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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Articles avec #expositions a paris catégorie

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

"LE POUVOIR DES FLEURS"

A la fin du XVIIIe siècle, l'étude de la botanique entre dans une ère nouvelle avec les expéditions maritimes en Amérique, en Australie, en Afrique etc... d'où l'on rapporte des milliers de variétés de plantes dites "exotiques". Certaines ne survivent pas longtemps dans les serres, ou se conservent mal dans un herbier où le spécimen récolté est séché et accompagné du nom attribué par le botaniste ainsi que les date et lieu de récolte.

Des peintres s'attellent alors à la constitution de recueils sur papier vélin. Ce support traditionnel de l'illustration botanique est un parchemin très fin et très blanc obtenu à partir d'une peau de veau mort-né ou de veau de lait.

Au lavis à l'encre, à l'aquarelle ou bien gravé, les dessins exécutés sont extrêmement précis et consignent des détails comme le bouton, le pistil, les graines.

Le "Jardin royal des plantes médicinales" créé en 1635 devient le 10 Juin 1793 "Muséum national d'histoire naturelle" et principal centre mondial de recherche et d'enseignement de l'histoire naturelle. C'est dans cette institution que Pierre-Joseph Redouté en 1822 succédera à Van Spaendonck, comme maître de dessin. Sa première leçon publique en 1824 dans la galerie de Buffon attirera cent vingt personnes.

Mais revenons en arrière pour connaître mieux Pierre-Joseph Redouté.

 Ci-dessous - Portrait de Redouté 1808-1809 peint par son ami François Pascal Simon Gérard, baron. Tous deux disposaient d'un atelier au Louvre

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Né en 1759, dans une famille de peintres, il est formé à la peinture de décors et à l'art du portrait. En 1783 il quitte les Ardennes belges pour rejoindre son frère aîné à Paris. Deux ans plus tard il est un habitué du Jardin royal. Il y rencontre Gérard Van Spaendonck qui lui enseigne la peinture des fleurs à l'aquarelle et Charles-Louis l'Héritier de Brutelle, passionné de classification des plantes, qui lui fait participer à l'illustration de trois recueils. Il s'en suivra beaucoup d'autres dont le plus célèbre, Les Liliacées, publié en huit tomes de 1802 à 1816 qui répertorient quatre cent quatre-vingt six iris, amaryllis, glaïeuls, orchidées, aquarellés dans les serres du Muséum, à la Malmaison et chez des horticulteurs réputés.

 Ci-dessous - Amaryllis de Joséphine - planche 40 du tome VII 1813, ouvrage sur papier 55,2 x 45 cm 

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Ci-dessous une vidéo de quelques magnifiques planches de Redouté. Si vous le souhaitez, mettre le son.

Deux sont des "gravures au pointillé". Elles sont gravées avec un instrument appelé "roulette" qui permet de juxtaposer très finement les points incisés dans la plaque de métal. Imprimé cela donne l'illusion du dessin.

Sous le règne de Louis XVI, Redouté était peintre et dessinateur du cabinet de la reine Marie-Antoinette. Après la révolution il devient "Peintre des fleurs de l'impératrice", il reçoit une pension annuelle de 18.000 Fr. Avec l'effondrement de l'empire et la disparition de Joséphine, Redouté connaît des difficultés financières, ses ressources proviennent alors essentiellement de la vente de  ses tableaux de bouquets.  

Ci-dessous 1822 - Redouté - Tableau de fleurs - Gouache sur vélin - exposé au Salon et acheté par le roi Louis XVIII

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 Ci-dessous -1835 - Redouté - Oreilles d'ours et Camélia - Aquarelle sur vélin - Les primevères ont des feuilles dont la texture évoque les oreilles d'ours

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Ci-dessous - Bouquet de fleurs - aquarelle sur vélin

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Ci-dessous - Papaver somniferum - 1839 - Gouache sur vélin

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Ci-dessous - Offrande à Bacchus 1834 - Gouache sur vélin

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Au XIXe siècle, la fleur envahit les objets du quotidien, porcelaine (Redouté vend cinquante et une études de fleurs à la manufacture de Sèvres), tissus d'ameublement, papiers peints, vêtements, mais se sont surtout les femmes qui œuvrent. Redouté à formé de nombreuses artistes dont Aline Corbin qui ouvrira à son tour un atelier.

