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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Bibliothèque Nationale de France François MitterandBibliothèque Nationale de France François Mitterand
Bibliothèque Nationale de France François MitterandBibliothèque Nationale de France François Mitterand

Bibliothèque Nationale de France François Mitterand

Cette exposition "L'alchimie du livre" de l'artiste allemand Anselm Kiefer se terminait le 7 février. J'ai fait cette visite le dernier jour, je ne peux donc pas vous inciter à vous y rendre. Par contre se tient en ce moment au Centre Pompidou et jusqu'au 18 avril 2016 une exposition consacrée à une rétrospective de son œuvre de la fin des années 1960 à nos jours. Je ne vais pas manquer de m'y rendre très vite, l'exposition de la Bibliothèque Nationale François Mitterrand m'ayant particulièrement passionnée.

Anselm Kiefer est né dans le Bade-Wurtemberg en mars 1945 (deux mois avant la reddition des armées allemandes) dans un milieu familial petit-bourgeois. Il commence des études de droit et suit parallèlement les cours des Beaux-Arts de Fribourg, puis de Karlsruhe.

En 1969, il se fait connaître en se photographiant, dans des villes autrefois occupées par l'armée allemande, le bras levé selon le salut nazi : son but est de réveiller les consciences mais aussi de s'interroger sur sa situation de peintre dans l'Allemagne après l'Holocauste.

Les œuvres de Kiefer sont décriées mais lui permettent de se faire connaître.

En 1970, son art prend progressivement la forme d'une quête spirituelle portée par les mythes, la religion, les cosmogonies, la kabbale, mais aussi des femmes au destin tragique.

A partir des années 1980, il participe aux grandes expositions d'art contemporain et représente l'Allemagne à la Biennale de Venise.

En 1993, il quitte l'Allemagne pour la France. Il s'installe à Barjac, dans le Gard, dans une ancienne filature désaffectée puis achète l'ancien entrepôt de 40.000 mètres carrés de la Samaritaine dans l'est parisien, selon l'artiste "à peine suffisant pour tout caser".

En 2007, il inaugure "Monumenta" au Grand Palais de Paris. Il offre son domaine de Barjac à l'Etat pour en faire une fondation franco-allemande. Il reçoit la commande d'une œuvre pour l'aile Sully du Louvre.

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre 1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

L'exposition de la BNF est consacrée aux livres de Kiefer créés entre 1968 et 2015. De grandes dimensions, exemplaires uniques, réalisés dans des matériaux divers, ces livres sont le fondement de son oeuvre. Je vous propose de regarder quelques pages comme ont pu le faire les visiteurs.

"Shevirat h-kelim" - "le bris des vases" 2015 - installation métal, livres de plomb et bris de verre.

Le poids de ces livres interdit toute manipulation et renvoie à la mystique judaïque du Livre et à sa fonction mémorielle. Le titre fait allusion au mythe de la Création divine selon l'école kabbalistique de Safed au XVIe siècle. Les thèmes juifs se trouvent peu à peu dans l'œuvre de Kiefer surtout après son voyage en Israël en 1984.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"La lettre perdue"

Ancienne presse typographique envahie par des tournesols. Cette sculpture rappelle l'invention de Gutenberg . Le livre est source du savoir et symbole culturel. Le tournesol représente l'élan spirituel porté par le livre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"Der Rhein" 1982-2013

Ce livre composé de plusieurs impressions xylographiques présente une vue des berges du Rhin, symbole de l'identité allemande, mais paysage pollué par des édifices d'un style architectural nazi et des bunkers.

La figuration du polyèdre de la "Mélancolie" de Dürer renforce la germanité de l'œuvre.

"Nigredo" ou l'œuvre noire - Titre faisant référence à la première étape des opérations alchimiques. Cette sculpture montre la proximité du processus artistique de Kiefer avec l'alchimie par l'introduction de toutes sortes de matériaux dans son œuvre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Grand livre en plomb (je n'ai pas noté le titre exact et remercie par avance le lecteur qui pourra me fournir les informations)

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Mon coup de cœur final :

"Le livre" Grande marine, huile, émulsion, acrylique, shellac (gomme-laque), livre en plomb sur toile

Sacralisation du livre : l'idée du livre comme symbole de savoir immuable et d'élévation spirituelle et en même temps lourdeur du plomb qui rappelle tragiquement l'impossible envol de la culture et de l'art vers l'idéal.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Photos MP.

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Le Cabinet des Dessins du Louvre conserve le fonds le plus riche des œuvres de Parmigianino (Francesco Mazzola dit "Le Parmesan") : cent quatre-vingt-un dessins originaux, vingt qui lui sont attribués et quelques cent cinquante copies, écoles ou imitations de l’artiste.

Les provenances sont diverses : l’acquisition par Louis XIV de la collection "Jabach" en 1671, la vente des dessins de René Jean Mariette en 1775, les saisies d’émigrés pendant la Révolution, puis les donations du XIXe et du début XXe siècle.

Parmigianino a beaucoup dessiné. Un millier (environ) de dessins sont conservés dans différentes collections publiques ou privées.

C'est au stylet que Parmigianino esquisse d'abord ses œuvres, le plus souvent sur de petites feuilles . Les dessins de jeunesse sont essentiellement à la sanguine, ils montrent son appartenance au milieu artistique parmesan mais aussi l’influence de l’art de Corrège et à travers lui de Michel Ange et Raphael. Parmagianino utilise par la suite la pierre noire et la craie, (qui comme la sanguine sont des techniques sèches, souples et effaçables) avant de s’orienter vers la plume et l’encre. Parmigianino est l'un des artistes les plus doués du maniérisme italien(*). Son influence fut énorme et ses admirables dessins y contribuèrent .

On découvre dans l’exposition que lui consacre le Louvre une soixantaine d’œuvres choisies dans l’exceptionnel fonds du musée. Les visages sont beaux, il y a de la légèreté et de l'élégance dans le trait, de la grâce dans les mouvements de ses silhouettes élancées.

Très belle et émouvante exposition. Jusqu’au 15 février 2016.

(*)L’élément le plus remarquable de la stylistique du maniérisme est la déformation et la torsion des corps ; on l’appelle serpentina en raison de sa forme de S.
Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Parmagianino est né à Parme en 1503. Dès l’âge d’écrire il est remarqué par son maître pour ses dispositions à dessiner à la plume. Huitième d’une famille de neuf enfants, privé à l'âge de deux ans de son père peintre , il bénéficiera de l’affection de ses deux oncles paternels, Pier Ilario et Michele Mazzola, peintres eux-mêmes. Il travaillera dans l’atelier familial.

Admirateur de Raphael, cherchant à lui ressembler même physiquement, Parmagianino tout comme son modèle accomplit entre seize et vingt et un ans une véritable carrière riche en chefs d’œuvre.

Ci-dessous -

1 et 2 - Etude pour le Portrait de Galeazzo Sanvitale - 14,2x12,1cm sanguine et portrait à l'huile - Musée de Naples

3 et 4 - Autoportrait de face - 7,3x5,3cm - sanguine et Autoportrait au miroir ,Vienne

5 et 6 - Portrait d'homme - pierre noire, rehaut blanc, lavis beige 34,2x24,2cm et Portrait d'un collectionneur Londres - détail - datation de la peinture vers 1523/1524

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Parmagianino ne vivra pas en prince et ne bénéficiera pas de la protection des plus grands. A côté de son métier de peintre il exercera deux activités, la musique (il joue de façon excellente du luth) et l’alchimie. En 1531, la confrérie (à savoir le conseil de la fabrique) de Santa Maria della Steccata de Parme lui confie le décor de l’abside et de la voute orientale. Les travaux doivent être exécutés en dix huit mois. Le chantier avance lentement en raison de ses recherches obsessionnelles en alchimie .

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Sa personnalité se transforme, son visage angélique est dissimulé sous une barbe longue, cheveux hirsutes, tel l’autoportrait en Hermès où il apparaît vieilli, rappelant le Christ, ou Saturne dieu du temps. Il se voit comme un être « investi d’une dignité antique ou divine ».

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Il dessine en 1535 son portrait de profil à la manière des médailles.

Après une troisième reconduction des travaux, face à l'énième défaillance du peintre, La Steccata lui retire le chantier, il est poursuivi en justice et jeté quelques temps en prison.

Libéré il s'enfuit à Casalmaggiore.

Il meurt d'une fièvre violente au même âge que Raphaël (trente sept ans), peut-être empoisonné par les vapeurs du mercure de ses expériences d'alchimie.

