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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) est connu pour ses nombreuses restaurations de monuments dont quelques-unes des plus célèbres : Notre-Dame de Paris et la Sainte Chapelle, la cité de Carcassonne (Aude), le château de Pierrefonds (Oise). Il l'est moins comme initiateur en 1855 de l'ambitieux projet de présenter au public les trésors de l'art sculptural et monumental français du Moyen-âge au XIXe siècle sous forme de moulages à l'échelle 1.    

Statue d'Eugène Viollet-le-Duc en haut de Notre-Dame de Paris
- photo Web
1200px-Notre-Dame de Paris 086

Les premiers moulages monumentaux sont réalisés en 1879 et le Musée de Sculpture Comparée ouvre ses portes en 1882 au Palais du Trocadéro (construit pour l'exposition universelle de 1878).       
photo web
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En 1937, le Palais du Trocadéro est détruit. De nouveaux bâtiments sont édifiés pour l'exposition universelle : c'est l'actuel Palais de Chaillot. Parallèlement le Musée de la Sculpture Comparée devient le Musée des Monuments Français avec la création d'une "galerie des peintures murales", initiée par Paul Deschamps (Conservateur du musée). La nouvelle galerie présente au public des copies grandeur réelle des fresques les plus représentatives de l'art mural.

Le Palais de Chaillot vu de l'esplanade du Champ de Mars. le Musée des Monuments Français est à droite. photo Web
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Les deux galeries occupent, à partir de 1945, l'aile gauche du Palais de Chaillot qu'elles partagent avec le Théâtre du même nom. En 1995 le Musée des Monuments Français ferme ses portes. Après dix ans de travaux le nouveau musée est inauguré  en septembre 2007.
Une "galerie d'architecture moderne et contemporaine" (de 1850 à nos jours) est venue s'ajouter aux deux collections du Musée des Monuments Français. Elle présente des maquettes, dessins, documents numériques, photographies, etc. Ces trois département forment la Cité de l'Architecture et du Patrimoine.
La Cité accueille des expositions temporaires :  actuellement "1925, quand l'art déco séduit le monde" . Je me proposais d'aller la voir, je ne pensais pas trouver autant de monde. Renonçant à la file d'attente j'ai opté pour "revoir" le Musée des Monuments Français.
C'est toujours un grand plaisir d'aller en quelques pas d'Autun à Vézelay, de Reims à Bourges, de Poitiers à Strasbourg, de voyager du XIIe au XVIIIe siècle à la rencontre des portails de cathédrales, des statues, des chapiteaux,  des piliers et gargouilles.
Il est évident que ces moulages de plâtre manquent un peu d'âme : on ne perçoit pas le grain de la pierre ou le satiné du marbre. L'apparence des oeuvres originales est donnée par une patine constituée d'argile, d'un liant et d'un pigment. Après un estampage à la terre, l'oeuvre étant protégée par du talc ou de la graisse,  les moulages sont faits par morceaux, joints au dos et fixés sur une structure portante avec de la filasse et du bois. Le moulage est ensuite retravaillé en façade pour masquer les raccords. Mais l'ensemble est tout de même impressionnant et a l'avantage de nous montrer de près ce qui n'est pas toujours à portée du regard.
L'accès aux peintures murales est mal indiqué : il faut monter au premier étage, traverser la galerie d'architecture moderne (de là la vue sur Paris et la Tour Eiffel est superbe), puis repérer le passage qui mène à la collection, et c'est alors quasiment en solitaire que l'on peut admirer les 400 copies planes ou en volumes (voutes, colonnes, chapiteaux). Là aussi c'est une promenade à travers la France et les siècles (du XIe au XVIe).
Pour terminer la visite ne pas omettre d'aller à la bibliothèque où se trouve l'une des pièces maîtresses de la collection : la reproduction à l'identique de la peinture murale de la voûte de l'Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe.

Nota - Photo MP lorsqu'il  n'y a pas l'indication "photo web"

Vu sur Paris de l'intérieur du Musée - 
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GALERIE DES MOULAGES  -
   
MOISSAC (Tarn et Garonne) Portail de l'Eglise Abbatiale Saint Pierre - 1120-1130 -
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AUTUN (Saone et Loire) - Tympan du portail de la façade occidentale de la Cathédrale Saint-Lazare 
Le jugement dernier - vers 1125-1135 
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Saint-Michel, face aux démons, pèse les âmes des Damnés
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Les Elus sont accueillis par Saint-Pierre
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Linteau du portail latéral - La tentation d'Eve. Le corps d'Eve rare exemple d'un nu à
l'époque médiévale épouse le cadre du support.
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VEZELAY (Yonne) Basilique Sainte-Marie-Madeleine - Portail central du narthex de la façade occidentale - 1125-1130
La Basilique a été sauvée de la ruine grâce à l'action de Prosper Mérimée et d'Eugène Viollet-le-Duc. Ce chantier engagé dès 1840 compte parmi les premiers travaux de l'architecte.
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CLUNY (Saône et Loire) Eglise Abbatiale Saint-Pierre-Saint-Pol - fin XIe - un chapiteau de la nef - le sacrifice d'Isaac
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REIMS (Marne)  Cathédrale Notre-Dame - Revers du portail central de la façade occidentale - La communion des chevaliers 1250-1260
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POITIERS (Vienne) Palais de Justice - Cheminée - Jeanne de Boulogne -1326-1360   
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SAINT MIHIEL - Meuse - Eglise Saint-Etienne 1554-1564 - Enfeu bas côté sud. La mise au tombeau. Les personnage sont plus grands que nature.
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BOURGES  (Cher)  - Hôtel Jacques Coeur - 1443 - 1451 - Allège des fenêtres sur la façade sur cour        
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15-ter

BOURG EN BRESSE (Ain) Monastère de Brou - Sibyle Agrippa du tombeau de Philibert II le Beau, Duc de Savoie. Choeur de
l'église 1480 -1503
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PARIS - Fontaine des Innocents - Nymphes 1547
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PARIS - Arc de Triomphe Place de l'Etoile 1806 - 1836 - Tête de la Renommée dite la "Marseillaise" exécuté par François Rude, c'est l'épouse du sculpteur qui aurait posé.
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GALERIE DES PEINTURES MURALES

ROCAMADOUR (Lot) Chapelle Saint-Michel semi troglodytique XIIe

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CRESSAC (Charente) Chapelle des templiers - mur nord - Chevalier poursuivant un cavalier - fin XIIe
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CAHORS (lot) Cathédrale Saint-Etienne - 1080 - 1135 - Coupole - photo Web
La copie des fresques est présentée à 14 m du sol alors que dans la réalité la coupole est à 30 m, le diamètre est conservé.

