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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

  Je dois l'avouer : depuis quelques années je ne me précipite vraiment pas sur les expositions de peintres impressionnistes, c'est un peu comme avoir mangé trop de chocolat, l'écoeurement n'est pas loin. Pourtant lors d'un passage à Caen je n'ai pu résister à pousser les portes de son Musée des Beaux Arts. Ce n'était pas ma première visite car j'aime retrouver, dans l'enceinte du château, son architecture contemporaine.
"Un été au bord de l'eau", le titre est enchanteur, cela sent bon les vacances, cela s'accorde bien avec le but de mon voyage : la mer. Allons, je ne vais pas prétendre tout connaître des impressionnistes, je peux au moins passer le bout de mon nez... Vous reprendrez bien un petit chocolat !
Le thème de l'exposition évoque en particulier l'essor des villégiatures de bord de mer qui étaient initialement vouées aux traitements thérapeutiques. Le développement du chemin de fer (notamment la ligne Paris-Le Havre inaugurée en 1847) facilite l'accès à la côte, le tourisme se développe, Deauville, Trouville, Dieppe, Cabourg deviennent des destinations privilégiées pour "aller au bains".
Si les tableaux des impressionnistes dominent, ce nouveau genre ne leur est pas réservé, l'exposition présente d'autres peintres ayant traité des scènes de plage. C'est un cheminement d'une trentaine d'années allant du très beau Renoir qui ouvre la visite "La Nymphe à la source" de 1869, au tableau de Matisse "La dame à la terrasse" de 1906 qui la termine. C'est la mutation de l'art moderne : la lumière vers la couleur.
Les peintres suivent la mode et installent leurs chevalets sur la plage. Monet, Manet, Morisot, Degas vont représenter des scènes de plage spontanées, presque des ébauches. On a retrouvé du sable dans  la pâte des tableaux de Manet ! Eugène Boudin s'installe à Trouville vers 1853 et s'attache à la représentation des bains de mer, sous son influence Monet peindra les plages de Trouville et Sainte-Adresse.
Barques et voiles vont également captiver les peintres avec les régates ou les promenades. A partir des années 1870, parallèlement aux plaisirs de la mer, ce thème s'épanouit sur les bords de la Seine. D'Asnières à Bougival, d'Argenteuil à Courbevoie les rives s'animent, Caillebotte, Seurat, Monet se passionnent pour les voiles et les couleurs mouvantes de l'eau. La mer, les bords de Seine sont des lieux de détentes pour les citadins, les peintres feront ainsi l'éloge des loisirs et du temps libre.
La dernière partie de l'exposition s'attache aux baigneurs et à la représentation du corps nu. Les corps s'exposent au soleil, en pleine lumière. Les peintres démontrent leur refus du traitement académique du nu dans l'atelier.
Une visite très agréable, peu de monde, un accrochage thématique très intéressant et quelques très belles oeuvres.  

Aurais-je retrouvé le plaisir du chocolat ?

Le Musée - photo MP

muséemusée2
Les photos qui suivent proviennent de différents sites internet
Auguste Renoir - La nymphe à la source - 1869-1870 - huile sur toile 55,7x122,9 - Londres National Gallerypierreauguste-renoir-nymphe-an-der-quelle-08265
Henri Matisse - La dame à la terrasse - 1906 - 60,5x85xm - Musée de l'Ermitage Saint Petersbourgdamealaterrasse-1906-musee-de-lermitage-st-petersbourg-65x.jpg
Eugène Le Poittevin - 1865 - Baignade à Etretat - 21x48,5cm - Collection Peindre en Normandiela baignade a etretat poittevin
Ernest-Ange Duez - 1894 - L'heure du bain - 160x102,6cm - huile sur toile - Rouen Musée des Beaux Artsl-heure-du-bain-ernest-ange-duez-copie-1.jpg
Claude Monet - 1868 - Voiliers en mer - 45x61 - huile sur toile - Lausanne Musée des Beaux Arts
claude monet voilier en mer
Berthe Morisot - 1869 - Vue du petit port de Lorient - 43?5x73cm - Washington - National GalleryBerthe Morisot The Harbor at Lorient
Monet - Régates à Argenteuil - huile sur toile 60X100cm - 1874 - Paris Musée d'Orsaymonet les barques régates à argenteuil detail
Edgar Degas - Petites paysannes se baignant à la mer vers le soir - 1875 - huile sur toile 65x81cm - collec.particulièredegas

Paul Cezanne - vers 1892 - Baigneurs - huile sur toile 22x33cm - Lyon Musée des Beaux ArtsBaigneurs-1892-Paul-Cezanne
Frantisek Kupka - 1906 - L'eau - huile sur toile - Musée des Beaux Arts de Nancyl-eau-frantisek-kupka-copie-1.jpg
Maurice Denis - Soir de septembre - 1911 - huile sur toile - 65x94cm - Brest Musée des Beaux Artssoirdeseptembrelaplagedetrestrignel
Et mon  coup de tendresse
Mary Cassatt - 1884 - Enfants jouant à la plage - huile sur toile - 97,4x74,2 - Washington - National Gallery 4d5eb8a5
Jusqu'au 29 septembre - Musée des Beaux Arts de Caen - Le château - 14000 CAEN
  tous les jours de 10 h à 18 h
"Le café Mancel", restaurant du musée, propose une cuisine délicieuse dans un cadre agréable avec vue sur la cour intérieure du château.   

