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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Articles avec #expositions a paris catégorie

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Autoportrait à la palette - 1865-1866 109x71cm - Chicago

Autoportrait à la palette - 1865-1866 109x71cm - Chicago

Frédéric Bazille est né le 6 décembre 1841. Il est issu d'une vieille famille d'orfèvres et de négociants, membres de l'Eglise réformée. Son père, propriétaire terrien et viticulteur est un notable. Bazille passe son enfance entre l'hôtel situé Grand-Rue à Montpellier et la résidence d'été de la famille, le domaine de Méric (devenu, de nos jours, un parc public). La bâtisse rose est située en hauteur, et la pente du parc descend jusqu'à la rivière Lez. "Méric, un greffon de Florence enté en Languedoc est un lieu magique" (F.B.Michel - biographie de Bazille)

 

Résidence de Méric

Résidence de Méric

En 1859, après avoir passé le baccalauréat, Bazille envisage de se consacrer à la peinture. Il entreprend cependant des études de médecine, carrière voulue par ses parents, tout en peignant pendant son temps libre et en suivant des cours de peinture et de dessin dans l'atelier du sculpteur Joseph Baussan.

En 1862, ses parents acceptent qu'il poursuive ses études à Paris, mais Bazille conserve la volonté d'être peintre. Il fréquente l'atelier de Charles Gleyre. Il y rencontre Monet, Sisley et Renoir. Monet sera un guide que Bazille hébergera et aidera beaucoup financièrement.

En 1854, il échoue à sa deuxième année de médecine, son père accepte finalement qu'il se consacre à la peinture.

Bazille est un hôte assidu du salon de sa cousine Mme Lejosne. Il y retrouve Baudelaire, Verlaine, Barbey d'Aurevilly, Braquemond, Manet. Cette élite, opposée à Napoléon III, voue un culte à Victor Hugo, l'exilé, et est hostile à l'académisme.

Il se lie d'amitié avec Pissarro, Fantin-Latour, Nadar (il sera présent à l'envol du "Géant"-voir article http://www.voir-ou-revoir.com/search/nadar/), Zola, Degas et Cézanne qu'il réunira au petit café Guerbois des Batignolles à quelques pas de l'atelier de Manet.

Ci-dessus - L'Atelier de la rue de Visconti - 1867 - Huile sur toile, 65x48cm, Richmond

L'atelier est un lieu essentiel pour les peintres : on s'y rencontre pour observer les progrès des uns et des autres, s'encourager, engager des débats esthétiques, y diner ensemble. C'est aussi un sujet de peinture lorsque l'on ne peut pas s'offrir des modèles ou sortir peindre en plein air.

Ci-dessous :

Atelier de la rue de la Condamine - 1869/1870 -  huile sur toile 98x128,5cm - Paris Musée d'Orsay.

Edmond Maître est au piano, Emile Zola parle à Renoir qui peint, et la grande silhouette de Bazille est de la touche de Manet.

Frédéric BAZILLE au Musée d'Orsay - Février 2017

En 1865, Bazille quitte son petit local de la rue de Vaugirard pour s'installer avec Monet dans un atelier 6, rue de Fürstenberg, face à l'atelier de Delacroix. De leur fenêtre les deux amis peuvent voir la pièce ou peint le maître. Ils y recevront Courbet venu encourager Monet qui peint "Le Déjeuner sur l'herbe". Bazille déménagera plusieurs fois durant les huit années passées à Paris. En 1966, rue Godot-de-Mauroy, puis rue de Visconti, aux Batignolles, et en avril 1870 rue des Beaux-Arts.

Bazille aime la vie parisienne, le théâtre, les concerts. Il partage sa passion pour la littérature, la poésie et le piano avec Edmond Maître avec lequel il entretiendra une amitié profonde. Mais il aime aussi se ressourcer au grand air et fait de nombreuses escapades à Honfleur avec Monet, à Chailly, à Barbizon, à Aigues-Mortes et retourne régulièrement tous les étés à Méric, site essentiel dans l'œuvre de Bazille.

Ci-dessus -  Paysage à Chailly - 1865 - huile sur toile 81x100cm - Chicago

Les remparts d'Aigues-Mortes - 1867 - Huile sur toile 46x75cm - Montpellier Musée Fabre

Les remparts d'Aigues-Mortes - 1867 - Huile sur toile 46x75cm - Montpellier Musée Fabre

Entre 1863 et 1870, Bazille peint plus d'une cinquantaine d'œuvres de tout genre : portraits, paysages, natures mortes (à cette époque genre important, modeste et peu couteux), nus (surtout masculins).

 

Négresse aux pivoines - 1870 - huile sur toile 60x75cm - Montpellier Musée Fabre

Négresse aux pivoines - 1870 - huile sur toile 60x75cm - Montpellier Musée Fabre

Portrait de Pierre Auguste Renoir - vers 1868-1869 - huile sur toile 61x50cm - Montpellier Musée Fabre - dépôt du Musée des beaux arts d'Alger

Portrait de Pierre Auguste Renoir - vers 1868-1869 - huile sur toile 61x50cm - Montpellier Musée Fabre - dépôt du Musée des beaux arts d'Alger

La Robe rose - 1864 - 147x110cm - Paris Musée d'Orsay

La Robe rose - 1864 - 147x110cm - Paris Musée d'Orsay

Ruth et Booz - 1870 - huile sur toile 138x202xm - Montpellier  Musée Fabre

Ruth et Booz - 1870 - huile sur toile 138x202xm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte au héron - 1867 huile sur toile 98x78cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte au héron - 1867 huile sur toile 98x78cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte aux poissons - 1866 - huile sur toile 47x39cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte aux poissons - 1866 - huile sur toile 47x39cm - Montpellier Musée Fabre

Jeune Homme nu couché sur l'herbe - vers 1867 - huile sur toile - 147x139 - Montpellier Musée Fabre

Jeune Homme nu couché sur l'herbe - vers 1867 - huile sur toile - 147x139 - Montpellier Musée Fabre

Le Pêcheur à l'épervier - 1868 - huile sur toile 188x87cm - Remagen

Le Pêcheur à l'épervier - 1868 - huile sur toile 188x87cm - Remagen

Bazille meurt tragiquement le 28 Novembre 1870, au cours de la guerre franco-prussienne. Avec la fougue de la jeunesse il s'est engagé dans le 3ème régiment de Zouaves. Sergent major nouvellement promu, il reçoit une balle dans le bras et une dans le ventre lors de l'assaut de Beaune-la-Rolande (Loiret).

La quasi-totalité de son œuvre est rapatriée chez ses parents, où personne ne la voit durant près de trente ans. Nous devons à Manet et au critique Roger Marx la redécouverte de Bazille. A l'Exposition Universelle de 1900, Roger Marx fait le bilan d'un siècle de peinture française et introduit avec les impressionnistes qui sont devenus célèbres, l'oublié Bazille. La "Vue du village" et "La Toilette" sont présentés dans la salle des précurseurs du mouvement

La Vue du Village - 1868 - Huile sur toile - 137x85cm - Montpellier Musée Fabre

La Vue du Village - 1868 - Huile sur toile - 137x85cm - Montpellier Musée Fabre

La Toilette - 1870, huile sur toile 130x128cm - Montpellier Musée Fabre

La Toilette - 1870, huile sur toile 130x128cm - Montpellier Musée Fabre

Marc Bazille, frère de Frédéric, propose pour une somme symbolique "La Réunion de famille" aux musées nationaux. En 1910, une première grande rétrospective est organisée dans le cadre du Salon d'Automne.

 

La Réunion de famille - 1867-1868 - huile sur toile 152x230cm - Paris Musée d'Orsay

La Réunion de famille - 1867-1868 - huile sur toile 152x230cm - Paris Musée d'Orsay

Bazille n'aura vendu aucun tableau de son vivant, d'ailleurs il n'avait nullement besoin d'argent, ses parents lui versaient une rente mensuelle mais il devait rendre des comptes. Mécène pour ses amis, il acheta notamment à Monet "Les Femmes au jardin".

En 1870 il émergeait à peine sur la scène artistique, le Salon lui ouvrait ses portes : "Je suis lancé, écrivait-il à son frère Marc, et tout ce que j'exposerai dorénavant sera regardé". Bazille n'a pas eu la chance de vivre le plein épanouissement de l'impressionnisme.

