Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Voir-ou-revoir

Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir

Ouvrez les journaux, consultez internet, vous ne trouverez que des articles dithyrambiques sur l'exposition de Lucio Fontana : ainsi à l'unisson des expressions "artiste majeur du XXe siècle", "plus grand visionnaire", "précurseur", "immense artiste", "créateur d'avant-garde", ses toiles fendues étant devenues "des icônes de l'art moderne", etc.

En me rendant au Musée d'Art Moderne, poussée par le "à voir absolument", je n'avais nullement le projet de contester les dires des historiens, des critiques d'art ou des journalistes, mais je voulais comprendre pourquoi j'étais passée à côté d'un artiste aussi considérable, n'ayant pas été séduite par les quelques toiles lacérées que j'avais pu voir. J'ai donc abordé l'exposition en novice et c'est à postériori que je me suis penchée sur sa biographie et sur la signification de son œuvre.

(Photos des œuvres MP - cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

Lucio Fontana est né en 1899 à Rosario de Santa Fe, en Argentine. Son père, immigré italien, sculpteur, dirige une entreprise de monuments funéraires ; il revient en Italie en 1905 où Lucio commence sa scolarité.

En 1914-1915, Lucio Fontana fréquente l'école des maîtres constructeurs de l'Institut Technique Carlo Cattaneo à Milan (qui existe toujours). Ses études sont interrompues par la guerre. Il s'engage, il est blessé et médaillé. Il reprend ensuite ses études et obtient son diplôme de Maître constructeur.

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

En 1921, de retour à Rosario de Santé Fe, il travaille dans l'entreprise de son père "Fontana y Scarabelli" avec comme spécialité la sculpture funéraire, puis il ouvre sa propre entreprise. Il réalise se première œuvre connue : le monument funéraire dédié à Juana Blanco, la madone des enfants pauvres.

En 1928, revenu à Milan, il s'inscrit à l'Académie des Beaux Arts de Brera, suit les cours du sculpteur symboliste Adolfo Wildt, fait ses premières expositions.

1/Mary Mary - 1926/1927 - Plâtre   2/ Unomini 1932 - Plâtre coloré incisions

1/Mary Mary - 1926/1927 - Plâtre 2/ Unomini 1932 - Plâtre coloré incisions

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

Il travaille comme céramiste à Albisola et, durant un séjour à Paris, réalise des céramiques à grand feu à la manufacture de Sèvres.

1/ Lions 1938 - Céramique polychrome - 2/Vases - céramiques polychrome

1/ Lions 1938 - Céramique polychrome - 2/Vases - céramiques polychrome

En 1930, il participe à la Biennale de Venise avec sa sculpture Eva (1928) et Vittoria Fasciste (1929). Admirateur de Mussolini, Fontana soutient le régime dès le début et a sculpté nombre de Victoires fascistes (rebaptisées par les historiens d'art "Victoires"). A la Triennale de Milan en 1936, une citation du Duce exaltant un empire bâti sur le sang et la force des armes se trouve inscrit sur le socle. La galerie Millione, à laquelle il était lié, édite des textes présentant le fascisme comme la forme la plus élevée de l'art abstrait. Son athlète bleu est présenté au salon fasciste de Lombardie.

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

En 1940, reparti en Argentine, il enseigne la sculpture à l'école des Beaux Arts de Buenos Aires. C'est là qu'il élabore avec de jeunes artistes le "Manifeste blanc" qui va connaître un grand retentissement "...nous abandonnons l'usage des formes connues de l'art et abordons le développement d'un art basé sur l'unité de temps et de l'espace... Nous concevons une synthèse comme une addition d'éléments physiques : couleur, son, mouvement, temps, espace, intégrant une unité physico-psychique". Julio le Parc, proche de Fontana, son professeur de modelage, ne signe pas le manifeste, le texte dit-il n'est pas appuyé par la réalisation d'œuvres. (voir article sur Julio le Parc http://www.voir-ou-revoir.com/search/julio%20le%20part/ )

Portrait de Teresita, sa femme, 1940 - Mosaïque polychrome

Portrait de Teresita, sa femme, 1940 - Mosaïque polychrome

C'est à Milan, en 1947, que Fontana co-signe le premier manifeste spatial (il y en aura trois). Il s'enthousiasme pour l'exploration du cosmos, les fusées et les satellites. Il découvre le physicien américain Robert Wood, inventeur d'un écran filtrant laissant passer les rayons ultra-violets : la lumière noire, invention commercialisée sous la forme de tube fluorescent. Fontana crée en 1951 une sculpture en tube de néon pour la Triennale de Milan. Sa réplique nous accueille dans le hall du musée.

1/Installation néon - céramiques polychromes 2/Christ en croix 1959 3/figure féminine aux fleurs 1948 4/Le guerrier 1949
1/Installation néon - céramiques polychromes 2/Christ en croix 1959 3/figure féminine aux fleurs 1948 4/Le guerrier 1949
1/Installation néon - céramiques polychromes 2/Christ en croix 1959 3/figure féminine aux fleurs 1948 4/Le guerrier 1949
1/Installation néon - céramiques polychromes 2/Christ en croix 1959 3/figure féminine aux fleurs 1948 4/Le guerrier 1949

1/Installation néon - céramiques polychromes 2/Christ en croix 1959 3/figure féminine aux fleurs 1948 4/Le guerrier 1949

Jusqu'à 1949, Fontana s'était attaché uniquement à la sculpture et à la céramique décorative. Il se met à peindre, toutes ses œuvres sans distinction s'intituleront "Concetto spaziale"

Le spatialisme est sur toute les lèvres : "la peinture avec cadre est morte et la sculpture telle que nous la connaissons est morte " (Time 26 mai 1952). C'est ce que l'on dit soixante ans après !

A la fin des années 1950, Fontana se fait connaître à Paris grâce au galeriste Iris Clert, l'Editeur d'Art San Lazzare et Michel Tapié de Celeyran, critique d'art. Ce dernier voyageant beaucoup à l'étranger contribue à lui conforter son statut international.

Fontana commence ses expériences sur les "Buchi" : les trous percés au recto et verso de la toile constituent des figures qui laissent passer la lumière et l'ombre. (Dans une petite salle du Musée est projeté, entre autres, un film des années 1950 : on y voit Fontana, en costume-cravate, trouant une toile et répondant aux questions d'un intervieweur à la voix chevrotante. Le film provoque le rire iconoclaste, étouffé, des spectateurs. Je dois avouer que j'y adhère, ça ne semble pas sérieux). Mais, devant les toiles, l'ironie disparaît : la matière est belle, glacée, étonnante.

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014
Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014
Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

En 1957-1960, Fontana appelle "Carta" ses papiers entoilés et troués, au dos sont inscrites des petites phrases du quotidien : "zut, j'ai oublié de prendre mon médicament", "il est midi je vais me promener", "il pleut à Milan", etc.

Les "Natura (1959-1960) sont en terre cuite, Fontana les nomme "boules", puis "bouches". Le mot natura au pluriel désigne le sexe féminin en argot italien.

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

Les "Tagli", fentes (1958-1968) nommées "Concept spatial", "Attente" lorsqu'elles sont plusieurs, sont ses œuvres les plus connues. On dit que Fontana préparant une exposition pour la galerie Stadler à Paris (il y a été introduit par Michel Tapié), furieux d'avoir raté une toile, la fendit d'un coup de couteau, et "se rendit compte du potentiel de ce geste". Lors de son exposition, les uns crieront au génie, les autres au scandale, mais d'autres galeries d'avant-garde ou puissantes exposeront désormais régulièrement son travail. Fontana devient une référence pour les artistes des années 1960. Il signera 1500 tableaux durant cette période de dix ans. Depuis le pic de 2008, le prix de ses œuvres reste stable, il faut débourser en moyenne 15 millions d'euros pour en acquérir une (en novembre 2013 "Concerto spaziale a fine de Dio" de 1963 a été vendu 15,6 millions d'euros à Christies New-York).