Aline Corbin - Jeté de fleurs - photo Web

Ci-dessous - Marie Alexandrine Olimpe Arson - Cactus en fleurs - Aquarelle sur vélin

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Pierre-Joseph Redouté décède en 1840, il sera surnommé le "Raphaël des fleurs": ... il les appelait les étoiles de la Terre ; à force de les voir, les admirer, de les aimer, il en savait les noms, les parfums, les mœurs, les tristesses, les joies, les amours .... (Jule Janin)

 Dans l'exposition, d'autres peintres entourent Redouté :

Ci-dessous - François Pascal Simon Gérard, Baron - Flore caressés par Zéphyr - 1802 - Huile sur toile - 169x105cm - Musée de Grenoble

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Ci-dessous - Simon Saint Jean, La Jardinière 1837 165x129cm - Lyon Musée des Beaux-Arts

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Que dire de plus ? J'ai été enthousiasmée par cette exposition : elle m'a emmenée dans un monde délicat et rafraichissant, tout en finesse, elle a ranimé une passion pour les herbiers et les fleurs (j'ai travaillé ponctuellement sur ce sujet en gravure, à la gouache et au pastel).

Avant que l'automne s'installe définitivement, vous avez jusqu'au 29 octobre pour aller respirer le parfum des fleurs de Pierre-Joseph Redouté, et vous laissez charmer par le ravissant petit jardin du musée.

cliquez sur les photos pour les agrandir

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Musée de la Vie Romantique -  16 rue Chaptal 75009 PARIS -

mardi au dimanche 10h 18h

 

 

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Publié dans : #Expositions à Paris

 "L'aboutissement de l'art c'est la figure" Cézanne

C'est une grande rétrospective des portraits et autoportraits réalisés par Cézanne, qui s'achèvera dimanche, au Musée d'Orsay. L'autre seule exposition exclusivement consacrée à ses portraits avait eu lieu en 1910 à la galerie parisienne de Vollard.

Lorsque l'on pense à Cézanne on visualise des pommes, des paysages verdoyants, des ciels bleus et, inévitablement, la célèbre "Montagne Sainte Victoire" qu'il a représenté près de 80 fois. Des portraits, nous en connaissons tous quelques-uns, surtout ceux de la collection permanente d'Orsay : celui agressif d'Achille Emperaire, son ami, ceux de Gustave Geffroy et "La Femme à la cafetière" (à la vue de ces deux tableaux, Geoffroy, critique d'art, avait présagé l'importance qu'aurait Cézanne dans l'histoire de l'art du XIXe siècle), quelques autoportraits, mais je n'avais jamais entrevu la place importante que tenaient les portraits dans l'œuvre de Cézanne.

Dans leur presque totalité, les soixante tableaux que présente le Musée d'Orsay proviennent de musées étrangers ou de collections particulières, c'est donc une belle découverte.

Cézanne a peint près de 200 portraits, dont 26 autoportraits. Alors que le portrait repose, à l'époque, sur la notion traditionnelle de la ressemblance ou de la personnalité, Cézanne envisage la toile dans son ensemble, figure et décor s'entremêlent au moyen de la couleur : avons nous devant nous un portrait ou une nature morte ?

La matière de ses tableaux est tantôt fluide, tantôt dense et empâtée. Au début des années 1870, Cézanne sculpte le relief du visage avec de larges touches, en fin de décennie il adopte la méthode constructive avec des touches plus fines. Tout au cours de sa vie, et selon son humeur du moment, ses tableaux serons empreints de luminosité ou s'assombriront considérablement.

Cézanne n'est pas un peintre mondain, il peint ceux qui ont la patience de supporter les longues séances de poses : ses amis très proches, les domestiques de la maison, lui-même et bien sûr Hortense Friquet, sa compagne, dont il fait 29 portraits  entre 1872 et 1892(sujet qu'il a le plus peint si l'on excepte la montagne Sainte Victoire !). Il déteste être observé lorsqu'il travaille derrière son chevalet, ce qui est difficilement compatible avec la présence d'un modèle, modèle qui ne doit ni bouger ni parler, au risque d'agacer le peintre au caractère quelques peu irascible : "Il faut vous tenir comme une pomme. Est-ce que cela remue une pomme ?" (propos rapportés par Vollard). Dans un accès de colère, bien avant Fontana, il lacéra  un portrait . 

