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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
PHOTOS MP. Cliquez dessus pour les agrandir.

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Une exposition merveilleuse dont les images ont imprégné ma mémoire. Un travail de gravure remarquable qui bien évidemment m'interpelle. Couleurs, formes, utilisation de l'espace, tout concourt à nous laisser muets et admiratifs. Loin des sentiers battus, l'œuvre de Kuniyoshi est une découverte qui ouvre des horizons nouveaux. Courez voir ce monde fantastique (jusqu'au 17 janvier 2016).

RAPPEL de la TECHNIQUE de "l'ukiyo-e" (image du monde flottant) mouvement artistique japonais de l'époque d'Edo (1603-1868) comprenant surtout les estampes gravées sur bois.

Il s'agit d'une gravure en relief (xylographie), visuellement nous pouvons la comparer à un tampon. L'encre est déposée sur le relief, l'impression sur un papier produit une estampe.

La gravure est exécutée sur une planche de bois de cerisier, très apprécié pour la finesse de sa veinure et sa dureté.

Les estampes polychromes ukiyo-e sont le fruit d'un travail d'équipe qui comprend un dessinateur, un graveur et un imprimeur.

Le maître réalise un dessin à l'encre de chine sur un papier japonais très fin.

Le graveur enduit la planche de bois de colle à base de riz, puis place le côté recto du dessin sur la planche. Il frotte jusqu'à ce que les traits à l'encre de chine pénètrent dans le bois. Le papier part en lambeau, le dessin est détruit.

Le graveur creuse ensuite le bois autour des tracés d'encre de chine. C'est la planche de trait.

Il grave ensuite autant de planches qu'il y aura de couleurs sur l'estampe finale.

L'imprimeur prend le relais. Il utilise un papier japonais traditionnel, humidifié afin qu'il absorbe bien les pigments. Les planches sont enduites d'encre sur les reliefs, le papier est posé successivement sur les différentes planches, l'impression se faisant par frottement avec un tampon de feuilles de bambou. L'imprimeur commence l'impression en allant des teintes les plus claires jusqu'aux plus foncées.

Dessin maître pour triptyque vers 1835-1836 - TAIRA NO TADA NORI Seigneur de Satsuma. Cette feuille préparatoire indique que l'oeuvre n'a jamais été gravée.

Dessin maître pour triptyque vers 1835-1836 - TAIRA NO TADA NORI Seigneur de Satsuma. Cette feuille préparatoire indique que l'oeuvre n'a jamais été gravée.

Kuniyoshi est né le 15 Novembre 1797 à Edo (actuelle Tokyo). Il assiste tout d'abord son père, teinturier, en fournissant le dessin des pièces à teindre. A 11 ans, il attire l'attention du graveur d'ukiyo-e Utagawa Toyokuni. Il ne sera reconnu qu'à partir des années 1830.

Jusqu'aux années 1840 il réalise des triptyques dont les volets peuvent s'apprécier séparément. Il privilégie ensuite une seule et même composition au sein de ce format que l'on peut qualifier d'image panoramique. Tout au long de sa carrière il ne cessera d'enrichir et de renouveler son œuvre, non seulement en se référant à d'autres maitres de l'estampe japonaise, comme Hokusai, mais aussi aux graveurs de publications hollandaises.

A la fin de sa vie il assiste à l'ouverture de son pays à l'étranger après deux siècles d'isolement. Kuniyoshi meurt le 5 mai 1861.

Kuniyoshi demeurera longtemps inconnu. On retrouve toutefois la trace de ses œuvres en France à partir de 1860. Ainsi Manet, Monet, Rodin, Van Gogh posséderont dans leurs collections quelques estampes de Kuniyoshi.

L'ŒUVRE DE KUNIYOSHI

LEGENDES, GUERRRIERS, DRAGONS

La représentation des guerriers contemporains étant interdite, les artistes trouvent leur inspiration dans la littérature et les aventures légendaires.

Maître du genre, Kuniyoshi tire parti des lignes droites comme des courbes pour exprimer la forme, le mouvement, la vitesse dont il emplit toute l'image.

Le fantôme de Taira no Tomomori attaquant le navire de Yoshitsune - vers 1818 - 1828 -   deux premiers panneaux du triptyque

Le fantôme de Taira no Tomomori attaquant le navire de Yoshitsune - vers 1818 - 1828 - deux premiers panneaux du triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

SAKATA KAIDO-MARU - vers 1836

Combat entre Kintarô et une carpe. Une sorcière qui vivait dans la montagne rêva qu'elle s'unissait à un dragon rouge et mit au monde ce petit garçon doté d'une force herculéenne.

CI-DESSOUS :

MIYAMOTO MUSASHI tue une baleine - vers 1847 - Exploits du héros du XVIIe, Miyamoto. La baleine qui tient tout l'espace de l'estampe exécutée en trois planches est une image puissante et fascinante. Mon grand coup de cœur.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

ONIWAKA-MARU sur le point de tuer une carpe géante - vers 1845 - Oniwaka est encore un enfant, ses vêtements sont ornés de motifs de jouets. A lui seul il maîtrise la carpe. - DETAIL

CI-DESSOUS- Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LE MONSTRE SHUTEN-DOJI au mont OE - 1851 - Le monstre enlève les belles jeunes femmes de la capitale.

Minamoto no Yorimitsu accompagné de quatre compagnons part pour éliminer le monstre qui la nuit se transforme en démon. Son visage est en cours de transformation, sa main est déjà celle d'un monstre. Détail

CI-DESSOUS - Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

La princesse Takiyasha et son frère s'initient aux arts magiques et invoquent un monstrueux squelette dans l'ancien palais de Soma. 1845-1846 -

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

ASAHINA se divertit sur l'île des nains - vers 1847

Asahina est un général de l'époque de Kamakuna (1192-1333) connu pour sa force surhumaine. Son épopée rappelle "les voyages de Gulliver". Détail

CI-DESSOUS - Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LES GRANDS ACTEURS DU ABUKI (théâtre chanté et dansé)

A l'époque d'Edo, les acteurs sont adulés comme des stars. Les artistes reproduisent leurs traits dans de nombreux portraits gravés. Les affiches sont également exécutées sous forme d'estampes. Elles montrent les scènes principales de la pièce.

Ci-dessous : La légende du chat monstre pratiquant la magie près d'un temple en ruine - 1847

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LES PLAISIRS D'EDO.

Edo est au XIXe siècle la ville la plus peuplée du monde. Les estampes transmettent les détails de la vie des japonais, spectacles variés, fêtes saisonnières, quartiers de plaisirs, figuration des courtisanes. Kuniyoshi par son originalité, sa fantaisie et son humour est l'un des derniers grands maîtres de l'ukiyo-e.

Trois courtisanes du Yoshiwara - 1833 - Trois dieux du bonheur couvrent trois courtisanes de pièces d'or. Détail

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

MOUSSON D'ETE - vers 1849-1851

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

PAYSAGES AU BORD DE L'EAU

Ce n'est pas la spécialité de Kuniyoshi mais plus que les portraits d'acteurs et de courtisanes, ses paysages susciteront l'intérêt des amateurs du XIXe siècles.

CHUTES D'EAU, sanctuaire Sekison au Mont Oyama - vers 1842

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

VUE D'EMOSHIMA dans la province de sagami - vers 1849-1851

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

Capitale de l'est, la rivière MIYATO - vers 1831-1832

Kunisyoshi saisit ici les gestes quotidiens des hommes pêchant les anguilles.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

JEUX ET CARICATURES

En une période marquée par la censure, Kuniyoshi a hissé l'art de la caricature à son apogée.

Kuniyoshi utilise les jeux d'ombres pour donner un double sens à une image. Il bâtit également des portraits faits d'accumulations de corps humains nus (ou presque).

Série "Jeux d'ombres" Pêcheur, crevette et coque - vers 1848

Série "Jeux d'ombres" Pêcheur, crevette et coque - vers 1848

Homme hautain - vers 1847

Homme hautain - vers 1847

Le Quartier de Honcho à Yokohama - 1860

Cette estampe est la dernière œuvre publiée du vivant de l'artiste qui a assisté à l'ouverture de son pays à l'étranger après deux siècles d'isolement.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

Une projection anime le long couloir qui conduit à la suite de l'exposition : "L'ESTAMPE VISIONNAIRE DE GOYA A REDON". Restons pour l'instant dans le monde coloré de Kuniyoshi.

