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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #photographes

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

La mer est ton miroir, tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer,

Charles Baudelaire

PHOTO DIDIER CHAZAL - Copyright

PHOTO DIDIER CHAZAL - Copyright

En 1976, Didier CHAZAL a vingt ans, il est graphiste et pratique la photographie. Le service militaire sera une chance pour lui : il est affecté sur le porte-hélicoptère "Jeanne d'Arc" comme photographe. Il fait le tour du monde.

Didier CHAZAL - Photographe de la merDidier CHAZAL - Photographe de la merDidier CHAZAL - Photographe de la mer

Ainsi naît la passion pour la mer, le désir de la contempler du ciel, plus tard de l'affronter dans la tempête et de secourir ceux qui s'y perdent.

En 1985, il s'installe à Dinard, ouvre une agence de création et de communication, puis une galerie.

En 2003, il devient bénévole à la station SNSM de Dinard parcourant la côte pour saisir sur le vif les embarcations en pleine action. Il est également canotier, bip à portée de main pour les secours en mer.

PHOTOS DIDIER CHAZAL - Copyright
PHOTOS DIDIER CHAZAL - CopyrightPHOTOS DIDIER CHAZAL - CopyrightPHOTOS DIDIER CHAZAL - Copyright
PHOTOS DIDIER CHAZAL - CopyrightPHOTOS DIDIER CHAZAL - Copyright

PHOTOS DIDIER CHAZAL - Copyright

Pour le pur plaisir, une semaine par an et durant dix années, il part sur le voilier Belem comme gabier-timonier.

Sa grande sensibilité artistique nous donne à voir des images de haute mer saisissantes et ses "estrans", la mer qui se retire, sont des représentations abstraites d'une pure beauté.

"De la haut je vis des émotions fortes, admirant les lumières rasantes d'hiver que l'on ne voit pas depuis la plage"

HAUTE MER

PHOTOS DIDIER CHAZAL - Copyright

Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer
Didier CHAZAL - Photographe de la mer

Didier nous a quitté le 19 janvier. Un hommage émouvant lui a été rendu par la SNSM. Une armada de sept bateaux et quarante deux personnes à bord s'est rendue au sud de l'île de Cézembre, au large de Dinard, afin de disperser ses cendres. Didier avait cinquante neuf ans, nous étions très proche et je l'aimais tendrement.

PHOTO DIDIER CHAZAL - copyright

PHOTO DIDIER CHAZAL - copyright

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expos Associations
L'HOTEL DE MEZIERES - EAUBONNE - photo JMB

L'HOTEL DE MEZIERES - EAUBONNE - photo JMB

AFFICHES 1996 - 2016 - cliquez sur les images pour les agrandirAFFICHES 1996 - 2016 - cliquez sur les images pour les agrandir

AFFICHES 1996 - 2016 - cliquez sur les images pour les agrandir

L'hôtel de Mézières à Eaubonne, Monument historique construit à la fin du XVIIIe siècle par l'architecte Claude Nicolas Ledoux, accueille chaque année l'exposition COURANT D'ART autour d'un thème choisi et réalisé par le collectif d'artistes de l'Association "Art Rencontre".

Cette année, le thème du "PONT" a été plébiscité pour symboliser les vingt années qui se sont écoulées depuis 1996, date de création de l'association par deux plasticiennes, Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre, et Cécile Denis.

La réalisation a demandé une année de travail et de réflexion. Le concept a vu le jour lors d'un séjour d'une vingtaine d'artistes au château de Ligoure (Haute-Vienne). Pour un tel projet il fallait une coordination, Lionel Erba dit Babar, plasticien, a assumé cette lourde charge.

Dans ce lieu classé, donner une nouvelle définition de l'architecture en utilisant des cageots, brisés, cassés et peints comme matériaux, était un challenge. C'est une réussite et pour cela il a fallu que le collectif d'artistes ne ménage ni son temps, ni sa fatigue. Compte tenu de la hauteur des plafonds, l'installation aérienne définitive a fait appel aux audacieux.

La scénographie du "PONT" marque à coup sûr le visiteur. Elle est aussi la preuve évidente qu'un réel esprit de groupe et de camaraderie existe au sein de l'association : un travail collectif demande l'acceptation d'un effacement de la créativité personnelle.

Autour de l'installation "PONT", trente artistes exposent une œuvre en relation avec le thème.

Près de deux cents personnes se sont rendues au vernissage samedi 2 avril. Le Maire d'Eaubonne, Grégoire Dublineau, était présent. Il a conclu son discours en soulignant "l'humanisme" dont font preuve les artistes d'Art Rencontre au sein de la Ville.

DIAPORAMA - Un moment de l'installation : Lionel Erba (Babar), Jean-Marie Brochard et Jean-Pierre Mignot
DIAPORAMA - Un moment de l'installation : Lionel Erba (Babar), Jean-Marie Brochard et Jean-Pierre Mignot
DIAPORAMA - Un moment de l'installation : Lionel Erba (Babar), Jean-Marie Brochard et Jean-Pierre Mignot

DIAPORAMA - Un moment de l'installation : Lionel Erba (Babar), Jean-Marie Brochard et Jean-Pierre Mignot

DIAPORAMA VERNISSAGE - Discours de Grégoire Dublineau, à gauche Maryse Meney, adjointe à la culture et Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre - photos JPM
DIAPORAMA VERNISSAGE - Discours de Grégoire Dublineau, à gauche Maryse Meney, adjointe à la culture et Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre - photos JPM
DIAPORAMA VERNISSAGE - Discours de Grégoire Dublineau, à gauche Maryse Meney, adjointe à la culture et Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre - photos JPM

DIAPORAMA VERNISSAGE - Discours de Grégoire Dublineau, à gauche Maryse Meney, adjointe à la culture et Mireille Denis-Malherbe, Présidente d'Art Rencontre - photos JPM

Dans la jolie petite galerie de Mézières ont été installées les affiches qui couvrent les vingt années de "Courant d'Art", ainsi que des affiches d'artistes exposants (la Galerie invite régulièrement un artiste, dont la démarche est singulière, à présenter ses œuvres).

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Dans l'orangerie, "Chœur de Sculpteurs" , animé par Rolande Vincent et Christiane Edmond, a reçu tout le week-end, les amateurs de poterie pour une initiation. Au plaisir de modeler la terre s'ajoutait le plaisir de la musique avec le groupe des "Mordus de la guitare". Un réel bonheur pour moi d'avoir participé à cette manifestation samedi après-midi.

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CI-DESSOUS VISITER L'EXPOSITION

cliquez au centre sur le carré pour agrandir le livre.

EXPOSITION JUSQU'AU DIMANCHE 17 AVRIL.

Renseignements : http://www.art-rencontre.fr/

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
 photos MP. Cliquez dessus pour les agrandir.

photos MP. Cliquez dessus pour les agrandir.

Un grand coup de cœur à la Fondation Vuitton pour les artistes chinois exposés dans le splendide bâtiment de Frank Gehry (pour le revoir http://www.voir-ou-revoir.com/2014/11/fondation-louis-vuitton-paris-nov-2014.html)

Cette exposition comporte deux parties :

- dans les galeries supérieures des œuvres chinoises de la Collection de la Fondation

- au rez-de-Bassin "BENTU", titre signifiant "terre natale" en chinois, présente douze jeunes artistes sélectionnés (la plupart ont une trentaine d'années).

"Cette sélection ne prétend pas au panorama mais elle met en lumière le caractère protéiforme d'un art chinois qui convoque tous les médias de manière totalement décomplexée et mixte tradition et culture locales, avec les enjeux de la mondialisation et ceux propres à la Chine, que ce soit la nouvelle donne économique, l'écologie, la question de l'identité et surtout, la transformation des rapports entre la ville et la campagne"

Suzanne Pagé - Directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton

Je vous propose tout simplement une visite en image avec quelques commentaires.

