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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016

Une photo émouvante, dont j'ai beaucoup de mal à me détacher, marque le destin tragique de Paula Modersohn-Becker. Paula est couchée, sa tête reposant sur un oreiller blanc où courre une broderie ajourée de petits soleils. Elle tient serrée contre elle un bébé et pose une main protectrice sur le petit crâne. Son visage est marqué par un accouchement qui a duré deux jours et s'est terminé au chloroforme et aux forceps . Ses lèvres dessinent un sourire fatigué. Est-ce le bonheur ?

Le temps est suspendu.

Il y a eu un avant.

Paula Becker est une adolescente déterminée à devenir peintre. Elle poursuit ses études d'art à Berlin, puis, plus tard rejoint un groupe de peintres à Worpswede, un village pauvre situé au nord de Brême, entouré de marais, de forêts et de dunes. Elle y rencontre son futur mari Otto Modersohn. Elle fait aussi la connaissance de Clara Westhoff, sculpteur, et de Rainer Maria Rilke, poète. Ils seront ses deux plus fidèles amis.

A Worpswede Paula peint dans un esprit symboliste des paysages brumeux, des marais. Elle dessine à l'hospice des pauvres, peint des portraits d'enfants et de vieillards.

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A l'aube du XXe siècle, elle est attirée par Paris, ville lumière. Elle y séjourne quatre fois, seule et inconnue, entre 1900 et 1907. A cette époque, l'animation règne au "Bateau Lavoir" avec Picasso, Modigliani, Juan Gris, Léger, le Douanier Rousseau… la liste serait longue.

Paula ne les croise pas et reste en marge de tout courant, libre de s'exprimer. Par le biais des expositions, les œuvres de Cézanne, Gauguin et Rousseau, la marquent profondément et la confortent dans sa propre démarche esthétique. Durant ses séjours à Paris, elle ne rencontrera que Rodin.

Durant huit années elle n'a qu'un seul but , "consciemment et inconsciemment, oh, peindre, peindre, peindre !"

Elle peint des autoportraits (influencée par les portraits égyptiens du Fayoum) , des natures mortes, des poissons rouges dans un bocal (dix ans avant Matisse), des fillettes nues, des bébés aux joues roses qui tètent, des mères et leurs nourrissons liés dans une plénitude charnelle...

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Puis un jour de mai 1906, elle se dénude et peint son reflet dans un miroir, elle a simulé un ventre rond. Un tissu blanc entoure ses hanches, elle porte un collier d'ambre, comme sur de nombreux autoportraits. Celui-ci est le plus célèbre : c'est la première fois qu'une femme se peint nue. En bas de la toile on peut lire : "j'ai peint ceci à l'âge de trente ans, à l'occasion de mon sixième anniversaire de mariage, PB".

Autoportrait au sixième anniversaire de mariage - mai 1906 - détrempe sur carton - 101,8x70,2cm. Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Autoportrait au sixième anniversaire de mariage - mai 1906 - détrempe sur carton - 101,8x70,2cm. Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Paula a pris des distances avec son mari : "Cher Otto… Mais je ne veux pas venir vers toi maintenant, je ne peux pas… Et je ne veux aucun enfant de toi : pas maintenant"

L'année 1906 Paula a travaillé fébrilement : quatre-vingts tableaux. Elle a vécu entourée de ses toiles.

Etre femme artiste est souvent un déchirement : comment choisir entre l'art et la famille ? Comment allier les deux ? Le dilemme se posait sans aucun doute pour Paula : "moi, pauvre petit être humain, je ne sais pas quel est le bon chemin pour moi", puis "ce qui compte le plus pour moi : la paix pour mon travail, et ça je l'ai aux côtés d'Otto".

A-t-elle choisi délibérément, à trente et un ans, d'être enceinte, a-t-elle provoquée le destin ?

La petite Mathilde nait le 2 novembre 1907.

Le temps est suspendu.

Il y a un court après.

Le 21 Novembre, la maison est en fête, envahie de fleurs et de bougies : Paula peut se lever. Elle tombe foudroyée par une embolie d'être restée couchée. Son dernier mot est "schade" "dommage".

Nourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cmNourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cm

Nourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cm

De son vivant Paula n'aura vendu que trois tableaux, dont un petit à Rilke. Le succès viendra trop tard.

A l'ouverture de sa succession on découvrira une œuvre incroyablement importante, plus d'un millier de tableaux et dessins. Sa correspondance et son journal deviendront des best-sellers. L'Allemagne la reconnaitra , on lui consacrera un musée à Brême en 1927.

Cette photo m'obsède. Sans cette fin dramatique, quel aurait pu être l'autre chemin de Paula. On dit maintenant qu'elle a effleuré le cubisme. Aurait-elle rejoint, voir dépassé dans sa démarche les célébrités du début du siècle ? Elle en avait la volonté, l'énergie, le talent. …" shade"

Beaucoup d'émotion à visiter cette exposition, mais aussi à lire le merveilleux livre de Marie Darrieussecq, "Etre ici est une splendeur" (biographie de Paula), ainsi que le poème de Rainer Maria Rilke dédié à Paula, "Requiem" .

"J'achèterai des fruits, où l'on retrouve la campagne, jusqu'au ciel.

Car à ceci tu t'entendais : les fruits dans leur plénitude.

Tu les posais sur des coupes devant toi,

tu en évaluais le poids par les couleurs.

Et comme des fruits aussi tu voyais les femmes,

tu voyais les enfants, modelés de l'intérieur

dans les formes de leur existence.

Et pour finir, toi-même tu te vis comme un fruit,

tu te dépouillas de tes vêtements,

tu allas te placer devant le miroir et tu t'y enfonças tout entière,

sauf le regard : lequel, sans fléchir,

s'abstint de dire : c'est moi. Non : ceci est.

extrait de "Requiem" - Rainer Maria Rilke

LE SITE DU MUSEE DE PAULA : http://www.museen-boettcherstrasse.de/francais

PAULA MODERSOHN-BECKER - 1876 Dresde 1907 Worpswede

Musée d'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS jusqu'au 21 août 2016

Ce tableau termine l'exposition -  Vieille domestique au jardin 1906 -  96x80,2cm - Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Ce tableau termine l'exposition - Vieille domestique au jardin 1906 - 96x80,2cm - Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016
PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016

APPEL A CANDIDATURE

Artistes demeurant dans le Val d'Oise et la région Ile de France

Les amis des arts d'Ermont - ARAMI - ART CONTEMPORAIN EN VAL D'OISE

Exposition au Théâtre Pierre Fresnay ERMONT - 95120

du 19 au 27 novembre 2016

renseignements, règlement et bulletin d'inscription : www.arami95.com

Voir l'exposition 2015 ci-dessous :

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

L'innocence archaïque

Un homme quitte son domicile du 2 bis rue Perrel, près de Montparnasse. Sur sa porte on peut lire l'affichette « Dessin, peinture, musique, cours à domicile, prix modérés ». Il a la soixantaine passée, marche légèrement courbé. Il porte un chapeau mou, mais a délaissé sa canne car il est encombré d'un grand tableau. Il se rend chez le célèbre marchand Ambroise Vollard dont la galerie se situe au 6 de la rue Laffitte.

Vollard se montre très enthousiaste devant l'œuvre.

« Parfait, dit l’homme, ainsi vous pourriez me donner une attestation comme quoi je fais des progrès ».

Il explique la raison de cette demande : il s’est entiché d’une femme, mais les parents sont réticents pour donner leur fille à un «artiste sans le sou ».

« La fiancée n’est pas majeure, demande Vollard, il lui faut le consentement de ses parents ? »

« Non, répond l’homme, elle a cinquante quatre ans ».

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

H.Rousseau - 1890 - Moi-même, Portrait-paysage - huile sur toile 146x113cm - Prague -

Cet homme, c’est Henri Rousseau, surnommé « le Douanier » parce qu’il a travaillé à l’octroi de Paris, où il était chargé de vérifier les denrées alimentaires entrant dans la ville. Il est deux fois veuf et depuis 1903 la solitude lui pèse.