Cite de l architecture et du patrimoine coupole cathedrale

TAVANT (Indre et Loire) Chapelle Saint Nicolas - crypte - fin XIe   
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KERNASCLEDEN (Morbihan) Eglise Notre-Dame - voute 1420 1464 - photo web
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SAINT-SAVIN-SUR-GARTEMPE (Vienne) - Abbaye Xe- La reproduction à l'identique de la peinture de la voute dans la
bibliothèque est l'une des pièces maîtresses du musée.
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Voute de Saint Savin  réelle - hauteur 13 à 16 mètres -  photo web
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CITE DE L'ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE
Musée des Monuments Français

Entrée Principale Pavillon de Tête
1 place du Trocadéro
75016 PARIS
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Michèle Pellevillain 
  

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

                                      La cime du rêve
En 2002 s'était tenue l'exposition "Victor Hugo,l'homme océan" à la Bibliothèque François Mitterrand. Dans l'introduction du magnifique catalogue, Marie-Laure Prévost précisait : "car seul l'océan est à la mesure de l'ampleur et du polymorphisme de l'oeuvre de Victor Hugo : poète, dramaturge, romancier, plasticien, homme politique".
De son oeuvre titanesque c'est sans nul doute sa créativité de plasticien qui est la moins connue. Victor Hugo a tenu des carnets de voyage dès 1821. Ses dessins accompagnaient lettres, manuscrits et notes. Son exil à Guernesey en 1850 a été le temps des multiples expérimentations graphiques : frottage, tache, grattage, pochoir, utilisation de matériaux très divers.
L'exposition "La cime du rêve" qui se tient à la maison Victor Hugo, place des Vosges à Paris, s'intéresse à la façon dont les surréalistes ont intégré Victor Hugo dans leur groupe, sans toutefois le reconnaître ouvertement comme l'un des leurs. Le "premier manifeste du surréalisme" fut publié en 1924 par André Breton (Victor Hugo était mort en 1885). Une phrase en expose la philosophie : "Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l'on peut dire ainsi".
Les similitudes entre les surréalistes et Victor Hugo tiennent à leurs affinités plastiques mais aussi littéraires : les surréalistes redécouvre le texte posthume "Le promontoire du songe". Ils peuvent y lire : "Dans le monde mystérieux de l'art, comme dans la lune où notre regard abordait tout à l'heure (Hugo a rendu visite en 1834 à Arago à l'Observatoire de Paris et a contemplé le relief lunaire à la lunette astronomique), il y a la cime du rêve. A cette cime du rêve est appuyée l'échelle de Jacob, Jacob couché au pied de l'échelle, c'est le poète dormeur qui a les yeux de l'âme ouverts. En haut, ce firmament, c'est l'idéal. Les formes blanches ou ténébreuses, ailées ou comme enlevées par une étoile qu'elles ont au front, qui gravissent l'échelle, ce sont les propres créations du poète qu'il voit dans la pénombre de son cerveau faisant leur ascension vers la lumière. Cette cime du rêve est un des sommets qui dominent l'horizon de l'art".
Les similitudes plastiques exposées sont assez étonnantes, mais c'est surtout la sensibilité et le monde du rêve qui les rapprochent :

- une tache faite par Victor Hugo sur un minuscule morceau de papier et la tache appelée "la Sainte Vierge" par Picabia
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    picabia-la-sainte-vierge.jpg

- le frottage (dentelle) de Victor Hugo et celui de Max Ernst
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- le dessin "l'Aigle pour blason" de Victor Hugo et "l'Origine de la pendule" d'Ernst
      
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- cette main de d'Hugo et celles de Man Ray
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Sont présentées ainsi, cote à cote, des oeuvres de Max Ernst, André Masson, Yves Tanguy, Francis Picabia, René Magritte, Unica Zûm, Brassaï, Oscar Dominguez, Marcel Jean, Robert Desnos, Toyen, Wilfredo Lam, Georges Malkine, et cinquante dessins de Victor Hugo.

encre brune et lavis, pochoirs sur papier beige marouflé sur toile 45x58,5
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L'ermitage - plume, encre brune et noire et lavis, crayon graphite, fusain,
grattages, utilisation d'un pochoir - 35,6x23cm

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Plume, encre brune et encre de chine, frottis de fusain, gouaches blanche et bleue 17x18,4cm

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plume, lavis d'encre brune, rehauts de gouache, pochoir sur papier beige 47X31cm

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Plume, pinceau, encre brune et lavis, rehauts de gouache blanche 17,8x17,3cm
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plume, pinceau, encre brune et lavis, réserves sur papier 19,2x 25,5cm

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plume, pinceau, encre brune et lavis, gouache noire et blanche sur papier beige 13,2x10,4cm

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La pieuvre - plume, pinceau, encre brune et lavis sur papier crème 35,7x25,9cm
"La nuit, pourtant, et particulièrement dans la saison du rut, elle est phosphorescente. Cette épouvante a ses amours. Elle attend l'hymen. Elle se fait belle, elle s'allume, elle s'illumine, et, du haut de quelque rocher, on peut l'apercevoir au-dessous de soi dans les profonds ténèbres épanouie en une irradiation blême, soleil spectre". Les travailleurs de la mer.

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Je ne peux résister au plaisir de citer un autre passage du "Promontoire du songe" d'Hugo :
"La tarentule est une rencontre lugubre. Elle abonde sur le mont Reventon. Elle est là dans son repaire caché par les folles avoines. Elle a une tourelle sur sa forteresse comme un baron, une tenture de soie à son mur comme une courtisane et une lueur dans la prunelle comme un tigre. Elle a une porte qu'elle ferme avec un verrou. Le soir elle ouvre sa porte et attend, tapie au premier coude de sa caverne tubulaire. Malheur à qui passe ! Ceux qu'elle a piqués se cherchent, se trouvent, se prennent par la main et se mettent à danser la ronde qui ne s'arrête pas ; les pieds usées, on danse sur les tibias ; les tibias s'usent, on danse sur les genoux ; les genoux s'usent, on danse sur le torse devenu moignon ; le torse s'use, et les danseurs finissent par n'être plus que des têtes sautillant et se tenant par les mains avec des tronçons de côtes autour du cou imitant les pattes, et l'on dirait d'énormes tarentule ; de sorte que l'araignée les a faits araignées. Cette ronde de têtes use la terre, y creuse un cercle horrible et disparaît. Dans les Pyrénées, ces cercles s'appellent oules (olla, marmite). Il y a l'oule de Héas, Gavarnie est une oule".

Vianden à travers une toile d'araignée - plume, encres brune et violette, lavis, crayon de graphite, aquarelle, grattage.

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Exposition jusqu'au 16 février 2014.