DESSINS QUI SUIVENT :

1 - Viel homme barbu, assis, consultant un in-folio - 26,3x19,1 - plume et encre brune, lavis brun

2 - Etudes de deux putti, volant de dos, vus en raccourci 18,6x12,1cm sanguine

3 - Cavalier vu de dos sur un cheval cabré - 12,4x9,2cm sanguine

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Jeune fille debout tournée vers la gauche 27,6x17,2cm sanguine

2 - Sainte Cécile marchant, tenant son instrument et précédée par un ange - 20,4x15,3cm plume et encre brune, lavis brun

3 - La Vierge tenant l'Enfant Jésus adoré par un ange 20x10cm - sanguine, rehaut blanc, mise au carreau

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Saint Roch un genou en terre implorant le ciel - plume et encre brune, lavis brun, 20x14,8cm

recto/verso

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Ganymède et Hébé (?) - 14,8x9,8cm - plume et encre brune, lavis brun

2 - Homme nu debout de face brandissant une épée. 20x9,5xm - plume et encre brune, quelques traits de pierre noire.

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

La Vierge au long cou - 1534-1540, huile sur toile 21,6 X 13,2 cm - Florence - Les Offices

Ce tableau fut commandé en 1534 pour la chapelle Santa Maria del Servi à Parme. Il a été exécuté entre 1535 et 1540 c'est-à-dire à la fin de la vie de Parmigianino. Il mesure 216 x 132 cm, reste inachevé et est aujourd'hui conservé dans la galerie des Offices à Florence.

ET CI-DESSOUS A ECOUTER UNE HISTOIRE D'AMOUR

ET CI-DESSOUS A ECOUTER UNE HISTOIRE D'AMOUR

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Huile sur toile 55,9X46,4cm, Washington
Huile sur toile 55,9X46,4cm, Washington

Quel tableau de Fragonard, mieux que cet adorable "Amour folie", pourrait accompagner les vœux de bonheur et de santé que je forme pour mes fidèles lecteurs.

"L'Amour folie" est le dernier tableau présenté à l'exposition consacrée à Fragonard au Musée du Luxembourg. Le chérubin, emporté par la folie amoureuse (symbolisée par une marionnette rose à visage de fou) quitte la terre et les bosquets de roses pour s'élancer vers un ciel bleu où volent des oiseaux. C'est joyeux, léger, pur, et présage le préromantisme. "L'Amour folie" semble bien éloigné du titre un peu accrocheur "Fragonard amoureux galant et libertin", même si le terme "libertin" n'a pas à cette époque une connotation sensuelle, voir immorale, mais qualifie un libre penseur qui transgresse des siècles d'interdit et de tabou imposés par l'Eglise.

Fragonard nait à Grasse en 1732, ville à laquelle il restera attaché. La famille s'installe à Paris vers 1738 (sous le règne de Louis XV). Comme Matisse beaucoup plus tard, Fragonard devient un court temps petit clerc de notaire. Il entre ensuite quelques mois dans l'atelier de Chardin (il prépare la palette de maitre). Fragonard a environ 16 ans quand François Boucher lui ouvre les portes de son atelier, il y restera trois années. En 1752 il remporte le Grand Prix de l'Académie royale avec "Jéroboam sacrifiant aux idoles" et intègre l'école royale des élèves protégés, dirigée par Carle van Loo.

"Jeroboam sacrifiant aux idoles". 1752 Huile sur toile 111,5 x 143,5cm - Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts Paris

"Jeroboam sacrifiant aux idoles". 1752 Huile sur toile 111,5 x 143,5cm - Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts Paris

Il part à Rome où il est pensionnaire de l'Académie de France. Devenu l'ami d'Hubert Robert, il fait la connaissance de l'abbé Saint-Non, avec eux il visite l'Italie.

Lorsque Fragonard rentre à Paris en 1762, Rousseau vient de publier "La Nouvelle Héloïse". La peinture de Fragonard sera le reflet de la littérature et de la philosophie de son siècle.

En 1765, Fragonard est agréé à l'Académie royale de peinture avec "Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé". L'œuvre triomphe au salon. Fragonard obtient un atelier au Louvre. Au XVIIIe siècle, le Louvre, devenu le palais des peintres s'était transformé en une communauté de grands artistes occupant des ateliers.

Dans une esquisse préparatoire Fragonard avait représenté Corésus en vieillard, il le transforma pour la toile définitive en jeune homme androgyne, ce qui dérouta ses contemporains qui ne reconnaissaient plus les caractéristiques de l'homme et du prêtre.

"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers)  et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers)  et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)

"Le Grand Prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé" - Esquisse (Musée d'Angers) et huile sur toile 3,09 x 4 m (Musée du Louvre)

Corésus et Callirhoé - détail

Corésus et Callirhoé - détail

En 1769, il épouse Marie Anne Gérard, artiste peintre en miniature et originaire, comme lui, de Grasse. On connait peu de chose de la vie personnelle et de la jeunesse amoureuse de Fragonard, mais d'après les témoignages les plus fondés il fut bon époux et bon père. Le couple aura deux enfants, Rosalie et Alexandre-Evariste qui deviendra un peintre célèbre.

En 1777, Fragonard réalise pour le marquis de Véri "Le Verrou", et en pendant "L'Adoration des Bergers". Cette confrontation peut apparaître étrange, mais en y regardant bien les deux tableaux sont complémentaires. "Le Verrou" représente la tentation charnelle. Un homme déshabillé retient dans sa chambre une femme. Il cherche à fermer le verrou. Est-elle entrée de son plein gré dans la chambre ? Une pomme est posée sur le guéridon pour une Eve qui va peut-être finalement succomber, ou être forcée. A l'opposé "l'Adoration des Bergers" représente Marie, l'Eve pure de la création, les bergers s'inclinent de loin.

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016

1789, c'est la prise de la Bastille et le début de la Révolution. Fragonard fait un séjour à Grasse. De retour à Paris il abandonne progressivement la peinture, devient membre de la "commune des arts" et est nommé conservateur du Muséum central des arts au Louvre. Inauguré en 1793. Louis XVI vient d'être guillotiné.

Fragonard s'éteint le 22 août 1806 dans son logement du Palais Royal.

Si Fragonard a exploré avec bonheur la thématique amoureuse, les nombreuses œuvres exposées au Musée du Luxembourg prouvent qu'il aborda bien d'autres genres : paysage, peinture d'histoire, grand décor et portrait.

Les peintures accrochées dans les premières salles, titrées "mythologies galantes", sont mes préférées : "Céphale et Procris", "l'Aurore triomphant de la Nuit" et son pendant "Diane et Endymion", "Jupiter et Callisto". Au delà du drame, charme et volupté dominent. Les velours verts et turquoises vibrent avec les roses tendres : c'est soyeux, lumineux, je suis subjuguée.

"Céphale et Procris" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"Céphale et Procris" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"L'Aurore triomphant de la Nuit" vers 1755-56 - Huile sur toile 95,3X131,4cm - Boston Museum of Fine Arts

"L'Aurore triomphant de la Nuit" vers 1755-56 - Huile sur toile 95,3X131,4cm - Boston Museum of Fine Arts

"Diane et Endymion" Huile sur toile 95x 137cm - Washington National Gallery of Art

"Diane et Endymion" Huile sur toile 95x 137cm - Washington National Gallery of Art

"Jupiter et Callisto" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

"Jupiter et Callisto" vers 1755-56 - Huile sur toile 79x173,5cm - Angers

Autres tableaux exposés :

"La chemise enlevée" - vers 1779 - huile sur toile 35x42cm - Musée du Louvre

"La chemise enlevée" - vers 1779 - huile sur toile 35x42cm - Musée du Louvre

"L'Enjeu perdu" ou "le Baiser gagné" - vers 1759-1760 - huile sur toile 48,3x63,5cm Metropolitain Museum of Art - New York

"L'Enjeu perdu" ou "le Baiser gagné" - vers 1759-1760 - huile sur toile 48,3x63,5cm Metropolitain Museum of Art - New York

"Les Baigneuses" - vers 1765-1770 - Huile sur toile 64x80cm - Musée du Louvre

"Les Baigneuses" - vers 1765-1770 - Huile sur toile 64x80cm - Musée du Louvre

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016
Petite parenthèse - Mon admiration pour Fragonard n'est pas nouvelle. J'ai interprété il y a longtemps ce tableau, chevalet installé dans la Grande galerie du Louvre où ne déambulait pas la foule d'aujourd'hui ...
"L'Instant désiré" - vers 1765 ? - Huile sur toile 50x61cm - collection particulière

"L'Instant désiré" - vers 1765 ? - Huile sur toile 50x61cm - collection particulière

"Deux Femmes sur un lit jouant avec deux chiens" ou "Le lever" - vers 1770 - huile sur toile 74,3x59,4cm - collection particulière

"Deux Femmes sur un lit jouant avec deux chiens" ou "Le lever" - vers 1770 - huile sur toile 74,3x59,4cm - collection particulière

"Le Colin-Maillard" - vers 1754-56 - huile sur toile 117x91cm - Toledo Museum of Art

"Le Colin-Maillard" - vers 1754-56 - huile sur toile 117x91cm - Toledo Museum of Art

"La Résistance inutile" vers 1770-73 - huile sur toile 45X60cm - Stockholm Nationalmuseum

"La Résistance inutile" vers 1770-73 - huile sur toile 45X60cm - Stockholm Nationalmuseum

"La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa."La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa.

