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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

Le château de Saché, au coeur de la Touraine, a été érigé au Moyen-âge et remanié à la Renaissance. Il a été mis au goût du XIXe siècle par son propriétaire de l'époque, Jean Margonne, qui y  reçut souvent Honoré de balzac. A Saché de 1830 à 1837, Balzac travailla à l'écriture du "Père Goriot", des "Illusions perdues" et de la "Recherche de l'absolu" et surtout trouva l'inspiration pour écrire "Le lys dans la vallée".
Devenu Musée Balzac en 1951, le château accueille en ce moment des oeuvres de Pierre Alechinsky illustrant un essai peu connu d'Honoré de Balzac, le "Traité des excitants modernes", publié en 1839, en préface au livre de Brillat- Savarin "La physiologie du goût".
Dans cet essai Balzac décrit "les effets nocifs de l'absorption de cinq substances, découvertes depuis environ deux siècles, introduites dans l'économie humaine et qui connaissent des développements si excessifs que les sociétés modernes peuvent s'en trouver modifiées d'une manière inappréciable".
Les cinq substances sont l'alccol, le sucre, le thé, le café et le tabac. Balzac, qui n'était pas sans consommer ces substances - en particulier le café qu'il buvait sans modération - veut démontrer "l'influence sur les destinées humaines de ce qui entre dans la bouche". Il en fait tantôt la critique, tantôt l'éloge, cite des anecdotes, donne des recettes, prévient qu'elles peuvent mener à l'apathie et à la mort. Même si ce que Balzac démontre n'est sans doute pas toujours crédible, le texte reste passionnant, drôle et visionnaire : il devance notre récent "le tabac tue" inscrit sur les paquets de cigarettes ainsi que les recommandations sur l'abus d'alcool et de sucre.
Pierre Alechinsky ne fait pas une illustration mot à mot, on note deux ou trois allusions au texte de Balzac : le tabac qu'il exprime par une fumée de bateau à vapeur (Balzac parle "des prolétaires fumant comme des remorqueurs") ; un récipient pour évoquer le café ou le thé... Alechinsky reste toujours en retrait du texte, laisse aller son imagination et affirme "imager n'est pas concurrencer".
Pour l'édition publiée en 1989 (Editeur Yves Rivière), Alechinsky signe quatorze linogravures et sept eaux-fortes hors texte. Pour le livre, Alechinsky qui avait d'abord réalisé des eaux-fortes à l'aquatinte a finalement opté pour la linogravure compatible avec une presse typographique. Les sept hors textes sont des eaux-fortes en gravure profonde. L'exposition montre l'intégralité des illustrations associées à des extraits de l'essai. Viennent ensuite les variations plastiques déclinées en 1999 et 2009 : dix grandes encres marouflées sur toile et surmontant une prédelle d'une ou deux linogravures, puis les eaux fortes rejetées qu'Alechinsky complète et agrandit avec d'autres gravures en ajoutant des bordures peintes à la tempera.
Le château a réservé quatre salles aux oeuvres. Les autres pièces sont meublées XIXe : salle à manger, salon, chambre de Balzac, salle Rodin, et la "salle de l'imprimerie" où l'on peut admirer trois belles presses.
Une exposition à ne pas manquer si vous passez près de Saché, par contre ne boudez pas le plaisir de lire l'essai savoureux de Balzac.

       Le château - photo MP
SAM 3833
Photos Web
Inauguration de l'exposition en présence d'Alechinsky
images

 
Une plaque de linogravure, en dessous le tirage sur le livre - 
linogravure copie
 livre


photos MP 
Les hors texte   
Une plaque d'eau-forte sur cuivre, en dessous le tirage papierSAM 3827

 

 SAM 3828

 Autres hors texte

SAM 3818

  SAM 3819


 photos Web 

 Quelques variations de 1999 et 2009
Les encres marouflées sur toile avec une predelle avec une ou deux linogravures

Sans titre-1Sans titre-1 copie
Les variations avec bordures peintes à la tempera
photo web
2013-alechinsly-balzacphotos MP
Les grands formats
SAM 3821

 SAM 3822

SAM 3823 SAM 3824   
 "Salle de l'imprimerie"

Une presse lithographique à corneSAM 3829

Une presse typographiqueSAM 3830Une presse à reliure
SAM 3832
Jusqu'au 29 septembre 2013- Musée Balzac - 37190 Saché
Honoré de Balzac - Traité des excitants modernes - édition de poche Babel n° 122 - avec les reproductions des linogravures, des textes de Pierre Alechinsky et de Michel Butor.



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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Chateaux

Situé au nord-ouest de Paris, à quelques kilomètres de Magny en Vexin, le parc de soixante dix hectares du domaine de Villarceaux enchante par ses pièces d'eau, son jardin renaissance, sa terrasse italienne bordée de palmiers, son manoir et ses deux châteaux.
Le domaine a appartenu à la famille de Mornay durant plus de quatre siècles. Le dernier héritier, Louis de Mornay marquis de Villarceaux (1619-1691), Capitaine de la meute royale des 70 chiens courants pour la chasse au renard et au lièvre de Louis XIV, n'ayant pas eu d'enfant, le domaine fut transmis à son neveu Charles de Tillet. La famille du comte de Villefranche, dernier propriétaire, sera expulsée en 1975. La fondation Léopold Mayer se portera acquéreur et la gestion de Villarceaux est assurée par le Conseil Régional de l'Ile de France depuis 1989.
Le château du bas
Son histoire commence au XIe ou XIIe siècle. Reconstruit, fortifié, agrandi durant la Renaissance, il n'en reste aujourd'hui qu'une tour d'angle dénommée "Tour Saint Nicolas" avec les murs qui l'encadre et l'ancien logis seigneurial. Françoise d'Aubigné (1635-1719) y séjourna après la mort de son mari, le poète Paul Scarron. Elle fut durant trois ans la maîtresse de Louis de Mornay avant de devenir l'épouse secrète de Louis XIV. L'histoire la retient sous le nom de Madame de Maintenon. Louis de Mornay serait l'auteur d'un portrait de Françoise Scarron aujourd'hui exposé dans le château du haut.