Lorsque le couple agité que forment Cézanne et Hortense, avant et après leur mariage en 1886 (il l'a rencontrée en 1869) n'est pas en phase de séparation, Hortense est toujours disponible pour poser. Il n'en fait pas un modèle de beauté et, s'il apparaît moins destructeur que Picasso envers ses femmes, on peut percevoir ses sentiments dans la représentation d'Hortense, principalement dans le quotidien en tenue d'intérieur. Cézanne exécute des séries : "Madame Cézanne en robe bleue", "Madame Cézanne en robe rouge".

Auparavant, en 1866-1867, il avait réalisé une longue série de portraits de son oncle Dominique, en larges touches et sans accorder la priorité à la ressemblance, le visage est déformé, sculpté plutôt que peint. C'est "une peinture de maçon" dira son ami et poète Valabrègue.

Dans les dernières années de sa vie, après sa série sur les "Paysans", l'ultime série s'attachera au "Jardinier Vallier", l'aquarelle et le portrait sur fond noir de 1906 étant considérées comme ses dernières œuvres.

Cliquez sur les images pour les agrandir - photos provenance diverses

Autoportraits

en haut

à gauche 1862-1864   à droite 1866

en bas

à gauche 1875            à 1878-1880

Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017
Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017

Autoportraits

en haut

à gauche 1879-1880  à droite 1882

en bas

à gauche 1886           à droite 1898-1906

Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017
Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017

Portraits de l'oncle Dominique - 1866-1867

Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017
Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017

Portraits d'Hortense

en haut

gauche  Madame Cézanne en jupe rayée 1877 

à droite    Madame Cézanne en robe rayée 1883-1885

au centre

à gauche     Madame Cézanne 1886-1887

à droite     Madame Cézanne 1886-1887

en bas

à gauche   Madame Cézanne 1886-1887

à droite    Madame Cézanne au fauteuil jaune 1888-1889

Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017
Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017
Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017

Achille Emperaire

Portraits - 1867-1870

Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017

Portraits de paysans

en haut

à gauche  Joueur de cartes - étude 1890-1892

à droite      Homme à la pipe - 1891-1896

en bas

à gauche   Jeune fille à la poupée - 1895

à droite      Paysan assis - 1900-1904

Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017
Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017

La femme à la cafetière - vers 1895

et Gustave Geffroy - 1895-1896

Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017

Le Jardinier Vallier - 1905-1906

Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017Cézanne - Portraits - Musée d'Orsay - septembre 2017

Je vous conseille le catalogue exceptionnel - Cézanne PORTRAITS - Gallimard 39 euros

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

"Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". "Tout le monde il est ami" a été et est le prétexte pour associer Picasso et Giacometti au Musée Picasso, Braque et Laurens au Musée de l'Annonciade à Saint-Tropez, Derain, Balthus et Giacometti au Musée d'Art Moderne. Entre ces peintres il y a eu des rencontres, des liens artistiques, des partages d'ateliers, des relations communes, parfois de l'admiration, mais les liens de pure amitié sont-ils toujours certains ?

Je retrouve, au Musée d'Art Moderne, Derain, Balthus et Giacometti.

Giacometti et Balthus se rencontrent dans les années 1925 à la "Grande Chaumière", Giacometti a 24 ans (il est né à Borgonovo rattaché à Sampa en Suisse), Balthus à 17 ans (Pseudonyme de Balthasar Klossowski, né à Paris en 1908). En 1933, ils font la connaissance de Derain (né à Chatou en 1880), déjà célèbre, de vingt ans leur ainé.

La justification de la réunion de ces trois artistes  tient principalement à la proximité des sujets qu'ils ont abordés : le portrait, la nature morte, les ateliers, le rêve. Ils ont eu également des modèles communs, Laure de Noailles, Sonia Mossé, Isabel Nicholas. Ils se sont tous trois intéressés aux maîtres anciens, ont copié leurs œuvres. Pierre Colle a été leur marchand, Pierre Matisse (le fils d'Henri), installé à New-York, leur a procuré une ouverture internationale.

Ce genre de rapprochement pourrait se faire pour beaucoup d'autres artistes. Il y a toutefois un lien particulier entre ces trois-là : leur peinture est empreinte d'un certain réalisme à contre-courant de leur époque marquée par le cubisme et le surréalisme qu'ils ont parfois abordés mais dont ils se sont rapidement détachés.

