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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
PICASSO-MANIA - Grand Palais - Dec 2015

Souvent je suis passée devant le Grand Palais affichant l'exposition Picasso-Mania. J'ai été étonnée de constater le peu de monde qui s'y pressait : les expositions du Grand Palais attirent pourtant la foule. Une belle journée ensoleillée de décembre j'ai décidé de m'y rendre. Aucune file d'attente, personne, pourtant (le règlement c'est le règlement !) obligation de parcourir seule le long zigzag délimité par des cordes. Sur le perron les militaires Vigipirate papotent.

Enfin une visite qui s'annonce tranquille et agréable. Mais, pourquoi si peu de monde ? Peut-être parce que cette exposition est très controversée, que la critique n'est pas unanime, et que le musée Picasso vient de rouvrir ses portes.

Dans la première salle c'est Picasso lui-même qui nous accueille, figé sur son magnifique autoportrait bleu. Il s'est peint en 1901, il n'avait que vingt ans. Il se représente plus âgé, émacié, comme si le malheur allait le poursuivre longtemps, le buste large comme les peint Titien. Dans la salle suivante, dix huit artistes et architectes contemporains, filmés en portrait par Diana Widmaier-Picasso la petite fille du maître, expriment , l'un après l'autre, leurs sentiments et témoignent de l'influence de Picasso sur l'art contemporain.

PICASSO-MANIA - Grand Palais - Dec 2015

Le parcours est ensuite un mélange thématique et chronologique, riche des œuvres de Picasso, parfois regroupées sur un mur, confrontées à celles d'artistes contemporains.

Aux grandes phases stylistiques et à certaines œuvres de Picasso répondent des œuvres de David Hockney, Jeff Koons, Adel Abdessemel, Andy Warhol, Jesper Johns, Antonio Saura, Jean Michel Basquiat…etc.

C'est après la seconde guerre mondiale que Picasso accède véritablement à une très grande notoriété. Son engagement au parti communiste français et dans le mouvement pour la paix font de lui une figure majeure de la vie politique et intellectuelle de cette période. "Guernica" peint en 1937 acquiert le statut d'icône. A partir de 1960 les artistes commencent à être fascinés par Picasso et par ses deux œuvres emblématiques : "Guernica" et "les Demoiselles d'Avignon" . Elles ne sont pas présentes dans l'exposition, bien sûr, mais sont fortement évoquées

Les Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toileLes Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toile

Les Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toile

Je ne reviendrai pas sur la biographie très connue de Picasso . Je ferai juste une petite parenthèse sur la période des "Demoiselles".

Au salon d'Automne 1906, autour des "Tahitiennes" de Gauguin, se trouvent des pièces océaniennes et africaines qui bouleversent Matisse, Derain et Picasso. C'est à partir de là que Matisse et Picasso intègrent peu à peu l'art nègre dans leur création.

Au salon des Indépendants de 1906, Matisse expose "le Bonheur de Vivre" (175x241cm), il est à la pointe de l'avant-garde.

La même année, au "Bateau Lavoir " Picasso prépare sa réponse : "le Bordel d'Avignon" ( 244x234cm - Avignon en souvenir de la carrer d'Avinyò de Barcelone, célèbre pour son bordel, près de laquelle Picasso habitait) . Initialement, il veut représenter un marin dans un bordel entouré de cinq femmes, puis y faire entrer un étudiant en médecine portant une tête de mort. Le marin et l'étudiant disparaitront laissant cinq femmes, seules, debout, nues, certaines portant des masques nègres. Le titre sera changé en "les Demoiselles d'Avignon" par André Salmon lors du salon d'Antin de 1916 où la toile est montrée pour la première fois. "Les Demoiselles d'Avignon" marquait une rupture stylistique et conceptuelle qui annonçait l'avènement du cubisme et conduirait à l'abstraction.

Matisse - Le Bonheur de Vivre

Matisse - Le Bonheur de Vivre

Dans cette exposition extrêmement touffue, j'ai admiré la centaine d'œuvres de Picasso, dont certaines méconnues, j'ai aimé les œuvres d'Antonio Saura, de David Hockney, de Kippenberger. J'ai détesté l'horrible "Qui a peur du grand méchant loup ?" immense accumulation d'animaux empaillés.

Mais en définitive les images que je conserve de cette visite, sont avant tout les œuvres de Picasso.

Alexandre Prouvèze, dans TImeOut résume parfaitement ma pensée :

"Pourquoi Picasso gagne-t-il systématiquement ? Où est sa botte secrète ? A cette question, l’exposition apporte une réponse. Certes, implicite. Mais ce qui crève finalement les yeux, c’est que cette puissance de l’art de Picasso tient avant tout à sa personnalité, à son humour, sa joie de vivre, son érotisme, son sens de l’excès. A sa spontanéité, aussi. Quelques instants passés ici devant ses portraits de femmes suffisent d'ailleurs à faire éclater la force séductrice et virile de son œuvre". Au bout du compte, le dialogue le plus fécond de ‘Picasso.Mania’ semble se tenir dans l’une de ses dernières salles, présentant la série de dessins pornographiques ‘Raphaël et la Fornarina’. Et il a lieu entre Picasso et, non pas l'un de ses successeurs mais son prédécesseur du XVIe siècle, le peintre Raphaël. "

Une dernière remarque : pourquoi Picasso-Mania ? Le titre s'inspire de la phrase du maître "je peins, c'est une manie".

EXPOSITION JUSQU'AU 29 FEVRIER 2016, à voir pour se faire sa propre idée.

Statue de Maurizio Cattelan 1998 - Fibre de verre peinte, mousse expansive, plastique acier et vêtements. Au fond Yan Pei Ming - Portrait de Picasso, huile sur toile.

Statue de Maurizio Cattelan 1998 - Fibre de verre peinte, mousse expansive, plastique acier et vêtements. Au fond Yan Pei Ming - Portrait de Picasso, huile sur toile.

Rudolf Stingel - sans titre huile sur toile

Rudolf Stingel - sans titre huile sur toile

Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......

Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......

PICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909  et Tête d'espagnolePICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909  et Tête d'espagnole

PICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909 et Tête d'espagnole

David Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographiqueDavid Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographiqueDavid Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographique

David Hockney - Artiste et modèle 1973/74 - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographique

Richard Prince 2011 - sans titre Picasso - Impression jet d'encre, pastel gris, acrylique et fusain sur toile

Richard Prince 2011 - sans titre Picasso - Impression jet d'encre, pastel gris, acrylique et fusain sur toile

Jeff Koons - ANtiquité 2011 - collage - aphrodite romaine, sculpture Papouasie, version d'Adonis et Venus de Titien, le tout recouvrant un "Baiser" 1969 de Picasso

Jeff Koons - ANtiquité 2011 - collage - aphrodite romaine, sculpture Papouasie, version d'Adonis et Venus de Titien, le tout recouvrant un "Baiser" 1969 de Picasso

Rudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toileRudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toile

Rudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toile

"Qui a peur du grand méchant loup ?"