Le manoir
Construit au XVIIe, situé au bord de l'eau, il comporte une tour et un passage vouté. Il abrita les amours de Louis de Mornay et de Ninon de Lenclos.

Ninon (1616-1705) a vecu le règne de Louis XIII et le Siècle de Louis XIV. Figure presque légendaire de femme galante et savante du XVIIe - peu de personnalités de ce temps eurent une aussi riche collection de souvenirs que la sienne - c'est elle qui accueillit Françoise d'Aubigné à Villarceaux.
Le château du haut
Il a été construit entre 1755 et 1759 pour Charles du Tillet, marquis de Labuissière. Cette maison de villégiature bourgeoise, de style Louis XV classique, abrite une belle collection de meubles du XVIIIe.

L'histoire est intéressante - la visite obligatoirement guidée nous l'apprend - mais c'est surtout le plaisir de la promenade dans le parc, sur les terrasses, dans le jardin des simples et autour des plans d'eau qui m'a séduite. Le jardin sur l'eau est remarquable. J'ai également beaucoup aimé la montée au château du haut par un talus dit "en vertugadin" et la vue que l'on découvre de sa terrasse.

         photos MP
        L'entrée du parc,  la Tour Saint Nicolas et le château du bas
1

 3        Le manoir de Ninon - vue de l'accueil2       Les écuries4

        L'entrée du manoir5

       Le manoir après avoir franchi le passage vouté       6       Le jardin des simples7        8        Le jardin sur l'eau11        Au loin le chateau du haut12

        Le grand plan d'eau - Au XVI- siècle les Mornay y développe la pisciculture. L'activité est très profitable du fait de l'obligation religieuse de "faire maigre" de nombreux jours de l'année. Le domaine approvisionne entre autres Versailles et Paris.15

       La montée au château16 17         La  salle à manger- au fond le portrait de Françoise Scarron19

      Le grand salon - de larges baies donnent sur le bassin et sur les collines du vexin20

 

18

 

C'est l'un des plus beau site de l'Ile de France, l'un des plus méconnu aussi. Peu de monde à la visite guidée qui dure presque deux heures. L'entrée est gratuite.

Ouvert du 6 avril au 20 octobre - en basse saison de 14 h à 17 h, mercredi, samedi, dimanche
du 1er juin au 31 août, tous les après midi sauf le lundi.

DOMAINE DE VILLARCEAUX

95110 CHAUSSY

Tel 01 34 67 74 33     

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Né à Melbourne en 1958, Ron Mueck fut d'abord créateur et animateur de marionnettes pour la télévision et le cinéma. En 1996 il réalise une sculpture d'un mètre de long, "Dead Dad" représentant le cadavre de son père. Cette oeuvre le propulse dans le milieu de l'art contemporain. Il se consacre alors totalement à la sculpture et expose à la 49e Biennale de Venise "Boy", cinq mètres de haut, qui connait un immense succès.

Ron-Mueck-Boy2
L'hyperréalisme des sculptures de Ron Mueck est poussé à l'extrême et s'applique au moindre détail du corps humain. Sa particularité tient aussi à la dimension de ses oeuvres : reniant la normalité Ron Mueck créé des géants ou des nains.
A priori Ron Mueck a tout d'un sculpteur classique. Il travaille d'après dessins, photos ou modèles vivants, s'inspirant de bandes dessinées, de l'histoire de l'art, de fables ou de légendes. Ses modelages confectionnés en argile par accumulation de matière sont ensuite moulés en plusieurs morceaux avec du silicone souple et du plâtre. Après démoulage il obtient les moules "en creux" qui sont enduits couche après couche de polyester puis eux mêmes démoulés pour obtenir au final, et reliés entre eux, l'oeuvre.
C'est une technique courante.... et pourtant le moulage qui paraît simple pour une oeuvre de dimension raisonnable, l'est beaucoup moins pour les oeuvres gigantesques. Le film de Gautier Deblonde, "La création dévoilée", présenté à la Fondation Cartier est sur ce point passionnant. On y voit Ron Mueck dans son atelier londonien travailler notamment sur sa sculpture gigantesque "Couple under umbrella".
Après avoir réalisé un modelage de son sujet en petites dimensions, Ron Mueck prépare l'exécution à la taille gigantesque. Il réalise d'abord le squelette de la sculpture : une armature de bois et fils de fer grillagés qui donne le volume. Aidé de ses assistants, il colle des bandelettes qui sont ensuite recouvertes d'argile. Ron Mueck travaille alors l'argile avec sa précision hyperréaliste. L'énorme sculpture terminée, viennent les moulages successifs, mais sa taille génère un remarquable défi technique pour la séparation des différentes pièces et l'envergure des moules. C'est un travail de longue haleine : en dix sept ans Ron Mueck n'a réalisé qu'une quarantaine de sculptures.
L'exposition de la Fondation Cartier présente neuf oeuvres dont la plus importante est  "Couple under an Umbrella". A sa vue je n'ai pas ressenti à proprement parlé une émotion, plutôt une crainte devant son gigantisme. Transportée dans un monde de géants mes délires d'enfant ont resurgi. En m'approchant j'ai oublié l'appréhension pour m'attacher aux détails : le grain de la peau, les veines qui transparaissent, les plis aux articulations, le duvet des jambes, les pieds et les mains remarquables, les cheveux qui ont été plantés un à un.
Puis ma crainte a totalement disparu, le couple est profondément humain, les visages expriment la sérénité. L'homme allongé regarde au loin, sa tête repose sur la cuisse de la femme et leurs bras liés sont une preuve de tendresse et d'intimité.
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5
Couple under an umbrella - matériaux divers - 300x400x350 environ1234
Deux autres grandes oeuvres :