Celui du fantastique en noir et blanc fera l'objet du prochain article.

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Peintres
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En septembre 2009, une rétrospective des œuvres du peintre Fernand Pelez était organisée par le Petit Palais à Paris. Elle souleva des critiques semblables à celles exprimées pour le Salon de 1886 par le Figaro qui trouvait la "sentimentalité" déplacée et écrivait : " Pelez exhibe un enfant à ce point misérable qu'il en devient répugnant". Dans le Figaro culture du 16 Novembre 2009, Eric Biétry-Rivièrre s'indigne : " Mendiants et souffreteux abondent pour accuser, en silence ou dans un désordre carnavalesque, la IIIe république… reste que tant de morbidité et de défaitisme finit par écœurer". Guy Boyer dans Connaissance des Arts du 26 septembre 2009 pose la question : "fallait-il monter cette rétrospective ? la production de Pelez oscillant entre paupérisme et académisme, reste faible. Certes il y a dans tous ces sujets larmoyants et ces grandes machines décoratives quelques éclairs de génie….mais vu le prix d'une rétrospective, ne faut-il pas consacrer son temps et son énergie à des artistes qui en valent la peine, qui ont une vision novatrice, qui nous interpellent encore aujourd'hui ?"

Messieurs les critiques vous aviez le cœur bien sec. Comment ne pas être ému par la peinture de Pelez ? comment nier la misère de son époque et comment ne pas être encore interpellé de nos jours (la pauvreté, moins criante sans doute, plus dissimulée certainement, touche 8,5 millions de personnes, catalogués pour notre confort "défavorisés").

L'écrivain Patrick Cauvin (décédé en 2010), dans le journal d'information local "Montmartre à la une" de 2009 s'exprimait différemment : "la parole des humbles ne fait toujours pas recette… de l'autre coté de l'avenue (celle du Petit Palais) des enfants grassouillets posent dans des jardins pimpants, ici ils dorment écrasés sous des couvertures trouées… et nul ne les regarde."

Un critique au salon de 1903

Un critique au salon de 1903

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Effectivement l'exposition n'amènera pas la foule, à l'encontre de Renoir qui était, en même temps, aux cimaises du Grand Palais.

Les gueux de Pelez me bouleversent, ils sont le cri du cœur d'un homme qui répétait de façon lancinante le mot "misère". Pour Pelez comme pour tous les peintres de son temps, le Salon et les médailles avaient une grande importance. Lorsque, après cinq ans d'absence, il n'obtint pas, au Salon de 1896, le succès espéré, il participa à la "Cavalcade de la Vache enragée" en faveur des artistes malheureux de Montmartre, carnaval de la misère qui incarnait une fracture sociale face à la modernisation de Paris.

A partir de cette date Pelez quitte la vie publique, il n'expose plus, ne vend plus mais continue de peindre de grandes compositions. A des acheteurs qui le sollicite, il répond : "Je ne suis pas le tapissier des bourgeois ; un jour peut-être je peindrai la misère des riches, et ce sera terrible".

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Pelez meurt le 7 aout 1913. En décembre ses élèves organisent, dans son atelier, une rétrospective de son œuvre. Le Président Raymond Poincaré est présent. La ville de Paris décide d’acheter aux héritières de Pelez, ses sœurs, quatre peintures pour 60.000 francs (ce qui est très cher pour l'époque), toutes exposées au Salon, dont « Un martyr ou le marchand de violette », et« Sans asile » .

Seymour de Ricci, collectionneur, historien et critique d’art, s'élève contre cette acquisition onéreuse : « Hélas ! Pour tout potage, nous devons nous contenter de quatre Pelez ! Et de quels Pelez ! De la peinture de concierge sensible (…) A qui fera t’on croire que ce Pelez (de Cordova, s’il vous plait) qui s’intitule « artiste-peintre » (…) soit qualifié pour représenter aux yeux de la postérité l’art français du début du XXème siècle ».

"Sans asile" peint en 1883, est pour moi une œuvre admirable dont le thème reste malheureusement d'actualité. Cette mère et ses enfants vivent sur le trottoir avec une chaise, un poêle et quelques ustensiles de cuisine. Qui sont-ils ? des émigrés ? des sans abris ? L'espace est clos, une ébauche d'ouverture sur la gauche, ruelle ou porte, signifie que pour ces malheureux la possibilité de sortir de la misère est mince. Sur le mur une affiche "Grande fête" dénonce la fracture sociale. La lumière vibre sur le mur, sans se poser sur l'ensemble du tableau, peint en camaïeu de terres et de bruns. Seul le bonnet blanc du nouveau né en reçoit les rayons. Est-ce une lueur d'espoir pour lui, son avenir peut-il être meilleur ? Ce tableau me touche infiniment, ces enfants innocents qui dorment sont poignants. J'ai de la peine à soutenir le regard butté et triste du garçon, l'aîné sans doute, conscient d'une responsabilité car le seul à veiller, comme celui rougi et désespéré et de sa mère.

Sans Asile - 136  x 236 cm - Photos MP - Paris Petit Palais

Sans Asile - 136 x 236 cm - Photos MP - Paris Petit Palais

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Emmanuel Pelez de Cordova d'Aguilar, nait le 18 Janvier 1848 à Paris.

Les origines aristocratiques espagnoles de la famille (son grand père à épousé Romana Manuela Fernandez de Cordova d'Aguilar, patronyme qui sera repris par les générations suivantes), n'empêchent pas la pauvreté et les ressources proviennent en partie des rentes de la grand-mère maternelle.

Son père Jean Louis Raymond Pelez de Cordova d'Aguilar, peintre amateur, a été contraint de délaisser ses pinceaux pour nourrir sa famille. Il devient dans les années 1840 illustrateur sous le nom de Raymond Pelez. C'est la grande époque de l'illustration qui apporte de nouveaux débouchés aux artistes.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Pelez a quatre sœurs et un frère ainé, Jean Louis Raymond, né en 1838, qui sera lui aussi illustrateur.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Emmanuel Pelez est donc immergé très tôt dans la bohème artistique dont font partie, non seulement son père et son frère, mais aussi son oncle et son cousin optant pour le prénom de Raymond, ce qui créera des confusions pour l'attribution des œuvres.

En 1866, à la suite d'une maladie, il est envoyé en convalescence à L'Isle-Adam sous la garde de son frère, il peint pour la première fois un petit paysage qui émerveille son père. La toile est présenté au Salon et acceptée. "Le sort en était jeté il était peintre". Il signe ses peintures Fernand Pelez.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En 1870, il est admis à l'Ecole des Beaux Arts dans l'atelier de Cabanel. On y pratique l'étude sur modèle vivant et l'étude d'après la bosse, généralement des moulages de plâtres de statues antiques.

En 1875 Pelez expose au Salon "Les tireurs d'Arc" . La toile est acheté par l'Etat mais n'est pas jugée digne d'être exposée au Luxembourg. Elle est attribuée à la municipalité de Vichy.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Les années qui suivent, Pelez reçoit des récompenses aux Salons, obtient des commandes de l'Etat, est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

En 1893 il devient Professeur de dessin à l'école privée Elisa Lemonnier, 24 rue Duperré.

Depuis 1886, il est installé dans un grand atelier au 62 Bd de Clichy, au pied de la butte Montmartre, dans l'immeuble même où s'ouvrira en 1893, au rez-de-chaussée, le cabaret des Quat'z'arts. Il devient une figure familière de la butte. En 1883 avec "Sans asile" il aborde sa manière personnelle : il sera le peintre des misérables, des marginaux, des mendiants dans le Paris joyeux de la Belle Epoque qui est aussi le Paris de l'exclusion sociale où le préfet Poubelle a éloigné de Paris les chiffonniers.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En 1903 il devient Membre du jury de la Société des artistes français. Il sera secouru à la fin de sa vie pour y avoir consacré du temps.

En 1910 le voilà d'officier de la Légion d'Honneur.

Fernand Pelez meurt le 7 août 1913. Selon ses propres termes il voulait "raconter les pauvres de Paris". Critiqué, contesté on lui a reproché de peindre la souffrance des gens, le propos étant en dehors du champ de la peinture. Inclassable, il restera en marge des mouvements reconnus de la fin du XIXe et du début du XXe et tombera dans l'oubli.