Inspiré par Guernica, Adel Abdessemed évoque les massacres d'animaux commis quotidiennement dans nos sociétés modernes. Il utilise dans un format presque identique à celui de Guernica (3,63 x 7,70 x 0,40) - animaux naturalisés, acier , fil de fer - 2011-2012

PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie
PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographiePICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographiePICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie

PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie

Roy Lichtenstein - Tête de pinceau  sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile Roy Lichtenstein - Tête de pinceau  sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile

Roy Lichtenstein - Tête de pinceau sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile

Errò - (Gudmundson Gudmondur dit) - Le point de fusion Picasso 2014 - Peinture glycerophtalique sur toile

Errò - (Gudmundson Gudmondur dit) - Le point de fusion Picasso 2014 - Peinture glycerophtalique sur toile

Andy Warhol - Tête d'après Picasso n°111 - Acrylique et sérigraphie sur toile

Andy Warhol - Tête d'après Picasso n°111 - Acrylique et sérigraphie sur toile

PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile - PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile -

PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile -

PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953

PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953

Picasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toilePicasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toile

Picasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toile

Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carrioleJasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole
Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carrioleJasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole

Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole

Martin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de PicassoMartin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de Picasso

Martin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de Picasso

Picasso - superbe mur dont  Le baiser 1969Picasso - superbe mur dont  Le baiser 1969

Picasso - superbe mur dont Le baiser 1969

Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984

Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984

Georg Baselitz  Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909Georg Baselitz  Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909

Georg Baselitz Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Peintres
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Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Cette fresque de 5,75 m de long et de 1,15 m de hauteur représente "Les funérailles du comte de Flandre, Charles le Bon" (1083-1127) inhumé dans l'église Saint-Christophe de Bruges. (Charles le Bon fut assassiné par les hommes de son chancelier avide de pouvoir). Elle est l'œuvre de Jan Van Beers, qui, inspiré par les textes médiévaux et les œuvres du Moyen Age, fait défiler en procession, chevaliers, ecclésiastiques, échevins, croisés (qui accompagnèrent Charles Le Bon aux croisades, on les reconnait à la croix rouge qui orne leur habit), sous le regard de la foule et devant des moines agenouillés.

Jan Van Beers est né le 27 mars 1852 à Lierre, dans le province d'Anvers. Il est le fils du poète flamand du même nom. Il suit les cours des beaux arts d'Anvers et fait scandale avec sa clique d'amis. Un de ses grands amusements est de se promener dans les rues déguisé en femme. Après un voyage à Londres, il s'installe à Paris, où, pour se faire reconnaître, il tente tous les styles et tous les sujets.

 
Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un hommeAu balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme
Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un hommeAu balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme

Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Après un voyage à Londres, il s'installe à Paris, où, pour se faire reconnaître, il tente tous les styles et tous les sujets. A partir de 1879, il se lance dans la production de petits tableaux, des miniatures, mais d'une précision extrême (on pourrait dire hyperréalistes). Le succès est immédiat "Soir d'été" obtient au salon de 1880 les louanges des critiques. Malheureusement les louanges ne vont pas perdurer.

En 1881, à Bruxelles, il expose deux tableaux : "Lily", et "La sirène" petite œuvre de 10x15cm.

Il est attaqué par trois critiques qui l'accusent d'avoir peint le tableau sur une photographie. Van Beers propose une expertise : si l'expert confirme l'accusation il donnera aux critiques 10.000 Fr pour Lily et 20.000 Fr pour la Sirène. Dans le cas contraire les critiques devront payer. Deux critiques refusent la proposition (ils ne veulent pas prendre le risque d'abimer l'œuvre), le troisième demande à Van Beers de s'enfermer et refaire l'un des deux tableaux, ce que le peintre refuse. Quelques jours plus tard "la Sirène" est vandalisée par un inconnu, les experts acceptent alors d'examiner l'œuvre. Van Beers prend de l'assurance et porte alors l'affaire en justice.

Il perd le procès sur décision de la Cour de Bruxelles (Journal des Tribunaux 1882: 123-124): "Attendu que la responsabilité du défendeur ne peut être engagée que s'il y a faute de sa part, c'est à dire, s'il a excédé les limites d'une critique honnête et loyale. (...) Que la bonne foi du défendeur doit être admise en ce sens qu'il n'a fait qu'exprimer dans des termes un peu vifs une conviction sincère qu'il s'était formée par l'examen des tableaux en eux-mêmes, abstraction faite de la personnalité de leur auteur. (...) Attendu que l'emploi de la photographie dans la peinture est sujet à discussion; que certains critiques le considèrent comme un abaissement de l'art, indigne du véritable artiste; que d'autres, à tort ou à raison, n'y voient qu'un moyen mécanique de venir en aide à la réalisation des idées du peintre (...)."

Un exemplaire de "La sirène"

Un exemplaire de "La sirène"

Ce qui fut appelé "l'affaire Van Beers" secoua le monde de l'Art Belge et fit des remous dans toute l'Europe. Elle permit à Van Beers de devenir par ce biais et comme il l'avait toujours désiré, riche et célèbre.

Cette affaire souleva aussi le problème de l'utilisation de la photographie. Paul Delaroche, dès 1839, avait exprimé son enthousiasme pour l'invention du daguerréotype, moyen facile pour rassembler rapidement des études. Delacroix avait également ouvert la voie.

Un nouveau scandale a lieu en 1884 lors d'une exposition au Palais de l'Industrie, Van Beers lacère un tableau qu'il dit ne pas être de lui.

Albert Wolff dans "le Figaro" de 1884 raconte que Jan van Beers faisait réaliser des copies de ses tableaux par l'un ou l'autre de ses élèves, ajoutait ensuite quelques touches puis les signait. Le procédé est discutable, mais le peintre , dont le but était d'être connu, se devait de satisfaire l'exigence de clients dont le choix n'était pas souvent négociable.

Ainsi le petit tableau "la sirène", objet du scandale a dû être reproduit un certain nombre de fois. On en retrouve un exemplaire dans une vente aux enchères de 2013 à Nantes, lot 27 - estimation de 400 à 600 euros -, un autre en octobre 2015 à Tours, lot 88 signé au dos - estimation 150/200 euros. Ces petites cotes démontrent bien l'oubli dans lequel est tombé Jan Van Beers.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

"Les funérailles du Comte de Flandre" occupent pourtant une des salles du sous-sol du Petit Palais. Si l'œuvre a pu paraître singulière en 1877, elle l'est moins pour nous qui sommes au XXIe siècle habitués aux libertés artistiques.

Jan Van Beers n'était d'ailleurs pas sans talent et son jeune âge au moment où il peint ce tableau (il n'a que 25 ans) le prouve.

Il l'expose en 1877 à Anvers, Amsterdam et Paris et n'obtient pas le succès escompté. Henri Houssaye exprimant l'incompréhension du public et des critiques, ironique et acerbe, écrit cette phrase "Il n'a, comme on dit, ni queue, ni tête".

La composition n'est pas sans intérêt.En hauteur, au balcon, la foule silencieuse et recueillie est la mieux placée pour voir le cortège et c'est à travers ses regards que l'on peut imaginer la scène vue du dessus.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Au milieu de ce cortège, au centre de la fresque, le peintre se représente : on peut apercevoir une petite partie de sa chemise colorée qui semble fortement en décalage avec les vêtements moyenâgeux.

Pour nous, spectateurs hors du tableau, le cortège est en partie dissimulé par les moines agenouillés formant barrière. Ce sont eux qui interpellent notre premier regard. Fantômes dissimulés sous les lourds plis noirs de leurs chasubles à capuches, ils m'apparaissent comme le sujet principal du tableau, les funérailles n'étant peut-être que le prétexte pour les mettre en scène.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
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Publié dans : #Expositions à Paris
L'estampe visionnaire de Goya à Redon - Petit Palais - Nov.2015
Cette exposition sur "le fantastique en noir et blanc" fait suite aux salles consacrées à Kuniyoshi (voir précédent article).