Les trois artistes ont travaillé pour le théâtre. Derain de 1919 à 1953 participe à une vingtaine de créations, décors et costumes. L'Enlèvement au Sérail de Mozart en 1951 et Le Barbier de Séville de Rossini en 1953 seront ses dernières réalisations. En 1935, Balthus collabore à la création des Cenci d'Antonin Artaud et à l'Etat de siège de Camus, mis en scène par Jean Louis Barrault. Giacometti conçoit le décor minimaliste d'En attendant Godot.

Une découverte : les illustrations de Balthus pour le livre "Les hauts du Hurlevent".

Une exposition assez captivante et le bonheur de voir les œuvres de Giacometti. J'ai un attachement de longue date pour lui. La fragilité qui apparait dans ses sculptures et la recherche, dans ses portraits, non pas de l'apparence mais de l'âme, me touche profondément. J'y retrouve aussi la solitude, ne sommes-nous pas au fond toujours seuls, seuls dans notre tête, seuls face à la mort ? Giacometti redoutait cette mort la nuit dans le noir, il dormait le jour. La fragilité avouée de cet homme beau et fort aide à accepter ses propres peurs.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Derain, L'Artiste et sa famille 1920-21 - Balthus, Le Roi des chats 1925  - Giacometti Autoportrait 1920 -  

DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017

Derain Le Massacre des Innocents d'après Brueghel 1947 -  Balthus, La Légende de la Sainte Croix d'après Piero Della Francesca 1926 - Giacometti - Le Christ et la Samaritaine d'après Rembrandt non daté.

DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017

DERAIN - Les baigneuses 1908. Comment ne pas penser à Cézanne et à ses Grandes Baigneuses de 1865.

GIACOMETTI - La femme qui marche

La Rue - 1933 - est le premier tableau grand format de Balthus (MOMA New-York). "Ce tableau étonnant pourrait marquer le stade intermédiaire entre l'évasion  dans le rêve et le retour, par l'étape du somnambulisme, à la réalité de demain" Antonin Artaud

DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017

En 1934 Giacometti sculpte "Une tête cubiste", et en 1936 "La petite tête de Diego"

DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017

Trois natures mortes

Chez Derain le repas est solide, ce qui semble fruit ou légume est de la même matière que le pot ou le bol. Pour Balthus la lumière irradie sur les objets de verre, mais la fourchette pique, le couteau tue et le marteau brise. La pomme de Giacometti est toute petite, posée sur une grande table, perdue dans l'espace linéaire, avec pour seule compagnon aux formes arrondies, un petit bouton de tiroir. 

DERAIN - La table garnie vers 1922

DERAIN - La table garnie vers 1922

BALTHUS - Nature morte - 1937

BALTHUS - Nature morte - 1937

GIACOMETTI - Nature morte avec une pomme - 1937

GIACOMETTI - Nature morte avec une pomme - 1937

DERAIN - La Nièce du Peintre  - 1931

De loin, j'ai pensé qu'il s'agissait d'une toile de Balthus en raison de la pose et de la raideur d'automate que l'on retrouve dans "Les Enfants Hubert et Thérèse Blanchard" de Balthus de 1937

DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017

GIACOMETTI, Tête d'Isabel 1938 -  DERAIN, Portrait d'Isabel 1936

DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017

DERAIN, Nu assis à la draperie verte 1930/1935 - BALTHUS, La jeune fille à la chemise blanche 1955 - GIACOMETTI, Aïka 1959

La Jeune fille à la chemise blanche de Balthus est le portrait de Frédérique Tisson à 17 ans dont la mère avait épousé, après la guerre, Pierre Klossowski, frère de Balthus. Frédérique Tisson a vécu pendant huit ans avec Balthus à partir de 1954.

DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017

Aïka - Détail

DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017

 Vidéo dans laquelle AÎKA parle de Giacometti - cliquez sur la flèche centrale pour démarrer la vidéo.