"Still Life", inspiré à Ron Mueck par la grippe aviaire, ne m'interpelle pas
matériaux divers 215x89x50cm

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"Mask II" qui semble être un autoportrait . Là aussi l'angoisse me saisit 11bis 12 13

 

Les six autres oeuvres sont de petites dimensions
Woman with shopping - matériaux divers - 113x46x30cm910
Woman with Sticks - matériaux divers - 170x183x120cm78
Youth - matériaux divers - 65x28x16cm1516
"Man in a boat"(la barque 425cm L) et "Drift"  accroché au mur (118x96x21cm)matériaux divers 
14Ron-Mueck-Drift-540x810.jpg

Young couple - matériaux divers - 89x43x23cm17.jpg18
voir une vidéo sur le modelage de "Young Couple"cliquer sur link

Ron Mueck avait exposé à la Fondation Cartier en 2005, c'était se première exposition personnelle en France. Le succès avait été immense et c'est encore à ce jour l'exposition la plus fréquentée dans l'histoire de la Fondation. Elle sera sans aucun doute supplantée par l'actuelle (prolongée jusqu'au 27 octobre 2013-elle a commencé le 16 avril). Cela n'a rien d'étonnant car Ron Mueck fait surgir le rêve et ses oeuvres parlent d'elles-mêmes. Pour ma part si ses sculptures achevées ne m'ont pas laissé indifférente, c'est surtout son travail, et sa quête acharnée de la perfection, révélés par le film de Gautier Deblonde, qui m'ont le plus marquée.

    voir une vidéo sur l'installation de l'exposition : cliquer sur  link

D'autres sculpteurs hypérréalistes ont précédé Ron Mueck, parmi eux Duan Hanson (1925-1996) célèbre dans les années 1960 dont l'inspiration couvrait tous les sujets qui dérangent duan hansonet d'autres moins connus sont contemporains de Ron Mueck  comme Jamie Salmon qui sculpte des géants:jamie salmonet Jackie K Séo qui sculpte des nains :jackie k seo
Fondation Cartier - 261 Bd Raspail - PARIS 75014 - Métro Raspail - Tous les jours sauf lundi de 11 h à 21 h
Entrée 10,50 € - tarif réduit 7 € -
Il y a de plus en plus de monde, la file d'attente est importante.   

Nota - toutes les photos proviennent d'internet 

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

  Je dois l'avouer : depuis quelques années je ne me précipite vraiment pas sur les expositions de peintres impressionnistes, c'est un peu comme avoir mangé trop de chocolat, l'écoeurement n'est pas loin. Pourtant lors d'un passage à Caen je n'ai pu résister à pousser les portes de son Musée des Beaux Arts. Ce n'était pas ma première visite car j'aime retrouver, dans l'enceinte du château, son architecture contemporaine.
"Un été au bord de l'eau", le titre est enchanteur, cela sent bon les vacances, cela s'accorde bien avec le but de mon voyage : la mer. Allons, je ne vais pas prétendre tout connaître des impressionnistes, je peux au moins passer le bout de mon nez... Vous reprendrez bien un petit chocolat !
Le thème de l'exposition évoque en particulier l'essor des villégiatures de bord de mer qui étaient initialement vouées aux traitements thérapeutiques. Le développement du chemin de fer (notamment la ligne Paris-Le Havre inaugurée en 1847) facilite l'accès à la côte, le tourisme se développe, Deauville, Trouville, Dieppe, Cabourg deviennent des destinations privilégiées pour "aller au bains".
Si les tableaux des impressionnistes dominent, ce nouveau genre ne leur est pas réservé, l'exposition présente d'autres peintres ayant traité des scènes de plage. C'est un cheminement d'une trentaine d'années allant du très beau Renoir qui ouvre la visite "La Nymphe à la source" de 1869, au tableau de Matisse "La dame à la terrasse" de 1906 qui la termine. C'est la mutation de l'art moderne : la lumière vers la couleur.
Les peintres suivent la mode et installent leurs chevalets sur la plage. Monet, Manet, Morisot, Degas vont représenter des scènes de plage spontanées, presque des ébauches. On a retrouvé du sable dans  la pâte des tableaux de Manet ! Eugène Boudin s'installe à Trouville vers 1853 et s'attache à la représentation des bains de mer, sous son influence Monet peindra les plages de Trouville et Sainte-Adresse.
Barques et voiles vont également captiver les peintres avec les régates ou les promenades. A partir des années 1870, parallèlement aux plaisirs de la mer, ce thème s'épanouit sur les bords de la Seine. D'Asnières à Bougival, d'Argenteuil à Courbevoie les rives s'animent, Caillebotte, Seurat, Monet se passionnent pour les voiles et les couleurs mouvantes de l'eau. La mer, les bords de Seine sont des lieux de détentes pour les citadins, les peintres feront ainsi l'éloge des loisirs et du temps libre.
La dernière partie de l'exposition s'attache aux baigneurs et à la représentation du corps nu. Les corps s'exposent au soleil, en pleine lumière. Les peintres démontrent leur refus du traitement académique du nu dans l'atelier.
Une visite très agréable, peu de monde, un accrochage thématique très intéressant et quelques très belles oeuvres.  

Aurais-je retrouvé le plaisir du chocolat ?