"Au même titre que la poésie, l'eau-forte garde surtout une empreinte d'âme. C'est une des matérialités de l'art qui comportent le plus grande somme d'esprit." - Armand Silvestre - écrivain, romancier, poète (1837-1901)

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Les gravures présentées dans cette partie de l'exposition, eaux-fortes, lithographies, gravures sur bois, ont été sélectionnées parmi celles de l'importante collection de la Bibliothèque nationale de France.

Le noir et blanc prédomine pour exprimer le romantisme du XIXe siècle. Les artistes puisent leur inspiration dans la littérature, Dante, Goethe, Hugo, Edgar Poe… Ils s'inspirent aussi des graveurs qui ont abordé les rives du fantastique, Rembrandt, Callot, Piranèse…

Durant cette visite, le diable et les chimères nous accompagnent, rêves et cauchemars nous poursuivent, nous traversons des paysages hantés, nous rencontrons des bêtes fantastiques, mais beaucoup d'œuvres sont connues et il est difficile de s'échapper du monde enchanteur de Kuniyoshi.

Faire ici un résumé serait réducteur, de trop nombreux artistes et techniques sont rassemblés dans cette exposition, je vous propose seulement de partager quelques images.

PHOTOS MP

Francesco Goya  (1746-1828) Les Caprices planche 51 - "Ils se pomponnent" 1799 - eau-forte

Francesco Goya (1746-1828) Les Caprices planche 51 - "Ils se pomponnent" 1799 - eau-forte

Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) Les prisons - planche 7 - "Le pont levis" 1749 - eau-forte

Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) Les prisons - planche 7 - "Le pont levis" 1749 - eau-forte

Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état
Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état
Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état

Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état

Rembrandt (1606-1669) - Le docteur Faustus - vers 1652 - eau-forte

Rembrandt (1606-1669) - Le docteur Faustus - vers 1652 - eau-forte

Eugène Delacroix (1798-1863) Mephistophèlès dans les airs - Planche de Faust de Goethe - 1837 - lithographie 1er état avant la lettre

Eugène Delacroix (1798-1863) Mephistophèlès dans les airs - Planche de Faust de Goethe - 1837 - lithographie 1er état avant la lettre

J.J.Granville (1803-1847) - Le Misocampe - Scène de la vie privée et publique des animaux - 1842 - Gravure sur bois de Louis Brugnot

J.J.Granville (1803-1847) - Le Misocampe - Scène de la vie privée et publique des animaux - 1842 - Gravure sur bois de Louis Brugnot

Charles Rambert (vers 1820-1865) L'Usure - 1851 - lithographie

Charles Rambert (vers 1820-1865) L'Usure - 1851 - lithographie

Gustave Doré - (1836-1883) - Alors ma terreur redouble à l'aspect de l'abîme - Planche de l'enfer de Dante - 1851 - Gravure sur bois de Dupeyron

Gustave Doré - (1836-1883) - Alors ma terreur redouble à l'aspect de l'abîme - Planche de l'enfer de Dante - 1851 - Gravure sur bois de Dupeyron

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois

Odilon Redon (1840-1916) A Edgar Poe - Planche 1 "L'oeil comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini" - 1882 - Lithographie

Odilon Redon (1840-1916) A Edgar Poe - Planche 1 "L'oeil comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini" - 1882 - Lithographie

Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .

Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .

Odilon Redon - L'oeuf - 1885 - Lithographie

Odilon Redon - L'oeuf - 1885 - Lithographie

Eugène Delâtre (1864-1938) En visite ou la mort en fourrures - vers 1897 - eau forte et aquatinte en couleur

Eugène Delâtre (1864-1938) En visite ou la mort en fourrures - vers 1897 - eau forte et aquatinte en couleur

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Publié dans : #Expositions à Paris
PHOTOS MP. Cliquez dessus pour les agrandir.

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Une exposition merveilleuse dont les images ont imprégné ma mémoire. Un travail de gravure remarquable qui bien évidemment m'interpelle. Couleurs, formes, utilisation de l'espace, tout concourt à nous laisser muets et admiratifs. Loin des sentiers battus, l'œuvre de Kuniyoshi est une découverte qui ouvre des horizons nouveaux. Courez voir ce monde fantastique (jusqu'au 17 janvier 2016).

RAPPEL de la TECHNIQUE de "l'ukiyo-e" (image du monde flottant) mouvement artistique japonais de l'époque d'Edo (1603-1868) comprenant surtout les estampes gravées sur bois.

Il s'agit d'une gravure en relief (xylographie), visuellement nous pouvons la comparer à un tampon. L'encre est déposée sur le relief, l'impression sur un papier produit une estampe.

La gravure est exécutée sur une planche de bois de cerisier, très apprécié pour la finesse de sa veinure et sa dureté.

Les estampes polychromes ukiyo-e sont le fruit d'un travail d'équipe qui comprend un dessinateur, un graveur et un imprimeur.

Le maître réalise un dessin à l'encre de chine sur un papier japonais très fin.

Le graveur enduit la planche de bois de colle à base de riz, puis place le côté recto du dessin sur la planche. Il frotte jusqu'à ce que les traits à l'encre de chine pénètrent dans le bois. Le papier part en lambeau, le dessin est détruit.

Le graveur creuse ensuite le bois autour des tracés d'encre de chine. C'est la planche de trait.

Il grave ensuite autant de planches qu'il y aura de couleurs sur l'estampe finale.

L'imprimeur prend le relais. Il utilise un papier japonais traditionnel, humidifié afin qu'il absorbe bien les pigments. Les planches sont enduites d'encre sur les reliefs, le papier est posé successivement sur les différentes planches, l'impression se faisant par frottement avec un tampon de feuilles de bambou. L'imprimeur commence l'impression en allant des teintes les plus claires jusqu'aux plus foncées.

Dessin maître pour triptyque vers 1835-1836 - TAIRA NO TADA NORI Seigneur de Satsuma. Cette feuille préparatoire indique que l'oeuvre n'a jamais été gravée.

Dessin maître pour triptyque vers 1835-1836 - TAIRA NO TADA NORI Seigneur de Satsuma. Cette feuille préparatoire indique que l'oeuvre n'a jamais été gravée.

Kuniyoshi est né le 15 Novembre 1797 à Edo (actuelle Tokyo). Il assiste tout d'abord son père, teinturier, en fournissant le dessin des pièces à teindre. A 11 ans, il attire l'attention du graveur d'ukiyo-e Utagawa Toyokuni. Il ne sera reconnu qu'à partir des années 1830.

Jusqu'aux années 1840 il réalise des triptyques dont les volets peuvent s'apprécier séparément. Il privilégie ensuite une seule et même composition au sein de ce format que l'on peut qualifier d'image panoramique. Tout au long de sa carrière il ne cessera d'enrichir et de renouveler son œuvre, non seulement en se référant à d'autres maitres de l'estampe japonaise, comme Hokusai, mais aussi aux graveurs de publications hollandaises.

A la fin de sa vie il assiste à l'ouverture de son pays à l'étranger après deux siècles d'isolement. Kuniyoshi meurt le 5 mai 1861.