La rétrospective du Petit Palais de 2009 l'a-t-elle remis dans la lumière ? j'en doute. Je présume qu'il va rejoindre l'oubli sauf pour quelques uns, pour vous peut-être, et pour moi tant que je vivrai.


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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

Dans la cour du Musée du Louvre, tout autour de la pyramide, des petites fourmis s'agitent. Elles ne semblent pas très nombreuses, mais lorsque l'on pénètre dans la fourmilière elles s'entassent dans un bourdonnement assez infernal. Pour les éviter il suffit d'emprunter les escalators et d'atteindre le deuxième étage. Là règne le calme et la sérénité, et l'on découvre les salles, réaménagées il y a quelque temps, où les œuvres sont mises en valeur par les murs peints de différentes couleurs tendres.

photos MP - cliquez dessus pour les agrandir
 Musée du Louvre - 9 sept. 2015 Musée du Louvre - 9 sept. 2015 Musée du Louvre - 9 sept. 2015
 Musée du Louvre - 9 sept. 2015

Ainsi ce 9 septembre, je parcours les salles de la peinture française , des Pays Bas et des Flandres du XIVe au XVIIe. A chacune de mes visites au Louvre je découvre ou redécouvre des peintures devant lesquelles j'étais passée peut-être trop vite. Un tableau nous interpelle selon notre état d'esprit , c'est le partage d'un moment particulier.

Je vous présente ici une dizaine de tableaux devant lesquels je me suis arrêtée longuement.

Deux tableaux de Josse LIEFERINXE, originaire du Hainaut, connu à Aix et à Marseille de 1493 à 1505 : "L' Adoration de l'enfant", et "La Visitation". Fragment de volet d'un retable de la vie de la Vierge.

peinture sur bois - 48x37cmpeinture sur bois - 48x37cm

peinture sur bois - 48x37cm

"Les trois prophètes de l'Annonciation", Isaïe, Jérémie, et Ezéchiel, peints vers 1490, dont l'auteur présumé est jean Changenet actif en Avignon de 1485 à 1493. Etonnants portraits, aux coiffes luxueuses, proches de ceux des maîtres du quattrocento. Les prophètes, têtes tournées dans des directions différentes semblent guetter quelque chose, l'inscription sur la banderole nous guide : "Un rejeton sort de la souche de Jessé, un surgeon pousse de ses racines - Isaïe XI"

Panneau fragmentaire - 61x95cm

Panneau fragmentaire - 61x95cm

Un portrait somptueux de Jean Fouquet (Vers 1415-1420 à Tours) : "Guillaume Jouvenel des Ursins", Chancelier de France.

Huile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retableHuile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retableHuile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retable

Huile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retable

"La crucifixion du Parlement de Paris" (1450) de Maître Dreux Budé, avec un très beau détail, la Vierge Marie essuyant une larme et l'intéressant paysage de gauche où l'on aperçoit la Tour de Nesle, la forteresse du Louvre et l'hôtel du Petit-Bourbon. Au premier plan Saint Louis et Saint Jean Baptiste. A la droite du tableau Saint Denis et Charlemagne.

2,26  x 2,70 m2,26  x 2,70 m2,26  x 2,70 m

2,26 x 2,70 m

Je trouve plutôt comique le "portrait d'Henry IV représenté en Hercule terrassant l'hydre de Lerne", l'hydre symbolisant la ligue catholique et Henri IV devenant un héros, demi-dieu antique (peint par l'entourage de Toussaint Dubreuil vers 1600), au regard du beau portrait du "Flûtiste" de Jacob Bunel (1591) justement partenaire de Dubreuil au service d'Henry IV.

Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)

Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)

De la génération de Breughel, Pieter Huys se rapproche des œuvres de Jérôme Bosch avec "La tentation de Saint Antoine" 1547. Un détail frappant : la tour ronde basculée en avant qui présente une fausse perspective contrairement au reste du paysage.

0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m
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0,70 x1,03 m

Une très pure "Sainte Madeleine ou jeune femme lisant" (Maître des demi-figures premier tiers du XVIe) Maître des demi-figures, Maître du buste des femmes est le nom donné au XIXe siècle à ce peintre anonyme des Pays Bas du XVIe siècle.

51x38cm environ - détail

51x38cm environ - détail

Je suis attirée par l'incroyable ciel rose de "La scène de bataille biblique", "La défaite de Sennachérib ?" (Gillis Van Valckenborch - 1597) . Pas si incroyable d'ailleurs ! J'ai photographié le même de ma fenêtre il y a quelques jours.

Le tableau présente une foule chatoyante organisée en des centaines de petites compositions. J'aime beaucoup, au cœur de la bataille, le bouillonnement gris formé par les éléphants. Au premier plan, la femme qui tient un enfant dans ses bras montre son étonnement à la vue des anges chassant l'armée de Sennachérib. J'avais sans aucun doute cette même expression en découvrant mon ciel rose, mais je n'ai pas vu d'anges !

1,35 x 2,70m - huile sur toile

1,35 x 2,70m - huile sur toile

de ma fenêtre

de ma fenêtre

Sennachérib était un roi Assyrien qui menaça de détruire Jérusalem en 701 avant J.C. Son attaque menée contre Juda et Jérusalem est décrite dans la Bible. Sennachérib mit fin à sa campagne lorsque l'ange du Seigneur entra dans son camp, massacrant en une nuit 185.000 soldats. Sennachérib et les survivants regagnèrent leur capitale à Ninive sur l'Euphrate.

Un très beau nocturne architectural vers 1610-1620 "Intérieur d'église - effet de nuit" de Hendrick II van Steenwyk, avec ses deux discrets personnages.

huile sur bois - 1,23 x 1,74 mhuile sur bois - 1,23 x 1,74 mhuile sur bois - 1,23 x 1,74 m

huile sur bois - 1,23 x 1,74 m

Et pour finir l'admirable "Saint Pierre repentant" de Gérard Seghers - 1624-1629 - Le coq évoquant bien évidemment le reniement de Saint Pierre (rappel de la parole du Christ, "En vérité je te le dis : cette nuit même, avant que le coq ait changé, tu m'auras renié trois fois"). On retrouve ce coq sur tous les clochers de nos églises. Il existe plusieurs significations, dont celle qui symboliserait le reniement de Saint Pierre et rappellerait aux hommes leur faiblesse.

huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copieshuile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies
huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copieshuile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies

huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies

Je souhaite que cette courte visite vous ait été agréable ! n'hésitez pas à donner votre sentiment sur cet article en laissant un commentaire.

Bien amicalement à tous mes lecteurs

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Peintres

En ce matin du mois d'aout, le Grand Palais est fermé, les abords du Petit Palais sont déserts. Les autocars déversent les touristes à Notre Dame, à la Tour Effel ,au Musée du Louvre…

Il fait beau, les magnifiques portes dorées du Petit Palais scintillent et s'ouvrent généreusement pour moi. Nous ne sommes que quelques visiteurs à arpenter les salles que je connais bien mais où j'aime revenir car le calme de ce musée permet de s'attarder longuement, et sans être dérangé devant un tableau.

Dans la salle des "Réalistes", je retrouve "Les Demoiselles des bords de la Seine". Support de nombreuses interprétations, elles ont fait le bonheur, comme la plupart des toiles de Courbet, des décrypteurs de significations. Courbet nous oblige à nous raconter une histoire, chacun se racontera celle qu'il lui plait de se raconter, le rêve est le domaine du regardant.

Photos MP

Photos MP

Je suis fascinée, quant à moi, par la femme brune, par son visage sculptural et par le bouillonnement des jupons, tissus et dentelles. Elle ne semble pas reposer fermement sur le sol. Son regard chargé de sensualité et tourné vers le spectateur est-il destiné au peintre ? (on peut supposer que le chapeau qui se trouve dans la barque lui appartient) Qui est cette femme ? Une prostituée ? Peut-être Virginie Binet, maitresse et modèle de Courbet dont il aura un fils. (Ce patronyme Binet - celui de ma famille - ajoute un degré à ma fascination et intensifie ma rêverie).

