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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Chateaux

                         Photo MPSAM 2861

  La ville d'Ecouen est située dans le département du Val d'Oise, à vingt kilomètres au Nord de Paris, non loin de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le château  a été construit sur les hauteurs de la ville, à partir de 1538, pour Anne de Montmorency, connétable de France, et principal ministre de François Ier, puis d'Henri II.
Propriété de la Légion d'Honneur depuis Napoléon Premier, l'édifice a été transformé, selon la volonté d'André Malraux, en Musée national de la Renaissance. Il a ouvert ses portes en 1977.
On y retrouve l'atmospère d'un véritable palais Renaissance et tous ses attraits, chapelle, salle d'armes, appartements, mobilier, remarquables collections. J'ai toujours le même grand plaisir à "voir et revoir" dans la galerie de Psyché, l'histoire de David et de Bethsabée (une superbe tenture tissée à Bruxelles vers 1520/1525). A mon immense regret, je ne verrai, ce jour là, qu'une petite partie de la tenture dans deux salles voisines. La galerie est en phase de rénovation.
Poursuivant ma visite, et pour me consoler, je découvrirai, au deuxième étage, une petite salle, la "salle des Cassoni" (Peut-être n'est elle pas toujours ouverte).
Les cassoni étaient des coffres, offerts souvent par paire, en cadeau de noce. Destinés à recevoir le trousseau de la mariée, associés au cortège nuptial, il étaient remis au couple le jour des noces et placés par la suite dans la chambre des époux. Ils portaient sur le devant un décor évoquant des thèmes de l'histoire ancienne ou de la mythologie gréco-romaine, l'image représentée devant être un exemple moral pour le couple.
Très peu nous sont parvenus entiers. Les panneaux peints ont été détachés des coffres au XIXe siècle, et présentés comme des tableaux par les collectionneurs et les marchands. Les cassoni étaient commandés à des peintres célèbres qui en avaient fait une spécialité. Ils sont un témoignage des recherches nouvelles dans le traitement de la perspective, dans l'évocation de l'architecture et dans la reproduction des vêtements contemporains.
Les quinze panneaux d'Ecouen ont été exécutés dans la deuxième moitié du XVe siècle, en Ombrie et en Toscane, par les Florentins Scheggia et Apollonio di Giovani (frère de Masaccio). Douze d'entre eux faisaient partie de la collection Campana acquise par Napoléon III en 1861.
Sous le même nom de "cassone" on désigne dans le langage de l'histoire de l'art à la fois le coffre décoré et les peintures qui l'ornent.

En haut - Histoire de Lucrèce et Tarquin  - En bas - Le départ d'Ulysse - photos MP
 Guidoccio Gozzarelli - vers 1480 -  (longueur des panneaux- environ 100 cm)histoire de lucrèce et ulysse

 l'histoire d'Ulysse - détail  Le départ d'Ulysse - photo MPpanneau-de-cassone---le-depart-d-ulysse

l'histoire d'Ulysse - détail -Pénélope - photo MPle départ d'ulysse

Le Cheval de Troie - Scheggia - vers 1460-1465 - photo WEBcheval de troie
Le Cheval de Troie - détails - photo MPle cheval de troie
le cheval de troie
Combat de Cavalerie sous les murs de Troie - Scheggia - vers 1460-1465 - détail - photo MP  combat de cavalerie sous les murs de troie

Histoire d'Enée - vers 1460 - Apollonio di Giovanni - détail - photo MP histoire d'énée

Scène de bataille - atelier florentin vers 1460-1470 - détail - photo MPscène de bataille
scène de batailles

 Tiberius Gracchus et Cornélie - Scheggia et atelier - vers 1460-1470 - détail photo MP
          
tiberius gracchus et cornelie

Le cassone complet  ci-dessous se trouve à New-York au Metropolitan Museum - photo WEB

exemple de cassone d'appolonio di giovani metropolitan muse

Site du château d'Ecouen - cliquer : link

 

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Avant  ma visite au Musée de l'Orangerie, les Macchiaioli n'étaient pour moi que le nom donné à des  tableaux de tout  petit  format très en longueur.  Si cette spécificité n'est pas fausse, j'avais beaucoup à  apprendre. 
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"Macchiaioli", ou peintres de la "macchia" (tache mais aussi esquisse en italien) est le nom qu'un journaliste a donné à un groupe d'artistes qui scandalisa le public à  l'Exposition nationale de Florence en 1862. L'ironie se reproduira au salon de 1874 en donnant le nom "d'impressionnistes" aux compagnons de Monet (il y exposait son tableau  "Impression soleil levant") ; dans les deux cas cela ne déplaira pas aux peintres en révolte contre l'académisme.
Le petit groupe révolutionnaire et novateur des Macchiaioli se retrouvait dans un café, le Michelangiolo via Larga à Florence, où les discussions sur la façon de peindre devaient aller  bon train.
 Leur innovation : peindre en plein air. Leur sujet : aller vers ce qui est immuable, le paysage de la campagne (les impressionnistes plus tard traiteront au contraire de la ville, des gares, des cafés, des ports etc.) et la réalité paysanne. Leur technique :  la macchia,  une peinture à petite tache marquant une rupture avec la peinture académique qui se veut lisse. La construction en perspective est toujours présente et la lumière y est forte, implacable (c'est la lumière de Toscane, il n'y a pas de vibrations comme chez les impressionnistes).
Les Macchiaioli  voulaient également renouveler la peinture d'histoire. Les guerres d'indépendance sévissaient en Italie , leur peinture permettait de déclarer leur patriotisme, leur souhait étant de fonder le premier mouvement pictural de l'Italie unifiée. Leur ferveur patriotique redoubla quand, en 1859,  nombre d'entre eux furent mobilisés. Ces peintres soldats ne se placeront pas du côté des vainqueurs mais du côté de l'humanité déchirée.
Pour la peinture en plein air, le support est souvent du bois et le format se modifie afin de pouvoir entrer dans la boite de couleur.  Ainsi le paysage construit au moyen de taches s'étire en vision panoramique sur de petits formats. Mais les Macchiaioli ne renieront pas les formats plus grands pour les peintures de guerre , les scènes de genre ou les portraits qu'ils ne pratiqueront que pour se peindre entre eux.
Le groupe ne durera que peu de temps : né en  1855 il se dispersera en 1870.