C'est une très belle exposition qui, au travers des œuvres de Bazille en résonance avec celles de ses amis et contemporains, met en évidence la recherche de cette génération sur la peinture en plein air et particulièrement selon Bazille "comment peintre une figure au soleil"

Pierre Auguste RENOIR - Bazille peignant à son chevalet - 1867

Pierre Auguste RENOIR - Bazille peignant à son chevalet - 1867

Claude MONET - Portrait de Bazille à la ferme Saint-Siméon -  1864

Claude MONET - Portrait de Bazille à la ferme Saint-Siméon - 1864

PREMIERE EXPOSITION SUR BAZILLE ORGANISEE PAR LES MUSEES NATIONAUX

Jusqu'au 5 Mars 2017 - Musée d'Orsay PARIS

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

COLLECTION TESSIN

Actuellement au Louvre, rotonde Sully, et jusqu'au 16 janvier 2017, se tient une très belle exposition de la collection de Carl Gustaf de Tessin, Grand maréchal de la cour de Suède et architecte renommé.

Lors de son troisième séjour à Paris, le comte de Tessin assuma les fonctions d'ambassadeur de Suède (sans en avoir le titre). Il vécut à la cour de Louis XV de 1739 à 1741. Durant ces trois années, courant les ateliers d'artistes, les boutiques et les ventes aux enchères, il se constitua une riche collection de peintures et de dessins. Il fut notamment le principal acheteur de la grande vente Crozat de 1741 (de Tessin aurait acheté 2057 dessins).

Il devint l'ami de François Boucher qui réalisa pour lui le "Triomphe de Vénus".

Sa boulimie d'achats d'œuvres et son énorme train de vie l'obligèrent à vendre une partie de sa collection au roi de Suède, Frédéric Ier qui en fit cadeau à la reine Louise-Ulrique.

Le Louvre présente une centaine d'œuvres parmi les 9000 conservées au  Nationalmuseum de Stockholm http://www.nationalmuseum.se/

Cette exposition a été peu médiatisée, on la visite tranquillement. J'ai particulièrement aimé les nombreux et admirables dessins exposés que j'ai pu regarder longuement et photographier sans gêner ni être gênée.

cliquez sur les images pour les agrandir 

François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740
François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740
François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740

François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740

Jean RESTOUT -(1692-1768) Portrait de Jean Bernard Restout à 4 ans - 1736

Jean RESTOUT -(1692-1768) Portrait de Jean Bernard Restout à 4 ans - 1736

Antoine WATTEAU (1684-1721) Feuille d'étude vers 1716 - sanguine

Antoine WATTEAU (1684-1721) Feuille d'étude vers 1716 - sanguine

François BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventail
François BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventailFrançois BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventail

François BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventail

J'ai fait la découverte d'un dessin très intéressant qui serait le dessin préparatoire au "Portrait d'un vieillard et jeune garçon" de Ghirlandaio qui se trouve au Louvre. Il s'agit du dessin d'un défunt sur son lit de mort commandé par les descendants.

Domenico Bigordi dit il Ghirlandaio (1449-1494) - Vers 1490 "Tête de viel homme"

Domenico Bigordi dit il Ghirlandaio (1449-1494) - Vers 1490 "Tête de viel homme"

TITIEN (1488-1576) - Scène de bataille - vers 1536 - plume et encre brune

TITIEN (1488-1576) - Scène de bataille - vers 1536 - plume et encre brune

 

 

 

 

 

 

Pierre Paul RUBENS (1577-1640) - Le Nain du comte d'Arundel - vers 1620 - Sanguine, pierre noire, encre brune, rehaut de craie

REMBRANDT (1606-1669) Buste de veillard - vers 1630

REMBRANDT (1606-1669) Buste de veillard - vers 1630

Jacques CALLOT (1592-1635) La tentation de Saint Antoine - vers 1635 - Pierre noire, encre brune, rehaut de blancJacques CALLOT (1592-1635) La tentation de Saint Antoine - vers 1635 - Pierre noire, encre brune, rehaut de blanc

Jacques CALLOT (1592-1635) La tentation de Saint Antoine - vers 1635 - Pierre noire, encre brune, rehaut de blanc

Albrecht DURER (1471-1528) Portrait de femme aux cheveux tressés - Pierre noire et fusain

Albrecht DURER (1471-1528) Portrait de femme aux cheveux tressés - Pierre noire et fusain

Mathis Gothart Nithart dit Grûnewald (1475/1480-1528) - Tête de vieillard - vers 1515 - Fusain

Mathis Gothart Nithart dit Grûnewald (1475/1480-1528) - Tête de vieillard - vers 1515 - Fusain

Lucas Van Leyden (1494-1533) Portrait d'homme - 1521 - Fusain et pierre noire

Lucas Van Leyden (1494-1533) Portrait d'homme - 1521 - Fusain et pierre noire

Charles de la Fosse (1636-1716) - Tête de Jeune fille de profil - 1682 - Pierre noire, sanguine, pastel

Charles de la Fosse (1636-1716) - Tête de Jeune fille de profil - 1682 - Pierre noire, sanguine, pastel

Claude Mellan (1596-1688) - Cardinal de Richelieu - 1642 - quelques mois avant sa mort en décembre 1642

Claude Mellan (1596-1688) - Cardinal de Richelieu - 1642 - quelques mois avant sa mort en décembre 1642

A la fin de l'exposition un remarquable petit tableau (huile sur bois), environ 15x10 cm représente un "Paysan âgé lisant une feuille de papier. Ces petites peintures étaient en vogue au XVIIe siècle.

Entourage d'Adrian van Ostade - vers 1650

Entourage d'Adrian van Ostade - vers 1650

L'exposition se termine par ce petit tableau (huile sur cuivre) à double face de Martin Van Meytens. Ce qui apparaît comme une image pieuse cache en réalité un exemple de pornographie. Il ne reste de ces tableaux, nombreux au XVIIIe siècle, que quelques rares témoins aujourd'hui.

Tessin conservait ce tableau dans son cabinet de toilette.

Martin Van Meytens - peintre suédois (1695-1770) - Nonne agenouillée en train de lire - 1731Martin Van Meytens - peintre suédois (1695-1770) - Nonne agenouillée en train de lire - 1731

Martin Van Meytens - peintre suédois (1695-1770) - Nonne agenouillée en train de lire - 1731

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Publié dans : #Expositions à Paris
Entrée de l'exposition au MAMEntrée de l'exposition au MAM

Entrée de l'exposition au MAM

La rétrospective actuelle de l'oeuvre de Bernard Buffet au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris est un événement inattendu : elle est l'occasion pour beaucoup d'entre nous de découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de l'un des artistes les plus célèbres du XXe siècle.

L'ascension de Bernard Buffet fût fulgurante. Au milieu des années cinquante, il est considéré comme étant l'égal de Picasso (ce dernier doit sans doute fort peu apprécier cette estimation), un référendum organisé par le magazine "Connaissance des Arts", l'élit meilleur peintre de l'après-guerre.

1958. Première grande rétrospective à la galerie Charpentier et année charnière pour lui : il a trente ans, il est riche, il roule en Rolls, son succès commercial est énorme (il est le premier peintre à diffuser certaines de ses oeuvres sous forme de produits dérivés).

1959. André Malraux devenu Ministre chargé des Affaires Culturelles, inaugure la première Biennale de Paris qui "sacre" l'abstraction de Pierre Soulages ou de Georges Mathieu au détriment de la figuration. Pour Bernard Buffet, ce sera bientôt la chute brutale, il sera l'objet, selon Otto Hahn, d'un "terrorisme moral". On lui reproche, outre son succès commercial, son côté "people" artiste figure de la haute société. Pour les institutions et les critiques, dans le courant intellectuel du moment, il n'est plus acceptable. Bernard Buffet n'est pas du côté des abstraits... et il ose même affirmer qu'il est contre !

Depuis 1952, il présente chaque année, le premier jeudi de février, une exposition personnelle thématique, à la Galerie Garnier à Paris.Il est populaire. Le public lui reste fidèle. Dès le premier regard, son oeuvre est intelligible alors que l'abstraction impose une réflexion souvent aléatoire. Les collectionneurs continuent d'acheter ses oeuvres : Maurice Garnier, Roger Dutilleul, le Docteur Maurice Girardin, le japonais Kiichiro Okano qui fonde dans son pays, à Surugadaire, en 1973, le Musée Bernard Buffet riche de 2000 oeuvres ((peintures, aquarelles, dessins, affiches, livres).

J’ai découvert, en visitant cette rétrospective, un grand peintre dont je ne connaissais que quelques tableaux, notamment son « clown » (qui ne le connait pas ?), des portraits de sa femme Annabel et des vues de Paris. J’aime ses compositions rigoureuses, le dépouillement de ses premières œuvres aux teintes grises et ocre à la couche picturale fine, mais aussi plus tard l’éclatement de la couleur en pâte lourde dans les séries sur Le Cirque, Les Oiseaux, La Corrida, Sumi et Kabuki. Comment ne pas être impressionné par ses trois grands tableaux sur La Guerre, où l’on retrouve l’art de Callot, de Goya et du Douanier Rousseau.   

