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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir

La danse au Musée

Décidemment j'aime bien cette "Petite Galerie" du Louvre et ses expositions intimistes. Elle présente toujours peu d'œuvres et elle nous donne des explications claires dans des scénographies toujours innovantes.

"Le corps en mouvement" évoque le défi posé aux artistes pour donner existence au mouvement à partir des différents matériaux et techniques. Le problème à résoudre n'est pas le même pour les peintres qui travaillent en deux dimensions et pour les sculpteurs ou les modeleurs qui doivent animer la matière. La difficulté est de capter un mouvement rapide comme courir, marcher, danser.

Dans cette exposition on découvre les réponses apportées par les artistes, de l'antiquité jusqu'au début du XXe. Mon coup de cœur : les petites sculptures antiques.

La visite se poursuivait dans les salles de sculptures et dans la cour de Marly, pour admirer entre autres, des œuvres de Guillaume Ier Coustou, Nicolas Coustou, Pierre Lepautre etc...

Cliquez sur les images pour les agrandir


 

Antoine Barye - Cavalier grec attaqué par un serpent - plâtre modèle original - 1840

Antoine Barye - Cavalier grec attaqué par un serpent - plâtre modèle original - 1840

Agostino di Duccio - La Vierge et l'Enfant entre deux anges - Marbre, rehauts d'or - vers 1460Agostino di Duccio - La Vierge et l'Enfant entre deux anges - Marbre, rehauts d'or - vers 1460

Agostino di Duccio - La Vierge et l'Enfant entre deux anges - Marbre, rehauts d'or - vers 1460

Jean de Bologne dit Giambologna - Mercure volant - Bronze 1574. Défi lancé à l'équilibre en sculpture. Mercure repose sur la tête du dieu des vents Eole.
Jean de Bologne dit Giambologna - Mercure volant - Bronze 1574. Défi lancé à l'équilibre en sculpture. Mercure repose sur la tête du dieu des vents Eole.Jean de Bologne dit Giambologna - Mercure volant - Bronze 1574. Défi lancé à l'équilibre en sculpture. Mercure repose sur la tête du dieu des vents Eole.

Jean de Bologne dit Giambologna - Mercure volant - Bronze 1574. Défi lancé à l'équilibre en sculpture. Mercure repose sur la tête du dieu des vents Eole.

Alexandre Calder - Lanceur de poids - 1929

Alexandre Calder - Lanceur de poids - 1929

Nicolas André Monsiau - Le Lion de Florence - 1801 - Huile sur toileNicolas André Monsiau - Le Lion de Florence - 1801 - Huile sur toile

Nicolas André Monsiau - Le Lion de Florence - 1801 - Huile sur toile

Figurine Féminine - Crète - 14è siècle  avant JC.

Figurine Féminine - Crète - 14è siècle avant JC.

Giovanni Battista Tiepolo - Apollon et Daphnée - 1743 - huile sur toile
Giovanni Battista Tiepolo - Apollon et Daphnée - 1743 - huile sur toile

Giovanni Battista Tiepolo - Apollon et Daphnée - 1743 - huile sur toile

Pierre François Berruer - Terpsichore - Muse de la danse - esquisse pour la grand théâtre de Bordeaux - terre cuite 1778

Pierre François Berruer - Terpsichore - Muse de la danse - esquisse pour la grand théâtre de Bordeaux - terre cuite 1778

Acrobate - Tarente - Italie actuelle - vers 300/275 avant JC

Acrobate - Tarente - Italie actuelle - vers 300/275 avant JC

Danseuses accompagnées d'Eros jouant du tambourin - Terre cuite - Athènes vers 350/300 avant JC

Danseuses accompagnées d'Eros jouant du tambourin - Terre cuite - Athènes vers 350/300 avant JC

Danseuse aux crotales - Corinthe - 325/280 avant JC - terre cuite

Danseuse aux crotales - Corinthe - 325/280 avant JC - terre cuite

Auguste Rodin - Mouvement de danse - 1911

Auguste Rodin - Mouvement de danse - 1911

Guillaume Ier Coustou - Hippomène ; Pierre Lepautre - Atalante ; Nicolas Coustou - Apollon poursuivant Daphné
Guillaume Ier Coustou - Hippomène ; Pierre Lepautre - Atalante ; Nicolas Coustou - Apollon poursuivant Daphné
Guillaume Ier Coustou - Hippomène ; Pierre Lepautre - Atalante ; Nicolas Coustou - Apollon poursuivant Daphné

Guillaume Ier Coustou - Hippomène ; Pierre Lepautre - Atalante ; Nicolas Coustou - Apollon poursuivant Daphné

Depuis quarante ans je fréquente le Louvre, presque un anniversaire. Durant mes études, j'y ai été copiste, j'ai vu de nombreuses expositions et visité beaucoup de salles, mais je suis loin d'avoir vu et loin de connaître toutes les richesses de ce musée cher à mon cœur. Ainsi c'était peut-être aujourd'hui la 400ème fois que  j'entrais au Louvre, et pourtant j'ai découvert une œuvre que je n'avais pas remarquée jusque-là : une "Vierge de douleur" dont le magnifique drapé évoque les mouvements de son âme. Elle complétait ma visite et l'achevait en beauté.

 jusqu’au 3 juillet 2017 – Petite Galerie – Aile Richelieu

CORPS EN MOUVEMENT - Musée du Louvre - Janvier 2017
Germain Pilon - Vierge de douleur - terre cuite polychrome et gypse. Modèle original de la statue de marbre pour la chapelle funéraire d'Henri II à Saint Denis (aujourd'hui dans l'église Saint Paul Saint Louis à Paris)Germain Pilon - Vierge de douleur - terre cuite polychrome et gypse. Modèle original de la statue de marbre pour la chapelle funéraire d'Henri II à Saint Denis (aujourd'hui dans l'église Saint Paul Saint Louis à Paris)

Germain Pilon - Vierge de douleur - terre cuite polychrome et gypse. Modèle original de la statue de marbre pour la chapelle funéraire d'Henri II à Saint Denis (aujourd'hui dans l'église Saint Paul Saint Louis à Paris)

CORPS EN MOUVEMENT - Musée du Louvre - Janvier 2017

INFORMATION

"IL SUFFIT DE PASSER LE PONT"

Les artistes de l'Association ART RENCONTRE, dont je fais partie,  investissent le Centre Culturel Lino Ventura à Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise) du 30 janvier au 30 mars 2017.

Si vous êtes de cette région ne manquez pas d'aller voir ce travail collectif . L'une des grandes installations, Le "Pont",  présenté l'an dernier à l'Hôtel de Mézières à Eaubonne avait obtenu un grand succès.

Pour plus d'information, cliquez sur le lien ci-dessous.

http://artrencontre.over-blog.com/2017/01/le-collectif-a-garges-les-gonesse.html

CORPS EN MOUVEMENT - Musée du Louvre - Janvier 2017
CORPS EN MOUVEMENT - Musée du Louvre - Janvier 2017

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BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2017

Amour, santé, bonheur, créativité....