Le chef de file : Diego Martelli (1838-1896). Mécène et théoricien du groupe, grand voyageur aimant la France, ami de Degas, diffuseur des nouveautés vus à Paris. Lorsqu'il hérite de la villa de Castiglioncello  en 1861 il en fait le lieu de rencontre du groupe. 
Edgar Degas - 1879 - Edimbourg National Gallery of Scotland
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Aux cotés de Diego Martelli : Telemaco Signorini (1835-1901). Théoricien écrivant des articles pour le Gazzetino delle Arti del Disegno et, en 1893, Caricaturisti e caricaturati al caffè Michelangiolo, mémoires partielles du groupe des Macchiaioli.

La lune de miel - 1862-63 huile sur toile 31x99cm Viareggio Instituto Matteucci 04bis
Scène de halage dans le parc des Cascine à FLorence 1864
- huile sur toile (54x173cm) collection particulière 05

Santa Maria del Bardi à FLorence 1870 - huile sur toile 89x66cm - Viareggio, Instituto Matteucci05bis
   
G
uiseppe Abbati (1836-1868) -
    
Le Cloïtre de Santa Croce à FLorence (huile sur carton 19,3X25,2 cm) Palazzo Pitti Florence.
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Giovanni Fattori (1825-1908) 
Soldats français en 1859 - huile sur bois 15,5x32cm - Viareggio Instituto Matteucci 03
La sentinelle 1871 - huile sur toile, 34,5x54,5cm - collection particulière 6
Garibaldi à Palerme - 1860 - huile sur toile 88x132cm - Viareggio Instituto Matteucci 07
Silvestro Lega (1826-1895)
La visite 1858 - huile sur toile 31x50cm (Rome, Galleria Vito d'Ancona) (1825-1884) - Portique vers 1861 - huile sur carton 14,3x21,5cm Florence Palais Pitti 04
A l'Orangerie aux côtés des Macchiaioli on trouve un peintre français : Paul Guigou (1834-1871). Les commissaires de l'exposition ont considéré que le parallèle était justifié par la façon dont Guigou traitait la lumière, et par ses sujets (le Lubéron et la plaine de la Crau). Guigou travaillait aussi en plein air sur de tous petits formats.

Paul Guigou -  La Lavandière 1860 - huile sur toile 81x59 - Paris Musée d'Orsay 08
MON COUP DE COEUR
Il se trouve que c'est le tableau le plus connu de Giovanni Fattori :
La Rotonde de Palmieri - 1865 - Huile sur bois (12x35cm) Florence Palais Pitti 09
L'intensité de la lumière est saisissante donnant aux silhouettes un effet de contrejour. Aucun détail, de simples taches de couleur et pourtant ces femmes vivent, se parlent, méditent ou regardent la mer. C'est dit-on l'emblème des Macchiaioli, une icône.

Musée de l'Orangerie - Jardin des Tuileries PARIS - Jusqu'au 22 Juillet - Tous les jours sauf le mardi de 9 h à 18 h. Plein tarif 7,5 € - tarif réduit 5 €  

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

Paris recèle bon nombre d'hôtels particuliers, de maisons, ateliers d'artistes bien souvent ravissants, chaque fois attachants. Le charme particulier de ceux que nous pouvons découvrir, car devenus musées, ne peut nous laisser indifférents.
Au numéro 16 de la rue Chaptal, dans la pente qui monte vers Montmartre, un géant feuillu garde le passage qui mène au musée de la Vie Romantique. Après quelques pas dans l'ombre, apparaît en pleine lumière, une petite maison aux volets vert tendre, ancienne demeure du peintre Ary Scheffer.

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photo MP
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Photo MP
Face à la maison, de chaque côté de la cour pavée, les deux ateliers du peintre. Celui de gauche où œuvrait Scheffer faisait office de Salon : il y recevait, chaque vendredi l'élite artistique et littéraire  (George Sand, Chopin, Delacroix, Rossini, Dickens..) Dans celui de droite travaillaient ses assistants et élèves, et son frère Henry également peintre.

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photo MP
Ary Scheffer est né a Dordrecht (Hollande) en 1795 , il arrive à Paris en 1811 et travaille dans l'atelier de Pierre-Narcisse Guérin. Son départ de l'atelier de Guérin coïncide avec le début du mouvement romantique.
Scheffer devient le professeur de dessin de la princesse Marie d'Orléans, fille du roi Louis-Philippe, elle-même sculpteur de talent. Avec l'instauration de la Seconde République, en 1848, sa faveur tombera bien évidemment.
Scheffer sera naturalisé français en 1850. Il meurt le 15 Juin 1858 dans son atelier d'Argenteuil où il s'était installé un mois auparavant.
La demeure de la rue Chaptal restera dans la famille Scheffer-Renan jusqu'en 1982, date à laquelle elle sera léguée à l'Etat pour qu'y soit ouvert un musée. En 1987, il deviendra après rénovation, l'actuel  musée de la Vie Romantique. Ary Scheffer n'est pas ce que l'on nomme arbitrairement un grand peintre, mais il fut un portraitiste accompli. Inspiré par Byron et Goethe, il peignit une longue série de sujets en vogue à l'époque. Sa meilleure œuvre est accrochée au Louvre :  "Les ombres de Francesca de Rimini et de Paulo Malatesta apparaissent à Dante et  à Virgile".

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Photo web
Dans cette charmante maison on peut voir, entre autres, les portraits de"Marie d'Orléans", "la reine Marie-Amélie en deuil", et  "Sophie Marin" son épouse. Elle abrite également un important fond d'œuvres provenant de la propriété de George Sand.
Marie d'Orléans
Marie Orleans Scheffer
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La reine Marie Amélie en deuil

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Sophie Marin

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J'ignorais totalement le talent de peintre de George  Sand, j'ai été séduite par les  "dendrites" que l'on peut admirer dans le "petit salon bleu" .

La dendrite est une variante de l'aquarelle. Une fois la couleur déposée au pinceau sur le papier on presse un bristol ou une vitre pour obtenir une tache aléatoire qui fait surgir des formes végétales ou minérales. On complète ensuite les formes suggérées par le hasard au gré de l'imagination.

Les dendrites de George  Sand sont remarquables, on y retrouve  en petit format le romantisme de Caspar Friedrich, 

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Le musée de la Vie Romantique est un agréable but de promenade  un jour de beau temps. Un salon de thé est installé dans le jardin.

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

      Le CENTQUATRE prolonge la rétrospective consacrée  à Keith Haring au Musée d'Art Moderne en présentant les œuvres grand format de l'artiste.

Je découvre avec étonnement ce lieu que je ne connaissais pas et qui a abrité durant 120 ans les "Pompes Funèbres de Paris" (voir fin de l'article).