Kuniyoshi demeurera longtemps inconnu. On retrouve toutefois la trace de ses œuvres en France à partir de 1860. Ainsi Manet, Monet, Rodin, Van Gogh posséderont dans leurs collections quelques estampes de Kuniyoshi.

L'ŒUVRE DE KUNIYOSHI

LEGENDES, GUERRRIERS, DRAGONS

La représentation des guerriers contemporains étant interdite, les artistes trouvent leur inspiration dans la littérature et les aventures légendaires.

Maître du genre, Kuniyoshi tire parti des lignes droites comme des courbes pour exprimer la forme, le mouvement, la vitesse dont il emplit toute l'image.

Le fantôme de Taira no Tomomori attaquant le navire de Yoshitsune - vers 1818 - 1828 -   deux premiers panneaux du triptyque

Le fantôme de Taira no Tomomori attaquant le navire de Yoshitsune - vers 1818 - 1828 - deux premiers panneaux du triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

SAKATA KAIDO-MARU - vers 1836

Combat entre Kintarô et une carpe. Une sorcière qui vivait dans la montagne rêva qu'elle s'unissait à un dragon rouge et mit au monde ce petit garçon doté d'une force herculéenne.

CI-DESSOUS :

MIYAMOTO MUSASHI tue une baleine - vers 1847 - Exploits du héros du XVIIe, Miyamoto. La baleine qui tient tout l'espace de l'estampe exécutée en trois planches est une image puissante et fascinante. Mon grand coup de cœur.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

ONIWAKA-MARU sur le point de tuer une carpe géante - vers 1845 - Oniwaka est encore un enfant, ses vêtements sont ornés de motifs de jouets. A lui seul il maîtrise la carpe. - DETAIL

CI-DESSOUS- Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LE MONSTRE SHUTEN-DOJI au mont OE - 1851 - Le monstre enlève les belles jeunes femmes de la capitale.

Minamoto no Yorimitsu accompagné de quatre compagnons part pour éliminer le monstre qui la nuit se transforme en démon. Son visage est en cours de transformation, sa main est déjà celle d'un monstre. Détail

CI-DESSOUS - Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

La princesse Takiyasha et son frère s'initient aux arts magiques et invoquent un monstrueux squelette dans l'ancien palais de Soma. 1845-1846 -

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

ASAHINA se divertit sur l'île des nains - vers 1847

Asahina est un général de l'époque de Kamakuna (1192-1333) connu pour sa force surhumaine. Son épopée rappelle "les voyages de Gulliver". Détail

CI-DESSOUS - Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LES GRANDS ACTEURS DU ABUKI (théâtre chanté et dansé)

A l'époque d'Edo, les acteurs sont adulés comme des stars. Les artistes reproduisent leurs traits dans de nombreux portraits gravés. Les affiches sont également exécutées sous forme d'estampes. Elles montrent les scènes principales de la pièce.

Ci-dessous : La légende du chat monstre pratiquant la magie près d'un temple en ruine - 1847

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LES PLAISIRS D'EDO.

Edo est au XIXe siècle la ville la plus peuplée du monde. Les estampes transmettent les détails de la vie des japonais, spectacles variés, fêtes saisonnières, quartiers de plaisirs, figuration des courtisanes. Kuniyoshi par son originalité, sa fantaisie et son humour est l'un des derniers grands maîtres de l'ukiyo-e.

Trois courtisanes du Yoshiwara - 1833 - Trois dieux du bonheur couvrent trois courtisanes de pièces d'or. Détail

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

MOUSSON D'ETE - vers 1849-1851

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

PAYSAGES AU BORD DE L'EAU

Ce n'est pas la spécialité de Kuniyoshi mais plus que les portraits d'acteurs et de courtisanes, ses paysages susciteront l'intérêt des amateurs du XIXe siècles.

CHUTES D'EAU, sanctuaire Sekison au Mont Oyama - vers 1842

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

VUE D'EMOSHIMA dans la province de sagami - vers 1849-1851

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

Capitale de l'est, la rivière MIYATO - vers 1831-1832

Kunisyoshi saisit ici les gestes quotidiens des hommes pêchant les anguilles.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

JEUX ET CARICATURES

En une période marquée par la censure, Kuniyoshi a hissé l'art de la caricature à son apogée.

Kuniyoshi utilise les jeux d'ombres pour donner un double sens à une image. Il bâtit également des portraits faits d'accumulations de corps humains nus (ou presque).

Série "Jeux d'ombres" Pêcheur, crevette et coque - vers 1848

Série "Jeux d'ombres" Pêcheur, crevette et coque - vers 1848

Homme hautain - vers 1847

Homme hautain - vers 1847

Le Quartier de Honcho à Yokohama - 1860

Cette estampe est la dernière œuvre publiée du vivant de l'artiste qui a assisté à l'ouverture de son pays à l'étranger après deux siècles d'isolement.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

Une projection anime le long couloir qui conduit à la suite de l'exposition : "L'ESTAMPE VISIONNAIRE DE GOYA A REDON". Restons pour l'instant dans le monde coloré de Kuniyoshi.

Celui du fantastique en noir et blanc fera l'objet du prochain article.

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Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En septembre 2009, une rétrospective des œuvres du peintre Fernand Pelez était organisée par le Petit Palais à Paris. Elle souleva des critiques semblables à celles exprimées pour le Salon de 1886 par le Figaro qui trouvait la "sentimentalité" déplacée et écrivait : " Pelez exhibe un enfant à ce point misérable qu'il en devient répugnant". Dans le Figaro culture du 16 Novembre 2009, Eric Biétry-Rivièrre s'indigne : " Mendiants et souffreteux abondent pour accuser, en silence ou dans un désordre carnavalesque, la IIIe république… reste que tant de morbidité et de défaitisme finit par écœurer". Guy Boyer dans Connaissance des Arts du 26 septembre 2009 pose la question : "fallait-il monter cette rétrospective ? la production de Pelez oscillant entre paupérisme et académisme, reste faible. Certes il y a dans tous ces sujets larmoyants et ces grandes machines décoratives quelques éclairs de génie….mais vu le prix d'une rétrospective, ne faut-il pas consacrer son temps et son énergie à des artistes qui en valent la peine, qui ont une vision novatrice, qui nous interpellent encore aujourd'hui ?"

Messieurs les critiques vous aviez le cœur bien sec. Comment ne pas être ému par la peinture de Pelez ? comment nier la misère de son époque et comment ne pas être encore interpellé de nos jours (la pauvreté, moins criante sans doute, plus dissimulée certainement, touche 8,5 millions de personnes, catalogués pour notre confort "défavorisés").

L'écrivain Patrick Cauvin (décédé en 2010), dans le journal d'information local "Montmartre à la une" de 2009 s'exprimait différemment : "la parole des humbles ne fait toujours pas recette… de l'autre coté de l'avenue (celle du Petit Palais) des enfants grassouillets posent dans des jardins pimpants, ici ils dorment écrasés sous des couvertures trouées… et nul ne les regarde."

Un critique au salon de 1903

Un critique au salon de 1903

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Effectivement l'exposition n'amènera pas la foule, à l'encontre de Renoir qui était, en même temps, aux cimaises du Grand Palais.

Les gueux de Pelez me bouleversent, ils sont le cri du cœur d'un homme qui répétait de façon lancinante le mot "misère". Pour Pelez comme pour tous les peintres de son temps, le Salon et les médailles avaient une grande importance. Lorsque, après cinq ans d'absence, il n'obtint pas, au Salon de 1896, le succès espéré, il participa à la "Cavalcade de la Vache enragée" en faveur des artistes malheureux de Montmartre, carnaval de la misère qui incarnait une fracture sociale face à la modernisation de Paris.

