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Voir-ou-revoir

Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Tamara de Lempicka, de son nom de naissance, Maria Gorska, est née probablement en 1898, à Varsovie. La Pologne faisait alors partie de l'Empire Russe.
Son père, juif russe, et sa mère, polonaise, sont d'un milieu aisé et cultivé. Ils vivent tantôt à Varsovie, tantôt à Saint Petersbourg ou à Lausanne. En 1914, Tamara suit les cours des Beaux Arts de Saint Petersbourg.
Elle épouse, en 1918, un avocat polonais, Tadeusz Lempicki. La Révolution d'Octobre contraint le couple à l'exil à Paris. Elle s'inscrit, en 1920, à l'Académie Ranson et à la Grande Chaumière, devient la disciple de Maurice Denis et d'André Lhote.
Une première exposition, à Milan en 1925, marque le début de sa carrière. Elle y fait la connaissance de Gabriele d'Annunzio, l'écrivain célèbre, dandy-esthète, séducteur irrésistible des plus belles femmes. Elle aura avec lui une relation tumultueuse, plus soucieuse de faire le portrait d'Annunzio (ce qui lui aurait apporté la célébrité) que de devenir sa maîtresse.
De retour en France, elle mène une vie mondaine. Habillée par les grands couturiers elle devient l'icône des photographes, organise des soirées propres à lui apporter des commandes.
Divorcée en 1928, elle part l'année suivante à New York où une commande l'appelle. Elle exécute là-bas de nombreux tableaux, réalise des études (gratte-ciels...) Remariée, en 1933, avec le baron Raoul Kuffner (de comtesse elle devient baronne) elle s'exile aux Etats Unis en 1939 pour fuir la guerre.
La meilleure période de création de Tamara de Lempicka se situe entre 1925 et 1935. Cette période est trop courte pour lui assurer une longue célébrité. Elle peint pourtant plus de 150 tableaux. L'Art Déco (successeur de l'Art Nouveau) est alors en plein épanouissement, mais concerne avant tout les arts décoratifs et l'architecture. La carrière de Tamara de Lempicka se trouve liée à un mouvement qui ne durera pas et qui ne sera pas axé sur la peinture. Tout au plus importait-il que des tableaux chers, si possible portraits de commande signés par un peintre "mondain", complètent une décoration.
Si ses nus à la froideur sensuelle et aux rondeurs cubistes font penser à la peinture de la Renaissance, les yeux en l'air, les bouches pulpeuses rouge vif, les ongles carminés des modèles font référence aux stars de l'époque (Greta Garbo, Marlène Dietrich...). Ses fillettes elles-mêmes ont une attitude ambigüe, pures, mais très sensuelles.
Pour mettre en valeur ses couleurs vives, dont le nombre est limité, elle use de fonds noirs ou gris.
Après son installation aux Etats Unis, ses sujets changent radicalement : elle peint des paysages et des natures mortes ce qui lui vaut le surnom de "Baroness with a Brush". Sa peinture conserve son style mais devient classique. La mode a changé, son travail plait moins.
Après guerre son oeuvre tombe dans l'oubli, elle finit ses jours à Mexico où elle décède  en 1980. Ses cendres sont répandues sur le volcan Popocatepetl.
Il faudra attendre les années soixante-dix et le regain de l'Art Déco pour qu'elle reprenne se place de grande "prêtresse" des Années Folles, de l'émancipation des femmes, de leur liberté d'expression et de leur homosexualité. Ses peintures, représentatives d'un monde qui voulait ignorer la crise qui sévissait alors, sont devenues très recherchées. De nos jours, la plupart de ses tableaux appartiennent à des collectionneurs privés, leur cote atteint 300 000 à 750 000 euros pour les grands formats les plus marquants.
   
Les tableaux qui suivent sont tous exposés à la Pinacothèque, les photos proviennent de différents sites  internet

                                         1922 - Fillette avec un ours en peluche - collection particulière 1922

 
                                        1923 -femme à la robe noire 1- 95x60,5cm - huile sur toile   - photo dans l'atelier de Tamara 
                                         collection particulière
                                        1923      931

                                         1923 - La carafe Louis-Philippe 35,5x27,5cm - huile sur toile - collection particulière1923
                                            1926 - Photo dédicacée de Gabriele d'Annunzio738

                        1927 - La belle Rafaëla - 77x105,4cm - huile sur toile - collection particulière    10-la-belle-rafaela-59488158-copie-1.jpg
                      1927 - La Belle Rafaëla en vert - 36x61cm - huile sur toile - collection particulièrelempicka la belle rafala en vert-copie-1
                      1928 - Portrait d'Arlette Boucard - 70x130cm - huile sur toile - collection particulière1928
             1928 - Portrait du Baron Kuffner- 36x27 cm - huile sur bois - Centre Pompidou - France - don de l'Artiste en 19761928.2
                                           Tamara de Lempicka en 1928tamara 1928
                                               1930 - Nu aux buildings - 92x73 cm - huile sur toile - collection particulière1930
                                         1930 - L'écharpe bleue - 56x5 x 48cm - huile sur bois - collection particulière1930
                                  1936 - Saint Jean-Baptiste - 35x30 cm - huile sur carton - collection particulière1936
1938 - Nature morte aux arums  et au miroir - 65,8 x 49,2 - huile sur toile - Centre Pompidou - France - don de l'Artiste1938
1941 - Cruche sur une chaise I (nature morte aux oeufs). 60,5 x 55cm - huile sur contreplaqué - Musée d'Art Moderne de St Etienne France1941
                               1951 - chambre d'hotel - 51x41 cm - huile sur toile - Musée des Beaux arts de Nantes - Francel1951
           1952 - Femme au chapeau - 91,4x 61 cm - Huile sur toile - Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne - France
1952
Mon coup de coeur - La tunique rose - 73x166 cm - huile sur toile - collection particulière1927
PINACOTHEQUE DE PARIS - 8 rue Vignon Paris 8ème - jusqu'au 8 septembre 10 h 30 - 18 h 30 tous les jours.

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margareth 09/08/2013 10:49

Si je connaissais le nom de Tamara de Lempicka ainsi que les grandes lignes de sa biographie, en revanche je ne m'étais jamais attardée sur sa peinture, très représentative de son époque. Ce qui
est étonnant, c'est cette sensualité qu'elle réussi à faire passer malgré un style qui a priori ne semble pas destiné à la traduire.

rufus 01/08/2013 16:38

La peinture de Tamara "passe" très bien dans le reportage que vous nous offrez.Merci Michèle : c'est un bonheur de pouvoir stocker à jamais, et grâce à vous, ce que nous avons pu voir parfois
avant, parfois après vous,mais toujours en accord avec votre jugement.

Titi Eli 01/08/2013 16:21

Très sculpturale comme peinture.Toujours très bien fait tes reportages. Bonne soirée !

emma 01/08/2013 15:51

merci pour cette passionnante visite bien documentée et illustrée. je découvre la petite fille bien touchante et des intérieurs. Il faut dire qu'on est souvent braqué sur ses femmes monumentales
parentes de celles de Léger, et qui datent terriblement art déco

NISE 01/08/2013 15:16

Sensualité dans sa vie et dans son oeuvre, j'aurais parié ton coup de coeur! J'aime beaucoup,merci. Bisous,bisous.