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Tamara de Lempicka, de son nom de naissance, Maria Gorska, est née probablement en 1898, à Varsovie. La Pologne faisait alors partie de l'Empire Russe.
Son père, juif russe, et sa mère, polonaise, sont d'un milieu aisé et cultivé. Ils vivent tantôt à Varsovie, tantôt à Saint Petersbourg ou à Lausanne. En 1914, Tamara suit les cours des Beaux Arts de Saint Petersbourg.
Elle épouse, en 1918, un avocat polonais, Tadeusz Lempicki. La Révolution d'Octobre contraint le couple à l'exil à Paris. Elle s'inscrit, en 1920, à l'Académie Ranson et à la Grande Chaumière, devient la disciple de Maurice Denis et d'André Lhote.
Une première exposition, à Milan en 1925, marque le début de sa carrière. Elle y fait la connaissance de Gabriele d'Annunzio, l'écrivain célèbre, dandy-esthète, séducteur irrésistible des plus belles femmes. Elle aura avec lui une relation tumultueuse, plus soucieuse de faire le portrait d'Annunzio (ce qui lui aurait apporté la célébrité) que de devenir sa maîtresse.
De retour en France, elle mène une vie mondaine. Habillée par les grands couturiers elle devient l'icône des photographes, organise des soirées propres à lui apporter des commandes.
Divorcée en 1928, elle part l'année suivante à New York où une commande l'appelle. Elle exécute là-bas de nombreux tableaux, réalise des études (gratte-ciels...) Remariée, en 1933, avec le baron Raoul Kuffner (de comtesse elle devient baronne) elle s'exile aux Etats Unis en 1939 pour fuir la guerre.
La meilleure période de création de Tamara de Lempicka se situe entre 1925 et 1935. Cette période est trop courte pour lui assurer une longue célébrité. Elle peint pourtant plus de 150 tableaux. L'Art Déco (successeur de l'Art Nouveau) est alors en plein épanouissement, mais concerne avant tout les arts décoratifs et l'architecture. La carrière de Tamara de Lempicka se trouve liée à un mouvement qui ne durera pas et qui ne sera pas axé sur la peinture. Tout au plus importait-il que des tableaux chers, si possible portraits de commande signés par un peintre "mondain", complètent une décoration.
Si ses nus à la froideur sensuelle et aux rondeurs cubistes font penser à la peinture de la Renaissance, les yeux en l'air, les bouches pulpeuses rouge vif, les ongles carminés des modèles font référence aux stars de l'époque (Greta Garbo, Marlène Dietrich...). Ses fillettes elles-mêmes ont une attitude ambigüe, pures, mais très sensuelles.
Pour mettre en valeur ses couleurs vives, dont le nombre est limité, elle use de fonds noirs ou gris.
Après son installation aux Etats Unis, ses sujets changent radicalement : elle peint des paysages et des natures mortes ce qui lui vaut le surnom de "Baroness with a Brush". Sa peinture conserve son style mais devient classique. La mode a changé, son travail plait moins.
Après guerre son oeuvre tombe dans l'oubli, elle finit ses jours à Mexico où elle décède  en 1980. Ses cendres sont répandues sur le volcan Popocatepetl.
Il faudra attendre les années soixante-dix et le regain de l'Art Déco pour qu'elle reprenne se place de grande "prêtresse" des Années Folles, de l'émancipation des femmes, de leur liberté d'expression et de leur homosexualité. Ses peintures, représentatives d'un monde qui voulait ignorer la crise qui sévissait alors, sont devenues très recherchées. De nos jours, la plupart de ses tableaux appartiennent à des collectionneurs privés, leur cote atteint 300 000 à 750 000 euros pour les grands formats les plus marquants.
   
Les tableaux qui suivent sont tous exposés à la Pinacothèque, les photos proviennent de différents sites  internet

                                         1922 - Fillette avec un ours en peluche - collection particulière 1922

 
                                        1923 -femme à la robe noire 1- 95x60,5cm - huile sur toile   - photo dans l'atelier de Tamara 
                                         collection particulière
                                        1923      931

                                         1923 - La carafe Louis-Philippe 35,5x27,5cm - huile sur toile - collection particulière1923
                                            1926 - Photo dédicacée de Gabriele d'Annunzio738

                        1927 - La belle Rafaëla - 77x105,4cm - huile sur toile - collection particulière    10-la-belle-rafaela-59488158-copie-1.jpg
                      1927 - La Belle Rafaëla en vert - 36x61cm - huile sur toile - collection particulièrelempicka la belle rafala en vert-copie-1
                      1928 - Portrait d'Arlette Boucard - 70x130cm - huile sur toile - collection particulière1928
             1928 - Portrait du Baron Kuffner- 36x27 cm - huile sur bois - Centre Pompidou - France - don de l'Artiste en 19761928.2
                                           Tamara de Lempicka en 1928tamara 1928
                                               1930 - Nu aux buildings - 92x73 cm - huile sur toile - collection particulière1930
                                         1930 - L'écharpe bleue - 56x5 x 48cm - huile sur bois - collection particulière1930
                                  1936 - Saint Jean-Baptiste - 35x30 cm - huile sur carton - collection particulière1936
1938 - Nature morte aux arums  et au miroir - 65,8 x 49,2 - huile sur toile - Centre Pompidou - France - don de l'Artiste1938
1941 - Cruche sur une chaise I (nature morte aux oeufs). 60,5 x 55cm - huile sur contreplaqué - Musée d'Art Moderne de St Etienne France1941
                               1951 - chambre d'hotel - 51x41 cm - huile sur toile - Musée des Beaux arts de Nantes - Francel1951
           1952 - Femme au chapeau - 91,4x 61 cm - Huile sur toile - Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne - France
1952
Mon coup de coeur - La tunique rose - 73x166 cm - huile sur toile - collection particulière1927
PINACOTHEQUE DE PARIS - 8 rue Vignon Paris 8ème - jusqu'au 8 septembre 10 h 30 - 18 h 30 tous les jours.