A partir de cette date Pelez quitte la vie publique, il n'expose plus, ne vend plus mais continue de peindre de grandes compositions. A des acheteurs qui le sollicite, il répond : "Je ne suis pas le tapissier des bourgeois ; un jour peut-être je peindrai la misère des riches, et ce sera terrible".

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Pelez meurt le 7 aout 1913. En décembre ses élèves organisent, dans son atelier, une rétrospective de son œuvre. Le Président Raymond Poincaré est présent. La ville de Paris décide d’acheter aux héritières de Pelez, ses sœurs, quatre peintures pour 60.000 francs (ce qui est très cher pour l'époque), toutes exposées au Salon, dont « Un martyr ou le marchand de violette », et« Sans asile » .

Seymour de Ricci, collectionneur, historien et critique d’art, s'élève contre cette acquisition onéreuse : « Hélas ! Pour tout potage, nous devons nous contenter de quatre Pelez ! Et de quels Pelez ! De la peinture de concierge sensible (…) A qui fera t’on croire que ce Pelez (de Cordova, s’il vous plait) qui s’intitule « artiste-peintre » (…) soit qualifié pour représenter aux yeux de la postérité l’art français du début du XXème siècle ».

"Sans asile" peint en 1883, est pour moi une œuvre admirable dont le thème reste malheureusement d'actualité. Cette mère et ses enfants vivent sur le trottoir avec une chaise, un poêle et quelques ustensiles de cuisine. Qui sont-ils ? des émigrés ? des sans abris ? L'espace est clos, une ébauche d'ouverture sur la gauche, ruelle ou porte, signifie que pour ces malheureux la possibilité de sortir de la misère est mince. Sur le mur une affiche "Grande fête" dénonce la fracture sociale. La lumière vibre sur le mur, sans se poser sur l'ensemble du tableau, peint en camaïeu de terres et de bruns. Seul le bonnet blanc du nouveau né en reçoit les rayons. Est-ce une lueur d'espoir pour lui, son avenir peut-il être meilleur ? Ce tableau me touche infiniment, ces enfants innocents qui dorment sont poignants. J'ai de la peine à soutenir le regard butté et triste du garçon, l'aîné sans doute, conscient d'une responsabilité car le seul à veiller, comme celui rougi et désespéré et de sa mère.

Sans Asile - 136  x 236 cm - Photos MP - Paris Petit Palais

Sans Asile - 136 x 236 cm - Photos MP - Paris Petit Palais

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Emmanuel Pelez de Cordova d'Aguilar, nait le 18 Janvier 1848 à Paris.

Les origines aristocratiques espagnoles de la famille (son grand père à épousé Romana Manuela Fernandez de Cordova d'Aguilar, patronyme qui sera repris par les générations suivantes), n'empêchent pas la pauvreté et les ressources proviennent en partie des rentes de la grand-mère maternelle.

Son père Jean Louis Raymond Pelez de Cordova d'Aguilar, peintre amateur, a été contraint de délaisser ses pinceaux pour nourrir sa famille. Il devient dans les années 1840 illustrateur sous le nom de Raymond Pelez. C'est la grande époque de l'illustration qui apporte de nouveaux débouchés aux artistes.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Pelez a quatre sœurs et un frère ainé, Jean Louis Raymond, né en 1838, qui sera lui aussi illustrateur.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Emmanuel Pelez est donc immergé très tôt dans la bohème artistique dont font partie, non seulement son père et son frère, mais aussi son oncle et son cousin optant pour le prénom de Raymond, ce qui créera des confusions pour l'attribution des œuvres.

En 1866, à la suite d'une maladie, il est envoyé en convalescence à L'Isle-Adam sous la garde de son frère, il peint pour la première fois un petit paysage qui émerveille son père. La toile est présenté au Salon et acceptée. "Le sort en était jeté il était peintre". Il signe ses peintures Fernand Pelez.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En 1870, il est admis à l'Ecole des Beaux Arts dans l'atelier de Cabanel. On y pratique l'étude sur modèle vivant et l'étude d'après la bosse, généralement des moulages de plâtres de statues antiques.

En 1875 Pelez expose au Salon "Les tireurs d'Arc" . La toile est acheté par l'Etat mais n'est pas jugée digne d'être exposée au Luxembourg. Elle est attribuée à la municipalité de Vichy.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Les années qui suivent, Pelez reçoit des récompenses aux Salons, obtient des commandes de l'Etat, est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

En 1893 il devient Professeur de dessin à l'école privée Elisa Lemonnier, 24 rue Duperré.

Depuis 1886, il est installé dans un grand atelier au 62 Bd de Clichy, au pied de la butte Montmartre, dans l'immeuble même où s'ouvrira en 1893, au rez-de-chaussée, le cabaret des Quat'z'arts. Il devient une figure familière de la butte. En 1883 avec "Sans asile" il aborde sa manière personnelle : il sera le peintre des misérables, des marginaux, des mendiants dans le Paris joyeux de la Belle Epoque qui est aussi le Paris de l'exclusion sociale où le préfet Poubelle a éloigné de Paris les chiffonniers.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En 1903 il devient Membre du jury de la Société des artistes français. Il sera secouru à la fin de sa vie pour y avoir consacré du temps.

En 1910 le voilà d'officier de la Légion d'Honneur.

Fernand Pelez meurt le 7 août 1913. Selon ses propres termes il voulait "raconter les pauvres de Paris". Critiqué, contesté on lui a reproché de peindre la souffrance des gens, le propos étant en dehors du champ de la peinture. Inclassable, il restera en marge des mouvements reconnus de la fin du XIXe et du début du XXe et tombera dans l'oubli.

La rétrospective du Petit Palais de 2009 l'a-t-elle remis dans la lumière ? j'en doute. Je présume qu'il va rejoindre l'oubli sauf pour quelques uns, pour vous peut-être, et pour moi tant que je vivrai.


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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

Dans la cour du Musée du Louvre, tout autour de la pyramide, des petites fourmis s'agitent. Elles ne semblent pas très nombreuses, mais lorsque l'on pénètre dans la fourmilière elles s'entassent dans un bourdonnement assez infernal. Pour les éviter il suffit d'emprunter les escalators et d'atteindre le deuxième étage. Là règne le calme et la sérénité, et l'on découvre les salles, réaménagées il y a quelque temps, où les œuvres sont mises en valeur par les murs peints de différentes couleurs tendres.

photos MP - cliquez dessus pour les agrandir
 Musée du Louvre - 9 sept. 2015 Musée du Louvre - 9 sept. 2015 Musée du Louvre - 9 sept. 2015
 Musée du Louvre - 9 sept. 2015

Ainsi ce 9 septembre, je parcours les salles de la peinture française , des Pays Bas et des Flandres du XIVe au XVIIe. A chacune de mes visites au Louvre je découvre ou redécouvre des peintures devant lesquelles j'étais passée peut-être trop vite. Un tableau nous interpelle selon notre état d'esprit , c'est le partage d'un moment particulier.

Je vous présente ici une dizaine de tableaux devant lesquels je me suis arrêtée longuement.

