Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Voir-ou-revoir

Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Etrangers

On ne sait trop où Vincent Willem van Gogh s'était procuré le révolver avec lequel il se tira une balle dans la poitrine le 27 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise, quelque part dans les champs. Pourquoi ce geste dramatique ? Etait-ce la folie qui l'a rattrapé une dernière fois ? La passion pour son propre chemin de croix ? La conscience d'être une charge pour son frère Théo et le libérer en lui laissant des tableaux dont la valeur ne tarderait pas à croître après sa mort ? (Il avait été très frappé par la vente de l'Angélus de Millet à un demi million de francs dès après sa mort).
Vincent se traîne jusqu'à sa petite chambre du café Ravoux où il a pris pension. Le docteur Gachet décide de ne pas extraire la balle et de garder espoir. Le 28 Vincent attend la mort calmement couché dans son lit en fumant la pipe. Il meurt le 29 au matin en présence de Théo "Je voudrais que ce soit fini". Il est enterré le 30 juillet. Le cimetière se trouve au milieu des blés, la moisson n'est peut-être pas encore faite, quelques corbeaux tournent dans le ciel.
Dans les soixante dix tableaux et les trente deux dessins que van Gogh peint entre son arrivée à Auvers, le 21 mai, et ce jour de juillet, à l'exception du "Champ de blé avec corbeaux" rien ne paraît annoncer cette fin tragique. Les couleurs sont d'une fraîcheur extraordinaire : des bleus, des verts, des violets, parfois des roses.
Comment résumer une vie aussi passionnante, à la fois lumineuse et sombre, lumineuse par la foi en Dieu et en la peinture, sombre par la pauvreté et la dureté de l'existence. Je ne peux donner ici que de brèves indications et conseiller de plonger dans les biographies de Vincent et dans ses lettres à Théo dont l'écriture est remarquable.
Vincent, c'est ainsi qu'il signe ses tableaux, naît le 30 mars 1853 au presbytère de Groot Zundert (Pays-Bas), fils du couple de pasteurs Théodorus et Anna Cornelia van Gogh. Jour pour jour, un an auparavant, est venu au monde un enfant mort-né. On donne à Vincent le même prénom qu'au petit mort-né, Vincent Willem. Suivront cinq autres enfants, dont Théo qui deviendra son soutien.
La famille mène une vie simple. Le père de Vincent à dix frères et soeurs, trois frères sont marchands d'objets d'arts, l'un deux, l'oncle "Cent" est associé à la chaîne des galeries de l'éditeur parisien d'art Goupil et Cie.
En 1869, Vincent entre comme apprenti à la filiale Goupil de la Haye spécialisée dans la reproduction d'estampes. En 1873 il est muté à Londres. Ce qui devait représenter une récompense se transforme en une expérience de solitude qui le marquera pour la vie : il tombe amoureux de la fille de sa logeuse, il est éconduit. Cet amour malheureux le rend taciturne et renfermé. Il délaisse tous les livres pour un seul : la Bible. Le chiffre d'affaires de la filiale chute. En 1876 il est licencié.
Ses parents acceptent alors qu'il prépare à Amsterdam des études de théologie. Il ne sera pas admis pasteur mais il peut être prédicateur laïque. Envoyé en 1878 dans la région minière belge du Borinage auprès des plus pauvres parmi les pauvres, il s'installe dans une masure, partage ses vêtements, se nourrit d'eau et de pain. On ne renouvellera pas le contrat de ce prédicateur qui prend trop à la lettre le modèle évangéliste.
Totalement démarqué n'ayant de talent ni pour devenir marchand d'art (métier qu'il a détesté) ni pour être pasteur, Vincent écrit en 1880 une longue et déchirante lettre à Théo dans laquelle il lui fait part de son inébranlable décision de consacrer désormais sa vie à la peinture.
Il s'inscrit aux Beaux Arts de Bruxelles. Il est accueilli par Anton Mauve, le beau-frère de sa mère et l'un des peintres les plus connus de l'époque qui le conseille durant plusieurs mois.
En avril 1881 il retourne à Etten où son père occupe le poste de vicaire mais il doit quitter la maison paternel à Noël après une violente dispute. Il s'installe à La Haye et recueille "Sien", une prostituée plus âgée que lui, qui a une fille et est enceinte d'un deuxième enfant. Plus d'aide familiale, les problèmes financiers sont un fardeau. Au bout d'une année Sien doit "retravailler". Théo fini par convaincre Vincent de la quitter.
A l'automne 1883 il se retire à Drente, solitaire et blessé, et peint presque exclusivement les cabanes des paysans, puis, en fils prodigue, il retrouve ses parents à Nuenen à Noël.
L'été 1883 il a écrit à Théo une lettre prophétique :
"Non seulement j'ai commencé relativement tard à dessiner, mais il se peut même fort bien que je ne puisse plus compter sur de nombreuses années de vie.. En ce qui concerne le délai me permettant encore de travailler et que j'ai encore devant moi, je crois, sans être irréfléchi, pouvoir supposer la chose suivente : mon corps parviendra quand bien même à résister encore un certain nombre d'années - un certain nombre, disons entre six et dix... en l'espace de quelques années je dois réaliser un certain travail, je n'ai pas besoin de me dépêcher outre mesure, car cela ne mène à rien de bon - mais je dois, en toute tranquilité et décontraction continuer à travailler, aussi régulièrement et concentré que possible, de manière aussi claire et nette que possible, le monde ne me concerne que dans la mesure où je possède en quelque sorte, une certaine dette et obligation - parce qu'en effet, ça fait trente ans que je déambule sur cette terre - de léguer, par gratitude, un certain souvenir sous la forme d'un travail de dessin et de peinture - non créer pour plaire à telle ou telle tendance, mais pour exprimer un pur sentiment humain. Ce travail est mon objectif...."
C'est ce qu'il fera durant les années qui vont suivre, envoyant à Théo tout son travail en échange de son aide financière. Vincent reste à Nuenen jusqu'à la mort de son père, puis va à Anvers où il s'inscrit à l'Académie des beaux arts quelques mois. Il rejoint Théo à Paris en 1886 (demeurant d'abord chez Théo puis rue Lepic). Il avait jusqu'alors le soutien de Théo il a maintenant sa reconnaissance. Théo profite des liens de Vincent avec de jeunes artistes pour affirmer sa réputation de galeriste. Durant son séjour à Paris Vincent peint deux cent trente tableaux, plus que pendant tout autre période de sa vie. Pour parfaire son utilisation des couleurs fraîches il copie des motifs japonais très en vogue depuis l'exposition universelle de 1867 et se prend de passion pour la peinture japonaise, collectionne les estampes.
Il part à Arles en février 1888 comme s'il partait au Japon et loue en mai la "maison jaune". C'est là que Gauguin viendra le rejoindre en octobre. Leurs violentes querelles à propos des problèmes artistiques et le départ de Gauguin conduiront à l'accès de démence de Vincent en décembre et à l'épisode de l'oreille coupée connu de tous. Arles sera la période la plus importante et la plus féconde de sa vie.
Après un séjour à l'hôpital Vincent retrouve sa "maison jaune" mais sur une pétition des habitants d'Arles qui l'appelle "le fou roux" sa maison est fermée par la police. De lui même il se rend en mai 1889 à l'asile de Saint-Paul-de-Mausole, près de Saint-Remy. On lui a donné une petite pièce vite transformée en atelier. Il y peint pendant une année avec encore plus d'acharnement qu'à Arles cent cinquante toiles et des centaines de dessins, interrompu seulement par trois crises durant lesquelles l'ombre et la lumière disputent son cerveau.
En janvier 1890, un premier article lui est consacré dans le "Mercure de France", en mars il vend "La vigne rouge" 400 fr (850 € d'aujourd'hui) à l'exposition des XX à Bruxelles, le seul tableau qu'il aura vendu de son vivant (il se trouve maintenant au musée Pouchkine à Moscou). En mars Vincent est représenté par dix tableaux au "Salon des indépendants" à Paris.
Théo inquiété par les mauvaises nouvelles qu'il reçoit, obtient du Docteur Gachet qu'il prenne Vincent auprès de lui à Auvers-sur-Oise et qu'il le soigne, jusqu'à ce 27 juillet 1890. Vincent à 37 ans, en l'espace de dix ans il aura accompli une oeuvre considérable.
Depuis 1973, Van Gogh a son musée à Amsterdam. A l'origine y étaient exposées presque uniquement les oeuvres de la collection de la famille van Gogh réunies par Théo. Aujourd'hui la collection comprend 220 tableaux, 500 dessins et 800 lettres de Vincent. Le Rijksmuseum Kröller-Müller à Otterlo possède également un nombre important de dessins et de tableaux de Vincent ainsi que de nombreux musées dans le monde entier.