 

sincèrement et amicalement

                                                                         Michèle 

photo MP

photo MP

Nous croissons comme les arbres ;

Nous croissons non pas à un seul endroit

Mais partout ;

Non pas dans une direction,

Mais tout autant vers le haut,

Vers le dehors que vers le dedans

Et vers le bas.

Notre force opère à  la fois dans le tronc,

Dans les branches et dans les racines.

Il ne nous appartient plus

De faire quelque chose séparément,

Ni d'être quelque chose de séparé.

***

Friedrich Nietzsche

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

COLLECTION TESSIN

Actuellement au Louvre, rotonde Sully, et jusqu'au 16 janvier 2017, se tient une très belle exposition de la collection de Carl Gustaf de Tessin, Grand maréchal de la cour de Suède et architecte renommé.

Lors de son troisième séjour à Paris, le comte de Tessin assuma les fonctions d'ambassadeur de Suède (sans en avoir le titre). Il vécut à la cour de Louis XV de 1739 à 1741. Durant ces trois années, courant les ateliers d'artistes, les boutiques et les ventes aux enchères, il se constitua une riche collection de peintures et de dessins. Il fut notamment le principal acheteur de la grande vente Crozat de 1741 (de Tessin aurait acheté 2057 dessins).

Il devint l'ami de François Boucher qui réalisa pour lui le "Triomphe de Vénus".

Sa boulimie d'achats d'œuvres et son énorme train de vie l'obligèrent à vendre une partie de sa collection au roi de Suède, Frédéric Ier qui en fit cadeau à la reine Louise-Ulrique.

Le Louvre présente une centaine d'œuvres parmi les 9000 conservées au  Nationalmuseum de Stockholm http://www.nationalmuseum.se/

Cette exposition a été peu médiatisée, on la visite tranquillement. J'ai particulièrement aimé les nombreux et admirables dessins exposés que j'ai pu regarder longuement et photographier sans gêner ni être gênée.

cliquez sur les images pour les agrandir 

François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740
François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740
François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740

François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740

Jean RESTOUT -(1692-1768) Portrait de Jean Bernard Restout à 4 ans - 1736

Jean RESTOUT -(1692-1768) Portrait de Jean Bernard Restout à 4 ans - 1736

Antoine WATTEAU (1684-1721) Feuille d'étude vers 1716 - sanguine

Antoine WATTEAU (1684-1721) Feuille d'étude vers 1716 - sanguine

François BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventail
François BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventailFrançois BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventail

François BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventail

J'ai fait la découverte d'un dessin très intéressant qui serait le dessin préparatoire au "Portrait d'un vieillard et jeune garçon" de Ghirlandaio qui se trouve au Louvre. Il s'agit du dessin d'un défunt sur son lit de mort commandé par les descendants.

Domenico Bigordi dit il Ghirlandaio (1449-1494) - Vers 1490 "Tête de viel homme"

Domenico Bigordi dit il Ghirlandaio (1449-1494) - Vers 1490 "Tête de viel homme"

TITIEN (1488-1576) - Scène de bataille - vers 1536 - plume et encre brune

TITIEN (1488-1576) - Scène de bataille - vers 1536 - plume et encre brune

 

 

 

 

 

 

Pierre Paul RUBENS (1577-1640) - Le Nain du comte d'Arundel - vers 1620 - Sanguine, pierre noire, encre brune, rehaut de craie

REMBRANDT (1606-1669) Buste de veillard - vers 1630

REMBRANDT (1606-1669) Buste de veillard - vers 1630

Jacques CALLOT (1592-1635) La tentation de Saint Antoine - vers 1635 - Pierre noire, encre brune, rehaut de blancJacques CALLOT (1592-1635) La tentation de Saint Antoine - vers 1635 - Pierre noire, encre brune, rehaut de blanc

Jacques CALLOT (1592-1635) La tentation de Saint Antoine - vers 1635 - Pierre noire, encre brune, rehaut de blanc

Albrecht DURER (1471-1528) Portrait de femme aux cheveux tressés - Pierre noire et fusain

Albrecht DURER (1471-1528) Portrait de femme aux cheveux tressés - Pierre noire et fusain

Mathis Gothart Nithart dit Grûnewald (1475/1480-1528) - Tête de vieillard - vers 1515 - Fusain

Mathis Gothart Nithart dit Grûnewald (1475/1480-1528) - Tête de vieillard - vers 1515 - Fusain

Lucas Van Leyden (1494-1533) Portrait d'homme - 1521 - Fusain et pierre noire

Lucas Van Leyden (1494-1533) Portrait d'homme - 1521 - Fusain et pierre noire

Charles de la Fosse (1636-1716) - Tête de Jeune fille de profil - 1682 - Pierre noire, sanguine, pastel

Charles de la Fosse (1636-1716) - Tête de Jeune fille de profil - 1682 - Pierre noire, sanguine, pastel

Claude Mellan (1596-1688) - Cardinal de Richelieu - 1642 - quelques mois avant sa mort en décembre 1642

Claude Mellan (1596-1688) - Cardinal de Richelieu - 1642 - quelques mois avant sa mort en décembre 1642

A la fin de l'exposition un remarquable petit tableau (huile sur bois), environ 15x10 cm représente un "Paysan âgé lisant une feuille de papier. Ces petites peintures étaient en vogue au XVIIe siècle.

Entourage d'Adrian van Ostade - vers 1650

Entourage d'Adrian van Ostade - vers 1650

L'exposition se termine par ce petit tableau (huile sur cuivre) à double face de Martin Van Meytens. Ce qui apparaît comme une image pieuse cache en réalité un exemple de pornographie. Il ne reste de ces tableaux, nombreux au XVIIIe siècle, que quelques rares témoins aujourd'hui.

Tessin conservait ce tableau dans son cabinet de toilette.

Martin Van Meytens - peintre suédois (1695-1770) - Nonne agenouillée en train de lire - 1731Martin Van Meytens - peintre suédois (1695-1770) - Nonne agenouillée en train de lire - 1731

Martin Van Meytens - peintre suédois (1695-1770) - Nonne agenouillée en train de lire - 1731

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Publié le par voir-ou-revoir

Cette exposition, très dense, situe et montre l’importance de la peinture dans l’histoire politique et culturelle du Mexique. Elle traite de nombreux sujets : la révolution mexicaine, la lutte des classes, la place tenue par les femmes dans cette lutte, mais aussi l’importance des échanges artistiques avec la France (à travers le cubisme et le surréalisme), l’épanouissement de l’art mexicain aux Etats-Unis, et bien d’autres.

Ce sujet m’apparaissait très difficile à traiter d’une façon concise. Je craignais de me noyer dans les détails de l’histoire, de l’idéologie, des traditions. Les grands artistes qui se sont imposés durant cette période, Diego Rivera, José Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros, et Frida Kahlo,   sont venus à mon secours en me « permettant » de m’appuyer sur un résumé de leur biographie et sur quelques-unes de leurs œuvres présentées (les photos sont permises).

Cette exposition est certes très intéressante, mais elle ne m’a pas fait vibrer. J’ai regretté de ne pas voir davantage de tableaux de Diego Rivera et de Frida Kahlo (je n’avais pas pu voir l’exposition qui lui était consacrée à l’Orangerie des Tuileries). Pour combler ce vide j’ai visualisé encore une fois le très beau film de Julie Taymor « Frida » (sorti en 2002) que je vous conseille vivement de regarder.