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Autres

Adrienne, son épouse, disait qu'il avait des "mains en or".
Il savait tout faire, non pas comme on pourrait le croire, en amateur, mais en artisan éclairé. Il était devenu professeur technique de chaudronnerie après avoir exercé plusieurs années dans l'industrie. Le métier de chaudronnier, de nos jours totalement dévalorisé, lui avait permis de développer ses dons manuels. Il disait "Qui sait travailler le métal peut travailler tous les matériaux !"
La calculette, l'ordinateur et ses logiciels lui étaient inconnus. Issu d'une famille modeste, il avait acquis à l'école primaire de bonnes bases en calcul qui lui avaient permis, plus tard, de maîtriser la géométrie descriptive. Il effectuait des tracés très savants afin d'obtenir les développements des formes géométriques les plus complexes. Il était l'intelligence qui trace, distribue et assemble les pièces. Il avait l'habileté d'un artiste dinandier qui, par simple martelage doit donner au métal les formes les plus compliquées mais aussi les plus gracieuses. Il devait connaître tous les travaux de tôles, cornières, tuyaux, les soudures et le brasures.
En dehors des cours qu'il donnait au collège, il passait une grande partie de sa vie dans son atelier personnel pour répondre à tous les souhaits matériels d'Adrienne : ustensiles de cuisine, casseroles, plats, couverts dont elle avait besoin..., objets du quotidien, seaux, bassines, arrosoirs..., objets décoratifs, pendules, cadres photos.. la liste serait trop longue. Il utilisa l'acier inoxydable bien avant les années 60, date de son apparition massive. Il était un précurseur du beau, fonctionnel et durable avec un matériau recyclable, ce que recherche les designers contemporains.
Il conçut pour Adrienne, bien avant que les ménagères en soit équipées, une machine à laver le linge : fini pour elle, le baquet, la brosse et la planche à laver !
Quelque temps avant Noël, il créait en cachette les jouets pour ses enfants.
Les machines-outils qui occupaient son atelier étaient de sa fabrication (elles permirent plus tard à un jeune chaudronnier de créer son entreprise).
En dehors de la chaudronnerie et de la dinanderie, il fit les plans et bâtit entièrement sa maison, elle fut achevée après la seconde guerre mondiale. Il aménagea bien sûr l'intérieur, installa l'électricité, plus tard le chauffage central.
Mais sa prouesse technologique fut la construction d'un petit "cabriolet décapotable trois places". Receptionné par un Ingénieur des Mines, il s'appelera "LB". Il mettra près de deux ans à le réaliser, il l'utilisera durant quatre années et le cédera pour presque rien à un de ses élèves...il s'était commandé une 2 CV. Son bonheur était de fabriquer de ses mains, il pouvait ensuite se détacher facilement de son travail.
A l'époque, la consommation n'avait pas encore envahi notre société, les choses devaient perdurer. De cet homme nullement célèbre, mais exceptionnel, il reste de nombreux objets qui sont encore utilisés quotidiennement par sa famille, certains trônent sur des meubles, d'autres plus précieux sont rangés soigneusement.
Il avait des "mains en or", il était né le 22 juillet 1903, c'était mon père, il s'appelait Lucien BINET.

Casseroles avec bec verseur - acier inoxydable - années 1945 -

SAM 3481elles servent toujours même sur une plaque vitro-céramique et restent formidablement belles SAM 3482Louche et écumoir - 1945 - acier inoxydable SAM 3485le bord de l'écumoir est finement ourlé SAM 3486Couverts - 1935 - chaque membre de la famille avait son nom marqué sur le couteauSAM 3487Cafetière - acier inoxydable - année 1940 SAM 3449Cendrier - acier inoxydable - 1960 SAM 3466Cadre photo - acier inoxydable - 1960 SAM 3470Petit vide poche - acier inoxdable frappé - 1960 SAM 3475Pendulette et coupelle - maillechort ou argentan - 1930 SAM 3451  Encadrement de l'horloge en laiton - le mécanisme a été changé en 1990 SAM 3456 Jouet - Balance et poids - 1954 - inoxydable SAM 3477 SAM 3479Jouet - petite brouette - 1955 SAM 3446Arrosoir - 1935 - laiton - à l'origine peint en gris SAM 3488Dans l'atelier avec son fils et son gendre - 1950
Sans-titre---4Le plan de la maison - 1937
plan-maisonLa maison en 1945
Sans-titre---2
Sans-titre---1La maison en 2008
maison-de-la-rueLa petite voiture en construction - 1952
Sans-titre---3
Sans-titre---5j'occupais la troisième place dans le "spider" et j'en ai des souvenirs impérissables.
Sans-titre---6Le petit cabriolet terminé  essayé par ma soeur Henriette et Roger, son mari.
voiture-papa


LA DINANDERIE
La dinanderie est née au Moyen Age, son nom vient des "batteurs de métal" de Dinant en Belgique, où étaient établis de nombreux ateliers transformant essentiellement le laiton. A cette époque, les dinandiers créent des objets liturgiques et des objets du quotidien. Aujourd'hui, la dinanderie est un métier qui oscile entre la chaudronnerie traditionnelle, l'orfèvrerie et la sculpture.

 

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Voyages et promenades

Il faisait un temps magnifique en Bretagne le 6 juillet, pourtant l'horizon en direction de Saint-Malo semblait recouvert par une épaisse fumée grise. A l'entrée de la ville, brusquement, on se heurtait à un mur de brume. Les remparts étaient déserts, la mer avait disparu, le silence était ponctué par le son répétitif d'une corne signalant l'entrée du port. J'ai aimé l'harmonie de gris et l'évanouissement progressif des remparts et des rochers dans cette brume. C'était un paysage magique et romantique. 
   

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UN PEU D'HISTOIRE

Durant l'antiquité les Coriosolites établissent leur capitale sur le site d'Alet, proche de l'emplacement actuel de Saint-Malo qui n'était alors qu'un rocher sur une presqu'ile peuplé par quelques pêcheurs et des oiseaux de mer.

Au Xe siècle la ville d'Alet est envahie et détruite par les Vikings. Les habitants trouvent refuge sur le rocher plus défendable. Une cité portuaire s'élève bientôt protégée par des remparts. On l'appelera Saint-Malo, du nom de Maclow ou Malo, moine Breton originaire de l'actuel pays de Galles, qui débarqua dans le pays vers le milieu du VIe siècle, devint évêque d'Alet et fut inhumé sur la presqu'ile.

Au XVe siècle, durant la guerre de cent ans, les marins de Saint-Malo remportent de nombreuses victoires et établissent la réputation de la ville qui sera plus tard connue comme "Cité des Corsaires" dont certains (le plus célèbre Surcouf) entreront dans l'Histoire.