Le Musée - photo MP

muséemusée2
Les photos qui suivent proviennent de différents sites internet
Auguste Renoir - La nymphe à la source - 1869-1870 - huile sur toile 55,7x122,9 - Londres National Gallerypierreauguste-renoir-nymphe-an-der-quelle-08265
Henri Matisse - La dame à la terrasse - 1906 - 60,5x85xm - Musée de l'Ermitage Saint Petersbourgdamealaterrasse-1906-musee-de-lermitage-st-petersbourg-65x.jpg
Eugène Le Poittevin - 1865 - Baignade à Etretat - 21x48,5cm - Collection Peindre en Normandiela baignade a etretat poittevin
Ernest-Ange Duez - 1894 - L'heure du bain - 160x102,6cm - huile sur toile - Rouen Musée des Beaux Artsl-heure-du-bain-ernest-ange-duez-copie-1.jpg
Claude Monet - 1868 - Voiliers en mer - 45x61 - huile sur toile - Lausanne Musée des Beaux Arts
claude monet voilier en mer
Berthe Morisot - 1869 - Vue du petit port de Lorient - 43?5x73cm - Washington - National GalleryBerthe Morisot The Harbor at Lorient
Monet - Régates à Argenteuil - huile sur toile 60X100cm - 1874 - Paris Musée d'Orsaymonet les barques régates à argenteuil detail
Edgar Degas - Petites paysannes se baignant à la mer vers le soir - 1875 - huile sur toile 65x81cm - collec.particulièredegas

Paul Cezanne - vers 1892 - Baigneurs - huile sur toile 22x33cm - Lyon Musée des Beaux ArtsBaigneurs-1892-Paul-Cezanne
Frantisek Kupka - 1906 - L'eau - huile sur toile - Musée des Beaux Arts de Nancyl-eau-frantisek-kupka-copie-1.jpg
Maurice Denis - Soir de septembre - 1911 - huile sur toile - 65x94cm - Brest Musée des Beaux Artssoirdeseptembrelaplagedetrestrignel
Et mon  coup de tendresse
Mary Cassatt - 1884 - Enfants jouant à la plage - huile sur toile - 97,4x74,2 - Washington - National Gallery 4d5eb8a5
Jusqu'au 29 septembre - Musée des Beaux Arts de Caen - Le château - 14000 CAEN
  tous les jours de 10 h à 18 h
"Le café Mancel", restaurant du musée, propose une cuisine délicieuse dans un cadre agréable avec vue sur la cour intérieure du château.   

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Tamara de Lempicka, de son nom de naissance, Maria Gorska, est née probablement en 1898, à Varsovie. La Pologne faisait alors partie de l'Empire Russe.
Son père, juif russe, et sa mère, polonaise, sont d'un milieu aisé et cultivé. Ils vivent tantôt à Varsovie, tantôt à Saint Petersbourg ou à Lausanne. En 1914, Tamara suit les cours des Beaux Arts de Saint Petersbourg.
Elle épouse, en 1918, un avocat polonais, Tadeusz Lempicki. La Révolution d'Octobre contraint le couple à l'exil à Paris. Elle s'inscrit, en 1920, à l'Académie Ranson et à la Grande Chaumière, devient la disciple de Maurice Denis et d'André Lhote.
Une première exposition, à Milan en 1925, marque le début de sa carrière. Elle y fait la connaissance de Gabriele d'Annunzio, l'écrivain célèbre, dandy-esthète, séducteur irrésistible des plus belles femmes. Elle aura avec lui une relation tumultueuse, plus soucieuse de faire le portrait d'Annunzio (ce qui lui aurait apporté la célébrité) que de devenir sa maîtresse.
De retour en France, elle mène une vie mondaine. Habillée par les grands couturiers elle devient l'icône des photographes, organise des soirées propres à lui apporter des commandes.
Divorcée en 1928, elle part l'année suivante à New York où une commande l'appelle. Elle exécute là-bas de nombreux tableaux, réalise des études (gratte-ciels...) Remariée, en 1933, avec le baron Raoul Kuffner (de comtesse elle devient baronne) elle s'exile aux Etats Unis en 1939 pour fuir la guerre.
La meilleure période de création de Tamara de Lempicka se situe entre 1925 et 1935. Cette période est trop courte pour lui assurer une longue célébrité. Elle peint pourtant plus de 150 tableaux. L'Art Déco (successeur de l'Art Nouveau) est alors en plein épanouissement, mais concerne avant tout les arts décoratifs et l'architecture. La carrière de Tamara de Lempicka se trouve liée à un mouvement qui ne durera pas et qui ne sera pas axé sur la peinture. Tout au plus importait-il que des tableaux chers, si possible portraits de commande signés par un peintre "mondain", complètent une décoration.
Si ses nus à la froideur sensuelle et aux rondeurs cubistes font penser à la peinture de la Renaissance, les yeux en l'air, les bouches pulpeuses rouge vif, les ongles carminés des modèles font référence aux stars de l'époque (Greta Garbo, Marlène Dietrich...). Ses fillettes elles-mêmes ont une attitude ambigüe, pures, mais très sensuelles.
Pour mettre en valeur ses couleurs vives, dont le nombre est limité, elle use de fonds noirs ou gris.
Après son installation aux Etats Unis, ses sujets changent radicalement : elle peint des paysages et des natures mortes ce qui lui vaut le surnom de "Baroness with a Brush". Sa peinture conserve son style mais devient classique. La mode a changé, son travail plait moins.
Après guerre son oeuvre tombe dans l'oubli, elle finit ses jours à Mexico où elle décède  en 1980. Ses cendres sont répandues sur le volcan Popocatepetl.
Il faudra attendre les années soixante-dix et le regain de l'Art Déco pour qu'elle reprenne se place de grande "prêtresse" des Années Folles, de l'émancipation des femmes, de leur liberté d'expression et de leur homosexualité. Ses peintures, représentatives d'un monde qui voulait ignorer la crise qui sévissait alors, sont devenues très recherchées. De nos jours, la plupart de ses tableaux appartiennent à des collectionneurs privés, leur cote atteint 300 000 à 750 000 euros pour les grands formats les plus marquants.
   