GALERIES SUPERIEURES

Ai Weiwei

"TREE" 2010 -

Tronçons de bois 530x560x660cm - Cet arbre appartient à une série. Il est constitué de fragments morts, les jointures sont visibles.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Huang Yong Ping

"CINQUANTE BRAS DE BOUDDHA" - 1997/2013 -

Métal, terre cuite, résine, objets divers - 477x404x415cm

A partir d'une structure métallique inspirée par le "Porte-bouteilles" de Marcel Duchamp, Huang Yong Ping, fondateur du mouvement Xiamen Dada en 1996, réinvente le"Bouddha aux Mille Bras",

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Zhen - Production Madein Company

Image 1) "NEW" 2014 - Acier inoxydable, peinture, 402x130x110cm -

En 2009 Xu Zhen crée MadeIn Company, entreprise destinée à la production et à la recherche artistique. Xu Zhen assimile ses réalisations à des "produits", son nom devenant une marque.

Images 2 et 3) Eternity - Mélange d'anciennes sculptures chinoises et grecques

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Zhang Xiaogang

My ideal - 2003-2008 - huile sur toile - 279x500cm et Bronze -

Représentation de cinq enfants nus jusqu'à la ceinture, habillés dans des costumes d'adultes incarnant les différentes classes de la société symbolisées par le drapeau chinois : au centre le soldat en rouge ou le parti communiste chinois, les travailleurs, les paysans, la petite bourgeoisie (commerçants, marchands) et les lettrés. Tout en étant habillés différemment ils sont identiques et perdus dans le groupe.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Yan Pei-Ming

All crows under the sun are black - 2012 - huile sur toile 280x400cm

Un vol de corbeaux au-dessus de l'Acropole émerge d'un chaos de touches sombres brossées à larges coups de pinceaux expressifs.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Zhang Huan

Star de l'art contemporain chinois. Au début des années 1990 c'est un artiste d'avant-garde qui met souvent son corps au supplice. Il s'installe à New-York en 2000 et reste huit ans. "au bout de huit ans là-bas, j'ai compris que j'étais chinois".

Son studio est immense comme son pays. Bambous, citronniers volière, cascade, mènent à son gigantesque atelier ou s'agitent parfois jusqu'à trois cents assistants.

Ses deux immenses toiles 286x1080cm réalisées à partir de cendres issues des encens brûlés dans les temples sont les plus impressionnantes de l'exposition. A couper le souffle !

"La cendre n'est pas la cendre, ni une matière. C'est une sorte d'âme, de mémoire, de bénédiction collective" Zhang Huan

Diaporama

- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.

- Great Leap Porward - 2007 - des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.

- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong
- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong
- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong

- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong

et deux autres œuvres de Zhang Huan :

images 1 et 2) Long Island Buddha - 2010-2011 - cuivre 172x277x177cm

"C'est un autoportrait. C'est mon visage. Je cherche à transcrire la transmigration des âmes et l'illumination de l'esprit".

images 3 et 4) Zhang Huan Sudden awakening - 2006 - cendre et acier - 70x 78x100cm

Imprégné de philosophie bouddhique, l'artiste explore les thèmes relatifs aux relations corps-esprit, aux cycles de la vie et de la mort.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016

Rez-de-bassin - Exposition BENTU

Hao Liang

Une merveille !

The virtuous being, 2015

Encre et couleurs sur rouleau de soie, dimension totale du rouleau 40x1312cm

Diaporama - quelques détails

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Liu Shiyuan

From Happiness to whatever, 2015 Installation - Tapis, amplis, ipod player.

Liu Wei

Installation - contrastes entre les formes géométriques pures et les matériaux bon marché d'origine locale, allégorie de la Chine actuelle

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Liu Xiaodong

représentant du "Nouveau réalisme chinois"

Juncheng airport - 2010 Huile sur toile 300x400 cm

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Qiu Zhijie

From Huaxia to china - 2015 - Encre sur papier

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Qu

s'inspire de la vie quotidienne de son pays

Currency wars - 2015 - installation - toiles bifaces montées sur roulettes qui représentent des détails de billets de banque. Une face neuve, une face usée .

Diaporama

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Zhen

Eternity the soldier of marathon annoncing victory, a wounded galatian - 2014

Beton armé de fibre de verre, poudre de marbre, marbre

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016

Je souhaite vous avoir donné le vif désir de courir à la Fondation Vuitton

Vous avez jusqu'au :

5 septembre 2016 pour COLLECTION DE LA FONDATION

2 mai 2016 pour BENTU

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens
L’art n’est qu’un dérivatif à la puissance d’aimer -
Rodin (Paris 1840- Meudon1917)

Le musée Rodin de Paris, installé dans l'Hôtel Biron, vient de rouvrir ses portes après trois ans et demi de travaux, essentiellement de consolidations. Les murs blancs ont été abolis et peints en gris taupe et gris vert pour mettre en valeur les matériaux blancs, le plâtre et le marbre, chers à Rodin .

Les œuvres ne sont pas plus nombreuses, mais les bronzes posthumes ont été remplacés par des moulages exécutés du vivant de Rodin. Le parcours a été enrichi tout en conservant l’esprit de la présentation de Rodin.

Le musée a été créé, à la demande de Rodin, au début du XXe siècle et officiellement inauguré en 1919. La villa des Brillants à Meudon où Rodin vécut avec Rose Beuret, compagne de sa vie et épouse de dernière heure, est également devenue un musée Rodin.

cliquez sur les images pour les agrandir
Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée
Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée

Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée

A quarante ans, Rodin a une tête puissante, un front large, les cheveux courts et une barbe longue, il ressemble au "Moïse" de Michel Ange.

1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile  2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle  3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile  2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle  3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile  2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle  3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile

1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile 2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle 3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile

Rodin voue une grande admiration à Michel Ange, il est subjugué par son œuvre mais sa pratique est contraire : Michel Ange dégageait la figure enfouie dans le bloc en creusant la pierre ou le marbre (il enlèvait de la matière) ; Rodin est un modeleur de terre, un sculpteur de plâtre (il ajoute de la matière).

Rodin ne frappe pas lui-même la pierre, il s’entoure de patriciens talentueux qui sont chargés de tailler le marbre d'après ses modelages ou ses plâtres : François Pompon, Jules Desbois, Antoine Bourdelle, Séraphin Boudbinine, parmi d’autres.

Pour que soit conservée l'image d'un génie solitaire et romantique, Rodin acceptera d’être filmé par Sacha Guitry, ciseau et maillet en main. La séquence est émouvante mais l'illusion n'est pas parfaite.

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

D'ailleurs était-ce nécessaire ? Mettre en œuvre les projets d'un maître est une pratique encore courante de nos jours. Alors direz-vous où se cache le talent du maître ? Pour Rodin il se manifeste dans ses dessins (il en exécutera environ 9000 , dont 7000 sont conservés au Musée) et dans les centaines de figures et de formes qui naissent sous ses doigts, jaillissent de l'argile. Rodin est un modeleur de chair.