Vauban fera réaliser de grands travaux pour remplacer les remparts du XIIe siècle. Ils seront terminés après sa mort en 1737.

En août 1944, la ville est bombardée durant 15 jours. Les remparts ne sont pas touchés mais la plupart des maisons sont détruites. La reconstruction intra-muros se fera dans un style "historicisant" pour conserver à la cité  sa personnalité. 

Saint-Malo chef lieu d'arrondissement d'Ille-et-Villaine est située à l'embouchure de la Rance. Ses habitants, environ 53.000, sont des Malouins.

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Publié dans : #Chateaux

                         Photo MPSAM 2861

  La ville d'Ecouen est située dans le département du Val d'Oise, à vingt kilomètres au Nord de Paris, non loin de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le château  a été construit sur les hauteurs de la ville, à partir de 1538, pour Anne de Montmorency, connétable de France, et principal ministre de François Ier, puis d'Henri II.
Propriété de la Légion d'Honneur depuis Napoléon Premier, l'édifice a été transformé, selon la volonté d'André Malraux, en Musée national de la Renaissance. Il a ouvert ses portes en 1977.
On y retrouve l'atmospère d'un véritable palais Renaissance et tous ses attraits, chapelle, salle d'armes, appartements, mobilier, remarquables collections. J'ai toujours le même grand plaisir à "voir et revoir" dans la galerie de Psyché, l'histoire de David et de Bethsabée (une superbe tenture tissée à Bruxelles vers 1520/1525). A mon immense regret, je ne verrai, ce jour là, qu'une petite partie de la tenture dans deux salles voisines. La galerie est en phase de rénovation.
Poursuivant ma visite, et pour me consoler, je découvrirai, au deuxième étage, une petite salle, la "salle des Cassoni" (Peut-être n'est elle pas toujours ouverte).
Les cassoni étaient des coffres, offerts souvent par paire, en cadeau de noce. Destinés à recevoir le trousseau de la mariée, associés au cortège nuptial, il étaient remis au couple le jour des noces et placés par la suite dans la chambre des époux. Ils portaient sur le devant un décor évoquant des thèmes de l'histoire ancienne ou de la mythologie gréco-romaine, l'image représentée devant être un exemple moral pour le couple.
Très peu nous sont parvenus entiers. Les panneaux peints ont été détachés des coffres au XIXe siècle, et présentés comme des tableaux par les collectionneurs et les marchands. Les cassoni étaient commandés à des peintres célèbres qui en avaient fait une spécialité. Ils sont un témoignage des recherches nouvelles dans le traitement de la perspective, dans l'évocation de l'architecture et dans la reproduction des vêtements contemporains.
Les quinze panneaux d'Ecouen ont été exécutés dans la deuxième moitié du XVe siècle, en Ombrie et en Toscane, par les Florentins Scheggia et Apollonio di Giovani (frère de Masaccio). Douze d'entre eux faisaient partie de la collection Campana acquise par Napoléon III en 1861.
Sous le même nom de "cassone" on désigne dans le langage de l'histoire de l'art à la fois le coffre décoré et les peintures qui l'ornent.

En haut - Histoire de Lucrèce et Tarquin  - En bas - Le départ d'Ulysse - photos MP
 Guidoccio Gozzarelli - vers 1480 -  (longueur des panneaux- environ 100 cm)histoire de lucrèce et ulysse

 l'histoire d'Ulysse - détail  Le départ d'Ulysse - photo MPpanneau-de-cassone---le-depart-d-ulysse

l'histoire d'Ulysse - détail -Pénélope - photo MPle départ d'ulysse

Le Cheval de Troie - Scheggia - vers 1460-1465 - photo WEBcheval de troie
Le Cheval de Troie - détails - photo MPle cheval de troie
le cheval de troie
Combat de Cavalerie sous les murs de Troie - Scheggia - vers 1460-1465 - détail - photo MP  combat de cavalerie sous les murs de troie

Histoire d'Enée - vers 1460 - Apollonio di Giovanni - détail - photo MP histoire d'énée

Scène de bataille - atelier florentin vers 1460-1470 - détail - photo MPscène de bataille
scène de batailles

 Tiberius Gracchus et Cornélie - Scheggia et atelier - vers 1460-1470 - détail photo MP
          
tiberius gracchus et cornelie

Le cassone complet  ci-dessous se trouve à New-York au Metropolitan Museum - photo WEB

exemple de cassone d'appolonio di giovani metropolitan muse

Site du château d'Ecouen - cliquer : link

 

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Publié dans : #Expositions à Paris

Avant  ma visite au Musée de l'Orangerie, les Macchiaioli n'étaient pour moi que le nom donné à des  tableaux de tout  petit  format très en longueur.  Si cette spécificité n'est pas fausse, j'avais beaucoup à  apprendre. 
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"Macchiaioli", ou peintres de la "macchia" (tache mais aussi esquisse en italien) est le nom qu'un journaliste a donné à un groupe d'artistes qui scandalisa le public à  l'Exposition nationale de Florence en 1862. L'ironie se reproduira au salon de 1874 en donnant le nom "d'impressionnistes" aux compagnons de Monet (il y exposait son tableau  "Impression soleil levant") ; dans les deux cas cela ne déplaira pas aux peintres en révolte contre l'académisme.
Le petit groupe révolutionnaire et novateur des Macchiaioli se retrouvait dans un café, le Michelangiolo via Larga à Florence, où les discussions sur la façon de peindre devaient aller  bon train.
 Leur innovation : peindre en plein air. Leur sujet : aller vers ce qui est immuable, le paysage de la campagne (les impressionnistes plus tard traiteront au contraire de la ville, des gares, des cafés, des ports etc.) et la réalité paysanne. Leur technique :  la macchia,  une peinture à petite tache marquant une rupture avec la peinture académique qui se veut lisse. La construction en perspective est toujours présente et la lumière y est forte, implacable (c'est la lumière de Toscane, il n'y a pas de vibrations comme chez les impressionnistes).
Les Macchiaioli  voulaient également renouveler la peinture d'histoire. Les guerres d'indépendance sévissaient en Italie , leur peinture permettait de déclarer leur patriotisme, leur souhait étant de fonder le premier mouvement pictural de l'Italie unifiée. Leur ferveur patriotique redoubla quand, en 1859,  nombre d'entre eux furent mobilisés. Ces peintres soldats ne se placeront pas du côté des vainqueurs mais du côté de l'humanité déchirée.
Pour la peinture en plein air, le support est souvent du bois et le format se modifie afin de pouvoir entrer dans la boite de couleur.  Ainsi le paysage construit au moyen de taches s'étire en vision panoramique sur de petits formats. Mais les Macchiaioli ne renieront pas les formats plus grands pour les peintures de guerre , les scènes de genre ou les portraits qu'ils ne pratiqueront que pour se peindre entre eux.
Le groupe ne durera que peu de temps : né en  1855 il se dispersera en 1870.