"Il faut espérer que de si grands hommes qui ont été méprisés ou persécutés de leur vivant puissent recevoir un jour la récompense qui les fuyait sur terre quand ils auront atteint une sphère où ils jouiront d'un bonheur que nous ne pouvons pas nous imaginer et auquel vient encore s'ajouter celui d'être, en observant de là-haut, témoins de la justice avec laquelle leur descendance leur rend hommage". Eugène Delacroix

Comme bien d'autres, je connaissais par coeur sa dizaine de toiles surmédiatisées, j'avais vu le film de Pialat, j'avais déjeuné à l'auberge Ravoux et visité la petite chambre : je croyais connaître van Gogh...
A Amsterdam, Noël dernier, je me suis rendue au Musée Van Gogh, je dois l'avouer, sans grand enthousiasme. Ma visite a été un choc à la vue des dessins et des peintures méconnues. Mon émotion se prolonge à la lecture d'une biographie en deux volumes (édition Taschen) et je la poursuivrai avec l'intégralité des lettres à Théo. Je ressens une véritable tendresse pour cet ascète au coeur noble, ami zélé des pauvres et une admiration sans borne pour le peintre pionnier du Moderne qui ne cherchait pas la gloire mais la perfection. J'espère qu'il me pardonnera d'avoir mis tant d'années avant de faire réellement connaissance avec lui.

QUELQUES OEUVRES  DU MUSEE D'AMSTERDAM - Photos MP
Lettre à Theo - 3 mars 1882

22.jpg

Vielle femme au châle - 1882 - comme décrit dans la lettre - encre et aquarelle sur papier

23.jpg

Entrée du Mont de piété - 1882 - encre à la plume et au pinceau, gouache blanche sur papier

24.jpg

Paysan bêchant - 1882 - lithographie

26.jpg

Chaumières - 1883 - huile sur toile

7.jpg

La récolte de pomme de terre - 1883 - huile sur papier
8.jpg

Tisserand et enfant dans une chaise haute - 1884 - encre et aquarelle sur papier
9.jpg

Lettre à Theo
10.jpg

Portrait d'un vieil homme - 1885 - huile sur toile
11.jpg

 Femme assise - 1885 - encre à la plume et au pinceau sur papier
31.jpg

Citrons, poires et raisins - 1887 - huile sur toile
12.jpg

Couple place St Pierre - 1887 - huile sur toile
14.jpg

Bord de seine - 1887 - huile sur toile
15.jpg

Autoportrait - 1887 - huile sur carton
33.jpg

Route le long des remparts de Paris - 1887 - encre et aquarelle
30.jpg
   
Choux rouges et oignons - 1887 - huile sur toile
32.jpg

Le pêcher rose - 1888 - huile sur toile
16.jpg

Le verger blanc - 1888 - huile sur toile
17.jpg

Les Saintes Maries de la Mer - 1888 - Huile sur toile
19.jpg

Pelouse fraichement tondue avec un arbre pleureur - 1888 - Huile sur toile
20.jpg

Les rochers de Montmajour - 1888 -
21.jpg

Arbres et arbustes dans le jardin de l'asile - 1889 - huile et encre sur papier
29.jpg

Paysans d'après Millet - 1889
36.jpg

37.jpg

Maisons à la campagne - 1890 - encre, aquarelle et huile sur papier
28.jpg

La resurection de Lazare d'après Rembrandt - 1890
35.jpg

35-bis.jpg


Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Etrangers


Avant de poursuivre la visite des 30 salles du second étage consacrées au Siècle d'Or (XVIIe) un coup d'oeil sur la magnifique bibliothèque.SAM_4363-copie-1.jpg

SAM_4362-copie-1.jpg

Le choix des oeuvres qui suit est  évidemment très subjectif et ne donne qu'une toute petite idée de la richesse du musée qui comprend  quatre niveaux. 

Boite de peinture 17e/18e siècle hollandais
014.jpg

Cornelis Dusart -  1690 - l'Artiste et son modèle - encre brune rehaut gris et noir - pierre noire
037.jpg

Adriaen Van Ostade - Homme assis - 1675 - encre noire et brune, aquarelle
034.jpg

Adriaen Van Ostade  - La boutique du barbier - 1673 - encre brune, aquarelle
033.jpg

Adriaen Coorte - 1698 - Pêches
039.jpg

Gerrit Adriaensz Berckheyde - 1672 - Hôtel de ville d'Amsterdam - Place du Dam - huile sur toile
Le symbole de la prosperité et du pouvoir d'Amsterdam au "Siècle d'or" est le nouvel hôtel de ville construit à partir de 1648 avec des pierres importées d'Allemagne. Il repose  sur  13000 pilotis en bois.
043.jpg

On le retrouve inchangé en 2013
SAM_4534.jpg

Attribué à Hendrik de Keyser - 1615 - petite sculpture sur bois
016.jpg

Adriaen Van de Velde - Couple dans la campagne - 1667 - huile sur toile
024.jpg

024ter.jpg

Jacob Isaacksz van Ruisdael - 1668/1670 - Moulin à Wijk bij  Duurstede - huile sur toile
023.jpg

Jacob Isaacksz van Ruisdael - Cascade dans la campagne - huile sur toile - 1668
022.jpg

Salomon van Ruysdael - 1634 - huile sur bois - Cottage dans la campagne
013

013detail.jpg

Jan Van der Heyden - 1670 -  Huile sur bois - Amsterdam - le vieux Haarlemmersluis
042.jpg

Dès le début du XVIIe siècle les Hollandais, grands marchands et navigateurs, contrôlent les routes maritimes de la mer Rouge au golfe du Tonkin. Ils poussent jusqu'à Bornéo. Tous les étrangers sont chassés du Japon à l'exception des Hollandais seuls autorisés à commercer au départ d'une île au large de Nagasaki. En 1621 les Hollandais achètent aux Indiens une île au bord de l'Hudson, appelée Manhattan (en indien "île céleste" ou "île aux collines") et fondent la Nouvelle-Amsterdam. ils s'emparent de places fortes au Venezuela et au Bresil....c'est le "Siècle d'or".... mais les rêves de grandeur ne durent souvent que le temps d'un rêve !

SAM_4319.jpg

Adam Willaerts - 1614 - Huile sur bois
015.jpg

015bis.jpg

Willem  Van de Velde - La bataille de Dunkirk - 1659 - Encre sur toile
Découverte d'une technique très pure et qui m'était inconnue.

