Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Voir-ou-revoir

Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Résultat pour “nadar

Publié le par voir-ou-revoir

Ce n’est ni une exposition, ni un événement particulier qui justifie cet article, mais l’album d’une amie bloggeuse, Emma, qui a compilé de nombreuses photos attribuées à Nadar.

Nadar photographe, c’est ainsi qu’on le qualifie généralement, et je ne le connaissais qu’au travers de cette profession. Les commentaires enthousiasmes qu’Emma m’a écrit en m’adressant son album, m’ont incitée à aller voir de plus près ce personnage étonnant.

Photographe, certes : Nadar, à la lumière naturelle avec des poses classiques et sans accessoires, a tiré le portrait de toutes les personnalités de son époque (comme vous pourrez le voir dans l’album d’Emma ci-dessous*) , Plus tard la concurrence le poussera à accepter des compromis commerciaux.

* a l'attention de mes lecteurs étrangers : pour feuilleter cet album ne pas activer le traducteur, rester dans la version française

Gaspard-Félix Tournachon est né le 6 avril 1820 à Paris. Il commence des études de médecine à Lyon. Ses amis le surnomment « Tournadar » car il a l’habitude de compléter les mots par la terminaison « dar ».  Tournadar deviendra Nadar. Ses études interrompues il s’exerce au journalisme. En 1845 il publie son premier roman (il deviendra un écrivain prolifique) et commence une carrière de caricaturiste en publiant dans les journaux politiques d’opposition. Il lance une série de portraits à charge le « Panthéon Nadar ».  

Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach
Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques OffenbachGérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach
Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques OffenbachGérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach

Gérard de Nerval - Baudelaire - Gustave Doré - Jacques Offenbach

1854 il encourage son frère Adrien à devenir photographe et le rejoint pour pratiquer lui-même  la photographie.

En 1856 il est à la tête de trois journaux illustrés et dispose d’un atelier luxueux de photographe, 113 rue Saint Lazare.

Mais sa vraie passion, c’est l’Aérostation et quelle passion !

« La question de la navigation aérienne est la plus grande question des siècles ».

En 1858, après avoir effectué de nombreuses ascensions avec les frères Godard, Nadar dépose un brevet pour photographier la terre vue du ciel. Il prend la première vue aérienne au-dessus du Petit Bicêtre près de Paris (Petit Clamart), photo aujourd’hui introuvable, ainsi que des vues au-dessus de Paris.

vues aériennes de Paris 1868vues aériennes de Paris 1868

vues aériennes de Paris 1868

LE GEANT

Nadar en visionnaire, considérait que l’avenir des transports était aérien.  En lançant, avec les frères Godard, la construction d’un grand ballon, Nadar avait pour objectif d’obtenir les sommes nécessaires à la construction d’une machine non pas « à flotter mais à voyager dans l’atmosphère » selon sa théorie du « plus lourd que l’air ».

Je passerai sur les étapes difficiles de la mise en œuvre de ce projet ambitieux. Le ballon appelé « Géant » mesure 45 mètres de haut. Il a une capacité de 6000m3 de gaz, soit 12 fois plus qu'un ballon ordinaire et une nacelle à deux étages.

Nadar obtient l’autorisation de lancer le « Géant » depuis le Champ de Mars. On installe 1200 mètres de tuyaux de 50 cm de diamètre jusqu’au centre de la place où la valve doit vomir 3000m3/ heure de gaz d’éclairage.

Des piquets et un treillage entourent l’enceinte où seront reçus les visiteurs. Nadar a fait imprimer 400 000 billets d’entrée, il y aura environ 250 000 personnes pour l’envolée.

Le 4 Octobre 1863, un attelage de chevaux apporte le ballon ployé, le filet, les agrès et la nacelle capable de transporter 34 personnes. Nadar embarque 13 passagers.

A la tombée du jour, le cri est lancé « Lâchez tout ».