Dimanche 6 novembre, était diffusé sur Arte « Bernard Buffet, le grand dérangeur », un reportage passionnant et parfois émouvant qui a complété ma connaissance du peintre.

Les critiques   ne sont toujours pas tendres, comme celle de Philippe Dagen, journaliste, dans le Monde du 18 octobre : « A partir des années 1970, ce système a fini par fatiguer la plupart de ses supporteurs. Quant aux autres, cela faisait déjà longtemps qu’ils ne le regardaient plus, et cette exposition ne les convaincra pas qu’ils auraient eu tort ». A chacun sa vision. En ce qui me concerne, je suis ressortie convaincue par cette exposition et admirative de ce peintre prolifique.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

UNE VIE EN QUELQUES TABLEAUX

Bernard Buffet naît à Paris, le 10 juillet 1928 et grandit aux Batignolles. Dès 1942 il suit les cours de dessin de la Ville de Paris. En Janvier 1944 il entre avec dispense aux Beaux-Arts de Paris dans l'atelier d'Eugène Narbonne.

Buffet peint avec ardeur. C'est la guerre. Il utilise des morceaux de draps, de la toile à matelas. Les châssis sont fabriqués avec des chutes de bois rapportées de la miroiterie que dirige son père. La rareté des couleurs disponibles commande le ton gris ocre. Il peint ses proches, lui-même et tout ce qui l'entoure. Ses personnages longs et minces sont son propre reflet, celui d'un jeune homme qui a conservé sa silhouette maigre d'adolescent ayant vécu avec les restrictions de l'Occupation. Il a une mémoire visuelle exceptionnelle et compose directement le dessin sur sa toile au fusain, sans support de la nature ou de photos.

Deux hommes nus à table - 1947

Buffet à 20 ans, il remporte avec ce tableau le prix de la critique organisé par la Galerie Saint Placide. Il expose au Salon des Indépendants, et fait une première exposition personnelle.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le buveur - 1948 

Ce tableau est présenté en avril au prix de la jeune peinture créé par la Galerie Drouant-David. Au milieu du tableau on aperçoit le trait de raccordement de deux toiles assemblées.

Vacances en Vaucluse - 1950

Buffet rencontre Pierre Bergé dans un café de la rue de Seine. C'est le coup de foudre. Ils quittent Paris pour la Provence. Durant le Salon des Tuileries, le tableau exposé en vitrine à la Galerie Charpentier fait scandale et doit être retiré.

En 1951, les deux garçons sont hébergés par Giono à Manosque. Ils s'installent ensuite à Nanse jusqu'en 1955.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

La Crucifixion - 1952

Cette oeuvre fait partie de la première exposition thématique à la Galerie Drouant-David.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Les Horreurs de la guerre - 1954

Buffet n'a que 26 ans lorsqu'il peint cette série. Le peintre aspire à marquer son époque tout comme l'a fait Picasso avec Guernica..

L'Ange de la guerre - Les Pendus - Les Fusillés

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le clown - 1955

Le tableau, diffusé dans le monde entier, fait partie de la série sur le cirque qui marque la notoriété de Buffet. La cote du peintre monte. Il est en tête de la jeune école contemporaine. Il achète une belle demeure seigneuriale à Château d'Arc.

La voix humaine - 1957

Le livre entièrement calligraphié et illustré de pointes sèches originales de Buffet est une commande de Cocteau d'après le texte de sa pièce de théâtre écrite en 1930 et montée la même année par Berthe Bovy à la Comédie Française. La première représentation privée est chahutée par les Surréalistes. Cette pièce met en scène un unique personnage, une femme au téléphone en un dialogue lacunaire et tronqué.

 

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Voir la totalité de l'album ci-dessous

1958 - La Première grande rétrospective à la Galerie Charpentier est un énorme succès.

Après sa rupture avec Pierre Bergé, Buffet part à Saint Tropez et rencontre Annabel Schowb qu'il épouse en décembre. Ils auront trois enfants.

 

Maquette pour Toxique de Françoise Sagan - 1964

Entièrement illustrée par des dessins de Buffet - édité par Julliard

Court texte écrit par Françoise Sagan, sorte de journal d'un manque. Après son accident de voiture en 1957, elle reçoit pendant trois mois quotidiennement, un succédané de morphine appelé le "875" (palfium) qui la mène à faire une cure de désintoxication au cours de laquelle elle écrit cette confession

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

1956-1976

Buffet peint avec fureur. Il est sollicité pour des décors de ballets, des affiches de cinéma, des illustrations. Plus il est connu du grand public, plus sa réputation dans les milieux culturels baisse. En 1966 Connaissance des Arts le classe au 18e rang de l'index.

Au début des années 1970, il s'isole dans son atelier de Saint-Cast. Il n'assiste pas à l'inauguration du musée qui lui est consacré à Surugadaire au Japon. Il s'y rendra une première fois en 1980.

En 1984, il achète le Domaine de la Baume à Tourtour dans le Haut Var. Il y vivra jusqu'à sa mort (le domaine est devenu un hôtel de luxe)

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le Kabuki - 1987

Série inspirée par le Japon. Le Kabuki est une forme de théâtre traditionnel japonais, très prisée des citadins, qui a vu le jour à l'époque Edo, au début du XVIIe siècle.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Vingt mille lieues sous les mers - 1989

Avec ces tableaux inspirés par Jules Verne, Buffet continue son travail sériel de grand format. Viendront à la suite les séries sur l'Enfer de Dante et les Folles.

Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante
Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante
Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante

Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante

La harpiste - 1991

Nouvelle série sur le cirque

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Les terroristes - 1997

Série très violente avec une pointe d'humour noir. Le peintre insiste surtout sur les armes des terroristes. Buffet qui s'estime victime d'un terrorisme culturel offre des cibles à la critique assassine.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

La mort - 1999

Atteint de la maladie de Parkinson, Bernard Buffet prépare méthodiquement sa sortie. Il a des difficultés pour tenir ses pinceaux et ne supporte pas l'idée de ne plus peindre. Le 4 Octobre 1999, il se suicide par asphyxie avec un sac plastique sur lequel il inscrit son nom. Ses cendres ont été dispersées dans le jardin du musée de Surugadaire.

Cette série extraordinaire sera exposée en Février 2000.

et plus d'images .... ci-dessous

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Publié dans : #Expositions à Paris
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Exposition Albert Marquet - Peintre du temps suspendu

Le petit Albert est assis au bord de la Garonne, à Bordeaux, là où il est né. Il ne joue pas avec les autres enfants, il reste à l'écart. Il a un handicap : un pied-bot qui le fait claudiquer. Sa myopie a-t-elle été décelée ? Porte-t-il déjà des petites lunettes rondes ? Pour moi cela le rend attachant mais pour des petits garnements c'est l'objet de moqueries supplémentaires. Alors, le petit Albert, délaissé et silencieux, s'attache à la vie du port, au chargement des bateaux, au déplacement des grues, au va et vient des passants, aux reflets dans l'eau.

En classe, Albert est encore la risée de ses camarades : cela n'incite pas à être bon élève. Il s'isole et parsème livres et cahiers de croquis Son père tempête : "Tu finiras sous les ponts" , mais sa mère le comprend, reconnait ses dons pour le dessin. En 1892, elle décide de partir à Paris afin qu' Albert entre à l'Ecole des Arts Décoratifs. Pour assurer la subsistance de la famille elle prend une boutique de broderies. Les élèves surnomment Albert "l'English". Parmi eux se trouve Matisse. Il a six ans de plus qu'Albert, il prend sa défense et lui évite d'être le souffre-douleur de l'atelier.

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Tous deux intègrent ensuite l'école des Beaux Arts dans l'atelier de Gustave Moreau. Albert y peint des nus, mais très vite il s'éloigne de l'académisme et dès 1898, utilise, en précurseur, des couleurs pures.

ci-contre, "Nu dit fauve" 1898

1905 : C'est la première fois que le salon d'automne a lieu au Grand Palais. Ingres, Manet, Renoir, bénéficient d'une rétrospective. Cézanne est présent. Le Douanier Rousseau expose son "Lion ayant faim se jette sur l'antilope". Dans une salle sont accrochées des peintures de Laprade, Camoin, Vlaminck, Derain... et Marquet. Matisse présente sa "Femme au chapeau". Pour les critiques ce sont des barbouillages, des peintures de fous aux couleurs criardes. Informé, Emile Loubet, Président en fin de mandat, refuse d'inaugurer le Salon.