018.jpg


018bis.jpg

Willem van de Velde - la bataille de Livourne - détail - 1659 - encre sur toile
019.jpg

Ludolf Bakhuysen - 1695 - Bateaux dans la tempête - huile sur toile

020.jpg

020ter.jpg


Jan Van de Cappelle - huile sur bois - 1650
45.jpg

45bis.jpg  

 Un dernier regard sur le grand hall, et la promesse de revenir. ...

SAM_4263.jpg

PHOTOS MP 

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Etrangers

 

La semaine de Noël, j'ai retrouvé Amsterdam que je n'avais pas vue depuis longtemps. J'ai eu beaucoup de plaisir à revoir la ville et son réseau de canaux en forme de toile d'araignée (ceux du XVIIe sont depuis 2010 inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO). A l'origine ce n'était qu'un village de pêcheurs. Au XIIe un barrage (dam) fût construit sur la rivière Amstel, le village prit le nom d'Amsteldam qui devint par la suite Amsterdam, et c'est à cet endroit précis que se trouve la place la plus connue de la ville, la place du Dam (ci-dessous).
place-du-dam.jpg
    Canaux
canaux
Amsterdam n'est pas très étendue, sa visite se fait très agréablement à pied. L'ambiance y est décontractée, les Amstellodamois sont accueillants. Les vélos, plus nombreux que les habitants (880.000 vélos - 790.000 habitants) envahissent la ville à l'arrêt comme en circulation ; certains parkings à vélos comme celui de la gare sont impressionnants.
On ne peut qu'aimer Amsterdam, harmonieusement marquée par la forte présence de l'eau comme le sont les trois villes de mon coeur, Paris, Venise et New-York.
....Mais la vocation de mon blog n'est-elle pas l'évocation des musées ?
Je commencerai, aujourd'hui, par le Rijksmuseum. Situé près du Vondelpark, il a rouvert ses portes en avril 2013 après des années de travaux.
Je l'ai visité le matin précédent le réveillon de Noël, c'était le jour idéal : pas de groupes, peu de monde dans les salles, tout juste quelques difficultés à s'approcher des oeuvres universellement connues (La ronde de nuit de Rembrandt - annoncée comme le chef d'oeuvre qu'on se doit d'avoir vue au moins une fois dans sa vie, mais ce n'est pas "mon coup de coeur" - La laitière de Vermeer - devenue objet publicitaire, à coup sur, contre la volonté de Vermeer). Nous connaissons ce même phénomène au Louvre où la ruée des aspirants-contemplateurs de la Joconde sont canalisés par un fléchage dès leur entrée.
Je vous propose dès lors de me suivre dans les salles du "Rijks" qui, au deuxième étage, sont consacrées au siècle d'or (1600 à 1700). Je ne ferai pas de commentaires, je vous laisse regarder pour ce premier article les peintures de portraits qui m'ont attirée.

Le Rijks vu du canal
045

L'entrée
    046
               
Frans Hals - 1635 - Huile sur toile - Portrait d'une femme
003.jpg

Cesar Boetius Van Everdingen- 1648 - huile sur toile
Jeune femme se chauffant les mains au dessus d'un brasero - Allégorie de l'hiver
004.jpg

Attribué à Ferdinand Bol - 1640/1645 - Huile sur toile - Portrait d'une vieille femme, peut-être Elisabeth Bas
009.jpg
   
009bis.jpg

Rembrandt - 1639 - Portrait d'une femme -probablement Maria Trip - Huile sur toile
006-copie-1.jpg

Rembrandt- 1693 - Portrait de Johannes Wtenbogaert - Huile sur toile
007.jpg

Rembrandt - 1628 - Autoportrait - huile sur bois
010.jpg

Antony Van Dyck - 1640 - Willial II Prince d'Orange et sa femme Mary Stuart - Huile sur toile
008.jpg

Jacob Jordaens - Portrait de Rogier le Witer - 1635 - huile sur toile
017.jpg
        
Frans Hals - 1635 - Portrait de Feyntje van Steenkiste - Huile sur toile
026.jpg
   
026bis.jpg

Frans Hals - 1628/1630 - Un milicien tenant un verre connu comme "le joyeux buveur". huile sur toile
025.jpg

Jan de Baen - 1670 - Johanna le Gillon, femme de Hieronymus van Beverningk - huile sur toile
032.jpg


032bis.jpg

Galerie d'honneur, au fond "La ronde de nuit"
028.jpg

Frans Hals - 1639 - Portrait de Maritge Claesdr Vooght - huile sur toile
    027.jpg
détail
27bis.jpg

Bartholomeus van der Helst - 1642 - Portrait de Gerard Andriesz Bicker - Huile sur toile -
031.jpg

Jan Havicksz Steen - 1655 - femme à sa toilette
041.jpg
   
Rembrandt - Portrait de Haesje van Cleyburg - huile sur toile 1634
011-copie-1.jpg

Rembrandt - Une vieille femme lisant  - probablement la prophètesse Hannah - Huile sur bois - 1631
    012.jpg

021ter
   
Et pour finir le tableau de rembrandt qui m'émeut le plus par sa tendresse, l'éblouissante association des couleurs jaune et rouge et la densité de la matière. Le voir et le revoir est un bonheur. 
    "La fiancée juive" 1667
    1200px-Rembrandt_Harmensz__van_Rijn_-_Het_Joodse_bruidje.jpg

021bis.jpg    

AUTRE ARTICLE SUR LE RIJKS A PARAITRE PROCHAINEMENT ....

Photos MP

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Peintres

    038.jpg

Plus de trois siècles me séparent de "La femme écrivant une lettre". Sur sa table le luth lui donne l'inspiration poétique et au premier plan le chien évoque sa fidélité. Elle s'applique à écrire quelques lignes. Tout laisse à penser qu'il s'agit d'un courrier destiné à l'être aimé. Dans l'ombre un messager attend humblement le pli qu'il portera au destinataire. Va-t-il parcourir à cheval plusieurs lieues pour remettre la lettre ? Le voyage va-t-il durer plusieurs jours, être dangereux ?

En ce dernier jour de l'an 2013 je n'écris pas avec une plume d'oie, j'utilise le clavier d'un ordinateur, je n'ai nul besoin d'un messager, d'un "clic" les quelques mots qui suivent vont s'envoler aux quatre coins du monde et pourront être lus dans l'instant : n'est-ce pas merveilleux ?

                                   Bonne et heureuse année 2014

                           que tous vos souhaits se réalisent

Très sincèrement et bien amicalement

Michèle Pellevillain

Frans Van Mieris (1635-1680)
"Femme écrivant une lettre" 1680 - huile sur bois - Rijksmuseum Amsterdam -  
Resté à l'ombre de Rembrandt ou Vermeer, Frans Van Mieris n'en est pas moins l'un des représentants du Siècle d'Or hollandais. Il a été reconnu de son vivant pour ses scènes de la vie quotidienne et pour sa technique rappelant la netteté de la porcelaine.
Photo MP


 

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Peintres

Ce petit enfant merveilleusement beau au regard lointain, croque dans une figue. Il est auréolé d'or, couleur céleste, habillé de rose, emblème de la sagesse divine. Sa mère, au visage pur, regarde elle aussi l'horizon. Elle ne tient pas l'enfant serré contre elle, ses mains semblent nous l'offrir et l'on éprouve un irrésistible désir de le prendre dans nos bras.
L'enfant s'appelle Jésus, on le dit né à Bethleem la nuit du 24 au 25 décembre au moment du solstice d'hiver qui annonce une nouvelle période : l'arrivée de la lumière.
Je souhaite à mes fidèles lecteurs, avec ce tableau émouvant, un Noël heureux et lumineux.
Amicalement

Michèle Pellevillain

photos MP

SAM_4046.jpg

SAM_4047.jpg

SAM_4045.jpg

SAM_4044.jpg

Ambrogio LORENZETTI
Connu à Sienne en Toscane à partir de 1319 - Sienne, 1348
La Vierge et l'Enfant - vers 1330-1335
Panneau central d'un polyptyque dont les autres éléments n'ont pas été identifiés. Acquisition par le musée du Louvre en 1998.
La figue est parfois considérée comme le fruit de l'Arbre de la Connaissance, et symbolise par extension le péché originel.