Le ballon s’élève sous les « hurrah » de la foule. Il monte, il monte sous un vent d’ouest. A bord c’est l’euphorie. Sans perdre de temps on dîne copieusement : jambon, volaille, desserts, glaces, vins de Bordeaux et de Champagne. Puis la nuit froide et longue s’installe, le ballon traverse des couches de plus en plus noires. Lorsque la lueur rouge de l’aube apparaît, une buée pénétrante imprègne les voyageurs. L’eau ruisselle sur les visages, les vêtements, les cordages. Chargé du poids de l’eau, le ballon se met à redescendre avec une rapidité vertigineuse. Jetés par-dessus bord, les lests dépassés par la vitesse, retombent sur les têtes. Le sol arrive à toute allure sans que rien n’y puisse faire. Après plusieurs effroyables secousses, la nacelle sursaute, racle le sol, les passagers raidis s’accrochent. Enfin le ballon infernal s’immobilise. Il est resté 5 heures en l’air. Un paysan s’approche : « où sommes-nous ? demande Nadar » A Barcy près de Meaux, à deux pas du grand Marais.

 

photographie du départ de la seconde ascension

photographie du départ de la seconde ascension

Nadar ne se dit pas vaincu et le 18 Octobre 1863, même lieu, même heure, en présence de l’Empereur et du Roi de Grèce, Nadar fait regonfler son Géant.  Il embarque neuf passagers, dont sa femme (contrairement à ce qui est parfois dit, Nadar dans son livre « A terre et dans l’air – mémoire du Géant  - 1865 », n’évoque jamais la présence de Jules Verne dans la liste des passagers). Un ballon plus petit est laché en même temps.

 « Lâchez tout ! » Le Géant s’élève pour la seconde fois. Il monte, monte. Le dîner est pris vivement car la nuit tombe. Le temps est magnifique et le vent porte le ballon en direction de l’Allemagne. Le début du voyage est très prometteur, à coup sûr Nadar et son Géant vont se venger des détracteurs du premier parcours et leurs railleries. Dans la nuit, les premiers feux, aperçus au loin, évoquent un phare et la mer redoutée. Nadar calme les frères Godard qui veulent se poser. Le vol se poursuit, sans doute pas très haut car à la vue d’autres feux « ho hé où sommes-nous ? » « Erquelinnes répond un douanier ». Ils sont en Belgique. Le ballon passe au-dessus de Bruxelles. Plus tard se profile au loin une clarté diffuse gris argenté : la Hollande et ses marais…  à gauche, un bruissement profond : la mer. Dispute à bord, se poser, ne pas se poser. Le temps de tergiverser et le vent d’ouest repousse le ballon vers les terres. Mais le Géant commence à sécher des humidités de la nuit, le gaz se dilate aux rayons du soleil… il monte, il monte….4000 mètres. Le ballon poursuit sa montée, l’enveloppe se tend, entre chaque maille du filet il capitonne. Nadar ordonne un coup de soupape, Louis Godard n’y va pas de main morte, une descente s’amorce et se transforme en chute.  Au sol les arbres sont couchés par un vent violent et le ballon entame une course folle à l’horizontale. Les ancres s’arrachent, le ballon brise un arbre, des chevaux fuient. Au loin passe une locomotive et ses wagons, le chauffeur s’arrête et recule à temps pour laisser passer l’énorme boule qui déracine les poteaux, arrache les fils électriques et les traîne comme la queue d’une comète, La nacelle ne s’écarte presque plus du sol, le ballon remorqueur la heurte parfois, elle racle la terre, fauche les bruyères, traverse un cours d’eau. Déjà certains sont tombés ou ont sauté, réduisant le poids de la nacelle, accélérant la vitesse. Il ne reste plus que Nadar et sa femme, serrés l’un contre l’autre. La nacelle traverse un bras de rivière, les malheureux passagers suffoquent. Au sortir de l’eau la nacelle racle un talus, l’écrase, le tasse. Devant, le ballon damné tire toujours ….  Enfin, quelque peu dégonflé, il s’arrête après un parcours de 16 km dans les environs de Hanovre. Nadar a les jambes fracturées. Sa femme est sous le ballon, blessée.

NADAR ET LE GEANT - octobre 2016
NADAR ET LE GEANT - octobre 2016

Cet épisode, digne d’un roman de Jules Verne (qui s’inspirera des aventures de Nadar dans plusieurs romans, donnant à son héros le nom d’Ardan, anagramme de Nadar), ne décourage pas Nadar. Bien qu’ayant laissé dans l’affaire une partie de sa fortune, il crée en 1870 avec Camille Legrand et Jules Dufour, la « Compagnie des aérostiers » qui transportera passagers et pigeons voyageurs durant la guerre franco-prussienne de 1870. 66 ballons seront construits entre septembre 1870 et janvier 1871. C’est à bord de l’un de ces ballons que Gambetta quittera Paris pour Tours le 8 Octobre 1870.