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014
Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014
Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014
Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

Quant à la signification de ses "Tagli", à chacun de s'y retrouver : sensualité, origine du monde ... Pour Fontana s'est "le cri de douleur, le geste final d'une douleur insoutenable".

S'il faut absolument chercher une signification, un des dessins exposés m'interpelle, mais les interprétations plasticiennes sont beaucoup plus complexes, intellectuelles et alambiquées (j'ai relevé un rapprochement avec "Le décalogue" de Kieslowski, série de films que j'aime tout particulièrement ?).

Nus féminins 1960-1964 encre sur papier et encre de chine sur carton
Nus féminins 1960-1964 encre sur papier et encre de chine sur carton

Nus féminins 1960-1964 encre sur papier et encre de chine sur carton

En 1960 vient la série des "Olii" grandes peintures à l'huile présentées à Venise au Palazzo Grassi.

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014
Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014
Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

Fontana se rend à New-York où il conçoit un cycle consacré à la métropole américaine, en peinture puis en tôles de métal gravées, coupées et trouées.

New-York 1962 - Trois panneaux de cuivre, fentes, grattages

New-York 1962 - Trois panneaux de cuivre, fentes, grattages

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

En 1963, c'est la série des "Fine di dio" et "Trinita"

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

En 1964, début des Teatrini (petits théâtres) Fontana rejoint le pop'art.

1965 Petit théatre - Peinture à l'eau sur toile - Trous - Bois laqué

1965 Petit théatre - Peinture à l'eau sur toile - Trous - Bois laqué

L'exposition comporte aussi deux environnements reconstitués : l'un dans une pièce noire avec au plafond une sculpture phosphorescente, un autre, labyrinthe blanc déroutant qui se termine par une grande fente.

Lucio FONTANA - Musée d'Art Moderne - Paris - août 2014

En 1968, Lucio Fontana, s'installe à Comabbio où il meurt le 7septembre.

Il est incontestable que Fontana soit un artiste d'avant-garde et un provocateur, comme l'ont été de nombreux peintres de l'après-guerre. Suis-je totalement séduite ? Les œuvres exposées sont diverses et nombreuses. J'aime plusieurs de ses premières sculptures, la belle matière de ses tableaux, les arabesques élégantes de certains "Buchi", la pureté décorative des "Tagli". Mais au risque de déplaire, la production pléthorique des "Tagli" et le prix actuel des œuvres me dérangent : la "fente" pourrait aussi évoquer une tirelire ? Et de nous reposer la question du marché de l'art.

Lecteurs j'attends avec impatience vos commentaires.

L'exposition se termine le 24 août - Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris - 11 av. du Président Wilson - 75016

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir

Dans mon précédent article nous étions à l'abbaye cistercienne des femmes de Maubuisson fondée par Blanche de Castille. Quelques années auparavant, Blanche de Castille aidait son fils Louis IX, futur Saint Louis, à fonder l'abbaye cistercienne de Royaumont, à Asnières sur Oise dans le Val d'Oise, pour y accueillir des moines. La construction fut aussi rapide qu'à Maubuisson (1228 à 1235).

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Précisons que l'ordre monastique chrétien cistercien ou ordre de Cîteaux remonte à la fondation de l'abbaye de Cîteaux (située à une vingtaine de kilomètres de Dijon) par Robert de Molesne en 1098. L'ordre restaurait l'équilibre entre une pauvreté évangélique et le travail des mains. Royaumont comme Maubuisson relevaient directement de l'abbaye mère de Cîteaux.

Louis IX fait de nombreux séjours à Royaumont et accorde à l'abbaye dons en argent, en terre et avantages de toutes natures, plus une rente annuelle pour l'entretien des nombreux moines.

En 1297, année de la canonisation de Saint Louis, Philippe IV le Bel établit une chartre désignant l'abbé de Royaumont seigneur d'Asnières sur Oise ainsi que des terres possédées par l'abbaye.

L'abbaye souffre de la guerre de cent ans et des famines du Moyen âge ; à partir de 1549, avec la nomination par le roi d'abbés commendataires, elle continue de s'affaiblir. Les abbés sont de plus en plus souvent laïcs et considèrent l'abbaye comme une source de revenus et comme lieu de fêtes. En 1635, Louis XIII y danse un ballet qu'il a composé "La Merlaison" sur le thème de la chasse au merles (musique à écouter en fin d'article).

Mazarin est pourvu de l'abbaye en 1647. Il s'en défait rapidement au profit du fils d'Henri de Lorraine-Harcourt (qui a mené l'expédition des Flandres), le prince Louis Alphonse de Lorraine. Les Harcourt vivent à Royaumont en grands seigneurs jusqu'en 1728. Le dernier abbé, de Ballivières, mène grand train de vie et se fait construire un splendide palais abbatial dont il ne profitera pas. Il s'enfuit dès les prémices de la révolution laissant dix moines qui ne respectent plus beaucoup les règles cisterciennes.

En 1791, une loi déclare l'abbaye, ses moulins et ses fermes, bien national. Par une vente aux enchères elle est adjugée au marquis de Travenet. Le marquis reconvertit l'abbaye en filature de coton et les pierres de l'église démolie (à l'exception de la tourelle) sont utilisées pour construire des habitations ouvrières. La manufacture comptera jusqu'à 300 ouvriers.

En 1864 après la fermeture de la filature, l'abbaye est rachetée par la Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, puis reprise cinq ans plus tard par la congrégation des Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux pour accueillir les novices. Celles-ci entreprennent la restauration de l'abbaye selon les plans d'origine. Mais les lois Combes de 1905 (séparation de l'Eglise et de l'Etat, instaurée par Emile Combes, médecin, Président du Conseil, surnommé "le petit père Combes" parce qu'il avait étudié au petit séminaire et à l'école des Carmes, étant destiné à la prêtrise !) contraignent les sœurs à l'exil.

L'abbaye est acheté par Jules Gouin, industriel, président de la Société des Batignolles, il en fait sa maison de campagne et poursuit la restauration des bâtiments.

Hôpital durant la guerre de 14/18, les portes de Royaumont sont ouvertes en 1938 aux artistes nécessiteux. En 1964, le projet est pérennisé sous forme de fondation chargée de conserver le monument et d'en faire un lieu de recherche et de création.

Aujourd'hui, Royaumont est un centre international pour les artistes de la musique et de la danse. C'est également un lieu de concerts.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Dès l'entrée on tombe sous le charme du parc et du bâtiment des moines qui se mire dans le canal alimenté par les eaux de la Thève. Ce canal circule dans le parc et sous les bâtiments principaux. Il assurait à l'époque des moines, l'évacuation des eaux usées vers la rivière l'Oise.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Le bâtiment des moines a conservé son volume ancien, il a été entièrement restauré au XIXe. A l'origine, la sacristie, la salle du chapitre et la salle des moines se trouvaient au rez-de-chaussée, l'étage abritait le dortoir qui communiquait avec les latrines. Aujourd'hui il est devenu hôtellerie, on y accueille séminaires et réceptions dans treize salles, quarante cinq chambres et un restaurant.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Du parc, on aperçoit le seul reste de l'église abbatiale, la tourelle de quarante mètres qui échappa à la destruction. L'espace de l'église a été conservé et les fragments de colonnes indiquent ses dimensions (à peu près celles de la cathédrale de Soissons).

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014
L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Dans le cloître, en parti détruit, se sont succédées les restaurations. Un lavabo, dont il ne reste que l'emplacement, servait aux ablutions des moines. Il était alimenté par une source située sur les hauteurs de Viarmes et acheminé par un réseau de galeries souterraines. Ce réseau nommé "Fontaine aux Moines" est inscrit à l'inventaire des monuments historiques. Le cloître vaste et rectangulaire possède en son centre un bassin où un geyser jaillit à sept mètres, il est éclairé à la tombée de la nuit (œuvre de Yann Toma - artiste contemporain).