 

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

        
Zeng Fanzhi est né en 1964 à Wuhan en Chine. Formé à l'Ecole des Beaux-Arts de sa ville natale il découvre l'art contemporain chinois et occidental . On décèle dans son travail les influences de Bacon, Pollock et Warhol.
Avec quelques unes de mes photos, je vous propose de visiter cette exposition telle que je l'ai parcourue.
 L'accrochage des oeuvres de l'ensemble de sa carrière est fait à rebours de 2013 à 1990. J'ai surtout été impressionnée par les grands paysages du hall et de la première salle. 

   
2013 untitled, réalisé pour le hall de l'exposition


2013-untilted.jpg

Zeng Ganzhi peint l'entremêlement des branches et lianes  avec un pinceau dans chaque main, une main travaille de façon précise, l'autre plus librement.

2012 - untitled
2012-untilted.jpg

2012 - Untitled
2012-untilted2.jpg
    
2012 pure lande 
2012-pure-land.jpg

Détail
03.jpg

2012 - hare - inspiré par le dessin d'Albrecht Dürer

    2012 hare

détail
05

2009 - Self portrait
2009 self portrait

2005 - Night
    2005-night.jpg

2004 - Portrait
2004-portrait.jpg
détail
c13.jpg

2044 Idealism
2004-idealism.jpg
   
2003 - watermelon - La pastèque apparaît souvent dans les tableaux de Zeng Fanzhi :  souvenir d'un voyage au cours duquel il s'est nourri presque exclusivement de pastèque ; il avait alors 17 ans.
2003-watermelon.jpg

2001 - The last supper - deux symboles :  l'oeuvre de Leonard de Vinci, La Cène, et allusion politique (foulards rouges). La pastèque fait office de pain et de vin.
2001-the-last-supper.jpg

c31.jpg

MASQUES - Zeng Fanzhi s'installe à Pekin en 1994. Il se sent isolé dans cette grande métropole qui compte déjà dix millions d'habitants. Il réalise que "personne ne peut vivre sans masque" et que la personnalité des gens qu'il croise n'est jamais dévoilée au grand jour.

1997 - masque 8
1997-mask-8.jpg

1996 - Mask 6
1996-mask-6.jpg
           
1994 Mask 13

1994-mask-13.jpg

Dans la dernière salle  : les premières oeuvres de Zeng Fanzhi. L'influence de Chaïm Soutine apparaît évidente.
La série des "Hopitaux" débute en 1991. Zeng Fanzhi habite à proximité d'un hôpital et c'est le seul endroit où les étudiants peuvent disposer d'une salle de bain : il s'y rend quotidiennement et peint Hospital Triptych n°1 à l'occasion de son diplôme. Le centre  du triptyque est conçu comme une Piétà.

1992 - Meat

1992-meat.jpg


1991 - Hospital Triptych
1992-hospital-triptyque.jpg

1990 untitled
1990-untitled.jpg

1990 - The man in melancholy
1990-a-man-in-malancholy-copie-1.jpg

Très intéressante exposition par la diversité des thèmes et des techniques.
Jusqu'au 16 Février 2014 - Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
                                               
                                                        °°°°°°°°°°°°

En ce moment également au MAM et jusqu'au  9 février :
DECORUM TAPIS ET TAPISSERIES D'ARTISTES.

Du plaisir à se promener parmi les centaines de créations : tapis, tapisseries, sculptures textiles.

Deux grandes tapisseries de Picasso.

tapisserie-picasso2-copie-1.jpg

tapisseries-picasso.jpg
   

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Graveurs

       
Dans mon article précédent, j'ai présenté de nombreuses xylographies réalisées par Félix Vallotton autour des années 1900. La passionnante exposition du Louvre, Les origines de l'estampe en Europe du Nord 1400-1470, nous ramène ainsi cinq siècles auparavant et nous présente les techniques alors utilisées, la xylographie, le burin et celle plus méconnue du criblé.

Les historiens s'accordent en effet, aujourd'hui, sur le fait que le pôle de développement et d'expérimentation de l'estampe se situe dans les pays germaniques entre 1400 et 1430. Il faut se rappeler néanmoins que l'estampe s'est aussi développée au XVe en France en Italie et dans les Flandres.

Etapes résumant les débuts de l'estampe en Europe du Nord
   
1400 - premières xylographies - productions anonymes - Le bois Protat
1440 - essor de la xylographie et premières gravures sur métal (burin)
1450 - premières gravures au criblé
1450 - premier graveur identifié d'après un monogramme - Le Maître ES (env.1420-1468)
           autres graveurs désignés sous les noms de : Maître des cartes à jouer - Maître au
           Banderoles - Le Maître de la Mort de Marie - ; et de biens jolis noms pour les graveurs
           qui travaillent avec les enlumineurs : Maître des bordures à fleurs - Maître des jardins
           d'amours.
1470 - l'estampe se généralise, elle est pratiquée par des artistes qui ne sont pas seulement des
          graveurs, le plus illustre Martin Schongauer (1450-1491)
A noter : l'eau forte fera son apparition en 1500.

Premières xylographies

Elles sont peu nombreuses, estimées pour la période de 1400 à 1440 à environ 70 estampes.

Le bois Protat

C'est la première xylographie connue.
Le bois Protat (du nom de son premier propriétaire, Jules Protat imprimeur) a été retrouvé vers la fin du XIXe siècle dans une maison de Laives au sud de Chalon-sur-Saône (elle servait de calage à un dallage ou un escalier). Son lieu de création reste encore un mystère. Les historiens penchent les uns pour la France, les autres pour l'Allemagne du sud. La datation oscille autour de l'année 1400.
Le bois de noyer conservé mesure 23cm dans sa largeur la plus longue et environ 58 cm de haut. Il est gravé des deux côtés, tête-bêche. Sur la face la mieux conservée, la crucifixion, le bras du Christ, qui apparaît en haut de l'image, a permis aux historiens de considérer que la xylographie originale devait mesurer 45x60cm. Elle a pu être imprimée à cette époque sur un papier au format royal 43x62cm.

Le bois Protat est une des merveilles de cette exposition

Sans-titre-2-copie-1.jpg               
Impression du bois Protat
Sans-titre-1.jpg                           

 
Une autre pièce déterminante des débuts de la gravure sur bois :

Le christ au mont des Oliviers, xylographie coloriée, vers 1420 - Allemagne du Sud

07.jpg

 
Gravure au criblé

C'est une gravure en relief sur métal : on grave au moyen d'un burin ou avec des poinçons de différents calibres que l'on frappe au marteau. La frappe génère une série de petites cuvettes qui resteront blanches au tirage. Comme pour la xylographie c'est le relief qui est encré.
L'exposition du Louvre montre une magnifique plaque de cuivre gravée des deux côtés en criblé vers 1460-1470 : l'Annonciation avec la Visitation et la Nativité. Elle est d'abord considérée comme une gravure en taille-douce, le tirage effectué au XVIIIe en encrant les creux révèle une estampe sombre et indistincte. Pierre Gusman (1862-1941), historien et graveur, soupçonne qu'au lieu d'être une taille-douce la plaque a été gravée en relief. Il fait une photographie du tirage, son épreuve négative fait ressortir en blanc les tailles du burin et le criblé, il avait sous les yeux la preuve d'une estampe au criblé.
 tirage du XVIIIe imprimé en taille-douce (les creux sont encrés, le relief reste blanc)
vierge.jpg

tirage moderne imprimé en relief (le relief est encré au rouleau, les creux restent blancs)
verge2.jpg

Autres gravures au criblé

Sainte Catherine, vers 1450-1460

sainte catherine criblc3a9-2

Saint Bernardin de Sienne - 1454 ?
imga728 2

L'essor de la xylographie et premières gravures sur métal


L'essor de l'estampe est pour une grande part lié à la dévotion du temps. Les pèlerinages sont nombreux. Les pèlerins dans l'attente de miracles vont se recueillir devant des reliquaires et achètent des images pieuses.
Les xylographies sont produites en quantité. Les copies se multiplient.