Et ensuite….

Après la Commune Nadar ruiné reprend, pour subsister, son activité de photographe.  Il s’installe en 1887, en forêt de Sénart avec son épouse, hémiplégique à la suite d’un conflit affectif avec leur fils Paul. Puis part à Marseille en 1894, laissant la gestion de ses affaires à Paul, où il fonde un atelier photographique.

En 1900 la rétrospective qui lui est consacrée à l’exposition universelle est un triomphe. Il revient à paris en 1904. Il décède le 20 mars 1910 à quelques jours de ses 90 ans.

Nadar avait raison, l’avenir des transports était aérien avec des « Plus lourd que l’air ». De nos jours, dans le monde, un avion décolle toutes les secondes, soit 29,2 millions de vols par an.  

1883 - Nadar publie une charge contre Gambetta, sous la forme d'un pastiche de la Passion du Christ. Je ne résiste pas à vous faire lire la lettre d'introduction ....encore d'actualité !

A Monsieur qui balaie à la Chambre des Députés

Monsieur et même Citoyen,

Permettez-moi de vous dédier cette oeuvre qui durera moins que l'airain.

Vous faites quelque chose, Monsieur, dans un lieu où on ne fait rien. Matin et soir vous êtes là honnêtement, à votre tâche, par la Chambre et aussi dans les Bureaux, car vous n'auriez pas l'improbité de vous octroyer à vous-même des congés pour la grande moitié d'un temps qu'on vous paie entier.

Vous ne vous occupez ni d’industriellement politiques ni de tripotages financiers.

Vous avez l'estomac trop délicat pour avoir avalé les couleuvres et crapauds de la candidature, et l'âme trop haute pour aller au-devant d'aucun suffrage ; mais encore, vous ne vous moqueriez pas de vos commettants en prétendant commander à ceux qui vous auraient sur vos instances, accepté seulement pour les servir.

Vous avez la dignité qu'il faut pour n'avoir jamais abusé de votre place en extorquant bassement un pourboire, même à des compagnies de chemins de fer, sachant de reste que le gendarme ne se fait point payer un verre de vin par celui qu'il est chargé d'arrêter.

Vous ne portez pas votre tête ainsi que le Saint-Sacrement, comme tels de ces suburbains gonflés qui viennent ici nous jouer "la Cagnotte" parlementaire, et vous ne croyez pas sérieusement que la France entière tient dans votre culotte.

Enfin, Monsieur, vous n'avez pas pris à tâche, en bondant d'atouts sur atouts le jeu de nos adversaires, de faire mépriser, ridiculiser et haïr par les uns ce qui est notre Chose commune, et, pire encore, d'énerver, de décourager et de tuer chez les autres l'amour de la République.

Continuez à nous servir d'exemple, Monsieur, et poussez votre oeuvre. Balayez, balayez ferme, balayez à droite, balayez à gauche, balayez au centre, balayez de la montagne à la paine et de la plaine au marais ; balayez partout, balayez toujours, balayez tout et le reste !

Et dépêchez-vous pour passer votre balai bien vite à Messieurs vos Collègues du Sénat, des Ministères et de toute notre Administration publique.

En cet espoir caressé, je vous prie d’agréer, Monsieur et cher Citoyen, cette trop faible expression de ma considération motivée.

                                                                                                                             NADAR 

 

Et pour lire le livre... cliquez sur le lien ci-dessous

http://www.textesrares.com/nadar/nadar.htm

Autoportrait en studio dans un ballon

Autoportrait en studio dans un ballon

Voir les commentaires

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Autoportrait à la palette - 1865-1866 109x71cm - Chicago

Autoportrait à la palette - 1865-1866 109x71cm - Chicago

Frédéric Bazille est né le 6 décembre 1841. Il est issu d'une vieille famille d'orfèvres et de négociants, membres de l'Eglise réformée. Son père, propriétaire terrien et viticulteur est un notable. Bazille passe son enfance entre l'hôtel situé Grand-Rue à Montpellier et la résidence d'été de la famille, le domaine de Méric (devenu, de nos jours, un parc public). La bâtisse rose est située en hauteur, et la pente du parc descend jusqu'à la rivière Lez. "Méric, un greffon de Florence enté en Languedoc est un lieu magique" (F.B.Michel - biographie de Bazille)

 

Résidence de Méric

Résidence de Méric

En 1859, après avoir passé le baccalauréat, Bazille envisage de se consacrer à la peinture. Il entreprend cependant des études de médecine, carrière voulue par ses parents, tout en peignant pendant son temps libre et en suivant des cours de peinture et de dessin dans l'atelier du sculpteur Joseph Baussan.