  Balthus - Illustration pour "Les Hauts du Hurlevent" 1933

Costumes dessinés par DERAIN

GIACOMETTI - Arbre pour le décor d'En attendant Godot

Exposition jusqu'au 27 Octobre 2017

DERAIN, BALTHUS, GIACOMETTI - MAM PARIS - Juillet 2017

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Autoportrait à la palette - 1865-1866 109x71cm - Chicago

Autoportrait à la palette - 1865-1866 109x71cm - Chicago

Frédéric Bazille est né le 6 décembre 1841. Il est issu d'une vieille famille d'orfèvres et de négociants, membres de l'Eglise réformée. Son père, propriétaire terrien et viticulteur est un notable. Bazille passe son enfance entre l'hôtel situé Grand-Rue à Montpellier et la résidence d'été de la famille, le domaine de Méric (devenu, de nos jours, un parc public). La bâtisse rose est située en hauteur, et la pente du parc descend jusqu'à la rivière Lez. "Méric, un greffon de Florence enté en Languedoc est un lieu magique" (F.B.Michel - biographie de Bazille)

 

Résidence de Méric

Résidence de Méric

En 1859, après avoir passé le baccalauréat, Bazille envisage de se consacrer à la peinture. Il entreprend cependant des études de médecine, carrière voulue par ses parents, tout en peignant pendant son temps libre et en suivant des cours de peinture et de dessin dans l'atelier du sculpteur Joseph Baussan.

En 1862, ses parents acceptent qu'il poursuive ses études à Paris, mais Bazille conserve la volonté d'être peintre. Il fréquente l'atelier de Charles Gleyre. Il y rencontre Monet, Sisley et Renoir. Monet sera un guide que Bazille hébergera et aidera beaucoup financièrement.

En 1854, il échoue à sa deuxième année de médecine, son père accepte finalement qu'il se consacre à la peinture.

Bazille est un hôte assidu du salon de sa cousine Mme Lejosne. Il y retrouve Baudelaire, Verlaine, Barbey d'Aurevilly, Braquemond, Manet. Cette élite, opposée à Napoléon III, voue un culte à Victor Hugo, l'exilé, et est hostile à l'académisme.

Il se lie d'amitié avec Pissarro, Fantin-Latour, Nadar (il sera présent à l'envol du "Géant"-voir article http://www.voir-ou-revoir.com/search/nadar/), Zola, Degas et Cézanne qu'il réunira au petit café Guerbois des Batignolles à quelques pas de l'atelier de Manet.

Ci-dessus - L'Atelier de la rue de Visconti - 1867 - Huile sur toile, 65x48cm, Richmond

L'atelier est un lieu essentiel pour les peintres : on s'y rencontre pour observer les progrès des uns et des autres, s'encourager, engager des débats esthétiques, y diner ensemble. C'est aussi un sujet de peinture lorsque l'on ne peut pas s'offrir des modèles ou sortir peindre en plein air.

Ci-dessous :

Atelier de la rue de la Condamine - 1869/1870 -  huile sur toile 98x128,5cm - Paris Musée d'Orsay.

Edmond Maître est au piano, Emile Zola parle à Renoir qui peint, et la grande silhouette de Bazille est de la touche de Manet.

Frédéric BAZILLE au Musée d'Orsay - Février 2017

En 1865, Bazille quitte son petit local de la rue de Vaugirard pour s'installer avec Monet dans un atelier 6, rue de Fürstenberg, face à l'atelier de Delacroix. De leur fenêtre les deux amis peuvent voir la pièce ou peint le maître. Ils y recevront Courbet venu encourager Monet qui peint "Le Déjeuner sur l'herbe". Bazille déménagera plusieurs fois durant les huit années passées à Paris. En 1966, rue Godot-de-Mauroy, puis rue de Visconti, aux Batignolles, et en avril 1870 rue des Beaux-Arts.

Bazille aime la vie parisienne, le théâtre, les concerts. Il partage sa passion pour la littérature, la poésie et le piano avec Edmond Maître avec lequel il entretiendra une amitié profonde. Mais il aime aussi se ressourcer au grand air et fait de nombreuses escapades à Honfleur avec Monet, à Chailly, à Barbizon, à Aigues-Mortes et retourne régulièrement tous les étés à Méric, site essentiel dans l'œuvre de Bazille.

Ci-dessus -  Paysage à Chailly - 1865 - huile sur toile 81x100cm - Chicago

Les remparts d'Aigues-Mortes - 1867 - Huile sur toile 46x75cm - Montpellier Musée Fabre

Les remparts d'Aigues-Mortes - 1867 - Huile sur toile 46x75cm - Montpellier Musée Fabre

Entre 1863 et 1870, Bazille peint plus d'une cinquantaine d'œuvres de tout genre : portraits, paysages, natures mortes (à cette époque genre important, modeste et peu couteux), nus (surtout masculins).