Lorsque je franchi le porche tout à fait banal de la rue Curial, je ne m'attends pas à trouver des bâtiments aussi considérables, un tel lieu  de vie pour les habitants du 18e et 19e arrondissements. Musique, théâtre, danse, art visuel, cirque, festivals, expositions sont programmés régulièrement. Des espaces publics permettent les pratiques amateurs où les jeunes s'entraînent à la danse, au cirque.... Les enfants ont leur "Maison des petits". On peut y boire, manger, flâner dans les boutiques et même se détendre dans des chaises longues.

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1bis

Première cours intérieure
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Au sous sol de la  première halle une installation de Michelangelo Pistoletto : le "Labyrinthe" "
Une route sinueuse et imprévisible qui nous amène jusqu'à un espace de révélation de connaissance" Les petits et grands qui pratiquent le labyrinthe y voit surtout un jeu. Michelangelo Pistoletto investit en ce moment le Musée du Louvre avec son "Année I, le Paradis sur terre".

un des espaces de la première halle, au fond l'espace danse amateur.
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la première halle - vu vers l'entrée - exposition "The tennis game" dialogue philosophique.
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sous sol - Labyrinthe de Michelangelo Pistoletto
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Deuxième cours intérieure
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Sous l'immense verrière de la seconde  halle, qui débouche sur la rue d'Aubervilliers, les sculptures gigantesques de Keith Haring sont le présage heureux de ce qui va suivre. C'est un lieu exceptionnel, Je suis enthousiasmée.

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Deux salles sont dédiées aux toiles et bâches :
 "Le Mariage du Ciel et de l'Enfer" qui a servi de rideau à la chorégraphie de Roland Petit en 1984.  

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 Danger de la bombe atomique

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Cinq panneaux donnant la vision d'un univers apocalyptique concus comme décor du bar DV8 Club à San Francisco (le club collectait des fonds pour la lutte contre le Sida)

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 Un petit garçon anonyme fan de Keith Haring, initié à la maternelle. Keith Haring adorait les enfants, et les enfants adorent son langage.
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Dans un autre espace monumental  tapissé de noir sont rassemblés les panneaux des "Dix commandements" (7 mètres de hauteur). Keith Haring a réalisé  cette œuvre en 1985 pour sa première exposition solo  au CAPC de Bordeaux (entrepôt reconverti en musée) et adapté la forme aux passages arqués soutenant le toit.  Dans l'interprétation très libre de Keith Haring il est difficile de reconnaître les commandements, d'autant qu'il utilise l'antithèse et la métaphore. La violence des couleurs en aplats rouges, jaunes et bleus, fait davantage penser au diable et à l'enfer qu'à Dieu. Cette réinterprétation, qu'il fallait oser, impressionne et séduit  adultes et enfants.  

tu ne convoiteras pas la femme du voisin - fond un seul die

g-tu honoreras ton père et ta père - d - tu respectera la

tu ne tueras pas

 

d- tu ne convoiteras pas les biens d'autrui

 

fond - tu ne mentiras pas

Exposition jusqu'au 18 août 2013. Parisiens si vous ne connaissez pas le CENTQUATRE, courez y ! 
5 rue Curial PARIS 19è - métro Stalingrad
Site du CENTQUATRE - link
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HISTOIRE DU CENTQUATRE

En 1870 l'archevêché de Paris est en charge des enterrements sur la ville.  Il commande aux architectes Edouard Delabarre de Bay et Godon, supervisés par Victor Baltard,  la construction d'un bâtiment sur une parcelle entre l'actuelle rue d'Aubervilliers et la rue Curial. Il est inauguré en 1874. Le bâtiment est composé de deux grandes halles dotées de verrières séparées par une cour sur plus de 270 m de long. La halle de la rue d'Aubervilliers sert à la préparation des cercueils et à la réalisation des catafalques. Celle de la rue Curial abrite les corbillards et les chars (une centaine de chaque), une réserve de cercueils (plus de 6000). En sous sol sont aménagées des écuries (abritant trois cents chevaux). Il y avait des greniers à fourrage et un réservoir de 50 000 litres d'eau.

On trouve également des magasins d'ornements funéraires, des ateliers de menuiserie, de tapisserie, de peinture ou d'armoiries. Ne disposant pas de morgue, le bâtiment n'accueille pas les corps. Après la séparation de l'église et de l'état en 1905, les pompes funèbres deviennent municipales, elles connaissent une activité maximale, employant 1400 personnes. Petit à petit fourgonnettes et berlines remplaceront les corbillards attelés aux chevaux, la halle Curial devenant un immense garage.

A la fin du monopole municipal en 1993, l'activité a décliné. Les bâtiments seront fermés en 1997.

 En 2003 la Ville de Paris réhabilite les lieux pour en faire un "établissement public de coopération culturelle (EPCC)". Le CENTQUATRE est inauguré en octobre 2008.

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Venant du  jardin des Tuileries, l'accès au Louvre peut se faire en empruntant un large escalier situé un peu avant et à droite du Carrousel. C'est le cheminement que je prends le mercredi 22 mai. Lorsque je rejoins la  "salle de la pyramide inversée", où se trouve le poste de contrôle des visiteurs, effarée, je découvre que la file d'attente s'étire sur toute la longueur des boutiques, disparaît dans un angle près des escaliers débouchant rue de Rivoli, et ne cesse de grossir :  jusqu'où va-t-elle aller ?  Il est dix heures trente. Je sors du Louvre et je gagne le passage Richelieu : ô miracle ! Là, pas de bousculade, avec ma  "carte pass" je suis en un instant  sous la grande pyramide. L'exposition "Giotto e  compagni" se tient dans la Salle de la Chapelle au premier étage de l'aile Sully. La pénibilité des longs escaliers qui y conduisent vont peut être dissuader grand nombre de visiteurs. Et bien non !  Dans cette salle aux dimensions réduites énormément de monde. Les tableaux sont vus à distance. Peu d'œuvres de Giotto lui-même dont deux habituellement accrochées au Louvre : "Saint François recevant les stigmates" (peint pour la cathédrale de Pise - 1265 env.) et, installée comme un calvaire au centre de la salle, "La croix peinte".


st françois recevant les stigmates

croix peinte
Je m'attarde sur quatre très belles toiles de Giotto assez grandes pour être visibles de loin :
 Saint Etienne - vers 1320-1325 - bois 84x54cm - Florence
saint etienne
Saint Laurent - vers 1320 - bois - Abbaye de Chaalis
saint laurent

La Vierge à l'Enfant -  vers 1320 - bois - Washington
la vierge à l'enfant

vierge à l'enfant détail


 Dieu le Père - chapelle Scrovegni à Padoue - Musei civici13.dieu le pere

 Il fait une chaleur épouvantable, au bord du malaise je quitte la salle. Sous la grande pyramide c'est effroyable : partent à l'assaut des accès aux diverses ailes, un flot de groupes menés bon train par des guides, parapluies dressés à bout de bras. Qu'est devenu mon cher Louvre, celui où j'entrais par le  rez-de-chaussée de l'aile Denon, sans file d'attente, sans audio guide, sans une foule de touristes ? Mais ne soyons pas nostalgiques, j'ai pour me consoler la belle pyramide de Ming Pei, et  revenons à Giotto. 