"La Poursuite" et "La Surprise" - huile sur toile 70x38cm - vers 1771 - Musée d'Angers. Ces deux petites peintures étaient préparatoires au décor du pavillon de Louveciennes de la comtesse Du Barry . Celle-ci les refusa.

"Le Baiser" - vers 1770, huile sur toile 52x65cm, collection particuliure

"Le Baiser" - vers 1770, huile sur toile 52x65cm, collection particuliure

Un coup de cœur pour cette froufroutante et délicate "Laitière et le pot au lait", illustrant La Fontaine. Légère et court vêtue, le lait répandu, la fortune de Perrette s'échappe sous la forme d'un nuage.

FRAGONARD - Musée du Luxembourg - janv.2016

Des peintures délicates et puissantes, de nombreux dessins, livres et gravures vous attendent jusqu'au 24 Janvier 2016... courrez !!

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Publié dans : #Expositions à Paris
PICASSO-MANIA - Grand Palais - Dec 2015

Souvent je suis passée devant le Grand Palais affichant l'exposition Picasso-Mania. J'ai été étonnée de constater le peu de monde qui s'y pressait : les expositions du Grand Palais attirent pourtant la foule. Une belle journée ensoleillée de décembre j'ai décidé de m'y rendre. Aucune file d'attente, personne, pourtant (le règlement c'est le règlement !) obligation de parcourir seule le long zigzag délimité par des cordes. Sur le perron les militaires Vigipirate papotent.

Enfin une visite qui s'annonce tranquille et agréable. Mais, pourquoi si peu de monde ? Peut-être parce que cette exposition est très controversée, que la critique n'est pas unanime, et que le musée Picasso vient de rouvrir ses portes.

Dans la première salle c'est Picasso lui-même qui nous accueille, figé sur son magnifique autoportrait bleu. Il s'est peint en 1901, il n'avait que vingt ans. Il se représente plus âgé, émacié, comme si le malheur allait le poursuivre longtemps, le buste large comme les peint Titien. Dans la salle suivante, dix huit artistes et architectes contemporains, filmés en portrait par Diana Widmaier-Picasso la petite fille du maître, expriment , l'un après l'autre, leurs sentiments et témoignent de l'influence de Picasso sur l'art contemporain.

PICASSO-MANIA - Grand Palais - Dec 2015

Le parcours est ensuite un mélange thématique et chronologique, riche des œuvres de Picasso, parfois regroupées sur un mur, confrontées à celles d'artistes contemporains.

Aux grandes phases stylistiques et à certaines œuvres de Picasso répondent des œuvres de David Hockney, Jeff Koons, Adel Abdessemel, Andy Warhol, Jesper Johns, Antonio Saura, Jean Michel Basquiat…etc.

C'est après la seconde guerre mondiale que Picasso accède véritablement à une très grande notoriété. Son engagement au parti communiste français et dans le mouvement pour la paix font de lui une figure majeure de la vie politique et intellectuelle de cette période. "Guernica" peint en 1937 acquiert le statut d'icône. A partir de 1960 les artistes commencent à être fascinés par Picasso et par ses deux œuvres emblématiques : "Guernica" et "les Demoiselles d'Avignon" . Elles ne sont pas présentes dans l'exposition, bien sûr, mais sont fortement évoquées

Les Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toileLes Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toile

Les Demoiselles d'Avignon 1906 - (244X234cm) huile sur toile - Guernica 1937 (349x777cm) huile sur toile

Je ne reviendrai pas sur la biographie très connue de Picasso . Je ferai juste une petite parenthèse sur la période des "Demoiselles".

Au salon d'Automne 1906, autour des "Tahitiennes" de Gauguin, se trouvent des pièces océaniennes et africaines qui bouleversent Matisse, Derain et Picasso. C'est à partir de là que Matisse et Picasso intègrent peu à peu l'art nègre dans leur création.

Au salon des Indépendants de 1906, Matisse expose "le Bonheur de Vivre" (175x241cm), il est à la pointe de l'avant-garde.

La même année, au "Bateau Lavoir " Picasso prépare sa réponse : "le Bordel d'Avignon" ( 244x234cm - Avignon en souvenir de la carrer d'Avinyò de Barcelone, célèbre pour son bordel, près de laquelle Picasso habitait) . Initialement, il veut représenter un marin dans un bordel entouré de cinq femmes, puis y faire entrer un étudiant en médecine portant une tête de mort. Le marin et l'étudiant disparaitront laissant cinq femmes, seules, debout, nues, certaines portant des masques nègres. Le titre sera changé en "les Demoiselles d'Avignon" par André Salmon lors du salon d'Antin de 1916 où la toile est montrée pour la première fois. "Les Demoiselles d'Avignon" marquait une rupture stylistique et conceptuelle qui annonçait l'avènement du cubisme et conduirait à l'abstraction.

Matisse - Le Bonheur de Vivre

Matisse - Le Bonheur de Vivre

Dans cette exposition extrêmement touffue, j'ai admiré la centaine d'œuvres de Picasso, dont certaines méconnues, j'ai aimé les œuvres d'Antonio Saura, de David Hockney, de Kippenberger. J'ai détesté l'horrible "Qui a peur du grand méchant loup ?" immense accumulation d'animaux empaillés.

Mais en définitive les images que je conserve de cette visite, sont avant tout les œuvres de Picasso.

Alexandre Prouvèze, dans TImeOut résume parfaitement ma pensée :

"Pourquoi Picasso gagne-t-il systématiquement ? Où est sa botte secrète ? A cette question, l’exposition apporte une réponse. Certes, implicite. Mais ce qui crève finalement les yeux, c’est que cette puissance de l’art de Picasso tient avant tout à sa personnalité, à son humour, sa joie de vivre, son érotisme, son sens de l’excès. A sa spontanéité, aussi. Quelques instants passés ici devant ses portraits de femmes suffisent d'ailleurs à faire éclater la force séductrice et virile de son œuvre". Au bout du compte, le dialogue le plus fécond de ‘Picasso.Mania’ semble se tenir dans l’une de ses dernières salles, présentant la série de dessins pornographiques ‘Raphaël et la Fornarina’. Et il a lieu entre Picasso et, non pas l'un de ses successeurs mais son prédécesseur du XVIe siècle, le peintre Raphaël. "

Une dernière remarque : pourquoi Picasso-Mania ? Le titre s'inspire de la phrase du maître "je peins, c'est une manie".

EXPOSITION JUSQU'AU 29 FEVRIER 2016, à voir pour se faire sa propre idée.

Statue de Maurizio Cattelan 1998 - Fibre de verre peinte, mousse expansive, plastique acier et vêtements. Au fond Yan Pei Ming - Portrait de Picasso, huile sur toile.

Statue de Maurizio Cattelan 1998 - Fibre de verre peinte, mousse expansive, plastique acier et vêtements. Au fond Yan Pei Ming - Portrait de Picasso, huile sur toile.

Rudolf Stingel - sans titre huile sur toile

Rudolf Stingel - sans titre huile sur toile

Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......

Mur d'oeuvres inspirées par Picasso, Warhol, Christo, Tinguely, Arman, Twombly, Lichtenstein, Wilfredo Lam, Alechinsky, Tapies, Hockney, Rauschenberg, Pignon, Niki de St Phalle etc......

PICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909  et Tête d'espagnolePICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909  et Tête d'espagnole

PICASSO - Etude pour tête de femme - Fernande 1909 et Tête d'espagnole

David Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographiqueDavid Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographiqueDavid Hockney - Artiste et modèle 1973/74  - Blue guitar 1982 polaroids composite - Mother 1985 collage photographique

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Richard Prince 2011 - sans titre Picasso - Impression jet d'encre, pastel gris, acrylique et fusain sur toile

Richard Prince 2011 - sans titre Picasso - Impression jet d'encre, pastel gris, acrylique et fusain sur toile

Jeff Koons - ANtiquité 2011 - collage - aphrodite romaine, sculpture Papouasie, version d'Adonis et Venus de Titien, le tout recouvrant un "Baiser" 1969 de Picasso

Jeff Koons - ANtiquité 2011 - collage - aphrodite romaine, sculpture Papouasie, version d'Adonis et Venus de Titien, le tout recouvrant un "Baiser" 1969 de Picasso

Rudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toileRudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toile

Rudulf Baranik 1967 - Mettez fin maintenant à la guerre du Viet Nam Lithographie - Léon Golub - Viet Nam II 1973 acrylique sur toile

"Qui a peur du grand méchant loup ?"

Inspiré par Guernica, Adel Abdessemed évoque les massacres d'animaux commis quotidiennement dans nos sociétés modernes. Il utilise dans un format presque identique à celui de Guernica (3,63 x 7,70 x 0,40) - animaux naturalisés, acier , fil de fer - 2011-2012

PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie
PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographiePICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographiePICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie

PICASSO - Dora Maar 1937 huile sur toile - Jacqueline lithographie - Jacqueline aux cheveux lissés lithographie

Roy Lichtenstein - Tête de pinceau  sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile Roy Lichtenstein - Tête de pinceau  sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile

Roy Lichtenstein - Tête de pinceau sculpture - Femme au chapeau fleuri 1963 peinture acrylique sur toile

Errò - (Gudmundson Gudmondur dit) - Le point de fusion Picasso 2014 - Peinture glycerophtalique sur toile

Errò - (Gudmundson Gudmondur dit) - Le point de fusion Picasso 2014 - Peinture glycerophtalique sur toile

Andy Warhol - Tête d'après Picasso n°111 - Acrylique et sérigraphie sur toile

Andy Warhol - Tête d'après Picasso n°111 - Acrylique et sérigraphie sur toile

PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile - PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile -

PICASSO - L'acrobate bleu 1928 huile sur toile - L'atelier 1928/29 huile sur toile -

PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953

PICASSO - Le hapeau de paille au feuillage bleu 1936 huile sur toile - Céramique tête de femme 1953

Picasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toilePicasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toile

Picasso - L'ombre de la chambre Villa Californie 1953 - Huile, gouache, fusain sur toile - Minotaure à la cariole 1936 huile sur toile

Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carrioleJasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole
Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carrioleJasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole

Jasper Johns - Les quatre saisons - Iconographie puisée dans le Minotaure à la carriole

Martin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de PicassoMartin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de Picasso

Martin Kippenberger - sans titre - 1988 Huile sur toile - Photo de Picasso

Picasso - superbe mur dont  Le baiser 1969Picasso - superbe mur dont  Le baiser 1969

Picasso - superbe mur dont Le baiser 1969

Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984

Antonio Saura - Dora Maar 1983 - Jean Michel Basquiat - sans titre Picasso 1984

Georg Baselitz  Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909Georg Baselitz  Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909

Georg Baselitz Horta 1988 huile sur toile - Picasso Réservoir à Horta de Ebro 1909

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Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Cette fresque de 5,75 m de long et de 1,15 m de hauteur représente "Les funérailles du comte de Flandre, Charles le Bon" (1083-1127) inhumé dans l'église Saint-Christophe de Bruges. (Charles le Bon fut assassiné par les hommes de son chancelier avide de pouvoir). Elle est l'œuvre de Jan Van Beers, qui, inspiré par les textes médiévaux et les œuvres du Moyen Age, fait défiler en procession, chevaliers, ecclésiastiques, échevins, croisés (qui accompagnèrent Charles Le Bon aux croisades, on les reconnait à la croix rouge qui orne leur habit), sous le regard de la foule et devant des moines agenouillés.

Jan Van Beers est né le 27 mars 1852 à Lierre, dans le province d'Anvers. Il est le fils du poète flamand du même nom. Il suit les cours des beaux arts d'Anvers et fait scandale avec sa clique d'amis. Un de ses grands amusements est de se promener dans les rues déguisé en femme. Après un voyage à Londres, il s'installe à Paris, où, pour se faire reconnaître, il tente tous les styles et tous les sujets.

 
Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un hommeAu balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme
Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un hommeAu balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme

Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Après un voyage à Londres, il s'installe à Paris, où, pour se faire reconnaître, il tente tous les styles et tous les sujets. A partir de 1879, il se lance dans la production de petits tableaux, des miniatures, mais d'une précision extrême (on pourrait dire hyperréalistes). Le succès est immédiat "Soir d'été" obtient au salon de 1880 les louanges des critiques. Malheureusement les louanges ne vont pas perdurer.

En 1881, à Bruxelles, il expose deux tableaux : "Lily", et "La sirène" petite œuvre de 10x15cm.

Il est attaqué par trois critiques qui l'accusent d'avoir peint le tableau sur une photographie. Van Beers propose une expertise : si l'expert confirme l'accusation il donnera aux critiques 10.000 Fr pour Lily et 20.000 Fr pour la Sirène. Dans le cas contraire les critiques devront payer. Deux critiques refusent la proposition (ils ne veulent pas prendre le risque d'abimer l'œuvre), le troisième demande à Van Beers de s'enfermer et refaire l'un des deux tableaux, ce que le peintre refuse. Quelques jours plus tard "la Sirène" est vandalisée par un inconnu, les experts acceptent alors d'examiner l'œuvre. Van Beers prend de l'assurance et porte alors l'affaire en justice.

Il perd le procès sur décision de la Cour de Bruxelles (Journal des Tribunaux 1882: 123-124): "Attendu que la responsabilité du défendeur ne peut être engagée que s'il y a faute de sa part, c'est à dire, s'il a excédé les limites d'une critique honnête et loyale. (...) Que la bonne foi du défendeur doit être admise en ce sens qu'il n'a fait qu'exprimer dans des termes un peu vifs une conviction sincère qu'il s'était formée par l'examen des tableaux en eux-mêmes, abstraction faite de la personnalité de leur auteur. (...) Attendu que l'emploi de la photographie dans la peinture est sujet à discussion; que certains critiques le considèrent comme un abaissement de l'art, indigne du véritable artiste; que d'autres, à tort ou à raison, n'y voient qu'un moyen mécanique de venir en aide à la réalisation des idées du peintre (...)."

Un exemplaire de "La sirène"

Un exemplaire de "La sirène"

Ce qui fut appelé "l'affaire Van Beers" secoua le monde de l'Art Belge et fit des remous dans toute l'Europe. Elle permit à Van Beers de devenir par ce biais et comme il l'avait toujours désiré, riche et célèbre.

Cette affaire souleva aussi le problème de l'utilisation de la photographie. Paul Delaroche, dès 1839, avait exprimé son enthousiasme pour l'invention du daguerréotype, moyen facile pour rassembler rapidement des études. Delacroix avait également ouvert la voie.

Un nouveau scandale a lieu en 1884 lors d'une exposition au Palais de l'Industrie, Van Beers lacère un tableau qu'il dit ne pas être de lui.

Albert Wolff dans "le Figaro" de 1884 raconte que Jan van Beers faisait réaliser des copies de ses tableaux par l'un ou l'autre de ses élèves, ajoutait ensuite quelques touches puis les signait. Le procédé est discutable, mais le peintre , dont le but était d'être connu, se devait de satisfaire l'exigence de clients dont le choix n'était pas souvent négociable.

Ainsi le petit tableau "la sirène", objet du scandale a dû être reproduit un certain nombre de fois. On en retrouve un exemplaire dans une vente aux enchères de 2013 à Nantes, lot 27 - estimation de 400 à 600 euros -, un autre en octobre 2015 à Tours, lot 88 signé au dos - estimation 150/200 euros. Ces petites cotes démontrent bien l'oubli dans lequel est tombé Jan Van Beers.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

"Les funérailles du Comte de Flandre" occupent pourtant une des salles du sous-sol du Petit Palais. Si l'œuvre a pu paraître singulière en 1877, elle l'est moins pour nous qui sommes au XXIe siècle habitués aux libertés artistiques.