Le peintre quitte Vollard muni de son attestation, elle sera complétée par une autre, rédigée par Apollinaire. Malgré tout le mariage ne se fera pas. Rousseau restera célibataire durant les quelques années qui lui restent à vivre.

Cette anecdote m'amuse mais me laisse perplexe. Elle a souvent servi à démontrer la naïveté de Rousseau. Pour moi, elle s'apparente plutôt à une farce. Rousseau pouvait-il vraiment croire que ces certificats seraient de nature à convaincre des bourgeois réticents ? J’en doute, je l’imagine plutôt présentant le document aux parents de sa conquête avec un œil facétieux et un petit sourire narquois dissimulé sous sa moustache.

Quelques traits de sa biographie révèlent en effet une certaine malice. Bien au contraire ses détracteurs y voient la justification de leur attribution à Rousseau des seuls qualificatifs « naïf », « ingénu », « enfantin ». C'est évidemment très réducteur : Rousseau est un personnage, ambigu peut-être, mais attachant, riche, un créateur, ce n'est pas seulement "un style".

En réalité il y a peu de documents et de sources fiables sur Henri Rousseau. Son atelier a été dispersé à sa mort, sa famille n'a pas perçu l'intérêt d'en conserver des traces. Rousseau est à la fois marginal dans son milieu social et dans le monde des Arts.

Totalement autodidacte, il commence à peindre sur le tard, sans doute vers 1871. Il obtient sa carte de copiste au Louvre et au Musée du Luxembourg en 1884. Il prend sa retraite pour se consacrer pleinement à la peinture en 1893, il a quarante neuf ans.

Le lion, ayant faim, se jette sur l'antilope - 1898-1905 - Huile sur toile 200x301 - Bâle, Fondation Beyeler

Le lion, ayant faim, se jette sur l'antilope - 1898-1905 - Huile sur toile 200x301 - Bâle, Fondation Beyeler

Il parvient à s'insérer dans le circuit artistique grâce au Salon des Indépendants où il expose régulièrement à partir de 1886, invité par un de ses premiers défenseurs : Paul Signac.

Au salon de 1905, Rousseau expose "Le Lion ayant faim"(Vollard lui achètera 200 francs, soit à peu près 800 euros actuels - source : http://france-inflation.com/calculateur_inflation.php).

Nota - Un petit paysage a été vendu aux enchères en 2014 par Arcadja 60.000 €

Son tableau provoque l'amusement du public et aussi l'indifférence des critiques, peu inquiet de l'influence de Rousseau sur les jeunes générations. Ils se trompaient : Rousseau a contribué à ouvrir de nouvelles voies plastiques et expressives et à imposer la singularité de sa vision. Picasso et Léger retiendront la leçon.

cliquez sur les images pour les agrandir
H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920

H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

Le Douanier Rousseau a lui-même été inspiré par "L'Homme au bonnet rouge" de Carpaccio - 1480-1490 - 35x23cm, Venise

Henri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée PicassoHenri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée Picasso

Henri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée Picasso

Dans l'almanach du groupe "Der Blaue Reiter", Kandinsky présentera Rousseau comme "le père du nouveau réalisme". Il lui achètera le tableau "La Basse-cour".

H.Rousseau "La basse-cour"- huile sur toile 24,6x32,9cm - 1896.1898 - Centre Pompidou - leg Nina Kandinsky 1981

H.Rousseau "La basse-cour"- huile sur toile 24,6x32,9cm - 1896.1898 - Centre Pompidou - leg Nina Kandinsky 1981

Les peintres de l'avant-garde parsèmeront leurs tableaux de références aux œuvres du Douanier qu'ils considèrent comme un maître.

Les surréalistes retiennent de l'œuvre de Rousseau la magie des images "d'intérêt dérisoire au point de vue réaliste, ses œuvres sont bel et bien du ressort surréaliste avant la lettre" A. Breton

Durant les années 1906-1908, Rousseau rencontre Delaunay, qui est l'un de ses premiers soutiens et collectionneurs, et Picasso. Il fréquente la bande du "Bateau Lavoir", les reçoit chez lui où l'on mange et boit ce qu'il y a. Rousseau jeûne parfois durant une semaine pour recevoir un joyeux mélange de gens de lettres, peintres, élèves, commerçants et demoiselles de son quartier, dans une atmosphère fantasque et musicale.

Quelques mois avant de quitter le "Bateau Lavoir" Picasso organise le célèbre "banquet" en l'honneur de Rousseau et pour célébrer la toile qu'il a acheté cinq francs chez le père Soulié : le Portrait de Madame M.

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Henri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par BrassaïHenri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par Brassaï

Henri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par Brassaï

L'œuvre de Rousseau comprend de nombreux paysages, des scènes de la vie quotidienne, des portraits, des natures mortes. Les compositions, qu'il appelait lui-même des "créations", traitaient de sujets romanesques, patriotiques ou "modernes", allégoriques ou exotiques.

Les jungles sont la part la plus surprenante et la plus ambitieuse de son œuvre. Il transpose sur un mode fantastique la végétation qu'il a observée dans les serres du Jardin des plantes, c'est l'expression personnelle d'un regard porté sur la nature. Rousseau est isolé, il n'adhère (sans doute n'est-il pas convié non plus) à aucun des mouvements en "isme" de son époque. Il est aussi plus libre.

C'est cette liberté que l'on retrouve dans ses jungles. On pénètre dans les camaïeux de verts, on écarte les feuilles géantes, on respire les fleurs colorées, on entend les cris des singes, on surprend un œil d'éléphant. Tout est douceur, la lumière, les ciels purs, les nuages roses, les lunes blanches. On est émerveillé et apaisé. C'est le paradis retrouvé, car rien n'est vraiment dramatique : le jaguar semble enlacer le joli cheval blanc plutôt que l'attaquer, le tigre "surpris" apparaît effrayé plus qu'effrayant, l'antilope saigne un peu mais le lion n'est pas terrifiant, il montre ses dents comme le rire des humains de Yun Minju.

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 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail

La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

A la fin de sa vie, Rousseau est dans le plus grand dénuement. Il meurt à l'hôpital Necker le 2 septembre 1910, victime d'une gangrène. Ses amis conviés au service religieux recevront les cartons alors que les obsèques sont déjà célébrées. Seuls Signac et Delaunay assistent aux funérailles. Enterré dans une fosse commune, sa dépouille sera transférée au cimetière de Bagneux grâce à la souscription de ses amis intimes, puis en 1947 à Laval son lieu de naissance.

L'épitaphe qui se trouve sur sa tombe est de Guillaume Apollinaire :

Gentil Rousseau tu nous entends

Nous te saluons Delaunay sa femme Monsieur Queval et moi

Laisse passer nos bagages en franchise à la porte du ciel

Nous t'apporterons des pinceaux des couleurs des toiles

Quelques autres œuvres exposées

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La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903
La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903
La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903

La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903

Et ma toile préférée d'Henri Rousseau qui n'est pas exposée mais que j'ai eu le bonheur d'admirer il y a quelques années.

La bohémienne endormie - 1897 - Huile sur toile 129x200 cm - MOMA New-York

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016
LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

A noter que Rousseau a écrit un drame: "La vengeance d'une orpheline russe" . J'ai pu me procurer une édition de 1947. Ce n'est pas une grande œuvre littéraire mais c'est émouvant de la lire. Une pièce de théâtre est difficile à construire, elle demande une mise en scène des personnages et à chacun sa façon de s'exprimer . Le "naïf douanier" réussit le challenge. On ne s'ennuie pas et l'on s'amuse même avec les serviteurs qui russes ou français s'expriment dans un même patois fleuri. Etonnant Rousseau, pas aussi naïf qu'on veut bien nous le faire croire !

Ci-contre manuscrit original

Le sujet de la pièce : Sophie est une jeune fille Russe orpheline, élevée par sa tante Mme Yadwigha à Saint Petersburg. Mme Yadwigha souhaiterait que Sophie épouse un officier de marine, Gaston, mais Sophie se laisse séduire par Henri, un allemand employé de banque. Il l'entraîne à Paris, puis l'abandonne sans un sou et sans logis. Elle jure de se venger. Elle est recueilli par le Général Bosquet, 76 ans, qui l'adopte. A la mort de celui-ci, riche héritière, elle retourne à Saint Petersburg. Sa tante est décédée. Elle retrouve Henri qui s'est marié. Gaston toujours épris de Sophie provoque Henri en duel et le tue.