Il est né à Vespignano di Mugello (province de Florence. Son père se nomme Bondone. Sa date de naissance est située en 1257. Sa date de mort est en revanche connue : 8 janvier 1337. Vasari s'est fait l'écho du récit légendaire qui courait et raconte que Bondone avait confié à  Giotto, qui avait dix ans, la garde des moutons. Cimabue (1240-1302)  se rendant à Vespignano pour affaire trouva Giotto dessinant un mouton avec une pierre pointue sur une dalle plate et polie. S'arrêtant émerveillé il lui aurait demandé de rejoindre son atelier.

Il est donc probable que Giotto ait été formé dans l'atelier de Cimabue  au début des années 1280. Son talent artistique s'est révélé avant tout dans ses grands cycles de fresques. Son sens de la composition dans les  scènes religieuses et de la tridimensionnalité font de lui le précurseur de la Renaissance.

Dès 1290  Giotto  possède  un grand atelier et s'entoure de nombreux assistants   chargés d'exécuter ses modèles et de copier ses dessins ; l'attribution des oeuvres entre Giotto et ses collaborateurs est de sorte très délicate.

1288-1292 -  premières peintures de Giotto dans l'église supérieure de la Basilique San Francesco à Assise

Isaac repousse Esaü

1-isaac-repousse-Esau---assise

Sermon aux oiseaux
2-sermont-aux-oiseaux-assise

Lamentation des clarisses

4-lamentationdesclarisses-assise       

1303-1305 - les fresques de la chapelle Scrovegni de Padoue

crucifixion  - détail - 
7--la-crucifixion-détail-partage-de-la-tunique-du-christ
Enrico Scrovegni offrant la maquette de la chapelle
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La déposition de croix
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1311 - Giotto s'installe à Florence, il réalise une de ses plus admirables oeuvres : "la vierge en majesté" aujourd'hui aux Offices mais provenant de l'Eglise Ognissanti


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Fresques de Santa Croce à Florence - Chapelle Peruzzi

Les commanditaires pour la décoration de cette église appartiennent à quelques unes des familles les plus riches et les plus puissantes de la nouvelle bourgeoisie commerçante et bancaire de FLorence.

 

1315 et 1318 -  décoration de la Chapelle de la Madeleine à Assise

Ce sont les franciscains qui ont ranimé le culte de Ste Madeleine reconnaissant une sorte de fraternité entre François et Madeleine, il est devenu florissant après l'an mil

Marie Madeleine arrivant à Marseille  détail
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Marie Madeleine dialoguant avec les anges détail

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1320 - 1325 - Les derniers travaux de Giotto  à FLorence

- les  toiles de l'exposition au Louvre, St Etienne, St Jean, St Laurent, La vierge et l'enfant (images en tête de l'article).

 - La Chapelle Bardi de la Basilique Santa Croce de Florence consacrée à St François.

Vérification des stigmates de St François

15-chapelle-bardi-verification-des-stigmates

1328 -  Giotto est à Naples au service du Roi Robert d'Anjou et devient "peintre de cour". Les oeuvres exécutées ont presque toutes été perdues.

1334 - De retour à Florence Giotto est nommé "magister et gubernator" de l'oeuvre de Santa Reparata. Il réalise   le projet du campanile de la cathédrale devenue Santa Maria del Fiore. Il y fut enterré avec les plus grands honneurs en 1337.

santa-maria-del-fiore

L'exposition dans la Salle de la Chapelle est certainement très intéressante si l'on peut la visiter dans des conditions plus favorables, ce qui  me parait difficile compte tenu de sa médiatisation.

Un dernier petit commentaire : dans la fresque du "sermon  aux oiseaux" (voir image ci-dessus) un détail m'a fait penser à d'autres oiseaux 
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ceux de Braque ...
plafond au Louvre
georges-Braque-les-oiseaux


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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Une des expositions qui se tient actuellement au Petit Palais à Paris présente les peintres slovènes du début du XXe. La Slovénie était encore à cette époque une région de l'empire austro-hongrois (la Carniole). La capitale est Ljubljana.
On découvre d'abord deux peintres réalistes célèbres dans leur pays à la fin du XIXe : Jurij Subic (1855-1890) et Ivana Kobilca (Ljubljana 1861-1926). Tous les deux ont séjourné à Paris et  ont exposé au Salon.
Ivana Kobilca est encore la femme peintre la plus célèbre en Slovénie : un timbre représentant l'un de ses tableau (L'été, peint à Fontainebleau) fût édité en 1967, son portrait figurait sur l'ancien billet slovène de 5000 tolar.
Durant son séjour à Paris, Subic décora le plafond du cabaret Le Tambourin, 62 Bd de Clichy, en échange de ce travail il eut sans doute droit à quelques repas gratuits.

Une digression pour parler du Tambourin : ce cabaret alors très célèbre était tenu par Agostina Segaton (1841-1910) surnommée "l'Italienne". Modèle professionnel elle posait pour Manet, Corot et Van Gogh. En lui "offrant" quelques toiles par semaine les peintres obtenaient la grâce de s'asseoir  à sa table. Quand l'établissement périclita, qu'il fût vendu, les peintures mises en tas furent adjugées pour une somme dérisoire. Le Tambourin devint le cabaret de la Butte en 1893, le cabaret des Quat'Z'arts à la fin du siècle. C'est maintenant un sex-shop.

Anton Azbe (1862-1905) autre réaliste, joua un rôle important en ouvrant à Munich en 1891 une académie libre tolérant les futurs impressionnistes slovènes mais aussi des Serbes, Croates et Russes dont Kandinsky et Jawlensky. C'était un premier pas vers la Sécession (mouvement d'opposition aux idées conservatrices de l'école de peinture académique) qui allait être fondée à Munich en 1892 par Franz von Stuck, architecte, peintre et professeur renommé (Kandinsky et Klee entre autres furent ses élèves). C'est aussi à Munich qu'une revue culturelle - Jugend - (jeunesse) inspira à l'Art nouveau son nom allemand de Jugendstil. Suivraient en 1897 la Sécession de Vienne animée par Klimt, Olbrich, Moser et Hoffmann, en 1899 celle de Berlin dont l'âme fut Max Liebermann.