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014
L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014
L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Du cloître on accède à la Chapelle (ancienne sacristie), au réfectoire et aux cuisines.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Dans la chapelle on peut voir quelques statuaires et documents ainsi que la très impressionnante clé de voûte de l'église abbatiale.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Le réfectoire communique avec les cuisines par un guichet où les moines venaient chercher les plats qui y étaient préparés. Ces deux salles ont été entièrement restaurées en 2011 et 2002. Le sol est somptueux, les carreaux unis et à motifs ont été fabriqués selon les méthodes du XIIIe siècle.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Dans le réfectoire, les vitraux datent de 1868 et l'orgue Cavaillé-Coll de 1937. Malheureusement pour le visiteur, des artistes répètent dans cette salle et le bric-à-brac de chaises, les sacs et vêtements à terre, nuisent fortement à l'esthétique de ce bel et grand espace, même s'il peut être agréable d'entendre des voix qui s'échauffent. Je ne photographierai que la partie dégagée de la salle.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Difficile d'imaginer les cuisines dans la petite salle voutée très sobre où s'expose la "Vierge de Royaumont", sculpture de la fin du XIVe siècle.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014
L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Comme à Maubuisson, les latrines témoignent du souci d'hygiène des moines. De l'extérieur on peut voir les 29 arcs en berceau correspondant aux 30 ouvertures sur lesquelles étaient installées 60 sièges dos à dos dans une salle divisée en deux par une cloison longitudinale. Les latrines se déversaient dans le canal qui traverse le bâtiment sur toute sa longueur.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

A l'étage, dans la salle dite "des charpentes", où se trouvaient les latrines (non ouverte à la visite et réservée aux séminaires, dommage !) ont été installées des dalles de verres qui permettent de voir le canal en contrebas. (photo web)

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Il nous reste à visiter le jardin des "neuf carrés", objet d'une belle brochure remise à l'entrée. Cruel désenchantement, certains carrés ont encore un peu de verdure mais pour beaucoup les plantes sont desséchées, les feuilles fanées, pas de fleurs. Reste les symboles :

- celui du jardin clos, vision symbolique de la Vierge Marie qui rend hommage à sa pureté : "Tu es un jardin clos, ma sœur, mon épouse, un jardin clos, une source scellée" (Cantique des Cantiques)

- et celui des plantes elles-mêmes, pureté, humilité, charité...énumérées dans ladite brochure par ailleurs très intéressante.

L'ABBAYE DE ROYAUMONT - Août 2014

Malgré les petites déceptions, j'aime toujours autant ce lieu, j'y suis venue souvent à des saisons différentes. Il me manque de le voir sous la neige pour une visite romantique.

Abbaye de Royaumont - 95270 Asnières sur Oise

ouvert 365 jours par an - renseignements 01 30 35 59 70

Un grand merci à mon amie Emma :

qui m'a signalé que la musique du ballet, composé par Louis XIII - pouvait s'écouter sur youtube

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Monastères et abbayes

    Je n'étais pas allée à Maubuisson depuis plusieurs années, ma visite d'aujourd'hui, outre le bonheur de revoir l'Abbaye, m'a offert une belle surprise :  l'exposition de Kôichi Kurita.

L'Abbaye de Maubuisson se trouve dans la commune de Saint Ouen l'Aumône, proche de Pontoise dans le Val d'Oise. C'est Blanche de Castille qui décide de la création de cette abbaye cistercienne de femmes : Notre-Dame-la-Royale. Le chantier démarre en 1236, il est mené rondement, les premières moniales arrivent en 1242. Maubuisson est conforme au plan bénédictin : quatre ailes, dont l'église, abritent des espaces de vie encadrant un cloître.   L'abbaye accueille les jeunes  filles nobles, elle est utilisée également comme résidence et nécropole royale. 
Le domaine abbatial rassemblé par la fondatrice est immense. Les religieuses perçoivent des rentes annuelles et perpétuelles, en nature et en argent, sur ses nombreuses châtelleries qui s'étendent d'Evreux à la Ferté Milon, de Pierrefonds à Etampes. Elles touchent les revenus des exploitations céréalières, les profits des dîmes et des moulins, les produits de la vigne, des bois et des animaux.  
Au cours des siècles Maubuisson subit troubles, disettes, dévastations. Les abbesses qui se succèdent se battent pour conserver leurs droits, respecter la tradition de Port-Royal et effectuer réparations et restaurations.
La révolution anéantit en peu de temps les cinq siècles d'existence. Les biens sont vendus aux enchères en 1793. L'abbaye est transformée en hopital militaire, puis achetée en 1797 par un particulier et revendue à des entrepreneurs qui démolissent et récupèrent les matériaux de construction. La filature installée dans le logis abbatial disparaît à son tour dans le courant du XIXe.
L'ensemble des bâtiments du XIIIe siècle qui a survécu aux aléas du temps a été classé au titre des Monuments historiques en 1947, et en 1983 un programme de restauration a réhabilité l'architecture intérieure.  

Depuis le parking, après avoir passée la grange  aux dîmes, une allée longe un petit ruisseau canalisé. Plus loin un bassin ombragé fait face à une grande pelouse laissant entrevoir l'abbaye. C'est une construction très sobre. Maubuisson n'est pas grandiose, il y a peu à visiter, mais c'est un lieu attachant, calme et reposant.  

La grange aux dîmes
SAM 5832

SAM 5834

SAM 5839

SAM 5841

SAM 5890
    
L'entrée de l'abbaye
SAM 5843
 l'autre façade  
SAM 5882

L'abbaye est également un site d'art contemporain. 
Köichi Kurita, né en 1962 à Yamanashi sur l'Ile de Honshû au Japon, travaille depuis une vingtaine d'années à un vaste projet : constituer une bibliothèque des terres du monde.
En 1986, après avoir travaillé à Tokyo dans un atelier de joaillerie, il part pour un voyage qui le mène en Inde, Chine, Pakistan, Grèce etc. Il photographie le sol et scotche de manière systématique au dos des cartes postales qu'il envoie, une pincée de terre.
A son retour au Japon, il parcours une grande partie des villages et recueille 35000 échantillons de terre. Depuis 2004 il s'intéresse au sol français.

LE PARLOIR
Le silence était de rigueur à l'intérieur du monastère, cette pièce, dite auditorium était la seule où les moniales pouvaient échanger quelques mots.
L'oeuvre exposée - "Lune-eau-terre-soleil"
Au sol, sur un cercle entourant le pilier, 108 coupelles (nombre sacré dans les régions orientales) contiennent des terres du Japon. Kôichi Kurita a finement tamisé la terre pour en deposer quelques grammes dans les coupelles mêlés  à un peu d'eau. Avec l'évaporation la terre s'est craquelée. L'alignement des coupelles forment un arc-en-ciel mineral. 

SAM 5878
 
SAM 5849

 compo.jpg    
         
LA SALLE DU CHAPITRE

C'est là que les moniales délibèraient des affaires courantes, de l'admission des novices, élisaient l'abbesse, réglaient les questions de disciplines etc...  
L'oeuvre exposée - "Bibliothèque de terres"  
J'aime moins le grand plateau oval en lévitation, mais la progression chromatique des terres déposées dans des flacons est étonnante. Köichi Kurita a récolté les terres dans la région Poitou Charente en 2005, 2006 et 2007 . Il les a nettoyées, broyées et tamisées. Ne manquez pas de regarder le film (en fin d'article) dans lequel on le voit travailler.  
SAM 5847
 

    SAM 5872

LA SALLE DES RELIGIEUSES

Il est supposé que dans cette salle les religieuses filaient la laine, confectionnaient leurs vêtements, brodaient les ornements liturgiques.
L'oeuvre exposée - "Notre terre-Votre terre".  
Saisissante installation qui s'accorde parfaitement avec l'ampleur de la salle. Kôichi Kurita a récolté 1000 sortes de terres dans un rayon de 300 km autour de Maubuisson. Là encore la couleur des terres est stupéfiante. Si je perçois bien dans la nature les terres plus ou moins brunes  ou ocres, où trouver ces terres roses, vertes ou jaunes ? Et quelle patience pour déposer sur les carrés de papier japonais servant pour les offrandes, les petites surfaces régulières de terre. Köichi Kurita rend hommage aux religieuses par une évocation abstraite de l'univers qui les entourait.  
SAM 5851