 Il arrive  que  pour satisfaire la demande, les graveurs découpent les planches : sur une partie sont gravés le fond et le corps de la Sainte, sur une autre viennent s'intercaler les visages et attributs propres à chacune.
7
Sans-titre-5.jpgSans-titre-6.jpg

Le Maître ES

Il est le premier graveur à avoir apposé un monogramme  sur ses gravures : E,e,es,ou ES. Une vingtaine d'estampes portent une marque mais l'estimation de sa production est beaucoup plus importante. Ce sont les images religieuses qui dominent dans son oeuvre.
En 1466, le monastère d'Einsiedeln en Suisse lui commande trois gravures pour le 500e anniversaire de l'apparition de la Vierge Marie au monastère.
Le Maître ES réalise trois burins de formats différents, la plus petite estampe pouvant être destinée au pèlerins les moins fortunés.
La Grande Madone d'Einsiedeln (20,8x12,4cm)
The Large Virgin of Einsiedeln
La Petite Madone (13,3x8,7cm)
marie deinsideln la petite 22116
La Très petite Madone (10x6,7cm)
The Smallest Virgin of Einsiedeln
Le Maître ES a également gravé des images satiriques très prisées dans la noblesse ainsi qu'un alphabet figuré.

Le fou et la femme à l'écusson, burin vers 1450-1470
im156 Israhel

Alphabet figuré - Lettre N (vers 1466)
726px-Letter N from the Fantastic Alphabet

Le Maître des cartes à jouer

Les premiers ensembles d'estampes gravées sur métal datables et localisables sont celles du Maître des cartes à jouer dont la production est estimée à une centaine d'oeuvres.
Les cartes de valeurs sont le plus souvent représentées par des animaux, l'exposition  en montre quelques unes. Les cartes des figures, qui ne sont pas exposées, sont à mon goût les plus belles.  

Sans-titre-14.jpg

Les images didactiques

 

Elles  illustrent, au travers d'une série de petits tableaux juxtaposés sur une même planche, les fondamentaux de la foi catholique. Elles sont surtout destinées au public illettré. La planche des Dix Commandements permet d'identifier les péchés, de les éviter ou de les confesser, mais la symbolique est assez énigmatique.

Les Dix commandements, les Cinq sens, les Sept péchés capitaux,
xylographie coloriée vers 1480 Bavière
catechisme emblc3a9matique
Le Martyre de saint Erasme est plus facile à comprendre,  les images se lisent comme un texte de gauche à droite et de haut en bas
xylographie coloriée vers 1460 - Souabe
c39cb5425d12ba70383d53d1963fbc78

Martin Schongauer

Dans "l'Encensoir", Martin Schongauer arrive, avec sa grande maîtrise du burin, à jouer sur les ombres et les lumières. On retrouve la précision de l'orfévrerie, métier de son père (voir article Martin SCHONGAUER - Graveur - Musée Unterladen Colmar )

encensoir-martin-schongauer

Cette exposition est extrêmement enrichissante, surtout pour les graveurs (dont je fais partie). Si vous êtes dans la région parisienne ne la manquez surtout pas !

MUSEE DU LOUVRE - AILE SULLY - 2ème étage - Jusqu'au 13 Janvier 2014
 

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

"LE FEU SOUS LA GLACE"

Si avant ma visite au Grand Palais, il m'avait été demandé de citer des oeuvres de Vallotton, je n'aurais pas été très bavarde : quelques toiles du Musée d'Orsay, images d'intérieur, enfant jouant dans un jardin (peut-être confondu avec une peinture de Vuillard) autoportrait. Plus présent dans mon esprit un portrait de Misia vu à l'exposition "Misia Reine de Paris".
(MISIA SERT- Musée d'Orsay - août 2012 )
Cette première grande rétrospective consacrée à Félix Vallotton fait découvrir non seulement le peintre, mais aussi l'illustrateur, le caricaturiste, le critique d'art, l'écrivain auteur de trois romans et d'une dizaine de pièces de théatre, et surtout le graveur, pour moi,  sans équivalent.
Félix Vallotton naît à Lausanne le 28 décembre 1865 d'un père fabricant de chocolat et d'une mère fille de boulanger (il sera naturalisé français en 1900 sans renoncer à la nationalité suisse).
Il peint ses premiers tableaux à treize ans. A 16 ans, juste après avoir décroché son bac, il vient à Paris avec l'ambition de devenir un grand peintre. Il s'inscrit à l'Académe Julian berceau des post impressionnistes et des futurs nabis. Il peint de nombreux portraits et copie les grands maîtres au Louvre.
En 1891, il grave ses premières xylographies (sans doute à l'instigation de son ami le plus proche, Charles Maurin). Vallotton redonne une place à la gravure sur bois de fil en renouant avec les aplats francs et la simplicité de forme. Il opte pour une technique expressive en noir et blanc délaissant la lithographie en couleur qui bénéficiait d'une énorme popularité auprès des peintres en cette fin de siècle.
La gravure sur bois ne permet pas les nuances, on ne peut pas jouer avec les dégradés. Le burin creuse le bois, dégage le motif qui se montre en relief. A l'impression le relief est encré au moyen d'un rouleau et forme les zones noires, le bois creusé conserve le blanc du papier.
Vallotton excelle dans ce traitement du contraste noir et blanc. La force de ses noirs l'emporte souvent et ne laisse que peu de place au blanc.
Ses premiers bois gravés sont des portraits et des paysages de montagne. Puis après l'évocation de la foule et des rues parisiennes il exploite l'intérieur bourgeois, l'image de la femme et l'hypocrisie des moeurs.
En 1893, il rallie le groupe des Nabis (mais demeure le "Nabi étranger"), se lie d'amitié avec Vuillard. Il fait la connaissance de Thadée Natanson, cofondateur de La Revue blanche, et de sa femme Misia.
Vallotton devient illustrateur pour La Revue blanche, le Courrier français, Le Cri de Paris, Le Rire.
Il dessine plus d'une centaine de "masques", portraits-vignettes de célébrités dessinés en quelques traits et taches, publiés jusqu'en 1902 dans le Chasseur de chevelures, supplément humoristique de la Revue blanche. Il publie des articles dans La Gazette de Lausanne.
En 1899, il épouse Gabrielle Rodriguez-Henriques, riche veuve mère de trois enfants, fille d'Alexandre Bernheim. Quelque peu anarchiste dans les années 1890 son intégration dans cette grande famille parisienne l'oblige à modérer son discours. Conséquence du mariage ou retour à son ambition initiale de devenir un grand peintre : il délaisse la gravure au profit de la peinture.
En 1900, à l'exposition des Nabis chez Bernheim-jeune, il présente dix tableaux. Il écrit aussi son premier roman "Les soupirs de Cyprien Morus"(le second "La vie meurtrière" sera publié en 1907 et le troisième "Corbehaut" en 1918).
En 1903, le Salon d'Automne voit le jour dans le sous sol du Petit Palais à Paris. Vallotton est un membre fondateur, il participera aux expositions jusqu'à sa mort.
Sa carrière de peintre ne se fait pas sans l'incompréhension de la critique et du public, sa peinture est jugée froide, cérébrale, cruelle, ses nus choquent. Il utilise la photographie, qui le passionne, pour créer de nouveaux cadrages.
Vallotton, inclassable, reste à contre courant de son époque. Alors que le cubisme prend son essor, Vallotton continue de privilégier le dessin et la ligne dans ses tableaux.
En 1907 il fait un  portrait de Gertrude Stein avec un réalisme proche d'Holbein ; Picasso est moins fidèle à son modèle et dit  "Vous verrez, elle finira par lui ressembler !". La vision des peintres est tout aussi décalée dans  Les demoiselles d'Avignon de Picasso et le Bain Turc de Vallotton. 
De nombreux commentaires attribuent aux oeuvres de Vallotton les expressions d'inquiétude, de tension, de thriller, de monde hitchockien. Je ne le ressens pas ainsi : ses tableaux  sont lourds de silence, la solitude pèse même s'il y a deux personnages en présence, mais je n'y vois pas la noirceur de sentiments ou le meurtre.
En 1915, Vallotton retrouve la xylographie pour les planches de l'album "C'est la Guerre".
En 1917, il est envoyé en mission pour dépeindre la vie dans les tranchées. A son retour, à partir de ses esquisses, il peint sans relâche, et s'affranchira du réalisme avec une vision apocalyptique de "Verdun".
Jusqu'en 1925, il participe à des expositions en Europe, aux Etats Unis et au Japon.
Sa production tardive comporte de nombreuses natures mortes, ainsi au Salon d'Automne de 1925, le dernier auquel il participe, il expose "Dame-jeanne et caisse".
Opéré d'un cancer, il meurt le 29 décembre, lendemain de ses 60 ans.
       