Après les peintres réalistes sont présentés le groupe des peintres impressionnistes dont Ivan Grohar (1867-1911), Rihard Jakopic (1869-1943), Matija Jarna (1872-1947) et Matej Sternen (1870-1949) qui ont suivi, avec plus ou moins d'assiduité, l'enseignement d'Anton Azbe à Munich. Ils s'inspirent évidemment du mouvement né en France dans les années 1860 et des diverses formes de son évolution : le divisionnisme de Seurat, les séries de Monet et l'expressionnisme de Van Gogh.

La création artistique sera dense à Ljubljana entre 1890 et 1920, l'exposition présente sculptures, illustrations d'Art Nouveau, photographies, dessins caricaturaux (Birolla, Gaspari et Hinko Smrekar fondent le groupe Vesna et collaborent avec les écrivains célèbres Zupaneie et Ivan Cankar). Un aperçu également des réalisations architecturales construites après le tremblement de terre de 1895 qui détruisit une partie de la ville. Grâce à son maire Ivan Hribar Ljubljana fut considérablement modernisée. Il fit appel à de nombreux architectes qui introduisirent comme à Prague et Vienne le style Sécession. 

Cette vie artistique slovène a été une découverte et un enchantement pour moi, je pense que je n'ai pas été la seule parmi les visiteurs et j'ai eu quelques coups de coeur.

LES REALISTES 

Ivana Kobilca - Enfants dans l'herbe
2 ivana kobilca enfants dans lherbeweb

Ivana Kobilca - L'été
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ivana kobilca denar

Jurij Subic - portrait d' Ivan Tavcar (Ecrivain et politicien,
Maire de Ljubljana de 1911 à 1921)
JurijSubic-Ivan Tavcar

Jurij Subic - départ pour la chasse
JurijSubic-Pred lovom

Anton Azbe - autoportrait
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LES IMPRESSIONNISTES
Ivan Grohar - Le Mont Kamnitnik sous la neige - 1905 - photo MP
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Rihard Jakopic Village en hiver - photo MP
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Rihard Jakopic - village vers 1904 - photo MP
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Matej Sternen - sur le divan 1909 - photo MP
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Matej Sternen - nu allongé vers 1915 - photo MP
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Matej Sternen - jeune paysanne laçant ses chaussures 1899 - photo MP
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Matej Sternen - Rue à Munich 1904 - photo MP
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DESSINS CARICATURAUX
Hinko Snrekar (1883-1942) - A genoux le monde, je suis Ivan Cankar I - 1912
photo MP
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Hinko Snrekar - Ivan Tavcar en cordonnier - 1912 - photo MP
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Hinko Snrekar - Exposition d'artistes sloven  - vers 1910 - photo MP
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LJUBLJANA
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Le pont des dragons - première réalisation importante de la Secession
pont des dragons

Le pont des dragons - Le dragon est le symbole de Ljubljana
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MES COUPS DE COEUR
Rihard Jakopic - soleil d'hiver à Gradascica - vers 1900 - photo MP
soleil-d'hiver-à-Gradascica-web

soleil-d'hiver-à-Gradascica-detail-web

Henrika Santel (1874-1940) - Petite fille rousse -  
photo MP - malheureusement l'éclairage était mauvais
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LES IMPRESSIONNISTES SLOVENES ET LEURS TEMPS (1890-1920) - 
Petit Palais Paris - jusqu'au 13 Juillet


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Publié dans : #Expositions à Paris

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                                          THE POLITICAL LINE

Sans que ce soit la foule, beaucoup plus de visiteurs qu'à l'accoutumée au Musée d'Art Moderne. Un peu de monde qui circule pour une exposition de Keith Haring apparaît quasi nécessaire, c'est un artiste de la rue qui cherchait à faire un art pour tous et aimait s'approprier l'espace publique, par ailleurs les salles du MAM sont vastes et ses oeuvres sont grandes.
L'exposition est organisée de façon thématique rappelant les grands combats de Haring : contre le capitalisme, la négation de l'individu, le dogmatisme religieux, le racisme, le nucléaire, l'homophobie et à la fin de sa vie la lutte contre le Sida.
Avec les dessins de la première salle, Haring a mis en place le vocabulaire qu'il utilisera par la suite de façon répétitive. Il avait étudié la phonétique et créait avec les signes référencés un langage simple et lisible (qui peut aussi se compliquer dans l'accumulation, devenant des sortes de hiéroglyphes sur les vases, les totems ou les statues).
Ses dessins sont de véritables performances qu'il exécute de façon spontanée, sans travail préparatoire, souvent au sol. Il utilise l'acrylique et les feutres. Les traits sur les sculptures en bois sont gravés en creux et peints. Les vases sont en fibres de verre. Haring peint sur papier, sur toile mais aussi sur des bâches de vinyle.
Né en 1958 Haring s'inscrira dans une école d'art mais n'y restera que quelques mois. Il étudie en autodidacte le travail de Klee, Dubuffet, Pollock, Alechinsky. 
En 1978, première exposition à Pittsburgh. La même année il s'installe à New York où il assume et vit pleinement son homosexualité. Le sexe est très présent dans ses oeuvres. Exerçant son art en public, il peint devant le MOMA ou Tiffany's, puis dessine dans le métro sur les panneaux noirs destinés à reçevoir les affiches. De 1980 à 1985 il exécute plus de 5000 dessins à la craie, performance physique et artistique qui est vue par des millions de personnes.
Lorsque le virus du Sida se propage dans les années 1980 il en fait une bataille personnelle et réalise des affiches prônant des rapports sexuels protégés.
En 1987, à Paris, en trois jours, il peint une fresque à l'Hopital Necker.
En 1988 il apprend qu'il est contaminé "je suis allé au bord de l'Est river, je me suis assis et j'ai pleuré, pleuré, pleuré. Mais après, voilà, il faut continuer. Vous reprenez vos esprits et vous réalisez que ce n'est pas la fin là tout de suite, qu'il y a d'autres choses, et que vous devez continuer et trouver comment vous allez faire pour gérer ça, affronter, faire face."
Il continue en effet : il ouvre un Pop Shop à Tokyo, il réalise des peintures murales à Barcelone, Monaco, Chicago, New York et Pise ; il crée une fondation pour les enfants défavorisés et la lutte contre le Sida.
Il meurt le 16 février 1990 à New York des suites de la maladie.