En 1862, ses parents acceptent qu'il poursuive ses études à Paris, mais Bazille conserve la volonté d'être peintre. Il fréquente l'atelier de Charles Gleyre. Il y rencontre Monet, Sisley et Renoir. Monet sera un guide que Bazille hébergera et aidera beaucoup financièrement.

En 1854, il échoue à sa deuxième année de médecine, son père accepte finalement qu'il se consacre à la peinture.

Bazille est un hôte assidu du salon de sa cousine Mme Lejosne. Il y retrouve Baudelaire, Verlaine, Barbey d'Aurevilly, Braquemond, Manet. Cette élite, opposée à Napoléon III, voue un culte à Victor Hugo, l'exilé, et est hostile à l'académisme.

Il se lie d'amitié avec Pissarro, Fantin-Latour, Nadar (il sera présent à l'envol du "Géant"-voir article http://www.voir-ou-revoir.com/search/nadar/), Zola, Degas et Cézanne qu'il réunira au petit café Guerbois des Batignolles à quelques pas de l'atelier de Manet.

Ci-dessus - L'Atelier de la rue de Visconti - 1867 - Huile sur toile, 65x48cm, Richmond

L'atelier est un lieu essentiel pour les peintres : on s'y rencontre pour observer les progrès des uns et des autres, s'encourager, engager des débats esthétiques, y diner ensemble. C'est aussi un sujet de peinture lorsque l'on ne peut pas s'offrir des modèles ou sortir peindre en plein air.

Ci-dessous :

Atelier de la rue de la Condamine - 1869/1870 -  huile sur toile 98x128,5cm - Paris Musée d'Orsay.

Edmond Maître est au piano, Emile Zola parle à Renoir qui peint, et la grande silhouette de Bazille est de la touche de Manet.

Frédéric BAZILLE au Musée d'Orsay - Février 2017

En 1865, Bazille quitte son petit local de la rue de Vaugirard pour s'installer avec Monet dans un atelier 6, rue de Fürstenberg, face à l'atelier de Delacroix. De leur fenêtre les deux amis peuvent voir la pièce ou peint le maître. Ils y recevront Courbet venu encourager Monet qui peint "Le Déjeuner sur l'herbe". Bazille déménagera plusieurs fois durant les huit années passées à Paris. En 1966, rue Godot-de-Mauroy, puis rue de Visconti, aux Batignolles, et en avril 1870 rue des Beaux-Arts.

Bazille aime la vie parisienne, le théâtre, les concerts. Il partage sa passion pour la littérature, la poésie et le piano avec Edmond Maître avec lequel il entretiendra une amitié profonde. Mais il aime aussi se ressourcer au grand air et fait de nombreuses escapades à Honfleur avec Monet, à Chailly, à Barbizon, à Aigues-Mortes et retourne régulièrement tous les étés à Méric, site essentiel dans l'œuvre de Bazille.

Ci-dessus -  Paysage à Chailly - 1865 - huile sur toile 81x100cm - Chicago

Les remparts d'Aigues-Mortes - 1867 - Huile sur toile 46x75cm - Montpellier Musée Fabre

Les remparts d'Aigues-Mortes - 1867 - Huile sur toile 46x75cm - Montpellier Musée Fabre

Entre 1863 et 1870, Bazille peint plus d'une cinquantaine d'œuvres de tout genre : portraits, paysages, natures mortes (à cette époque genre important, modeste et peu couteux), nus (surtout masculins).