Dans cette même salle contestée, trône un torse d'enfant et un petit buste en marbre, dans un style Renaissance italienne, du sculpteur Albert Marque (Albert MARQUE qu'il ne faut pas confondre avec Marquet sera aussi le créateur d'une tête de poupée qui obtiendra un grand succès. Elle est aujourd'hui très recherchée par les collectionneurs ). Le critique Louis Vauxcelles s'écrie "Donatello au milieu des fauves" . Le qualificatif "fauve" est resté, le mot fauvisme devait apparaître plus tard pour désigner à la fois le groupe et son art.
 

Page du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de MatissePage du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de Matisse

Page du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de Matisse

En 1906, sur les conseils de son ami Camoin, Marquet part peindre au Havre avec Dufy. Il redécouvre la vie d'un port, l'eau, les reflets. Il adoucit sa palette, privilégie les gris.

Il expose à la Galerie Druet en 1907. Les collectionneurs russes Morozov et Chtchoukine lui achètent des toiles. C'est la raison de la présence de nombreuses œuvres de Marquet au Musée de l'Ermitage et au Musée Pouchkine . Il sera d'ailleurs invité à Moscou en 1934.

Le port du Havre 1906

Le port du Havre 1906

Il se marie tard, à la cinquantaine avec Marcelle Martinet de vingt ans sa cadette. Il a rencontré Marcelle à Alger où il passe tous les hivers sur les conseils d'Elie Faure, son ami médecin, écrivain et collectionneur.

Chaque année, et jusqu'à sa mort, il voyage beaucoup de ports en ports : Londres, Tanger, Barcelone, Oslo, Stockholm, Alger, Rotterdam… "il se sentait partout chez lui où il y avait de l'eau et des bateaux" écrira Marcelle.

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Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
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Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 - Marseille 1907 - Alger -

Mais Marquet aime aussi intensément Paris et les quais de la Seine. Le présage de son père ne se réalisera pas : il ne dort pas sous les ponts, il les peint vu de haut, installé en étage dans différents ateliers. C'est sa particularité : traiter le paysage en vue plongeante. Paris est gris, c'est la réalité, Marquet l'interprète en camaïeux : le gris de la Seine s'accorde au gris des façades, des toits, des rues, du ciel.

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Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928
Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928
Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928

Quai des Grands Augustins 1906 - Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928

C'est une peinture sobre et élégante. Quelques lignes noires soulignent un quai ou un pont. Les petits personnages sont extraordinaires : vus de près ils sont construits d'un trait de pinceau spontané, de loin ils apparaissent vivants, animent merveilleusement le paysage.

La crue de la Seine 1910 -

La crue de la Seine 1910 -

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Comme pour affirmer sa passion de l'eau, des ports et des bateaux, Marquet n'acceptera comme récompense que le titre de "peintre officiel de la marine".

La sincérité qui émane des tableaux de Marquet rend cette exposition très attachante. Marquet regarde, et peint, tout simplement.

Albert MARQUET - 1875-1947 - Né à Bordeaux, décédé à Paris. Repose au cimetière de la Frette sur Seine (Val d'Oise)

Exposition jusqu'au 21 août 2016

Ci-contre, "Les persiennes" 1945, une de ces dernières toiles

Mon coup de cœur dans cette exposition - "Les hangars du port de Bougie" Algérie 1929

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Mais on pouvait voir aussi, et entre autres dessins et tableaux (l'exposition comporte une centaine d'oeuvres) ...

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Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

JACQUES GRINBERG - Musée d'Art Moderne Paris

(Sofia 1941 - Paris 2011)

Jusqu'au 18 septembre, une salle du MAM est consacrée à ce peintre, pionnier de la Nouvelle Figuration.

Jacques Grinberg peint "des œuvres au langage politique violent, antibourgeois et antimilitariste qui dénoncent la censure, l'oppression mais aussi la solitude ou l'enfermement. Jacques Grinberg qui signait Jacques, était aussi bien marqué par les idées communistes de ses parents que par la tragédie des camps nazis".

Cette présentation de quelques œuvres majeures du peintre est organisée à l'occasion de l'acquisition d'une œuvre par le musée et d'une donation par les enfants de l'artiste et par des collectionneurs.

La salle 14bis dédiée à Jacques Grinberg se trouve au niveau de la collection permanente du Musée.

Association l'Homme Bleu

http://www.jacquesgrinberg.com

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Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992

Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992

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PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016

Une photo émouvante, dont j'ai beaucoup de mal à me détacher, marque le destin tragique de Paula Modersohn-Becker. Paula est couchée, sa tête reposant sur un oreiller blanc où courre une broderie ajourée de petits soleils. Elle tient serrée contre elle un bébé et pose une main protectrice sur le petit crâne. Son visage est marqué par un accouchement qui a duré deux jours et s'est terminé au chloroforme et aux forceps . Ses lèvres dessinent un sourire fatigué. Est-ce le bonheur ?

Le temps est suspendu.

Il y a eu un avant.

Paula Becker est une adolescente déterminée à devenir peintre. Elle poursuit ses études d'art à Berlin, puis, plus tard rejoint un groupe de peintres à Worpswede, un village pauvre situé au nord de Brême, entouré de marais, de forêts et de dunes. Elle y rencontre son futur mari Otto Modersohn. Elle fait aussi la connaissance de Clara Westhoff, sculpteur, et de Rainer Maria Rilke, poète. Ils seront ses deux plus fidèles amis.

A Worpswede Paula peint dans un esprit symboliste des paysages brumeux, des marais. Elle dessine à l'hospice des pauvres, peint des portraits d'enfants et de vieillards.

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A l'aube du XXe siècle, elle est attirée par Paris, ville lumière. Elle y séjourne quatre fois, seule et inconnue, entre 1900 et 1907. A cette époque, l'animation règne au "Bateau Lavoir" avec Picasso, Modigliani, Juan Gris, Léger, le Douanier Rousseau… la liste serait longue.

Paula ne les croise pas et reste en marge de tout courant, libre de s'exprimer. Par le biais des expositions, les œuvres de Cézanne, Gauguin et Rousseau, la marquent profondément et la confortent dans sa propre démarche esthétique. Durant ses séjours à Paris, elle ne rencontrera que Rodin.

Durant huit années elle n'a qu'un seul but , "consciemment et inconsciemment, oh, peindre, peindre, peindre !"

Elle peint des autoportraits (influencée par les portraits égyptiens du Fayoum) , des natures mortes, des poissons rouges dans un bocal (dix ans avant Matisse), des fillettes nues, des bébés aux joues roses qui tètent, des mères et leurs nourrissons liés dans une plénitude charnelle...

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Puis un jour de mai 1906, elle se dénude et peint son reflet dans un miroir, elle a simulé un ventre rond. Un tissu blanc entoure ses hanches, elle porte un collier d'ambre, comme sur de nombreux autoportraits. Celui-ci est le plus célèbre : c'est la première fois qu'une femme se peint nue. En bas de la toile on peut lire : "j'ai peint ceci à l'âge de trente ans, à l'occasion de mon sixième anniversaire de mariage, PB".

Autoportrait au sixième anniversaire de mariage - mai 1906 - détrempe sur carton - 101,8x70,2cm. Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Autoportrait au sixième anniversaire de mariage - mai 1906 - détrempe sur carton - 101,8x70,2cm. Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Paula a pris des distances avec son mari : "Cher Otto… Mais je ne veux pas venir vers toi maintenant, je ne peux pas… Et je ne veux aucun enfant de toi : pas maintenant"

L'année 1906 Paula a travaillé fébrilement : quatre-vingts tableaux. Elle a vécu entourée de ses toiles.

Etre femme artiste est souvent un déchirement : comment choisir entre l'art et la famille ? Comment allier les deux ? Le dilemme se posait sans aucun doute pour Paula : "moi, pauvre petit être humain, je ne sais pas quel est le bon chemin pour moi", puis "ce qui compte le plus pour moi : la paix pour mon travail, et ça je l'ai aux côtés d'Otto".

A-t-elle choisi délibérément, à trente et un ans, d'être enceinte, a-t-elle provoquée le destin ?

La petite Mathilde nait le 2 novembre 1907.

Le temps est suspendu.

Il y a un court après.

Le 21 Novembre, la maison est en fête, envahie de fleurs et de bougies : Paula peut se lever. Elle tombe foudroyée par une embolie d'être restée couchée. Son dernier mot est "schade" "dommage".

Nourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cmNourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cm

Nourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cm

De son vivant Paula n'aura vendu que trois tableaux, dont un petit à Rilke. Le succès viendra trop tard.

A l'ouverture de sa succession on découvrira une œuvre incroyablement importante, plus d'un millier de tableaux et dessins. Sa correspondance et son journal deviendront des best-sellers. L'Allemagne la reconnaitra , on lui consacrera un musée à Brême en 1927.