EXPOSITION JUSQU'AU 17 JUILLET 2016

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UN PEINTRE VISIONNAIRE

Le titre de Conservateur du Muséum National qu'avait obtenu Hubert Robert en 1795 imposait, bien évidemment, que la grande rétrospective consacrée à son œuvre fût présentée là où il avait exercé sa fonction, là où il avait également demeuré : au Louvre !

Je n'étais pas une grande "fan" des ruines d'Hubert Robert, mais avec cette présentation , ce mélange de dessins, de gravures et de peintures, j'ai été conquise.

Hubert Robert, mémorialiste de son temps, décrit Paris, l'Histoire, la Révolution française et l'on regarde avec nostalgie, le pont Notre Dame , la Bastille en destruction, le port de Rome…

Mais ce que j'ai particulièrement aimé, ce sont ses merveilleux dessins à la sanguine, où, dans des décors gigantesques, se déplacent de petits personnages. C'est mon grand coup de cœur.

Tous ces dessins mesurent environ 30x40cm - photos web
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -

Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 - Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -

Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74
Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74

Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 - La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74

Hubert Robert donne, dans son œuvre, une place considérable aux arbres. Il en fait même le sujet central du dessin "L'Arbre renversé".

Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780
Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780

Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780

L'Arbre renvrsé, 1762/63 -  Etude de plantes, 1761/62L'Arbre renvrsé, 1762/63 -  Etude de plantes, 1761/62

L'Arbre renvrsé, 1762/63 - Etude de plantes, 1761/62

Hubert Robert nait en 1733. Ses parents appartiennent à la maison du comte de Stainville. Hubert Robert est destiné à entrer dans les ordres. Il étudie au collège de Navarre (le comte n' est pas étranger à cette admission dans un collège aristocratique).

Devant ses dons évidents pour le dessin d'architecture, il devient élève du sculpteur Michel-Ange Slodtz en 1751. De 1754 à 1765 Hubert Robert séjourne à Rome auprès du comte de Stainville, nommé ambassadeur de France.

Bien qu'il ne soit pas lauréat du Prix de Rome, mais avec l'appui du comte il est logé à l'Académie de France, installée au palais Mancini. Il reçoit l'enseignement de Pannini, professeur de perspective à l'Académie et peintre de ruines, et celui de Piranèse dont l'atelier est situé non loin de l'Académie. En 1759 Hubert Robert obtient une place officielle de pensionnaire.

En 1765 c'est le retour à Paris où il connaît un succès immédiat avec ses œuvres associant un évènement contemporain à une vue de ruines. Cela lui vaut le surnom de "Robert des ruines". Ses clients, mécènes et amis comptent parmi les plus hauts personnages du royaume : Le comte d'Artois (frère de Louis XVI), le marquis de Marigny (frère de Mme de Pompadour), le comte de Stainville, fait duc de Choiseul et devenu ministre, la famille de La Rochefoucauld….

Il fréquente les "lundis" , réservés aux artistes, de Madame Geoffrin, riche bourgeoise de la rue Saint-honoré . Viennent y dîner Boucher, Carle van Loo, Joseph-Marie Vien. Les "mercredis de Madame" sont jours des gens de lettres et accueillent Marivaux, Fontenelle, Voltaire, d'Alembert et Diderot.

En 1766 Hubert Robert est reçu à l'Académie Royale pour son tableau "Port de Ripetta". L'année suivante il participe au premier Salon, il y présente plus de quinze tableaux dont le Port de Ripetta. Il exposera au Salon régulièrement jusqu'en 1798 une dizaine d'œuvres

Le Port de Ripetta - huile sur toile - Ecole des Beaux-Arts de Paris

Le Port de Ripetta - huile sur toile - Ecole des Beaux-Arts de Paris

En 1773 il décore pour le cardinal de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen, la salle des Etats de l'archevêché. C'est le seul décor d'Hubert Robert, conservé de nos jours en France.

Retrospective Hubert Robert au Louvre - avril 2016

En 1777 Louis XVI lui commande deux tableaux. Il assure aussi, à partir de cette année là, des travaux de décoration et de conception de jardins.

1789 - Il peint "La Bastille dans les premiers jours de sa démolition".

Le Muséum central des arts ouvre le 14 août 1793 dans les locaux vétustes de la Grande Galerie

La Bastille dans les premiers jours de sa démolition - 1789 - 77x114cm - huile sur toile - Musée Carnavalet-

La Bastille dans les premiers jours de sa démolition - 1789 - 77x114cm - huile sur toile - Musée Carnavalet-

La Grande Galerie en ruine - 1796 - 112x143 cm - Musée du Louvre

La Grande Galerie en ruine - 1796 - 112x143 cm - Musée du Louvre

Le 23 Octobre 1793, Hubert Robert est arrêté pour ses relations avec les ennemis de la liberté. Il est emprisonné à Sainte-Pélagie puis à Saint-Lazare. Il aurait réalisé durant son incarcération cinquante-trois tableaux et de multiples dessins. Il est libéré le 4 août 1794 à la chute de Robespierre. Il a échappé de peu à la guillotine (un homonyme aurait été guillotiné à se place).

Le ravitaillement des prisonniers à Saint Lazare - 1794 - Musée Carnavalet Paris

Le ravitaillement des prisonniers à Saint Lazare - 1794 - Musée Carnavalet Paris

Le 16 avril 1795, Hubert Robert est nommé conservateur du Muséum National, notre Louvre actuel.

En 1802 il est mis à la retraite de sa fonction au Muséum national qui prend le nom de musée Napoléon.

En 1806 il est expulsé du Louvre où il était logé.

Il meurt brutalement le 15 avril 1808.

Sous l'Empire (1805-1810) un nouvel éclairage de la Grande galerie du Louvre est réalisé par Percier et Fontaine qui se souviennent des projets qu'Hubert Robert a exposé au salon de 1796.

Projet d'aménagement de la Grande Galerie - 1796 - 155x145cm - huile sur toile - Musée du Louvre

Projet d'aménagement de la Grande Galerie - 1796 - 155x145cm - huile sur toile - Musée du Louvre

 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75
 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75

Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75

Cette exposition est très riche, ce n'est ici qu'un bref aperçu. Ne la manquez pas !

JUSQU'AU 30 MAI 2016 - HALL NAPOLEON Musée du LOUVRE

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Publié dans : #photographes

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir, tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer,

Charles Baudelaire

PHOTO DIDIER CHAZAL - Copyright

PHOTO DIDIER CHAZAL - Copyright

En 1976, Didier CHAZAL a vingt ans, il est graphiste et pratique la photographie. Le service militaire sera une chance pour lui : il est affecté sur le porte-hélicoptère "Jeanne d'Arc" comme photographe. Il fait le tour du monde.

Didier CHAZAL - Photographe de la merDidier CHAZAL - Photographe de la merDidier CHAZAL - Photographe de la mer

Ainsi naît la passion pour la mer, le désir de la contempler du ciel, plus tard de l'affronter dans la tempête et de secourir ceux qui s'y perdent.

En 1985, il s'installe à Dinard, ouvre une agence de création et de communication, puis une galerie.

En 2003, il devient bénévole à la station SNSM de Dinard parcourant la côte pour saisir sur le vif les embarcations en pleine action. Il est également canotier, bip à portée de main pour les secours en mer.

PHOTOS DIDIER CHAZAL - Copyright
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PHOTOS DIDIER CHAZAL - Copyright

Pour le pur plaisir, une semaine par an et durant dix années, il part sur le voilier Belem comme gabier-timonier.

Sa grande sensibilité artistique nous donne à voir des images de haute mer saisissantes et ses "estrans", la mer qui se retire, sont des représentations abstraites d'une pure beauté.