 

Négresse aux pivoines - 1870 - huile sur toile 60x75cm - Montpellier Musée Fabre

Négresse aux pivoines - 1870 - huile sur toile 60x75cm - Montpellier Musée Fabre

Portrait de Pierre Auguste Renoir - vers 1868-1869 - huile sur toile 61x50cm - Montpellier Musée Fabre - dépôt du Musée des beaux arts d'Alger

Portrait de Pierre Auguste Renoir - vers 1868-1869 - huile sur toile 61x50cm - Montpellier Musée Fabre - dépôt du Musée des beaux arts d'Alger

La Robe rose - 1864 - 147x110cm - Paris Musée d'Orsay

La Robe rose - 1864 - 147x110cm - Paris Musée d'Orsay

Ruth et Booz - 1870 - huile sur toile 138x202xm - Montpellier  Musée Fabre

Ruth et Booz - 1870 - huile sur toile 138x202xm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte au héron - 1867 huile sur toile 98x78cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte au héron - 1867 huile sur toile 98x78cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte aux poissons - 1866 - huile sur toile 47x39cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte aux poissons - 1866 - huile sur toile 47x39cm - Montpellier Musée Fabre

Jeune Homme nu couché sur l'herbe - vers 1867 - huile sur toile - 147x139 - Montpellier Musée Fabre

Jeune Homme nu couché sur l'herbe - vers 1867 - huile sur toile - 147x139 - Montpellier Musée Fabre

Le Pêcheur à l'épervier - 1868 - huile sur toile 188x87cm - Remagen

Le Pêcheur à l'épervier - 1868 - huile sur toile 188x87cm - Remagen

Bazille meurt tragiquement le 28 Novembre 1870, au cours de la guerre franco-prussienne. Avec la fougue de la jeunesse il s'est engagé dans le 3ème régiment de Zouaves. Sergent major nouvellement promu, il reçoit une balle dans le bras et une dans le ventre lors de l'assaut de Beaune-la-Rolande (Loiret).

La quasi-totalité de son œuvre est rapatriée chez ses parents, où personne ne la voit durant près de trente ans. Nous devons à Manet et au critique Roger Marx la redécouverte de Bazille. A l'Exposition Universelle de 1900, Roger Marx fait le bilan d'un siècle de peinture française et introduit avec les impressionnistes qui sont devenus célèbres, l'oublié Bazille. La "Vue du village" et "La Toilette" sont présentés dans la salle des précurseurs du mouvement

La Vue du Village - 1868 - Huile sur toile - 137x85cm - Montpellier Musée Fabre

La Vue du Village - 1868 - Huile sur toile - 137x85cm - Montpellier Musée Fabre

La Toilette - 1870, huile sur toile 130x128cm - Montpellier Musée Fabre

La Toilette - 1870, huile sur toile 130x128cm - Montpellier Musée Fabre

Marc Bazille, frère de Frédéric, propose pour une somme symbolique "La Réunion de famille" aux musées nationaux. En 1910, une première grande rétrospective est organisée dans le cadre du Salon d'Automne.

 

La Réunion de famille - 1867-1868 - huile sur toile 152x230cm - Paris Musée d'Orsay

La Réunion de famille - 1867-1868 - huile sur toile 152x230cm - Paris Musée d'Orsay

Bazille n'aura vendu aucun tableau de son vivant, d'ailleurs il n'avait nullement besoin d'argent, ses parents lui versaient une rente mensuelle mais il devait rendre des comptes. Mécène pour ses amis, il acheta notamment à Monet "Les Femmes au jardin".

En 1870 il émergeait à peine sur la scène artistique, le Salon lui ouvrait ses portes : "Je suis lancé, écrivait-il à son frère Marc, et tout ce que j'exposerai dorénavant sera regardé". Bazille n'a pas eu la chance de vivre le plein épanouissement de l'impressionnisme.

C'est une très belle exposition qui, au travers des œuvres de Bazille en résonance avec celles de ses amis et contemporains, met en évidence la recherche de cette génération sur la peinture en plein air et particulièrement selon Bazille "comment peintre une figure au soleil"

Pierre Auguste RENOIR - Bazille peignant à son chevalet - 1867

Pierre Auguste RENOIR - Bazille peignant à son chevalet - 1867

Claude MONET - Portrait de Bazille à la ferme Saint-Siméon -  1864

Claude MONET - Portrait de Bazille à la ferme Saint-Siméon - 1864

PREMIERE EXPOSITION SUR BAZILLE ORGANISEE PAR LES MUSEES NATIONAUX

Jusqu'au 5 Mars 2017 - Musée d'Orsay PARIS

Voir les commentaires