Deux tableaux de Josse LIEFERINXE, originaire du Hainaut, connu à Aix et à Marseille de 1493 à 1505 : "L' Adoration de l'enfant", et "La Visitation". Fragment de volet d'un retable de la vie de la Vierge.

peinture sur bois - 48x37cmpeinture sur bois - 48x37cm

peinture sur bois - 48x37cm

"Les trois prophètes de l'Annonciation", Isaïe, Jérémie, et Ezéchiel, peints vers 1490, dont l'auteur présumé est jean Changenet actif en Avignon de 1485 à 1493. Etonnants portraits, aux coiffes luxueuses, proches de ceux des maîtres du quattrocento. Les prophètes, têtes tournées dans des directions différentes semblent guetter quelque chose, l'inscription sur la banderole nous guide : "Un rejeton sort de la souche de Jessé, un surgeon pousse de ses racines - Isaïe XI"

Panneau fragmentaire - 61x95cm

Panneau fragmentaire - 61x95cm

Un portrait somptueux de Jean Fouquet (Vers 1415-1420 à Tours) : "Guillaume Jouvenel des Ursins", Chancelier de France.

Huile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retableHuile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retableHuile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retable

Huile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retable

"La crucifixion du Parlement de Paris" (1450) de Maître Dreux Budé, avec un très beau détail, la Vierge Marie essuyant une larme et l'intéressant paysage de gauche où l'on aperçoit la Tour de Nesle, la forteresse du Louvre et l'hôtel du Petit-Bourbon. Au premier plan Saint Louis et Saint Jean Baptiste. A la droite du tableau Saint Denis et Charlemagne.

2,26  x 2,70 m2,26  x 2,70 m2,26  x 2,70 m

2,26 x 2,70 m

Je trouve plutôt comique le "portrait d'Henry IV représenté en Hercule terrassant l'hydre de Lerne", l'hydre symbolisant la ligue catholique et Henri IV devenant un héros, demi-dieu antique (peint par l'entourage de Toussaint Dubreuil vers 1600), au regard du beau portrait du "Flûtiste" de Jacob Bunel (1591) justement partenaire de Dubreuil au service d'Henry IV.

Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)

Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)

De la génération de Breughel, Pieter Huys se rapproche des œuvres de Jérôme Bosch avec "La tentation de Saint Antoine" 1547. Un détail frappant : la tour ronde basculée en avant qui présente une fausse perspective contrairement au reste du paysage.

0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m
0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m

0,70 x1,03 m

Une très pure "Sainte Madeleine ou jeune femme lisant" (Maître des demi-figures premier tiers du XVIe) Maître des demi-figures, Maître du buste des femmes est le nom donné au XIXe siècle à ce peintre anonyme des Pays Bas du XVIe siècle.

51x38cm environ - détail

51x38cm environ - détail

Je suis attirée par l'incroyable ciel rose de "La scène de bataille biblique", "La défaite de Sennachérib ?" (Gillis Van Valckenborch - 1597) . Pas si incroyable d'ailleurs ! J'ai photographié le même de ma fenêtre il y a quelques jours.

Le tableau présente une foule chatoyante organisée en des centaines de petites compositions. J'aime beaucoup, au cœur de la bataille, le bouillonnement gris formé par les éléphants. Au premier plan, la femme qui tient un enfant dans ses bras montre son étonnement à la vue des anges chassant l'armée de Sennachérib. J'avais sans aucun doute cette même expression en découvrant mon ciel rose, mais je n'ai pas vu d'anges !

1,35 x 2,70m - huile sur toile

1,35 x 2,70m - huile sur toile

de ma fenêtre

de ma fenêtre

Sennachérib était un roi Assyrien qui menaça de détruire Jérusalem en 701 avant J.C. Son attaque menée contre Juda et Jérusalem est décrite dans la Bible. Sennachérib mit fin à sa campagne lorsque l'ange du Seigneur entra dans son camp, massacrant en une nuit 185.000 soldats. Sennachérib et les survivants regagnèrent leur capitale à Ninive sur l'Euphrate.

Un très beau nocturne architectural vers 1610-1620 "Intérieur d'église - effet de nuit" de Hendrick II van Steenwyk, avec ses deux discrets personnages.

huile sur bois - 1,23 x 1,74 mhuile sur bois - 1,23 x 1,74 mhuile sur bois - 1,23 x 1,74 m

huile sur bois - 1,23 x 1,74 m

Et pour finir l'admirable "Saint Pierre repentant" de Gérard Seghers - 1624-1629 - Le coq évoquant bien évidemment le reniement de Saint Pierre (rappel de la parole du Christ, "En vérité je te le dis : cette nuit même, avant que le coq ait changé, tu m'auras renié trois fois"). On retrouve ce coq sur tous les clochers de nos églises. Il existe plusieurs significations, dont celle qui symboliserait le reniement de Saint Pierre et rappellerait aux hommes leur faiblesse.

huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copieshuile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies
huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copieshuile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies

huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies

Je souhaite que cette courte visite vous ait été agréable ! n'hésitez pas à donner votre sentiment sur cet article en laissant un commentaire.

Bien amicalement à tous mes lecteurs

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Publié dans : #Peintres

En ce matin du mois d'aout, le Grand Palais est fermé, les abords du Petit Palais sont déserts. Les autocars déversent les touristes à Notre Dame, à la Tour Effel ,au Musée du Louvre…

Il fait beau, les magnifiques portes dorées du Petit Palais scintillent et s'ouvrent généreusement pour moi. Nous ne sommes que quelques visiteurs à arpenter les salles que je connais bien mais où j'aime revenir car le calme de ce musée permet de s'attarder longuement, et sans être dérangé devant un tableau.

Dans la salle des "Réalistes", je retrouve "Les Demoiselles des bords de la Seine". Support de nombreuses interprétations, elles ont fait le bonheur, comme la plupart des toiles de Courbet, des décrypteurs de significations. Courbet nous oblige à nous raconter une histoire, chacun se racontera celle qu'il lui plait de se raconter, le rêve est le domaine du regardant.

Photos MP

Photos MP

Je suis fascinée, quant à moi, par la femme brune, par son visage sculptural et par le bouillonnement des jupons, tissus et dentelles. Elle ne semble pas reposer fermement sur le sol. Son regard chargé de sensualité et tourné vers le spectateur est-il destiné au peintre ? (on peut supposer que le chapeau qui se trouve dans la barque lui appartient) Qui est cette femme ? Une prostituée ? Peut-être Virginie Binet, maitresse et modèle de Courbet dont il aura un fils. (Ce patronyme Binet - celui de ma famille - ajoute un degré à ma fascination et intensifie ma rêverie).

Ce que l'on peut dire c'est que le tableau ne laisse pas percevoir aujourd'hui ce que l'on pouvait y trouver en 1856. Si pour nous il peut être émouvant, le XIXe siècle, éminemment bourgeois, ne pouvait qu'être choqué par la représentation d'une telle sensualité.

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Mais comment pourrais-je ne pas avoir, alors, en mémoire la représentation qu'en fait Picasso ? Comment pourrais-je oublier mon face à face avec "Ses Demoiselles des bords de la Seine" au Kuntmuseum de Bâle il y a bien longtemps ?

Picasso regarde les Demoiselles de Courbet. De quelle ordre est sa rencontre : rapport aux femmes ? pouvoir pictural ? "Pour Picasso la peinture et les femmes ne sont qu'un" (J.Chiari - Picasso). Affirmation d'un nouveau vocabulaire pictural, le tableau de Picasso nous parle-t-il des femmes du XXe siècle ? Il est difficile de définir ses Demoiselles comme représentatives de la sensualité ou des femmes.