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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Etrangers

On ne sait trop où Vincent Willem van Gogh s'était procuré le révolver avec lequel il se tira une balle dans la poitrine le 27 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise, quelque part dans les champs. Pourquoi ce geste dramatique ? Etait-ce la folie qui l'a rattrapé une dernière fois ? La passion pour son propre chemin de croix ? La conscience d'être une charge pour son frère Théo et le libérer en lui laissant des tableaux dont la valeur ne tarderait pas à croître après sa mort ? (Il avait été très frappé par la vente de l'Angélus de Millet à un demi million de francs dès après sa mort).
Vincent se traîne jusqu'à sa petite chambre du café Ravoux où il a pris pension. Le docteur Gachet décide de ne pas extraire la balle et de garder espoir. Le 28 Vincent attend la mort calmement couché dans son lit en fumant la pipe. Il meurt le 29 au matin en présence de Théo "Je voudrais que ce soit fini". Il est enterré le 30 juillet. Le cimetière se trouve au milieu des blés, la moisson n'est peut-être pas encore faite, quelques corbeaux tournent dans le ciel.
Dans les soixante dix tableaux et les trente deux dessins que van Gogh peint entre son arrivée à Auvers, le 21 mai, et ce jour de juillet, à l'exception du "Champ de blé avec corbeaux" rien ne paraît annoncer cette fin tragique. Les couleurs sont d'une fraîcheur extraordinaire : des bleus, des verts, des violets, parfois des roses.
Comment résumer une vie aussi passionnante, à la fois lumineuse et sombre, lumineuse par la foi en Dieu et en la peinture, sombre par la pauvreté et la dureté de l'existence. Je ne peux donner ici que de brèves indications et conseiller de plonger dans les biographies de Vincent et dans ses lettres à Théo dont l'écriture est remarquable.
Vincent, c'est ainsi qu'il signe ses tableaux, naît le 30 mars 1853 au presbytère de Groot Zundert (Pays-Bas), fils du couple de pasteurs Théodorus et Anna Cornelia van Gogh. Jour pour jour, un an auparavant, est venu au monde un enfant mort-né. On donne à Vincent le même prénom qu'au petit mort-né, Vincent Willem. Suivront cinq autres enfants, dont Théo qui deviendra son soutien.
La famille mène une vie simple. Le père de Vincent à dix frères et soeurs, trois frères sont marchands d'objets d'arts, l'un deux, l'oncle "Cent" est associé à la chaîne des galeries de l'éditeur parisien d'art Goupil et Cie.
En 1869, Vincent entre comme apprenti à la filiale Goupil de la Haye spécialisée dans la reproduction d'estampes. En 1873 il est muté à Londres. Ce qui devait représenter une récompense se transforme en une expérience de solitude qui le marquera pour la vie : il tombe amoureux de la fille de sa logeuse, il est éconduit. Cet amour malheureux le rend taciturne et renfermé. Il délaisse tous les livres pour un seul : la Bible. Le chiffre d'affaires de la filiale chute. En 1876 il est licencié.
Ses parents acceptent alors qu'il prépare à Amsterdam des études de théologie. Il ne sera pas admis pasteur mais il peut être prédicateur laïque. Envoyé en 1878 dans la région minière belge du Borinage auprès des plus pauvres parmi les pauvres, il s'installe dans une masure, partage ses vêtements, se nourrit d'eau et de pain. On ne renouvellera pas le contrat de ce prédicateur qui prend trop à la lettre le modèle évangéliste.
Totalement démarqué n'ayant de talent ni pour devenir marchand d'art (métier qu'il a détesté) ni pour être pasteur, Vincent écrit en 1880 une longue et déchirante lettre à Théo dans laquelle il lui fait part de son inébranlable décision de consacrer désormais sa vie à la peinture.
Il s'inscrit aux Beaux Arts de Bruxelles. Il est accueilli par Anton Mauve, le beau-frère de sa mère et l'un des peintres les plus connus de l'époque qui le conseille durant plusieurs mois.
En avril 1881 il retourne à Etten où son père occupe le poste de vicaire mais il doit quitter la maison paternel à Noël après une violente dispute. Il s'installe à La Haye et recueille "Sien", une prostituée plus âgée que lui, qui a une fille et est enceinte d'un deuxième enfant. Plus d'aide familiale, les problèmes financiers sont un fardeau. Au bout d'une année Sien doit "retravailler". Théo fini par convaincre Vincent de la quitter.
A l'automne 1883 il se retire à Drente, solitaire et blessé, et peint presque exclusivement les cabanes des paysans, puis, en fils prodigue, il retrouve ses parents à Nuenen à Noël.
L'été 1883 il a écrit à Théo une lettre prophétique :
"Non seulement j'ai commencé relativement tard à dessiner, mais il se peut même fort bien que je ne puisse plus compter sur de nombreuses années de vie.. En ce qui concerne le délai me permettant encore de travailler et que j'ai encore devant moi, je crois, sans être irréfléchi, pouvoir supposer la chose suivente : mon corps parviendra quand bien même à résister encore un certain nombre d'années - un certain nombre, disons entre six et dix... en l'espace de quelques années je dois réaliser un certain travail, je n'ai pas besoin de me dépêcher outre mesure, car cela ne mène à rien de bon - mais je dois, en toute tranquilité et décontraction continuer à travailler, aussi régulièrement et concentré que possible, de manière aussi claire et nette que possible, le monde ne me concerne que dans la mesure où je possède en quelque sorte, une certaine dette et obligation - parce qu'en effet, ça fait trente ans que je déambule sur cette terre - de léguer, par gratitude, un certain souvenir sous la forme d'un travail de dessin et de peinture - non créer pour plaire à telle ou telle tendance, mais pour exprimer un pur sentiment humain. Ce travail est mon objectif...."
C'est ce qu'il fera durant les années qui vont suivre, envoyant à Théo tout son travail en échange de son aide financière. Vincent reste à Nuenen jusqu'à la mort de son père, puis va à Anvers où il s'inscrit à l'Académie des beaux arts quelques mois. Il rejoint Théo à Paris en 1886 (demeurant d'abord chez Théo puis rue Lepic). Il avait jusqu'alors le soutien de Théo il a maintenant sa reconnaissance. Théo profite des liens de Vincent avec de jeunes artistes pour affirmer sa réputation de galeriste. Durant son séjour à Paris Vincent peint deux cent trente tableaux, plus que pendant tout autre période de sa vie. Pour parfaire son utilisation des couleurs fraîches il copie des motifs japonais très en vogue depuis l'exposition universelle de 1867 et se prend de passion pour la peinture japonaise, collectionne les estampes.
Il part à Arles en février 1888 comme s'il partait au Japon et loue en mai la "maison jaune". C'est là que Gauguin viendra le rejoindre en octobre. Leurs violentes querelles à propos des problèmes artistiques et le départ de Gauguin conduiront à l'accès de démence de Vincent en décembre et à l'épisode de l'oreille coupée connu de tous. Arles sera la période la plus importante et la plus féconde de sa vie.
Après un séjour à l'hôpital Vincent retrouve sa "maison jaune" mais sur une pétition des habitants d'Arles qui l'appelle "le fou roux" sa maison est fermée par la police. De lui même il se rend en mai 1889 à l'asile de Saint-Paul-de-Mausole, près de Saint-Remy. On lui a donné une petite pièce vite transformée en atelier. Il y peint pendant une année avec encore plus d'acharnement qu'à Arles cent cinquante toiles et des centaines de dessins, interrompu seulement par trois crises durant lesquelles l'ombre et la lumière disputent son cerveau.
En janvier 1890, un premier article lui est consacré dans le "Mercure de France", en mars il vend "La vigne rouge" 400 fr (850 € d'aujourd'hui) à l'exposition des XX à Bruxelles, le seul tableau qu'il aura vendu de son vivant (il se trouve maintenant au musée Pouchkine à Moscou). En mars Vincent est représenté par dix tableaux au "Salon des indépendants" à Paris.
Théo inquiété par les mauvaises nouvelles qu'il reçoit, obtient du Docteur Gachet qu'il prenne Vincent auprès de lui à Auvers-sur-Oise et qu'il le soigne, jusqu'à ce 27 juillet 1890. Vincent à 37 ans, en l'espace de dix ans il aura accompli une oeuvre considérable.
Depuis 1973, Van Gogh a son musée à Amsterdam. A l'origine y étaient exposées presque uniquement les oeuvres de la collection de la famille van Gogh réunies par Théo. Aujourd'hui la collection comprend 220 tableaux, 500 dessins et 800 lettres de Vincent. Le Rijksmuseum Kröller-Müller à Otterlo possède également un nombre important de dessins et de tableaux de Vincent ainsi que de nombreux musées dans le monde entier.