SAM 5856

SAM 5855

LES ANCIENNES LATRINES

Construites sur le canal que l'on aperçoit sous les plaques de verre, les huit latrines de cette petite salle communiquaient avec la salle des religieuses. Au premier étage, accessibles depuis le dortoir, d'autres latrines, reposant sur vingt arches lancées à quatorze mètres au dessus de l'eau courante, comportaient trente huit sièges en bois.  
Cette petite salle est très belle et on en oublie vite l'ancien usage.
L'oeuvre exposée - "Innocence"
Kôichi Kurita a déposé dans un petit flacon de verre, en 2011, une terre collectée en 2004 à Fukushima avant l'accident nucléaire. Mis sous vitrine, tel une relique, cet échantillon d'une terre aujourd'hui souillée pour des milliers d'années nous rappelle qu'il faut agir pour préserver notre planète. "Le crime est humain. La terre est innocente"(Kôichi Kurita)
SAM 5865

SAM 5862


SAM 5863
Pour ceux qui le peuvent, Maubuisson est une belle découverte ou redécouverte à ne pas manquer.  

Voir Köichi Kurita travailler - cliquer :  link

Exposition jusqu'au 5 octobre - tous les jours sauf mardi de 14 h à 18 h - entrée gratuite
Abbaye de Maubuisson - Avenue Richard de Tour 95310 - Saint Ouen l'Aumône -
01 34 64 36 10

 

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Peintres

Lorsque je me rends dans la Grande galerie du Louvre, je ne manque jamais de m'arrêter, dans le salon carré, devant la "Bataille de San Romano" de  Paolo Uccello.

Paolo Uccello 016

Cette oeuvre me fascine depuis de longues années. J'aime la douceur presque féminine du visage et la tristesse du regard du condottiere Micheletto da Cotignola. Son énorme couvre chef aux motifs floraux le différencie de sa troupe qui porte casques à oeillères et cimiers (ornements  fantastiques surmontant les casques). Micheletto, sur son étalon noir henissant, va donner à ses cavaliers l'ordre de charger : c'est la contre attaque décisive de la bataille. Les deux chevaux du premier plan, à droite, suggèrent la profondeur du tableau. Entre eux un arbalétrier ajuste une flèche, les cavaliers sont regroupés en cercle autour de lui, regards dirigés vers son "mazzocchio" (bonnet drapé sur une armature en bois et en osier, objet privilégié par Paolo Uccello). Devant le condottiere cinq cavaliers chargent déjà, chevaux en mouvement, lances pointées vers l'ennemi.

Les armures et les armes sont recouvertes de feuilles d'argent. Le panneau en bois a permis à Paolo Uccello d'inciser leurs contours de façon très détaillée.  Sur les trompettes et garnitures de harnachement ce sont des applications de feuilles d'or. L'argent des armures a presque totalement disparu mais l'or des trompettes et des décorations reflète encore les changements de la lumière. Aurais-je préféré, dans la chambre de Laurent de Médicis, le tableau à son origine où brillaient de mille feux l'argent et l'or ? Peut-être pas, les écaillements et fendillements donnent maintenant aux armures une matière étonnante.

paolo-4

paolo-5

paolo2i2

paolo2-3

paolo264

paolo22 

Sans-titre---3-copie-1.jpg

paolo14

Ce panneau  "Micheletto da Cotignola sur le champ de bataille" a longtemps été considéré comme partie d'un triptyque. Il est admis désormais qu'il a été rattaché à un diptyque "La bataille de San Romano" (dont l'un des panneaux se trouve à Londres à la National Gallery, l'autre aux Offices à FLorence) et qu'il a été peint en 1456, alors que les deux autres datent de  1435 /1440.
Les trois racontent la bataille du 1er Juin 1432, qui s'est déroulée en plein champ, à San Romano, et durant laquelle s'affrontèrent florentins et siennois.
Celui de Londres "Niccolo Mauruzzi da Tolentino à la tête de ses troupes" montre le début des hostilités.
Paolo Uccello 031

Celui de Florence "La défaite du camp siennois illustrée par la mise hors de combat de Bernardino della Ciarda" marque la fin des combats. Ce panneau est signé Pauli Ugielli Opus  (oeuvre de Paolo Uccello). 

laBattagliaDiSanRomano1435.jpg

On remarque bien la similitude entre les deux dernières oeuvres alors que sur celui du Louvre il n'y a pas de paysage.
Les formats des panneaux sont rectangulaires mais devaient, à l'origine, être cintrés (sur le tableau du Louvre l'étentard du condottiere est tronqué). Il mesurent chacun environ 3,20 par 1,60m et sont peints à l'huile.
Après avoir appartenues aux Médicis, et subis des dommages au moment de leur chute, les Batailles ont été accrochées aux Offices en 1784. Restaurées, deux ont été mises dans les réserves et, au milieu du XIXe siècle, vendues à une collection privée. On les retrouve ensuite à Londres et à Paris.
Exécuté en 1436 pour la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence "Le monument équestre de John Hawkwood"  porte également la signature Pauli Ugielli Opus. Avec "
La Bataille" de Londres, ce sont les deux seules oeuvres signées Paolo Uccello.  

C'est à partir de cette année 1436 que Paolo di Dono se fit appeler  Paolo Uccello. Vasari indique que ce surnom serait dû à l'amour de Paolo pour les oiseaux (uccello en italien). Le rapprochement avec une famille bolonaise peu connue, les Uccelli, est une autre hypothèse : la signature Pauli Ugielli opus étant apposée sur un bouclier portant les mêmes couleurs que cette famille.
Le monument équestre de John Hawkwood - Florence - Santa Maria del Fiore 
fresque 732x404cm un cadre en trompe l'oeil fut ajouté au XVIe siècle

Sans-titre---2.jpg

Paolo di Dono, dit Paolo Uccello, nait en 1397. Son père Dono di Paolo, chirurgien et barbier, s'est installé à FLorence en 1373 et s'est marié en 1387 avec Antonia di giovanni del Beccuto, fille d'une ancienne famille florentine. En 1407 Paolo Uccello est assistant dans l'atelier de Ghiberti. En 1423 ? il s'inscrit à la compagnie de Saint Luc (organisation corporative des peintres). Parmi ses premières oeuvres une "Nativité" en 1425 (National Gallery Londres). En 1431 il peint deux séries de fresques pour le Cloître Vert de Santa Maria Novella de Florence. Il peindra également les quatre têtes de prophètes pour l'horloge de la cathédrale Santa Maria del Fiore (1433). Une huile sur toile  vers  1470 "Saint Georges et le dragon"est exposée à la Nationale Gallery de Londres. Un grand nombre d'oeuvres lui sont attribuées à partir de textes et documents et pour des motifs stylistiques.

En 1467 il se rend à Urbin avec son fils Donato et travaille pour la compagnie Corpus Domini, il pense peut-être y transférer son atelier. Il rentre à Florence en 1469. Septuagénaire il se déclare au cadastre "vecchio e senza inviamento - vieux et sans travail -. Il meurt le 12 décembre 1475. Il est enterré dans le sépulcre paternel à Santo Spirito.