Autoportrait - xylographie - 13,1x10,7cm - BNF - 1891
SAM 4064
La Jungfrau - xylographie - 14,5x25,5cm - BNF - 1892

SAM 4067
La manifestation - xylographie - 20,3x32cm  - BFN - 1893
SAM 4070
La charge - xylographie - 20x26cm - BNF - 1893
SAM 4075
Intimités - L'argent - xylographie - 17,9x22,5cm - Musée de Genève - 1898
SAM 4062
Le feu d'artifice - xylographie - 16,4x12,2cm - BNF - 1900
36
C'est la guerre - la tranchée - xylographie - 17,6x22,3cm - BNF - 1915
47
Les fils de fer - xylographie - 17,7x22,5cm - BNF - 1915   
50
L'orgie - xylographie - 17,7x22,3cm - BNF - 1915
49

Portraits vignettes - Paul Verlaine  - Alexandre Dumas - Stendhal
                 french-poet-paul-verlaine-1896!xlSmall              french-writer-alexandre-dumas-1895!xlSmall                   portrait-of-french-writer-stendhal-1897!xlSmall


Portrait d'Emile Zola d'après une photographie -  huile sur carton -76x63,5cm - Collection WF Zurich - 1901
09

Les Andelys le soir - huile sur toile - 73,3x60,5cm - collection particulière - 1924
04   
Le ballon - huile sur toile marouflé sur bois 48x61cm - musée d'Orsay - 1899
07

Misia à sa coiffeuse - détrempe sur carton - 35,9x29cm - Musée d'Orsay - 1898
02

Nu à l'écharpe verte - huile sur toile - 112x145cm - Musée des Beaux Arts La Chaux-de-Fonds - 1914
45

Le sommeil - huile sur toile 113,5x162?5 - Musée de Genève - 1908
08

La blanche et la noire - huile sur toile - 114x147cm - Fondation Hahnloser - Jaggli - 1913
37

Baigneuse de face - huile sur toile - 130,5x97cm - Kunsthaus Glarus - 1908
38

Portrait de Gertrude Stein - 1907
Félix Vallotton 
Félix Valloton, Portrait of Gertrude Stein, 1907  
Picasso
picasso-stein1                                                 


Le Bain Turc - huile sur toile - Musée de Genève 1907  et les Demoiselles d'Avignon Picasso 1907

Vallotton18   3812404821 dc720f71c6 o

Verdun - huile sur toile 114x146 - Musée de l'armée Paris - 1917
60

Les deux tableaux qui suivent  -  "Etude de Fesses" - huile sur toile 38x46cm - collection particulière vers 1884 et "Le Jambon"  huile sur toile 61,5x50cm - Dallas Texas - sont isolés et accrochés côte à côte sur un mur.  Subtilité que je ne comprends pas ? ou facétie des commissaires de l'exposition ? Je trouve le rapprochement assez inesthétique.

     41     43   

Poivrons rouges - huile sur toile - 46x55cm - Kunstmuseum Solothurn - 1915
40

Dame-jeanne et caisse - huile sur toile - 73x100cm - Dallas - texas - 1925
40bis

EXPOSITION PARIS, GRAND PALAIS - GALERIES NATIONALES

JUSQU'AU 20 JANVIER 2014

 

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Musée du Louvre PARIS - Octobre 2013    

Dès l'entrée dans le Hall Napoléon, la mise en relation de deux sculptures, la tête de cheval colossale de Donatello et son ancêtre grecque plus petite révèle le thème de l'exposition : la place majeure occupée par la sculpture au printemps de la Renaissance. Les oeuvres de Donatello, l'artiste le plus créatif du siècle, y tiennent la place essentielle auprès de celles de Ghiberti, Michelozzo, Mino da Fiesole, Della Robbia, Brunelleschi, etc. et en parallèle leur héritage antique. 
L'exposition est très riche, outre les chefs d'oeuvre de la sculpture, elle rassemble des dessins, des manuscrits, des pièces d'orfèvrerie etc. A la fin du parcours un bas relief va m'émouvoir particulièrement : "La Vierge et l'Enfant" (Madone Bliss du nom de sa donatrice) de Luca della Robbia.    

vierge-et-l-enfant-copie-1.jpg

Terre cuite émaillée 1450-1460 - New-York - The Metropolitan Museum of Art louvre.png

 
J'ai découvert les oeuvres des della Robbia, il y a de nombreuses années au Louvre dans la salle des sculptures italiennes, sans m'y attacher véritablement. Lors d'un voyage à Florence j'ai appris à les connaître mieux. J'ai pu voir, au Bargello en particulier, une très belle Vierge à l'Enfant de Luca della Robia et j'ai été conquise par les médaillons d'Andréa della Robbia sur la façade de l'Hopital des Innocents... puis j'avais un peu oublié les della Robbia jusqu'à cette exposition qui m'incite à parler de cette famille, sans doute moins connue que les grands sculpteurs présents au "Printemps de la Renaissance".   
Vierge à l'Enfant - Bargello - Florence
1031927622-copie-1.jpghopital-des-innocents.jpg 

Hopital des Innocents - Florence

LA FAMILLE DELLA ROBBIA
arbre-genealogique-copie-4

LA TECHNIQUE  DE LA TERRE CUITE VERNISSEE

Luca della Robbia n'a rien inventé, il a amélioré la technique de la majolique pour pouvoir l'appliquer à des sculptures, parfois monumentales (les grandes sculptures en terre cuite existaient déjà, Donatello en avait fait une, dressée sur un contrefort du Duomo, mais il fallait la repeindre  régulièrement).
La technique de la terre cuite vernissée, ou majolique, a été développée dans les civilisations orientales. Byzantins et Romains en héritèrent, les Arabes l'introduisirent plus tard en Espagne et dans l'Ile de Majorque (majolique venant de l'italien majolica qui désignait Majorque au XVe).
La majolique était surtout destinée à fabriquer de la vaisselle. C'est une catégorie de faïences dites "à décor de grand feu sur émail cru" qui reçoivent l'essentiel de leur décor avant la cuisson qui s'effectue à 950°C.