Jan Van Beers n'était d'ailleurs pas sans talent et son jeune âge au moment où il peint ce tableau (il n'a que 25 ans) le prouve.

Il l'expose en 1877 à Anvers, Amsterdam et Paris et n'obtient pas le succès escompté. Henri Houssaye exprimant l'incompréhension du public et des critiques, ironique et acerbe, écrit cette phrase "Il n'a, comme on dit, ni queue, ni tête".

La composition n'est pas sans intérêt.En hauteur, au balcon, la foule silencieuse et recueillie est la mieux placée pour voir le cortège et c'est à travers ses regards que l'on peut imaginer la scène vue du dessus.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Au milieu de ce cortège, au centre de la fresque, le peintre se représente : on peut apercevoir une petite partie de sa chemise colorée qui semble fortement en décalage avec les vêtements moyenâgeux.

Pour nous, spectateurs hors du tableau, le cortège est en partie dissimulé par les moines agenouillés formant barrière. Ce sont eux qui interpellent notre premier regard. Fantômes dissimulés sous les lourds plis noirs de leurs chasubles à capuches, ils m'apparaissent comme le sujet principal du tableau, les funérailles n'étant peut-être que le prétexte pour les mettre en scène.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
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L'estampe visionnaire de Goya à Redon - Petit Palais - Nov.2015
Cette exposition sur "le fantastique en noir et blanc" fait suite aux salles consacrées à Kuniyoshi (voir précédent article).

"Au même titre que la poésie, l'eau-forte garde surtout une empreinte d'âme. C'est une des matérialités de l'art qui comportent le plus grande somme d'esprit." - Armand Silvestre - écrivain, romancier, poète (1837-1901)

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Les gravures présentées dans cette partie de l'exposition, eaux-fortes, lithographies, gravures sur bois, ont été sélectionnées parmi celles de l'importante collection de la Bibliothèque nationale de France.

Le noir et blanc prédomine pour exprimer le romantisme du XIXe siècle. Les artistes puisent leur inspiration dans la littérature, Dante, Goethe, Hugo, Edgar Poe… Ils s'inspirent aussi des graveurs qui ont abordé les rives du fantastique, Rembrandt, Callot, Piranèse…

Durant cette visite, le diable et les chimères nous accompagnent, rêves et cauchemars nous poursuivent, nous traversons des paysages hantés, nous rencontrons des bêtes fantastiques, mais beaucoup d'œuvres sont connues et il est difficile de s'échapper du monde enchanteur de Kuniyoshi.

Faire ici un résumé serait réducteur, de trop nombreux artistes et techniques sont rassemblés dans cette exposition, je vous propose seulement de partager quelques images.

PHOTOS MP

Francesco Goya  (1746-1828) Les Caprices planche 51 - "Ils se pomponnent" 1799 - eau-forte

Francesco Goya (1746-1828) Les Caprices planche 51 - "Ils se pomponnent" 1799 - eau-forte

Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) Les prisons - planche 7 - "Le pont levis" 1749 - eau-forte

Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) Les prisons - planche 7 - "Le pont levis" 1749 - eau-forte

Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état
Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état
Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état

Jacques Callot (1592-1635) - La tentation de saint Antoine - 2ème planche - 1635 - eau-forte 3ème état

Rembrandt (1606-1669) - Le docteur Faustus - vers 1652 - eau-forte

Rembrandt (1606-1669) - Le docteur Faustus - vers 1652 - eau-forte

Eugène Delacroix (1798-1863) Mephistophèlès dans les airs - Planche de Faust de Goethe - 1837 - lithographie 1er état avant la lettre

Eugène Delacroix (1798-1863) Mephistophèlès dans les airs - Planche de Faust de Goethe - 1837 - lithographie 1er état avant la lettre

J.J.Granville (1803-1847) - Le Misocampe - Scène de la vie privée et publique des animaux - 1842 - Gravure sur bois de Louis Brugnot

J.J.Granville (1803-1847) - Le Misocampe - Scène de la vie privée et publique des animaux - 1842 - Gravure sur bois de Louis Brugnot

Charles Rambert (vers 1820-1865) L'Usure - 1851 - lithographie

Charles Rambert (vers 1820-1865) L'Usure - 1851 - lithographie

Gustave Doré - (1836-1883) - Alors ma terreur redouble à l'aspect de l'abîme - Planche de l'enfer de Dante - 1851 - Gravure sur bois de Dupeyron

Gustave Doré - (1836-1883) - Alors ma terreur redouble à l'aspect de l'abîme - Planche de l'enfer de Dante - 1851 - Gravure sur bois de Dupeyron

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois

Gustave Doré - Lucifer - Planche inédite de l'enfer de Dante - 1861 - gravure sur bois

Odilon Redon (1840-1916) A Edgar Poe - Planche 1 "L'oeil comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini" - 1882 - Lithographie

Odilon Redon (1840-1916) A Edgar Poe - Planche 1 "L'oeil comme un ballon bizarre se dirige vers l'infini" - 1882 - Lithographie

Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .

Eugène VIala (1854-1913) La tentation de saint Antoine sous l'oeil de Dieu - entre 1898 et 1913 - eau-forte - .

Odilon Redon - L'oeuf - 1885 - Lithographie

Odilon Redon - L'oeuf - 1885 - Lithographie

Eugène Delâtre (1864-1938) En visite ou la mort en fourrures - vers 1897 - eau forte et aquatinte en couleur

Eugène Delâtre (1864-1938) En visite ou la mort en fourrures - vers 1897 - eau forte et aquatinte en couleur

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Une exposition merveilleuse dont les images ont imprégné ma mémoire. Un travail de gravure remarquable qui bien évidemment m'interpelle. Couleurs, formes, utilisation de l'espace, tout concourt à nous laisser muets et admiratifs. Loin des sentiers battus, l'œuvre de Kuniyoshi est une découverte qui ouvre des horizons nouveaux. Courez voir ce monde fantastique (jusqu'au 17 janvier 2016).

RAPPEL de la TECHNIQUE de "l'ukiyo-e" (image du monde flottant) mouvement artistique japonais de l'époque d'Edo (1603-1868) comprenant surtout les estampes gravées sur bois.

Il s'agit d'une gravure en relief (xylographie), visuellement nous pouvons la comparer à un tampon. L'encre est déposée sur le relief, l'impression sur un papier produit une estampe.

La gravure est exécutée sur une planche de bois de cerisier, très apprécié pour la finesse de sa veinure et sa dureté.

Les estampes polychromes ukiyo-e sont le fruit d'un travail d'équipe qui comprend un dessinateur, un graveur et un imprimeur.

Le maître réalise un dessin à l'encre de chine sur un papier japonais très fin.

Le graveur enduit la planche de bois de colle à base de riz, puis place le côté recto du dessin sur la planche. Il frotte jusqu'à ce que les traits à l'encre de chine pénètrent dans le bois. Le papier part en lambeau, le dessin est détruit.

Le graveur creuse ensuite le bois autour des tracés d'encre de chine. C'est la planche de trait.

Il grave ensuite autant de planches qu'il y aura de couleurs sur l'estampe finale.

L'imprimeur prend le relais. Il utilise un papier japonais traditionnel, humidifié afin qu'il absorbe bien les pigments. Les planches sont enduites d'encre sur les reliefs, le papier est posé successivement sur les différentes planches, l'impression se faisant par frottement avec un tampon de feuilles de bambou. L'imprimeur commence l'impression en allant des teintes les plus claires jusqu'aux plus foncées.

Dessin maître pour triptyque vers 1835-1836 - TAIRA NO TADA NORI Seigneur de Satsuma. Cette feuille préparatoire indique que l'oeuvre n'a jamais été gravée.

Dessin maître pour triptyque vers 1835-1836 - TAIRA NO TADA NORI Seigneur de Satsuma. Cette feuille préparatoire indique que l'oeuvre n'a jamais été gravée.

Kuniyoshi est né le 15 Novembre 1797 à Edo (actuelle Tokyo). Il assiste tout d'abord son père, teinturier, en fournissant le dessin des pièces à teindre. A 11 ans, il attire l'attention du graveur d'ukiyo-e Utagawa Toyokuni. Il ne sera reconnu qu'à partir des années 1830.