Paolo Uccello est l'un des meilleurs perspectivistes de son temps, l'abondance des raccourcis et les mazzocchi aux facettes minutieusement décrites le prouvent. Il a séduit les artistes du XXe siècle, particulièrement les cubistes.

dessin d'un "mazzocchio" -
m503501 d0002692-000 p
 
Fresques de Santa Maria Novella  
uccello deluge - santa maria novella

Paolo-Uccello-Creation-of-Adam-2-   
 
Horloge de Santa Maria del Fiore - cadran peint en 1433 - diamètre presque 7 mètres. Les 24 heures sont en chiffres romains dans l'ordre croissant mais antihoraire.   
Necessaires-ruptures-dans-l-ordinaire-des-jours article pop
 mécanisme de l'horloge  
645_1980.jpg

 Saint Georges et le dragon - huile sur toile - National Gallery Londres - 55x44cm

1280px-Paolo_Uccello_047b.jpg

PHOTOS - diverses sources

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

LE LOUVRE DES SABLES - ABU DHABI
Pour réaliser le projet colossal d'un musée de 8.000m2 d'exposition, les Emirats arabes unis se sont adressés à la France. "Le Louvre des sables" imaginé par Jean Nouvel sera le premier grand musée universel du moyen orient. Il est en cours de construction sur l'Ile de Saadiyat et doit ouvrir ses portes en 2015.
Le nom"Louvre" a été cédé par la France à l'émirat pour une période de 30 ans en contrepartie d'une somme d'un milliard d'euros. La France prêtera également durant une dizaine d'années des oeuvres issues du musée du Louvre, mais aussi d'autres musées nationaux, en attendant qu'Abu Dhabi constitue sa propre collection. Lors de son ouverture, le Louvre d'Abu Dhabi sera riche de 900 oeuvres dont 300 prêtées par les musées français (cet accord a fait l'objet de nombreuses polémiques).
L'exposition "Naissance d'un musée" présente cent soixante des plus beaux chefs-d'oeuvres déjà acquis par le musée émirien, dans un parcours chronologique qui nous fait voyager des années 3000 avant JC jusqu'au début du XXe siècle.
Je n'irai jamais à Abu Dhabi. Cette découverte d'une partie des richesses du futur Louvre des sables, ainsi que du projet architectural de Jean Nouvel, a été un enchantement.
 

MAQUETTES DU MUSEE -   

ob_b248d4_louvre-abu-dhabi-naissance-d-un-mus.jpg      

abu-dhabi-6363.JPG

louvre-abou-dhabi.jpg

louvre_abu_dhabi_bq060109-494x374.jpg
   
Louvre-Abu-Dhabi-Museum-by-Ateliers-Jean-Nouvel-2.jpg  
Construction en cours
0.jpg

 Quelques-unes des merveilles ...

LAD-013.JPG

Princesse de Bactriana, Asie centrale, fin du IIe millénaire avant JC.
visu1-princesse-de-bactriane.jpg
        
 Bracelet aux figures de lions , or, Iran VIIe siècle av. JC
007f15e8-4114-4771-b6a9-6a2661182409.jpg

e64e4c3e-1548-40f4-b4c3-7aa3eade6caf.jpg

Bodhisattva debout , Pakistan, IIe IIIe siècle
dsc00308.jpg

Fibule aquiliforme de Domagnano (or et grenats), Italie, seconde moitié du Ve siècle
96638970_o.jpg          
     
Vierge à l'enfant - Giovanni Bellini - Italie vers 1480-1485
bellini1.jpg

Christ montrant ses plaies - Allemagne, Bavière ou AUtriche - 1515-1520
1330_Abu-Dhabi_1.jpg  

Les pugilistes Creugas et Damoxène - Antonio Canova - XVIII siècle
7771592371_les-pugilistes-creugas-et-damoxene-d-antonio-can.jpg

Edouard Manet - Le bohémien - 1861/1862
0b28aae4-ab99-4b07-8592-fe6df5f1e134.jpg

Paul Gauguin - Les enfants luttant 1888
gaugin.jpg

Et j'ai retrouvé Gustave Caillebotte que j'avais suivi à Yerres il y a quelques jours
La partie de besigue - 1881
la-partie-de-besigue-caillebotte1881.jpg

Pour terminer l'exposition :
Picasso - Portrait d'une dame - Papier collé et gouache 1928 - à côté Magritte "Le lecteur subjugué" 1928
BmZKi5nCEAE3kaV.jpg

et aussi Yves Klein et Twombly.
Toutes les photos de cet article sont issues d'Internet.

Très beau film produit par le Musée du Louvre
LOUVRE ABU DHABI - PAYSAGES - cliquez : link

Exposition jusqu'au 28 Juillet 2014 - Musée du Louvre Paris.

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions Province

Au bord de la petite rivière l'Yerres, affluent de la Seine, dans la ville qui porte le même nom, Martial Caillebotte, riche entrepreneur parisien, fait l'acquisition en 1860 d'une belle demeure et d'un grand parc pour installer sa famille en été. Son fils Gustave, alors âgé de douze ans, y fera des séjours réguliers jusqu'à la vente de la propriété en 1879.
Bachelier, puis licencié en droit, Gustave Caillebotte est reçu, en 1873, au concours des Beaux-arts mais n'y reste qu'une année. Son père décède en 1874 lui laissant un héritage assez considérable qui lui permettra de se consacrer à ses passions.
Dans le parc d'Yerres, Caillebotte trouve son inspiration pour peindre des paysages, des scènes de baignade et de canotage sur la rivière. Il réalise aussi des portraits de la famille et des amis reçus à la propriété.
Gustave Caillebotte sera un mécène pour son cercle d'amis impressionnistes. Il aidera Pissarro, Renoir, Monet, leur achetera des toiles. Il fera également l'acquisition d'oeuvres de Degas, Manet, Sisley. En léguant sa collection à l'Etat, Caillebotte ouvrira aux impressionnistes les portes des musées nationaux.
La peinture n'est pas sa seule passion, s'y ajoutent celles de la philatélie, de l'horticulture et du nautisme.
Avec son frère Martial (compositeur, pianiste et photographe) Gustave s'initie au yachting, participe aux régates d'Argenteuil. D'abord simple acheteur de voiliers, il construit vite des prototypes (le plus célèbre "Roastbeef" a vocation d'affronter, en régates, les Anglais). Il possédera quatorze voiliers de course avec lesquels il remportera des centaines de prix.

Gustave Caillebotte décède en 1894, d'une congestion cérébrale, il a quarante cinq ans. 

Son rôle de mécène reconnu, son talent de peintre a été longtemps méconnu, sauf aux Etats-Unis où il exposa régulièrement. Il fut redécouvert grâce aux collectionneurs américains et aux expositions montées à Houston et Brooklyn en 1976. A Paris, le Grand Palais  lui a consacré une rétrospective en 1994/1995, et le Musée Jacquemart André une exposition en 2011 "Dans l'intimité des frères Caillebotte" mettant en parallèle ses peintures et les photographies de Martial.
Quelques uns de ses tableaux, dont le plus célèbre "Les raboteurs de parquet" (refusé au Salon de 1875) se trouvent désormais au Musée d'Orsay à Paris.
102x146,5cm - huile sur toile
1280px-Gustave_Caillebotte_-_The_Floor_Planers_-_Google_Art.jpg
La commune d'Yerres est propriétaire du domaine depuis 1973. L'exposition qui s'y tient actuellement (c'est le centenaire de la mort du peintre) permet de découvrir 43 tableaux de Caillebotte.
J'ai éprouvé un réel plaisir à les retrouver au cours d'une promenade dans le parc. Gustave  Caillebotte marche à mes côtés dans les allées, j'admire les arbres remarquables, l'ondulation des pelouses, les iris jaunes du petit plan d'eau, l'opulence du jardin potager. Comme lui je m'arrête au bord de l'Yerres, le regard attiré par les scintillements et les reflets, en prêtant l'oreille j'entends les cris des baigneurs, j'imagine qu'une périssoire passe, les pales de la pagaie fendant l'eau, je crois apercevoir un pêcheur à la ligne et une petite fille... Dans ce parc, Caillebotte a fait des esquisses qu'il retravaillait à l'atelier. Là, devant moi, sa peinture revit. C'est l'intérêt de l'exposition : être sur le lieu de la création.