 

DIEGO RIVERA

Diego Rivera est né en 1886 à Guanajuato. Entré à l’Ecole nationale des beaux-arts de San Carlos à douze ans, il obtient son diplôme en 1905.

Grâce à une bourse d’Etat il part étudier en Europe. A son retour au Mexique ses premières expositions lui apportent un vif succès (la femme du président Diaz lui achète, en particulier, six tableaux).

En 1911, fuyant la guerre civile, Diego part pour Paris. Installé à Montparnasse, tout près de La Ruche, il mène une vie de bohème. Il découvre le cubisme, fréquente « la communauté » russe : Soutine, Zadkine, Lipchitz …

De retour au Mexique en 1920, il exécute sa première peinture murale. Artiste engagé, ses œuvres traitent la guerre civile et la révolution. Très vite il commence ses premières fresques, et c’est avec lui et autour de lui que se crée le Muralisme (mouvement purement mexicain auquel se joindront des artistes étrangers).

En 1929 il est exclu du parti communiste. La même année il épouse Frida Kahlo engagée dans le parti communiste depuis 1928.

En 1933 Diego Rivera réalise une fresque pour le Rockefeller Center de New York, « L’Homme au carrefour », elle sera détruite par son commanditaire avant même son achèvement (le peintre avait choisi d’y faire figurer Lénine).

 

L'homme au carrefour - 486x1145cm - Mexico Palais des Beaux Arts. Version réalisée à Mexico d'après une photographie de la fresque du Rockefeller Center détruite en 1934

L'homme au carrefour - 486x1145cm - Mexico Palais des Beaux Arts. Version réalisée à Mexico d'après une photographie de la fresque du Rockefeller Center détruite en 1934

En 1938 Diego Rivera accueille, quelques temps chez lui, Léon Trotski.   

Diego Rivera et Frida Kahlo forment un couple emblématique du monde de l’art mexicain.

Diego Rivera s’éteint à Mexico en 1957, trois ans après sa femme.

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JOSE CLEMENTE OROZCO (1883-1949)

Orozco participe pour la première fois à une manifestation artistique importante en 1910.

Comme Rivera, Orozco rallie les artistes mexicains pour lesquels la révolution politique entraîne un changement d’esthétique, qui doit rendre compte du progrès social. Au cours de la révolution il exécute de nombreuses caricatures pour la revue Vanguardia. Plus tard, il se consacre à la décoration peinte de l’Ecole nationale préparatoire avec Siqueiros et Rivera.

En 1925 et 1929, il expose à Paris et au début des années trente il jouit d’une renommée internationale.

Entre 1940 et 1949, Ortozco exécute des compositions imposantes qui témoignent de sa maîtrise technique.

1926 - Les femmes de soldats

1926 - Les femmes de soldats

1931 - Les morts

1931 - Les morts

DAVID ALFARO SIQUEIROS (1896-1974)

Siqueiros a toujours mené de front la pratique picturale et la pratique politique. A dix-huit ans, il s’engage dans la révolution de Zapata en lutte contre la dictature de Huerta.

Vers 1918, il se rend en Europe avec une bourse du gouvernement mexicain. A Paris, il rencontre Diego Rivera avec lequel il va élaborer les lignes maîtresses d’un renouveau de la peinture qui devra être désormais « héroïque et populaire ».

Vers 1922 Siqueiros réalise ses premières décorations murales, genre auquel il s’adonnera jusqu’à la fin de sa vie. Très vite il aura rejoint, avec Orozco le groupe de Rivera, des Muralistes.

En 1936, il participe à la guerre d’Espagne. En 1939 il s’exile à la suite de son implication dans une tentative d’assassinat de Trotski. Emprisonné plusieurs fois au cours des années trente, il est à nouveau arrêté en 1960 et libéré en 1965. Dans la dernière partie de sa vie, il se consacre à la recherche de nouveaux matériaux qu’il intègre à ses peintures murales.

Membre du parti communiste mexicain jusqu’à son décès, Siqueiros reçoit le prix Lénine pour la paix en 1966.

Autoportrait - Le Grand Colonel
Autoportrait - Le Grand Colonel

Autoportrait - Le Grand Colonel

1947 - Notre image actuelle - Pyroxilyne sur celotex et fibre de verre
1947 - Notre image actuelle - Pyroxilyne sur celotex et fibre de verre1947 - Notre image actuelle - Pyroxilyne sur celotex et fibre de verre

1947 - Notre image actuelle - Pyroxilyne sur celotex et fibre de verre

FRIDA KAHLO

Frida Kahlo est née le 6 juillet 1907 à Coyoacan.   Très jeune elle a le désir d’étudier, d’être libre, de voyager. A 8 ans elle est atteinte par la poliomyélite, son pied droit restera déformé.

Elle commence de brillantes études et s’intéresse à la politique. Le 17 septembre 1925, de retour de son école d’art, son bus percute un tram. Frida est gravement blessée aux jambes et aux vertèbres. Elle subit de nombreuses interventions chirurgicales et doit rester alitée, coincée dans un corset. Elle fait installer une glace au plafond de sa chambre et peint dans son lit de nombreux autoportraits.

En 1928, elle rencontre Diego Rivera, ils tombent tout de suite amoureux et se marient un an plus tard. Leur vie conjugale est chaotique, ils ont des liaisons extra-conjugales, ils divorcent puis se remarient en 1940.

En 1938, Frida Kahlo expose à la galerie Julien Levy à New-York et obtient un grand succès.

En 1939, elle expose ses œuvres à Paris, y rencontre de nombreux peintres surréalistes.

Ses douleurs au dos deviennent de plus en plus intolérables, elle subit sept opérations successives de la colonne vertébrale. Handicapée, en fauteuil roulant elle continue de peindre et de militer.

Au printemps 1953, malgré l’interdiction de son médecin, elle est transportée sur son lit d’hôpital à  sa tant désirée première exposition au Mexique.

En août elle est amputée de la jambe droite.

Elle s’éteint le 13 juillet 1954.

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AUTRES OEUVRES PRESENTEES

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Photos et montage diaporama - M.Pellevillain

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Publié dans : #Expositions à Paris
Entrée de l'exposition au MAMEntrée de l'exposition au MAM

Entrée de l'exposition au MAM

La rétrospective actuelle de l'oeuvre de Bernard Buffet au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris est un événement inattendu : elle est l'occasion pour beaucoup d'entre nous de découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de l'un des artistes les plus célèbres du XXe siècle.

L'ascension de Bernard Buffet fût fulgurante. Au milieu des années cinquante, il est considéré comme étant l'égal de Picasso (ce dernier doit sans doute fort peu apprécier cette estimation), un référendum organisé par le magazine "Connaissance des Arts", l'élit meilleur peintre de l'après-guerre.

1958. Première grande rétrospective à la galerie Charpentier et année charnière pour lui : il a trente ans, il est riche, il roule en Rolls, son succès commercial est énorme (il est le premier peintre à diffuser certaines de ses oeuvres sous forme de produits dérivés).