Jusqu'aux années 1840 il réalise des triptyques dont les volets peuvent s'apprécier séparément. Il privilégie ensuite une seule et même composition au sein de ce format que l'on peut qualifier d'image panoramique. Tout au long de sa carrière il ne cessera d'enrichir et de renouveler son œuvre, non seulement en se référant à d'autres maitres de l'estampe japonaise, comme Hokusai, mais aussi aux graveurs de publications hollandaises.

A la fin de sa vie il assiste à l'ouverture de son pays à l'étranger après deux siècles d'isolement. Kuniyoshi meurt le 5 mai 1861.

Kuniyoshi demeurera longtemps inconnu. On retrouve toutefois la trace de ses œuvres en France à partir de 1860. Ainsi Manet, Monet, Rodin, Van Gogh posséderont dans leurs collections quelques estampes de Kuniyoshi.

L'ŒUVRE DE KUNIYOSHI

LEGENDES, GUERRRIERS, DRAGONS

La représentation des guerriers contemporains étant interdite, les artistes trouvent leur inspiration dans la littérature et les aventures légendaires.

Maître du genre, Kuniyoshi tire parti des lignes droites comme des courbes pour exprimer la forme, le mouvement, la vitesse dont il emplit toute l'image.

Le fantôme de Taira no Tomomori attaquant le navire de Yoshitsune - vers 1818 - 1828 -   deux premiers panneaux du triptyque

Le fantôme de Taira no Tomomori attaquant le navire de Yoshitsune - vers 1818 - 1828 - deux premiers panneaux du triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

SAKATA KAIDO-MARU - vers 1836

Combat entre Kintarô et une carpe. Une sorcière qui vivait dans la montagne rêva qu'elle s'unissait à un dragon rouge et mit au monde ce petit garçon doté d'une force herculéenne.

CI-DESSOUS :

MIYAMOTO MUSASHI tue une baleine - vers 1847 - Exploits du héros du XVIIe, Miyamoto. La baleine qui tient tout l'espace de l'estampe exécutée en trois planches est une image puissante et fascinante. Mon grand coup de cœur.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

ONIWAKA-MARU sur le point de tuer une carpe géante - vers 1845 - Oniwaka est encore un enfant, ses vêtements sont ornés de motifs de jouets. A lui seul il maîtrise la carpe. - DETAIL

CI-DESSOUS- Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LE MONSTRE SHUTEN-DOJI au mont OE - 1851 - Le monstre enlève les belles jeunes femmes de la capitale.

Minamoto no Yorimitsu accompagné de quatre compagnons part pour éliminer le monstre qui la nuit se transforme en démon. Son visage est en cours de transformation, sa main est déjà celle d'un monstre. Détail

CI-DESSOUS - Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

La princesse Takiyasha et son frère s'initient aux arts magiques et invoquent un monstrueux squelette dans l'ancien palais de Soma. 1845-1846 -

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

ASAHINA se divertit sur l'île des nains - vers 1847

Asahina est un général de l'époque de Kamakuna (1192-1333) connu pour sa force surhumaine. Son épopée rappelle "les voyages de Gulliver". Détail

CI-DESSOUS - Triptyque

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LES GRANDS ACTEURS DU ABUKI (théâtre chanté et dansé)

A l'époque d'Edo, les acteurs sont adulés comme des stars. Les artistes reproduisent leurs traits dans de nombreux portraits gravés. Les affiches sont également exécutées sous forme d'estampes. Elles montrent les scènes principales de la pièce.

Ci-dessous : La légende du chat monstre pratiquant la magie près d'un temple en ruine - 1847

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

LES PLAISIRS D'EDO.

Edo est au XIXe siècle la ville la plus peuplée du monde. Les estampes transmettent les détails de la vie des japonais, spectacles variés, fêtes saisonnières, quartiers de plaisirs, figuration des courtisanes. Kuniyoshi par son originalité, sa fantaisie et son humour est l'un des derniers grands maîtres de l'ukiyo-e.

Trois courtisanes du Yoshiwara - 1833 - Trois dieux du bonheur couvrent trois courtisanes de pièces d'or. Détail

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

MOUSSON D'ETE - vers 1849-1851

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015
KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

PAYSAGES AU BORD DE L'EAU

Ce n'est pas la spécialité de Kuniyoshi mais plus que les portraits d'acteurs et de courtisanes, ses paysages susciteront l'intérêt des amateurs du XIXe siècles.

CHUTES D'EAU, sanctuaire Sekison au Mont Oyama - vers 1842

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

VUE D'EMOSHIMA dans la province de sagami - vers 1849-1851

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

Capitale de l'est, la rivière MIYATO - vers 1831-1832

Kunisyoshi saisit ici les gestes quotidiens des hommes pêchant les anguilles.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

JEUX ET CARICATURES

En une période marquée par la censure, Kuniyoshi a hissé l'art de la caricature à son apogée.

Kuniyoshi utilise les jeux d'ombres pour donner un double sens à une image. Il bâtit également des portraits faits d'accumulations de corps humains nus (ou presque).

Série "Jeux d'ombres" Pêcheur, crevette et coque - vers 1848

Série "Jeux d'ombres" Pêcheur, crevette et coque - vers 1848

Homme hautain - vers 1847

Homme hautain - vers 1847

Le Quartier de Honcho à Yokohama - 1860

Cette estampe est la dernière œuvre publiée du vivant de l'artiste qui a assisté à l'ouverture de son pays à l'étranger après deux siècles d'isolement.

KUNIYOSHI -  Petit Palais Paris - Nov.2015

Une projection anime le long couloir qui conduit à la suite de l'exposition : "L'ESTAMPE VISIONNAIRE DE GOYA A REDON". Restons pour l'instant dans le monde coloré de Kuniyoshi.

Celui du fantastique en noir et blanc fera l'objet du prochain article.

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Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En septembre 2009, une rétrospective des œuvres du peintre Fernand Pelez était organisée par le Petit Palais à Paris. Elle souleva des critiques semblables à celles exprimées pour le Salon de 1886 par le Figaro qui trouvait la "sentimentalité" déplacée et écrivait : " Pelez exhibe un enfant à ce point misérable qu'il en devient répugnant". Dans le Figaro culture du 16 Novembre 2009, Eric Biétry-Rivièrre s'indigne : " Mendiants et souffreteux abondent pour accuser, en silence ou dans un désordre carnavalesque, la IIIe république… reste que tant de morbidité et de défaitisme finit par écœurer". Guy Boyer dans Connaissance des Arts du 26 septembre 2009 pose la question : "fallait-il monter cette rétrospective ? la production de Pelez oscillant entre paupérisme et académisme, reste faible. Certes il y a dans tous ces sujets larmoyants et ces grandes machines décoratives quelques éclairs de génie….mais vu le prix d'une rétrospective, ne faut-il pas consacrer son temps et son énergie à des artistes qui en valent la peine, qui ont une vision novatrice, qui nous interpellent encore aujourd'hui ?"

Messieurs les critiques vous aviez le cœur bien sec. Comment ne pas être ému par la peinture de Pelez ? comment nier la misère de son époque et comment ne pas être encore interpellé de nos jours (la pauvreté, moins criante sans doute, plus dissimulée certainement, touche 8,5 millions de personnes, catalogués pour notre confort "défavorisés").

L'écrivain Patrick Cauvin (décédé en 2010), dans le journal d'information local "Montmartre à la une" de 2009 s'exprimait différemment : "la parole des humbles ne fait toujours pas recette… de l'autre coté de l'avenue (celle du Petit Palais) des enfants grassouillets posent dans des jardins pimpants, ici ils dorment écrasés sous des couvertures trouées… et nul ne les regarde."

Un critique au salon de 1903

Un critique au salon de 1903

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Effectivement l'exposition n'amènera pas la foule, à l'encontre de Renoir qui était, en même temps, aux cimaises du Grand Palais.

Les gueux de Pelez me bouleversent, ils sont le cri du cœur d'un homme qui répétait de façon lancinante le mot "misère". Pour Pelez comme pour tous les peintres de son temps, le Salon et les médailles avaient une grande importance. Lorsque, après cinq ans d'absence, il n'obtint pas, au Salon de 1896, le succès espéré, il participa à la "Cavalcade de la Vache enragée" en faveur des artistes malheureux de Montmartre, carnaval de la misère qui incarnait une fracture sociale face à la modernisation de Paris.

A partir de cette date Pelez quitte la vie publique, il n'expose plus, ne vend plus mais continue de peindre de grandes compositions. A des acheteurs qui le sollicite, il répond : "Je ne suis pas le tapissier des bourgeois ; un jour peut-être je peindrai la misère des riches, et ce sera terrible".