Le chef de file : Diego Martelli (1838-1896). Mécène et théoricien du groupe, grand voyageur aimant la France, ami de Degas, diffuseur des nouveautés vus à Paris. Lorsqu'il hérite de la villa de Castiglioncello  en 1861 il en fait le lieu de rencontre du groupe. 
Edgar Degas - 1879 - Edimbourg National Gallery of Scotland
    00


Aux cotés de Diego Martelli : Telemaco Signorini (1835-1901). Théoricien écrivant des articles pour le Gazzetino delle Arti del Disegno et, en 1893, Caricaturisti e caricaturati al caffè Michelangiolo, mémoires partielles du groupe des Macchiaioli.

La lune de miel - 1862-63 huile sur toile 31x99cm Viareggio Instituto Matteucci 04bis
Scène de halage dans le parc des Cascine à FLorence 1864
- huile sur toile (54x173cm) collection particulière 05

Santa Maria del Bardi à FLorence 1870 - huile sur toile 89x66cm - Viareggio, Instituto Matteucci05bis
   
G
uiseppe Abbati (1836-1868) -
    
Le Cloïtre de Santa Croce à FLorence (huile sur carton 19,3X25,2 cm) Palazzo Pitti Florence.
        02
     
Giovanni Fattori (1825-1908) 
Soldats français en 1859 - huile sur bois 15,5x32cm - Viareggio Instituto Matteucci 03
La sentinelle 1871 - huile sur toile, 34,5x54,5cm - collection particulière 6
Garibaldi à Palerme - 1860 - huile sur toile 88x132cm - Viareggio Instituto Matteucci 07
Silvestro Lega (1826-1895)
La visite 1858 - huile sur toile 31x50cm (Rome, Galleria Vito d'Ancona) (1825-1884) - Portique vers 1861 - huile sur carton 14,3x21,5cm Florence Palais Pitti 04
A l'Orangerie aux côtés des Macchiaioli on trouve un peintre français : Paul Guigou (1834-1871). Les commissaires de l'exposition ont considéré que le parallèle était justifié par la façon dont Guigou traitait la lumière, et par ses sujets (le Lubéron et la plaine de la Crau). Guigou travaillait aussi en plein air sur de tous petits formats.

Paul Guigou -  La Lavandière 1860 - huile sur toile 81x59 - Paris Musée d'Orsay 08
MON COUP DE COEUR
Il se trouve que c'est le tableau le plus connu de Giovanni Fattori :
La Rotonde de Palmieri - 1865 - Huile sur bois (12x35cm) Florence Palais Pitti 09
L'intensité de la lumière est saisissante donnant aux silhouettes un effet de contrejour. Aucun détail, de simples taches de couleur et pourtant ces femmes vivent, se parlent, méditent ou regardent la mer. C'est dit-on l'emblème des Macchiaioli, une icône.

Musée de l'Orangerie - Jardin des Tuileries PARIS - Jusqu'au 22 Juillet - Tous les jours sauf le mardi de 9 h à 18 h. Plein tarif 7,5 € - tarif réduit 5 €  

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

Paris recèle bon nombre d'hôtels particuliers, de maisons, ateliers d'artistes bien souvent ravissants, chaque fois attachants. Le charme particulier de ceux que nous pouvons découvrir, car devenus musées, ne peut nous laisser indifférents.
Au numéro 16 de la rue Chaptal, dans la pente qui monte vers Montmartre, un géant feuillu garde le passage qui mène au musée de la Vie Romantique. Après quelques pas dans l'ombre, apparaît en pleine lumière, une petite maison aux volets vert tendre, ancienne demeure du peintre Ary Scheffer.

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Face à la maison, de chaque côté de la cour pavée, les deux ateliers du peintre. Celui de gauche où œuvrait Scheffer faisait office de Salon : il y recevait, chaque vendredi l'élite artistique et littéraire  (George Sand, Chopin, Delacroix, Rossini, Dickens..) Dans celui de droite travaillaient ses assistants et élèves, et son frère Henry également peintre.

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Ary Scheffer est né a Dordrecht (Hollande) en 1795 , il arrive à Paris en 1811 et travaille dans l'atelier de Pierre-Narcisse Guérin. Son départ de l'atelier de Guérin coïncide avec le début du mouvement romantique.
Scheffer devient le professeur de dessin de la princesse Marie d'Orléans, fille du roi Louis-Philippe, elle-même sculpteur de talent. Avec l'instauration de la Seconde République, en 1848, sa faveur tombera bien évidemment.
Scheffer sera naturalisé français en 1850. Il meurt le 15 Juin 1858 dans son atelier d'Argenteuil où il s'était installé un mois auparavant.
La demeure de la rue Chaptal restera dans la famille Scheffer-Renan jusqu'en 1982, date à laquelle elle sera léguée à l'Etat pour qu'y soit ouvert un musée. En 1987, il deviendra après rénovation, l'actuel  musée de la Vie Romantique. Ary Scheffer n'est pas ce que l'on nomme arbitrairement un grand peintre, mais il fut un portraitiste accompli. Inspiré par Byron et Goethe, il peignit une longue série de sujets en vogue à l'époque. Sa meilleure œuvre est accrochée au Louvre :  "Les ombres de Francesca de Rimini et de Paulo Malatesta apparaissent à Dante et  à Virgile".