Les tableaux qui suivent sont tous exposés à la Pinacothèque, les photos proviennent de différents sites  internet

                                         1922 - Fillette avec un ours en peluche - collection particulière 1922

 
                                        1923 -femme à la robe noire 1- 95x60,5cm - huile sur toile   - photo dans l'atelier de Tamara 
                                         collection particulière
                                        1923      931

                                         1923 - La carafe Louis-Philippe 35,5x27,5cm - huile sur toile - collection particulière1923
                                            1926 - Photo dédicacée de Gabriele d'Annunzio738

                        1927 - La belle Rafaëla - 77x105,4cm - huile sur toile - collection particulière    10-la-belle-rafaela-59488158-copie-1.jpg
                      1927 - La Belle Rafaëla en vert - 36x61cm - huile sur toile - collection particulièrelempicka la belle rafala en vert-copie-1
                      1928 - Portrait d'Arlette Boucard - 70x130cm - huile sur toile - collection particulière1928
             1928 - Portrait du Baron Kuffner- 36x27 cm - huile sur bois - Centre Pompidou - France - don de l'Artiste en 19761928.2
                                           Tamara de Lempicka en 1928tamara 1928
                                               1930 - Nu aux buildings - 92x73 cm - huile sur toile - collection particulière1930
                                         1930 - L'écharpe bleue - 56x5 x 48cm - huile sur bois - collection particulière1930
                                  1936 - Saint Jean-Baptiste - 35x30 cm - huile sur carton - collection particulière1936
1938 - Nature morte aux arums  et au miroir - 65,8 x 49,2 - huile sur toile - Centre Pompidou - France - don de l'Artiste1938
1941 - Cruche sur une chaise I (nature morte aux oeufs). 60,5 x 55cm - huile sur contreplaqué - Musée d'Art Moderne de St Etienne France1941
                               1951 - chambre d'hotel - 51x41 cm - huile sur toile - Musée des Beaux arts de Nantes - Francel1951
           1952 - Femme au chapeau - 91,4x 61 cm - Huile sur toile - Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne - France
1952
Mon coup de coeur - La tunique rose - 73x166 cm - huile sur toile - collection particulière1927
PINACOTHEQUE DE PARIS - 8 rue Vignon Paris 8ème - jusqu'au 8 septembre 10 h 30 - 18 h 30 tous les jours.

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Autres

Adrienne, son épouse, disait qu'il avait des "mains en or".
Il savait tout faire, non pas comme on pourrait le croire, en amateur, mais en artisan éclairé. Il était devenu professeur technique de chaudronnerie après avoir exercé plusieurs années dans l'industrie. Le métier de chaudronnier, de nos jours totalement dévalorisé, lui avait permis de développer ses dons manuels. Il disait "Qui sait travailler le métal peut travailler tous les matériaux !"
La calculette, l'ordinateur et ses logiciels lui étaient inconnus. Issu d'une famille modeste, il avait acquis à l'école primaire de bonnes bases en calcul qui lui avaient permis, plus tard, de maîtriser la géométrie descriptive. Il effectuait des tracés très savants afin d'obtenir les développements des formes géométriques les plus complexes. Il était l'intelligence qui trace, distribue et assemble les pièces. Il avait l'habileté d'un artiste dinandier qui, par simple martelage doit donner au métal les formes les plus compliquées mais aussi les plus gracieuses. Il devait connaître tous les travaux de tôles, cornières, tuyaux, les soudures et le brasures.
En dehors des cours qu'il donnait au collège, il passait une grande partie de sa vie dans son atelier personnel pour répondre à tous les souhaits matériels d'Adrienne : ustensiles de cuisine, casseroles, plats, couverts dont elle avait besoin..., objets du quotidien, seaux, bassines, arrosoirs..., objets décoratifs, pendules, cadres photos.. la liste serait trop longue. Il utilisa l'acier inoxydable bien avant les années 60, date de son apparition massive. Il était un précurseur du beau, fonctionnel et durable avec un matériau recyclable, ce que recherche les designers contemporains.
Il conçut pour Adrienne, bien avant que les ménagères en soit équipées, une machine à laver le linge : fini pour elle, le baquet, la brosse et la planche à laver !
Quelque temps avant Noël, il créait en cachette les jouets pour ses enfants.
Les machines-outils qui occupaient son atelier étaient de sa fabrication (elles permirent plus tard à un jeune chaudronnier de créer son entreprise).
En dehors de la chaudronnerie et de la dinanderie, il fit les plans et bâtit entièrement sa maison, elle fut achevée après la seconde guerre mondiale. Il aménagea bien sûr l'intérieur, installa l'électricité, plus tard le chauffage central.
Mais sa prouesse technologique fut la construction d'un petit "cabriolet décapotable trois places". Receptionné par un Ingénieur des Mines, il s'appelera "LB". Il mettra près de deux ans à le réaliser, il l'utilisera durant quatre années et le cédera pour presque rien à un de ses élèves...il s'était commandé une 2 CV. Son bonheur était de fabriquer de ses mains, il pouvait ensuite se détacher facilement de son travail.
A l'époque, la consommation n'avait pas encore envahi notre société, les choses devaient perdurer. De cet homme nullement célèbre, mais exceptionnel, il reste de nombreux objets qui sont encore utilisés quotidiennement par sa famille, certains trônent sur des meubles, d'autres plus précieux sont rangés soigneusement.
Il avait des "mains en or", il était né le 22 juillet 1903, c'était mon père, il s'appelait Lucien BINET.