L'Yerres dans la propriété - photo MP
SAM_5375-copie-1.JPG 

Les trois tableaux qui suivent sont réunis en triptyque, dans la première salle de l'exposition, comme   Caillebotte les avait présentés lors de la quatrième exposition impressionniste à Paris en 1879.
huiles sur toile - 157x113cm :   - 1877/1878 - photo web  

Pêche à la ligne avec Zoé -  collection particulière
G__Caillebotte_-_Pecheur_au_bord_de_l-Yerres.jpg

Baigneurs au bord de l'Yerres - collection particulière

G__Caillebotte_-_Baigneur_s-appretant_a_plonger.jpg

Périssoire sur l'Yerres - Musée de Rennes
G__Caillebotte_-_Les_Perissoires_-1878-.jpg

Jardin à Yerres - huile sur toile - 59x81cm - 1876 - Collection particulière -photo web
Le-jardin-a-Yerres.jpg

Le Chalet suisse et le Casin (bâtiment principal de la propriété) -
le parc comporte différentes "fabriques d'ornementation" traduisant le goût de l'exotisme (l'Italie pour le Casin, le Japon pour le banc couvert, l'orient pour le Kiosque...)photo MP

SAM_5396.JPG
   
SAM_5410-copie-1.JPG

Yerres - dans la Ferme, la volière - huile sur toile - 1872
1872 yerres ferme ornementale voliere

La ferme - au fond l'entrée du Musée - photo MP
SAM_5369.JPG
   
La volière - photo MP
SAM_5371.JPG

Yerres - effet de lumière - huile sur toile - collection particulière - photo web
1872 yerres effetdelumiere

Yerres - Les bouleaux - huile sur toile - collection particulière - photo web
lesbouleauxhst7071.jpg

Peintre sous son parasol - huile sur toile - 65x60cm - collection particulière - photo web
Gustave-Caillebotte---The-Painter-under-His-Parasol-.jpg
   
SAM_5402-copie-1.JPG

Le banc couvert - photo MP
SAM_5364-copie-1.JPG

Le kiosque et la glacière

SAM_5394.jpg
      
Le parc de la propriété à Yerres 1875 - 65x92cm- huile sur toile - collection particulière
Gustave-Caillebotte-Le-parc.jpg

Le parc et l'orangerie depuis le Casin - photo MP
SAM_5367-copie-1.JPG

 Le jardin  potager 1877- huile sur toile 6 60x73cm - collection particulière
caillebotte_potager7578hst.jpg

Le jardin potager - photo MP
SAM_5393.JPG

     
SAM_5388.jpg

Canotier au chapeau de forme - vers 1877 - 90x117cm - huile sur toile - collection particulière - photo web
canotiers_600_440_0.jpg

Photo de Martial Caillebotte -  web
Martial-Caillebotte-Maurice-Minoret-ramant.jpg
       
Périssoires sur l'Yerres - huile sur toile - Milwaukee Museum
perissoires-sur-l-yerres---milwaukee-museum-771.jpg

L'Yerres dans la propriété
SAM_5376.JPG

Effet de pluie - huile sur toile 1875 - 81x59cm - Indiana University Art Museum - Bloomington -  photo web
G__Caillebotte_-_L-Yerres-_pluie.jpg

Les nymphéa 1872  - huile sur toile - 19x28cm - collection particulière
p-hd-3bjpg.jpg

Petit plan d'eau - photo MP
SAM_5374.JPG

Trois tableaux exposés n'ont pas été peints à Yerres dont "Les régates à Argenteuil" et Boulevard vu d'en haut" qui représente une vu plongeante au cadrage unique dans la peinture du XIXe siècle.
Regates-a-Argenteuil

caillebotte_boulevard_vu_d_en_haut.jpg

Un coup de coeur pour l'autoportrait de Caillebotte  
au chapeau d'été - 1873-1874 - huile sur toile 44x33cm
Autoportrait-au-chapeau-d ete

et pour ce petit tableau :    
Coucher de soleil - 4ème effet - 21x31cm - 1878 - collection particulière


1878_pelouse_dansleparc_coucher_desoleil_4e_effet.jpg

L'exposition se termine le 20 Juillet. PROPRIETE CAILLEBOTTE - 8 rue de Concy - 91330 YERRES

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

15 Mai 2014. 
C'est une belle matinée. Les riches décorations du pont Alexandre III, construit pour l'exposition universelle de 1900, étincellent. J'aime Paris, j'y suis à la fois chez moi et en vacances. En touriste récidiviste je fais quelques photos du pont, symbole de l'amitié franco-russe. Je le traverse pour aller au Grand-Palais où, justement, un couple d'artistes russes, Ilya et Emilia Kabakov, ont érigé leur "Etrange cité".

SAM_5278.JPG

SAM_5361.JPG

SAM_5282.JPG

MONUMENTA : pour sa sixième édition le titre n'est pas trompeur, l'installation des Kabakov est grandiose.

Dès l'entrée on se heurte aux hauts murs blancs encerclant la cité utopique que la verrière du Grand Palais inonde d'une merveilleuse lumière. Une grande coupole dirigée vers la cité évoque une rosace d'église. Elle change de couleur au rythme de la musique (Alexandre Scriabine considérait que la musique et la lumière sont étroitement liées).

SAM_5341.JPG

SAM_5284.JPG

SAM_5287.JPG

SAM_5356.JPG

Un petit arc de triomphe précède l'entrée de la cité. A l'intérieur de l'enceinte circulaire, cinq édifices abritent des installations où se mêlent symbolique, mystère, philosophie, spirituel, mais sans doute aussi une pointe d'humour. Puis hors des murs circulaires, pour terminer la déambulation, s'élèvent la "Chapelle blanche" et son négatif la "Chapelle sombre", toutes deux très impressionnantes.

SAM_5357.JPG

SAM_5288.JPG

SAM_5289.JPG

SAM_5290.JPG

LES CINQ ESPACES DE L'ENCEINTE CIRCULAIRE

SAM_5350.JPG

Le musée vide
Dans la salle aux murs rouge foncé, les tableaux sont représentés par des taches de lumière. Au centre de la pièce, les divans confortables invitent à la méditation. La "Passacaille" pour orgue de Bach résonne. La musique remplace-t-elle les tableaux ? Quelle réflexion sur l'art peut-on en tirer ? En ce qui me concerne ce vide me comble.
SAM_5291.JPG

Manas
On trouve dans cet expace la maquette d'une ville utopique entourée de 8 montagnes qui, de leurs sommets, permettent de communiquer avec d'autres mondes. Au coeur de la ville, un cratère est rempli d'eau. Une ville identique inversée est suspendue au plafond, son cratère céleste diffuse une lumière vive qui arrive dans le cratère de la ville terrestre.
SAM_5330.JPG
détail d'un sommet de montagne
SAM_5332.JPG

Le centre de l'énergie cosmique
Il est extrêmement difficile d'expliquer cette maquette censée être un ensemble de bâtiments permettant de capter l'énergie du cosmos. Je n'ai pu qu'admirer l'étrangeté de la construction et rêver devant les dessins précis d'architecture qui l'accompagne.

SAM_5301.JPG

SAM_5293.JPG

SAM_5295.JPG
   
SAM_5296.JPG

SAM_5302.JPG

Plus à ma portée, Comment rencontrer un ange :
Maquette où un petit personnage a quitté son village, en jogging et sac à dos, pour gravir une immense échelle. Tout en haut il tend les bras vers l'ange. Plus qu'une figure de la religion, l'ange, très présent dans l'oeuvre des Kabakov, est une allégorie de l'aspiration au bonheur et à la sagesse. Kabakov donne d'ailleurs la recette du "comment changer", comment devenir meilleur. Il présente un modèle nous permettant de fabriquer deux ailes blanches en tulle et leurs attaches en cuir. Il suffit de s'isoler dans sa chambre, de mettre les ailes, de s'asseoir sans rien faire et en silence durant 10 minutes, puis reprendre ses occupations habituelles pendant deux heures mais sans quitter la chambre. Répeter ensuite la pause. En pratiquant cela durant deux ou trois semaines, l'effet des ailes blanches va se manifester. Les ailes doivent être rangées dans un coffret souple et mis sous clé dans une armoire à glace.