Cette photo m'obsède. Sans cette fin dramatique, quel aurait pu être l'autre chemin de Paula. On dit maintenant qu'elle a effleuré le cubisme. Aurait-elle rejoint, voir dépassé dans sa démarche les célébrités du début du siècle ? Elle en avait la volonté, l'énergie, le talent. …" shade"

Beaucoup d'émotion à visiter cette exposition, mais aussi à lire le merveilleux livre de Marie Darrieussecq, "Etre ici est une splendeur" (biographie de Paula), ainsi que le poème de Rainer Maria Rilke dédié à Paula, "Requiem" .

"J'achèterai des fruits, où l'on retrouve la campagne, jusqu'au ciel.

Car à ceci tu t'entendais : les fruits dans leur plénitude.

Tu les posais sur des coupes devant toi,

tu en évaluais le poids par les couleurs.

Et comme des fruits aussi tu voyais les femmes,

tu voyais les enfants, modelés de l'intérieur

dans les formes de leur existence.

Et pour finir, toi-même tu te vis comme un fruit,

tu te dépouillas de tes vêtements,

tu allas te placer devant le miroir et tu t'y enfonças tout entière,

sauf le regard : lequel, sans fléchir,

s'abstint de dire : c'est moi. Non : ceci est.

extrait de "Requiem" - Rainer Maria Rilke

LE SITE DU MUSEE DE PAULA : http://www.museen-boettcherstrasse.de/francais

PAULA MODERSOHN-BECKER - 1876 Dresde 1907 Worpswede

Musée d'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS jusqu'au 21 août 2016

Ce tableau termine l'exposition -  Vieille domestique au jardin 1906 -  96x80,2cm - Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Ce tableau termine l'exposition - Vieille domestique au jardin 1906 - 96x80,2cm - Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016
PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016

APPEL A CANDIDATURE

Artistes demeurant dans le Val d'Oise et la région Ile de France

Les amis des arts d'Ermont - ARAMI - ART CONTEMPORAIN EN VAL D'OISE

Exposition au Théâtre Pierre Fresnay ERMONT - 95120

du 19 au 27 novembre 2016

renseignements, règlement et bulletin d'inscription : www.arami95.com

Voir l'exposition 2015 ci-dessous :

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LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

L'innocence archaïque

Un homme quitte son domicile du 2 bis rue Perrel, près de Montparnasse. Sur sa porte on peut lire l'affichette « Dessin, peinture, musique, cours à domicile, prix modérés ». Il a la soixantaine passée, marche légèrement courbé. Il porte un chapeau mou, mais a délaissé sa canne car il est encombré d'un grand tableau. Il se rend chez le célèbre marchand Ambroise Vollard dont la galerie se situe au 6 de la rue Laffitte.

Vollard se montre très enthousiaste devant l'œuvre.

« Parfait, dit l’homme, ainsi vous pourriez me donner une attestation comme quoi je fais des progrès ».

Il explique la raison de cette demande : il s’est entiché d’une femme, mais les parents sont réticents pour donner leur fille à un «artiste sans le sou ».

« La fiancée n’est pas majeure, demande Vollard, il lui faut le consentement de ses parents ? »

« Non, répond l’homme, elle a cinquante quatre ans ».

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

H.Rousseau - 1890 - Moi-même, Portrait-paysage - huile sur toile 146x113cm - Prague -

Cet homme, c’est Henri Rousseau, surnommé « le Douanier » parce qu’il a travaillé à l’octroi de Paris, où il était chargé de vérifier les denrées alimentaires entrant dans la ville. Il est deux fois veuf et depuis 1903 la solitude lui pèse.

Le peintre quitte Vollard muni de son attestation, elle sera complétée par une autre, rédigée par Apollinaire. Malgré tout le mariage ne se fera pas. Rousseau restera célibataire durant les quelques années qui lui restent à vivre.

Cette anecdote m'amuse mais me laisse perplexe. Elle a souvent servi à démontrer la naïveté de Rousseau. Pour moi, elle s'apparente plutôt à une farce. Rousseau pouvait-il vraiment croire que ces certificats seraient de nature à convaincre des bourgeois réticents ? J’en doute, je l’imagine plutôt présentant le document aux parents de sa conquête avec un œil facétieux et un petit sourire narquois dissimulé sous sa moustache.

Quelques traits de sa biographie révèlent en effet une certaine malice. Bien au contraire ses détracteurs y voient la justification de leur attribution à Rousseau des seuls qualificatifs « naïf », « ingénu », « enfantin ». C'est évidemment très réducteur : Rousseau est un personnage, ambigu peut-être, mais attachant, riche, un créateur, ce n'est pas seulement "un style".

En réalité il y a peu de documents et de sources fiables sur Henri Rousseau. Son atelier a été dispersé à sa mort, sa famille n'a pas perçu l'intérêt d'en conserver des traces. Rousseau est à la fois marginal dans son milieu social et dans le monde des Arts.

Totalement autodidacte, il commence à peindre sur le tard, sans doute vers 1871. Il obtient sa carte de copiste au Louvre et au Musée du Luxembourg en 1884. Il prend sa retraite pour se consacrer pleinement à la peinture en 1893, il a quarante neuf ans.

Le lion, ayant faim, se jette sur l'antilope - 1898-1905 - Huile sur toile 200x301 - Bâle, Fondation Beyeler

Le lion, ayant faim, se jette sur l'antilope - 1898-1905 - Huile sur toile 200x301 - Bâle, Fondation Beyeler

Il parvient à s'insérer dans le circuit artistique grâce au Salon des Indépendants où il expose régulièrement à partir de 1886, invité par un de ses premiers défenseurs : Paul Signac.

Au salon de 1905, Rousseau expose "Le Lion ayant faim"(Vollard lui achètera 200 francs, soit à peu près 800 euros actuels - source : http://france-inflation.com/calculateur_inflation.php).

Nota - Un petit paysage a été vendu aux enchères en 2014 par Arcadja 60.000 €

Son tableau provoque l'amusement du public et aussi l'indifférence des critiques, peu inquiet de l'influence de Rousseau sur les jeunes générations. Ils se trompaient : Rousseau a contribué à ouvrir de nouvelles voies plastiques et expressives et à imposer la singularité de sa vision. Picasso et Léger retiendront la leçon.

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H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920

H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

Le Douanier Rousseau a lui-même été inspiré par "L'Homme au bonnet rouge" de Carpaccio - 1480-1490 - 35x23cm, Venise

Henri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée PicassoHenri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée Picasso

Henri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée Picasso

Dans l'almanach du groupe "Der Blaue Reiter", Kandinsky présentera Rousseau comme "le père du nouveau réalisme". Il lui achètera le tableau "La Basse-cour".

H.Rousseau "La basse-cour"- huile sur toile 24,6x32,9cm - 1896.1898 - Centre Pompidou - leg Nina Kandinsky 1981

H.Rousseau "La basse-cour"- huile sur toile 24,6x32,9cm - 1896.1898 - Centre Pompidou - leg Nina Kandinsky 1981

Les peintres de l'avant-garde parsèmeront leurs tableaux de références aux œuvres du Douanier qu'ils considèrent comme un maître.

Les surréalistes retiennent de l'œuvre de Rousseau la magie des images "d'intérêt dérisoire au point de vue réaliste, ses œuvres sont bel et bien du ressort surréaliste avant la lettre" A. Breton

Durant les années 1906-1908, Rousseau rencontre Delaunay, qui est l'un de ses premiers soutiens et collectionneurs, et Picasso. Il fréquente la bande du "Bateau Lavoir", les reçoit chez lui où l'on mange et boit ce qu'il y a. Rousseau jeûne parfois durant une semaine pour recevoir un joyeux mélange de gens de lettres, peintres, élèves, commerçants et demoiselles de son quartier, dans une atmosphère fantasque et musicale.

Quelques mois avant de quitter le "Bateau Lavoir" Picasso organise le célèbre "banquet" en l'honneur de Rousseau et pour célébrer la toile qu'il a acheté cinq francs chez le père Soulié : le Portrait de Madame M.

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Henri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par BrassaïHenri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par Brassaï

Henri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par Brassaï

L'œuvre de Rousseau comprend de nombreux paysages, des scènes de la vie quotidienne, des portraits, des natures mortes. Les compositions, qu'il appelait lui-même des "créations", traitaient de sujets romanesques, patriotiques ou "modernes", allégoriques ou exotiques.