 

Négresse aux pivoines - 1870 - huile sur toile 60x75cm - Montpellier Musée Fabre

Négresse aux pivoines - 1870 - huile sur toile 60x75cm - Montpellier Musée Fabre

Portrait de Pierre Auguste Renoir - vers 1868-1869 - huile sur toile 61x50cm - Montpellier Musée Fabre - dépôt du Musée des beaux arts d'Alger

Portrait de Pierre Auguste Renoir - vers 1868-1869 - huile sur toile 61x50cm - Montpellier Musée Fabre - dépôt du Musée des beaux arts d'Alger

La Robe rose - 1864 - 147x110cm - Paris Musée d'Orsay

La Robe rose - 1864 - 147x110cm - Paris Musée d'Orsay

Ruth et Booz - 1870 - huile sur toile 138x202xm - Montpellier  Musée Fabre

Ruth et Booz - 1870 - huile sur toile 138x202xm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte au héron - 1867 huile sur toile 98x78cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte au héron - 1867 huile sur toile 98x78cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte aux poissons - 1866 - huile sur toile 47x39cm - Montpellier Musée Fabre

Nature morte aux poissons - 1866 - huile sur toile 47x39cm - Montpellier Musée Fabre

Jeune Homme nu couché sur l'herbe - vers 1867 - huile sur toile - 147x139 - Montpellier Musée Fabre

Jeune Homme nu couché sur l'herbe - vers 1867 - huile sur toile - 147x139 - Montpellier Musée Fabre

Le Pêcheur à l'épervier - 1868 - huile sur toile 188x87cm - Remagen

Le Pêcheur à l'épervier - 1868 - huile sur toile 188x87cm - Remagen

Bazille meurt tragiquement le 28 Novembre 1870, au cours de la guerre franco-prussienne. Avec la fougue de la jeunesse il s'est engagé dans le 3ème régiment de Zouaves. Sergent major nouvellement promu, il reçoit une balle dans le bras et une dans le ventre lors de l'assaut de Beaune-la-Rolande (Loiret).

La quasi-totalité de son œuvre est rapatriée chez ses parents, où personne ne la voit durant près de trente ans. Nous devons à Manet et au critique Roger Marx la redécouverte de Bazille. A l'Exposition Universelle de 1900, Roger Marx fait le bilan d'un siècle de peinture française et introduit avec les impressionnistes qui sont devenus célèbres, l'oublié Bazille. La "Vue du village" et "La Toilette" sont présentés dans la salle des précurseurs du mouvement

La Vue du Village - 1868 - Huile sur toile - 137x85cm - Montpellier Musée Fabre

La Vue du Village - 1868 - Huile sur toile - 137x85cm - Montpellier Musée Fabre

La Toilette - 1870, huile sur toile 130x128cm - Montpellier Musée Fabre

La Toilette - 1870, huile sur toile 130x128cm - Montpellier Musée Fabre

Marc Bazille, frère de Frédéric, propose pour une somme symbolique "La Réunion de famille" aux musées nationaux. En 1910, une première grande rétrospective est organisée dans le cadre du Salon d'Automne.

 

La Réunion de famille - 1867-1868 - huile sur toile 152x230cm - Paris Musée d'Orsay

La Réunion de famille - 1867-1868 - huile sur toile 152x230cm - Paris Musée d'Orsay

Bazille n'aura vendu aucun tableau de son vivant, d'ailleurs il n'avait nullement besoin d'argent, ses parents lui versaient une rente mensuelle mais il devait rendre des comptes. Mécène pour ses amis, il acheta notamment à Monet "Les Femmes au jardin".

En 1870 il émergeait à peine sur la scène artistique, le Salon lui ouvrait ses portes : "Je suis lancé, écrivait-il à son frère Marc, et tout ce que j'exposerai dorénavant sera regardé". Bazille n'a pas eu la chance de vivre le plein épanouissement de l'impressionnisme.

C'est une très belle exposition qui, au travers des œuvres de Bazille en résonance avec celles de ses amis et contemporains, met en évidence la recherche de cette génération sur la peinture en plein air et particulièrement selon Bazille "comment peintre une figure au soleil"

Pierre Auguste RENOIR - Bazille peignant à son chevalet - 1867

Pierre Auguste RENOIR - Bazille peignant à son chevalet - 1867

Claude MONET - Portrait de Bazille à la ferme Saint-Siméon -  1864

Claude MONET - Portrait de Bazille à la ferme Saint-Siméon - 1864

PREMIERE EXPOSITION SUR BAZILLE ORGANISEE PAR LES MUSEES NATIONAUX

Jusqu'au 5 Mars 2017 - Musée d'Orsay PARIS

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

COLLECTION TESSIN

Actuellement au Louvre, rotonde Sully, et jusqu'au 16 janvier 2017, se tient une très belle exposition de la collection de Carl Gustaf de Tessin, Grand maréchal de la cour de Suède et architecte renommé.