Quelques symboles décryptés :

Le bébé à quatre pattes - c'est le bébé radiant, il représente l'énergie, la vie
les croix X - marquent les personnes anonymes comme cibles
USA et le Dollar - sont symboles du capitalisme (Haring a pourtant lui-même un rapport ambigu avec l'argent et le pouvoir, il devient rapidement riche et célèbre, ouvre un Pop Shop en 1986 à Manhattan ou il vend t-shirts, casquettes, badges. Le Pop Shop ne s'est pas révélé rentable mais a contribué à accroïtre encore sa popularité)
Les croix qui pénètrent les corps - contestent le fondamentalisme (Haring respecte la foi individuelle mais combat le fondamentalisme "une grande partie du mal qui se produit dans le monde est causée au nom du bien - religion, faux prophètes, artistes à la noix, hommes politiques, businessmen"
Les ordinateurs et écrans de télévision qui remplacent le cerveau - représentent le danger qui pèse sur la créativité de l'individu (Il a pourtant lui-même bénéficié d'une couverture médiatique incroyable et a rapidement joué le jeu de la "peoplisation" de sa vie et de ses relations, parmi lesquelles Madonna, Basquiat, et Andy Warhol avec lequel il se lie d'amitié en 1983)
Le spermatozoïde avec des cornes de diable - c'est le virus du Sida

                                                          °°°°°°°°°°°
Une très belle exposition, qui avec ses deux cents oeuvres, fait découvrir toutes les facettes de Keith Haring dont l'oeuvre, qui ne s'étend que sur une douzaine d'années, délivre  au-delà des petits personnages colorés  un message encore d'actualité aujourd'hui.
Energique, engagé, et à l'évidence ne manquant pas d'humour, c'est un grand artiste, pour moi très attachant.
Ses oeuvres sont pour la presque totalité "sans titre", mes photos seront sans commentaire et suivront le parcours de l'exposition comme je l'ai fait moi-même.
Une remarque toutefois pour une de ses dernières oeuvres, il se représente en squelette urinant sur une plante qui fleurit de plus en plus : l'homme meurt mais l'art est éternel.


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Portrait d'Andy Warhol
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Exposition jusqu'au 18 août 2013.
A noter que vingt très grands formats sont exposés au CENQUATRE, rue Curial à Paris. J'y cours !
Et si vous voulez tout savoir sur Keith Haring deux films extrêmement intéressants  :
première partie link 

seconde partie link



 


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Publié dans : #Graveurs

Jacques Callot est l'un des grands maîtres de la gravure à l'eau-forte. Il a traité les sujets historiques, les sujets religieux, et aussi les fêtes, les foires, les personnages pittoresques (les gueux, les balli, les Gobbi - en italien bossus). Parmi ses gravures, les plus connues sont sans doute les "Misères de la guerre", oeuvre étonnante par ses petites dimensions qui n'empêchent en rien la complexité de l'image représentée avec ses paysages, ses foules, ses batailles. Callot fouille chaque personnage, chaque détail si minuscule soit-il. C'est un prodigieux exercice de graveur.

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Jacques Callot est né à Nancy au cours de l'hiver 1591-1592, dans une Lorraine qui occupe une position médiane sur l'axe joignant l'Adriatique à la mer du Nord. Au XVIe et XVIIe siècle, cette voie est sillonnée par des courriers, des soldats, des marchands, des pélerins, beaucoup sont italiens. Callot est très vite attiré par les arts, il s'initie très jeune au dessin, peut être déjà à la gravure. Tous les étrangers qu'il voit passer ne peuvent que l'inciter à voyager.
A douze ans il s'enfuit pour Rome en compagnie de bohémiens. Reconnu en cours de route par des marchands, amis de sa famille, il est ramené à la maison maternelle. L'année suivante, seconde fugue jusqu'à Turin. C'est son frère Jean qui met fin à l'équipée.
1608, son père consent à le laisser partir à Rome suivre les cours du graveur champenois, Philippe Thomassin.
1611, Callot s'installe à Florence où l'attire la protection de Cosme II de Médicis. Il y réside dix ans. Après la mort de Cosme II, en 1621, il rentre à Nancy. Son père, âgé de soixante ans, y vit encore, il est toujours roi d'armes. Son frère ainé est devenu secrétaire du duc Henri II. Jacques Callot épouse, deux ans plus tard, Catherine Kuttinger, fille d'un échevin. La famille Kuttinger, comme celle de Callot, a été anoblie. A ce titre elle possède une fortune qui assure aux époux une belle aisance. Callot voyage : il se rend aux Pays Bas où il rencontre Van Dyck, puis à Paris où il fait plusieurs séjours entre 1628 et 1631.
1627 il est aux Pays Bas, à Breda, pour en graver le Siège (la préparation des Sièges lui aura donné l'occasion de méditer sur l'art militaire, sur la guerre et ses malheurs. On trouve déjà des scènes des "Misères de la guerre" dans le "Siège de Breda") 
1628, sur l'ordre de Louis XIII il part à la Rochelle réaliser les dessins qui aboutiront aux planches consacrées aux Sièges de la Rochelle et de l'Ile de Ré.
Pendant ce temps, en Lorraine, la peste décime la population. Une épidémie particulièrement cruelle s'abat sur Nancy en 1630. Sans doute victime de la contagion, le père de Callot meurt.
1633 Louis XIII, irrité par Charles IV qui a pris le parti des "Impériaux", investit Nancy avec ses armées. Louis XIII demande à Callot "de représenter cette nouvelle conqueste" mais Callot "pria S.M. avec beaucoup de respect, de vouloir l'en dispenser, parce qu'il estoit Lorrain et qu'il croyait ne devoir rien faire contre l'honneur de son Prince et contre son païs"

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Les gravures de Callot "Grandes et petites misères de la guerre", où il décrit pillages, viols, ravages d'églises et de couvents ne sont pas pris sur le vif. Callot n'a pas vu tous ces méfaits, les malheurs de la Lorraine sont postérieurs à ces planches, mais il les a composées au moment où son pays entrait dans la plus triste période de son histoire, et alors qu'il avait sous les yeux l'image de la détresse car la guerre de Trente Ans déchirait l'Europe depuis 1618.
En 1635, peu après l'édition des "Misères de la guerre", Callot meurt. Il avait gravé plus de douze cents cuivres.
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Jacques Callot est avant tout un dessinateur (il a exécuté plus de deux mille dessins au cours de sa vie). Il commence par manier le burin, instrument précis qui ne laisse rien au hasard, puis il approche l'eau forte et sera le créateur d'un procédé original aussi important pour la gravure que l'a été l'apport de Jan Van Eyck pour la peinture.