1959. André Malraux devenu Ministre chargé des Affaires Culturelles, inaugure la première Biennale de Paris qui "sacre" l'abstraction de Pierre Soulages ou de Georges Mathieu au détriment de la figuration. Pour Bernard Buffet, ce sera bientôt la chute brutale, il sera l'objet, selon Otto Hahn, d'un "terrorisme moral". On lui reproche, outre son succès commercial, son côté "people" artiste figure de la haute société. Pour les institutions et les critiques, dans le courant intellectuel du moment, il n'est plus acceptable. Bernard Buffet n'est pas du côté des abstraits... et il ose même affirmer qu'il est contre !

Depuis 1952, il présente chaque année, le premier jeudi de février, une exposition personnelle thématique, à la Galerie Garnier à Paris.Il est populaire. Le public lui reste fidèle. Dès le premier regard, son oeuvre est intelligible alors que l'abstraction impose une réflexion souvent aléatoire. Les collectionneurs continuent d'acheter ses oeuvres : Maurice Garnier, Roger Dutilleul, le Docteur Maurice Girardin, le japonais Kiichiro Okano qui fonde dans son pays, à Surugadaire, en 1973, le Musée Bernard Buffet riche de 2000 oeuvres ((peintures, aquarelles, dessins, affiches, livres).

J’ai découvert, en visitant cette rétrospective, un grand peintre dont je ne connaissais que quelques tableaux, notamment son « clown » (qui ne le connait pas ?), des portraits de sa femme Annabel et des vues de Paris. J’aime ses compositions rigoureuses, le dépouillement de ses premières œuvres aux teintes grises et ocre à la couche picturale fine, mais aussi plus tard l’éclatement de la couleur en pâte lourde dans les séries sur Le Cirque, Les Oiseaux, La Corrida, Sumi et Kabuki. Comment ne pas être impressionné par ses trois grands tableaux sur La Guerre, où l’on retrouve l’art de Callot, de Goya et du Douanier Rousseau.   

Dimanche 6 novembre, était diffusé sur Arte « Bernard Buffet, le grand dérangeur », un reportage passionnant et parfois émouvant qui a complété ma connaissance du peintre.

Les critiques   ne sont toujours pas tendres, comme celle de Philippe Dagen, journaliste, dans le Monde du 18 octobre : « A partir des années 1970, ce système a fini par fatiguer la plupart de ses supporteurs. Quant aux autres, cela faisait déjà longtemps qu’ils ne le regardaient plus, et cette exposition ne les convaincra pas qu’ils auraient eu tort ». A chacun sa vision. En ce qui me concerne, je suis ressortie convaincue par cette exposition et admirative de ce peintre prolifique.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

UNE VIE EN QUELQUES TABLEAUX

Bernard Buffet naît à Paris, le 10 juillet 1928 et grandit aux Batignolles. Dès 1942 il suit les cours de dessin de la Ville de Paris. En Janvier 1944 il entre avec dispense aux Beaux-Arts de Paris dans l'atelier d'Eugène Narbonne.

Buffet peint avec ardeur. C'est la guerre. Il utilise des morceaux de draps, de la toile à matelas. Les châssis sont fabriqués avec des chutes de bois rapportées de la miroiterie que dirige son père. La rareté des couleurs disponibles commande le ton gris ocre. Il peint ses proches, lui-même et tout ce qui l'entoure. Ses personnages longs et minces sont son propre reflet, celui d'un jeune homme qui a conservé sa silhouette maigre d'adolescent ayant vécu avec les restrictions de l'Occupation. Il a une mémoire visuelle exceptionnelle et compose directement le dessin sur sa toile au fusain, sans support de la nature ou de photos.

Deux hommes nus à table - 1947

Buffet à 20 ans, il remporte avec ce tableau le prix de la critique organisé par la Galerie Saint Placide. Il expose au Salon des Indépendants, et fait une première exposition personnelle.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le buveur - 1948 

Ce tableau est présenté en avril au prix de la jeune peinture créé par la Galerie Drouant-David. Au milieu du tableau on aperçoit le trait de raccordement de deux toiles assemblées.

Vacances en Vaucluse - 1950

Buffet rencontre Pierre Bergé dans un café de la rue de Seine. C'est le coup de foudre. Ils quittent Paris pour la Provence. Durant le Salon des Tuileries, le tableau exposé en vitrine à la Galerie Charpentier fait scandale et doit être retiré.

En 1951, les deux garçons sont hébergés par Giono à Manosque. Ils s'installent ensuite à Nanse jusqu'en 1955.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

La Crucifixion - 1952

Cette oeuvre fait partie de la première exposition thématique à la Galerie Drouant-David.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Les Horreurs de la guerre - 1954

Buffet n'a que 26 ans lorsqu'il peint cette série. Le peintre aspire à marquer son époque tout comme l'a fait Picasso avec Guernica..

L'Ange de la guerre - Les Pendus - Les Fusillés

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le clown - 1955

Le tableau, diffusé dans le monde entier, fait partie de la série sur le cirque qui marque la notoriété de Buffet. La cote du peintre monte. Il est en tête de la jeune école contemporaine. Il achète une belle demeure seigneuriale à Château d'Arc.

La voix humaine - 1957

Le livre entièrement calligraphié et illustré de pointes sèches originales de Buffet est une commande de Cocteau d'après le texte de sa pièce de théâtre écrite en 1930 et montée la même année par Berthe Bovy à la Comédie Française. La première représentation privée est chahutée par les Surréalistes. Cette pièce met en scène un unique personnage, une femme au téléphone en un dialogue lacunaire et tronqué.

 

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Voir la totalité de l'album ci-dessous

1958 - La Première grande rétrospective à la Galerie Charpentier est un énorme succès.

Après sa rupture avec Pierre Bergé, Buffet part à Saint Tropez et rencontre Annabel Schowb qu'il épouse en décembre. Ils auront trois enfants.

 

Maquette pour Toxique de Françoise Sagan - 1964

Entièrement illustrée par des dessins de Buffet - édité par Julliard

Court texte écrit par Françoise Sagan, sorte de journal d'un manque. Après son accident de voiture en 1957, elle reçoit pendant trois mois quotidiennement, un succédané de morphine appelé le "875" (palfium) qui la mène à faire une cure de désintoxication au cours de laquelle elle écrit cette confession

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

1956-1976

Buffet peint avec fureur. Il est sollicité pour des décors de ballets, des affiches de cinéma, des illustrations. Plus il est connu du grand public, plus sa réputation dans les milieux culturels baisse. En 1966 Connaissance des Arts le classe au 18e rang de l'index.

Au début des années 1970, il s'isole dans son atelier de Saint-Cast. Il n'assiste pas à l'inauguration du musée qui lui est consacré à Surugadaire au Japon. Il s'y rendra une première fois en 1980.

En 1984, il achète le Domaine de la Baume à Tourtour dans le Haut Var. Il y vivra jusqu'à sa mort (le domaine est devenu un hôtel de luxe)

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le Kabuki - 1987

Série inspirée par le Japon. Le Kabuki est une forme de théâtre traditionnel japonais, très prisée des citadins, qui a vu le jour à l'époque Edo, au début du XVIIe siècle.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Vingt mille lieues sous les mers - 1989

Avec ces tableaux inspirés par Jules Verne, Buffet continue son travail sériel de grand format. Viendront à la suite les séries sur l'Enfer de Dante et les Folles.

Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante
Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante
Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante

Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante

La harpiste - 1991

Nouvelle série sur le cirque

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Les terroristes - 1997

Série très violente avec une pointe d'humour noir. Le peintre insiste surtout sur les armes des terroristes. Buffet qui s'estime victime d'un terrorisme culturel offre des cibles à la critique assassine.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

La mort - 1999

Atteint de la maladie de Parkinson, Bernard Buffet prépare méthodiquement sa sortie. Il a des difficultés pour tenir ses pinceaux et ne supporte pas l'idée de ne plus peindre. Le 4 Octobre 1999, il se suicide par asphyxie avec un sac plastique sur lequel il inscrit son nom. Ses cendres ont été dispersées dans le jardin du musée de Surugadaire.

Cette série extraordinaire sera exposée en Février 2000.

et plus d'images .... ci-dessous

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Ce n’est ni une exposition, ni un événement particulier qui justifie cet article, mais l’album d’une amie bloggeuse, Emma, qui a compilé de nombreuses photos attribuées à Nadar.

Nadar photographe, c’est ainsi qu’on le qualifie généralement, et je ne le connaissais qu’au travers de cette profession. Les commentaires enthousiasmes qu’Emma m’a écrit en m’adressant son album, m’ont incitée à aller voir de plus près ce personnage étonnant.

Photographe, certes : Nadar, à la lumière naturelle avec des poses classiques et sans accessoires, a tiré le portrait de toutes les personnalités de son époque (comme vous pourrez le voir dans l’album d’Emma ci-dessous*) , Plus tard la concurrence le poussera à accepter des compromis commerciaux.

* a l'attention de mes lecteurs étrangers : pour feuilleter cet album ne pas activer le traducteur, rester dans la version française

Gaspard-Félix Tournachon est né le 6 avril 1820 à Paris. Il commence des études de médecine à Lyon. Ses amis le surnomment « Tournadar » car il a l’habitude de compléter les mots par la terminaison « dar ».  Tournadar deviendra Nadar. Ses études interrompues il s’exerce au journalisme. En 1845 il publie son premier roman (il deviendra un écrivain prolifique) et commence une carrière de caricaturiste en publiant dans les journaux politiques d’opposition. Il lance une série de portraits à charge le « Panthéon Nadar ».  

Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach
Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques OffenbachGérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach
Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques OffenbachGérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach

Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach

1854 il encourage son frère Adrien à devenir photographe et le rejoint pour pratiquer lui-même  la photographie.

En 1856 il est à la tête de trois journaux illustrés et dispose d’un atelier luxueux de photographe, 113 rue Saint Lazare.

Mais sa vraie passion, c’est l’Aérostation et quelle passion !

« La question de la navigation aérienne est la plus grande question des siècles ».

En 1858, après avoir effectué de nombreuses ascensions avec les frères Godard, Nadar dépose un brevet pour photographier la terre vue du ciel. Il prend la première vue aérienne au-dessus du Petit Bicêtre près de Paris (Petit Clamart), photo aujourd’hui introuvable, ainsi que des vues au-dessus de Paris.

vues aériennes de Paris 1868vues aériennes de Paris 1868

vues aériennes de Paris 1868

LE GEANT

Nadar en visionnaire, considérait que l’avenir des transports était aérien.  En lançant, avec les frères Godard, la construction d’un grand ballon, Nadar avait pour objectif d’obtenir les sommes nécessaires à la construction d’une machine non pas « à flotter mais à voyager dans l’atmosphère » selon sa théorie du « plus lourd que l’air ».

Je passerai sur les étapes difficiles de la mise en œuvre de ce projet ambitieux. Le ballon appelé « Géant » mesure 45 mètres de haut. Il a une capacité de 6000m3 de gaz, soit 12 fois plus qu'un ballon ordinaire et une nacelle à deux étages.

Nadar obtient l’autorisation de lancer le « Géant » depuis le Champ de Mars. On installe 1200 mètres de tuyaux de 50 cm de diamètre jusqu’au centre de la place où la valve doit vomir 3000m3/ heure de gaz d’éclairage.

Des piquets et un treillage entourent l’enceinte où seront reçus les visiteurs. Nadar a fait imprimer 400 000 billets d’entrée, il y aura environ 250 000 personnes pour l’envolée.

Le 4 Octobre 1863, un attelage de chevaux apporte le ballon ployé, le filet, les agrès et la nacelle capable de transporter 34 personnes. Nadar embarque 13 passagers.

A la tombée du jour, le cri est lancé « Lâchez tout ».

Le ballon s’élève sous les « hurrah » de la foule. Il monte, il monte sous un vent d’ouest. A bord c’est l’euphorie. Sans perdre de temps on dîne copieusement : jambon, volaille, desserts, glaces, vins de Bordeaux et de Champagne. Puis la nuit froide et longue s’installe, le ballon traverse des couches de plus en plus noires. Lorsque la lueur rouge de l’aube apparaît, une buée pénétrante imprègne les voyageurs. L’eau ruisselle sur les visages, les vêtements, les cordages. Chargé du poids de l’eau, le ballon se met à redescendre avec une rapidité vertigineuse. Jetés par-dessus bord, les lests dépassés par la vitesse, retombent sur les têtes. Le sol arrive à toute allure sans que rien n’y puisse faire. Après plusieurs effroyables secousses, la nacelle sursaute, racle le sol, les passagers raidis s’accrochent. Enfin le ballon infernal s’immobilise. Il est resté 5 heures en l’air. Un paysan s’approche : « où sommes-nous ? demande Nadar » A Barcy près de Meaux, à deux pas du grand Marais.

 

photographie du départ de la seconde ascension

photographie du départ de la seconde ascension

Nadar ne se dit pas vaincu et le 18 Octobre 1863, même lieu, même heure, en présence de l’Empereur et du Roi de Grèce, Nadar fait regonfler son Géant.  Il embarque neuf passagers, dont sa femme (contrairement à ce qui est parfois dit, Nadar dans son livre « A terre et dans l’air – mémoire du Géant  - 1865 », n’évoque jamais la présence de Jules Verne dans la liste des passagers). Un ballon plus petit est laché en même temps.