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Dans cette charmante maison on peut voir, entre autres, les portraits de"Marie d'Orléans", "la reine Marie-Amélie en deuil", et  "Sophie Marin" son épouse. Elle abrite également un important fond d'œuvres provenant de la propriété de George Sand.
Marie d'Orléans
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La reine Marie Amélie en deuil

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Sophie Marin

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J'ignorais totalement le talent de peintre de George  Sand, j'ai été séduite par les  "dendrites" que l'on peut admirer dans le "petit salon bleu" .

La dendrite est une variante de l'aquarelle. Une fois la couleur déposée au pinceau sur le papier on presse un bristol ou une vitre pour obtenir une tache aléatoire qui fait surgir des formes végétales ou minérales. On complète ensuite les formes suggérées par le hasard au gré de l'imagination.

Les dendrites de George  Sand sont remarquables, on y retrouve  en petit format le romantisme de Caspar Friedrich, 

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Le musée de la Vie Romantique est un agréable but de promenade  un jour de beau temps. Un salon de thé est installé dans le jardin.

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      Le CENTQUATRE prolonge la rétrospective consacrée  à Keith Haring au Musée d'Art Moderne en présentant les œuvres grand format de l'artiste.

Je découvre avec étonnement ce lieu que je ne connaissais pas et qui a abrité durant 120 ans les "Pompes Funèbres de Paris" (voir fin de l'article).

Lorsque je franchi le porche tout à fait banal de la rue Curial, je ne m'attends pas à trouver des bâtiments aussi considérables, un tel lieu  de vie pour les habitants du 18e et 19e arrondissements. Musique, théâtre, danse, art visuel, cirque, festivals, expositions sont programmés régulièrement. Des espaces publics permettent les pratiques amateurs où les jeunes s'entraînent à la danse, au cirque.... Les enfants ont leur "Maison des petits". On peut y boire, manger, flâner dans les boutiques et même se détendre dans des chaises longues.

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Première cours intérieure
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Au sous sol de la  première halle une installation de Michelangelo Pistoletto : le "Labyrinthe" "
Une route sinueuse et imprévisible qui nous amène jusqu'à un espace de révélation de connaissance" Les petits et grands qui pratiquent le labyrinthe y voit surtout un jeu. Michelangelo Pistoletto investit en ce moment le Musée du Louvre avec son "Année I, le Paradis sur terre".

un des espaces de la première halle, au fond l'espace danse amateur.
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la première halle - vu vers l'entrée - exposition "The tennis game" dialogue philosophique.
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sous sol - Labyrinthe de Michelangelo Pistoletto
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Deuxième cours intérieure
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Sous l'immense verrière de la seconde  halle, qui débouche sur la rue d'Aubervilliers, les sculptures gigantesques de Keith Haring sont le présage heureux de ce qui va suivre. C'est un lieu exceptionnel, Je suis enthousiasmée.

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Deux salles sont dédiées aux toiles et bâches :
 "Le Mariage du Ciel et de l'Enfer" qui a servi de rideau à la chorégraphie de Roland Petit en 1984.  

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 Danger de la bombe atomique

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Cinq panneaux donnant la vision d'un univers apocalyptique concus comme décor du bar DV8 Club à San Francisco (le club collectait des fonds pour la lutte contre le Sida)

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 Un petit garçon anonyme fan de Keith Haring, initié à la maternelle. Keith Haring adorait les enfants, et les enfants adorent son langage.
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Dans un autre espace monumental  tapissé de noir sont rassemblés les panneaux des "Dix commandements" (7 mètres de hauteur). Keith Haring a réalisé  cette œuvre en 1985 pour sa première exposition solo  au CAPC de Bordeaux (entrepôt reconverti en musée) et adapté la forme aux passages arqués soutenant le toit.  Dans l'interprétation très libre de Keith Haring il est difficile de reconnaître les commandements, d'autant qu'il utilise l'antithèse et la métaphore. La violence des couleurs en aplats rouges, jaunes et bleus, fait davantage penser au diable et à l'enfer qu'à Dieu. Cette réinterprétation, qu'il fallait oser, impressionne et séduit  adultes et enfants.  

tu ne convoiteras pas la femme du voisin - fond un seul die

g-tu honoreras ton père et ta père - d - tu respectera la

tu ne tueras pas

 

d- tu ne convoiteras pas les biens d'autrui

 

fond - tu ne mentiras pas

Exposition jusqu'au 18 août 2013. Parisiens si vous ne connaissez pas le CENTQUATRE, courez y ! 
5 rue Curial PARIS 19è - métro Stalingrad
Site du CENTQUATRE - link
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HISTOIRE DU CENTQUATRE

En 1870 l'archevêché de Paris est en charge des enterrements sur la ville.  Il commande aux architectes Edouard Delabarre de Bay et Godon, supervisés par Victor Baltard,  la construction d'un bâtiment sur une parcelle entre l'actuelle rue d'Aubervilliers et la rue Curial. Il est inauguré en 1874. Le bâtiment est composé de deux grandes halles dotées de verrières séparées par une cour sur plus de 270 m de long. La halle de la rue d'Aubervilliers sert à la préparation des cercueils et à la réalisation des catafalques. Celle de la rue Curial abrite les corbillards et les chars (une centaine de chaque), une réserve de cercueils (plus de 6000). En sous sol sont aménagées des écuries (abritant trois cents chevaux). Il y avait des greniers à fourrage et un réservoir de 50 000 litres d'eau.

On trouve également des magasins d'ornements funéraires, des ateliers de menuiserie, de tapisserie, de peinture ou d'armoiries. Ne disposant pas de morgue, le bâtiment n'accueille pas les corps. Après la séparation de l'église et de l'état en 1905, les pompes funèbres deviennent municipales, elles connaissent une activité maximale, employant 1400 personnes. Petit à petit fourgonnettes et berlines remplaceront les corbillards attelés aux chevaux, la halle Curial devenant un immense garage.