Pour comprendre son œuvre il suffit de regarder « La Porte de l’enfer », commande de l’Etat pour un musée qui ne verra jamais le jour. Durant vingt années, et sans tenir compte de la cessation du contrat, Rodin va modeler des centaines de figurines, les mêler, les enchevêtrer, en s’inspirant de la Divine Comédie de Dante puis des Fleurs du mal de Baudelaire. « La Porte » sera à la fois son œuvre et une source inépuisable d’inspiration. Rodin se nourrit de sa propre création, il extrait de "sa Porte" des figures (Ugolin, La Méditation, Le Penseur …) et des groupes pour les faire exploiter dans toutes les dimensions par ses assistants .

diaporama
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails

La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails

Dessins de RodinDessins de Rodin

Dessins de Rodin

Loin de l'idéal classique, Rodin joue de l'aspect fragmentaire de ses œuvres, les formes lisses surgissent du bloc brut dont la taille reste inachevée. On assiste à la naissance de l'œuvre, c'est ce qui nous émeut. Sa manière est celle du "non finito" : Rodin était sensible à la poésie et la beauté qui se dégageaient des sculptures antiques mutilées ou des fragments retrouvés.

La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889

La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889

Dernière vision - 1903 marbre taillé et Adam et Eve - marbre taillé en 1905 par Gaston SchneggDernière vision - 1903 marbre taillé et Adam et Eve - marbre taillé en 1905 par Gaston Schnegg

Dernière vision - 1903 marbre taillé et Adam et Eve - marbre taillé en 1905 par Gaston Schnegg

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

La « poire molle » comme l’appelait son père, ne s'intéresse depuis l’enfance qu’au dessin. Rodin est lent, distrait, inapte à poursuivre des études sérieuses. Sa mère et sa sœur Maria, convaincues de ses dons, arrivent à persuader le père de faire entrer Auguste en 1854 à l'école de dessin et de mathématiques nommée "Petite Ecole" (devenue Ecole Supérieure des Arts Décoratifs).

Après la "Petite Ecole", il échoue trois fois au concours des Beaux-arts pour la sculpture . Son seul soutien c'est Maria et il perd presque la raison lorsque Maria décède en 1862 . Il entre alors comme novice au monastère de la Congrégation du Très-Saint-Sacrement crée par le Père Eymard et c'est grâce à celui-ci qu'il retrouvera, avec le temps, le goût de la vie. Il quitte le monastère et retourne à la sculpture, ou plutôt au modelage. 1865 .

L'Homme au nez cassé (ou Le Masque de Bibi ) que Rodin considérait comme sa première grande œuvre est refusé au Salon. 1866.

il rencontre Rose Beuret, une couturière. Elle lui sert d'assistante et de modèle, lui prépare ses repas et fait la tournée des marchands pour vendre ses figurines "manière XVIIIe siècle". L'atelier de Rodin est alors situé rue Le Brun dans une ancienne écurie.

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

Son engagement dans l'atelier de Carrier-Belleuse lui permet de s'installer plus confortablement à Montmartre. Rose met au monde un garçon qu'il ne reconnaîtra jamais. Il suit Carrier-Belleuse en Belgique, une brouille les sépare et Rodin ouvre un atelier à Ixelles avec Antoine-Joseph Van Rasbourgh.

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

Rose le rejoint sans leur fils, ils s'installent dans une petite maison près de la forêt de Soignes.

Rodin envoie son "Homme au nez cassé", retouché et exécuté en marbre par Léon Fouquet, au Salon de 1875. Il est accepté, l'affront de 1865 est réparé.

Après un voyage en Italie et imprégné des œuvres de Michel Ange, Rodin quitte Bruxelles. Il y a exposé "Le Vaincu" au Cercle artistique et littéraire. Il soumet cette statue rebaptisée "L'Age d'airain" au Salon de 1877. On le soupçonne d'avoir pratiqué un moulage sur son modèle (un jeune soldat, Auguste Neyt). La statue ne trouve pas d'acquéreur. Rodin retourne assister Carrier-Belleuse.

L'Age d'Airain - bronze - 1877L'Age d'Airain - bronze - 1877

L'Age d'Airain - bronze - 1877

En 1879 il obtient enfin une commande de l'Etat pour la porte du futur musée des Arts Décoratifs. Deux ateliers sont mis à sa disposition au Dépôt des marbres, 182 rue de l'Université. Vers 1884 une nouvelle élève très douée intègre son groupe de praticiens. Elle s'appelle Camille Claudel, elle est jolie, yeux bleus, cheveux jusqu'à la taille . Elle deviendra sa "divinité malfaisante", il promet tout ce qu'elle veut… il promet seulement.

En 1889, le vent a tourné, dix ans après la première commande officielle, Rodin est entouré d'un cercle d'admirateurs. Il fréquente tout ce que Paris compte comme écrivains, critiques, artistes et hommes politiques (il sera élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1903). Il est submergé de commandes de monuments , hommages à Victor Hugo, à Claude Lorrain, à Baudelaire....

La statue de Balzac "son enfant chéri" sera la plus controversée. Rodin a réalisé plusieurs études de nu dont une "au gros ventre". Il choisit finalement de représenter Balzac en robe de chambre, la tenue préférée de l'écrivain pour travailler. Rodin fait plusieurs essais. Il plonge un manteau dans du plâtre et l'installe au milieu de son atelier. L'étude finale en plâtre, exposée au salon de 1898, fera scandale.

1) Rodin - Balzac au gros ventre Plâtre  2) Tête de Balzac - terre cuite1) Rodin - Balzac au gros ventre Plâtre  2) Tête de Balzac - terre cuite

1) Rodin - Balzac au gros ventre Plâtre 2) Tête de Balzac - terre cuite

Pour la ville de Calais, Rodin fait surgir du plâtre enduit six hommes, six bourgeois la corde au cou qui commémorent une page d'histoire : les six bourgeois livrés à Edouard III, roi d'Angleterre en contrepartie de la vie des habitants. Rodin les imagine à l'instant du départ, "chacun d'entre eux avait à sa manière pris la résolution et vivait cette dernière heure à sa manière, la vivait avec son âme, la souffrait avec son corps qui tenait à la vie" (Auguste Rodin, de Rainer Maria Rilke, 1903). Rodin a recours à plusieurs assistants pour réaliser cette œuvre, dont Camille, Camille qui ne lui pardonne pas son attachement à sa vieille compagne Rose. En 1893 c'est la rupture entre les deux amants.

Rodin obtient du conseil municipal de Paris un terrain sur lequel il fait bâtir son pavillon de l'Alma, une gloriette Louis XVI "semblable à l'orangerie d'un château". Il y reçoit les visiteurs durant l'exposition universelle de 1900, vend pour deux cent mille francs de sculptures et de dessins. Sa "Porte" est exposée, ce sera la seule fois, elle ne sera fondue en bronze qu'après sa mort.

Le Conseil Municipal n'a pas apprécié qu'on lui force la main, Rodin doit libérer la place de l'Alma. Il fait démonter sa gloriette et la transfère à Meudon où il a acheté en 1895 la villa des Brillants. 1912 .

diaporama
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon

L'allée menant à la Villa des Brillants et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon

Les bourgeois de Calais - plâtre Musée Rodin Meudon

Les bourgeois de Calais - plâtre Musée Rodin Meudon

Il subit sa première attaque. Il a quitté sa maîtresse du moment, Claire de Choiseul, pour retrouver Rose à Meudon. Durant la guerre ils partent en Angleterre puis à Rome. Lorsqu'il n'y a plus de danger ils retournent à la villa des Brillants, leur fils en est le gardien.

En 1917 Rodin lègue l'ensemble de ses œuvres à l'Etat. Elles seront présentées à l'Hôtel Biron. En janvier il épouse enfin Rose après une seconde attaque et une congestion cérébrale, il perd un peu la raison, on guide sa main pour la signature. Ils souffrent du froid et du rationnement. Rose meurt en février, Rodin la rejoint en Novembre

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Je vous propose de regarder encore quelques sculptures ....