 « Lâchez tout ! » Le Géant s’élève pour la seconde fois. Il monte, monte. Le dîner est pris vivement car la nuit tombe. Le temps est magnifique et le vent porte le ballon en direction de l’Allemagne. Le début du voyage est très prometteur, à coup sûr Nadar et son Géant vont se venger des détracteurs du premier parcours et leurs railleries. Dans la nuit, les premiers feux, aperçus au loin, évoquent un phare et la mer redoutée. Nadar calme les frères Godard qui veulent se poser. Le vol se poursuit, sans doute pas très haut car à la vue d’autres feux « ho hé où sommes-nous ? » « Erquelinnes répond un douanier ». Ils sont en Belgique. Le ballon passe au-dessus de Bruxelles. Plus tard se profile au loin une clarté diffuse gris argenté : la Hollande et ses marais…  à gauche, un bruissement profond : la mer. Dispute à bord, se poser, ne pas se poser. Le temps de tergiverser et le vent d’ouest repousse le ballon vers les terres. Mais le Géant commence à sécher des humidités de la nuit, le gaz se dilate aux rayons du soleil… il monte, il monte….4000 mètres. Le ballon poursuit sa montée, l’enveloppe se tend, entre chaque maille du filet il capitonne. Nadar ordonne un coup de soupape, Louis Godard n’y va pas de main morte, une descente s’amorce et se transforme en chute.  Au sol les arbres sont couchés par un vent violent et le ballon entame une course folle à l’horizontale. Les ancres s’arrachent, le ballon brise un arbre, des chevaux fuient. Au loin passe une locomotive et ses wagons, le chauffeur s’arrête et recule à temps pour laisser passer l’énorme boule qui déracine les poteaux, arrache les fils électriques et les traîne comme la queue d’une comète, La nacelle ne s’écarte presque plus du sol, le ballon remorqueur la heurte parfois, elle racle la terre, fauche les bruyères, traverse un cours d’eau. Déjà certains sont tombés ou ont sauté, réduisant le poids de la nacelle, accélérant la vitesse. Il ne reste plus que Nadar et sa femme, serrés l’un contre l’autre. La nacelle traverse un bras de rivière, les malheureux passagers suffoquent. Au sortir de l’eau la nacelle racle un talus, l’écrase, le tasse. Devant, le ballon damné tire toujours ….  Enfin, quelque peu dégonflé, il s’arrête après un parcours de 16 km dans les environs de Hanovre. Nadar a les jambes fracturées. Sa femme est sous le ballon, blessée.

NADAR ET LE GEANT - octobre 2016
NADAR ET LE GEANT - octobre 2016

Cet épisode, digne d’un roman de Jules Verne (qui s’inspirera des aventures de Nadar dans plusieurs romans, donnant à son héros le nom d’Ardan, anagramme de Nadar), ne décourage pas Nadar. Bien qu’ayant laissé dans l’affaire une partie de sa fortune, il crée en 1870 avec Camille Legrand et Jules Dufour, la « Compagnie des aérostiers » qui transportera passagers et pigeons voyageurs durant la guerre franco-prussienne de 1870. 66 ballons seront construits entre septembre 1870 et janvier 1871. C’est à bord de l’un de ces ballons que Gambetta quittera Paris pour Tours le 8 Octobre 1870.

Et ensuite….

Après la Commune Nadar ruiné reprend, pour subsister, son activité de photographe.  Il s’installe en 1887, en forêt de Sénart avec son épouse, hémiplégique à la suite d’un conflit affectif avec leur fils Paul. Puis part à Marseille en 1894, laissant la gestion de ses affaires à Paul, où il fonde un atelier photographique.

En 1900 la rétrospective qui lui est consacrée à l’exposition universelle est un triomphe. Il revient à paris en 1904. Il décède le 20 mars 1910 à quelques jours de ses 90 ans.

Nadar avait raison, l’avenir des transports était aérien avec des « Plus lourd que l’air ». De nos jours, dans le monde, un avion décolle toutes les secondes, soit 29,2 millions de vols par an.  

1883 - Nadar publie une charge contre Gambetta, sous la forme d'un pastiche de la Passion du Christ. Je ne résiste pas à vous faire lire la lettre d'introduction ....encore d'actualité !

A Monsieur qui balaie à la Chambre des Députés

Monsieur et même Citoyen,

Permettez-moi de vous dédier cette oeuvre qui durera moins que l'airain.

Vous faites quelque chose, Monsieur, dans un lieu où on ne fait rien. Matin et soir vous êtes là honnêtement, à votre tâche, par la Chambre et aussi dans les Bureaux, car vous n'auriez pas l'improbité de vous octroyer à vous-même des congés pour la grande moitié d'un temps qu'on vous paie entier.

Vous ne vous occupez ni d’industriellement politiques ni de tripotages financiers.

Vous avez l'estomac trop délicat pour avoir avalé les couleuvres et crapauds de la candidature, et l'âme trop haute pour aller au-devant d'aucun suffrage ; mais encore, vous ne vous moqueriez pas de vos commettants en prétendant commander à ceux qui vous auraient sur vos instances, accepté seulement pour les servir.

Vous avez la dignité qu'il faut pour n'avoir jamais abusé de votre place en extorquant bassement un pourboire, même à des compagnies de chemins de fer, sachant de reste que le gendarme ne se fait point payer un verre de vin par celui qu'il est chargé d'arrêter.

Vous ne portez pas votre tête ainsi que le Saint-Sacrement, comme tels de ces suburbains gonflés qui viennent ici nous jouer "la Cagnotte" parlementaire, et vous ne croyez pas sérieusement que la France entière tient dans votre culotte.

Enfin, Monsieur, vous n'avez pas pris à tâche, en bondant d'atouts sur atouts le jeu de nos adversaires, de faire mépriser, ridiculiser et haïr par les uns ce qui est notre Chose commune, et, pire encore, d'énerver, de décourager et de tuer chez les autres l'amour de la République.

Continuez à nous servir d'exemple, Monsieur, et poussez votre oeuvre. Balayez, balayez ferme, balayez à droite, balayez à gauche, balayez au centre, balayez de la montagne à la paine et de la plaine au marais ; balayez partout, balayez toujours, balayez tout et le reste !

Et dépêchez-vous pour passer votre balai bien vite à Messieurs vos Collègues du Sénat, des Ministères et de toute notre Administration publique.

En cet espoir caressé, je vous prie d’agréer, Monsieur et cher Citoyen, cette trop faible expression de ma considération motivée.

                                                                                                                             NADAR 

 

Et pour lire le livre... cliquez sur le lien ci-dessous

http://www.textesrares.com/nadar/nadar.htm

Autoportrait en studio dans un ballon

Autoportrait en studio dans un ballon

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BEN - Musée Maillol - sept 2016

TOUT EST ART ?

Les vacances sont finies, c'est l'automne. Vous êtes tristes, déprimés : courrez au Musée Maillol !

Pour sa réouverture, le Musée Maillol se lance dans l'art contemporain en exposant un adepte de l'écriture et des petites phrases assassines ou philosophiques : BEN, Benjamin Vautier, octogénaire toujours aussi facétieux.

Dans un bric-à-brac de peintures, sculptures, installations, jeux, photos et vidéos (dont une délirante, lorsque proche du mouvement Fluxus, il exécutait des performances sur la Promenade des Anglais à NICE).

On prend un bain d'humour et ça fait un bien fou.

Merci BEN

Pour tout connaître sur lui voir son site : www.ben-vautier.com

BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016

Les performances

BEN - Musée Maillol - sept 2016BEN - Musée Maillol - sept 2016
BEN - Musée Maillol - sept 2016BEN - Musée Maillol - sept 2016

Les tableaux des pauvres

Le Fontana du Pauvre - Le Matisse du pauvre - Des yeux sur les iris de Van Gogh
Le Fontana du Pauvre - Le Matisse du pauvre - Des yeux sur les iris de Van GoghLe Fontana du Pauvre - Le Matisse du pauvre - Des yeux sur les iris de Van Gogh

Le Fontana du Pauvre - Le Matisse du pauvre - Des yeux sur les iris de Van Gogh

Exposition jusqu'au 15 Janvier 2017.