Ce que l'on peut dire c'est que le tableau ne laisse pas percevoir aujourd'hui ce que l'on pouvait y trouver en 1856. Si pour nous il peut être émouvant, le XIXe siècle, éminemment bourgeois, ne pouvait qu'être choqué par la représentation d'une telle sensualité.

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Mais comment pourrais-je ne pas avoir, alors, en mémoire la représentation qu'en fait Picasso ? Comment pourrais-je oublier mon face à face avec "Ses Demoiselles des bords de la Seine" au Kuntmuseum de Bâle il y a bien longtemps ?

Picasso regarde les Demoiselles de Courbet. De quelle ordre est sa rencontre : rapport aux femmes ? pouvoir pictural ? "Pour Picasso la peinture et les femmes ne sont qu'un" (J.Chiari - Picasso). Affirmation d'un nouveau vocabulaire pictural, le tableau de Picasso nous parle-t-il des femmes du XXe siècle ? Il est difficile de définir ses Demoiselles comme représentatives de la sensualité ou des femmes.

Ces femmes sont femmes parce que Picasso le dit. Nous pourrions aussi bien y voir des hommes, ou un homme surtout dans la femme accoudée (Picasso lui-même).

Photo Web

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Photo Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandirPhoto Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandirPhoto Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandir

Photo Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandir

Courbet, homme actif, engagé dans son époque autant que l'était Picasso dans la sienne, nous donne à voir un tableau auquel nous devons participer, le rêve est à notre portée à condition que nos pensées agissent.

Par contre nous subissons la violence de l'interprétation de Picasso "Un bon tableau, un tableau quoi il devrait être hérissé de lames de rasoir"(Malraux citation de Picasso)

L'espace temps qui sépare les Demoiselles des Bords de la Seine de Courbet de celles de Picasso marque la rupture entre deux mondes : celui du milieu du XIXe qui repose entièrement sur la nature et se confond avec la réalité et celui du début du XXe tourné vers l'avenir, où l'évolution est solidaire de la machine, de l'énergie, de la vitesse.

Avec le cubisme et Picasso, l'expression de l'individu et l'imitation de la nature ne jouent plus un rôle primordial : l'art à une vie propre. Picasso ne raconte plus une histoire, il organise la surface du tableau.

Picasso ne laisse subsister du naturalisme du tableau de Courbet que quelques taches vertes. Les femmes occupent approximativement le même espace que dans le tableau de Courbet, mais les dimensions sont restreintes en hauteur (105cm pour 174), alors que la longueur est presque la même. Cela prouve la détermination de Picasso de supprimer ce qui ne l'intéresse pas : la nature, les arbres. Profondeur et perspective abolies, les deux femmes se retrouvent mêlées, basculées en avant pour venir se plaquer à la verticalité du tableau.

Malgré les bouleversements que Picasso pratique dans le forme, il transparait dans différents points et détails du tableau une grande fidélité à Courbet. Une ressemblance avec l'original subsiste, mais sans trace de naturalisme photographique.

Malgré l'émotion que j'éprouve pour certains détails du tableau de Courbet, je dois avouer que ma préférence va à l'interprétation de Picasso.

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Gustave COURBET (1819-1877) - Les Demoiselles des bords de la Seine - 1856

Huile sur toile - 174x206 cm - Paris - Musée du Petit Palais

Pablo PICASSO (1881-1973) - Les Demoiselles des bords de la Seine - 1950

Huile sur toile - 105x201cm - Bâle - Kunstmuseum

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Voyages et promenades

A la lisière de Paris, la Seine sépare Boulogne Billancourt et Issy les Moulineaux. Les deux communes se partagent ainsi l’île formée au milieu du fleuve qui abrite un lieu enchanteur et inattendu : "le Parc Saint Germain".

Une nature à la fois sauvage et ordonnée occupe une vingtaine d’hectares en une succession d’espaces et de jardins aux noms évocateurs : jardin des lavandes, clos, imprévu, découverte ou jardin des messicoles (fleurs qui accompagnent les moissons).

Les espaces végétaux écologiques où la faune et la flore recouvrent leurs droits alternent avec les jardins organisés, les grandes prairies et les sous bois. A l’extrémité du parc une colline expose en son sommet « La Tour aux figures » de Jean Dubuffet.

Au VIe siècle, ce lieu était une terre agricole propriété de l’Abbaye de Saint Germain des Prés. En 1867, l’exposition universelle y installe le pavillon agricole. Elle abrite ensuite les logements des ouvriers qui travaillent à l’Usine Renault, sur l’Ile Seguin toute proche. En 1964, un projet de zone portuaire pour le stockage du sable et du ciment est refusé catégoriquement par les communes et le Conseil régional, en 1973 le chantier colossal pour l’aménagement du parc peut commencer.

Aujourd’hui il fait un temps merveilleux, les odeurs des lavandes se mêlent à celles des blés coupés. Je m’imagine dans les champs, dans la garrigue, sur une ancienne voie romaine, et j’oublierai totalement que je suis en ville si, au loin, à deux ou trois détours de chemin, l’émergence de quelques immeubles ne me ramenait à la réalité.

Je vous laisse faire cette promenade romantique en musique !

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Publié dans : #Voyages et promenades

En ce jour de Juillet la chaleur est presque insupportable. Il faut un certain courage pour arpenter la "Cité Idéale" du Cardinal de Richelieu, mais c'est une visite à ne pas manquer et il est stimulant de penser qu'après avoir traversé la ville, on trouvera la fraîcheur des grands arbres de son parc

Armand Jean du Plessis (1585-1642) passe une partie de son enfance dans le château de ses ancêtres, au carrefour de la Touraine et de l'Anjou, en un lieu nommé Richeloc.

D’abord destiné aux armes, il devient évêque de Luçon (1607), cardinal (1623), enfin en 1624 le principal ministre de Louis XIII.

La demeure de ses ancêtres ne correspond plus alors à sa position. Il entreprend de fonder une "cité idéale", grandiose et unique, sur un terrain vierge et marécageux où ne s'élèvent que quelques petits hameaux.

Les travaux commencent dès 1631, ils sont confiés à Jacques Lemercier (1585-1654), architecte, ingénieur et graveur. Ils sont menés bon train. Une grande rue traverse la ville et dessert 28 hôtels particuliers tous identiques et destinés à des notables. A chaque extrémité deux places d'égale importance : la place Cardinale (de nos jours la place du Marché), proche du château, et la place Royale (devenue la place des Religieuses). Les maisons qui entourent la grande rue affirment certes une grande unité de construction, mais leur taille traduit une hiérarchie sociale.

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La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)
La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)

La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)

Le Cardinal incite la population à venir habiter sa ville. Il offre privilèges, concessions de terrains à bâtir et fait organiser des foires et des marchés. Parallèlement à la création de la cité, Richelieu fait agrandir le château. Les travaux commencés en 1630 seront presque terminés en 1640.

A la mort du Cardinal, la haute société quitte la ville. Le château sera racheté bien plus tard (1805) par Alexandre Brouton qui, pendant près de quarante ans, le dépèce pierre par pierre. Le parc a été morcelé mais les canaux subsistent ainsi que deux grottes l'une était occupée par la cave du château, l'autre par l'orangerie.

Si le château n'est connu que par les plans et gravures, la ville elle-même est restée presque telle qu'elle était au XVIIe siècle, avec son église et ses halles. Elle constitue un exemple unique de l'urbanisme de l'époque.

Les halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du châteauLes halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du château
Les halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du châteauLes halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du château

Les halles (photo MP), vue aérienne de la ville , plan du château

L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)
L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)

L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)

La quête de la cité idéale remonte à l'antiquité. Elle symbolise, par sa topologie et ses aménagements, la plupart du temps, l'aspiration à une société plus démocratique, plus juste et plus libre. L'organisation sociale et urbaine de la cité est au cœur des réflexions des philosophes grecs. Platon (427 à 348 av. J.-C.) dans "La République" décrit une civilisation athénienne idéale, située dans un passé imaginaire.

Pour Aristote, Milet (une des plus anciennes cités d'Ionie, Ve siècle av. JC) représente la cité idéale pour l'organisation de son espace urbain qui rejoint les préoccupations des philosophes. On retrouve le tracé géométrique de Milet à Turin au Xe siècle.

Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)

Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Plus près de nous Thomas More (1451-1530 – nommé, un temps, à la chancellerie du royaume par Henri VIII) décrit dans son livre « L’utopie » l’île d’Utopie où comme dans la République de Platon l’économie repose sur la propriété collective des moyens de production et l'absence d'échanges marchands. 54 villes toutes construites sur le même modèle urbain, avec les mêmes édifices et le même système politique, constituant l’île. Utopie forgé par More sur le grec « ou » (non) et topos (lieu)

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Avant lui, l’architecte italien Filareti (1400-1469) a décrit la ville idéale de Sforzando ; son projet, grand moment de réflexion artistique de la Renaissance, est fondé lui aussi, pour une part, sur le souvenir de la « République ». On note que dans ses dessins, les cités sont régies par les principes de symétrie et de perspective. Un édifice circulaire est le point de fuite vers lequel convergent toutes les lignes.

C’est le temps aussi de la «Vue de la cité idéale » d'abord attribué à Piero de la Francesca, puis à Luciano Laurana et maintenant à Francesco di Giorgio Martini ou Melozzo da Forli.

Vue de la Cité Idéale

Vue de la Cité Idéale

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

On retrouve ces principes dans la construction des places fortes comme Vitry le François au XVIe, Charleville en 1606, Henrichemont en 1631.

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Vient plus tard le goût des « industriels » pour la « Cité Idéale ». A la fin du XVIIIe siècle, l'architecte Claude Nicolas Ledoux construit la Saline Royale d'Arc et Senans. Elle préfigure les phalanstères et familistères du siècle suivant. L'ensemble est construit en demi-cercle. Au milieu le pouvoir avec la maison du Directeur et les locaux de production de sel, autour les maisons d'habitations et magasins. A noter que dans cette cité idéale, les enfants travaillent dès l'âge de 5 ans pour nettoyer les installations de l'usine, seulement abordables aux petites tailles !

En 1848 l'industriel Jean-Baptiste Godin installe ses ateliers à Guise dans l'Aisne. En s'inspirant du phalanstère de Charles Fourier (1772-1837), il crée le Familistère (classé monument historique en 1991) En 1867 l'atelier est devenu une vaste usine qui emploi 900 employés . Godin veut favoriser les relations sociales dans le cadre d’un habitat collectif qu’il appelle « palais social ».

Pour plus de détail :

http://www.familistere.com/jean-baptiste-andre-godin/

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015
RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Après More, un certain nombre d’écrivains vont décrire la vie politique et sociale dans une cité imaginaire. Ainsi la métaphore de la ville idéale se retrouve plus tard chez Jules Verne dans "Une ville idéale", "Le docteur Ox"et "L'île à Helice". En 1891, Edward Bellamy décrit dans "Cent ans après", une société idéale non plus située sur une île, mais dans le futur (en l'an 2000). On peut aussi citer "Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley, roman paru en 1932, qui rappelle la civilisation athénienne imaginée par Platon.

Entre 1947 et 1952, Charles Edouard Jeanneret dit "Le Corbusier" réalise fort partiellement "la Cité Radieuse" de Marseille (rebaptisée par certains locaux « la Maison du fada »). Pour contrer l'étalement des villes, Le Corbusier propose de resserrer la ville en densifiant le centre avec des tours pour libérer des espaces pour des jardins, terrains de sports et de jeux, parking etc.

Aujourd'hui naissent également des cités idéales à vocation touristique (« haut de gamme »). L'exemple le plus fou se trouve à Dubaï avec "Palm Islands" : des complexes hôteliers et des villas, destinés aux plus riches, sont édifiés sur des îles artificielles . Dans le même esprit, et près de Palm Islands se trouve "The world" , succession de 300 îles en forme de planisphère . Avec la crise économique, les travaux commencés en 2003 ont été arrêtés en 2008 (les îles commençaient à se diluer dans la mer), ils semblent repartis.

Palm Islands et The worldPalm Islands et The world

Palm Islands et The world

Les architectes ont le droit de concevoir et de réaliser une "Cité Idéale", organisée, unifiée, supposée avoir une influence sur l'éducation et le comportement humain, mais sont-il certains que ce cadre apportera le bonheur aux individus ?

"Le bonheur est un maître exigeant, surtout le bonheur d'autrui". Aldous Huxley.

Le parc de Richelieu (photo MP)

Le parc de Richelieu (photo MP)

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

Aujourd'hui vous ne subirez pas mes longs bavardages, je vous propose seulement de me suivre à Lyon, de regarder mes photos, mes coups de cœur, mes rencontres et peut-être d'aimer ce que j'ai aimé.

Prochain article fin juillet. Bonnes vacances à ceux qui partent !!

Michèle Pellevillain

Le musée des Beaux Arts est situé dans un majestueux bâtiment, place des Terreaux, qui abrita, jusqu'à la Révolution, l'abbaye bénédictine de Saint-Pierre-les-Nonnains. Il en subsiste la chapelle, l'escalier d'honneur, le réfectoire et le ravissant jardin. En 1792, l'église abbatiale est utilisée comme fabrique de salpêtre, et les bâtiments conventuels servent à de multiples usages, ce qui assurera sa survie. Menacée de vente ou de démolition, le bâtiment est transféré à la ville par un arrêté de Bonaparte d'avril 1802. Avant de devenir le musée actuel, le bâtiment sera Palais du commerce et des arts, abritant la Bourse et l'Ecole de dessin.

Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin

Le jardin, entres autres, une très belle statue de Rodin

Le réfectoire et l'escalier (décor de Puvis de Chavanne), cliquez pour agrandir les photosLe réfectoire et l'escalier (décor de Puvis de Chavanne), cliquez pour agrandir les photos

Le réfectoire et l'escalier (décor de Puvis de Chavanne), cliquez pour agrandir les photos

EXPOSITION TEMPORAIRE GEORGES ADILON (1928-2009)

"Architecte, diplômé de l'Ecole des beaux-arts de Lyon en 1949, Georges Adilon apparaît sur la scène artistique dans le milieu des années 1950. En 1960 sa peinture s'éloigne du courant lyonnais, il se tourne vers l'abstraction. En 1980 il établit un protocole basé sur des contraintes techniques et formelles - de la laque glycérophtalique noire sur du papier offset 92x130 -"

Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015

EXPOSITION TEMPORAIRE - GENEVIEVE ASSE (née en 1923 à Vannes)

"Le musée des Beaux-Arts de Lyon lui consacre un parcours, depuis les objets, natures mortes, volumes et plans abstraits des premières années jusqu'aux paysages et à la transfiguration des toiles blanches."

MES COUPS DE COEUR AU DEPARTEMENT PEINTURES SCULPTURES.

Pour agrandir au format de l'écran, cliquez dans le coin à droite de l'image.

MUSEE DES CONFLUENCES

Il a été conçu par l’agence autrichienne Coop Himmelb. Je ne verrai que l'extérieur mon séjour à Lyon étant très court. Un peu déçue par l'environnement et le temps gris qui n'offrait pas toute sa transparence à l'architecture.

Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015

Un grand merci à mon amie Christine Bertrand, professeur d'Arts Plastiques, mon guide à Lyon. Grâce à elle j'ai pu rencontrer, dans l'intimité de son atelier, Marie France Chevalier, peintre. Admirer ses œuvres et converser avec elle a été un moment de partage exceptionnel, je la remercie également vivement de m'avoir accueillie.

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

" Velázquez a trouvé le parfait équilibre entre l'image idéale qu'on lui demandait de reproduire et l'émotion qui submerge le spectateur" Francis Bacon

Si l'on peut admirer , dans l'importante collection espagnole du musée du Louvre , Goya, le Greco, Zurbaran, Murillo, Ribera .., nous ne pouvons voir aucun tableau de Velázquez , seulement six œuvres de peintres qui gravitaient autour du Maître.

Le Louvre a manqué l'occasion de posséder un Velázquez lors d'un échange fait avec l'Espagne en 1941. Le Maréchal Pétain cherchait l'appui de Franco pour les négociations avec l'Allemagne. La France céda à l'Espagne des œuvres importantes comme "La dame d'Elche", une sculpture espagnole du Ve siècle avant JC, et "L'Immaculée Conception" de Murillo. En contrepartie, les conservateurs du Louvre pouvaient choisir au Prado deux tableaux parmi ceux que le musée possédait en deux exemplaires. Ils firent le bon choix entre les deux portraits d'Antonio de Covarrubias attribués au Greco. Manque de chance, entre les deux portraits de la reine Marie-Anne d'Autriche attribués à Velázquez, ils choisirent une réplique d'atelier.