1) Rodin - Femme accroupie 1906-1908 - Fonte au sable 2) l'Homme qui marche bronze 19071) Rodin - Femme accroupie 1906-1908 - Fonte au sable 2) l'Homme qui marche bronze 1907

1) Rodin - Femme accroupie 1906-1908 - Fonte au sable 2) l'Homme qui marche bronze 1907

Rodin - Mouvements de danse 1911 - plâtreRodin - Mouvements de danse 1911 - plâtreRodin - Mouvements de danse 1911 - plâtre

Rodin - Mouvements de danse 1911 - plâtre

Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016
Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016
Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016
  Rodin - Le baiser  Rodin - Le baiser

Rodin - Le baiser

Rodin - L'Orpheline alsacienne - vers 1180 - Buste en marbre taillé par Henri Tréhard - Assistant

Rodin - L'Orpheline alsacienne - vers 1180 - Buste en marbre taillé par Henri Tréhard - Assistant

L'atelier de Meudon, que j'avais visité l'été dernier, est impressionnant sans doute, mais l'ensemble est un peu froid. Auguste Rodin et Rose ont été inhumés dans le jardin près du Penseur.

diaporama
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
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Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
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Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain

Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain

Musée RODIN - Réouverture - février 2016
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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Bibliothèque Nationale de France François MitterandBibliothèque Nationale de France François Mitterand
Bibliothèque Nationale de France François MitterandBibliothèque Nationale de France François Mitterand

Bibliothèque Nationale de France François Mitterand

Cette exposition "L'alchimie du livre" de l'artiste allemand Anselm Kiefer se terminait le 7 février. J'ai fait cette visite le dernier jour, je ne peux donc pas vous inciter à vous y rendre. Par contre se tient en ce moment au Centre Pompidou et jusqu'au 18 avril 2016 une exposition consacrée à une rétrospective de son œuvre de la fin des années 1960 à nos jours. Je ne vais pas manquer de m'y rendre très vite, l'exposition de la Bibliothèque Nationale François Mitterrand m'ayant particulièrement passionnée.

Anselm Kiefer est né dans le Bade-Wurtemberg en mars 1945 (deux mois avant la reddition des armées allemandes) dans un milieu familial petit-bourgeois. Il commence des études de droit et suit parallèlement les cours des Beaux-Arts de Fribourg, puis de Karlsruhe.

En 1969, il se fait connaître en se photographiant, dans des villes autrefois occupées par l'armée allemande, le bras levé selon le salut nazi : son but est de réveiller les consciences mais aussi de s'interroger sur sa situation de peintre dans l'Allemagne après l'Holocauste.

Les œuvres de Kiefer sont décriées mais lui permettent de se faire connaître.

En 1970, son art prend progressivement la forme d'une quête spirituelle portée par les mythes, la religion, les cosmogonies, la kabbale, mais aussi des femmes au destin tragique.

A partir des années 1980, il participe aux grandes expositions d'art contemporain et représente l'Allemagne à la Biennale de Venise.

En 1993, il quitte l'Allemagne pour la France. Il s'installe à Barjac, dans le Gard, dans une ancienne filature désaffectée puis achète l'ancien entrepôt de 40.000 mètres carrés de la Samaritaine dans l'est parisien, selon l'artiste "à peine suffisant pour tout caser".

En 2007, il inaugure "Monumenta" au Grand Palais de Paris. Il offre son domaine de Barjac à l'Etat pour en faire une fondation franco-allemande. Il reçoit la commande d'une œuvre pour l'aile Sully du Louvre.

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre 1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

L'exposition de la BNF est consacrée aux livres de Kiefer créés entre 1968 et 2015. De grandes dimensions, exemplaires uniques, réalisés dans des matériaux divers, ces livres sont le fondement de son oeuvre. Je vous propose de regarder quelques pages comme ont pu le faire les visiteurs.

"Shevirat h-kelim" - "le bris des vases" 2015 - installation métal, livres de plomb et bris de verre.

Le poids de ces livres interdit toute manipulation et renvoie à la mystique judaïque du Livre et à sa fonction mémorielle. Le titre fait allusion au mythe de la Création divine selon l'école kabbalistique de Safed au XVIe siècle. Les thèmes juifs se trouvent peu à peu dans l'œuvre de Kiefer surtout après son voyage en Israël en 1984.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"La lettre perdue"

Ancienne presse typographique envahie par des tournesols. Cette sculpture rappelle l'invention de Gutenberg . Le livre est source du savoir et symbole culturel. Le tournesol représente l'élan spirituel porté par le livre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"Der Rhein" 1982-2013

Ce livre composé de plusieurs impressions xylographiques présente une vue des berges du Rhin, symbole de l'identité allemande, mais paysage pollué par des édifices d'un style architectural nazi et des bunkers.

La figuration du polyèdre de la "Mélancolie" de Dürer renforce la germanité de l'œuvre.

"Nigredo" ou l'œuvre noire - Titre faisant référence à la première étape des opérations alchimiques. Cette sculpture montre la proximité du processus artistique de Kiefer avec l'alchimie par l'introduction de toutes sortes de matériaux dans son œuvre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Grand livre en plomb (je n'ai pas noté le titre exact et remercie par avance le lecteur qui pourra me fournir les informations)

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Mon coup de cœur final :

"Le livre" Grande marine, huile, émulsion, acrylique, shellac (gomme-laque), livre en plomb sur toile

Sacralisation du livre : l'idée du livre comme symbole de savoir immuable et d'élévation spirituelle et en même temps lourdeur du plomb qui rappelle tragiquement l'impossible envol de la culture et de l'art vers l'idéal.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Photos MP.

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Publié dans : #Expositions à Paris

Le Cabinet des Dessins du Louvre conserve le fonds le plus riche des œuvres de Parmigianino (Francesco Mazzola dit "Le Parmesan") : cent quatre-vingt-un dessins originaux, vingt qui lui sont attribués et quelques cent cinquante copies, écoles ou imitations de l’artiste.

Les provenances sont diverses : l’acquisition par Louis XIV de la collection "Jabach" en 1671, la vente des dessins de René Jean Mariette en 1775, les saisies d’émigrés pendant la Révolution, puis les donations du XIXe et du début XXe siècle.

Parmigianino a beaucoup dessiné. Un millier (environ) de dessins sont conservés dans différentes collections publiques ou privées.

C'est au stylet que Parmigianino esquisse d'abord ses œuvres, le plus souvent sur de petites feuilles . Les dessins de jeunesse sont essentiellement à la sanguine, ils montrent son appartenance au milieu artistique parmesan mais aussi l’influence de l’art de Corrège et à travers lui de Michel Ange et Raphael. Parmagianino utilise par la suite la pierre noire et la craie, (qui comme la sanguine sont des techniques sèches, souples et effaçables) avant de s’orienter vers la plume et l’encre. Parmigianino est l'un des artistes les plus doués du maniérisme italien(*). Son influence fut énorme et ses admirables dessins y contribuèrent .

On découvre dans l’exposition que lui consacre le Louvre une soixantaine d’œuvres choisies dans l’exceptionnel fonds du musée. Les visages sont beaux, il y a de la légèreté et de l'élégance dans le trait, de la grâce dans les mouvements de ses silhouettes élancées.

Très belle et émouvante exposition. Jusqu’au 15 février 2016.

(*)L’élément le plus remarquable de la stylistique du maniérisme est la déformation et la torsion des corps ; on l’appelle serpentina en raison de sa forme de S.
Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Parmagianino est né à Parme en 1503. Dès l’âge d’écrire il est remarqué par son maître pour ses dispositions à dessiner à la plume. Huitième d’une famille de neuf enfants, privé à l'âge de deux ans de son père peintre , il bénéficiera de l’affection de ses deux oncles paternels, Pier Ilario et Michele Mazzola, peintres eux-mêmes. Il travaillera dans l’atelier familial.