L'amélioration de Luca della Robbia a consisté à faire en sorte que la sculpture puisse résister aux conditions atmosphériques aussi bien intérieures qu'extérieures.

Dans ce but, Luca a mis au point une double cuisson :
- tout d'abord, après avoir laissé sécher l'argile modelée plusieurs jours, il la cuit entre 750 et 950° C.
- puis après application de l'émail au pinceau, il cuit une seconde fois à une température d'un niveau légèrement inférieure provoquant une vitrification permanente sur le support d'argile.
Luca rend ainsi sa faïence "éternelle".

L'émail est constitué d'un mélange de plomb,d'étain, de silice et d'oxydes métalliques.
Les couleurs utilisées sont claires, très peu variées : la blanc se rapproche du marbre de carrare, le bleu occupe le fond, quelques tons vifs animent les bordures.
La technique de Luca della Robbia resta longtemps secrète afin de garantir la compétitivité de son atelier en lui assurant une avance certaine sur les ateliers rivaux. L'absence de toute note, de toute indication la protegeait. (la recette magique aurait été dévoilée par la femme de ménage des della Robbia à Benedetto Buglioni (1460-1521), qui ouvrit son propre atelier en 1480 et travailla avec son neveu Santi Buglioni (1494-1576)).
Avec le succès, l'atelier mit au point un procédé de moulage d'un modèle préexistant afin de le multiplier. Le coût des oeuvres devint accessible. Il faut toutefois établir une distinction entre les créations personnelles de Luca della Robbia (Andréa et ses fils ayant également réalisé des pièces d'une qualité unique) et certaines production de l'atelier.

 
LUCA DELLA ROBBIA

Luca della Robbia rompt avec la tradition familiale pour se consacrer à la sculpture. Il étudie l'art antique et se forme dans les ateliers de Nanni di Banco. Il commence par sculpter le marbre.
La coupole de Santa Maria del FIore (consacrée en 1438) domine la ville et les ateliers s'activent à répondre aux nombreuses commandes des autorités du Duomo.
La première oeuvre connue de Luca : la 'Cantoria del Duomo". 
Commandée par les autorités du Duomo en 1431 ou 1432 pour la sacristie, c'est un balcon d'orgue ou plusieurs chantres peuvent se réunir. Une deuxième fut commandée à Donatello. Elles ont été retirées au 17e. Les reconstitutions d'après les fragments sont au musée du Duomo.

Cantoria reconstituée
       692px-Cantoria_di_luca_della_robbia_01.JPG

 della-robia1.jpg

Elément sauvegardé - marbre -  Musée du Bargello

Les autorités du Duomo s'intéressèrent fortement à la terre cuite vernissée utilisée par Luca, matériau beaucoup moins cher que le marbre et propre à réduire les délais de fabrication. Luca reçoit la commande de deux lunettes pour les entrées des sacristies nord et sud du Duomo, la Résurrection en 1442, au dessus de la porte de bronze qu'il a réalisé, et l'Ascension en 1446.


dellarobia5 dellarobia7     dellarobia8
En 1459, à la mort à Florence du Cardinal Jaime du Portugal, Luca della Robbia décore le plafond de la chapelle tout spécialement ajoutée à l'église romane de San Miniato al Monte pour recevoir le tombeau du Cardinal.dellarobia92.jpg

 Les quatre médaillons portent les Vertus cardinales et au centre la colombe du Saint Esprit dellarobia93
Les représentations de la vierge et l'Enfant constituent un thème majeur dans l'oeuvre de Luca della Robbia.
La "Vierge à la Pomme" qui se situe vers la fin des années 1450 est sans doute l'un des plus beaux reliefs de la Madone de Luca, Marie et son fils sont d'une beauté extrême.  Si la grâce de la Vierge est touchante, c'est surtout l'Enfant Jésus qui émeut par son réalisme. Ce n'est pas un adulte miniature, tel qu'on le représente souvent, mais un véritable bébé potelé serré contre sa Maman.     

Musée du Bargello - Florence - terre cuite vernissée - 70x52cm
dellaboria2-copie-1.jpg
La "Vierge et l'Enfant dans le jardin de roses" date approvimativement de la même époque

 dellarobia4.jpg    

Musée du Bargello -  terre cuite vernissée -  83x63cm - della-robbia-vierge-c3a0-lenfant.jpg

Madone àl'Enfant - (Galerie de l'Hôpital des Innocents - Florence)


ANDREA DELLE ROBBIA - LE SUCCESSEUR
La très grande diffusion de l'art de la terre vernissée devra beaucoup à Andréa devenu maître-artisan de l'atelier. Ses cinq fils travailleront avec lui.
     andréa madone au cherubin

"Madone au chérubin" Musée du Louvre

 

 dellarobia95    

Les deux médaillons d'Andréa sur la façade de l'hopital des Innocents à Florence
   (institution de bienfaisance pour les enfants fondée au XIIe.).
dellarobia96.jpg
LES FILS D'ANDREA

- MARCO DELLA ROBBIA

Il devient moine chez les dominicains en 1496 sous le nom de" Fra' Mattia della Robbia" marco

Vierge à l'Enfant - 1522-1527 - Eglise du couvent des Pères Capucins - Renacavata

- GIOVANNI DELLA ROBBIA 
giovanni1.JPG 

Enfant et guirlande - Musée de l'Ermitage - Saint-Petersbourg

- LUCA LE JEUNE
En 1529, en conflit avec l'atelier rival de Santi Buglioni, Luca rejoint en France Girolamo. Ce sera la fin de la production de l'atelier della Robbia

lucas le jeune 

Emblème des Bartolini 1523 - Bargello Florence

- FRANCESCO DELLA ROBBIA
Devenu moine dominicain (Fra'Ambrogio della Robbia) au couvent San Marco de Florence en 1495, il conserve malgré tout des liens très étroits avec l'atelier familial
nativity-francesco-della-robbia.jpg 

Nativité - 1490 - 185x185cm - Eglise Santa Maria degli Angeli - La Verna - Italie

- GIROLAMO DELLA ROBBIA
Girolamo est appelé par François 1er en 1527 pour décorer le château de Madrid (aujourd'hui détruit). Il fonde un atelier à Suresnes, près de Paris, et fait l'essentiel de sa carrière en France où il meurt en 1566.
girolamo

Buste de François 1er - 1529 - dia. 44,5cm - Metropolitan Museum of Art - New-York 200px-Girolamo_Della_Robbia_Bode_Berlin_1.jpg

 1515-1520 - Berlin - Musée Bode 

Le nombre d'oeuvres conservées est considérable et s'étale sur plus d'un siècle (d'où la difficulté de l'attribution à l'un ou l'autre artiste de la famille). Leur coût accessible a favorisé une vaste diffusion dans les intérieurs privés comme dans les monastères, les oratoires et les confréries de dévotion très nombreux à Florence.
L'atelier des della Robbia, appelé fort justement "Bottega" a été un lieu prestigieux de fabrication et de vente, exportant dans toute l'Europe les terres vernissées à fond bleu, couleur du ciel de toscane.

