un coup de coeur pour la vue de Pagiano qui semble fondre sous la lumière intense du sud. Merci Michèle.

NISE 23/04/2017 12:25

Une visite bien intéressante "une visite jubilatoire" comme le disait notre chère Renée, qui avait tout dit quand elle utilisait cet adjectif. Les dessins me touchent beaucoup. Passe une bonne journée. Tendres bisous.

Chenu 23/04/2017 10:55

La Fondation Custodia est effectivement un lieu de calme. Je préfère souvent les expositions au sous-sol consacrée aux artistes contemporains. Cependant le travail des anciens reste très instructif!

emma 23/04/2017 10:04

certains dessins préparatoires méritent autant l'exposition que l'oeuvre finale, le dessin est l’épure, l'esprit et le nerf de la peinture - comme toi j'aime énormément le paysage de Morgenstern qui vibre par l' intensité des blancs
"peindre en redingote et en haut de forme ne doit pas faciliter le geste", c'est sûr, et tu imagines les difficultés de nettoyage à cette époque !!!!
merci , Michele !

Loïc Roussain 23/04/2017 09:50

Des techniques ardues, semble-t'il, mais avec quels résultats ! Merci.
LOIC

Dandylan 23/04/2017 08:43

Merci pour la visite !