"De la haut je vis des émotions fortes, admirant les lumières rasantes d'hiver que l'on ne voit pas depuis la plage"

HAUTE MER

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Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer

Didier nous a quitté le 19 janvier. Un hommage émouvant lui a été rendu par la SNSM. Une armada de sept bateaux et quarante deux personnes à bord s'est rendue au sud de l'île de Cézembre, au large de Dinard, afin de disperser ses cendres. Didier avait cinquante neuf ans, nous étions très proche et je l'aimais tendrement.

PHOTO DIDIER CHAZAL - copyright

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Publié dans : #Expos Associations
L'HOTEL DE MEZIERES - EAUBONNE - photo JMB

L'HOTEL DE MEZIERES - EAUBONNE - photo JMB

AFFICHES 1996 - 2016 - cliquez sur les images pour les agrandirAFFICHES 1996 - 2016 - cliquez sur les images pour les agrandir

AFFICHES 1996 - 2016 - cliquez sur les images pour les agrandir

L'hôtel de Mézières à Eaubonne, Monument historique construit à la fin du XVIIIe siècle par l'architecte Claude Nicolas Ledoux, accueille chaque année l'exposition COURANT D'ART autour d'un thème choisi et réalisé par le collectif d'artistes de l'Association "Art Rencontre".

Cette année, le thème du "PONT" a été plébiscité pour symboliser les vingt années qui se sont écoulées depuis 1996, date de création de l'association par deux plasticiennes, Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre, et Cécile Denis.

La réalisation a demandé une année de travail et de réflexion. Le concept a vu le jour lors d'un séjour d'une vingtaine d'artistes au château de Ligoure (Haute-Vienne). Pour un tel projet il fallait une coordination, Lionel Erba dit Babar, plasticien, a assumé cette lourde charge.

Dans ce lieu classé, donner une nouvelle définition de l'architecture en utilisant des cageots, brisés, cassés et peints comme matériaux, était un challenge. C'est une réussite et pour cela il a fallu que le collectif d'artistes ne ménage ni son temps, ni sa fatigue. Compte tenu de la hauteur des plafonds, l'installation aérienne définitive a fait appel aux audacieux.

La scénographie du "PONT" marque à coup sûr le visiteur. Elle est aussi la preuve évidente qu'un réel esprit de groupe et de camaraderie existe au sein de l'association : un travail collectif demande l'acceptation d'un effacement de la créativité personnelle.

Autour de l'installation "PONT", trente artistes exposent une œuvre en relation avec le thème.

Près de deux cents personnes se sont rendues au vernissage samedi 2 avril. Le Maire d'Eaubonne, Grégoire Dublineau, était présent. Il a conclu son discours en soulignant "l'humanisme" dont font preuve les artistes d'Art Rencontre au sein de la Ville.

DIAPORAMA - Un moment de l'installation : Lionel Erba (Babar), Jean-Marie Brochard et Jean-Pierre Mignot
DIAPORAMA - Un moment de l'installation : Lionel Erba (Babar), Jean-Marie Brochard et Jean-Pierre Mignot
DIAPORAMA - Un moment de l'installation : Lionel Erba (Babar), Jean-Marie Brochard et Jean-Pierre Mignot

DIAPORAMA - Un moment de l'installation : Lionel Erba (Babar), Jean-Marie Brochard et Jean-Pierre Mignot

DIAPORAMA VERNISSAGE - Discours de Grégoire Dublineau, à gauche Maryse Meney, adjointe à la culture et Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre - photos JPM
DIAPORAMA VERNISSAGE - Discours de Grégoire Dublineau, à gauche Maryse Meney, adjointe à la culture et Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre - photos JPM
DIAPORAMA VERNISSAGE - Discours de Grégoire Dublineau, à gauche Maryse Meney, adjointe à la culture et Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre - photos JPM

DIAPORAMA VERNISSAGE - Discours de Grégoire Dublineau, à gauche Maryse Meney, adjointe à la culture et Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre - photos JPM

Dans la jolie petite galerie de Mézières ont été installées les affiches qui couvrent les vingt années de "Courant d'Art", ainsi que des affiches d'artistes exposants (la Galerie invite régulièrement un artiste, dont la démarche est singulière, à présenter ses œuvres).

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Dans l'orangerie, "Chœur de Sculpteurs" , animé par Rolande Vincent et Christiane Edmond, a reçu tout le week-end, les amateurs de poterie pour une initiation. Au plaisir de modeler la terre s'ajoutait le plaisir de la musique avec le groupe des "Mordus de la guitare". Un réel bonheur pour moi d'avoir participé à cette manifestation samedi après-midi.

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CI-DESSOUS VISITER L'EXPOSITION

cliquez au centre sur le carré pour agrandir le livre.

EXPOSITION JUSQU'AU DIMANCHE 17 AVRIL.

Renseignements : http://www.art-rencontre.fr/

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Publié dans : #Expositions à Paris
 photos MP. Cliquez dessus pour les agrandir.

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Un grand coup de cœur à la Fondation Vuitton pour les artistes chinois exposés dans le splendide bâtiment de Frank Gehry (pour le revoir http://www.voir-ou-revoir.com/2014/11/fondation-louis-vuitton-paris-nov-2014.html)

Cette exposition comporte deux parties :

- dans les galeries supérieures des œuvres chinoises de la Collection de la Fondation

- au rez-de-Bassin "BENTU", titre signifiant "terre natale" en chinois, présente douze jeunes artistes sélectionnés (la plupart ont une trentaine d'années).

"Cette sélection ne prétend pas au panorama mais elle met en lumière le caractère protéiforme d'un art chinois qui convoque tous les médias de manière totalement décomplexée et mixte tradition et culture locales, avec les enjeux de la mondialisation et ceux propres à la Chine, que ce soit la nouvelle donne économique, l'écologie, la question de l'identité et surtout, la transformation des rapports entre la ville et la campagne"

Suzanne Pagé - Directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton

Je vous propose tout simplement une visite en image avec quelques commentaires.

GALERIES SUPERIEURES

Ai Weiwei

"TREE" 2010 -

Tronçons de bois 530x560x660cm - Cet arbre appartient à une série. Il est constitué de fragments morts, les jointures sont visibles.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Huang Yong Ping

"CINQUANTE BRAS DE BOUDDHA" - 1997/2013 -

Métal, terre cuite, résine, objets divers - 477x404x415cm

A partir d'une structure métallique inspirée par le "Porte-bouteilles" de Marcel Duchamp, Huang Yong Ping, fondateur du mouvement Xiamen Dada en 1996, réinvente le"Bouddha aux Mille Bras",

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Zhen - Production Madein Company

Image 1) "NEW" 2014 - Acier inoxydable, peinture, 402x130x110cm -

En 2009 Xu Zhen crée MadeIn Company, entreprise destinée à la production et à la recherche artistique. Xu Zhen assimile ses réalisations à des "produits", son nom devenant une marque.

Images 2 et 3) Eternity - Mélange d'anciennes sculptures chinoises et grecques

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Zhang Xiaogang

My ideal - 2003-2008 - huile sur toile - 279x500cm et Bronze -

Représentation de cinq enfants nus jusqu'à la ceinture, habillés dans des costumes d'adultes incarnant les différentes classes de la société symbolisées par le drapeau chinois : au centre le soldat en rouge ou le parti communiste chinois, les travailleurs, les paysans, la petite bourgeoisie (commerçants, marchands) et les lettrés. Tout en étant habillés différemment ils sont identiques et perdus dans le groupe.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Yan Pei-Ming

All crows under the sun are black - 2012 - huile sur toile 280x400cm

Un vol de corbeaux au-dessus de l'Acropole émerge d'un chaos de touches sombres brossées à larges coups de pinceaux expressifs.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Zhang Huan

Star de l'art contemporain chinois. Au début des années 1990 c'est un artiste d'avant-garde qui met souvent son corps au supplice. Il s'installe à New-York en 2000 et reste huit ans. "au bout de huit ans là-bas, j'ai compris que j'étais chinois".

Son studio est immense comme son pays. Bambous, citronniers volière, cascade, mènent à son gigantesque atelier ou s'agitent parfois jusqu'à trois cents assistants.