A la fin du monopole municipal en 1993, l'activité a décliné. Les bâtiments seront fermés en 1997.

 En 2003 la Ville de Paris réhabilite les lieux pour en faire un "établissement public de coopération culturelle (EPCC)". Le CENTQUATRE est inauguré en octobre 2008.

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Venant du  jardin des Tuileries, l'accès au Louvre peut se faire en empruntant un large escalier situé un peu avant et à droite du Carrousel. C'est le cheminement que je prends le mercredi 22 mai. Lorsque je rejoins la  "salle de la pyramide inversée", où se trouve le poste de contrôle des visiteurs, effarée, je découvre que la file d'attente s'étire sur toute la longueur des boutiques, disparaît dans un angle près des escaliers débouchant rue de Rivoli, et ne cesse de grossir :  jusqu'où va-t-elle aller ?  Il est dix heures trente. Je sors du Louvre et je gagne le passage Richelieu : ô miracle ! Là, pas de bousculade, avec ma  "carte pass" je suis en un instant  sous la grande pyramide. L'exposition "Giotto e  compagni" se tient dans la Salle de la Chapelle au premier étage de l'aile Sully. La pénibilité des longs escaliers qui y conduisent vont peut être dissuader grand nombre de visiteurs. Et bien non !  Dans cette salle aux dimensions réduites énormément de monde. Les tableaux sont vus à distance. Peu d'œuvres de Giotto lui-même dont deux habituellement accrochées au Louvre : "Saint François recevant les stigmates" (peint pour la cathédrale de Pise - 1265 env.) et, installée comme un calvaire au centre de la salle, "La croix peinte".


st françois recevant les stigmates

croix peinte
Je m'attarde sur quatre très belles toiles de Giotto assez grandes pour être visibles de loin :
 Saint Etienne - vers 1320-1325 - bois 84x54cm - Florence
saint etienne
Saint Laurent - vers 1320 - bois - Abbaye de Chaalis
saint laurent

La Vierge à l'Enfant -  vers 1320 - bois - Washington
la vierge à l'enfant

vierge à l'enfant détail


 Dieu le Père - chapelle Scrovegni à Padoue - Musei civici13.dieu le pere

 Il fait une chaleur épouvantable, au bord du malaise je quitte la salle. Sous la grande pyramide c'est effroyable : partent à l'assaut des accès aux diverses ailes, un flot de groupes menés bon train par des guides, parapluies dressés à bout de bras. Qu'est devenu mon cher Louvre, celui où j'entrais par le  rez-de-chaussée de l'aile Denon, sans file d'attente, sans audio guide, sans une foule de touristes ? Mais ne soyons pas nostalgiques, j'ai pour me consoler la belle pyramide de Ming Pei, et  revenons à Giotto. 

Il est né à Vespignano di Mugello (province de Florence. Son père se nomme Bondone. Sa date de naissance est située en 1257. Sa date de mort est en revanche connue : 8 janvier 1337. Vasari s'est fait l'écho du récit légendaire qui courait et raconte que Bondone avait confié à  Giotto, qui avait dix ans, la garde des moutons. Cimabue (1240-1302)  se rendant à Vespignano pour affaire trouva Giotto dessinant un mouton avec une pierre pointue sur une dalle plate et polie. S'arrêtant émerveillé il lui aurait demandé de rejoindre son atelier.

Il est donc probable que Giotto ait été formé dans l'atelier de Cimabue  au début des années 1280. Son talent artistique s'est révélé avant tout dans ses grands cycles de fresques. Son sens de la composition dans les  scènes religieuses et de la tridimensionnalité font de lui le précurseur de la Renaissance.

Dès 1290  Giotto  possède  un grand atelier et s'entoure de nombreux assistants   chargés d'exécuter ses modèles et de copier ses dessins ; l'attribution des oeuvres entre Giotto et ses collaborateurs est de sorte très délicate.

1288-1292 -  premières peintures de Giotto dans l'église supérieure de la Basilique San Francesco à Assise

Isaac repousse Esaü

1-isaac-repousse-Esau---assise

Sermon aux oiseaux
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Lamentation des clarisses

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1303-1305 - les fresques de la chapelle Scrovegni de Padoue

crucifixion  - détail - 
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Enrico Scrovegni offrant la maquette de la chapelle
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La déposition de croix
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1311 - Giotto s'installe à Florence, il réalise une de ses plus admirables oeuvres : "la vierge en majesté" aujourd'hui aux Offices mais provenant de l'Eglise Ognissanti


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Fresques de Santa Croce à Florence - Chapelle Peruzzi

Les commanditaires pour la décoration de cette église appartiennent à quelques unes des familles les plus riches et les plus puissantes de la nouvelle bourgeoisie commerçante et bancaire de FLorence.

 

1315 et 1318 -  décoration de la Chapelle de la Madeleine à Assise

Ce sont les franciscains qui ont ranimé le culte de Ste Madeleine reconnaissant une sorte de fraternité entre François et Madeleine, il est devenu florissant après l'an mil

Marie Madeleine arrivant à Marseille  détail
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Marie Madeleine dialoguant avec les anges détail

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1320 - 1325 - Les derniers travaux de Giotto  à FLorence

- les  toiles de l'exposition au Louvre, St Etienne, St Jean, St Laurent, La vierge et l'enfant (images en tête de l'article).

 - La Chapelle Bardi de la Basilique Santa Croce de Florence consacrée à St François.

Vérification des stigmates de St François

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1328 -  Giotto est à Naples au service du Roi Robert d'Anjou et devient "peintre de cour". Les oeuvres exécutées ont presque toutes été perdues.

1334 - De retour à Florence Giotto est nommé "magister et gubernator" de l'oeuvre de Santa Reparata. Il réalise   le projet du campanile de la cathédrale devenue Santa Maria del Fiore. Il y fut enterré avec les plus grands honneurs en 1337.

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L'exposition dans la Salle de la Chapelle est certainement très intéressante si l'on peut la visiter dans des conditions plus favorables, ce qui  me parait difficile compte tenu de sa médiatisation.