Ces femmes sont femmes parce que Picasso le dit. Nous pourrions aussi bien y voir des hommes, ou un homme surtout dans la femme accoudée (Picasso lui-même).

Photo Web

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Photo Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandirPhoto Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandirPhoto Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandir

Photo Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandir

Courbet, homme actif, engagé dans son époque autant que l'était Picasso dans la sienne, nous donne à voir un tableau auquel nous devons participer, le rêve est à notre portée à condition que nos pensées agissent.

Par contre nous subissons la violence de l'interprétation de Picasso "Un bon tableau, un tableau quoi il devrait être hérissé de lames de rasoir"(Malraux citation de Picasso)

L'espace temps qui sépare les Demoiselles des Bords de la Seine de Courbet de celles de Picasso marque la rupture entre deux mondes : celui du milieu du XIXe qui repose entièrement sur la nature et se confond avec la réalité et celui du début du XXe tourné vers l'avenir, où l'évolution est solidaire de la machine, de l'énergie, de la vitesse.

Avec le cubisme et Picasso, l'expression de l'individu et l'imitation de la nature ne jouent plus un rôle primordial : l'art à une vie propre. Picasso ne raconte plus une histoire, il organise la surface du tableau.

Picasso ne laisse subsister du naturalisme du tableau de Courbet que quelques taches vertes. Les femmes occupent approximativement le même espace que dans le tableau de Courbet, mais les dimensions sont restreintes en hauteur (105cm pour 174), alors que la longueur est presque la même. Cela prouve la détermination de Picasso de supprimer ce qui ne l'intéresse pas : la nature, les arbres. Profondeur et perspective abolies, les deux femmes se retrouvent mêlées, basculées en avant pour venir se plaquer à la verticalité du tableau.

Malgré les bouleversements que Picasso pratique dans le forme, il transparait dans différents points et détails du tableau une grande fidélité à Courbet. Une ressemblance avec l'original subsiste, mais sans trace de naturalisme photographique.

Malgré l'émotion que j'éprouve pour certains détails du tableau de Courbet, je dois avouer que ma préférence va à l'interprétation de Picasso.

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Gustave COURBET (1819-1877) - Les Demoiselles des bords de la Seine - 1856

Huile sur toile - 174x206 cm - Paris - Musée du Petit Palais

Pablo PICASSO (1881-1973) - Les Demoiselles des bords de la Seine - 1950

Huile sur toile - 105x201cm - Bâle - Kunstmuseum

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Voyages et promenades

A la lisière de Paris, la Seine sépare Boulogne Billancourt et Issy les Moulineaux. Les deux communes se partagent ainsi l’île formée au milieu du fleuve qui abrite un lieu enchanteur et inattendu : "le Parc Saint Germain".

Une nature à la fois sauvage et ordonnée occupe une vingtaine d’hectares en une succession d’espaces et de jardins aux noms évocateurs : jardin des lavandes, clos, imprévu, découverte ou jardin des messicoles (fleurs qui accompagnent les moissons).

Les espaces végétaux écologiques où la faune et la flore recouvrent leurs droits alternent avec les jardins organisés, les grandes prairies et les sous bois. A l’extrémité du parc une colline expose en son sommet « La Tour aux figures » de Jean Dubuffet.

Au VIe siècle, ce lieu était une terre agricole propriété de l’Abbaye de Saint Germain des Prés. En 1867, l’exposition universelle y installe le pavillon agricole. Elle abrite ensuite les logements des ouvriers qui travaillent à l’Usine Renault, sur l’Ile Seguin toute proche. En 1964, un projet de zone portuaire pour le stockage du sable et du ciment est refusé catégoriquement par les communes et le Conseil régional, en 1973 le chantier colossal pour l’aménagement du parc peut commencer.

Aujourd’hui il fait un temps merveilleux, les odeurs des lavandes se mêlent à celles des blés coupés. Je m’imagine dans les champs, dans la garrigue, sur une ancienne voie romaine, et j’oublierai totalement que je suis en ville si, au loin, à deux ou trois détours de chemin, l’émergence de quelques immeubles ne me ramenait à la réalité.

Je vous laisse faire cette promenade romantique en musique !

Cliquez sous l'image à droite pour agrandir et sur le haut parleur à gauche

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Voyages et promenades

En ce jour de Juillet la chaleur est presque insupportable. Il faut un certain courage pour arpenter la "Cité Idéale" du Cardinal de Richelieu, mais c'est une visite à ne pas manquer et il est stimulant de penser qu'après avoir traversé la ville, on trouvera la fraîcheur des grands arbres de son parc

Armand Jean du Plessis (1585-1642) passe une partie de son enfance dans le château de ses ancêtres, au carrefour de la Touraine et de l'Anjou, en un lieu nommé Richeloc.

D’abord destiné aux armes, il devient évêque de Luçon (1607), cardinal (1623), enfin en 1624 le principal ministre de Louis XIII.

La demeure de ses ancêtres ne correspond plus alors à sa position. Il entreprend de fonder une "cité idéale", grandiose et unique, sur un terrain vierge et marécageux où ne s'élèvent que quelques petits hameaux.

Les travaux commencent dès 1631, ils sont confiés à Jacques Lemercier (1585-1654), architecte, ingénieur et graveur. Ils sont menés bon train. Une grande rue traverse la ville et dessert 28 hôtels particuliers tous identiques et destinés à des notables. A chaque extrémité deux places d'égale importance : la place Cardinale (de nos jours la place du Marché), proche du château, et la place Royale (devenue la place des Religieuses). Les maisons qui entourent la grande rue affirment certes une grande unité de construction, mais leur taille traduit une hiérarchie sociale.

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La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)
La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)

La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)

Le Cardinal incite la population à venir habiter sa ville. Il offre privilèges, concessions de terrains à bâtir et fait organiser des foires et des marchés. Parallèlement à la création de la cité, Richelieu fait agrandir le château. Les travaux commencés en 1630 seront presque terminés en 1640.

A la mort du Cardinal, la haute société quitte la ville. Le château sera racheté bien plus tard (1805) par Alexandre Brouton qui, pendant près de quarante ans, le dépèce pierre par pierre. Le parc a été morcelé mais les canaux subsistent ainsi que deux grottes l'une était occupée par la cave du château, l'autre par l'orangerie.

Si le château n'est connu que par les plans et gravures, la ville elle-même est restée presque telle qu'elle était au XVIIe siècle, avec son église et ses halles. Elle constitue un exemple unique de l'urbanisme de l'époque.

Les halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du châteauLes halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du château
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L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)
L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)

L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)

La quête de la cité idéale remonte à l'antiquité. Elle symbolise, par sa topologie et ses aménagements, la plupart du temps, l'aspiration à une société plus démocratique, plus juste et plus libre. L'organisation sociale et urbaine de la cité est au cœur des réflexions des philosophes grecs. Platon (427 à 348 av. J.-C.) dans "La République" décrit une civilisation athénienne idéale, située dans un passé imaginaire.

Pour Aristote, Milet (une des plus anciennes cités d'Ionie, Ve siècle av. JC) représente la cité idéale pour l'organisation de son espace urbain qui rejoint les préoccupations des philosophes. On retrouve le tracé géométrique de Milet à Turin au Xe siècle.

Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)

Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Plus près de nous Thomas More (1451-1530 – nommé, un temps, à la chancellerie du royaume par Henri VIII) décrit dans son livre « L’utopie » l’île d’Utopie où comme dans la République de Platon l’économie repose sur la propriété collective des moyens de production et l'absence d'échanges marchands. 54 villes toutes construites sur le même modèle urbain, avec les mêmes édifices et le même système politique, constituant l’île. Utopie forgé par More sur le grec « ou » (non) et topos (lieu)

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Avant lui, l’architecte italien Filareti (1400-1469) a décrit la ville idéale de Sforzando ; son projet, grand moment de réflexion artistique de la Renaissance, est fondé lui aussi, pour une part, sur le souvenir de la « République ». On note que dans ses dessins, les cités sont régies par les principes de symétrie et de perspective. Un édifice circulaire est le point de fuite vers lequel convergent toutes les lignes.

C’est le temps aussi de la «Vue de la cité idéale » d'abord attribué à Piero de la Francesca, puis à Luciano Laurana et maintenant à Francesco di Giorgio Martini ou Melozzo da Forli.

Vue de la Cité Idéale

Vue de la Cité Idéale

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

On retrouve ces principes dans la construction des places fortes comme Vitry le François au XVIe, Charleville en 1606, Henrichemont en 1631.

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Vient plus tard le goût des « industriels » pour la « Cité Idéale ». A la fin du XVIIIe siècle, l'architecte Claude Nicolas Ledoux construit la Saline Royale d'Arc et Senans. Elle préfigure les phalanstères et familistères du siècle suivant. L'ensemble est construit en demi-cercle. Au milieu le pouvoir avec la maison du Directeur et les locaux de production de sel, autour les maisons d'habitations et magasins. A noter que dans cette cité idéale, les enfants travaillent dès l'âge de 5 ans pour nettoyer les installations de l'usine, seulement abordables aux petites tailles !

En 1848 l'industriel Jean-Baptiste Godin installe ses ateliers à Guise dans l'Aisne. En s'inspirant du phalanstère de Charles Fourier (1772-1837), il crée le Familistère (classé monument historique en 1991) En 1867 l'atelier est devenu une vaste usine qui emploi 900 employés . Godin veut favoriser les relations sociales dans le cadre d’un habitat collectif qu’il appelle « palais social ».

Pour plus de détail :

http://www.familistere.com/jean-baptiste-andre-godin/

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015
RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Après More, un certain nombre d’écrivains vont décrire la vie politique et sociale dans une cité imaginaire. Ainsi la métaphore de la ville idéale se retrouve plus tard chez Jules Verne dans "Une ville idéale", "Le docteur Ox"et "L'île à Helice". En 1891, Edward Bellamy décrit dans "Cent ans après", une société idéale non plus située sur une île, mais dans le futur (en l'an 2000). On peut aussi citer "Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley, roman paru en 1932, qui rappelle la civilisation athénienne imaginée par Platon.

Entre 1947 et 1952, Charles Edouard Jeanneret dit "Le Corbusier" réalise fort partiellement "la Cité Radieuse" de Marseille (rebaptisée par certains locaux « la Maison du fada »). Pour contrer l'étalement des villes, Le Corbusier propose de resserrer la ville en densifiant le centre avec des tours pour libérer des espaces pour des jardins, terrains de sports et de jeux, parking etc.

Aujourd'hui naissent également des cités idéales à vocation touristique (« haut de gamme »). L'exemple le plus fou se trouve à Dubaï avec "Palm Islands" : des complexes hôteliers et des villas, destinés aux plus riches, sont édifiés sur des îles artificielles . Dans le même esprit, et près de Palm Islands se trouve "The world" , succession de 300 îles en forme de planisphère . Avec la crise économique, les travaux commencés en 2003 ont été arrêtés en 2008 (les îles commençaient à se diluer dans la mer), ils semblent repartis.

Palm Islands et The worldPalm Islands et The world

Palm Islands et The world

Les architectes ont le droit de concevoir et de réaliser une "Cité Idéale", organisée, unifiée, supposée avoir une influence sur l'éducation et le comportement humain, mais sont-il certains que ce cadre apportera le bonheur aux individus ?

"Le bonheur est un maître exigeant, surtout le bonheur d'autrui". Aldous Huxley.

Le parc de Richelieu (photo MP)

Le parc de Richelieu (photo MP)

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

Aujourd'hui vous ne subirez pas mes longs bavardages, je vous propose seulement de me suivre à Lyon, de regarder mes photos, mes coups de cœur, mes rencontres et peut-être d'aimer ce que j'ai aimé.

Prochain article fin juillet. Bonnes vacances à ceux qui partent !!

Michèle Pellevillain

Le musée des Beaux Arts est situé dans un majestueux bâtiment, place des Terreaux, qui abrita, jusqu'à la Révolution, l'abbaye bénédictine de Saint-Pierre-les-Nonnains. Il en subsiste la chapelle, l'escalier d'honneur, le réfectoire et le ravissant jardin. En 1792, l'église abbatiale est utilisée comme fabrique de salpêtre, et les bâtiments conventuels servent à de multiples usages, ce qui assurera sa survie. Menacée de vente ou de démolition, le bâtiment est transféré à la ville par un arrêté de Bonaparte d'avril 1802. Avant de devenir le musée actuel, le bâtiment sera Palais du commerce et des arts, abritant la Bourse et l'Ecole de dessin.

Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin

Le jardin, entres autres, une très belle statue de Rodin

Le réfectoire et l'escalier (décor de Puvis de Chavanne), cliquez pour agrandir les photosLe réfectoire et l'escalier (décor de Puvis de Chavanne), cliquez pour agrandir les photos

Le réfectoire et l'escalier (décor de Puvis de Chavanne), cliquez pour agrandir les photos

EXPOSITION TEMPORAIRE GEORGES ADILON (1928-2009)

"Architecte, diplômé de l'Ecole des beaux-arts de Lyon en 1949, Georges Adilon apparaît sur la scène artistique dans le milieu des années 1950. En 1960 sa peinture s'éloigne du courant lyonnais, il se tourne vers l'abstraction. En 1980 il établit un protocole basé sur des contraintes techniques et formelles - de la laque glycérophtalique noire sur du papier offset 92x130 -"

Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015

EXPOSITION TEMPORAIRE - GENEVIEVE ASSE (née en 1923 à Vannes)

"Le musée des Beaux-Arts de Lyon lui consacre un parcours, depuis les objets, natures mortes, volumes et plans abstraits des premières années jusqu'aux paysages et à la transfiguration des toiles blanches."

MES COUPS DE COEUR AU DEPARTEMENT PEINTURES SCULPTURES.

Pour agrandir au format de l'écran, cliquez dans le coin à droite de l'image.

MUSEE DES CONFLUENCES

Il a été conçu par l’agence autrichienne Coop Himmelb. Je ne verrai que l'extérieur mon séjour à Lyon étant très court. Un peu déçue par l'environnement et le temps gris qui n'offrait pas toute sa transparence à l'architecture.

Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015

Un grand merci à mon amie Christine Bertrand, professeur d'Arts Plastiques, mon guide à Lyon. Grâce à elle j'ai pu rencontrer, dans l'intimité de son atelier, Marie France Chevalier, peintre. Admirer ses œuvres et converser avec elle a été un moment de partage exceptionnel, je la remercie également vivement de m'avoir accueillie.

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