Admirateur de Raphael, cherchant à lui ressembler même physiquement, Parmagianino tout comme son modèle accomplit entre seize et vingt et un ans une véritable carrière riche en chefs d’œuvre.

Ci-dessous -

1 et 2 - Etude pour le Portrait de Galeazzo Sanvitale - 14,2x12,1cm sanguine et portrait à l'huile - Musée de Naples

3 et 4 - Autoportrait de face - 7,3x5,3cm - sanguine et Autoportrait au miroir ,Vienne

5 et 6 - Portrait d'homme - pierre noire, rehaut blanc, lavis beige 34,2x24,2cm et Portrait d'un collectionneur Londres - détail - datation de la peinture vers 1523/1524

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Parmagianino ne vivra pas en prince et ne bénéficiera pas de la protection des plus grands. A côté de son métier de peintre il exercera deux activités, la musique (il joue de façon excellente du luth) et l’alchimie. En 1531, la confrérie (à savoir le conseil de la fabrique) de Santa Maria della Steccata de Parme lui confie le décor de l’abside et de la voute orientale. Les travaux doivent être exécutés en dix huit mois. Le chantier avance lentement en raison de ses recherches obsessionnelles en alchimie .

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Sa personnalité se transforme, son visage angélique est dissimulé sous une barbe longue, cheveux hirsutes, tel l’autoportrait en Hermès où il apparaît vieilli, rappelant le Christ, ou Saturne dieu du temps. Il se voit comme un être « investi d’une dignité antique ou divine ».

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Il dessine en 1535 son portrait de profil à la manière des médailles.

Après une troisième reconduction des travaux, face à l'énième défaillance du peintre, La Steccata lui retire le chantier, il est poursuivi en justice et jeté quelques temps en prison.

Libéré il s'enfuit à Casalmaggiore.

Il meurt d'une fièvre violente au même âge que Raphaël (trente sept ans), peut-être empoisonné par les vapeurs du mercure de ses expériences d'alchimie.

DESSINS QUI SUIVENT :

1 - Viel homme barbu, assis, consultant un in-folio - 26,3x19,1 - plume et encre brune, lavis brun

2 - Etudes de deux putti, volant de dos, vus en raccourci 18,6x12,1cm sanguine

3 - Cavalier vu de dos sur un cheval cabré - 12,4x9,2cm sanguine

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Jeune fille debout tournée vers la gauche 27,6x17,2cm sanguine

2 - Sainte Cécile marchant, tenant son instrument et précédée par un ange - 20,4x15,3cm plume et encre brune, lavis brun

3 - La Vierge tenant l'Enfant Jésus adoré par un ange 20x10cm - sanguine, rehaut blanc, mise au carreau

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Saint Roch un genou en terre implorant le ciel - plume et encre brune, lavis brun, 20x14,8cm

recto/verso

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Ganymède et Hébé (?) - 14,8x9,8cm - plume et encre brune, lavis brun

2 - Homme nu debout de face brandissant une épée. 20x9,5xm - plume et encre brune, quelques traits de pierre noire.

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

La Vierge au long cou - 1534-1540, huile sur toile 21,6 X 13,2 cm - Florence - Les Offices

Ce tableau fut commandé en 1534 pour la chapelle Santa Maria del Servi à Parme. Il a été exécuté entre 1535 et 1540 c'est-à-dire à la fin de la vie de Parmigianino. Il mesure 216 x 132 cm, reste inachevé et est aujourd'hui conservé dans la galerie des Offices à Florence.

ET CI-DESSOUS A ECOUTER UNE HISTOIRE D'AMOUR

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Huile sur toile 55,9X46,4cm, Washington
Huile sur toile 55,9X46,4cm, Washington

Quel tableau de Fragonard, mieux que cet adorable "Amour folie", pourrait accompagner les vœux de bonheur et de santé que je forme pour mes fidèles lecteurs.

"L'Amour folie" est le dernier tableau présenté à l'exposition consacrée à Fragonard au Musée du Luxembourg. Le chérubin, emporté par la folie amoureuse (symbolisée par une marionnette rose à visage de fou) quitte la terre et les bosquets de roses pour s'élancer vers un ciel bleu où volent des oiseaux. C'est joyeux, léger, pur, et présage le préromantisme. "L'Amour folie" semble bien éloigné du titre un peu accrocheur "Fragonard amoureux galant et libertin", même si le terme "libertin" n'a pas à cette époque une connotation sensuelle, voir immorale, mais qualifie un libre penseur qui transgresse des siècles d'interdit et de tabou imposés par l'Eglise.

Fragonard nait à Grasse en 1732, ville à laquelle il restera attaché. La famille s'installe à Paris vers 1738 (sous le règne de Louis XV). Comme Matisse beaucoup plus tard, Fragonard devient un court temps petit clerc de notaire. Il entre ensuite quelques mois dans l'atelier de Chardin (il prépare la palette de maitre). Fragonard a environ 16 ans quand François Boucher lui ouvre les portes de son atelier, il y restera trois années. En 1752 il remporte le Grand Prix de l'Académie royale avec "Jéroboam sacrifiant aux idoles" et intègre l'école royale des élèves protégés, dirigée par Carle van Loo.

"Jeroboam sacrifiant aux idoles". 1752 Huile sur toile 111,5 x 143,5cm - Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts Paris

"Jeroboam sacrifiant aux idoles". 1752 Huile sur toile 111,5 x 143,5cm - Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts Paris

Il part à Rome où il est pensionnaire de l'Académie de France. Devenu l'ami d'Hubert Robert, il fait la connaissance de l'abbé Saint-Non, avec eux il visite l'Italie.

Lorsque Fragonard rentre à Paris en 1762, Rousseau vient de publier "La Nouvelle Héloïse". La peinture de Fragonard sera le reflet de la littérature et de la philosophie de son siècle.

En 1765, Fragonard est agréé à l'Académie royale de peinture avec "Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé". L'œuvre triomphe au salon. Fragonard obtient un atelier au Louvre. Au XVIIIe siècle, le Louvre, devenu le palais des peintres s'était transformé en une communauté de grands artistes occupant des ateliers.

Dans une esquisse préparatoire Fragonard avait représenté Corésus en vieillard, il le transforma pour la toile définitive en jeune homme androgyne, ce qui dérouta ses contemporains qui ne reconnaissaient plus les caractéristiques de l'homme et du prêtre.

"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers)  et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers)  et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)

"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers) et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)

Corésus et Callirhoé - détail

Corésus et Callirhoé - détail

En 1769, il épouse Marie Anne Gérard, artiste peintre en miniature et originaire, comme lui, de Grasse. On connait peu de chose de la vie personnelle et de la jeunesse amoureuse de Fragonard, mais d'après les témoignages les plus fondés il fut bon époux et bon père. Le couple aura deux enfants, Rosalie et Alexandre-Evariste qui deviendra un peintre célèbre.

En 1777, Fragonard réalise pour le marquis de Véri "Le Verrou", et en pendant "L'Adoration des Bergers". Cette confrontation peut apparaître étrange, mais en y regardant bien les deux tableaux sont complémentaires. "Le Verrou" représente la tentation charnelle. Un homme déshabillé retient dans sa chambre une femme. Il cherche à fermer le verrou. Est-elle entrée de son plein gré dans la chambre ? Une pomme est posée sur le guéridon pour une Eve qui va peut-être finalement succomber, ou être forcée. A l'opposé "l'Adoration des Bergers" représente Marie, l'Eve pure de la création, les bergers s'inclinent de loin.