SAM_5305.JPG

SAM_5307.JPG
A noter que sur ce dessin l'échelle part du Grand Palais
SAM_5315.JPG

SAM_5314.JPG

Les portails
"Ils échappent au regard,
Comme si ils permettaient de sortir
mais pas d'entrer,
On ne les voit jamais enfants,
Mais ils finissent par apparaître, rarement
d'abord, puis de plus en plus souvent,
Le temps passe et les voilà, immobiles,
Ne quittant pas la ligne droite de l'horizon,
Impossible de connaître leur taille,
Mais le plus étrange est qu'ils ne percent
aucun mur
Et qu'aucun battant n'occupe leur cadre"

Un portail central ouvert marque le passage de la vie à l'au-delà. Quatre triptyques l'entoure représentant le même paysage peint à différents moments de la journée et de la nuit. Des vers sont inscrits sous chacun d'eux.
SAM_5324.JPG

SAM_5319.JPG

SAM_5321.JPG

SAM_5320.JPG

LA CHAPELLE BLANCHE
Comment ne pas être frappé par la dimension et par les murs blancs ponctués de peintures, fragments dispersés d'une fresque effacée par le temps ou petits instants sauvés d'une mémoire qui s'efface. Une tache sombre où l'on aperçoit trois visages rappelle l'Enfer des églises catholiques.
SAM_5335.JPG

SAM_5340.JPG

SAM_5339.JPG

LA CHAPELLE SOMBRE
Les murs sont recouverts du sol au plafond par deux triptyques. On pense à Rembrandt et à la peinture baroque des XVI et XVIIe siècle. Les tableaux, inversés, sont autobiographiques, combinant un trou noir central, des images soviétiques stéréotypées, et les souvenirs de la remise à Ilya Kabakov du prix impérial à Tokyo. Les taches blanches représentent les chiffons qui servent à nettoyer les pinceaux.
SAM_5343.JPG

Il y aurait  beaucoup  à dire sur cette exposition, chaque espace fait l'objet d'explications complexes difficiles à résumer, les dessins et les maquettes sont nombreux. Il faut parcourir réellement la cité pour ressentir une émotion, mes photos ne peuvent donner qu'une idée visuelle où le sensoriel n'a pas sa place. Je suis ressortie du Grand Palais enthousiasmée. J'y retournerai.

A voir et à revoir jusqu'au 22 juin.

Vous pouvez retrouver dans les articles de voir-ou-revoir les  "Monumenta" de Christian Boltanski et  de Daniel Buren  

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

L'IMAGIER DE LA SUEDE

Pour prendre un bain de fraîcheur, rien de mieux que d'aller au Petit Palais admirer les oeuvres de Carl Larsson : il nous emmène dans un monde de rêve où règne  bonheur et harmonie.
Carl Larsson est un symbole national en Suède. Ses ouvrages, largement diffusés, sont connus de tous les suédois. Deux de ses aquarelles sont particulièrement populaires : "Martine et le plateau du petit déjeuner", illustration de la couverture du "Livre de cuisine pour la maison", et "La pêche aux écrevisses" qui a figuré sur les passeports suédois.

Martine - aquarelle - photo web
martine.jpg

La pêche aux écrevisses- aquarelle - photo web -

la-peche-aux-ecrevisses.jpg

Comme pour Van Gogh, Léonard de Vinci, Monet...les grandes réussites ont un revers : les aquarelles et peintures de Larsson ont été reproduites de façon médiocre sur toutes sortes de supports, boites de gâteaux, sets de table, boites d'allumettes etc.
Cet enfant de famille très modeste, né à Stockholm le 28 mai 1853, qui deviendra le plus grand artiste de son pays, fait sa scolarité dans une école pour enfants pauvres. Ses dons artistiques lui permettent d'entrer dans la classe préparatoire à l'Académie Royale des Beaux-arts. On y copie des gravures sur bois. A dix neuf ans il entre à l'Ecole Modellskolan où il fait essentiellement du dessin de modèle vivant. Il espère obtenir la médaille royale qui permet de demander une bourse pour partir dans une capitale européenne. Il l'obtient en 1876 mais ne recevra jamais la bourse qui l'accompagne ordinairement.
Pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, il travaille depuis 1875 comme retoucheur-photographe et illustrateur.
En 1877, il arrive à Paris pour faire carrière dans la peinture académique et exposer au Salon. Le seul tableau accepté est le portrait de Carl Skanberg.  

portrait de Carl Skanberg - huile sur toile 63X46 cm - photo web
Carl_Larsson_-_Portratt_av_Carl_Skanberg.jpg

Malade et appauvri il retourne en Suède. Il revient pourtant en France en 1880, refusé à nouveau au Salon pour une oeuvre jugée licencieuse "Chez le peintre de la cour".
Il fait un séjour à Gretz-sur-Loing, petit village non loin de Barbizon. C'est un lieu prisé par les artistes désargentés, attirés par la proximité du chemin de fer et par l'accueil qui leur est réservé à l'Hotel Chevillon, aujourd'hui siège d'une fondation Suédoise qui reçoit des artistes scandinaves.
Ce séjour est le tournant de la carrière de Larsson : il y apprend la pratique de la peinture en plein air, et il rencontre sa future femme Karin Bergoo, fille d'un homme d'affaires (ils auront 8 enfants). Ensemble ils construisent leur oeuvre : en Suède ils transforment et décorent une petite maison, offerte par le père de Karin en 1888, située à Sundborn. Ils créent un environnement où se mêlent confort, bien être et beauté. Ils refusent la production industrielle et mettent en valeur l'artisanat. Ils mêlent tradition rustique, style japonais, art nouveau, créant un style original qui aura une influence sur le design du XXe siècle. Ils s'installent définitivement à Sundborn en 1901. De nos jours cette adorable maison (Larsson l'a représentée dans un album) est encore occupée par leurs descendants qui l'ouvrent de mai à Octobre aux touristes.

"Si je meurs, chose étrange qui peut se produire, je m'imagine que cette maison continuera à vivre, même si sa vie est un peu différente. Peut-être les arrière-petits enfants de mes enfants écriront-ils un nouveau livre sur elle. Tu l'achèteras, car toi, mon lecteur, tu ne dois pas mourir, tu ne dois jamais mourir." Carl Larsson - album Du côté du Soleil -

A partir de son arrivée à Gretz, en 1877, Larsson alterne les séjours entre la France et la Suède. Il obtient enfin une médaille de troisième classe au Salon de Paris pour ses aquarelles "Octobre" et "Les potirons", et l'Etat Français lui achète "l'étang de Gretz-sur-Loing".

L'étang de Gretz - 1883 -aquarelle - 54X77 cm - musée d'Orsay
l-etang1.jpg

A Paris, il étudie la peinture monumentale (il fera de nombreuses fresques en Suède), en Suède il est nommé professeur à l'Ecole de peinture du musée des Beaux-arts de Göteborg.
Si les portraits de sa famille, de ses amis, d'artistes sont nombreux, ses oeuvres les plus illustres sont ses albums qui continuent d'être réédités : "Les Miens, vieux bric-à-brac de CL", "Notre maison et notre famille", "Les Larsson", "Spadarvet ma petite ferme", "Du côté du soleil", "Les enfants des autres".
C'est par ces albums, qui décrivent sa vie familiale dans sa maison colorée, que Larsson s'est imposé comme aquarelliste exceptionnel et a influencé la décoration intérieure en Suède.
Il décède le 22 janvier 1928, quelques jours après avoir terminé sa biographie.
Si vous n'êtes pas très loin de Paris, ne manquez pas d'aller voir les oeuvres de cet artiste original, mises merveilleusement en scène par le Petit Palais, jusqu'au 7 Juin 2014.
 