Un dernier petit commentaire : dans la fresque du "sermon  aux oiseaux" (voir image ci-dessus) un détail m'a fait penser à d'autres oiseaux 
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ceux de Braque ...
plafond au Louvre
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Une des expositions qui se tient actuellement au Petit Palais à Paris présente les peintres slovènes du début du XXe. La Slovénie était encore à cette époque une région de l'empire austro-hongrois (la Carniole). La capitale est Ljubljana.
On découvre d'abord deux peintres réalistes célèbres dans leur pays à la fin du XIXe : Jurij Subic (1855-1890) et Ivana Kobilca (Ljubljana 1861-1926). Tous les deux ont séjourné à Paris et  ont exposé au Salon.
Ivana Kobilca est encore la femme peintre la plus célèbre en Slovénie : un timbre représentant l'un de ses tableau (L'été, peint à Fontainebleau) fût édité en 1967, son portrait figurait sur l'ancien billet slovène de 5000 tolar.
Durant son séjour à Paris, Subic décora le plafond du cabaret Le Tambourin, 62 Bd de Clichy, en échange de ce travail il eut sans doute droit à quelques repas gratuits.

Une digression pour parler du Tambourin : ce cabaret alors très célèbre était tenu par Agostina Segaton (1841-1910) surnommée "l'Italienne". Modèle professionnel elle posait pour Manet, Corot et Van Gogh. En lui "offrant" quelques toiles par semaine les peintres obtenaient la grâce de s'asseoir  à sa table. Quand l'établissement périclita, qu'il fût vendu, les peintures mises en tas furent adjugées pour une somme dérisoire. Le Tambourin devint le cabaret de la Butte en 1893, le cabaret des Quat'Z'arts à la fin du siècle. C'est maintenant un sex-shop.

Anton Azbe (1862-1905) autre réaliste, joua un rôle important en ouvrant à Munich en 1891 une académie libre tolérant les futurs impressionnistes slovènes mais aussi des Serbes, Croates et Russes dont Kandinsky et Jawlensky. C'était un premier pas vers la Sécession (mouvement d'opposition aux idées conservatrices de l'école de peinture académique) qui allait être fondée à Munich en 1892 par Franz von Stuck, architecte, peintre et professeur renommé (Kandinsky et Klee entre autres furent ses élèves). C'est aussi à Munich qu'une revue culturelle - Jugend - (jeunesse) inspira à l'Art nouveau son nom allemand de Jugendstil. Suivraient en 1897 la Sécession de Vienne animée par Klimt, Olbrich, Moser et Hoffmann, en 1899 celle de Berlin dont l'âme fut Max Liebermann.

Après les peintres réalistes sont présentés le groupe des peintres impressionnistes dont Ivan Grohar (1867-1911), Rihard Jakopic (1869-1943), Matija Jarna (1872-1947) et Matej Sternen (1870-1949) qui ont suivi, avec plus ou moins d'assiduité, l'enseignement d'Anton Azbe à Munich. Ils s'inspirent évidemment du mouvement né en France dans les années 1860 et des diverses formes de son évolution : le divisionnisme de Seurat, les séries de Monet et l'expressionnisme de Van Gogh.

La création artistique sera dense à Ljubljana entre 1890 et 1920, l'exposition présente sculptures, illustrations d'Art Nouveau, photographies, dessins caricaturaux (Birolla, Gaspari et Hinko Smrekar fondent le groupe Vesna et collaborent avec les écrivains célèbres Zupaneie et Ivan Cankar). Un aperçu également des réalisations architecturales construites après le tremblement de terre de 1895 qui détruisit une partie de la ville. Grâce à son maire Ivan Hribar Ljubljana fut considérablement modernisée. Il fit appel à de nombreux architectes qui introduisirent comme à Prague et Vienne le style Sécession. 

Cette vie artistique slovène a été une découverte et un enchantement pour moi, je pense que je n'ai pas été la seule parmi les visiteurs et j'ai eu quelques coups de coeur.

LES REALISTES 

Ivana Kobilca - Enfants dans l'herbe
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Ivana Kobilca - L'été
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ivana kobilca denar

Jurij Subic - portrait d' Ivan Tavcar (Ecrivain et politicien,
Maire de Ljubljana de 1911 à 1921)
JurijSubic-Ivan Tavcar

Jurij Subic - départ pour la chasse
JurijSubic-Pred lovom

Anton Azbe - autoportrait
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LES IMPRESSIONNISTES
Ivan Grohar - Le Mont Kamnitnik sous la neige - 1905 - photo MP
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Rihard Jakopic Village en hiver - photo MP
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Rihard Jakopic - village vers 1904 - photo MP
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Matej Sternen - sur le divan 1909 - photo MP
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Matej Sternen - nu allongé vers 1915 - photo MP
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Matej Sternen - jeune paysanne laçant ses chaussures 1899 - photo MP
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Matej Sternen - Rue à Munich 1904 - photo MP
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DESSINS CARICATURAUX
Hinko Snrekar (1883-1942) - A genoux le monde, je suis Ivan Cankar I - 1912
photo MP
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Hinko Snrekar - Ivan Tavcar en cordonnier - 1912 - photo MP
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Hinko Snrekar - Exposition d'artistes sloven  - vers 1910 - photo MP
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LJUBLJANA
23ljubljana1-lobrano-tmagArticle

secesija-2-d-wedam

Le pont des dragons - première réalisation importante de la Secession
pont des dragons

Le pont des dragons - Le dragon est le symbole de Ljubljana
top-sights-2-fevzer-copie-1.jpg

MES COUPS DE COEUR
Rihard Jakopic - soleil d'hiver à Gradascica - vers 1900 - photo MP
soleil-d'hiver-à-Gradascica-web

soleil-d'hiver-à-Gradascica-detail-web

Henrika Santel (1874-1940) - Petite fille rousse -  
photo MP - malheureusement l'éclairage était mauvais
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LES IMPRESSIONNISTES SLOVENES ET LEURS TEMPS (1890-1920) - 
Petit Palais Paris - jusqu'au 13 Juillet


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