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Velázquez Marie-Anne d'Autriche -  Musée du Prado  et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652Velázquez Marie-Anne d'Autriche -  Musée du Prado  et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652

Velázquez Marie-Anne d'Autriche - Musée du Prado et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652

Les tableaux de Velázquez sont rares (cent vingt conservés aujourd'hui) et surtout concentrés au musée du Prado (ce qui est légitime), quelques uns sont à Londres, à Rome,ou à Vienne etc. L'exposition du Grand Palais est la première grande rétrospective consacrée au Maître, elle présente soixante quatre chefs d'œuvres.

10 h du matin, étonnamment pas de file d'attente. Il en sera de même lorsque je ressortirai, Vélasquez n'attire pas la foule, et pourtant…

… pourtant ses portraits sont une merveille de sobriété et de naturel. Sa peinture qui semble à première vue d'une réalité surprenante n'est constituée, si l'on se rapproche des œuvres, que d'une succession de touches, un "tremblé du pinceau" , étonnant dans les tissus, les dentelles.

Vélasquez travaille "alla prima", il attaque directement la toile sans dessin préalable. Ses ennemis affirmaient "tout son art se limite à savoir peindre une tête", Velázquez ne peint pas "une tête", mais des physionomies vivantes et présentes qui nous parlent. D'ailleurs le pape Innocent X aurait dit en voyant son portrait : "troppo vero".

 Portrait du pape Innocent X - 1650 - 140x120cm - Rome, Galleria Doria Pamphilj

Portrait du pape Innocent X - 1650 - 140x120cm - Rome, Galleria Doria Pamphilj

Diego Velázquez voit le jour à Séville en 1599. Ainé de huit enfants, d'un homme de loi d'origine portugaise et d'une demoiselle de petite noblesse, il se fera connaître sous le nom de sa mère selon la tradition andalouse. Très tôt il découvre sa vocation artistique. Il entre à 11 ans dans l'atelier de Francisco Pacheco. Après cinq ans d'apprentissage il est agréé par la corporation des peintres et épouse Juana, la fille de son maître.

A partir de 1623, Velázquez devient peintre de cour, "Peintre de chambre" du roi Philippe IV, c'est ce qu'il souhaitait ardemment. Il doit répondre aux demandes de répliques des portraits de la famille royale. Beaucoup sont peintes par son atelier, et par son bras droit, Bautista Martinez Del Mazo, qui deviendra son gendre.

En 1643 il est nommé valet de chambre, sans exercice, assistant de la surintendance des Travaux Particuliers. En 1649, il est chargé de rassembler des œuvres d'art pour le roi, il effectue ainsi son second voyage en Italie (il peint à Rome le portrait du pape Innocent X). Puis il obtient la charge suprême de grand maréchal du Palais et en 1659 l'habit tant espéré de l'ordre de Santiago (ordre militaire et religieux catholique - Velázquez porte l'emblème sur sa poitrine dans son tableau des "Ménines" peint en 1656 - il aurait été rajouté après sa mort). En 1660, année de sa mort, il assiste en qualité de grand maréchal, au mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse, fille de Philippe IV.

La plus grande partie de sa vie, absorbée par les tâches administratives, son principal client étant le roi d'Espagne, Velázquez aura une production réduite. Il ne fera pas école (contrairement à Rubens, son rival à la cour de Philippe IV) et son style s'éteindra avec la mort de son gendre Del Mazo.

Le goût pour la peinture espagnole n'apparaît en France qu'au XIXe siècle. Tout comme le Caravage et Goya, Velázquez aura une influence sur les peintres de ce siècle et des suivants. Pour Manet il était "le plus grand peintre qui n'ait jamais existé". Il suscitera l'admiration de Picasso qui exécutera cinquante huit variantes sur les "Ménines" , et de Bacon qui peindra une série de quarante cinq tableaux sur le portrait d'Innocent X.

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Bacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les MéninesBacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les Ménines

Bacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les Ménines

Il est possible, pour certains visiteurs, que la succession des nombreux portraits de Velázquez et de ses collaborateurs paraisse ennuyeuse. Est-ce cela qui aura rebuté le public ou l'absence des célèbres Ménines ? Je ne vais pas me plaindre, j'ai pu admirer en toute quiétude les portraits aux regards puissants, la douceur des visages d'enfants, la beauté de Vénus, Saint Paul et Saint Thomas dont j'ai eu du mal à m'éloigner, l "Allégorie féminine" , et la merveilleuse "Sainte Lucine". L'impressionnant dernier tableau, énorme cheval blanc qui se cabre, sellé mais dépourvu de cavalier, semble prêt à galoper vers la profondeur sombre du tableau, laissant derrière lui le génie Velázquez et le siècle d'or espagnol.

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1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 16351 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 1635
1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 16351 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 1635

1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 - Pablo de Valladolid 1635

  - autoportrait - vers 1640 45x38cm - Musée des Beaux Arts de Valence

- autoportrait - vers 1640 45x38cm - Musée des Beaux Arts de Valence

L'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New HavenL'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New Haven

L'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New Haven

Bodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux ArtsBodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux Arts

Bodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux Arts

Le Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National GalleryLe Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National Gallery

Le Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National Gallery

Apollon dans la forge de Vulcain - 1630 - huile sur toile - 222x290cm - Madrid, Prado

Apollon dans la forge de Vulcain - 1630 - huile sur toile - 222x290cm - Madrid, Prado

Allégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New YorkAllégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New York

Allégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New York

La toilette de Vénus (Vénus au miroir) - 1647-1651 huile sur toile 123x177cm Londres National Gallery

La toilette de Vénus (Vénus au miroir) - 1647-1651 huile sur toile 123x177cm Londres National Gallery

Saint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux ArtsSaint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux Arts

Saint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux Arts

Portrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - ViennePortrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - Vienne

Portrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - Vienne

Portrait équestre du prince Balthazar Carlos - Huile sur toile 212x177cm - Madrid Musée du Prado

Portrait équestre du prince Balthazar Carlos - Huile sur toile 212x177cm - Madrid Musée du Prado

L'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulièreL'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulière

L'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulière

Marie Thérèse infante d'Espagne - 1651-1654 - huile sur toile 34,3X40cm - Metropolitan New York - Remarquez les merveilleux papillons de soie dans les cheveux !

Marie Thérèse infante d'Espagne - 1651-1654 - huile sur toile 34,3X40cm - Metropolitan New York - Remarquez les merveilleux papillons de soie dans les cheveux !

Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile

Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile

L’exposition présente évidemment de nombreuses toiles d’artistes que Velázquez a pu connaître, admirer ou influencer, beaucoup m'ont séduites mais j'ai volontairement choisi de ne présenter que des oeuvres du "peintre des peintres"

photos web - texte Michèle Pellevillain

Exposition au Grand Palais PARIS jusqu'au 13 juillet 2015

Un cheval blanc - vers 1636 - huile sur toile - 310x245cm - Madrid Palacio Real

Un cheval blanc - vers 1636 - huile sur toile - 310x245cm - Madrid Palacio Real

Nota

Après les encombrants groupes et les audio-guides , arrive un nouveau joujou : les lunettes ultralégères (l'audio-guide finissant par faire mal au bras !) " Google Glass" avec commentaires et plan de visite intégré pour un certain nombre d'œuvres… on peut même zoomer. Onze paires étaient à la disposition des visiteurs moyennant 8 euros (hors billet) et 300 euros de caution : "Si l’on se contente de regarder les 12 œuvres, la visite dure environ 1h. Nous avons pensé qu’une visite courte pourrait peut-être séduire un nouveau public , commente Agnès Alfandari. Ce qui est certain, c’est qu’on ressort avec le sentiment d’avoir vécu une expérience différente de tous les autres visiteurs". Je ne commenterai pas !