"Il faut espérer que de si grands hommes qui ont été méprisés ou persécutés de leur vivant puissent recevoir un jour la récompense qui les fuyait sur terre quand ils auront atteint une sphère où ils jouiront d'un bonheur que nous ne pouvons pas nous imaginer et auquel vient encore s'ajouter celui d'être, en observant de là-haut, témoins de la justice avec laquelle leur descendance leur rend hommage". Eugène Delacroix

Comme bien d'autres, je connaissais par coeur sa dizaine de toiles surmédiatisées, j'avais vu le film de Pialat, j'avais déjeuné à l'auberge Ravoux et visité la petite chambre : je croyais connaître van Gogh...
A Amsterdam, Noël dernier, je me suis rendue au Musée Van Gogh, je dois l'avouer, sans grand enthousiasme. Ma visite a été un choc à la vue des dessins et des peintures méconnues. Mon émotion se prolonge à la lecture d'une biographie en deux volumes (édition Taschen) et je la poursuivrai avec l'intégralité des lettres à Théo. Je ressens une véritable tendresse pour cet ascète au coeur noble, ami zélé des pauvres et une admiration sans borne pour le peintre pionnier du Moderne qui ne cherchait pas la gloire mais la perfection. J'espère qu'il me pardonnera d'avoir mis tant d'années avant de faire réellement connaissance avec lui.

QUELQUES OEUVRES  DU MUSEE D'AMSTERDAM - Photos MP
Lettre à Theo - 3 mars 1882

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Vielle femme au châle - 1882 - comme décrit dans la lettre - encre et aquarelle sur papier

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Entrée du Mont de piété - 1882 - encre à la plume et au pinceau, gouache blanche sur papier

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Paysan bêchant - 1882 - lithographie

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Chaumières - 1883 - huile sur toile

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La récolte de pomme de terre - 1883 - huile sur papier
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Tisserand et enfant dans une chaise haute - 1884 - encre et aquarelle sur papier
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Lettre à Theo
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Portrait d'un vieil homme - 1885 - huile sur toile
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 Femme assise - 1885 - encre à la plume et au pinceau sur papier
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Citrons, poires et raisins - 1887 - huile sur toile
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Couple place St Pierre - 1887 - huile sur toile
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Bord de seine - 1887 - huile sur toile
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Autoportrait - 1887 - huile sur carton
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Route le long des remparts de Paris - 1887 - encre et aquarelle
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Choux rouges et oignons - 1887 - huile sur toile
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Le pêcher rose - 1888 - huile sur toile
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Le verger blanc - 1888 - huile sur toile
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Les Saintes Maries de la Mer - 1888 - Huile sur toile
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Pelouse fraichement tondue avec un arbre pleureur - 1888 - Huile sur toile
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Les rochers de Montmajour - 1888 -
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Arbres et arbustes dans le jardin de l'asile - 1889 - huile et encre sur papier
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Paysans d'après Millet - 1889
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Maisons à la campagne - 1890 - encre, aquarelle et huile sur papier
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La resurection de Lazare d'après Rembrandt - 1890
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Publié dans : #Musées Etrangers


Avant de poursuivre la visite des 30 salles du second étage consacrées au Siècle d'Or (XVIIe) un coup d'oeil sur la magnifique bibliothèque.SAM_4363-copie-1.jpg

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Le choix des oeuvres qui suit est  évidemment très subjectif et ne donne qu'une toute petite idée de la richesse du musée qui comprend  quatre niveaux. 

Boite de peinture 17e/18e siècle hollandais
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Cornelis Dusart -  1690 - l'Artiste et son modèle - encre brune rehaut gris et noir - pierre noire
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Adriaen Van Ostade - Homme assis - 1675 - encre noire et brune, aquarelle
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Adriaen Van Ostade  - La boutique du barbier - 1673 - encre brune, aquarelle
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Adriaen Coorte - 1698 - Pêches
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Gerrit Adriaensz Berckheyde - 1672 - Hôtel de ville d'Amsterdam - Place du Dam - huile sur toile
Le symbole de la prosperité et du pouvoir d'Amsterdam au "Siècle d'or" est le nouvel hôtel de ville construit à partir de 1648 avec des pierres importées d'Allemagne. Il repose  sur  13000 pilotis en bois.
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On le retrouve inchangé en 2013
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Attribué à Hendrik de Keyser - 1615 - petite sculpture sur bois
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Adriaen Van de Velde - Couple dans la campagne - 1667 - huile sur toile
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Jacob Isaacksz van Ruisdael - 1668/1670 - Moulin à Wijk bij  Duurstede - huile sur toile
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Jacob Isaacksz van Ruisdael - Cascade dans la campagne - huile sur toile - 1668
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Salomon van Ruysdael - 1634 - huile sur bois - Cottage dans la campagne
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Jan Van der Heyden - 1670 -  Huile sur bois - Amsterdam - le vieux Haarlemmersluis
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Dès le début du XVIIe siècle les Hollandais, grands marchands et navigateurs, contrôlent les routes maritimes de la mer Rouge au golfe du Tonkin. Ils poussent jusqu'à Bornéo. Tous les étrangers sont chassés du Japon à l'exception des Hollandais seuls autorisés à commercer au départ d'une île au large de Nagasaki. En 1621 les Hollandais achètent aux Indiens une île au bord de l'Hudson, appelée Manhattan (en indien "île céleste" ou "île aux collines") et fondent la Nouvelle-Amsterdam. ils s'emparent de places fortes au Venezuela et au Bresil....c'est le "Siècle d'or".... mais les rêves de grandeur ne durent souvent que le temps d'un rêve !