Ses deux immenses toiles 286x1080cm réalisées à partir de cendres issues des encens brûlés dans les temples sont les plus impressionnantes de l'exposition. A couper le souffle !

"La cendre n'est pas la cendre, ni une matière. C'est une sorte d'âme, de mémoire, de bénédiction collective" Zhang Huan

Diaporama

- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.

- Great Leap Porward - 2007 - des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.

- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong
- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong
- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong

- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong

et deux autres œuvres de Zhang Huan :

images 1 et 2) Long Island Buddha - 2010-2011 - cuivre 172x277x177cm

"C'est un autoportrait. C'est mon visage. Je cherche à transcrire la transmigration des âmes et l'illumination de l'esprit".

images 3 et 4) Zhang Huan Sudden awakening - 2006 - cendre et acier - 70x 78x100cm

Imprégné de philosophie bouddhique, l'artiste explore les thèmes relatifs aux relations corps-esprit, aux cycles de la vie et de la mort.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016

Rez-de-bassin - Exposition BENTU

Hao Liang

Une merveille !

The virtuous being, 2015

Encre et couleurs sur rouleau de soie, dimension totale du rouleau 40x1312cm

Diaporama - quelques détails

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Liu Shiyuan

From Happiness to whatever, 2015 Installation - Tapis, amplis, ipod player.

Liu Wei

Installation - contrastes entre les formes géométriques pures et les matériaux bon marché d'origine locale, allégorie de la Chine actuelle

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Liu Xiaodong

représentant du "Nouveau réalisme chinois"

Juncheng airport - 2010 Huile sur toile 300x400 cm

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Qiu Zhijie

From Huaxia to china - 2015 - Encre sur papier

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Qu

s'inspire de la vie quotidienne de son pays

Currency wars - 2015 - installation - toiles bifaces montées sur roulettes qui représentent des détails de billets de banque. Une face neuve, une face usée .

Diaporama

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Zhen

Eternity the soldier of marathon annoncing victory, a wounded galatian - 2014

Beton armé de fibre de verre, poudre de marbre, marbre

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016

Je souhaite vous avoir donné le vif désir de courir à la Fondation Vuitton

Vous avez jusqu'au :

5 septembre 2016 pour COLLECTION DE LA FONDATION

2 mai 2016 pour BENTU

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens
L’art n’est qu’un dérivatif à la puissance d’aimer -
Rodin (Paris 1840- Meudon1917)

Le musée Rodin de Paris, installé dans l'Hôtel Biron, vient de rouvrir ses portes après trois ans et demi de travaux, essentiellement de consolidations. Les murs blancs ont été abolis et peints en gris taupe et gris vert pour mettre en valeur les matériaux blancs, le plâtre et le marbre, chers à Rodin .

Les œuvres ne sont pas plus nombreuses, mais les bronzes posthumes ont été remplacés par des moulages exécutés du vivant de Rodin. Le parcours a été enrichi tout en conservant l’esprit de la présentation de Rodin.

Le musée a été créé, à la demande de Rodin, au début du XXe siècle et officiellement inauguré en 1919. La villa des Brillants à Meudon où Rodin vécut avec Rose Beuret, compagne de sa vie et épouse de dernière heure, est également devenue un musée Rodin.

cliquez sur les images pour les agrandir
Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée
Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée

Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée

A quarante ans, Rodin a une tête puissante, un front large, les cheveux courts et une barbe longue, il ressemble au "Moïse" de Michel Ange.

1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile  2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle  3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile  2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle  3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile  2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle  3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile

1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile 2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle 3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile

Rodin voue une grande admiration à Michel Ange, il est subjugué par son œuvre mais sa pratique est contraire : Michel Ange dégageait la figure enfouie dans le bloc en creusant la pierre ou le marbre (il enlèvait de la matière) ; Rodin est un modeleur de terre, un sculpteur de plâtre (il ajoute de la matière).

Rodin ne frappe pas lui-même la pierre, il s’entoure de patriciens talentueux qui sont chargés de tailler le marbre d'après ses modelages ou ses plâtres : François Pompon, Jules Desbois, Antoine Bourdelle, Séraphin Boudbinine, parmi d’autres.

Pour que soit conservée l'image d'un génie solitaire et romantique, Rodin acceptera d’être filmé par Sacha Guitry, ciseau et maillet en main. La séquence est émouvante mais l'illusion n'est pas parfaite.

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

D'ailleurs était-ce nécessaire ? Mettre en œuvre les projets d'un maître est une pratique encore courante de nos jours. Alors direz-vous où se cache le talent du maître ? Pour Rodin il se manifeste dans ses dessins (il en exécutera environ 9000 , dont 7000 sont conservés au Musée) et dans les centaines de figures et de formes qui naissent sous ses doigts, jaillissent de l'argile. Rodin est un modeleur de chair.

Pour comprendre son œuvre il suffit de regarder « La Porte de l’enfer », commande de l’Etat pour un musée qui ne verra jamais le jour. Durant vingt années, et sans tenir compte de la cessation du contrat, Rodin va modeler des centaines de figurines, les mêler, les enchevêtrer, en s’inspirant de la Divine Comédie de Dante puis des Fleurs du mal de Baudelaire. « La Porte » sera à la fois son œuvre et une source inépuisable d’inspiration. Rodin se nourrit de sa propre création, il extrait de "sa Porte" des figures (Ugolin, La Méditation, Le Penseur …) et des groupes pour les faire exploiter dans toutes les dimensions par ses assistants .

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La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails

La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails

Dessins de RodinDessins de Rodin

Dessins de Rodin

Loin de l'idéal classique, Rodin joue de l'aspect fragmentaire de ses œuvres, les formes lisses surgissent du bloc brut dont la taille reste inachevée. On assiste à la naissance de l'œuvre, c'est ce qui nous émeut. Sa manière est celle du "non finito" : Rodin était sensible à la poésie et la beauté qui se dégageaient des sculptures antiques mutilées ou des fragments retrouvés.

La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889

La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889

Dernière vision - 1903 marbre taillé et Adam et Eve - marbre taillé en 1905 par Gaston SchneggDernière vision - 1903 marbre taillé et Adam et Eve - marbre taillé en 1905 par Gaston Schnegg

Dernière vision - 1903 marbre taillé et Adam et Eve - marbre taillé en 1905 par Gaston Schnegg

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

La « poire molle » comme l’appelait son père, ne s'intéresse depuis l’enfance qu’au dessin. Rodin est lent, distrait, inapte à poursuivre des études sérieuses. Sa mère et sa sœur Maria, convaincues de ses dons, arrivent à persuader le père de faire entrer Auguste en 1854 à l'école de dessin et de mathématiques nommée "Petite Ecole" (devenue Ecole Supérieure des Arts Décoratifs).

Après la "Petite Ecole", il échoue trois fois au concours des Beaux-arts pour la sculpture . Son seul soutien c'est Maria et il perd presque la raison lorsque Maria décède en 1862 . Il entre alors comme novice au monastère de la Congrégation du Très-Saint-Sacrement crée par le Père Eymard et c'est grâce à celui-ci qu'il retrouvera, avec le temps, le goût de la vie. Il quitte le monastère et retourne à la sculpture, ou plutôt au modelage. 1865 .

L'Homme au nez cassé (ou Le Masque de Bibi ) que Rodin considérait comme sa première grande œuvre est refusé au Salon. 1866.

il rencontre Rose Beuret, une couturière. Elle lui sert d'assistante et de modèle, lui prépare ses repas et fait la tournée des marchands pour vendre ses figurines "manière XVIIIe siècle". L'atelier de Rodin est alors situé rue Le Brun dans une ancienne écurie.

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

Son engagement dans l'atelier de Carrier-Belleuse lui permet de s'installer plus confortablement à Montmartre. Rose met au monde un garçon qu'il ne reconnaîtra jamais. Il suit Carrier-Belleuse en Belgique, une brouille les sépare et Rodin ouvre un atelier à Ixelles avec Antoine-Joseph Van Rasbourgh.

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

Rose le rejoint sans leur fils, ils s'installent dans une petite maison près de la forêt de Soignes.