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Pelez meurt le 7 aout 1913. En décembre ses élèves organisent, dans son atelier, une rétrospective de son œuvre. Le Président Raymond Poincaré est présent. La ville de Paris décide d’acheter aux héritières de Pelez, ses sœurs, quatre peintures pour 60.000 francs (ce qui est très cher pour l'époque), toutes exposées au Salon, dont « Un martyr ou le marchand de violette », et« Sans asile » .

Seymour de Ricci, collectionneur, historien et critique d’art, s'élève contre cette acquisition onéreuse : « Hélas ! Pour tout potage, nous devons nous contenter de quatre Pelez ! Et de quels Pelez ! De la peinture de concierge sensible (…) A qui fera t’on croire que ce Pelez (de Cordova, s’il vous plait) qui s’intitule « artiste-peintre » (…) soit qualifié pour représenter aux yeux de la postérité l’art français du début du XXème siècle ».

"Sans asile" peint en 1883, est pour moi une œuvre admirable dont le thème reste malheureusement d'actualité. Cette mère et ses enfants vivent sur le trottoir avec une chaise, un poêle et quelques ustensiles de cuisine. Qui sont-ils ? des émigrés ? des sans abris ? L'espace est clos, une ébauche d'ouverture sur la gauche, ruelle ou porte, signifie que pour ces malheureux la possibilité de sortir de la misère est mince. Sur le mur une affiche "Grande fête" dénonce la fracture sociale. La lumière vibre sur le mur, sans se poser sur l'ensemble du tableau, peint en camaïeu de terres et de bruns. Seul le bonnet blanc du nouveau né en reçoit les rayons. Est-ce une lueur d'espoir pour lui, son avenir peut-il être meilleur ? Ce tableau me touche infiniment, ces enfants innocents qui dorment sont poignants. J'ai de la peine à soutenir le regard butté et triste du garçon, l'aîné sans doute, conscient d'une responsabilité car le seul à veiller, comme celui rougi et désespéré et de sa mère.

Sans Asile - 136  x 236 cm - Photos MP - Paris Petit Palais

Sans Asile - 136 x 236 cm - Photos MP - Paris Petit Palais

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Emmanuel Pelez de Cordova d'Aguilar, nait le 18 Janvier 1848 à Paris.

Les origines aristocratiques espagnoles de la famille (son grand père à épousé Romana Manuela Fernandez de Cordova d'Aguilar, patronyme qui sera repris par les générations suivantes), n'empêchent pas la pauvreté et les ressources proviennent en partie des rentes de la grand-mère maternelle.

Son père Jean Louis Raymond Pelez de Cordova d'Aguilar, peintre amateur, a été contraint de délaisser ses pinceaux pour nourrir sa famille. Il devient dans les années 1840 illustrateur sous le nom de Raymond Pelez. C'est la grande époque de l'illustration qui apporte de nouveaux débouchés aux artistes.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Pelez a quatre sœurs et un frère ainé, Jean Louis Raymond, né en 1838, qui sera lui aussi illustrateur.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Emmanuel Pelez est donc immergé très tôt dans la bohème artistique dont font partie, non seulement son père et son frère, mais aussi son oncle et son cousin optant pour le prénom de Raymond, ce qui créera des confusions pour l'attribution des œuvres.

En 1866, à la suite d'une maladie, il est envoyé en convalescence à L'Isle-Adam sous la garde de son frère, il peint pour la première fois un petit paysage qui émerveille son père. La toile est présenté au Salon et acceptée. "Le sort en était jeté il était peintre". Il signe ses peintures Fernand Pelez.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En 1870, il est admis à l'Ecole des Beaux Arts dans l'atelier de Cabanel. On y pratique l'étude sur modèle vivant et l'étude d'après la bosse, généralement des moulages de plâtres de statues antiques.

En 1875 Pelez expose au Salon "Les tireurs d'Arc" . La toile est acheté par l'Etat mais n'est pas jugée digne d'être exposée au Luxembourg. Elle est attribuée à la municipalité de Vichy.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Les années qui suivent, Pelez reçoit des récompenses aux Salons, obtient des commandes de l'Etat, est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

En 1893 il devient Professeur de dessin à l'école privée Elisa Lemonnier, 24 rue Duperré.

Depuis 1886, il est installé dans un grand atelier au 62 Bd de Clichy, au pied de la butte Montmartre, dans l'immeuble même où s'ouvrira en 1893, au rez-de-chaussée, le cabaret des Quat'z'arts. Il devient une figure familière de la butte. En 1883 avec "Sans asile" il aborde sa manière personnelle : il sera le peintre des misérables, des marginaux, des mendiants dans le Paris joyeux de la Belle Epoque qui est aussi le Paris de l'exclusion sociale où le préfet Poubelle a éloigné de Paris les chiffonniers.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En 1903 il devient Membre du jury de la Société des artistes français. Il sera secouru à la fin de sa vie pour y avoir consacré du temps.

En 1910 le voilà d'officier de la Légion d'Honneur.

Fernand Pelez meurt le 7 août 1913. Selon ses propres termes il voulait "raconter les pauvres de Paris". Critiqué, contesté on lui a reproché de peindre la souffrance des gens, le propos étant en dehors du champ de la peinture. Inclassable, il restera en marge des mouvements reconnus de la fin du XIXe et du début du XXe et tombera dans l'oubli.

La rétrospective du Petit Palais de 2009 l'a-t-elle remis dans la lumière ? j'en doute. Je présume qu'il va rejoindre l'oubli sauf pour quelques uns, pour vous peut-être, et pour moi tant que je vivrai.


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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

Dans la cour du Musée du Louvre, tout autour de la pyramide, des petites fourmis s'agitent. Elles ne semblent pas très nombreuses, mais lorsque l'on pénètre dans la fourmilière elles s'entassent dans un bourdonnement assez infernal. Pour les éviter il suffit d'emprunter les escalators et d'atteindre le deuxième étage. Là règne le calme et la sérénité, et l'on découvre les salles, réaménagées il y a quelque temps, où les œuvres sont mises en valeur par les murs peints de différentes couleurs tendres.

photos MP - cliquez dessus pour les agrandir
 Musée du Louvre - 9 sept. 2015 Musée du Louvre - 9 sept. 2015 Musée du Louvre - 9 sept. 2015
 Musée du Louvre - 9 sept. 2015

Ainsi ce 9 septembre, je parcours les salles de la peinture française , des Pays Bas et des Flandres du XIVe au XVIIe. A chacune de mes visites au Louvre je découvre ou redécouvre des peintures devant lesquelles j'étais passée peut-être trop vite. Un tableau nous interpelle selon notre état d'esprit , c'est le partage d'un moment particulier.

Je vous présente ici une dizaine de tableaux devant lesquels je me suis arrêtée longuement.

Deux tableaux de Josse LIEFERINXE, originaire du Hainaut, connu à Aix et à Marseille de 1493 à 1505 : "L' Adoration de l'enfant", et "La Visitation". Fragment de volet d'un retable de la vie de la Vierge.

peinture sur bois - 48x37cmpeinture sur bois - 48x37cm

peinture sur bois - 48x37cm

"Les trois prophètes de l'Annonciation", Isaïe, Jérémie, et Ezéchiel, peints vers 1490, dont l'auteur présumé est jean Changenet actif en Avignon de 1485 à 1493. Etonnants portraits, aux coiffes luxueuses, proches de ceux des maîtres du quattrocento. Les prophètes, têtes tournées dans des directions différentes semblent guetter quelque chose, l'inscription sur la banderole nous guide : "Un rejeton sort de la souche de Jessé, un surgeon pousse de ses racines - Isaïe XI"

Panneau fragmentaire - 61x95cm

Panneau fragmentaire - 61x95cm

Un portrait somptueux de Jean Fouquet (Vers 1415-1420 à Tours) : "Guillaume Jouvenel des Ursins", Chancelier de France.

Huile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retableHuile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retableHuile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retable

Huile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retable

"La crucifixion du Parlement de Paris" (1450) de Maître Dreux Budé, avec un très beau détail, la Vierge Marie essuyant une larme et l'intéressant paysage de gauche où l'on aperçoit la Tour de Nesle, la forteresse du Louvre et l'hôtel du Petit-Bourbon. Au premier plan Saint Louis et Saint Jean Baptiste. A la droite du tableau Saint Denis et Charlemagne.