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Adam Willaerts - 1614 - Huile sur bois
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Willem  Van de Velde - La bataille de Dunkirk - 1659 - Encre sur toile
Découverte d'une technique très pure et qui m'était inconnue.

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Willem van de Velde - la bataille de Livourne - détail - 1659 - encre sur toile
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Ludolf Bakhuysen - 1695 - Bateaux dans la tempête - huile sur toile

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Jan Van de Cappelle - huile sur bois - 1650
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 Un dernier regard sur le grand hall, et la promesse de revenir. ...

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Publié dans : #Musées Etrangers

 

La semaine de Noël, j'ai retrouvé Amsterdam que je n'avais pas vue depuis longtemps. J'ai eu beaucoup de plaisir à revoir la ville et son réseau de canaux en forme de toile d'araignée (ceux du XVIIe sont depuis 2010 inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO). A l'origine ce n'était qu'un village de pêcheurs. Au XIIe un barrage (dam) fût construit sur la rivière Amstel, le village prit le nom d'Amsteldam qui devint par la suite Amsterdam, et c'est à cet endroit précis que se trouve la place la plus connue de la ville, la place du Dam (ci-dessous).
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    Canaux
canaux
Amsterdam n'est pas très étendue, sa visite se fait très agréablement à pied. L'ambiance y est décontractée, les Amstellodamois sont accueillants. Les vélos, plus nombreux que les habitants (880.000 vélos - 790.000 habitants) envahissent la ville à l'arrêt comme en circulation ; certains parkings à vélos comme celui de la gare sont impressionnants.
On ne peut qu'aimer Amsterdam, harmonieusement marquée par la forte présence de l'eau comme le sont les trois villes de mon coeur, Paris, Venise et New-York.
....Mais la vocation de mon blog n'est-elle pas l'évocation des musées ?
Je commencerai, aujourd'hui, par le Rijksmuseum. Situé près du Vondelpark, il a rouvert ses portes en avril 2013 après des années de travaux.
Je l'ai visité le matin précédent le réveillon de Noël, c'était le jour idéal : pas de groupes, peu de monde dans les salles, tout juste quelques difficultés à s'approcher des oeuvres universellement connues (La ronde de nuit de Rembrandt - annoncée comme le chef d'oeuvre qu'on se doit d'avoir vue au moins une fois dans sa vie, mais ce n'est pas "mon coup de coeur" - La laitière de Vermeer - devenue objet publicitaire, à coup sur, contre la volonté de Vermeer). Nous connaissons ce même phénomène au Louvre où la ruée des aspirants-contemplateurs de la Joconde sont canalisés par un fléchage dès leur entrée.
Je vous propose dès lors de me suivre dans les salles du "Rijks" qui, au deuxième étage, sont consacrées au siècle d'or (1600 à 1700). Je ne ferai pas de commentaires, je vous laisse regarder pour ce premier article les peintures de portraits qui m'ont attirée.

Le Rijks vu du canal
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L'entrée
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Frans Hals - 1635 - Huile sur toile - Portrait d'une femme
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Cesar Boetius Van Everdingen- 1648 - huile sur toile
Jeune femme se chauffant les mains au dessus d'un brasero - Allégorie de l'hiver
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Attribué à Ferdinand Bol - 1640/1645 - Huile sur toile - Portrait d'une vieille femme, peut-être Elisabeth Bas
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Rembrandt - 1639 - Portrait d'une femme -probablement Maria Trip - Huile sur toile
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Rembrandt- 1693 - Portrait de Johannes Wtenbogaert - Huile sur toile
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Rembrandt - 1628 - Autoportrait - huile sur bois
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Antony Van Dyck - 1640 - Willial II Prince d'Orange et sa femme Mary Stuart - Huile sur toile
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Jacob Jordaens - Portrait de Rogier le Witer - 1635 - huile sur toile
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Frans Hals - 1635 - Portrait de Feyntje van Steenkiste - Huile sur toile
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Frans Hals - 1628/1630 - Un milicien tenant un verre connu comme "le joyeux buveur". huile sur toile
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Jan de Baen - 1670 - Johanna le Gillon, femme de Hieronymus van Beverningk - huile sur toile
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Galerie d'honneur, au fond "La ronde de nuit"
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Frans Hals - 1639 - Portrait de Maritge Claesdr Vooght - huile sur toile
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détail
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Bartholomeus van der Helst - 1642 - Portrait de Gerard Andriesz Bicker - Huile sur toile -
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Jan Havicksz Steen - 1655 - femme à sa toilette
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Rembrandt - Portrait de Haesje van Cleyburg - huile sur toile 1634
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Rembrandt - Une vieille femme lisant  - probablement la prophètesse Hannah - Huile sur bois - 1631
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Et pour finir le tableau de rembrandt qui m'émeut le plus par sa tendresse, l'éblouissante association des couleurs jaune et rouge et la densité de la matière. Le voir et le revoir est un bonheur. 
    "La fiancée juive" 1667
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AUTRE ARTICLE SUR LE RIJKS A PARAITRE PROCHAINEMENT ....

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Publié dans : #Peintres

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Plus de trois siècles me séparent de "La femme écrivant une lettre". Sur sa table le luth lui donne l'inspiration poétique et au premier plan le chien évoque sa fidélité. Elle s'applique à écrire quelques lignes. Tout laisse à penser qu'il s'agit d'un courrier destiné à l'être aimé. Dans l'ombre un messager attend humblement le pli qu'il portera au destinataire. Va-t-il parcourir à cheval plusieurs lieues pour remettre la lettre ? Le voyage va-t-il durer plusieurs jours, être dangereux ?

En ce dernier jour de l'an 2013 je n'écris pas avec une plume d'oie, j'utilise le clavier d'un ordinateur, je n'ai nul besoin d'un messager, d'un "clic" les quelques mots qui suivent vont s'envoler aux quatre coins du monde et pourront être lus dans l'instant : n'est-ce pas merveilleux ?