Entrée de l'exposition - photo MP
SAM_5193.jpg
photo mp
SAM_5194.jpg
 

Autoportrait au chevalet - 1895 - aquarelle 50x34,5cm - photo web204px-Larsson_-_Self_Portrait.jpg

Portrait d'August Strindberg 1899 - fusain et huile sur toile 59x39cm
Larsson a entretenu avec Strindberg des liens amicaux qui , au fil des années, sont devenus de plus en plus tendus  jusqu'à devenir haineux.

August_Strindberg_-1899-_painted_by_Carl_Larsson.jpg

Paysage d'hiver - vers 1886 - pastel 64x40cm - Toulouse musée des Augustins - photo web
051-037.jpg

Automne 1884 Aquarelle 92x60cm - Stockholm Nationalmuseum - photo web
automne.jpg
 Esbjörn Larsson convalescent  - aquarelle 1917 - 107x73,5cm - photo web
scan-8.jpg
Le matin de Noël - 1894 - aquarelle 60x43cm - photo web
scan5.jpg
 ALBUM "NOTRE MAISON"
 photos web - Aquarelles 32x43cm
Carl_Larsson_Ett_hem_1899-une-maison-1024x749.jpg
   
scan1.jpg
entre noel et jour de l'an

entre-noel-et-j-de-l-an.jpg
la cuisine
la-cuisine.jpg
l'atelier
scan2jpg.jpg
  la chambre de papa 
scan3.jpg
 Lisbeth pêchant à la ligne
scan6.jpg
la cour et la buanderie  

scan4.jpg

AUTRES ALBUMS - couvertures
A-Family_NEW.jpg

A-Farm_NEW.jpg

A-Home_NEW.jpg
 

 

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Autres

La musique n'est pas l'objet de ce blog, mais,  tout à fait exceptionnellement,  je veux vous faire partager la grande émotion  que j'ai eue,  hier,  à l'auditorium du Louvre.   J'assistais au concert de Nobuyuki Tsuiji, dit Nobu, pianiste virtuose et compositeur de 26 ans, aveugle de naissance.

Nobu a remporté à 7 ans le premier prix de la All Japan Music of Blind Students de l'association Helen Keller de Tokyo, puis à 21 ans le premier prix et la médaille d'or du prestigieux concours international van Cliburn, ex-aequo avec le chinois Haochen Zang. Il a joué à Tokyo, New-York, Washington, Berlin, Boston, Milan, Munich....Il existe des partitions en braille, mais  Nobu  apprend à l'oreille :  à deux ans, il joua Jingle Bells sur un piano jouet, sa mère lui avait fredonné l'air.

J'ai trouvé sur youtube l'un des morceaux qu'il a interprété hier : la troisième étude d'après Paganini, "La campanella" S 141 de Lizt. Sur cette vidéo Nobu vient de donner un concert avec l'orchestre philharmonique de la BBC. Il joue cette étude après un rappel. Le public est aussi enthousiaste et ému que celui de l'auditorium hier...    


 

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Peintres

        Soyons honnêtes, avant d'avoir lu un entrefilet annonçant le retour, au Petit Palais à Paris, du tableau "Les Halles", son signataire Léon Augustin Lhermitte m'était totalement inconnu.
La curiosité, vilain défaut mais bonne qualité, me fait incessamment me rendre au Petit Palais pour découvrir ce peintre dont l'arrière petit-fils est Thierry Lhermitte,  acteur bien connu en France.

Léon Lhermitte (1844-1923) est né à Mont-Saint-Père dans le département de l'Aisne. Son père, instituteur, encourage son don pour la peinture et le laisse s'inscrire à l'Ecole Impériale de dessin à Paris, il a dix neuf ans. Il apprend la peinture de plein air avec Horace Lecoq de Boisbaudran, qui a également eu pour élèves Rodin, Legros, Fantin-Latour...
Il expose au Salon de 1864 des dessins proches de l'art de Millet. La consécration vient après 1880 avec des peintures de grand format et le succès populaire de "La paye des moissonneurs", que l'Etat lui achète le jour même de l'ouverture du Salon. Léon Lhermitte est consacré "peintre des paysans". Suivent alors commandes officielles et honneurs : Grand Prix de l'Exposition universelle 1889, Légion d'Honneur en 1884 (Officier en 1894 et Commandeur en 1911). En 1890 il adhère à la Société Nationale des Beaux-arts et en deviendra, à la suite de Rodin, vice-président. Il est élu membre de l'Institut en 1905.
En 1888, Léon Lhermitte est choisi pour exécuter un tableau destiné à l'Hôtel de Ville de Paris. Il propose de représenter les arrivages aux Halles.
Le tableau est exposé au Salon en 1895 où il obtient un grand succès. En 1902, cette oeuvre monumentale est marouflée sur un mur à l'Hôtel de Ville, dans le passage qui relie le cabinet du préfet au salon des Lettres. Le passage s' avérant un "passage où l'on ne passe jamais", l'oeuvre est déplacée et accrochée au Petit Palais. En 1942, nouveau déplacement : la toile est roulée et entreposée au dépôt municipal d'Auteuil puis d'Ivry. Elle tombe dans l'oubli.
En 2013, le tableau est restauré et prêté au musée de la Civilisation du Québec pour l'exposition "Paris en scène 1889-1914". Revenu en France depuis le mois de mars, il a retrouvé sa place initiale dans la galerie zénithale du Petit Palais.

Je découvre ce tableau d'une belle harmonie grise,   et suis immédiatement séduite.  Mon regard va et vient dans le fourmillement des personnages qui s'agitent au petit matin : marchande de soupe, porteurs de volailles, vendeuses de légumes et de fruits colorés...C'est une description réaliste des Halles de la "belle époque" et d'un passé révolu (les Halles ne sont plus, depuis 1969, dans le quartier du Châtelet mais dans le Val de Marne, à Rungis), d'ailleurs les personnages du tableau se parlent, s'interpellent, se regardent, mais aucun n'est tourné vers nous, ils vivent dans un monde éloigné du notre et comptent bien y rester. C'est le monde des Rougon-Macquart, plus précisément celui du "Ventre de Paris", et tout le tableau de Léon Lhermitte tient dans quelques pages du livre d'Emile Zola, dont voici un petit extrait :

".../C'était une mer. Elle s'étendait de la pointe Saint-Eustache à la rue des Halles, entre les deux groupes de pavillons. Et, aux deux bouts, dans les deux carrefours, le flot grandissait encore, les légumes submergeaient les pavés. Le jour se levait lentement, d'un gris très doux, lavant toute chose d'une teinte claire d'aquarelle.../...A l'autre bout, au carrefour de la pointe Saint-Eustache, l'ouverture de la rue Rambuteau était barrée par une barricade de potirons orangés, sur deux rangs s'étalant, élargissant leurs ventres. Et le vernis mordoré d'un panier d'oignons, le rouge saignant d'un tas de tomates, l'effacement jaunâtre d'un lot de concombres, le violet sombre d'une grappe d'aubergines, ça et là, s'allumaient ; pendant que de gros radis noirs, rangés en nappes de deuil, laissaient encore quelques trous de ténèbres au milieu des joies vibrantes du réveil./..../Cependant, la foule des bonnets blancs, des caracos noirs, des blouses bleues, emplissait les étroits sentiers, entre les tas. C'était toute une campagne bourdonnante. Les grandes hottes des porteurs filaient lourdement au dessus des têtes. Les revendeurs, les marchands des quatre-saisons, les fruitiers, achetaient, se hâtaient.../"

Installation du tableau au Petit Palais - (404x635cm) photo WEB

viewmultimediadocument.jpg
    photo web
img-les-halles-large

Photos MP
SAM 5168

SAM 5173

SAM 5175

SAM 5172

SAM 5182

SAM 5179

SAM 5177

SAM 5178

SAM 5176

SAM 5180

SAM 5184

SAM 5181
   
La paye des moissonneurs - huile sur toile 215x272 - 1882 - Musée d'Orsay PARIS - photo web
41_00088324-leon-augustin-lhermitte_la-paye-des-moissonneur.jpg

Léon Lhermitte - photo web
120851465818693.jpeg 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>