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016

1789, c'est la prise de la Bastille et le début de la Révolution. Fragonard fait un séjour à Grasse. De retour à Paris il abandonne progressivement la peinture, devient membre de la "commune des arts" et est nommé conservateur du Muséum central des arts au Louvre. Inauguré en 1793. Louis XVI vient d'être guillotiné.

Fragonard s'éteint le 22 août 1806 dans son logement du Palais Royal.

Si Fragonard a exploré avec bonheur la thématique amoureuse, les nombreuses œuvres exposées au Musée du Luxembourg prouvent qu'il aborda bien d'autres genres : paysage, peinture d'histoire, grand décor et portrait.

Les peintures accrochées dans les premières salles, titrées "mythologies galantes", sont mes préférées : "Céphale et Procris", "l'Aurore triomphant de la Nuit" et son pendant "Diane et Endymion", "Jupiter et Callisto". Au delà du drame, charme et volupté dominent. Les velours verts et turquoises vibrent avec les roses tendres : c'est soyeux, lumineux, je suis subjuguée.

"Céphale et Procris" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"Céphale et Procris" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"L'Aurore triomphant de la Nuit" vers 1755-56 - Huile sur toile 95,3X131,4cm - Boston Museum of Fine Arts

"L'Aurore triomphant de la Nuit" vers 1755-56 - Huile sur toile 95,3X131,4cm - Boston Museum of Fine Arts

"Diane et Endymion" Huile sur toile 95x 137cm - Washington National Gallery of Art

"Diane et Endymion" Huile sur toile 95x 137cm - Washington National Gallery of Art

"Jupiter et Callisto" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"Jupiter et Callisto" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

Autres tableaux exposés :

"La chemise enlevée" - vers 1779 - huile sur toile 35x42cm - Musée du Louvre

"La chemise enlevée" - vers 1779 - huile sur toile 35x42cm - Musée du Louvre

"L'Enjeu perdu" ou "le Baiser gagné" - vers 1759-1760 - huile sur toile 48,3x63,5cm Metropolitain Museum of Art - New York

"L'Enjeu perdu" ou "le Baiser gagné" - vers 1759-1760 - huile sur toile 48,3x63,5cm Metropolitain Museum of Art - New York

"Les Baigneuses" - vers 1765-1770 - Huile sur toile 64x80cm - Musée du Louvre

"Les Baigneuses" - vers 1765-1770 - Huile sur toile 64x80cm - Musée du Louvre

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016
Petite parenthèse - Mon admiration pour Fragonard n'est pas nouvelle. J'ai interprété il y a longtemps ce tableau, chevalet installé dans la Grande galerie du Louvre où ne déambulait pas la foule d'aujourd'hui ...
"L'Instant désiré" - vers 1765 ? - Huile sur toile 50x61cm - collection particulière

"L'Instant désiré" - vers 1765 ? - Huile sur toile 50x61cm - collection particulière

"Deux Femmes sur un lit jouant avec deux chiens" ou "Le lever" - vers 1770 - huile sur toile 74,3x59,4cm - collection particulière

"Deux Femmes sur un lit jouant avec deux chiens" ou "Le lever" - vers 1770 - huile sur toile 74,3x59,4cm - collection particulière

"Le Colin-Maillard" - vers 1754-56 - huile sur toile 117x91cm - Toledo Museum of Art

"Le Colin-Maillard" - vers 1754-56 - huile sur toile 117x91cm - Toledo Museum of Art

"La Résistance inutile" vers 1770-73 - huile sur toile 45X60cm - Stockholm Nationalmuseum

"La Résistance inutile" vers 1770-73 - huile sur toile 45X60cm - Stockholm Nationalmuseum

"La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa."La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa.

"La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa.

"Le Baiser" - vers 1770, huile sur toile 52x65cm, collection particuliure

"Le Baiser" - vers 1770, huile sur toile 52x65cm, collection particuliure

Un coup de cœur pour cette froufroutante et délicate "Laitière et le pot au lait", illustrant La Fontaine. Légère et court vêtue, le lait répandu, la fortune de Perrette s'échappe sous la forme d'un nuage.

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016

Des peintures délicates et puissantes, de nombreux dessins, livres et gravures vous attendent jusqu'au 24 Janvier 2016... courrez !!

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
PICASSO-MANIA - Grand Palais - Dec 2015

Souvent je suis passée devant le Grand Palais affichant l'exposition Picasso-Mania. J'ai été étonnée de constater le peu de monde qui s'y pressait : les expositions du Grand Palais attirent pourtant la foule. Une belle journée ensoleillée de décembre j'ai décidé de m'y rendre. Aucune file d'attente, personne, pourtant (le règlement c'est le règlement !) obligation de parcourir seule le long zigzag délimité par des cordes. Sur le perron les militaires Vigipirate papotent.

Enfin une visite qui s'annonce tranquille et agréable. Mais, pourquoi si peu de monde ? Peut-être parce que cette exposition est très controversée, que la critique n'est pas unanime, et que le musée Picasso vient de rouvrir ses portes.

Dans la première salle c'est Picasso lui-même qui nous accueille, figé sur son magnifique autoportrait bleu. Il s'est peint en 1901, il n'avait que vingt ans. Il se représente plus âgé, émacié, comme si le malheur allait le poursuivre longtemps, le buste large comme les peint Titien. Dans la salle suivante, dix huit artistes et architectes contemporains, filmés en portrait par Diana Widmaier-Picasso la petite fille du maître, expriment , l'un après l'autre, leurs sentiments et témoignent de l'influence de Picasso sur l'art contemporain.

PICASSO-MANIA - Grand Palais - Dec 2015

Le parcours est ensuite un mélange thématique et chronologique, riche des œuvres de Picasso, parfois regroupées sur un mur, confrontées à celles d'artistes contemporains.

Aux grandes phases stylistiques et à certaines œuvres de Picasso répondent des œuvres de David Hockney, Jeff Koons, Adel Abdessemel, Andy Warhol, Jesper Johns, Antonio Saura, Jean Michel Basquiat…etc.

C'est après la seconde guerre mondiale que Picasso accède véritablement à une très grande notoriété. Son engagement au parti communiste français et dans le mouvement pour la paix font de lui une figure majeure de la vie politique et intellectuelle de cette période. "Guernica" peint en 1937 acquiert le statut d'icône. A partir de 1960 les artistes commencent à être fascinés par Picasso et par ses deux œuvres emblématiques : "Guernica" et "les Demoiselles d'Avignon" . Elles ne sont pas présentes dans l'exposition, bien sûr, mais sont fortement évoquées

Les Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toileLes Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toile

Les Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toile

Je ne reviendrai pas sur la biographie très connue de Picasso . Je ferai juste une petite parenthèse sur la période des "Demoiselles".

Au salon d'Automne 1906, autour des "Tahitiennes" de Gauguin, se trouvent des pièces océaniennes et africaines qui bouleversent Matisse, Derain et Picasso. C'est à partir de là que Matisse et Picasso intègrent peu à peu l'art nègre dans leur création.

Au salon des Indépendants de 1906, Matisse expose "le Bonheur de Vivre" (175x241cm), il est à la pointe de l'avant-garde.