Casseroles avec bec verseur - acier inoxydable - années 1945 -

SAM 3481elles servent toujours même sur une plaque vitro-céramique et restent formidablement belles SAM 3482Louche et écumoir - 1945 - acier inoxydable SAM 3485le bord de l'écumoir est finement ourlé SAM 3486Couverts - 1935 - chaque membre de la famille avait son nom marqué sur le couteauSAM 3487Cafetière - acier inoxydable - année 1940 SAM 3449Cendrier - acier inoxydable - 1960 SAM 3466Cadre photo - acier inoxydable - 1960 SAM 3470Petit vide poche - acier inoxdable frappé - 1960 SAM 3475Pendulette et coupelle - maillechort ou argentan - 1930 SAM 3451  Encadrement de l'horloge en laiton - le mécanisme a été changé en 1990 SAM 3456 Jouet - Balance et poids - 1954 - inoxydable SAM 3477 SAM 3479Jouet - petite brouette - 1955 SAM 3446Arrosoir - 1935 - laiton - à l'origine peint en gris SAM 3488Dans l'atelier avec son fils et son gendre - 1950
Sans-titre---4Le plan de la maison - 1937
plan-maisonLa maison en 1945
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Sans-titre---1La maison en 2008
maison-de-la-rueLa petite voiture en construction - 1952
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Sans-titre---5j'occupais la troisième place dans le "spider" et j'en ai des souvenirs impérissables.
Sans-titre---6Le petit cabriolet terminé  essayé par ma soeur Henriette et Roger, son mari.
voiture-papa


LA DINANDERIE
La dinanderie est née au Moyen Age, son nom vient des "batteurs de métal" de Dinant en Belgique, où étaient établis de nombreux ateliers transformant essentiellement le laiton. A cette époque, les dinandiers créent des objets liturgiques et des objets du quotidien. Aujourd'hui, la dinanderie est un métier qui oscile entre la chaudronnerie traditionnelle, l'orfèvrerie et la sculpture.

 

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Publié dans : #Voyages et promenades

Il faisait un temps magnifique en Bretagne le 6 juillet, pourtant l'horizon en direction de Saint-Malo semblait recouvert par une épaisse fumée grise. A l'entrée de la ville, brusquement, on se heurtait à un mur de brume. Les remparts étaient déserts, la mer avait disparu, le silence était ponctué par le son répétitif d'une corne signalant l'entrée du port. J'ai aimé l'harmonie de gris et l'évanouissement progressif des remparts et des rochers dans cette brume. C'était un paysage magique et romantique. 
   

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UN PEU D'HISTOIRE

Durant l'antiquité les Coriosolites établissent leur capitale sur le site d'Alet, proche de l'emplacement actuel de Saint-Malo qui n'était alors qu'un rocher sur une presqu'ile peuplé par quelques pêcheurs et des oiseaux de mer.

Au Xe siècle la ville d'Alet est envahie et détruite par les Vikings. Les habitants trouvent refuge sur le rocher plus défendable. Une cité portuaire s'élève bientôt protégée par des remparts. On l'appelera Saint-Malo, du nom de Maclow ou Malo, moine Breton originaire de l'actuel pays de Galles, qui débarqua dans le pays vers le milieu du VIe siècle, devint évêque d'Alet et fut inhumé sur la presqu'ile.

Au XVe siècle, durant la guerre de cent ans, les marins de Saint-Malo remportent de nombreuses victoires et établissent la réputation de la ville qui sera plus tard connue comme "Cité des Corsaires" dont certains (le plus célèbre Surcouf) entreront dans l'Histoire.

Vauban fera réaliser de grands travaux pour remplacer les remparts du XIIe siècle. Ils seront terminés après sa mort en 1737.

En août 1944, la ville est bombardée durant 15 jours. Les remparts ne sont pas touchés mais la plupart des maisons sont détruites. La reconstruction intra-muros se fera dans un style "historicisant" pour conserver à la cité  sa personnalité. 

Saint-Malo chef lieu d'arrondissement d'Ille-et-Villaine est située à l'embouchure de la Rance. Ses habitants, environ 53.000, sont des Malouins.

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Publié dans : #Chateaux

                         Photo MPSAM 2861

  La ville d'Ecouen est située dans le département du Val d'Oise, à vingt kilomètres au Nord de Paris, non loin de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le château  a été construit sur les hauteurs de la ville, à partir de 1538, pour Anne de Montmorency, connétable de France, et principal ministre de François Ier, puis d'Henri II.
Propriété de la Légion d'Honneur depuis Napoléon Premier, l'édifice a été transformé, selon la volonté d'André Malraux, en Musée national de la Renaissance. Il a ouvert ses portes en 1977.
On y retrouve l'atmospère d'un véritable palais Renaissance et tous ses attraits, chapelle, salle d'armes, appartements, mobilier, remarquables collections. J'ai toujours le même grand plaisir à "voir et revoir" dans la galerie de Psyché, l'histoire de David et de Bethsabée (une superbe tenture tissée à Bruxelles vers 1520/1525). A mon immense regret, je ne verrai, ce jour là, qu'une petite partie de la tenture dans deux salles voisines. La galerie est en phase de rénovation.
Poursuivant ma visite, et pour me consoler, je découvrirai, au deuxième étage, une petite salle, la "salle des Cassoni" (Peut-être n'est elle pas toujours ouverte).
Les cassoni étaient des coffres, offerts souvent par paire, en cadeau de noce. Destinés à recevoir le trousseau de la mariée, associés au cortège nuptial, il étaient remis au couple le jour des noces et placés par la suite dans la chambre des époux. Ils portaient sur le devant un décor évoquant des thèmes de l'histoire ancienne ou de la mythologie gréco-romaine, l'image représentée devant être un exemple moral pour le couple.
Très peu nous sont parvenus entiers. Les panneaux peints ont été détachés des coffres au XIXe siècle, et présentés comme des tableaux par les collectionneurs et les marchands. Les cassoni étaient commandés à des peintres célèbres qui en avaient fait une spécialité. Ils sont un témoignage des recherches nouvelles dans le traitement de la perspective, dans l'évocation de l'architecture et dans la reproduction des vêtements contemporains.
Les quinze panneaux d'Ecouen ont été exécutés dans la deuxième moitié du XVe siècle, en Ombrie et en Toscane, par les Florentins Scheggia et Apollonio di Giovani (frère de Masaccio). Douze d'entre eux faisaient partie de la collection Campana acquise par Napoléon III en 1861.
Sous le même nom de "cassone" on désigne dans le langage de l'histoire de l'art à la fois le coffre décoré et les peintures qui l'ornent.

