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Voir-ou-revoir

Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Avant  ma visite au Musée de l'Orangerie, les Macchiaioli n'étaient pour moi que le nom donné à des  tableaux de tout  petit  format très en longueur.  Si cette spécificité n'est pas fausse, j'avais beaucoup à  apprendre. 
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"Macchiaioli", ou peintres de la "macchia" (tache mais aussi esquisse en italien) est le nom qu'un journaliste a donné à un groupe d'artistes qui scandalisa le public à  l'Exposition nationale de Florence en 1862. L'ironie se reproduira au salon de 1874 en donnant le nom "d'impressionnistes" aux compagnons de Monet (il y exposait son tableau  "Impression soleil levant") ; dans les deux cas cela ne déplaira pas aux peintres en révolte contre l'académisme.
Le petit groupe révolutionnaire et novateur des Macchiaioli se retrouvait dans un café, le Michelangiolo via Larga à Florence, où les discussions sur la façon de peindre devaient aller  bon train.
 Leur innovation : peindre en plein air. Leur sujet : aller vers ce qui est immuable, le paysage de la campagne (les impressionnistes plus tard traiteront au contraire de la ville, des gares, des cafés, des ports etc.) et la réalité paysanne. Leur technique :  la macchia,  une peinture à petite tache marquant une rupture avec la peinture académique qui se veut lisse. La construction en perspective est toujours présente et la lumière y est forte, implacable (c'est la lumière de Toscane, il n'y a pas de vibrations comme chez les impressionnistes).
Les Macchiaioli  voulaient également renouveler la peinture d'histoire. Les guerres d'indépendance sévissaient en Italie , leur peinture permettait de déclarer leur patriotisme, leur souhait étant de fonder le premier mouvement pictural de l'Italie unifiée. Leur ferveur patriotique redoubla quand, en 1859,  nombre d'entre eux furent mobilisés. Ces peintres soldats ne se placeront pas du côté des vainqueurs mais du côté de l'humanité déchirée.
Pour la peinture en plein air, le support est souvent du bois et le format se modifie afin de pouvoir entrer dans la boite de couleur.  Ainsi le paysage construit au moyen de taches s'étire en vision panoramique sur de petits formats. Mais les Macchiaioli ne renieront pas les formats plus grands pour les peintures de guerre , les scènes de genre ou les portraits qu'ils ne pratiqueront que pour se peindre entre eux.
Le groupe ne durera que peu de temps : né en  1855 il se dispersera en 1870.

Le chef de file : Diego Martelli (1838-1896). Mécène et théoricien du groupe, grand voyageur aimant la France, ami de Degas, diffuseur des nouveautés vus à Paris. Lorsqu'il hérite de la villa de Castiglioncello  en 1861 il en fait le lieu de rencontre du groupe. 
Edgar Degas - 1879 - Edimbourg National Gallery of Scotland
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Aux cotés de Diego Martelli : Telemaco Signorini (1835-1901). Théoricien écrivant des articles pour le Gazzetino delle Arti del Disegno et, en 1893, Caricaturisti e caricaturati al caffè Michelangiolo, mémoires partielles du groupe des Macchiaioli.

La lune de miel - 1862-63 huile sur toile 31x99cm Viareggio Instituto Matteucci 04bis
Scène de halage dans le parc des Cascine à FLorence 1864
- huile sur toile (54x173cm) collection particulière 05

Santa Maria del Bardi à FLorence 1870 - huile sur toile 89x66cm - Viareggio, Instituto Matteucci05bis
   
G
uiseppe Abbati (1836-1868) -
    
Le Cloïtre de Santa Croce à FLorence (huile sur carton 19,3X25,2 cm) Palazzo Pitti Florence.
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Giovanni Fattori (1825-1908) 
Soldats français en 1859 - huile sur bois 15,5x32cm - Viareggio Instituto Matteucci 03
La sentinelle 1871 - huile sur toile, 34,5x54,5cm - collection particulière 6
Garibaldi à Palerme - 1860 - huile sur toile 88x132cm - Viareggio Instituto Matteucci 07
Silvestro Lega (1826-1895)
La visite 1858 - huile sur toile 31x50cm (Rome, Galleria Vito d'Ancona) (1825-1884) - Portique vers 1861 - huile sur carton 14,3x21,5cm Florence Palais Pitti 04
A l'Orangerie aux côtés des Macchiaioli on trouve un peintre français : Paul Guigou (1834-1871). Les commissaires de l'exposition ont considéré que le parallèle était justifié par la façon dont Guigou traitait la lumière, et par ses sujets (le Lubéron et la plaine de la Crau). Guigou travaillait aussi en plein air sur de tous petits formats.

Paul Guigou -  La Lavandière 1860 - huile sur toile 81x59 - Paris Musée d'Orsay 08
MON COUP DE COEUR
Il se trouve que c'est le tableau le plus connu de Giovanni Fattori :
La Rotonde de Palmieri - 1865 - Huile sur bois (12x35cm) Florence Palais Pitti 09
L'intensité de la lumière est saisissante donnant aux silhouettes un effet de contrejour. Aucun détail, de simples taches de couleur et pourtant ces femmes vivent, se parlent, méditent ou regardent la mer. C'est dit-on l'emblème des Macchiaioli, une icône.

Musée de l'Orangerie - Jardin des Tuileries PARIS - Jusqu'au 22 Juillet - Tous les jours sauf le mardi de 9 h à 18 h. Plein tarif 7,5 € - tarif réduit 5 €  

Commenter cet article

rufus 30/06/2013 19:56

Merci une fois encore. Je partage votre coup de coeur pour "La Rotonde". A bientôt s'il vous plait!

NISE 30/06/2013 18:43

Je ne connaissais pas, j'aime beaucoup! Je t'embrasse très fort, à bientôt nous revoir.

Lucien 30/06/2013 17:21

Toujours de tas de choses à découvrir sur ton blog ! amitiés.

Titti Eli 30/06/2013 16:52

J'aime bien la Lavandière et le cloitre. Belle expo encore.
Bonne soirée Bisous