                                   Bonne et heureuse année 2014

                           que tous vos souhaits se réalisent

Très sincèrement et bien amicalement

Michèle Pellevillain

Frans Van Mieris (1635-1680)
"Femme écrivant une lettre" 1680 - huile sur bois - Rijksmuseum Amsterdam -  
Resté à l'ombre de Rembrandt ou Vermeer, Frans Van Mieris n'en est pas moins l'un des représentants du Siècle d'Or hollandais. Il a été reconnu de son vivant pour ses scènes de la vie quotidienne et pour sa technique rappelant la netteté de la porcelaine.
Photo MP


 

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Publié dans : #Peintres

Ce petit enfant merveilleusement beau au regard lointain, croque dans une figue. Il est auréolé d'or, couleur céleste, habillé de rose, emblème de la sagesse divine. Sa mère, au visage pur, regarde elle aussi l'horizon. Elle ne tient pas l'enfant serré contre elle, ses mains semblent nous l'offrir et l'on éprouve un irrésistible désir de le prendre dans nos bras.
L'enfant s'appelle Jésus, on le dit né à Bethleem la nuit du 24 au 25 décembre au moment du solstice d'hiver qui annonce une nouvelle période : l'arrivée de la lumière.
Je souhaite à mes fidèles lecteurs, avec ce tableau émouvant, un Noël heureux et lumineux.
Amicalement

Michèle Pellevillain

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Ambrogio LORENZETTI
Connu à Sienne en Toscane à partir de 1319 - Sienne, 1348
La Vierge et l'Enfant - vers 1330-1335
Panneau central d'un polyptyque dont les autres éléments n'ont pas été identifiés. Acquisition par le musée du Louvre en 1998.
La figue est parfois considérée comme le fruit de l'Arbre de la Connaissance, et symbolise par extension le péché originel.

 

 

 

 

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Publié dans : #Expositions à Paris

        
Zeng Fanzhi est né en 1964 à Wuhan en Chine. Formé à l'Ecole des Beaux-Arts de sa ville natale il découvre l'art contemporain chinois et occidental . On décèle dans son travail les influences de Bacon, Pollock et Warhol.
Avec quelques unes de mes photos, je vous propose de visiter cette exposition telle que je l'ai parcourue.
 L'accrochage des oeuvres de l'ensemble de sa carrière est fait à rebours de 2013 à 1990. J'ai surtout été impressionnée par les grands paysages du hall et de la première salle. 

   
2013 untitled, réalisé pour le hall de l'exposition


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Zeng Ganzhi peint l'entremêlement des branches et lianes  avec un pinceau dans chaque main, une main travaille de façon précise, l'autre plus librement.

2012 - untitled
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2012 - Untitled
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2012 pure lande 
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Détail
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2012 - hare - inspiré par le dessin d'Albrecht Dürer

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détail
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2009 - Self portrait
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2005 - Night
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2004 - Portrait
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détail
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2044 Idealism
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2003 - watermelon - La pastèque apparaît souvent dans les tableaux de Zeng Fanzhi :  souvenir d'un voyage au cours duquel il s'est nourri presque exclusivement de pastèque ; il avait alors 17 ans.
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2001 - The last supper - deux symboles :  l'oeuvre de Leonard de Vinci, La Cène, et allusion politique (foulards rouges). La pastèque fait office de pain et de vin.
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MASQUES - Zeng Fanzhi s'installe à Pekin en 1994. Il se sent isolé dans cette grande métropole qui compte déjà dix millions d'habitants. Il réalise que "personne ne peut vivre sans masque" et que la personnalité des gens qu'il croise n'est jamais dévoilée au grand jour.

1997 - masque 8
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1996 - Mask 6
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1994 Mask 13

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Dans la dernière salle  : les premières oeuvres de Zeng Fanzhi. L'influence de Chaïm Soutine apparaît évidente.
La série des "Hopitaux" débute en 1991. Zeng Fanzhi habite à proximité d'un hôpital et c'est le seul endroit où les étudiants peuvent disposer d'une salle de bain : il s'y rend quotidiennement et peint Hospital Triptych n°1 à l'occasion de son diplôme. Le centre  du triptyque est conçu comme une Piétà.

1992 - Meat

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1991 - Hospital Triptych
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1990 untitled
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1990 - The man in melancholy
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Très intéressante exposition par la diversité des thèmes et des techniques.
Jusqu'au 16 Février 2014 - Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
                                               
                                                        °°°°°°°°°°°°

En ce moment également au MAM et jusqu'au  9 février :
DECORUM TAPIS ET TAPISSERIES D'ARTISTES.

Du plaisir à se promener parmi les centaines de créations : tapis, tapisseries, sculptures textiles.

Deux grandes tapisseries de Picasso.

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Publié dans : #Graveurs

       
Dans mon article précédent, j'ai présenté de nombreuses xylographies réalisées par Félix Vallotton autour des années 1900. La passionnante exposition du Louvre, Les origines de l'estampe en Europe du Nord 1400-1470, nous ramène ainsi cinq siècles auparavant et nous présente les techniques alors utilisées, la xylographie, le burin et celle plus méconnue du criblé.

Les historiens s'accordent en effet, aujourd'hui, sur le fait que le pôle de développement et d'expérimentation de l'estampe se situe dans les pays germaniques entre 1400 et 1430. Il faut se rappeler néanmoins que l'estampe s'est aussi développée au XVe en France en Italie et dans les Flandres.

Etapes résumant les débuts de l'estampe en Europe du Nord
   
1400 - premières xylographies - productions anonymes - Le bois Protat
1440 - essor de la xylographie et premières gravures sur métal (burin)
1450 - premières gravures au criblé
1450 - premier graveur identifié d'après un monogramme - Le Maître ES (env.1420-1468)
           autres graveurs désignés sous les noms de : Maître des cartes à jouer - Maître au
           Banderoles - Le Maître de la Mort de Marie - ; et de biens jolis noms pour les graveurs
           qui travaillent avec les enlumineurs : Maître des bordures à fleurs - Maître des jardins
           d'amours.
1470 - l'estampe se généralise, elle est pratiquée par des artistes qui ne sont pas seulement des
          graveurs, le plus illustre Martin Schongauer (1450-1491)
A noter : l'eau forte fera son apparition en 1500.

Premières xylographies

Elles sont peu nombreuses, estimées pour la période de 1400 à 1440 à environ 70 estampes.

Le bois Protat

C'est la première xylographie connue.
Le bois Protat (du nom de son premier propriétaire, Jules Protat imprimeur) a été retrouvé vers la fin du XIXe siècle dans une maison de Laives au sud de Chalon-sur-Saône (elle servait de calage à un dallage ou un escalier). Son lieu de création reste encore un mystère. Les historiens penchent les uns pour la France, les autres pour l'Allemagne du sud. La datation oscille autour de l'année 1400.
Le bois de noyer conservé mesure 23cm dans sa largeur la plus longue et environ 58 cm de haut. Il est gravé des deux côtés, tête-bêche. Sur la face la mieux conservée, la crucifixion, le bras du Christ, qui apparaît en haut de l'image, a permis aux historiens de considérer que la xylographie originale devait mesurer 45x60cm. Elle a pu être imprimée à cette époque sur un papier au format royal 43x62cm.