En haut - Histoire de Lucrèce et Tarquin  - En bas - Le départ d'Ulysse - photos MP
 Guidoccio Gozzarelli - vers 1480 -  (longueur des panneaux- environ 100 cm)histoire de lucrèce et ulysse

 l'histoire d'Ulysse - détail  Le départ d'Ulysse - photo MPpanneau-de-cassone---le-depart-d-ulysse

l'histoire d'Ulysse - détail -Pénélope - photo MPle départ d'ulysse

Le Cheval de Troie - Scheggia - vers 1460-1465 - photo WEBcheval de troie
Le Cheval de Troie - détails - photo MPle cheval de troie
le cheval de troie
Combat de Cavalerie sous les murs de Troie - Scheggia - vers 1460-1465 - détail - photo MP  combat de cavalerie sous les murs de troie

Histoire d'Enée - vers 1460 - Apollonio di Giovanni - détail - photo MP histoire d'énée

Scène de bataille - atelier florentin vers 1460-1470 - détail - photo MPscène de bataille
scène de batailles

 Tiberius Gracchus et Cornélie - Scheggia et atelier - vers 1460-1470 - détail photo MP
          
tiberius gracchus et cornelie

Le cassone complet  ci-dessous se trouve à New-York au Metropolitan Museum - photo WEB

exemple de cassone d'appolonio di giovani metropolitan muse

Site du château d'Ecouen - cliquer : link

 

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Avant  ma visite au Musée de l'Orangerie, les Macchiaioli n'étaient pour moi que le nom donné à des  tableaux de tout  petit  format très en longueur.  Si cette spécificité n'est pas fausse, j'avais beaucoup à  apprendre. 
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"Macchiaioli", ou peintres de la "macchia" (tache mais aussi esquisse en italien) est le nom qu'un journaliste a donné à un groupe d'artistes qui scandalisa le public à  l'Exposition nationale de Florence en 1862. L'ironie se reproduira au salon de 1874 en donnant le nom "d'impressionnistes" aux compagnons de Monet (il y exposait son tableau  "Impression soleil levant") ; dans les deux cas cela ne déplaira pas aux peintres en révolte contre l'académisme.
Le petit groupe révolutionnaire et novateur des Macchiaioli se retrouvait dans un café, le Michelangiolo via Larga à Florence, où les discussions sur la façon de peindre devaient aller  bon train.
 Leur innovation : peindre en plein air. Leur sujet : aller vers ce qui est immuable, le paysage de la campagne (les impressionnistes plus tard traiteront au contraire de la ville, des gares, des cafés, des ports etc.) et la réalité paysanne. Leur technique :  la macchia,  une peinture à petite tache marquant une rupture avec la peinture académique qui se veut lisse. La construction en perspective est toujours présente et la lumière y est forte, implacable (c'est la lumière de Toscane, il n'y a pas de vibrations comme chez les impressionnistes).
Les Macchiaioli  voulaient également renouveler la peinture d'histoire. Les guerres d'indépendance sévissaient en Italie , leur peinture permettait de déclarer leur patriotisme, leur souhait étant de fonder le premier mouvement pictural de l'Italie unifiée. Leur ferveur patriotique redoubla quand, en 1859,  nombre d'entre eux furent mobilisés. Ces peintres soldats ne se placeront pas du côté des vainqueurs mais du côté de l'humanité déchirée.
Pour la peinture en plein air, le support est souvent du bois et le format se modifie afin de pouvoir entrer dans la boite de couleur.  Ainsi le paysage construit au moyen de taches s'étire en vision panoramique sur de petits formats. Mais les Macchiaioli ne renieront pas les formats plus grands pour les peintures de guerre , les scènes de genre ou les portraits qu'ils ne pratiqueront que pour se peindre entre eux.
Le groupe ne durera que peu de temps : né en  1855 il se dispersera en 1870.

Le chef de file : Diego Martelli (1838-1896). Mécène et théoricien du groupe, grand voyageur aimant la France, ami de Degas, diffuseur des nouveautés vus à Paris. Lorsqu'il hérite de la villa de Castiglioncello  en 1861 il en fait le lieu de rencontre du groupe. 
Edgar Degas - 1879 - Edimbourg National Gallery of Scotland
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Aux cotés de Diego Martelli : Telemaco Signorini (1835-1901). Théoricien écrivant des articles pour le Gazzetino delle Arti del Disegno et, en 1893, Caricaturisti e caricaturati al caffè Michelangiolo, mémoires partielles du groupe des Macchiaioli.