Les jungles sont la part la plus surprenante et la plus ambitieuse de son œuvre. Il transpose sur un mode fantastique la végétation qu'il a observée dans les serres du Jardin des plantes, c'est l'expression personnelle d'un regard porté sur la nature. Rousseau est isolé, il n'adhère (sans doute n'est-il pas convié non plus) à aucun des mouvements en "isme" de son époque. Il est aussi plus libre.

C'est cette liberté que l'on retrouve dans ses jungles. On pénètre dans les camaïeux de verts, on écarte les feuilles géantes, on respire les fleurs colorées, on entend les cris des singes, on surprend un œil d'éléphant. Tout est douceur, la lumière, les ciels purs, les nuages roses, les lunes blanches. On est émerveillé et apaisé. C'est le paradis retrouvé, car rien n'est vraiment dramatique : le jaguar semble enlacer le joli cheval blanc plutôt que l'attaquer, le tigre "surpris" apparaît effrayé plus qu'effrayant, l'antilope saigne un peu mais le lion n'est pas terrifiant, il montre ses dents comme le rire des humains de Yun Minju.

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 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail

La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

A la fin de sa vie, Rousseau est dans le plus grand dénuement. Il meurt à l'hôpital Necker le 2 septembre 1910, victime d'une gangrène. Ses amis conviés au service religieux recevront les cartons alors que les obsèques sont déjà célébrées. Seuls Signac et Delaunay assistent aux funérailles. Enterré dans une fosse commune, sa dépouille sera transférée au cimetière de Bagneux grâce à la souscription de ses amis intimes, puis en 1947 à Laval son lieu de naissance.

L'épitaphe qui se trouve sur sa tombe est de Guillaume Apollinaire :

Gentil Rousseau tu nous entends

Nous te saluons Delaunay sa femme Monsieur Queval et moi

Laisse passer nos bagages en franchise à la porte du ciel

Nous t'apporterons des pinceaux des couleurs des toiles

Quelques autres œuvres exposées

cliquez sur les images pour les agrandir
La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903
La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903
La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903

La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903

Et ma toile préférée d'Henri Rousseau qui n'est pas exposée mais que j'ai eu le bonheur d'admirer il y a quelques années.

La bohémienne endormie - 1897 - Huile sur toile 129x200 cm - MOMA New-York

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016
LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

A noter que Rousseau a écrit un drame: "La vengeance d'une orpheline russe" . J'ai pu me procurer une édition de 1947. Ce n'est pas une grande œuvre littéraire mais c'est émouvant de la lire. Une pièce de théâtre est difficile à construire, elle demande une mise en scène des personnages et à chacun sa façon de s'exprimer . Le "naïf douanier" réussit le challenge. On ne s'ennuie pas et l'on s'amuse même avec les serviteurs qui russes ou français s'expriment dans un même patois fleuri. Etonnant Rousseau, pas aussi naïf qu'on veut bien nous le faire croire !

Ci-contre manuscrit original

Le sujet de la pièce : Sophie est une jeune fille Russe orpheline, élevée par sa tante Mme Yadwigha à Saint Petersburg. Mme Yadwigha souhaiterait que Sophie épouse un officier de marine, Gaston, mais Sophie se laisse séduire par Henri, un allemand employé de banque. Il l'entraîne à Paris, puis l'abandonne sans un sou et sans logis. Elle jure de se venger. Elle est recueilli par le Général Bosquet, 76 ans, qui l'adopte. A la mort de celui-ci, riche héritière, elle retourne à Saint Petersburg. Sa tante est décédée. Elle retrouve Henri qui s'est marié. Gaston toujours épris de Sophie provoque Henri en duel et le tue.

EXPOSITION JUSQU'AU 17 JUILLET 2016

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UN PEINTRE VISIONNAIRE

Le titre de Conservateur du Muséum National qu'avait obtenu Hubert Robert en 1795 imposait, bien évidemment, que la grande rétrospective consacrée à son œuvre fût présentée là où il avait exercé sa fonction, là où il avait également demeuré : au Louvre !

Je n'étais pas une grande "fan" des ruines d'Hubert Robert, mais avec cette présentation , ce mélange de dessins, de gravures et de peintures, j'ai été conquise.

Hubert Robert, mémorialiste de son temps, décrit Paris, l'Histoire, la Révolution française et l'on regarde avec nostalgie, le pont Notre Dame , la Bastille en destruction, le port de Rome…

Mais ce que j'ai particulièrement aimé, ce sont ses merveilleux dessins à la sanguine, où, dans des décors gigantesques, se déplacent de petits personnages. C'est mon grand coup de cœur.

Tous ces dessins mesurent environ 30x40cm - photos web
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -

Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 - Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -

Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74
Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74

Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 - La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74

Hubert Robert donne, dans son œuvre, une place considérable aux arbres. Il en fait même le sujet central du dessin "L'Arbre renversé".

Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780
Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780

Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780

L'Arbre renvrsé, 1762/63 -  Etude de plantes, 1761/62L'Arbre renvrsé, 1762/63 -  Etude de plantes, 1761/62

L'Arbre renvrsé, 1762/63 - Etude de plantes, 1761/62

Hubert Robert nait en 1733. Ses parents appartiennent à la maison du comte de Stainville. Hubert Robert est destiné à entrer dans les ordres. Il étudie au collège de Navarre (le comte n' est pas étranger à cette admission dans un collège aristocratique).

Devant ses dons évidents pour le dessin d'architecture, il devient élève du sculpteur Michel-Ange Slodtz en 1751. De 1754 à 1765 Hubert Robert séjourne à Rome auprès du comte de Stainville, nommé ambassadeur de France.

Bien qu'il ne soit pas lauréat du Prix de Rome, mais avec l'appui du comte il est logé à l'Académie de France, installée au palais Mancini. Il reçoit l'enseignement de Pannini, professeur de perspective à l'Académie et peintre de ruines, et celui de Piranèse dont l'atelier est situé non loin de l'Académie. En 1759 Hubert Robert obtient une place officielle de pensionnaire.

En 1765 c'est le retour à Paris où il connaît un succès immédiat avec ses œuvres associant un évènement contemporain à une vue de ruines. Cela lui vaut le surnom de "Robert des ruines". Ses clients, mécènes et amis comptent parmi les plus hauts personnages du royaume : Le comte d'Artois (frère de Louis XVI), le marquis de Marigny (frère de Mme de Pompadour), le comte de Stainville, fait duc de Choiseul et devenu ministre, la famille de La Rochefoucauld….

Il fréquente les "lundis" , réservés aux artistes, de Madame Geoffrin, riche bourgeoise de la rue Saint-honoré . Viennent y dîner Boucher, Carle van Loo, Joseph-Marie Vien. Les "mercredis de Madame" sont jours des gens de lettres et accueillent Marivaux, Fontenelle, Voltaire, d'Alembert et Diderot.

En 1766 Hubert Robert est reçu à l'Académie Royale pour son tableau "Port de Ripetta". L'année suivante il participe au premier Salon, il y présente plus de quinze tableaux dont le Port de Ripetta. Il exposera au Salon régulièrement jusqu'en 1798 une dizaine d'œuvres

Le Port de Ripetta - huile sur toile - Ecole des Beaux-Arts de Paris

Le Port de Ripetta - huile sur toile - Ecole des Beaux-Arts de Paris

En 1773 il décore pour le cardinal de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen, la salle des Etats de l'archevêché. C'est le seul décor d'Hubert Robert, conservé de nos jours en France.

Retrospective Hubert Robert au Louvre - avril 2016

En 1777 Louis XVI lui commande deux tableaux. Il assure aussi, à partir de cette année là, des travaux de décoration et de conception de jardins.

1789 - Il peint "La Bastille dans les premiers jours de sa démolition".

Le Muséum central des arts ouvre le 14 août 1793 dans les locaux vétustes de la Grande Galerie

La Bastille dans les premiers jours de sa démolition - 1789 - 77x114cm - huile sur toile - Musée Carnavalet-

La Bastille dans les premiers jours de sa démolition - 1789 - 77x114cm - huile sur toile - Musée Carnavalet-

La Grande Galerie en ruine - 1796 - 112x143 cm - Musée du Louvre

La Grande Galerie en ruine - 1796 - 112x143 cm - Musée du Louvre

Le 23 Octobre 1793, Hubert Robert est arrêté pour ses relations avec les ennemis de la liberté. Il est emprisonné à Sainte-Pélagie puis à Saint-Lazare. Il aurait réalisé durant son incarcération cinquante-trois tableaux et de multiples dessins. Il est libéré le 4 août 1794 à la chute de Robespierre. Il a échappé de peu à la guillotine (un homonyme aurait été guillotiné à se place).

Le ravitaillement des prisonniers à Saint Lazare - 1794 - Musée Carnavalet Paris

Le ravitaillement des prisonniers à Saint Lazare - 1794 - Musée Carnavalet Paris

Le 16 avril 1795, Hubert Robert est nommé conservateur du Muséum National, notre Louvre actuel.