La même année, au "Bateau Lavoir " Picasso prépare sa réponse : "le Bordel d'Avignon" ( 244x234cm - Avignon en souvenir de la carrer d'Avinyò de Barcelone, célèbre pour son bordel, près de laquelle Picasso habitait) . Initialement, il veut représenter un marin dans un bordel entouré de cinq femmes, puis y faire entrer un étudiant en médecine portant une tête de mort. Le marin et l'étudiant disparaitront laissant cinq femmes, seules, debout, nues, certaines portant des masques nègres. Le titre sera changé en "les Demoiselles d'Avignon" par André Salmon lors du salon d'Antin de 1916 où la toile est montrée pour la première fois. "Les Demoiselles d'Avignon" marquait une rupture stylistique et conceptuelle qui annonçait l'avènement du cubisme et conduirait à l'abstraction.

Matisse - Le Bonheur de Vivre

Matisse - Le Bonheur de Vivre

Dans cette exposition extrêmement touffue, j'ai admiré la centaine d'œuvres de Picasso, dont certaines méconnues, j'ai aimé les œuvres d'Antonio Saura, de David Hockney, de Kippenberger. J'ai détesté l'horrible "Qui a peur du grand méchant loup ?" immense accumulation d'animaux empaillés.

Mais en définitive les images que je conserve de cette visite, sont avant tout les œuvres de Picasso.

Alexandre Prouvèze, dans TImeOut résume parfaitement ma pensée :

"Pourquoi Picasso gagne-t-il systématiquement ? Où est sa botte secrète ? A cette question, l’exposition apporte une réponse. Certes, implicite. Mais ce qui crève finalement les yeux, c’est que cette puissance de l’art de Picasso tient avant tout à sa personnalité, à son humour, sa joie de vivre, son érotisme, son sens de l’excès. A sa spontanéité, aussi. Quelques instants passés ici devant ses portraits de femmes suffisent d'ailleurs à faire éclater la force séductrice et virile de son œuvre". Au bout du compte, le dialogue le plus fécond de ‘Picasso.Mania’ semble se tenir dans l’une de ses dernières salles, présentant la série de dessins pornographiques ‘Raphaël et la Fornarina’. Et il a lieu entre Picasso et, non pas l'un de ses successeurs mais son prédécesseur du XVIe siècle, le peintre Raphaël. "

Une dernière remarque : pourquoi Picasso-Mania ? Le titre s'inspire de la phrase du maître "je peins, c'est une manie".

EXPOSITION JUSQU'AU 29 FEVRIER 2016, à voir pour se faire sa propre idée.

Statue de Maurizio Cattelan 1998 - Fibre de verre peinte, mousse expansive, plastique acier et vêtements. Au fond Yan Pei Ming - Portrait de Picasso, huile sur toile.

Statue de Maurizio Cattelan 1998 - Fibre de verre peinte, mousse expansive, plastique acier et vêtements. Au fond Yan Pei Ming - Portrait de Picasso, huile sur toile.

Rudolf Stingel - sans titre huile sur toile

Rudolf Stingel - sans titre huile sur toile

Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......

Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......

PICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909  et Tête d'espagnolePICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909  et Tête d'espagnole

PICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909 et Tête d'espagnole

David Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographiqueDavid Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographiqueDavid Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographique

David Hockney - Artiste et modèle 1973/74 - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographique

Richard Prince 2011 - sans titre Picasso - Impression jet d'encre, pastel gris, acrylique et fusain sur toile

Richard Prince 2011 - sans titre Picasso - Impression jet d'encre, pastel gris, acrylique et fusain sur toile

Jeff Koons - ANtiquité 2011 - collage - aphrodite romaine, sculpture Papouasie, version d'Adonis et Venus de Titien, le tout recouvrant un "Baiser" 1969 de Picasso

Jeff Koons - ANtiquité 2011 - collage - aphrodite romaine, sculpture Papouasie, version d'Adonis et Venus de Titien, le tout recouvrant un "Baiser" 1969 de Picasso

Rudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toileRudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toile

Rudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toile

"Qui a peur du grand méchant loup ?"

Inspiré par Guernica, Adel Abdessemed évoque les massacres d'animaux commis quotidiennement dans nos sociétés modernes. Il utilise dans un format presque identique à celui de Guernica (3,63 x 7,70 x 0,40) - animaux naturalisés, acier , fil de fer - 2011-2012

PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie
PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographiePICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographiePICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie

PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie

Roy Lichtenstein - Tête de pinceau  sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile Roy Lichtenstein - Tête de pinceau  sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile

Roy Lichtenstein - Tête de pinceau sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile

Errò - (Gudmundson Gudmondur dit) - Le point de fusion Picasso 2014 - Peinture glycerophtalique sur toile

Errò - (Gudmundson Gudmondur dit) - Le point de fusion Picasso 2014 - Peinture glycerophtalique sur toile

Andy Warhol - Tête d'après Picasso n°111 - Acrylique et sérigraphie sur toile

Andy Warhol - Tête d'après Picasso n°111 - Acrylique et sérigraphie sur toile

PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile - PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile -

PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile -

PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953

PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953

Picasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toilePicasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toile

Picasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toile

Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carrioleJasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole
Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carrioleJasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole

Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole

Martin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de PicassoMartin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de Picasso

Martin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de Picasso

Picasso - superbe mur dont  Le baiser 1969Picasso - superbe mur dont  Le baiser 1969

Picasso - superbe mur dont Le baiser 1969

Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984

Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984

Georg Baselitz  Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909Georg Baselitz  Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909

Georg Baselitz Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909

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Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Cette fresque de 5,75 m de long et de 1,15 m de hauteur représente "Les funérailles du comte de Flandre, Charles le Bon" (1083-1127) inhumé dans l'église Saint-Christophe de Bruges. (Charles le Bon fut assassiné par les hommes de son chancelier avide de pouvoir). Elle est l'œuvre de Jan Van Beers, qui, inspiré par les textes médiévaux et les œuvres du Moyen Age, fait défiler en procession, chevaliers, ecclésiastiques, échevins, croisés (qui accompagnèrent Charles Le Bon aux croisades, on les reconnait à la croix rouge qui orne leur habit), sous le regard de la foule et devant des moines agenouillés.

Jan Van Beers est né le 27 mars 1852 à Lierre, dans le province d'Anvers. Il est le fils du poète flamand du même nom. Il suit les cours des beaux arts d'Anvers et fait scandale avec sa clique d'amis. Un de ses grands amusements est de se promener dans les rues déguisé en femme. Après un voyage à Londres, il s'installe à Paris, où, pour se faire reconnaître, il tente tous les styles et tous les sujets.

 
Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un hommeAu balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme
Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un hommeAu balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme

Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Après un voyage à Londres, il s'installe à Paris, où, pour se faire reconnaître, il tente tous les styles et tous les sujets. A partir de 1879, il se lance dans la production de petits tableaux, des miniatures, mais d'une précision extrême (on pourrait dire hyperréalistes). Le succès est immédiat "Soir d'été" obtient au salon de 1880 les louanges des critiques. Malheureusement les louanges ne vont pas perdurer.

En 1881, à Bruxelles, il expose deux tableaux : "Lily", et "La sirène" petite œuvre de 10x15cm.

Il est attaqué par trois critiques qui l'accusent d'avoir peint le tableau sur une photographie. Van Beers propose une expertise : si l'expert confirme l'accusation il donnera aux critiques 10.000 Fr pour Lily et 20.000 Fr pour la Sirène. Dans le cas contraire les critiques devront payer. Deux critiques refusent la proposition (ils ne veulent pas prendre le risque d'abimer l'œuvre), le troisième demande à Van Beers de s'enfermer et refaire l'un des deux tableaux, ce que le peintre refuse. Quelques jours plus tard "la Sirène" est vandalisée par un inconnu, les experts acceptent alors d'examiner l'œuvre. Van Beers prend de l'assurance et porte alors l'affaire en justice.