Rodin envoie son "Homme au nez cassé", retouché et exécuté en marbre par Léon Fouquet, au Salon de 1875. Il est accepté, l'affront de 1865 est réparé.

Après un voyage en Italie et imprégné des œuvres de Michel Ange, Rodin quitte Bruxelles. Il y a exposé "Le Vaincu" au Cercle artistique et littéraire. Il soumet cette statue rebaptisée "L'Age d'airain" au Salon de 1877. On le soupçonne d'avoir pratiqué un moulage sur son modèle (un jeune soldat, Auguste Neyt). La statue ne trouve pas d'acquéreur. Rodin retourne assister Carrier-Belleuse.

L'Age d'Airain - bronze - 1877L'Age d'Airain - bronze - 1877

L'Age d'Airain - bronze - 1877

En 1879 il obtient enfin une commande de l'Etat pour la porte du futur musée des Arts Décoratifs. Deux ateliers sont mis à sa disposition au Dépôt des marbres, 182 rue de l'Université. Vers 1884 une nouvelle élève très douée intègre son groupe de praticiens. Elle s'appelle Camille Claudel, elle est jolie, yeux bleus, cheveux jusqu'à la taille . Elle deviendra sa "divinité malfaisante", il promet tout ce qu'elle veut… il promet seulement.

En 1889, le vent a tourné, dix ans après la première commande officielle, Rodin est entouré d'un cercle d'admirateurs. Il fréquente tout ce que Paris compte comme écrivains, critiques, artistes et hommes politiques (il sera élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1903). Il est submergé de commandes de monuments , hommages à Victor Hugo, à Claude Lorrain, à Baudelaire....

La statue de Balzac "son enfant chéri" sera la plus controversée. Rodin a réalisé plusieurs études de nu dont une "au gros ventre". Il choisit finalement de représenter Balzac en robe de chambre, la tenue préférée de l'écrivain pour travailler. Rodin fait plusieurs essais. Il plonge un manteau dans du plâtre et l'installe au milieu de son atelier. L'étude finale en plâtre, exposée au salon de 1898, fera scandale.

1) Rodin - Balzac au gros ventre Plâtre  2) Tête de Balzac - terre cuite1) Rodin - Balzac au gros ventre Plâtre  2) Tête de Balzac - terre cuite

1) Rodin - Balzac au gros ventre Plâtre 2) Tête de Balzac - terre cuite

Pour la ville de Calais, Rodin fait surgir du plâtre enduit six hommes, six bourgeois la corde au cou qui commémorent une page d'histoire : les six bourgeois livrés à Edouard III, roi d'Angleterre en contrepartie de la vie des habitants. Rodin les imagine à l'instant du départ, "chacun d'entre eux avait à sa manière pris la résolution et vivait cette dernière heure à sa manière, la vivait avec son âme, la souffrait avec son corps qui tenait à la vie" (Auguste Rodin, de Rainer Maria Rilke, 1903). Rodin a recours à plusieurs assistants pour réaliser cette œuvre, dont Camille, Camille qui ne lui pardonne pas son attachement à sa vieille compagne Rose. En 1893 c'est la rupture entre les deux amants.

Rodin obtient du conseil municipal de Paris un terrain sur lequel il fait bâtir son pavillon de l'Alma, une gloriette Louis XVI "semblable à l'orangerie d'un château". Il y reçoit les visiteurs durant l'exposition universelle de 1900, vend pour deux cent mille francs de sculptures et de dessins. Sa "Porte" est exposée, ce sera la seule fois, elle ne sera fondue en bronze qu'après sa mort.

Le Conseil Municipal n'a pas apprécié qu'on lui force la main, Rodin doit libérer la place de l'Alma. Il fait démonter sa gloriette et la transfère à Meudon où il a acheté en 1895 la villa des Brillants. 1912 .

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L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon

L'allée menant à la Villa des Brillants et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon

Les bourgeois de Calais - plâtre Musée Rodin Meudon

Les bourgeois de Calais - plâtre Musée Rodin Meudon

Il subit sa première attaque. Il a quitté sa maîtresse du moment, Claire de Choiseul, pour retrouver Rose à Meudon. Durant la guerre ils partent en Angleterre puis à Rome. Lorsqu'il n'y a plus de danger ils retournent à la villa des Brillants, leur fils en est le gardien.

En 1917 Rodin lègue l'ensemble de ses œuvres à l'Etat. Elles seront présentées à l'Hôtel Biron. En janvier il épouse enfin Rose après une seconde attaque et une congestion cérébrale, il perd un peu la raison, on guide sa main pour la signature. Ils souffrent du froid et du rationnement. Rose meurt en février, Rodin la rejoint en Novembre

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Je vous propose de regarder encore quelques sculptures ....

1) Rodin - Femme accroupie 1906-1908 - Fonte au sable 2) l'Homme qui marche bronze 19071) Rodin - Femme accroupie 1906-1908 - Fonte au sable 2) l'Homme qui marche bronze 1907

1) Rodin - Femme accroupie 1906-1908 - Fonte au sable 2) l'Homme qui marche bronze 1907

Rodin - Mouvements de danse 1911 - plâtreRodin - Mouvements de danse 1911 - plâtreRodin - Mouvements de danse 1911 - plâtre

Rodin - Mouvements de danse 1911 - plâtre

Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016
Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016
Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016
  Rodin - Le baiser  Rodin - Le baiser

Rodin - Le baiser

Rodin - L'Orpheline alsacienne - vers 1180 - Buste en marbre taillé par Henri Tréhard - Assistant

Rodin - L'Orpheline alsacienne - vers 1180 - Buste en marbre taillé par Henri Tréhard - Assistant

L'atelier de Meudon, que j'avais visité l'été dernier, est impressionnant sans doute, mais l'ensemble est un peu froid. Auguste Rodin et Rose ont été inhumés dans le jardin près du Penseur.

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Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain

Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain

Musée RODIN - Réouverture - février 2016
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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Bibliothèque Nationale de France François MitterandBibliothèque Nationale de France François Mitterand
Bibliothèque Nationale de France François MitterandBibliothèque Nationale de France François Mitterand

Bibliothèque Nationale de France François Mitterand

Cette exposition "L'alchimie du livre" de l'artiste allemand Anselm Kiefer se terminait le 7 février. J'ai fait cette visite le dernier jour, je ne peux donc pas vous inciter à vous y rendre. Par contre se tient en ce moment au Centre Pompidou et jusqu'au 18 avril 2016 une exposition consacrée à une rétrospective de son œuvre de la fin des années 1960 à nos jours. Je ne vais pas manquer de m'y rendre très vite, l'exposition de la Bibliothèque Nationale François Mitterrand m'ayant particulièrement passionnée.

Anselm Kiefer est né dans le Bade-Wurtemberg en mars 1945 (deux mois avant la reddition des armées allemandes) dans un milieu familial petit-bourgeois. Il commence des études de droit et suit parallèlement les cours des Beaux-Arts de Fribourg, puis de Karlsruhe.

En 1969, il se fait connaître en se photographiant, dans des villes autrefois occupées par l'armée allemande, le bras levé selon le salut nazi : son but est de réveiller les consciences mais aussi de s'interroger sur sa situation de peintre dans l'Allemagne après l'Holocauste.

Les œuvres de Kiefer sont décriées mais lui permettent de se faire connaître.

En 1970, son art prend progressivement la forme d'une quête spirituelle portée par les mythes, la religion, les cosmogonies, la kabbale, mais aussi des femmes au destin tragique.

A partir des années 1980, il participe aux grandes expositions d'art contemporain et représente l'Allemagne à la Biennale de Venise.

En 1993, il quitte l'Allemagne pour la France. Il s'installe à Barjac, dans le Gard, dans une ancienne filature désaffectée puis achète l'ancien entrepôt de 40.000 mètres carrés de la Samaritaine dans l'est parisien, selon l'artiste "à peine suffisant pour tout caser".

En 2007, il inaugure "Monumenta" au Grand Palais de Paris. Il offre son domaine de Barjac à l'Etat pour en faire une fondation franco-allemande. Il reçoit la commande d'une œuvre pour l'aile Sully du Louvre.