Son idée géniale est d'avoir substitué au vernis mou et fragile usité jusqu'alors, le vernis dur des luthiers florentins qui permet au graveur de poser sans inconvénient sa main sur le vernis pour travailler. Un autre avantage, le vernis n'est pas repoussé en bourrelets de part et d'autre de la taille par la pointe, le graveur peut alors rapprocher autant qu'il le désire les traits les uns des autres et d'en tracer de très fins.
Callot va également utiliser deux sortes d'échoppes :
- La pointe échoppe qui tenue comme une plume est utilisée pour le travail minutieux en trait court.
- L'échoppe couchée qui emmanchée comme un burin et tenue presque horizontalement et parallèlement à la plaque permet de longs sillons.
Callot peut désormais traduire les fantaisies du dessin et réaliser dans le détail ses multiples petits personnages.

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Portrait de Jacques Callot par Ignazio Enrico Hugford,
d'après une peinture d' Antoon van Dyck (détail)
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Le Siège de Breda  (composé de 6 planches juxtaposées pour une dimension totale de 120x140cm)
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détail milieu planche du bas  

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Le Siège de la Rochelle
Egalement 6 planches de chacune 564x449 cm
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Détails planche bas milieu

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Le Siège de la citadelle de Saint Martin de Ré  
(également 6 planches dont les dimensions sont sans doute comparables aux autres "Sièges")

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Détail, planche du bas milieu

le siège de l'ile de ré

LES GRANDES MISERES DE LA GUERRE
18 planches, dont le frontispice, de format 18,6 cmx6,4cm - édités en 1633 (au bas de chaque planche sont gravés six vers en vieux français disposés deux par deux. Leur auteur est l'abbé de Marolles. L'écriture étant petite, Ils sont extrêmement difficiles à lire  - vous trouverez un exemple sous la planche "l'hopital")
les-gdes-misères-de-la-guer

L'enrolement des troupes
1

La bataille
- 03 - La bataille

La maraude
04 -La maraude

Le pillage
05 - Le pillage

Dévastation d'un Monastère
- 06 - Dévastation d un monastère

Pillage et incendie d'un village
- 07 - Pillage et incendie d'un village

Vol sur les grandes routes
08 - Vol sur les grandes routes

Découverte des malfaiteurs
- 09 - Découverte des malfaiteurs

L'estrapade
- 10 - L'estrapade

La pendaison
11 - La pendaison

L'arquebusade
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Le bûcher
13 - Le bûcher

La roue
- 14 - La roue

L'hopital
- 15 - L'hôpital
Voyez que c'est du monde et combien de hazars Persécutent sans fin les enfants du Dieu Mars
Les uns estropiez se trainent sur la terre Les autres plus heureux s'esleurent à la guerre
Les uns sur un gibet meurent d'un coup fatal Les autres s'en vont du camp à l'hospital

Les mendiants et les mourants

16 - Les mendiants et les mourants

La revanche des paysans
- 17 - La revanche des paysans

La distribution des récompenses
- 18 - Distribution des récompenses



LES PETITES MISERES DE LA GUERRE
comportent 7 planches, dont le frontispice, - 11,3cmx 5,5cm édités en 1635
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Le campement
les-petites-misères-1 le campement

L'attaque sur la route
les-petites-misères-2---l'a

Devastation d'un monastère
les-petites-misères-3---dév

Pillage et incendie d'un village
les petites miseres - 4 pillage et incendie d'un village

La revanche des paysans
les-petites-misères-5---la-

L'hopital
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ENORME COUP DE COEUR pour un détail du Siège de la Rochelle et quel bonheur ce serait de contempler de près  les originaux de  ces planches !!
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    VOIR AUSSI l'article sur les "GOBBI" de J. CALLOT cliquez : Les "Gobbi" de Jacques CALLOT

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Publié dans : #Peintres


Avril 2013 Palais du Luxembourg. "CHAGALL, entre guerre et Paix" inflige au visiteur une longue file d'attente. Fréquenter les expositions médiatisées devient de plus en plus impossible à ceux qui, comme moi, refuse d'attendre une heure ou plus avant de s'entasser devant des toiles à entre-apercevoir. De retour chez moi, passablement hargneuse, vite plongée dans mes livres d'art, je rêve d'être commissaire d'une exposition sans file d'attente, où les visiteurs ont le temps d'admirer tranquillement les oeuvres, où les casques audio et les visites de groupes sont interdites. Alors au"Musée imaginaire voir ou revoir" je conçois l'exposition :
                                     Marc Chagall graveur et illustrateur 

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Au cours de sa longue vie (1887-1985) Marc Chagall, de son vrai nom Moïsche Zakharovitch Chagalov, pour s'exprimer dans un style très personnel, donc reconnaissable, a utilisé la peinture, la sculpture, le dessin, le vitrail, la mosaïque, la céramique, la poésie. Son oeuvre de graveur et d'illustrateur, moins connue, est considérable.
"Mon art vient des livres que j'ai vus sur les pupitres et dans les armoires des synagogues, et que j'ai touchés de mes mains päles"

A l'occasion de sa première exposition personnelle à Berlin en 1922, le Directeur de la Galerie Cassirer propose à Chagall d'éditer son manuscrit "Ma vie" qu'il illustrera de ses propres gravures. Pour cette approche Chagall utilise la technique la plus simple, la pointe sèche. C'est là que commence son travail de graveur. Le livre ne paraîtra jamais.

C'est une autre commande de gravures qui le ramène à Paris. Par l'intermédiaire de Blaise Cendrars, Ambroise Vollard (marchand d'art, galeriste et éditeur) lui propose d'illustrer "Les âmes mortes" de Gogol. A partir de septembre 1933 et en deux années, Chagall crée 107 planches en eau-forte. (Les âmes mortes paraîtront aux Editions Teriade en 1948)