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Publié dans : #Expositions à Paris
Markus Lüpertz - Musée d'Art Moderne Paris - juin 2015

Je vous emmène aujourd'hui à la rencontre d'un artiste qui m'était, je l'avoue, totalement inconnu. La rencontre se fait par un passage vers un parc mystérieux. L'inconnu, c'est l'aventure, je ne la partagerai qu'avec quelques aventuriers masculins. L'espace sera tout à moi, sans groupes encordés à un guide, sans visiteurs casqués : liberté et bonheur absolu.

En 1941, Markus Lüpertz naît en Bohême, d'un père tchèque et d'une mère polonaise. La famille n'est devenue allemande qu'après la guerre. Il quitte rapidement l'école pour entrer en apprentissage chez un peintre, fabriquant d'étiquettes de bouteilles de vin, puis chez un graphiste qui lui fait intégrer l'école d'art appliqué de Krefeld. Markus Lüpertz a seulement quinze ans et son père doit lui faire une autorisation pour peindre les nus d'après modèles.

Lorsqu'il commence à peindre, l'expressionnisme abstrait et le pop art dominent le monde de l'art. Rapidement il s'émancipe et trouve sa propre voie où il confronte figuration et abstraction : "Le retour à la figuration est une nécessité formelle faisant suite à l'abstraction. Après le cinq cent millième carré et la énième forme, le sujet était épuisé…. quand nous peignons des nus, des figures, des paysages, c'est un élargissement de l'abstraction" (entretien avec Yasmine Youssi)

En 1962 il s'installe à Berlin ouest où il créait une galerie. En 1976 il est nommé professeur à l'académie des beaux-arts de Karlsruhe, puis en 1988, il devient directeur de l'académie des beaux-arts de Düsseldorf.

La grande rétrospective présentée au MAM s'échelonne de 1964 à 2015. Elle est conçue à rebours (peut-être pour renforcer le lien que l'artiste fait entre présent et passé ou parce qu'il affirme « Je travaille comme si je devenais de plus en plus jeune ») et s'articule autour de différentes thématiques qu'il serait trop long de détailler, j'en citerai quelques unes avec les images.

Entrer dans le monde de Markus Lupertz, passer de salle en salle, c'est faire un voyage à travers des paysages aux couleurs vives, des montagnes sombres, des plaines aux blés murs, croiser Ulysse, Mozart, Saliéri, des géants en marche, des soldats. .. on rêve, on invente des histoires, on sourit. Markus Lupertz s'entretient avec les maîtres du passé : Picasso, Poussin, Goya. Parfois une œuvre fait penser à Baselitz , Chagal ou Basquiat .

Escale. Dans une salle sombre, une projection : rencontre avec l'homme Markus Lupertz. Il marche lentement dans une grande allée bordée d'arbres (sans doute en rapport avec le décor franchi à l'entrée). Il porte une grande cape et un chapeau, tient à la main une canne : il est d'un autre siècle, éloigné de son œuvre. Il s'assoit et lit un de ses poèmes. Interview : il pose, costume noir très chic, bagues d'argent, il est hautain, je dirai même suffisant : "Mes élèves m'adulaient". Joue-t-il un rôle ?. Il semble plus sincère accoudé à un bar, décontracté : "J'ai besoin de la ville, du bruit, de voir des gens.." Je le préfère couvert de plâtre, artiste au travail, dans sa vérité.

Après cette rencontre avec l'homme extravagant et égocentrique qui me fait penser un peu à Dali, retrouver ses œuvres de jeunesse me ravit. Eléments figuratifs simplifiés, isolés, grossis : casquettes, casques, tentes perdent leur identité et parviennent à une sorte d'abstraction.

Une dernière œuvre avant de quitter l'exposition, datée de 1963/64. Donald Duck me fait un clin d'œil : belle aventure n'est-ce pas ? Découverte d'un des plus importants représentants du néo-expressionnisme allemand. Et tu ne connaissais pas ? Ignorante que tu es !

Photos MP - cliquez sur les images pour les agrandir
"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens

"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens

"Nus de Dos" - 2004-2005 - Inspirés, entre autres, des bas reliefs de Matisse, les nus se transforment en torse.

"Nus de Dos" - 2004-2005 - Inspirés, entre autres, des bas reliefs de Matisse, les nus se transforment en torse.

Le matin ou HoderlinLe matin ou HoderlinLe matin ou Hoderlin

Le matin ou Hoderlin

Matin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'aubergeMatin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'auberge

Matin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'auberge

"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner."Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner."Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.

"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.

2005 - Mozart et Salieri2005 - Mozart et Salieri2005 - Mozart et Salieri

2005 - Mozart et Salieri

"Le sourire Mycénien" - 1985 - Peintures monumentales renvoyant à l'Antiquité grecque.

"Le sourire Mycénien" - 1985 - Peintures monumentales renvoyant à l'Antiquité grecque.

"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature

"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature

"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau

"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau

"Congo" - 1981 - Pour l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Markus Lüpertz réalise un ensemble de peintures sur le thème "Congo-Correction du constructivisme" évoquant les principes du cubisme. C'est aussi à cette période qu'il commence à créer ses premières sculptures

"Congo" - 1981 - Pour l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Markus Lüpertz réalise un ensemble de peintures sur le thème "Congo-Correction du constructivisme" évoquant les principes du cubisme. C'est aussi à cette période qu'il commence à créer ses premières sculptures

"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail."Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail."Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.

"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.

1967 Arrangement pour une casquette

1967 Arrangement pour une casquette

Les blésLes blés

Les blés

1965 - Tunnel de fleurs rouges

1965 - Tunnel de fleurs rouges

Donald Duck - 1963/64
Donald Duck - 1963/64

Exposition jusqu'au 19 Juillet 2015 -

Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Avenue du Président Wilson - 75116

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LES PASSIONS DE ROBERTO LONGHI

Le Musée Jacquemart-André abrite en ce moment une très belle exposition intitulée de Giotto à Caravage. Elle rassemble un certain nombre d'œuvres acquises par l'historien d'art , poète, écrivain et collectionneur Roberto Longhi.

Roberto Longhi naît à Alba dans le Piémont en 1890. Il étudie à l'université de Turin dont l'atmosphère conservatrice fait le désespoir de ses vingt ans. Marqué par ses origines piémontaises il s'intéresse plus aux peintres de l'Italie du nord qu'aux Toscans. En 1911, il propose une thèse qui apparaît, à l'époque, pour le moins originale ; elle concerne un lombard : Caravage. Est-ce le choc devant les toiles de Courbet vues à la Biennale de Venise en 1910 qui l'a mené à Caravage. Il dira du maître d'Ornans qu'il a "une sévérité dépouillée tout à fait caravagesque".

Au moment où Roberto Longhi soutient sa thèse sur Caravage, le XVIIe est relativement ignoré en Italie car étouffé entre le brillant XVIe , avec Raphaël et Michel-Ange, et l'élégant XVIIIe et les védutistes, Guardi, Canaletto, Pannini, Piranèse.

Caravage (1571-1610), de son vrai nom Michelangelo Mérisi (Caravaggio est le village où il est né), était considéré comme un peintre brutal et vulgaire. Sa peinture était jugée scandaleuse (il faisait poser des filles du peuple, des pochards et des prostituées), sa vie l'était tout autant, il fut arrêté et incarcéré de nombreuses fois. En 1600, les toiles peintes pour l'église Saint-Louis-des-Français (Le Martyre de saint Matthieu) l'ont rendu célèbre à Rome. Plus tard il sera adulé à Naples. Recherché pour meurtre il part pour Malte où il est intronisé chevalier. Une nouvelle incartade lui vaut un séjour en prison. Il s'évade et s'installe en Sicile pour une année. Il y peint "la Résurrection de Lazare". Il regagne Naples, peint "David tenant la tête de Goliath" . Victime d'un attentat, blessé, il part pour Rome à bord d'une felouque. En 1610, on le retrouve mort sur une plage près de Rome. Il n'a pas quarante ans.

Caravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de CaravageCaravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de Caravage

Caravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de Caravage

Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.  Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.

Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.

Caravage - Petit Bacchus malade - vers 1593-1594 - huile sur toile 67x53cm - Rome Galerie Borghèse. Caravage a réalisé trois autoportraits, celui-ci étant le premier.

Caravage - Petit Bacchus malade - vers 1593-1594 - huile sur toile 67x53cm - Rome Galerie Borghèse. Caravage a réalisé trois autoportraits, celui-ci étant le premier.