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre 1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

L'exposition de la BNF est consacrée aux livres de Kiefer créés entre 1968 et 2015. De grandes dimensions, exemplaires uniques, réalisés dans des matériaux divers, ces livres sont le fondement de son oeuvre. Je vous propose de regarder quelques pages comme ont pu le faire les visiteurs.

"Shevirat h-kelim" - "le bris des vases" 2015 - installation métal, livres de plomb et bris de verre.

Le poids de ces livres interdit toute manipulation et renvoie à la mystique judaïque du Livre et à sa fonction mémorielle. Le titre fait allusion au mythe de la Création divine selon l'école kabbalistique de Safed au XVIe siècle. Les thèmes juifs se trouvent peu à peu dans l'œuvre de Kiefer surtout après son voyage en Israël en 1984.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"La lettre perdue"

Ancienne presse typographique envahie par des tournesols. Cette sculpture rappelle l'invention de Gutenberg . Le livre est source du savoir et symbole culturel. Le tournesol représente l'élan spirituel porté par le livre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"Der Rhein" 1982-2013

Ce livre composé de plusieurs impressions xylographiques présente une vue des berges du Rhin, symbole de l'identité allemande, mais paysage pollué par des édifices d'un style architectural nazi et des bunkers.

La figuration du polyèdre de la "Mélancolie" de Dürer renforce la germanité de l'œuvre.

"Nigredo" ou l'œuvre noire - Titre faisant référence à la première étape des opérations alchimiques. Cette sculpture montre la proximité du processus artistique de Kiefer avec l'alchimie par l'introduction de toutes sortes de matériaux dans son œuvre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Grand livre en plomb (je n'ai pas noté le titre exact et remercie par avance le lecteur qui pourra me fournir les informations)

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Mon coup de cœur final :

"Le livre" Grande marine, huile, émulsion, acrylique, shellac (gomme-laque), livre en plomb sur toile

Sacralisation du livre : l'idée du livre comme symbole de savoir immuable et d'élévation spirituelle et en même temps lourdeur du plomb qui rappelle tragiquement l'impossible envol de la culture et de l'art vers l'idéal.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Photos MP.

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Publié dans : #Expositions à Paris

Le Cabinet des Dessins du Louvre conserve le fonds le plus riche des œuvres de Parmigianino (Francesco Mazzola dit "Le Parmesan") : cent quatre-vingt-un dessins originaux, vingt qui lui sont attribués et quelques cent cinquante copies, écoles ou imitations de l’artiste.

Les provenances sont diverses : l’acquisition par Louis XIV de la collection "Jabach" en 1671, la vente des dessins de René Jean Mariette en 1775, les saisies d’émigrés pendant la Révolution, puis les donations du XIXe et du début XXe siècle.

Parmigianino a beaucoup dessiné. Un millier (environ) de dessins sont conservés dans différentes collections publiques ou privées.

C'est au stylet que Parmigianino esquisse d'abord ses œuvres, le plus souvent sur de petites feuilles . Les dessins de jeunesse sont essentiellement à la sanguine, ils montrent son appartenance au milieu artistique parmesan mais aussi l’influence de l’art de Corrège et à travers lui de Michel Ange et Raphael. Parmagianino utilise par la suite la pierre noire et la craie, (qui comme la sanguine sont des techniques sèches, souples et effaçables) avant de s’orienter vers la plume et l’encre. Parmigianino est l'un des artistes les plus doués du maniérisme italien(*). Son influence fut énorme et ses admirables dessins y contribuèrent .

On découvre dans l’exposition que lui consacre le Louvre une soixantaine d’œuvres choisies dans l’exceptionnel fonds du musée. Les visages sont beaux, il y a de la légèreté et de l'élégance dans le trait, de la grâce dans les mouvements de ses silhouettes élancées.

Très belle et émouvante exposition. Jusqu’au 15 février 2016.

(*)L’élément le plus remarquable de la stylistique du maniérisme est la déformation et la torsion des corps ; on l’appelle serpentina en raison de sa forme de S.
Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Parmagianino est né à Parme en 1503. Dès l’âge d’écrire il est remarqué par son maître pour ses dispositions à dessiner à la plume. Huitième d’une famille de neuf enfants, privé à l'âge de deux ans de son père peintre , il bénéficiera de l’affection de ses deux oncles paternels, Pier Ilario et Michele Mazzola, peintres eux-mêmes. Il travaillera dans l’atelier familial.

Admirateur de Raphael, cherchant à lui ressembler même physiquement, Parmagianino tout comme son modèle accomplit entre seize et vingt et un ans une véritable carrière riche en chefs d’œuvre.

Ci-dessous -

1 et 2 - Etude pour le Portrait de Galeazzo Sanvitale - 14,2x12,1cm sanguine et portrait à l'huile - Musée de Naples

3 et 4 - Autoportrait de face - 7,3x5,3cm - sanguine et Autoportrait au miroir ,Vienne

5 et 6 - Portrait d'homme - pierre noire, rehaut blanc, lavis beige 34,2x24,2cm et Portrait d'un collectionneur Londres - détail - datation de la peinture vers 1523/1524

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Parmagianino ne vivra pas en prince et ne bénéficiera pas de la protection des plus grands. A côté de son métier de peintre il exercera deux activités, la musique (il joue de façon excellente du luth) et l’alchimie. En 1531, la confrérie (à savoir le conseil de la fabrique) de Santa Maria della Steccata de Parme lui confie le décor de l’abside et de la voute orientale. Les travaux doivent être exécutés en dix huit mois. Le chantier avance lentement en raison de ses recherches obsessionnelles en alchimie .

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Sa personnalité se transforme, son visage angélique est dissimulé sous une barbe longue, cheveux hirsutes, tel l’autoportrait en Hermès où il apparaît vieilli, rappelant le Christ, ou Saturne dieu du temps. Il se voit comme un être « investi d’une dignité antique ou divine ».

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Il dessine en 1535 son portrait de profil à la manière des médailles.

Après une troisième reconduction des travaux, face à l'énième défaillance du peintre, La Steccata lui retire le chantier, il est poursuivi en justice et jeté quelques temps en prison.

Libéré il s'enfuit à Casalmaggiore.

Il meurt d'une fièvre violente au même âge que Raphaël (trente sept ans), peut-être empoisonné par les vapeurs du mercure de ses expériences d'alchimie.

DESSINS QUI SUIVENT :

1 - Viel homme barbu, assis, consultant un in-folio - 26,3x19,1 - plume et encre brune, lavis brun

2 - Etudes de deux putti, volant de dos, vus en raccourci 18,6x12,1cm sanguine

3 - Cavalier vu de dos sur un cheval cabré - 12,4x9,2cm sanguine

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Jeune fille debout tournée vers la gauche 27,6x17,2cm sanguine

2 - Sainte Cécile marchant, tenant son instrument et précédée par un ange - 20,4x15,3cm plume et encre brune, lavis brun

3 - La Vierge tenant l'Enfant Jésus adoré par un ange 20x10cm - sanguine, rehaut blanc, mise au carreau

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Saint Roch un genou en terre implorant le ciel - plume et encre brune, lavis brun, 20x14,8cm

recto/verso

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Ganymède et Hébé (?) - 14,8x9,8cm - plume et encre brune, lavis brun

2 - Homme nu debout de face brandissant une épée. 20x9,5xm - plume et encre brune, quelques traits de pierre noire.

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

La Vierge au long cou - 1534-1540, huile sur toile 21,6 X 13,2 cm - Florence - Les Offices

Ce tableau fut commandé en 1534 pour la chapelle Santa Maria del Servi à Parme. Il a été exécuté entre 1535 et 1540 c'est-à-dire à la fin de la vie de Parmigianino. Il mesure 216 x 132 cm, reste inachevé et est aujourd'hui conservé dans la galerie des Offices à Florence.

ET CI-DESSOUS A ECOUTER UNE HISTOIRE D'AMOUR

ET CI-DESSOUS A ECOUTER UNE HISTOIRE D'AMOUR

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Huile sur toile 55,9X46,4cm, Washington
Huile sur toile 55,9X46,4cm, Washington

Quel tableau de Fragonard, mieux que cet adorable "Amour folie", pourrait accompagner les vœux de bonheur et de santé que je forme pour mes fidèles lecteurs.