En 1802 il est mis à la retraite de sa fonction au Muséum national qui prend le nom de musée Napoléon.

En 1806 il est expulsé du Louvre où il était logé.

Il meurt brutalement le 15 avril 1808.

Sous l'Empire (1805-1810) un nouvel éclairage de la Grande galerie du Louvre est réalisé par Percier et Fontaine qui se souviennent des projets qu'Hubert Robert a exposé au salon de 1796.

Projet d'aménagement de la Grande Galerie - 1796 - 155x145cm - huile sur toile - Musée du Louvre

Projet d'aménagement de la Grande Galerie - 1796 - 155x145cm - huile sur toile - Musée du Louvre

 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75
 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75

Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75

Cette exposition est très riche, ce n'est ici qu'un bref aperçu. Ne la manquez pas !

JUSQU'AU 30 MAI 2016 - HALL NAPOLEON Musée du LOUVRE

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 photos MP. Cliquez dessus pour les agrandir.

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Un grand coup de cœur à la Fondation Vuitton pour les artistes chinois exposés dans le splendide bâtiment de Frank Gehry (pour le revoir http://www.voir-ou-revoir.com/2014/11/fondation-louis-vuitton-paris-nov-2014.html)

Cette exposition comporte deux parties :

- dans les galeries supérieures des œuvres chinoises de la Collection de la Fondation

- au rez-de-Bassin "BENTU", titre signifiant "terre natale" en chinois, présente douze jeunes artistes sélectionnés (la plupart ont une trentaine d'années).

"Cette sélection ne prétend pas au panorama mais elle met en lumière le caractère protéiforme d'un art chinois qui convoque tous les médias de manière totalement décomplexée et mixte tradition et culture locales, avec les enjeux de la mondialisation et ceux propres à la Chine, que ce soit la nouvelle donne économique, l'écologie, la question de l'identité et surtout, la transformation des rapports entre la ville et la campagne"

Suzanne Pagé - Directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton

Je vous propose tout simplement une visite en image avec quelques commentaires.

GALERIES SUPERIEURES

Ai Weiwei

"TREE" 2010 -

Tronçons de bois 530x560x660cm - Cet arbre appartient à une série. Il est constitué de fragments morts, les jointures sont visibles.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Huang Yong Ping

"CINQUANTE BRAS DE BOUDDHA" - 1997/2013 -

Métal, terre cuite, résine, objets divers - 477x404x415cm

A partir d'une structure métallique inspirée par le "Porte-bouteilles" de Marcel Duchamp, Huang Yong Ping, fondateur du mouvement Xiamen Dada en 1996, réinvente le"Bouddha aux Mille Bras",

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Zhen - Production Madein Company

Image 1) "NEW" 2014 - Acier inoxydable, peinture, 402x130x110cm -

En 2009 Xu Zhen crée MadeIn Company, entreprise destinée à la production et à la recherche artistique. Xu Zhen assimile ses réalisations à des "produits", son nom devenant une marque.

Images 2 et 3) Eternity - Mélange d'anciennes sculptures chinoises et grecques

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Zhang Xiaogang

My ideal - 2003-2008 - huile sur toile - 279x500cm et Bronze -

Représentation de cinq enfants nus jusqu'à la ceinture, habillés dans des costumes d'adultes incarnant les différentes classes de la société symbolisées par le drapeau chinois : au centre le soldat en rouge ou le parti communiste chinois, les travailleurs, les paysans, la petite bourgeoisie (commerçants, marchands) et les lettrés. Tout en étant habillés différemment ils sont identiques et perdus dans le groupe.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Yan Pei-Ming

All crows under the sun are black - 2012 - huile sur toile 280x400cm

Un vol de corbeaux au-dessus de l'Acropole émerge d'un chaos de touches sombres brossées à larges coups de pinceaux expressifs.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Zhang Huan

Star de l'art contemporain chinois. Au début des années 1990 c'est un artiste d'avant-garde qui met souvent son corps au supplice. Il s'installe à New-York en 2000 et reste huit ans. "au bout de huit ans là-bas, j'ai compris que j'étais chinois".

Son studio est immense comme son pays. Bambous, citronniers volière, cascade, mènent à son gigantesque atelier ou s'agitent parfois jusqu'à trois cents assistants.

Ses deux immenses toiles 286x1080cm réalisées à partir de cendres issues des encens brûlés dans les temples sont les plus impressionnantes de l'exposition. A couper le souffle !

"La cendre n'est pas la cendre, ni une matière. C'est une sorte d'âme, de mémoire, de bénédiction collective" Zhang Huan

Diaporama

- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.
- Great Leap Porward - 2007  -  des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.

- Great Leap Porward - 2007 - des laboureurs travaillant à la construction du Grand Canal de 1958 à 1960 . Ces travaux initiés par Mao Zedong occasionneront l'une des plus grande famine du siècle.

- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong
- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong
- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong

- National day 2009 - La place TIan Anmen lors de la cérémonie des dix ans de la République populaire de Chine par Mao Zedong

et deux autres œuvres de Zhang Huan :

images 1 et 2) Long Island Buddha - 2010-2011 - cuivre 172x277x177cm

"C'est un autoportrait. C'est mon visage. Je cherche à transcrire la transmigration des âmes et l'illumination de l'esprit".

images 3 et 4) Zhang Huan Sudden awakening - 2006 - cendre et acier - 70x 78x100cm

Imprégné de philosophie bouddhique, l'artiste explore les thèmes relatifs aux relations corps-esprit, aux cycles de la vie et de la mort.

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016

Rez-de-bassin - Exposition BENTU

Hao Liang

Une merveille !

The virtuous being, 2015

Encre et couleurs sur rouleau de soie, dimension totale du rouleau 40x1312cm

Diaporama - quelques détails

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Liu Shiyuan

From Happiness to whatever, 2015 Installation - Tapis, amplis, ipod player.

Liu Wei

Installation - contrastes entre les formes géométriques pures et les matériaux bon marché d'origine locale, allégorie de la Chine actuelle

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Liu Xiaodong

représentant du "Nouveau réalisme chinois"

Juncheng airport - 2010 Huile sur toile 300x400 cm

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Qiu Zhijie

From Huaxia to china - 2015 - Encre sur papier

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Qu

s'inspire de la vie quotidienne de son pays

Currency wars - 2015 - installation - toiles bifaces montées sur roulettes qui représentent des détails de billets de banque. Une face neuve, une face usée .

Diaporama

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016
Xu Zhen

Eternity the soldier of marathon annoncing victory, a wounded galatian - 2014

Beton armé de fibre de verre, poudre de marbre, marbre

 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016 Art contemporain chinois -Fondation Vuitton - mars 2016

Je souhaite vous avoir donné le vif désir de courir à la Fondation Vuitton

Vous avez jusqu'au :

5 septembre 2016 pour COLLECTION DE LA FONDATION

2 mai 2016 pour BENTU

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Bibliothèque Nationale de France François MitterandBibliothèque Nationale de France François Mitterand
Bibliothèque Nationale de France François MitterandBibliothèque Nationale de France François Mitterand

Bibliothèque Nationale de France François Mitterand

Cette exposition "L'alchimie du livre" de l'artiste allemand Anselm Kiefer se terminait le 7 février. J'ai fait cette visite le dernier jour, je ne peux donc pas vous inciter à vous y rendre. Par contre se tient en ce moment au Centre Pompidou et jusqu'au 18 avril 2016 une exposition consacrée à une rétrospective de son œuvre de la fin des années 1960 à nos jours. Je ne vais pas manquer de m'y rendre très vite, l'exposition de la Bibliothèque Nationale François Mitterrand m'ayant particulièrement passionnée.

Anselm Kiefer est né dans le Bade-Wurtemberg en mars 1945 (deux mois avant la reddition des armées allemandes) dans un milieu familial petit-bourgeois. Il commence des études de droit et suit parallèlement les cours des Beaux-Arts de Fribourg, puis de Karlsruhe.

En 1969, il se fait connaître en se photographiant, dans des villes autrefois occupées par l'armée allemande, le bras levé selon le salut nazi : son but est de réveiller les consciences mais aussi de s'interroger sur sa situation de peintre dans l'Allemagne après l'Holocauste.

Les œuvres de Kiefer sont décriées mais lui permettent de se faire connaître.

En 1970, son art prend progressivement la forme d'une quête spirituelle portée par les mythes, la religion, les cosmogonies, la kabbale, mais aussi des femmes au destin tragique.

A partir des années 1980, il participe aux grandes expositions d'art contemporain et représente l'Allemagne à la Biennale de Venise.