Contesté de son vivant, il l'est encore plus après sa mort. Ses œuvres sont redistribuées à ses rivaux. Totalement oublié, il disparaitra durant trois siècles. Il faudra attendre 1890 et l'autrichien Wolfgang Kallab pour que des œuvres aux attributions discutées soient réattribuées à Caravage en se fondant sur le traitement de la lumière et sur certaines particularités. Avec la découverte de documents d'archives, d'autres spécialistes continueront les travaux, et en 1920 Roberto Longhi s'engage à son tour "On dit Michelange de Caravage, indifféremment ténébriste ou luministe. On l'a oublié, sans lui il n'y aurait pas eu Ribera, Vermeer, La Tour, Rembrandt. Et Delacroix, Courbet, Manet eussent peint autrement".

Roberto Longhi se passionne pour Caravage mais il contribue aussi à révéler les primitifs italiens des XIVe et XVe siècle, Giotto, Masaccio, Masolino. Il devient très tôt collectionneur et commence à acheter des toiles dès 1915. La peinture du Seicento n'intéressait personne, elle n'était donc pas coûteuse. Il gardera toujours près de lui, dans sa chambre, un exemplaire du "Garçon mordu par un lézard" de Caravage acquise en 1925, et prouvera que Caravage pouvait reproduire certaines de ses œuvres.

Jeune garçon mordu par un lézard - vers 1595 - huile sur toile - 65,8x52,3cm - Londres National Gallery et une autre version à la Fondation Longhi

Jeune garçon mordu par un lézard - vers 1595 - huile sur toile - 65,8x52,3cm - Londres National Gallery et une autre version à la Fondation Longhi

Giotto di Bondone (vers 1267-1337) Saint Jean l'Evangeliste 1320 - tempera et or sur bois - 128x55,5cm Abbaye royale de Chaalis

Giotto di Bondone (vers 1267-1337) Saint Jean l'Evangeliste 1320 - tempera et or sur bois - 128x55,5cm Abbaye royale de Chaalis

Masaccio - Vierge à l'Enfant (Vierge de la chatouille) vers 1426-1427 - tempera et or sur bois 24,5x18,2cm - Florence - Galleria degli Uffizi

Masaccio - Vierge à l'Enfant (Vierge de la chatouille) vers 1426-1427 - tempera et or sur bois 24,5x18,2cm - Florence - Galleria degli Uffizi

De 1934 à 1949, Longhi est professeur d'histoire de l'Art à l'Université de Bologne. Il formera plusieurs générations d'historiens d'art. Parmi ses élèves, Mina Grégori (Commissaire de cette exposition, spécialiste de Caravage), et le cinéaste Pasolini qui plus tard lui dédicacera son deuxième film Mamma Roma.

Mina Grégori explique que "la méthode de Longhi c'était l'œil….il a enseigné à ses élèves à penser avec le regard".

Pasolini disait de Roberto Longhi "il a été tout simplement, la Révélation" la confrontation des formes et l'arrêt sur les détails dans l'étude de Masaccio, Piero della Francesca, Caravage "était déjà du cinéma". Etrangement Pasolini, comme Caravage, sera retrouvé sur la plage d'Ostie près de Rome, assassiné à l'âge de cinquante cinq ans.

En 1949, c'est pour Longhi la consécration. Il est nommé à la chaire d'histoire de l'art médiéval et moderne de l'université de Florence (il demeure depuis dix ans dans les collines florentines). Il y exercera jusqu'en 1966.

Sa collection comprend 256 œuvres, maîtres anciens et modernes confondus, que Longhi se plaisait à comparer : Léonard à Renoir, Courbet à Caravage. Cette méthode critique innovante était faite d'aller-retour incessants entre les maîtres anciens et la peinture moderne. "L'histoire passée se colore toujours de celle du présent".

C'est sans doute grâce à Roberto Longhi que les amateurs d'art du XXe siècle ont soudain aimé Piero della Francesca , peut-être Giotto et surtout Caravage. En 1951, Roberto Longhi organise à Milan, au Palazzo Reale, une exposition "Caravage et les Caravagesques" qui connaît un grand succès. En 1985, le Metropolitan Museum de New York présente "l'Age de Caravage" avec des originaux récemment identifiés, et en 1988 le Grand Palais propose "Le Siècle du Caravage dans les collections françaises".

Caravage, peintre réaliste, adepte des gros plans et des cadrages serrés, spécialiste des clairs obscurs saisissants, est désormais considéré , grâce à Roberto Longhi, comme le génie précurseur de l'école naturaliste du XIXe siècle.

Roberto Longhi décède le 3 juin, chez lui Villa il Tasso, sous le regard du "Garçon mordu par un lézard". La Villa il Tasso est devenue la Fondation Longhi, lieu de pèlerinage des étudiants d'art italien.

Ne manquez pas cette superbe exposition, la foule n'y est pas considérable, seuls quelques groupes sont gênants. Il est facile de s'approcher des œuvres. C'est aussi un plaisir de flâner ensuite dans les appartements de ce bel hôtel particulier dont la collection de meubles et d'œuvres d'art est remarquable. J'aime y retrouver quelques tableaux de Botticelli, Carpaccio et Paolo Uccello.

Dosso Dossi (vers 1489-1542) Garçon à la corbeille de fleurs  - détail - 1524, huile sur bois transposée sur toile 67,3 x 65,2 - Fondazione Longhi

Dosso Dossi (vers 1489-1542) Garçon à la corbeille de fleurs - détail - 1524, huile sur bois transposée sur toile 67,3 x 65,2 - Fondazione Longhi

Caravage - Amour endormi 1608 - huile sur toile 72x105cm - Florence Palazzo Pitti

Caravage - Amour endormi 1608 - huile sur toile 72x105cm - Florence Palazzo Pitti

Orazio Borgianni (1574-1616) Déploration  du Christ - vers 1615 - huile sur toile 73,8x90,3cm - Fondation Longhi

Orazio Borgianni (1574-1616) Déploration du Christ - vers 1615 - huile sur toile 73,8x90,3cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Annonce de la naissance de Samson à Manoach et sa femme - vers 1630 - huile sur toile 99x124,8cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Annonce de la naissance de Samson à Manoach et sa femme - vers 1630 - huile sur toile 99x124,8cm - Fondation Longhi

Giovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation LonghiGiovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation LonghiGiovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation Longhi

Giovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation LonghiMatthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation Longhi

A la fin du parcours de l'exposition, j'ai été émerveillée et impressionnée par les trois magnifiques tableaux de Jusepe de Ribera installés côte à côte et de même format 126 x 97cm : Saint Barthelemy, Saint Thomas et Saint Paul. (Jusepe Ribera - 1591-1652) Lorsque Longhi fit l'acquisition de ces tableaux, il leur trouvait une similitude à l'art de Ribera qui s'était installé très jeune en Italie. Ils ont été attribués à Ribera en 2000.

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De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015

NOTA

Le Musée Jacquemart-André était à l'origine la demeure d'Edouard André. La construction de ce magnifique hôtel particulier fut commencée en 1868 (architecte Henri Parent). Edouard André , après une carrière militaire, décide de se consacrer uniquement à sa collection de tableaux, de meubles et d'objets d'art. En 1872 Il commande un portrait à Nélie Jacquemart . Il l'épousera en 1881.

En 1876, un grand bal marque l' inauguration de l'hôtel. Il est relaté dans le journal " l'Illustration" : « Rien ne manquait d’ailleurs pour faire du bal de M. André une de ces fêtes à sensation, dont les magnificences font époque. Les murs des deux pièces d’entrée, le vestiaire et le vestibule disparaissaient sous une tenture odorante de violettes et de camélias. Les dorures du double salon de danse ruisselaient, étincelantes sous les feux de mille bougies. »

Le Musée appartient depuis 1912 à l'Institut de France.

Gustave Courbet (1819 - 1877) Le Désespéré, autoportrait - vers 1843 - huile sur toile 45x54cm - collection particulière

Gustave Courbet (1819 - 1877) Le Désespéré, autoportrait - vers 1843 - huile sur toile 45x54cm - collection particulière

Musée Jacquemart-André - 158 bd Haussmann - 75008 PARIS.

Exposition jusqu'au 20 juillet 2015

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