2,26  x 2,70 m2,26  x 2,70 m2,26  x 2,70 m

2,26 x 2,70 m

Je trouve plutôt comique le "portrait d'Henry IV représenté en Hercule terrassant l'hydre de Lerne", l'hydre symbolisant la ligue catholique et Henri IV devenant un héros, demi-dieu antique (peint par l'entourage de Toussaint Dubreuil vers 1600), au regard du beau portrait du "Flûtiste" de Jacob Bunel (1591) justement partenaire de Dubreuil au service d'Henry IV.

Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)

Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)

De la génération de Breughel, Pieter Huys se rapproche des œuvres de Jérôme Bosch avec "La tentation de Saint Antoine" 1547. Un détail frappant : la tour ronde basculée en avant qui présente une fausse perspective contrairement au reste du paysage.

0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m
0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m0,70  x1,03 m

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Une très pure "Sainte Madeleine ou jeune femme lisant" (Maître des demi-figures premier tiers du XVIe) Maître des demi-figures, Maître du buste des femmes est le nom donné au XIXe siècle à ce peintre anonyme des Pays Bas du XVIe siècle.

51x38cm environ - détail

51x38cm environ - détail

Je suis attirée par l'incroyable ciel rose de "La scène de bataille biblique", "La défaite de Sennachérib ?" (Gillis Van Valckenborch - 1597) . Pas si incroyable d'ailleurs ! J'ai photographié le même de ma fenêtre il y a quelques jours.

Le tableau présente une foule chatoyante organisée en des centaines de petites compositions. J'aime beaucoup, au cœur de la bataille, le bouillonnement gris formé par les éléphants. Au premier plan, la femme qui tient un enfant dans ses bras montre son étonnement à la vue des anges chassant l'armée de Sennachérib. J'avais sans aucun doute cette même expression en découvrant mon ciel rose, mais je n'ai pas vu d'anges !

1,35 x 2,70m - huile sur toile

1,35 x 2,70m - huile sur toile

de ma fenêtre

de ma fenêtre

Sennachérib était un roi Assyrien qui menaça de détruire Jérusalem en 701 avant J.C. Son attaque menée contre Juda et Jérusalem est décrite dans la Bible. Sennachérib mit fin à sa campagne lorsque l'ange du Seigneur entra dans son camp, massacrant en une nuit 185.000 soldats. Sennachérib et les survivants regagnèrent leur capitale à Ninive sur l'Euphrate.

Un très beau nocturne architectural vers 1610-1620 "Intérieur d'église - effet de nuit" de Hendrick II van Steenwyk, avec ses deux discrets personnages.

huile sur bois - 1,23 x 1,74 mhuile sur bois - 1,23 x 1,74 mhuile sur bois - 1,23 x 1,74 m

huile sur bois - 1,23 x 1,74 m

Et pour finir l'admirable "Saint Pierre repentant" de Gérard Seghers - 1624-1629 - Le coq évoquant bien évidemment le reniement de Saint Pierre (rappel de la parole du Christ, "En vérité je te le dis : cette nuit même, avant que le coq ait changé, tu m'auras renié trois fois"). On retrouve ce coq sur tous les clochers de nos églises. Il existe plusieurs significations, dont celle qui symboliserait le reniement de Saint Pierre et rappellerait aux hommes leur faiblesse.

huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copieshuile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies
huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copieshuile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies

huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies

Je souhaite que cette courte visite vous ait été agréable ! n'hésitez pas à donner votre sentiment sur cet article en laissant un commentaire.

Bien amicalement à tous mes lecteurs

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Peintres

En ce matin du mois d'aout, le Grand Palais est fermé, les abords du Petit Palais sont déserts. Les autocars déversent les touristes à Notre Dame, à la Tour Effel ,au Musée du Louvre…

Il fait beau, les magnifiques portes dorées du Petit Palais scintillent et s'ouvrent généreusement pour moi. Nous ne sommes que quelques visiteurs à arpenter les salles que je connais bien mais où j'aime revenir car le calme de ce musée permet de s'attarder longuement, et sans être dérangé devant un tableau.

Dans la salle des "Réalistes", je retrouve "Les Demoiselles des bords de la Seine". Support de nombreuses interprétations, elles ont fait le bonheur, comme la plupart des toiles de Courbet, des décrypteurs de significations. Courbet nous oblige à nous raconter une histoire, chacun se racontera celle qu'il lui plait de se raconter, le rêve est le domaine du regardant.

Photos MP

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Je suis fascinée, quant à moi, par la femme brune, par son visage sculptural et par le bouillonnement des jupons, tissus et dentelles. Elle ne semble pas reposer fermement sur le sol. Son regard chargé de sensualité et tourné vers le spectateur est-il destiné au peintre ? (on peut supposer que le chapeau qui se trouve dans la barque lui appartient) Qui est cette femme ? Une prostituée ? Peut-être Virginie Binet, maitresse et modèle de Courbet dont il aura un fils. (Ce patronyme Binet - celui de ma famille - ajoute un degré à ma fascination et intensifie ma rêverie).

Ce que l'on peut dire c'est que le tableau ne laisse pas percevoir aujourd'hui ce que l'on pouvait y trouver en 1856. Si pour nous il peut être émouvant, le XIXe siècle, éminemment bourgeois, ne pouvait qu'être choqué par la représentation d'une telle sensualité.

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Mais comment pourrais-je ne pas avoir, alors, en mémoire la représentation qu'en fait Picasso ? Comment pourrais-je oublier mon face à face avec "Ses Demoiselles des bords de la Seine" au Kuntmuseum de Bâle il y a bien longtemps ?

Picasso regarde les Demoiselles de Courbet. De quelle ordre est sa rencontre : rapport aux femmes ? pouvoir pictural ? "Pour Picasso la peinture et les femmes ne sont qu'un" (J.Chiari - Picasso). Affirmation d'un nouveau vocabulaire pictural, le tableau de Picasso nous parle-t-il des femmes du XXe siècle ? Il est difficile de définir ses Demoiselles comme représentatives de la sensualité ou des femmes.

Ces femmes sont femmes parce que Picasso le dit. Nous pourrions aussi bien y voir des hommes, ou un homme surtout dans la femme accoudée (Picasso lui-même).

Photo Web

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Photo Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandirPhoto Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandirPhoto Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandir

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Courbet, homme actif, engagé dans son époque autant que l'était Picasso dans la sienne, nous donne à voir un tableau auquel nous devons participer, le rêve est à notre portée à condition que nos pensées agissent.

Par contre nous subissons la violence de l'interprétation de Picasso "Un bon tableau, un tableau quoi il devrait être hérissé de lames de rasoir"(Malraux citation de Picasso)

L'espace temps qui sépare les Demoiselles des Bords de la Seine de Courbet de celles de Picasso marque la rupture entre deux mondes : celui du milieu du XIXe qui repose entièrement sur la nature et se confond avec la réalité et celui du début du XXe tourné vers l'avenir, où l'évolution est solidaire de la machine, de l'énergie, de la vitesse.

Avec le cubisme et Picasso, l'expression de l'individu et l'imitation de la nature ne jouent plus un rôle primordial : l'art à une vie propre. Picasso ne raconte plus une histoire, il organise la surface du tableau.

Picasso ne laisse subsister du naturalisme du tableau de Courbet que quelques taches vertes. Les femmes occupent approximativement le même espace que dans le tableau de Courbet, mais les dimensions sont restreintes en hauteur (105cm pour 174), alors que la longueur est presque la même. Cela prouve la détermination de Picasso de supprimer ce qui ne l'intéresse pas : la nature, les arbres. Profondeur et perspective abolies, les deux femmes se retrouvent mêlées, basculées en avant pour venir se plaquer à la verticalité du tableau.

Malgré les bouleversements que Picasso pratique dans le forme, il transparait dans différents points et détails du tableau une grande fidélité à Courbet. Une ressemblance avec l'original subsiste, mais sans trace de naturalisme photographique.

Malgré l'émotion que j'éprouve pour certains détails du tableau de Courbet, je dois avouer que ma préférence va à l'interprétation de Picasso.

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Gustave COURBET (1819-1877) - Les Demoiselles des bords de la Seine - 1856

Huile sur toile - 174x206 cm - Paris - Musée du Petit Palais

Pablo PICASSO (1881-1973) - Les Demoiselles des bords de la Seine - 1950

Huile sur toile - 105x201cm - Bâle - Kunstmuseum

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