Le bois Protat est une des merveilles de cette exposition

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Impression du bois Protat
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Une autre pièce déterminante des débuts de la gravure sur bois :

Le christ au mont des Oliviers, xylographie coloriée, vers 1420 - Allemagne du Sud

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Gravure au criblé

C'est une gravure en relief sur métal : on grave au moyen d'un burin ou avec des poinçons de différents calibres que l'on frappe au marteau. La frappe génère une série de petites cuvettes qui resteront blanches au tirage. Comme pour la xylographie c'est le relief qui est encré.
L'exposition du Louvre montre une magnifique plaque de cuivre gravée des deux côtés en criblé vers 1460-1470 : l'Annonciation avec la Visitation et la Nativité. Elle est d'abord considérée comme une gravure en taille-douce, le tirage effectué au XVIIIe en encrant les creux révèle une estampe sombre et indistincte. Pierre Gusman (1862-1941), historien et graveur, soupçonne qu'au lieu d'être une taille-douce la plaque a été gravée en relief. Il fait une photographie du tirage, son épreuve négative fait ressortir en blanc les tailles du burin et le criblé, il avait sous les yeux la preuve d'une estampe au criblé.
 tirage du XVIIIe imprimé en taille-douce (les creux sont encrés, le relief reste blanc)
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tirage moderne imprimé en relief (le relief est encré au rouleau, les creux restent blancs)
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Autres gravures au criblé

Sainte Catherine, vers 1450-1460

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Saint Bernardin de Sienne - 1454 ?
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L'essor de la xylographie et premières gravures sur métal


L'essor de l'estampe est pour une grande part lié à la dévotion du temps. Les pèlerinages sont nombreux. Les pèlerins dans l'attente de miracles vont se recueillir devant des reliquaires et achètent des images pieuses.
Les xylographies sont produites en quantité. Les copies se multiplient.

 Il arrive  que  pour satisfaire la demande, les graveurs découpent les planches : sur une partie sont gravés le fond et le corps de la Sainte, sur une autre viennent s'intercaler les visages et attributs propres à chacune.
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Le Maître ES

Il est le premier graveur à avoir apposé un monogramme  sur ses gravures : E,e,es,ou ES. Une vingtaine d'estampes portent une marque mais l'estimation de sa production est beaucoup plus importante. Ce sont les images religieuses qui dominent dans son oeuvre.
En 1466, le monastère d'Einsiedeln en Suisse lui commande trois gravures pour le 500e anniversaire de l'apparition de la Vierge Marie au monastère.
Le Maître ES réalise trois burins de formats différents, la plus petite estampe pouvant être destinée au pèlerins les moins fortunés.
La Grande Madone d'Einsiedeln (20,8x12,4cm)
The Large Virgin of Einsiedeln
La Petite Madone (13,3x8,7cm)
marie deinsideln la petite 22116
La Très petite Madone (10x6,7cm)
The Smallest Virgin of Einsiedeln
Le Maître ES a également gravé des images satiriques très prisées dans la noblesse ainsi qu'un alphabet figuré.

Le fou et la femme à l'écusson, burin vers 1450-1470
im156 Israhel

Alphabet figuré - Lettre N (vers 1466)
726px-Letter N from the Fantastic Alphabet

Le Maître des cartes à jouer

Les premiers ensembles d'estampes gravées sur métal datables et localisables sont celles du Maître des cartes à jouer dont la production est estimée à une centaine d'oeuvres.
Les cartes de valeurs sont le plus souvent représentées par des animaux, l'exposition  en montre quelques unes. Les cartes des figures, qui ne sont pas exposées, sont à mon goût les plus belles.  

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Les images didactiques

 

Elles  illustrent, au travers d'une série de petits tableaux juxtaposés sur une même planche, les fondamentaux de la foi catholique. Elles sont surtout destinées au public illettré. La planche des Dix Commandements permet d'identifier les péchés, de les éviter ou de les confesser, mais la symbolique est assez énigmatique.

Les Dix commandements, les Cinq sens, les Sept péchés capitaux,
xylographie coloriée vers 1480 Bavière
catechisme emblc3a9matique
Le Martyre de saint Erasme est plus facile à comprendre,  les images se lisent comme un texte de gauche à droite et de haut en bas
xylographie coloriée vers 1460 - Souabe
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Martin Schongauer

Dans "l'Encensoir", Martin Schongauer arrive, avec sa grande maîtrise du burin, à jouer sur les ombres et les lumières. On retrouve la précision de l'orfévrerie, métier de son père (voir article Martin SCHONGAUER - Graveur - Musée Unterladen Colmar )

encensoir-martin-schongauer

Cette exposition est extrêmement enrichissante, surtout pour les graveurs (dont je fais partie). Si vous êtes dans la région parisienne ne la manquez surtout pas !

MUSEE DU LOUVRE - AILE SULLY - 2ème étage - Jusqu'au 13 Janvier 2014
 

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"LE FEU SOUS LA GLACE"