"L'Amour folie" est le dernier tableau présenté à l'exposition consacrée à Fragonard au Musée du Luxembourg. Le chérubin, emporté par la folie amoureuse (symbolisée par une marionnette rose à visage de fou) quitte la terre et les bosquets de roses pour s'élancer vers un ciel bleu où volent des oiseaux. C'est joyeux, léger, pur, et présage le préromantisme. "L'Amour folie" semble bien éloigné du titre un peu accrocheur "Fragonard amoureux galant et libertin", même si le terme "libertin" n'a pas à cette époque une connotation sensuelle, voir immorale, mais qualifie un libre penseur qui transgresse des siècles d'interdit et de tabou imposés par l'Eglise.

Fragonard nait à Grasse en 1732, ville à laquelle il restera attaché. La famille s'installe à Paris vers 1738 (sous le règne de Louis XV). Comme Matisse beaucoup plus tard, Fragonard devient un court temps petit clerc de notaire. Il entre ensuite quelques mois dans l'atelier de Chardin (il prépare la palette de maitre). Fragonard a environ 16 ans quand François Boucher lui ouvre les portes de son atelier, il y restera trois années. En 1752 il remporte le Grand Prix de l'Académie royale avec "Jéroboam sacrifiant aux idoles" et intègre l'école royale des élèves protégés, dirigée par Carle van Loo.

"Jeroboam sacrifiant aux idoles". 1752 Huile sur toile 111,5 x 143,5cm - Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts Paris

"Jeroboam sacrifiant aux idoles". 1752 Huile sur toile 111,5 x 143,5cm - Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts Paris

Il part à Rome où il est pensionnaire de l'Académie de France. Devenu l'ami d'Hubert Robert, il fait la connaissance de l'abbé Saint-Non, avec eux il visite l'Italie.

Lorsque Fragonard rentre à Paris en 1762, Rousseau vient de publier "La Nouvelle Héloïse". La peinture de Fragonard sera le reflet de la littérature et de la philosophie de son siècle.

En 1765, Fragonard est agréé à l'Académie royale de peinture avec "Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé". L'œuvre triomphe au salon. Fragonard obtient un atelier au Louvre. Au XVIIIe siècle, le Louvre, devenu le palais des peintres s'était transformé en une communauté de grands artistes occupant des ateliers.

Dans une esquisse préparatoire Fragonard avait représenté Corésus en vieillard, il le transforma pour la toile définitive en jeune homme androgyne, ce qui dérouta ses contemporains qui ne reconnaissaient plus les caractéristiques de l'homme et du prêtre.

"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers)  et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers)  et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)

"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers) et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)

Corésus et Callirhoé - détail

Corésus et Callirhoé - détail

En 1769, il épouse Marie Anne Gérard, artiste peintre en miniature et originaire, comme lui, de Grasse. On connait peu de chose de la vie personnelle et de la jeunesse amoureuse de Fragonard, mais d'après les témoignages les plus fondés il fut bon époux et bon père. Le couple aura deux enfants, Rosalie et Alexandre-Evariste qui deviendra un peintre célèbre.

En 1777, Fragonard réalise pour le marquis de Véri "Le Verrou", et en pendant "L'Adoration des Bergers". Cette confrontation peut apparaître étrange, mais en y regardant bien les deux tableaux sont complémentaires. "Le Verrou" représente la tentation charnelle. Un homme déshabillé retient dans sa chambre une femme. Il cherche à fermer le verrou. Est-elle entrée de son plein gré dans la chambre ? Une pomme est posée sur le guéridon pour une Eve qui va peut-être finalement succomber, ou être forcée. A l'opposé "l'Adoration des Bergers" représente Marie, l'Eve pure de la création, les bergers s'inclinent de loin.

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016

1789, c'est la prise de la Bastille et le début de la Révolution. Fragonard fait un séjour à Grasse. De retour à Paris il abandonne progressivement la peinture, devient membre de la "commune des arts" et est nommé conservateur du Muséum central des arts au Louvre. Inauguré en 1793. Louis XVI vient d'être guillotiné.

Fragonard s'éteint le 22 août 1806 dans son logement du Palais Royal.

Si Fragonard a exploré avec bonheur la thématique amoureuse, les nombreuses œuvres exposées au Musée du Luxembourg prouvent qu'il aborda bien d'autres genres : paysage, peinture d'histoire, grand décor et portrait.

Les peintures accrochées dans les premières salles, titrées "mythologies galantes", sont mes préférées : "Céphale et Procris", "l'Aurore triomphant de la Nuit" et son pendant "Diane et Endymion", "Jupiter et Callisto". Au delà du drame, charme et volupté dominent. Les velours verts et turquoises vibrent avec les roses tendres : c'est soyeux, lumineux, je suis subjuguée.

"Céphale et Procris" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"Céphale et Procris" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"L'Aurore triomphant de la Nuit" vers 1755-56 - Huile sur toile 95,3X131,4cm - Boston Museum of Fine Arts

"L'Aurore triomphant de la Nuit" vers 1755-56 - Huile sur toile 95,3X131,4cm - Boston Museum of Fine Arts

"Diane et Endymion" Huile sur toile 95x 137cm - Washington National Gallery of Art

"Diane et Endymion" Huile sur toile 95x 137cm - Washington National Gallery of Art

"Jupiter et Callisto" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"Jupiter et Callisto" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

Autres tableaux exposés :

"La chemise enlevée" - vers 1779 - huile sur toile 35x42cm - Musée du Louvre

"La chemise enlevée" - vers 1779 - huile sur toile 35x42cm - Musée du Louvre

"L'Enjeu perdu" ou "le Baiser gagné" - vers 1759-1760 - huile sur toile 48,3x63,5cm Metropolitain Museum of Art - New York

"L'Enjeu perdu" ou "le Baiser gagné" - vers 1759-1760 - huile sur toile 48,3x63,5cm Metropolitain Museum of Art - New York

"Les Baigneuses" - vers 1765-1770 - Huile sur toile 64x80cm - Musée du Louvre

"Les Baigneuses" - vers 1765-1770 - Huile sur toile 64x80cm - Musée du Louvre

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016
Petite parenthèse - Mon admiration pour Fragonard n'est pas nouvelle. J'ai interprété il y a longtemps ce tableau, chevalet installé dans la Grande galerie du Louvre où ne déambulait pas la foule d'aujourd'hui ...
"L'Instant désiré" - vers 1765 ? - Huile sur toile 50x61cm - collection particulière

"L'Instant désiré" - vers 1765 ? - Huile sur toile 50x61cm - collection particulière

"Deux Femmes sur un lit jouant avec deux chiens" ou "Le lever" - vers 1770 - huile sur toile 74,3x59,4cm - collection particulière

"Deux Femmes sur un lit jouant avec deux chiens" ou "Le lever" - vers 1770 - huile sur toile 74,3x59,4cm - collection particulière

"Le Colin-Maillard" - vers 1754-56 - huile sur toile 117x91cm - Toledo Museum of Art

"Le Colin-Maillard" - vers 1754-56 - huile sur toile 117x91cm - Toledo Museum of Art

"La Résistance inutile" vers 1770-73 - huile sur toile 45X60cm - Stockholm Nationalmuseum

"La Résistance inutile" vers 1770-73 - huile sur toile 45X60cm - Stockholm Nationalmuseum

"La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa."La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa.

"La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa.

"Le Baiser" - vers 1770, huile sur toile 52x65cm, collection particuliure

"Le Baiser" - vers 1770, huile sur toile 52x65cm, collection particuliure

Un coup de cœur pour cette froufroutante et délicate "Laitière et le pot au lait", illustrant La Fontaine. Légère et court vêtue, le lait répandu, la fortune de Perrette s'échappe sous la forme d'un nuage.

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016

Des peintures délicates et puissantes, de nombreux dessins, livres et gravures vous attendent jusqu'au 24 Janvier 2016... courrez !!

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