Il perd le procès sur décision de la Cour de Bruxelles (Journal des Tribunaux 1882: 123-124): "Attendu que la responsabilité du défendeur ne peut être engagée que s'il y a faute de sa part, c'est à dire, s'il a excédé les limites d'une critique honnête et loyale. (...) Que la bonne foi du défendeur doit être admise en ce sens qu'il n'a fait qu'exprimer dans des termes un peu vifs une conviction sincère qu'il s'était formée par l'examen des tableaux en eux-mêmes, abstraction faite de la personnalité de leur auteur. (...) Attendu que l'emploi de la photographie dans la peinture est sujet à discussion; que certains critiques le considèrent comme un abaissement de l'art, indigne du véritable artiste; que d'autres, à tort ou à raison, n'y voient qu'un moyen mécanique de venir en aide à la réalisation des idées du peintre (...)."

Un exemplaire de "La sirène"

Un exemplaire de "La sirène"

Ce qui fut appelé "l'affaire Van Beers" secoua le monde de l'Art Belge et fit des remous dans toute l'Europe. Elle permit à Van Beers de devenir par ce biais et comme il l'avait toujours désiré, riche et célèbre.

Cette affaire souleva aussi le problème de l'utilisation de la photographie. Paul Delaroche, dès 1839, avait exprimé son enthousiasme pour l'invention du daguerréotype, moyen facile pour rassembler rapidement des études. Delacroix avait également ouvert la voie.

Un nouveau scandale a lieu en 1884 lors d'une exposition au Palais de l'Industrie, Van Beers lacère un tableau qu'il dit ne pas être de lui.

Albert Wolff dans "le Figaro" de 1884 raconte que Jan van Beers faisait réaliser des copies de ses tableaux par l'un ou l'autre de ses élèves, ajoutait ensuite quelques touches puis les signait. Le procédé est discutable, mais le peintre , dont le but était d'être connu, se devait de satisfaire l'exigence de clients dont le choix n'était pas souvent négociable.

Ainsi le petit tableau "la sirène", objet du scandale a dû être reproduit un certain nombre de fois. On en retrouve un exemplaire dans une vente aux enchères de 2013 à Nantes, lot 27 - estimation de 400 à 600 euros -, un autre en octobre 2015 à Tours, lot 88 signé au dos - estimation 150/200 euros. Ces petites cotes démontrent bien l'oubli dans lequel est tombé Jan Van Beers.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

"Les funérailles du Comte de Flandre" occupent pourtant une des salles du sous-sol du Petit Palais. Si l'œuvre a pu paraître singulière en 1877, elle l'est moins pour nous qui sommes au XXIe siècle habitués aux libertés artistiques.

Jan Van Beers n'était d'ailleurs pas sans talent et son jeune âge au moment où il peint ce tableau (il n'a que 25 ans) le prouve.

Il l'expose en 1877 à Anvers, Amsterdam et Paris et n'obtient pas le succès escompté. Henri Houssaye exprimant l'incompréhension du public et des critiques, ironique et acerbe, écrit cette phrase "Il n'a, comme on dit, ni queue, ni tête".

La composition n'est pas sans intérêt.En hauteur, au balcon, la foule silencieuse et recueillie est la mieux placée pour voir le cortège et c'est à travers ses regards que l'on peut imaginer la scène vue du dessus.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Au milieu de ce cortège, au centre de la fresque, le peintre se représente : on peut apercevoir une petite partie de sa chemise colorée qui semble fortement en décalage avec les vêtements moyenâgeux.

Pour nous, spectateurs hors du tableau, le cortège est en partie dissimulé par les moines agenouillés formant barrière. Ce sont eux qui interpellent notre premier regard. Fantômes dissimulés sous les lourds plis noirs de leurs chasubles à capuches, ils m'apparaissent comme le sujet principal du tableau, les funérailles n'étant peut-être que le prétexte pour les mettre en scène.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
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L'estampe visionnaire de Goya à Redon - Petit Palais - Nov.2015
Cette exposition sur "le fantastique en noir et blanc" fait suite aux salles consacrées à Kuniyoshi (voir précédent article).

"Au même titre que la poésie, l'eau-forte garde surtout une empreinte d'âme. C'est une des matérialités de l'art qui comportent le plus grande somme d'esprit." - Armand Silvestre - écrivain, romancier, poète (1837-1901)

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Les gravures présentées dans cette partie de l'exposition, eaux-fortes, lithographies, gravures sur bois, ont été sélectionnées parmi celles de l'importante collection de la Bibliothèque nationale de France.

Le noir et blanc prédomine pour exprimer le romantisme du XIXe siècle. Les artistes puisent leur inspiration dans la littérature, Dante, Goethe, Hugo, Edgar Poe… Ils s'inspirent aussi des graveurs qui ont abordé les rives du fantastique, Rembrandt, Callot, Piranèse…

Durant cette visite, le diable et les chimères nous accompagnent, rêves et cauchemars nous poursuivent, nous traversons des paysages hantés, nous rencontrons des bêtes fantastiques, mais beaucoup d'œuvres sont connues et il est difficile de s'échapper du monde enchanteur de Kuniyoshi.

Faire ici un résumé serait réducteur, de trop nombreux artistes et techniques sont rassemblés dans cette exposition, je vous propose seulement de partager quelques images.

PHOTOS MP

Francesco Goya  (1746-1828) Les Caprices planche 51 - "Ils se pomponnent" 1799 - eau-forte

Francesco Goya (1746-1828) Les Caprices planche 51 - "Ils se pomponnent" 1799 - eau-forte

Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) Les prisons - planche 7 - "Le pont levis" 1749 - eau-forte

Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) Les prisons - planche 7 - "Le pont levis" 1749 - eau-forte

Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état
Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état
Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état

Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état

Rembrandt (1606-1669) - Le docteur Faustus - vers 1652 - eau-forte

Rembrandt (1606-1669) - Le docteur Faustus - vers 1652 - eau-forte

Eugène Delacroix (1798-1863) Mephistophèlès dans les airs - Planche de Faust de Goethe - 1837 - lithographie 1er état avant la lettre

Eugène Delacroix (1798-1863) Mephistophèlès dans les airs - Planche de Faust de Goethe - 1837 - lithographie 1er état avant la lettre

J.J.Granville (1803-1847) - Le Misocampe - Scène de la vie privée et publique des animaux - 1842 - Gravure sur bois de Louis Brugnot

J.J.Granville (1803-1847) - Le Misocampe - Scène de la vie privée et publique des animaux - 1842 - Gravure sur bois de Louis Brugnot

Charles Rambert (vers 1820-1865) L'Usure - 1851 - lithographie

Charles Rambert (vers 1820-1865) L'Usure - 1851 - lithographie

Gustave Doré - (1836-1883) - Alors ma terreur redouble à l'aspect de l'abîme - Planche de l'enfer de Dante - 1851 - Gravure sur bois de Dupeyron

Gustave Doré - (1836-1883) - Alors ma terreur redouble à l'aspect de l'abîme - Planche de l'enfer de Dante - 1851 - Gravure sur bois de Dupeyron

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois

Odilon Redon (1840-1916) A Edgar Poe - Planche 1 "L'oeil comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini" - 1882 - Lithographie

Odilon Redon (1840-1916) A Edgar Poe - Planche 1 "L'oeil comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini" - 1882 - Lithographie

Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .

Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .

Odilon Redon - L'oeuf - 1885 - Lithographie

Odilon Redon - L'oeuf - 1885 - Lithographie

Eugène Delâtre (1864-1938) En visite ou la mort en fourrures - vers 1897 - eau forte et aquatinte en couleur

Eugène Delâtre (1864-1938) En visite ou la mort en fourrures - vers 1897 - eau forte et aquatinte en couleur

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