En 1993, il quitte l'Allemagne pour la France. Il s'installe à Barjac, dans le Gard, dans une ancienne filature désaffectée puis achète l'ancien entrepôt de 40.000 mètres carrés de la Samaritaine dans l'est parisien, selon l'artiste "à peine suffisant pour tout caser".

En 2007, il inaugure "Monumenta" au Grand Palais de Paris. Il offre son domaine de Barjac à l'Etat pour en faire une fondation franco-allemande. Il reçoit la commande d'une œuvre pour l'aile Sully du Louvre.

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre 1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

1) Monumenta - 2) Oeuvre au nord de la colonnade de Perrault dans l'aile Sully au Louvre

L'exposition de la BNF est consacrée aux livres de Kiefer créés entre 1968 et 2015. De grandes dimensions, exemplaires uniques, réalisés dans des matériaux divers, ces livres sont le fondement de son oeuvre. Je vous propose de regarder quelques pages comme ont pu le faire les visiteurs.

"Shevirat h-kelim" - "le bris des vases" 2015 - installation métal, livres de plomb et bris de verre.

Le poids de ces livres interdit toute manipulation et renvoie à la mystique judaïque du Livre et à sa fonction mémorielle. Le titre fait allusion au mythe de la Création divine selon l'école kabbalistique de Safed au XVIe siècle. Les thèmes juifs se trouvent peu à peu dans l'œuvre de Kiefer surtout après son voyage en Israël en 1984.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"La lettre perdue"

Ancienne presse typographique envahie par des tournesols. Cette sculpture rappelle l'invention de Gutenberg . Le livre est source du savoir et symbole culturel. Le tournesol représente l'élan spirituel porté par le livre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

"Der Rhein" 1982-2013

Ce livre composé de plusieurs impressions xylographiques présente une vue des berges du Rhin, symbole de l'identité allemande, mais paysage pollué par des édifices d'un style architectural nazi et des bunkers.

La figuration du polyèdre de la "Mélancolie" de Dürer renforce la germanité de l'œuvre.

"Nigredo" ou l'œuvre noire - Titre faisant référence à la première étape des opérations alchimiques. Cette sculpture montre la proximité du processus artistique de Kiefer avec l'alchimie par l'introduction de toutes sortes de matériaux dans son œuvre.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Grand livre en plomb (je n'ai pas noté le titre exact et remercie par avance le lecteur qui pourra me fournir les informations)

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

Mon coup de cœur final :

"Le livre" Grande marine, huile, émulsion, acrylique, shellac (gomme-laque), livre en plomb sur toile

Sacralisation du livre : l'idée du livre comme symbole de savoir immuable et d'élévation spirituelle et en même temps lourdeur du plomb qui rappelle tragiquement l'impossible envol de la culture et de l'art vers l'idéal.

Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016
Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016Anselm Kiefer - BNF Paris - février 2016

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Le Cabinet des Dessins du Louvre conserve le fonds le plus riche des œuvres de Parmigianino (Francesco Mazzola dit "Le Parmesan") : cent quatre-vingt-un dessins originaux, vingt qui lui sont attribués et quelques cent cinquante copies, écoles ou imitations de l’artiste.

Les provenances sont diverses : l’acquisition par Louis XIV de la collection "Jabach" en 1671, la vente des dessins de René Jean Mariette en 1775, les saisies d’émigrés pendant la Révolution, puis les donations du XIXe et du début XXe siècle.

Parmigianino a beaucoup dessiné. Un millier (environ) de dessins sont conservés dans différentes collections publiques ou privées.

C'est au stylet que Parmigianino esquisse d'abord ses œuvres, le plus souvent sur de petites feuilles . Les dessins de jeunesse sont essentiellement à la sanguine, ils montrent son appartenance au milieu artistique parmesan mais aussi l’influence de l’art de Corrège et à travers lui de Michel Ange et Raphael. Parmagianino utilise par la suite la pierre noire et la craie, (qui comme la sanguine sont des techniques sèches, souples et effaçables) avant de s’orienter vers la plume et l’encre. Parmigianino est l'un des artistes les plus doués du maniérisme italien(*). Son influence fut énorme et ses admirables dessins y contribuèrent .

On découvre dans l’exposition que lui consacre le Louvre une soixantaine d’œuvres choisies dans l’exceptionnel fonds du musée. Les visages sont beaux, il y a de la légèreté et de l'élégance dans le trait, de la grâce dans les mouvements de ses silhouettes élancées.

Très belle et émouvante exposition. Jusqu’au 15 février 2016.

(*)L’élément le plus remarquable de la stylistique du maniérisme est la déformation et la torsion des corps ; on l’appelle serpentina en raison de sa forme de S.
Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Tête d'un enfant regardant vers le bas - 9,4x8,6cm - sanguine, estompe

Parmagianino est né à Parme en 1503. Dès l’âge d’écrire il est remarqué par son maître pour ses dispositions à dessiner à la plume. Huitième d’une famille de neuf enfants, privé à l'âge de deux ans de son père peintre , il bénéficiera de l’affection de ses deux oncles paternels, Pier Ilario et Michele Mazzola, peintres eux-mêmes. Il travaillera dans l’atelier familial.

Admirateur de Raphael, cherchant à lui ressembler même physiquement, Parmagianino tout comme son modèle accomplit entre seize et vingt et un ans une véritable carrière riche en chefs d’œuvre.

Ci-dessous -

1 et 2 - Etude pour le Portrait de Galeazzo Sanvitale - 14,2x12,1cm sanguine et portrait à l'huile - Musée de Naples

3 et 4 - Autoportrait de face - 7,3x5,3cm - sanguine et Autoportrait au miroir ,Vienne

5 et 6 - Portrait d'homme - pierre noire, rehaut blanc, lavis beige 34,2x24,2cm et Portrait d'un collectionneur Londres - détail - datation de la peinture vers 1523/1524

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016
Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Parmagianino ne vivra pas en prince et ne bénéficiera pas de la protection des plus grands. A côté de son métier de peintre il exercera deux activités, la musique (il joue de façon excellente du luth) et l’alchimie. En 1531, la confrérie (à savoir le conseil de la fabrique) de Santa Maria della Steccata de Parme lui confie le décor de l’abside et de la voute orientale. Les travaux doivent être exécutés en dix huit mois. Le chantier avance lentement en raison de ses recherches obsessionnelles en alchimie .

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Sa personnalité se transforme, son visage angélique est dissimulé sous une barbe longue, cheveux hirsutes, tel l’autoportrait en Hermès où il apparaît vieilli, rappelant le Christ, ou Saturne dieu du temps. Il se voit comme un être « investi d’une dignité antique ou divine ».

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Il dessine en 1535 son portrait de profil à la manière des médailles.

Après une troisième reconduction des travaux, face à l'énième défaillance du peintre, La Steccata lui retire le chantier, il est poursuivi en justice et jeté quelques temps en prison.

Libéré il s'enfuit à Casalmaggiore.

Il meurt d'une fièvre violente au même âge que Raphaël (trente sept ans), peut-être empoisonné par les vapeurs du mercure de ses expériences d'alchimie.

DESSINS QUI SUIVENT :

1 - Viel homme barbu, assis, consultant un in-folio - 26,3x19,1 - plume et encre brune, lavis brun

2 - Etudes de deux putti, volant de dos, vus en raccourci 18,6x12,1cm sanguine

3 - Cavalier vu de dos sur un cheval cabré - 12,4x9,2cm sanguine

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Jeune fille debout tournée vers la gauche 27,6x17,2cm sanguine

2 - Sainte Cécile marchant, tenant son instrument et précédée par un ange - 20,4x15,3cm plume et encre brune, lavis brun

3 - La Vierge tenant l'Enfant Jésus adoré par un ange 20x10cm - sanguine, rehaut blanc, mise au carreau

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

Saint Roch un genou en terre implorant le ciel - plume et encre brune, lavis brun, 20x14,8cm

recto/verso

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

1 - Ganymède et Hébé (?) - 14,8x9,8cm - plume et encre brune, lavis brun

2 - Homme nu debout de face brandissant une épée. 20x9,5xm - plume et encre brune, quelques traits de pierre noire.

Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016Parmigianino - Dessins du Louvre - Janv.2016

La Vierge au long cou - 1534-1540, huile sur toile 21,6 X 13,2 cm - Florence - Les Offices

Ce tableau fut commandé en 1534 pour la chapelle Santa Maria del Servi à Parme. Il a été exécuté entre 1535 et 1540 c'est-à-dire à la fin de la vie de Parmigianino. Il mesure 216 x 132 cm, reste inachevé et est aujourd'hui conservé dans la galerie des Offices à Florence.

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