Si avant ma visite au Grand Palais, il m'avait été demandé de citer des oeuvres de Vallotton, je n'aurais pas été très bavarde : quelques toiles du Musée d'Orsay, images d'intérieur, enfant jouant dans un jardin (peut-être confondu avec une peinture de Vuillard) autoportrait. Plus présent dans mon esprit un portrait de Misia vu à l'exposition "Misia Reine de Paris".
(MISIA SERT- Musée d'Orsay - août 2012 )
Cette première grande rétrospective consacrée à Félix Vallotton fait découvrir non seulement le peintre, mais aussi l'illustrateur, le caricaturiste, le critique d'art, l'écrivain auteur de trois romans et d'une dizaine de pièces de théatre, et surtout le graveur, pour moi,  sans équivalent.
Félix Vallotton naît à Lausanne le 28 décembre 1865 d'un père fabricant de chocolat et d'une mère fille de boulanger (il sera naturalisé français en 1900 sans renoncer à la nationalité suisse).
Il peint ses premiers tableaux à treize ans. A 16 ans, juste après avoir décroché son bac, il vient à Paris avec l'ambition de devenir un grand peintre. Il s'inscrit à l'Académe Julian berceau des post impressionnistes et des futurs nabis. Il peint de nombreux portraits et copie les grands maîtres au Louvre.
En 1891, il grave ses premières xylographies (sans doute à l'instigation de son ami le plus proche, Charles Maurin). Vallotton redonne une place à la gravure sur bois de fil en renouant avec les aplats francs et la simplicité de forme. Il opte pour une technique expressive en noir et blanc délaissant la lithographie en couleur qui bénéficiait d'une énorme popularité auprès des peintres en cette fin de siècle.
La gravure sur bois ne permet pas les nuances, on ne peut pas jouer avec les dégradés. Le burin creuse le bois, dégage le motif qui se montre en relief. A l'impression le relief est encré au moyen d'un rouleau et forme les zones noires, le bois creusé conserve le blanc du papier.
Vallotton excelle dans ce traitement du contraste noir et blanc. La force de ses noirs l'emporte souvent et ne laisse que peu de place au blanc.
Ses premiers bois gravés sont des portraits et des paysages de montagne. Puis après l'évocation de la foule et des rues parisiennes il exploite l'intérieur bourgeois, l'image de la femme et l'hypocrisie des moeurs.
En 1893, il rallie le groupe des Nabis (mais demeure le "Nabi étranger"), se lie d'amitié avec Vuillard. Il fait la connaissance de Thadée Natanson, cofondateur de La Revue blanche, et de sa femme Misia.
Vallotton devient illustrateur pour La Revue blanche, le Courrier français, Le Cri de Paris, Le Rire.
Il dessine plus d'une centaine de "masques", portraits-vignettes de célébrités dessinés en quelques traits et taches, publiés jusqu'en 1902 dans le Chasseur de chevelures, supplément humoristique de la Revue blanche. Il publie des articles dans La Gazette de Lausanne.
En 1899, il épouse Gabrielle Rodriguez-Henriques, riche veuve mère de trois enfants, fille d'Alexandre Bernheim. Quelque peu anarchiste dans les années 1890 son intégration dans cette grande famille parisienne l'oblige à modérer son discours. Conséquence du mariage ou retour à son ambition initiale de devenir un grand peintre : il délaisse la gravure au profit de la peinture.
En 1900, à l'exposition des Nabis chez Bernheim-jeune, il présente dix tableaux. Il écrit aussi son premier roman "Les soupirs de Cyprien Morus"(le second "La vie meurtrière" sera publié en 1907 et le troisième "Corbehaut" en 1918).
En 1903, le Salon d'Automne voit le jour dans le sous sol du Petit Palais à Paris. Vallotton est un membre fondateur, il participera aux expositions jusqu'à sa mort.
Sa carrière de peintre ne se fait pas sans l'incompréhension de la critique et du public, sa peinture est jugée froide, cérébrale, cruelle, ses nus choquent. Il utilise la photographie, qui le passionne, pour créer de nouveaux cadrages.
Vallotton, inclassable, reste à contre courant de son époque. Alors que le cubisme prend son essor, Vallotton continue de privilégier le dessin et la ligne dans ses tableaux.
En 1907 il fait un  portrait de Gertrude Stein avec un réalisme proche d'Holbein ; Picasso est moins fidèle à son modèle et dit  "Vous verrez, elle finira par lui ressembler !". La vision des peintres est tout aussi décalée dans  Les demoiselles d'Avignon de Picasso et le Bain Turc de Vallotton. 
De nombreux commentaires attribuent aux oeuvres de Vallotton les expressions d'inquiétude, de tension, de thriller, de monde hitchockien. Je ne le ressens pas ainsi : ses tableaux  sont lourds de silence, la solitude pèse même s'il y a deux personnages en présence, mais je n'y vois pas la noirceur de sentiments ou le meurtre.
En 1915, Vallotton retrouve la xylographie pour les planches de l'album "C'est la Guerre".
En 1917, il est envoyé en mission pour dépeindre la vie dans les tranchées. A son retour, à partir de ses esquisses, il peint sans relâche, et s'affranchira du réalisme avec une vision apocalyptique de "Verdun".
Jusqu'en 1925, il participe à des expositions en Europe, aux Etats Unis et au Japon.
Sa production tardive comporte de nombreuses natures mortes, ainsi au Salon d'Automne de 1925, le dernier auquel il participe, il expose "Dame-jeanne et caisse".
Opéré d'un cancer, il meurt le 29 décembre, lendemain de ses 60 ans.
       
Autoportrait - xylographie - 13,1x10,7cm - BNF - 1891
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La Jungfrau - xylographie - 14,5x25,5cm - BNF - 1892

SAM 4067
La manifestation - xylographie - 20,3x32cm  - BFN - 1893
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La charge - xylographie - 20x26cm - BNF - 1893
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Intimités - L'argent - xylographie - 17,9x22,5cm - Musée de Genève - 1898
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Le feu d'artifice - xylographie - 16,4x12,2cm - BNF - 1900
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C'est la guerre - la tranchée - xylographie - 17,6x22,3cm - BNF - 1915
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Les fils de fer - xylographie - 17,7x22,5cm - BNF - 1915   
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L'orgie - xylographie - 17,7x22,3cm - BNF - 1915
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Portraits vignettes - Paul Verlaine  - Alexandre Dumas - Stendhal
                 french-poet-paul-verlaine-1896!xlSmall              french-writer-alexandre-dumas-1895!xlSmall                   portrait-of-french-writer-stendhal-1897!xlSmall


Portrait d'Emile Zola d'après une photographie -  huile sur carton -76x63,5cm - Collection WF Zurich - 1901
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Les Andelys le soir - huile sur toile - 73,3x60,5cm - collection particulière - 1924
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Le ballon - huile sur toile marouflé sur bois 48x61cm - musée d'Orsay - 1899
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Misia à sa coiffeuse - détrempe sur carton - 35,9x29cm - Musée d'Orsay - 1898
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Nu à l'écharpe verte - huile sur toile - 112x145cm - Musée des Beaux Arts La Chaux-de-Fonds - 1914
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Le sommeil - huile sur toile 113,5x162?5 - Musée de Genève - 1908
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La blanche et la noire - huile sur toile - 114x147cm - Fondation Hahnloser - Jaggli - 1913
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Baigneuse de face - huile sur toile - 130,5x97cm - Kunsthaus Glarus - 1908
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Portrait de Gertrude Stein - 1907
Félix Vallotton 
Félix Valloton, Portrait of Gertrude Stein, 1907  
Picasso
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Le Bain Turc - huile sur toile - Musée de Genève 1907  et les Demoiselles d'Avignon Picasso 1907

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Verdun - huile sur toile 114x146 - Musée de l'armée Paris - 1917
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Les deux tableaux qui suivent  -  "Etude de Fesses" - huile sur toile 38x46cm - collection particulière vers 1884 et "Le Jambon"  huile sur toile 61,5x50cm - Dallas Texas - sont isolés et accrochés côte à côte sur un mur.  Subtilité que je ne comprends pas ? ou facétie des commissaires de l'exposition ? Je trouve le rapprochement assez inesthétique.

     41     43   

Poivrons rouges - huile sur toile - 46x55cm - Kunstmuseum Solothurn - 1915
40

Dame-jeanne et caisse - huile sur toile - 73x100cm - Dallas - texas - 1925
40bis

EXPOSITION PARIS, GRAND PALAIS - GALERIES NATIONALES

JUSQU'AU 20 JANVIER 2014

 

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