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Chagall développe le projet d'illustrer "Les fables de la Fontaine". Vollard est d'accord. En 1925-27, il réalise plus de 100 gouaches s'inspirant plus des fables que les illustrant. Elles sont destinées à être transposées en gravures couleurs par des graveurs expérimentés. Le projet échoue et Chagall les entreprend lui-même en gravure noir et blanc en 1929. (Le livre ne sera édité qu'en 1952 par Teriade. Chagall, qui regrettait l'absence de couleur dans cet ouvrage, accepte de reprendre à la gouache les 100 gravures des 85 exemplaires de tête)
Le loup et l'agneau
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Le renard et la cigogne
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Le cheval et l'âne
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En 1931, nouvelle demande de Vollard : illustrer la Bible. Chagall part pour deux mois en Palestine. Il s'imprègne de la beauté de la Terre Sainte et se met au travail. Au début de la guerre (en 1939 année de la mort de Vollard) il a exécuté 66 planches. Le travail de préparation des gravures reste toujours le même, Chagall fait d'abord des ébauches à la gouache en couleur, il cherche ensuite à retrouver le chatoiement des couleurs dans une phase en noir et blanc. De 1952 à 1956 une nouvelle série complète l'existant, en 1957 le livre est enfin publié aux Editions Teriade (105 planches). A nouveau Chagall reprend à la gouache les gravures de 100 des exemplaires.
Abel et Caën
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Abraham en deuil de Sarah
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Elie sur le mont Carmel
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Lorsque Vollard décède de mort accidentelle en 1939, aucun des ouvrages commandés n'a été publié, Vollard a stocké les gravures de Chagall (on peut se poser des questions ?) Chagall interrompt son travail de graveur dans l'attente de la succession, ceci explique la remise en route de la Bible en 1952 (à noter que la difficile succession de Vollard ne se terminera qu'en 2010 avec la vente du contenu du "coffre Vollard")
Chagall a connu Teriade (Efstrathios Eleftheriades dit Teriade - écrivain, critique d'art et éditeur) avant guerre en 1926, les bonnes relations qu'ils nouent ont décidé Chagall à lui confier le travail inachevé par Vollard.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors qu'il est encore réfugié aux Etats-Unis, à l'occasion de la publication de "Four Tales for Arabian Nights" Chagall découvre la lithographie. Elle deviendra son mode d'expression privilégié pour l'illustration. C'est dans l'atelier de Fernand Mourlot, où Charles Sorlier devient son compagnon de travail, qu'il acquiert une totale maîtrise de la technique.
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En 1950 Teriade demande à Chagall de collaborer à sa revue "Verve". Dans le n° 24 paraissent 26 reproductions lithographiques de lavis en noir et blanc illustrant "Le Decameron" de Boccace. Suivent dans les n° 33 et 34, 105 planches de la Bible reproduites en héliogravures.
Le Decameron -
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Litho pour Verve 33 et 34
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1952. Nouvelle commande de Teriade : l'illustration de "Daphnis et Chloé" de Longus, auteur du IIe siècle natif de Lesbos comme Teriade. Cela donne l'impulsion à Chagall pour un premier voyage en Grèce, il vient de se remarier avec Valentina Brodsky.

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L'album "Cirque" paru en 1967, sera le fruit de la dernière collaboration entre le peintre et l'éditeur. L'album comporte 23 lithographies en couleur, 15 lithographies en noir et blanc, les textes sont de Chagall lui-même.

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En même temps qu'il travaille pour Tériade, Chagall collabore aux Editions d'Aimé Maeght. Celui-ci est son marchand depuis son retour à Paris en 1948. Maeght devient son éditeur et publie le livre de Jacques Lassaigne "Chagall" avec 15 lithographies du peintre ; puis un long poème d'Aragon, "Celui qui dit les choses sans rien dire", que Chagall illustre avec 24 eaux fortes et aquatintes surréalistes en couleur.
Celui qui dit ...
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Les succès de ses livres attirent à Chagall de nombreux éditeurs dont André Sauret qui publie "Vitraux pour Jerusalem" avec sept lithographies en 1963, "Tempête" de Shakespeare en 1957 (50 lithographies en noir).
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Parallèlement, Chagall travaille aussi avec l'éditeur Léon Amiel, à Paris et New-York, pour "The story of Exodus" (24 lithographies) et "l'Odyssée" (43 lithographies en couleur)

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Le dernier éditeur amené à travailler avec Chagall est installé à Genève, il dirige, lui aussi une galerie reconnue : c'est Gerald Cramer. Il propose à Chagall d'éditer ses "Poèmes", écrits entre 1930 et 1964 et de les illustrer avec 24 gravures, cette fois dans une nouvelle technique : la gravure sur bois.

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La production de Chagall graveur est impressionnante. C'est Sauret qui publie les six tomes de "Chagall lithographe" entre 1960 et 1986, il répertorie 1101 lithographies de l'artiste sur une période de plus de 60 ans (1922-1985).

Chagall a expérimenté de nombreuses techniques, la pointe sèche, l'eau-forte au trait, l'eau-forte à l'aquatinte, la lithographie, la gravure sur bois.

Libre, éloigné du réel, décrivant un monde de rêve où les humains sont capable de voler, Chagall est bien dans ses illustrations le peintre poète comme l'appelait ses amis de la Ruche.

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Picasso meurt le 8 avril 1973 dans son mas de Notre Dame-de-vie à Mougins, village médiéval bâti sur les hauteurs de Cannes.
Le Maire de Mougins refusant d'enterrer Picasso dans sa commune, le maire de Vauvenargues accepte de signer une dérogation afin que Picasso soit inhumé dans le château qu'il a acheté en 1958 au pied de la montagne Sainte Victoire. "Je me suis acheté la montagne de Cezanne" disait Picasso.
Picasso n'aura pas de funérailles nationales avec parade militaire et discours de Malraux comme cela a été fait pour Braque, son compagnon de cubisme, décédé en 1963. Jacqueline, sa dernière épouse, et son fils ainé Pablo ont pris la décision de le faire enterrer en toute discrétion ; le cortège ne comportera qu'un petit groupe d'amis.
Il a neigé en Provence. Le 10 avril les fleurs déjà nombreuses en ce printemps sont recouvertes d'une abondante couche de flocons blancs. Il faut dégager l'entrée du château avec un chasse-neige. Picasso est inhumé du côté couchant sur le tertre de la terrasse du château. Quelques jours plus tard, Jacqueline scelle sur un petit monticule de terre gazonnée le bronze de "La femme au vase"
Picasso a vécu les dernières années de sa vie plus que jamais en ermite à Mougins mais travaillant toujours avec acharnement. De septembre 1970 à Juin 1972 il réalise 201 peintures.
Je me souviens de l'annonce de sa mort, j'étais jeune, je ne connaissais pas suffisamment son oeuvre, je n'ai pas eu conscience ce jour là qu'un génie de la peinture du XXe siècle venait de disparaître.

MP

Le village de Mougins

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Le mas Notre-Dame-de-vie
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Le château de Vauvenargues
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 "La femme au vase" - 1963
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"Matador et femme nue" 1970
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"Nu couché et homme à la guitare" 1970 
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"Le fumeur" 1971
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"Trois mousquetaires et nu dans un intérieur" 1972
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Dernier autoportrait de Picasso - 1972
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