ET POUR CONCLURE :

BEN - Musée Maillol - sept 2016

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Publié dans : #Expositions Province
Joaquin SOROLLA - Musée des Impressionnismes de Giverny - sept.2016

"Peintre !... Rien d'autre que peintre !... je n'ai jamais voulu être, ne veux et ne serai jamais rien d'autre qu'un peintre" Joaquim Sorolla

Au départ rien ne semblait pourtant facile. Né en 1863, orphelin très jeune, Sorolla est recueilli par sa tante et son oncle maternels.

Un photographe, Antonio Garcia Peris le fait travailler dans son atelier comme coloriste photographe. Plus tard, la production du jeune Joaquim en portera les traces notamment avec les cadrages de ses compositions en plongée et contre-plongée.

Sorolla étudie très tôt la peinture et s'imprègne des œuvres au Musée du Prado, en particulier Vélasquez.

Il entre aux Beaux Arts de Valence, obtient une bourse pour partir à Rome parfaire ses connaissances classiques.

Il se rend régulièrement à Paris, fréquente Bonnat, Rodin. Il s'intéresse à l'impressionnisme, connait le fauvisme et autres courants. Il découvre aussi les peintres nordiques dont les coloris vifs et lumineux l'inspireront.

Dès le milieu des années 1890, Sorolla reçoit de prestigieuses récompenses, dont le grand prix de l'exposition universelle de 1900 pour "Triste héritage".

photo web - toutes les photos qui suivent MP

photo web - toutes les photos qui suivent MP

En 1906 sa première exposition personnelle à Paris est un succès.

Son prestige grandit et s'étend lors d'expositions internationales. Il expose à l'Hispanic Sociéty of America de New-York en 1909 et l'immense succès qu'il remporte incite le fondateur de l'institution, Archer Milton Huntington, à lui commander un grand décor pour sa bibliothèque.

Joaquim Sorolla a épousé Clothilde, la fille du photographe Garcia Peris. Ils ont eu trois enfants, Maria, Joaquim et Elena. La famille est au cœur de ses préoccupations. Sa femme et ses enfants sont ses modèles favoris et une source permanente d'inspiration.

Elena parmi les roses - 1887

Elena parmi les roses - 1887

mère - 1895

mère - 1895

Les plages de Valence, les pêcheurs, les scènes de baignades sont aussi des motifs de prédilection. Comme Monet il se passionne pour les reflets.

En 1920 alors qu'il travaille à un portrait dans son jardin, il est frappé par une attaque d'hémiplégie. Il ne reprendra pas ses pinceaux. Il meurt trois ans plus tard.

En 1926, Clothilde léguera les collections et la maison familiale à l'Etat espagnol afin que soit créé un musée à la mémoire de son mari. Le musée Sorolla est situé près de Pasco de Castellana dans un quartier élégant de Madrid. Magnifique demeure, au décor reconstitué grâce aux nombreuses photographies retrouvées. Une grande partie des œuvres de Sorolla peintes dans les lieux mêmes y sont exposées. Sorolla avait fait construire cette grande maison en 1911. Il créa lui même ses jardins, pour lui et sa famille, havre de paix et de beauté qu'il peindra une quarantaine de fois entre 1917 et 1920.

1898 - cousant

1898 - cousant

1898 cousant - détails
1898 cousant - détails
1898 cousant - détails

1898 cousant - détails

1900 - la préparation des raisins secs

1900 - la préparation des raisins secs

1902 nu

1902 nu

1903 - Pêcheur à Valence

1903 - Pêcheur à Valence

1903 - Enfants au bord de la mer

1903 - Enfants au bord de la mer

détail

détail

1904 - l'été

1904 - l'été

1904 - l'heure du bain

1904 - l'heure du bain

l'été et l'heure du bain - détailsl'été et l'heure du bain - détails

l'été et l'heure du bain - détails

1905 - Le bateau blanc

1905 - Le bateau blanc

1905 - nageurs

1905 - nageurs

1906 - Biarritz1906 - Biarritz1906 - Biarritz

1906 - Biarritz

1907 - Maria peignant

1907 - Maria peignant

1919 - Elena à la Cale de Saint Vicente

1919 - Elena à la Cale de Saint Vicente

La magnifique exposition de Giverny présente de nombreux tableaux très attachants. On y retrouve toute l'affectivité de Sorolla dans des blancs éblouissants : éblouissement de l'amour.

 Mère

Mère

A ne pas manquer, jusqu'au 6 Novembre

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AVANT PROPOS

Dans mon article précédent sur le Louvre-Lens, j'ai évoqué la "sinistre place de la gare" et la grisaille. Il n'était pas dans mon intention de tomber dans les clichés attribués généralement à la région Nord. C'est un fait : ce jour là il pleuvait et les rues étaient désertes. Je tiens aussi à redire à mes amis de cette région combien j'ai aimé ce musée, son architecture et sa collection semi-permanente, ainsi que la très belle scénographie de l'exposition Charles Le Brun.

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CHARLES LE BRUN - PEINTRE DU ROI-SOLEIL

Très impressionnante, effectivement, cette présentation du peintre du Roi-Soleil. Le bleu et le rouge nous plongent dans le faste royal de Versailles. A l'encontre, les lucarnes rondes qui ponctuent le parcours évoquent l'intimité d'une "mansarde", ouvertures indiscrètes sur les mystères des salles suivantes. ( est-ce là une évocation de Mansart devenu premier architecte du roi en 1681 ?)

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Charles Le Brun est né en 1619 à Paris. Son père, Nicolas, est sculpteur, spécialisé dans la gravure des pierres tombales. Sa mère, Julienne de Bé, est issue d'une famille de maîtres écrivains. Charles est le troisième d'une fratrie de neuf enfants.

Sa première formation, au dessin et à la sculpture, vient probablement de son père. Il apprend la lecture en latin dans l'une des petites écoles de Paris, puis l'écriture.

En raison de l'appartenance de son père à la Communauté des maîtres peintres et sculpteurs de Paris, Charles Le Brun est exempté de l'apprentissage de cinq ans auprès d'un même maître. Sa curiosité le fait aller "d'école en école". Il se forme auprès de François Perrier puis dans l'atelier de Simon Vouet où il rencontre André le Nôtre et Pierre Mignard.

Portrait de Nicolas Le Brun - huile sur toile - Salzburg
Portrait de Nicolas Le Brun - huile sur toile - Salzburg

A douze ou treize ans selon ses biographes, mais sans doute un peu plus tard, il exécute un remarquable portrait de son père.

Pierre Séguier, premier grand officier de la Couronne, personnage important du royaume, découvre Le Brun en 1635. Il devient son protecteur (il le restera jusqu'à sa mort en 1672), lance sa carrière.

cliquez pour agrandir
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Le portrait équestre du chancelier Séguier - huile sur toile 295x357cm -

Musée du Louvre Paris. vers 1655

Le Brun n'indique aucune référence dans son tableau, il ne représente ni le lieu, ni le moment. L'espace est vide. Le tableau était resté dans la descendance de Séguier. Durant la seconde guerre mondiale, les propriétaires, inquiets de son avenir , l'ont offert au Louvre en 1942 qui l'a conservé au château de Sourches.