 

 LE PRINTEMPS DE LA RENAISSANCE - MUSEE DU LOUVRE - JUSQU'AU 6 JANVIER 2014

 

 

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Graveurs
Je viens d'acquérir un coffret-livre de l'intégralité des reproductions des estampes des "Gobbi" de Jacques Callot. Cette acquisition m'incite à compléter un article précédent. (cliquez : "Les misères de la guerre" Jacques CALLOT )  

Nous sommes à Florence en 1612.
 Cosme II de Médicis règne sur le grand-duché de Toscane depuis 1609. Il a 22 ans, il est miné par la tuberculose et s'appuie sur son premier ministre pour gouverner. Il a épousé en 1608 Marie Madeleine d'Autriche.
Jacques Callot a 20 ans, il a quitté Rome pour Florence. Il entre dans l'atelier de Giulio Parigi (graveur et architecte, ayant en particulier aménagé les jardins de Boboli).
Le Grand-duc a commandé à Antonio Tempesta la réalisation de 29 estampes pour "la pompe funèbre" de sa belle soeur, Marguerite d'Autriche, Reine d'Espagne, morte en 1611 (on entend par "la pompe funèbre" une série d'estampes sur la vie de la Reine). Surchargé de commandes Tempesta confie à Callot 15 gravures (quelques-unes aussi à Raphaelo Schiaminossi). 09.jpg
Pour visualiser ma vidéo sur toute la série de "la pompe funèbre" de la reine Marguerite : cliquez link

Callot, buriniste, découvre l'eau forte qui se pratique sur un vernis tendre et poisseux difficile à manipuler ; par contre cette technique, au contraire du burin, donne liberté et rapidité et séduit immédiatement le graveur. Un inconvénient toutefois : elle ne permet pas de faire des traits fins.
En 1614, le talent de Callot est reconnu officiellement, il est admiré, le Grand-duc le pensionne. Callot s'installe au Palais des Offices et fréquente la cour où tout est prétexte à fêtes et réjouissances.
En 1617, un orfèvre lui commande deux toutes petites gravures sur argent (6x5cm). Il doit pour exécuter le dessin particulièrement fin se servir du vernis dur utilisé en orfèvrerie.
Fort de cette expérience, Callot va mettre au point un vernis, variante de celui qu'employaient les luthiers, séchant et durcissant rapidement qui va l'autoriser à faire des traits d'une finesse encore jamais égalée. Il aura tout le temps qu'il désire pour travailler et ne sera pas contraint de tremper tout de suite la plaque dans l'eau forte. Callot va pouvoir dessiner avec précisions les multitudes de petits personnages qui lui sont si particuliers (un exemple impressionnant "la Foire d'Impruneta" gravée en 1620, qui comporte plus de 1000 personnages).
Jacques_Callot_-_La_foire_d-Impruneta-_1620.jpg
Callot expérimente aussi la technique des "morsures successives" qui consiste à plonger la plaque de cuivre dans des bains d'acide successifs pour obtenir une morsure plus ou moins profonde du trait.
Puis d'une façon toute personnelle il utilise une échoppe couchée (échoppe des orfèvres) au lieu de la pointe pour pouvoir réaliser un trait créant des pleins et des déliés. Il abandonne les hachures traditionnelles pour rendre les zones sombres et utilise des lignes parallèles sans les croiser avec d'autres.  
Les précisions techniques ci-dessus sont un peu une redite, elles me paraissent très importantes pour comprendre l'impact qu'a eu Jacques Callot sur l'évolution de l'eau-forte et l'influence qu'il a exercé sur de grands graveurs comme Abraham Bosse, Rembrandt, ou Van Dyck.
Après divers essais de sa méthode, Callot dédie au prince Laurent de Médicis, frère du Grand-duc de Florence, une suite de 50 petites eaux fortes, les Cappricci di Varie Figure (Les caprices - 1620-1621).

 

On remarque bien sur cette gravure des Caprices le traité des lignes verticales et l'épaississement du trait pour créer les zones d'ombres 

les-caprices-10-l'homme-qui
Mais revenons à la cour du Grand-duc.
Callot y fait la rencontre des Gobbi, nains bossus, sortes de bouffons, qui dansent et gesticulent pour distraire la cour. Lorsqu'ils ne sont pas assez en verve on les fait boire pour les mettre en train. Les Gobbi amusent sans doute beaucoup Callot, il en fait de nombreux croquis et dessins (les études et préparations pour ses gravures sont d'ailleurs peu connues du grand public mais le placent parmi les plus grands maîtres).
Il côtoie aussi les Zanni , comédiens et comiques masqués qui jouent aussi bien à la cour que sur les places publiques. Il note leurs grimaces, leurs contorsions, le détail de leurs costumes.
                                         Zanni - Scapin  personnage typique de la Commedia dell'artele-zani-ou-scapin.jpg
En 1621, à la mort du Grand-duc, Callot rentre à Nancy. "C'est l'evêque de Toul, Monseigneur Jean des Porcellets qui va ramener Callot à Nancy, où la cour l'accueillera assez mal. Dans un premier temps, Callot est réduit pour vivre à répéter des planches précédemment publiées à Florence (les Caprices, l'Impruneta) et à graver les dessins qu'il avait rapportés en grand nombre d'Italie" (la revue Lorraine Fev.1992)
Ainsi naissent la série des Balli di Sfessania (du nom d'une danse populaire). 24 estampes de 10x7cm.
les-balli-copie-1.jpgpuis celle des Gobbi (21 estampes d'environ 9x6cm) qui auront un grand succès.
Bien qu'ayant vécu près de la noblesse, Callot aura toujours un regard tourné vers la misère. Il réalise la série des Gueux (25 estampes d'environ 14x19cm).
Jacques_Callot_Beggar.jpg
Les gravures des Gobbi, des Balli et des Gueux peuvent paraître mineures au regard de l'oeuvre considérable de Jacques Callot traitant la religion, les paysages et villes lorrains, la guerre. En ce qui me concerne ce sont mes gravures préférées. Callot s'y montre profondément humain avec une vision à la fois compatissante et critique de ses contemporains.
Dans les Gobbi son sens de l'humour et de la caricature me réjouit et son trait de graveur tout en pleins et déliés est inégalable et inégalé.
Ci dessous vidéo de la série des Gobbi.


Si vous souhaitez voir la vidéo en plus grand et avec son, cliquez : link

Je dois d'avoir pu scanner les estampes des Gobbi à l'aimable autorisation de Denise Bloch qui préface ainsi son coffret édité par Association d'idées : "Pour apporter notre modeste pierre à ce bel édifice "Renaissance" mis en chantier par la ville de Nancy, nous avons tenu à rendre hommage à Jacques Callot, illustre représentant du maniérisme tardif. Nous vous proposons l'intégralité des reproductions des estampes "Les Gobbi" d'après la série complète conservée au Musée Lorrain de Nancy et numérotée de 1 à 21. Nos copies ont été améliorées au niveau de la netteté du trait de gravure et légèrement agrandies par rapport aux originaux. Ces petites figures imaginées par Callot pour signifier les misères et les ridicules humains, sont imprimées en quadrichromie pour traduire de manière fidèle l'aspect de l'eau forte, sur un papier format 21cmX29,7 cm pour convenir à une éventuelle mise sous verre. Elles sont réunies dans un coffret cartonné dont la page titre : "Jacques Callot, Les Gobbi" est rehaussée d'une belle typographie sérigraphiée en 3 couleurs. Ce portfolio a été labellisé "Renaissance" par la mission Renaissance Nancy 2013. http://www.editionszoom.com
   
     
     

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>