La lune de miel - 1862-63 huile sur toile 31x99cm Viareggio Instituto Matteucci 04bis
Scène de halage dans le parc des Cascine à FLorence 1864
- huile sur toile (54x173cm) collection particulière 05

Santa Maria del Bardi à FLorence 1870 - huile sur toile 89x66cm - Viareggio, Instituto Matteucci05bis
   
G
uiseppe Abbati (1836-1868) -
    
Le Cloïtre de Santa Croce à FLorence (huile sur carton 19,3X25,2 cm) Palazzo Pitti Florence.
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Giovanni Fattori (1825-1908) 
Soldats français en 1859 - huile sur bois 15,5x32cm - Viareggio Instituto Matteucci 03
La sentinelle 1871 - huile sur toile, 34,5x54,5cm - collection particulière 6
Garibaldi à Palerme - 1860 - huile sur toile 88x132cm - Viareggio Instituto Matteucci 07
Silvestro Lega (1826-1895)
La visite 1858 - huile sur toile 31x50cm (Rome, Galleria Vito d'Ancona) (1825-1884) - Portique vers 1861 - huile sur carton 14,3x21,5cm Florence Palais Pitti 04
A l'Orangerie aux côtés des Macchiaioli on trouve un peintre français : Paul Guigou (1834-1871). Les commissaires de l'exposition ont considéré que le parallèle était justifié par la façon dont Guigou traitait la lumière, et par ses sujets (le Lubéron et la plaine de la Crau). Guigou travaillait aussi en plein air sur de tous petits formats.

Paul Guigou -  La Lavandière 1860 - huile sur toile 81x59 - Paris Musée d'Orsay 08
MON COUP DE COEUR
Il se trouve que c'est le tableau le plus connu de Giovanni Fattori :
La Rotonde de Palmieri - 1865 - Huile sur bois (12x35cm) Florence Palais Pitti 09
L'intensité de la lumière est saisissante donnant aux silhouettes un effet de contrejour. Aucun détail, de simples taches de couleur et pourtant ces femmes vivent, se parlent, méditent ou regardent la mer. C'est dit-on l'emblème des Macchiaioli, une icône.

Musée de l'Orangerie - Jardin des Tuileries PARIS - Jusqu'au 22 Juillet - Tous les jours sauf le mardi de 9 h à 18 h. Plein tarif 7,5 € - tarif réduit 5 €  

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

Paris recèle bon nombre d'hôtels particuliers, de maisons, ateliers d'artistes bien souvent ravissants, chaque fois attachants. Le charme particulier de ceux que nous pouvons découvrir, car devenus musées, ne peut nous laisser indifférents.
Au numéro 16 de la rue Chaptal, dans la pente qui monte vers Montmartre, un géant feuillu garde le passage qui mène au musée de la Vie Romantique. Après quelques pas dans l'ombre, apparaît en pleine lumière, une petite maison aux volets vert tendre, ancienne demeure du peintre Ary Scheffer.

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Photo MP
Face à la maison, de chaque côté de la cour pavée, les deux ateliers du peintre. Celui de gauche où œuvrait Scheffer faisait office de Salon : il y recevait, chaque vendredi l'élite artistique et littéraire  (George Sand, Chopin, Delacroix, Rossini, Dickens..) Dans celui de droite travaillaient ses assistants et élèves, et son frère Henry également peintre.

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Ary Scheffer est né a Dordrecht (Hollande) en 1795 , il arrive à Paris en 1811 et travaille dans l'atelier de Pierre-Narcisse Guérin. Son départ de l'atelier de Guérin coïncide avec le début du mouvement romantique.
Scheffer devient le professeur de dessin de la princesse Marie d'Orléans, fille du roi Louis-Philippe, elle-même sculpteur de talent. Avec l'instauration de la Seconde République, en 1848, sa faveur tombera bien évidemment.
Scheffer sera naturalisé français en 1850. Il meurt le 15 Juin 1858 dans son atelier d'Argenteuil où il s'était installé un mois auparavant.
La demeure de la rue Chaptal restera dans la famille Scheffer-Renan jusqu'en 1982, date à laquelle elle sera léguée à l'Etat pour qu'y soit ouvert un musée. En 1987, il deviendra après rénovation, l'actuel  musée de la Vie Romantique. Ary Scheffer n'est pas ce que l'on nomme arbitrairement un grand peintre, mais il fut un portraitiste accompli. Inspiré par Byron et Goethe, il peignit une longue série de sujets en vogue à l'époque. Sa meilleure œuvre est accrochée au Louvre :  "Les ombres de Francesca de Rimini et de Paulo Malatesta apparaissent à Dante et  à Virgile".

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Dans cette charmante maison on peut voir, entre autres, les portraits de"Marie d'Orléans", "la reine Marie-Amélie en deuil", et  "Sophie Marin" son épouse. Elle abrite également un important fond d'œuvres provenant de la propriété de George Sand.
Marie d'Orléans
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La reine Marie Amélie en deuil

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Sophie Marin

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J'ignorais totalement le talent de peintre de George  Sand, j'ai été séduite par les  "dendrites" que l'on peut admirer dans le "petit salon bleu" .

La dendrite est une variante de l'aquarelle. Une fois la couleur déposée au pinceau sur le papier on presse un bristol ou une vitre pour obtenir une tache aléatoire qui fait surgir des formes végétales ou minérales. On complète ensuite les formes suggérées par le hasard au gré de l'imagination.

Les dendrites de George  Sand sont remarquables, on y retrouve  en petit format le romantisme de Caspar Friedrich, 

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Le musée de la Vie Romantique est un agréable but de promenade  un jour de beau temps. Un salon de thé est installé dans le jardin.

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