La production de jeunesse de Le Brun consiste en de petits tableaux préparatoires à des gravures.

Ci-dessous :

"Allégorie avec une femme et deux putti" - vers 1640 - huile sur bois

"L'Enfance" 1639-1640

cliquez pour agrandir
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Première consécration à 21 ans. Le Cardinal de Richelieu lui commande un tableau, "Hercule terrassant Diomède".

Huile sur toile - 1640-1641 -290x188cm - Nottingham, Castle Museum

et dessin préparatoire.

cliquez pour agrandir
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

A la même époque, Poussin orne le plafond de l'appartement de Richelieu. Il aurait admiré le travail de Le Brun et suggéré que Le Brun l'accompagne à Rome. Séguier ordonne cet exil à Le Brun qui le vivra très mal.

Au bout de trois ans, après avoir copié les grands maîtres, il quitte la ville sans l'autorisation de Séguier.

Au retour de Rome en 1646, les commandes et les chantiers de décoration abondent.

Le Brun est parmi les jeunes artistes qui ont eu l'idée de demander la protection royale afin de se séparer de la corporation et de faire de la peinture et de la sculpture des arts libéraux : l'Académie était fondée.

Le Brun reprenant un dialogue avec Poussin peint "Le sommeil de l'Enfant Jésus dit Le silence" 1655 Huile sur toile - 87x188cm - Musée du Louvre Paris

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

La gloire vient avec Vaux le Vicomte. Le Brun est appelé par Fouquet, surintendant des Finances, pour concevoir la décoration des appartements d'apparat. Mais Le Brun a déjà travaillé pour Louis XIV au Louvre. Il a peint le plafond et un dessus de cheminée pour le Petit Cabinet. Il a aussi créé une œuvre éphémère, l'arc de triomphe au bout de la place Dauphine pour l'entrée de Louis XIV et de sa jeune épouse Marie Thérèse d'Autriche.

Le 5 septembre 1661, jour anniversaire du Roi, Fouquet est arrêté. Le règne personnel de Louis XIV commence et grâce à la confiance que lui accorde Colbert (né comme Le Brun en 1619), Le Brun obtient le titre de premier peintre au service exclusif du Roi. Il dirige les décors des principales résidences royales qui rayonneront dans toute l'Europe.

"Le Roi prend Maëstricht en treize jours - 1673 - détail de l'Europe - Voute de la galerie des Glaces - Château de Versailles

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

En 1665, Charles Le Brun prend la direction de la manufacture des Gobelins.

Manufacture des Gobelins d'après Le Brun - Portière de Mars
Manufacture des Gobelins d'après Le Brun - Portière de MarsManufacture des Gobelins d'après Le Brun - Portière de Mars

Manufacture des Gobelins d'après Le Brun - Portière de Mars

Dans les années 1667, Le Brun donne une série de conférences, voulues par Colbert, à l'Académie Royale (il en est le Directeur), dont une sur l'expression des passions de l'âme. Les gravures reproduites à partir des dessins de Le Brun ont été publiées à partir de 1690. Le Brun met aussi en confrontation sur une même page des têtes humaines et animales. Il humanise l'animal à un moment où la Querelle de l'âme des bêtes fait rage.

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Au cours des années 1670 à 1680, Le Brun exécute pour le château de Colbert à Sceaux, le décor de la voute de la chapelle (détruite).

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Il décore également la chapelle située dans le chœur de l'église Saint-Nicolas-de-Chardonnet à Paris (rue des Bernardins dans le 5e), qu'il a obtenu avec messe pour lui et son épouse "à perpétuité". Elle accueillera la tombe de sa mère, et plus tard la sienne et celle de son épouse.

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Après la mort de Colbert il est tenu à l'écart par le Marquis de Louvois qui lui préfère Mignard. Le Brun exécute pour le roi, qui lui a conservé affection et confiance, des œuvres touchantes sur la vie du Christ. Il réserve une version de "l'Adoration des Bergers" à sa femme Suzanne Butay, sans doute son tout dernier tableau. Louvois le retiendra autoritairement pour le roi, malgré les supplications de Suzanne.

dessin préparatoire à la toile destinée à Suzanne - l'Enfant Jésus

Autre version de " l'Adoration des Bergers" - 1689

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Le Brun s'éteint le 12 février 1690 dans sa maison de Montmorency.

Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

Cette exposition sera, pour moi, la découverte de Le Brun peintre de chevalet à la sensibilité extrême, donnant aux traits de l'enfant Jésus et de la Vierge une douceur et une beauté émouvante. J'ai particulièrement admiré les cartons de la main de Le Brun.

cliquez sur les images pour les agrandir et faire défiler
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016
Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016Charles Le Brun - Louvre-Lens - août 2016

L'exposition est terminée depuis hier.

Photos MP

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Jeudi 7 août

9 h 15 - gare SNCF de Lens

Nous découvrons une vaste place désertique. Il fait gris, il bruine. La première impression est plutôt sinistre.

Nous nous réfugions dans le seul café ouvert pour attendre la navette qui mène au musée. Finalement nous optons pour un taxi. Le chauffeur est pessimiste, le musée n'a pas apporté beaucoup aux habitants de Lens, ni à sa corporation, sauf durant la construction : "Une usine aurait été préférable" nous dit-il. Le Louvre Lens n'a pas eu l'impact du Guggenheim de Bilbao, notamment sur l'emploi.

9 h 50 - Le taxi nous dépose devant le musée.

Nous traversons une immense esplanade. Nous sommes les premiers visiteurs.

Le musée est construit sur l'ancienne fosse n°9 des mines de Lens, il est entouré d'un parc de vingt hectares. L'architecture est troublante (conçue par l'agence japonaise Sanaa). Certains murs semblent transparents, cachent-ils un jardin intérieur ? Il faut s'approcher pour voir que la construction s'efface dans le paysage : c'est le parc qui se reflète dans les parois de verre et d'aluminium poli.

10 h - Nous entrons dans le hall, immense, quelques visiteurs nous ont rejoints. Le matin, tout au long de notre visite , il y aura peu de monde. L'après-midi sera plus peuplé, notamment de groupes scolaires (en 2015 ils ont représentés un quart des visiteurs).

Visite de la "Galerie du temps".

Je retrouve le côté cotonneux des murs extérieurs, j'ai la sensation d'être dans un nuage. La salle est en pente douce, elle nous conduit à travers l'histoire, du quatrième millénaire avant notre ère jusqu'au milieu du 19è siècle. La juxtaposition d'œuvres de périodes et de provenances différentes, sensées dialoguer entre elles, peut-être contestable et contestée. En ce qui me concerne, si le Louvre Paris est pour moi le lieu culturel artistique par excellence où je ne me lasse pas d'aller régulièrement depuis une quarantaine d'années, j'ai aimé survoler, dans cette atmosphère ouatée, quelques belles œuvres de l'histoire de l'art.

Louvre-Lens - 62300 LENS - ouvert tous les jours, sauf mardi de 10 h à 18 h.

Prochain article : Exposition Charles Le Brun au Musée de Lens

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