Lors de son troisième séjour à Paris, le comte de Tessin assuma les fonctions d'ambassadeur de Suède (sans en avoir le titre). Il vécut à la cour de Louis XV de 1739 à 1741. Durant ces trois années, courant les ateliers d'artistes, les boutiques et les ventes aux enchères, il se constitua une riche collection de peintures et de dessins. Il fut notamment le principal acheteur de la grande vente Crozat de 1741 (de Tessin aurait acheté 2057 dessins).

Il devint l'ami de François Boucher qui réalisa pour lui le "Triomphe de Vénus".

Sa boulimie d'achats d'œuvres et son énorme train de vie l'obligèrent à vendre une partie de sa collection au roi de Suède, Frédéric Ier qui en fit cadeau à la reine Louise-Ulrique.

Le Louvre présente une centaine d'œuvres parmi les 9000 conservées au  Nationalmuseum de Stockholm http://www.nationalmuseum.se/

Cette exposition a été peu médiatisée, on la visite tranquillement. J'ai particulièrement aimé les nombreux et admirables dessins exposés que j'ai pu regarder longuement et photographier sans gêner ni être gênée.

cliquez sur les images pour les agrandir 

François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740
François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740
François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740

François BOUCHER (1703-1770) La Naissance de Vénus 1740

Jean RESTOUT -(1692-1768) Portrait de Jean Bernard Restout à 4 ans - 1736

Jean RESTOUT -(1692-1768) Portrait de Jean Bernard Restout à 4 ans - 1736

Antoine WATTEAU (1684-1721) Feuille d'étude vers 1716 - sanguine

Antoine WATTEAU (1684-1721) Feuille d'étude vers 1716 - sanguine

François BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventail
François BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventailFrançois BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventail

François BOUCHER - Vers 1734 : Deux petits mendiants - Deux jeunes paysannes ; vers 1737 : Jeune fille assise tenant un éventail

J'ai fait la découverte d'un dessin très intéressant qui serait le dessin préparatoire au "Portrait d'un vieillard et jeune garçon" de Ghirlandaio qui se trouve au Louvre. Il s'agit du dessin d'un défunt sur son lit de mort commandé par les descendants.

Domenico Bigordi dit il Ghirlandaio (1449-1494) - Vers 1490 "Tête de viel homme"

Domenico Bigordi dit il Ghirlandaio (1449-1494) - Vers 1490 "Tête de viel homme"

TITIEN (1488-1576) - Scène de bataille - vers 1536 - plume et encre brune

TITIEN (1488-1576) - Scène de bataille - vers 1536 - plume et encre brune

 

 

 

 

 

 

Pierre Paul RUBENS (1577-1640) - Le Nain du comte d'Arundel - vers 1620 - Sanguine, pierre noire, encre brune, rehaut de craie

REMBRANDT (1606-1669) Buste de veillard - vers 1630

REMBRANDT (1606-1669) Buste de veillard - vers 1630

Jacques CALLOT (1592-1635) La tentation de Saint Antoine - vers 1635 - Pierre noire, encre brune, rehaut de blancJacques CALLOT (1592-1635) La tentation de Saint Antoine - vers 1635 - Pierre noire, encre brune, rehaut de blanc

Jacques CALLOT (1592-1635) La tentation de Saint Antoine - vers 1635 - Pierre noire, encre brune, rehaut de blanc

Albrecht DURER (1471-1528) Portrait de femme aux cheveux tressés - Pierre noire et fusain

Albrecht DURER (1471-1528) Portrait de femme aux cheveux tressés - Pierre noire et fusain

Mathis Gothart Nithart dit Grûnewald (1475/1480-1528) - Tête de vieillard - vers 1515 - Fusain

Mathis Gothart Nithart dit Grûnewald (1475/1480-1528) - Tête de vieillard - vers 1515 - Fusain

Lucas Van Leyden (1494-1533) Portrait d'homme - 1521 - Fusain et pierre noire

Lucas Van Leyden (1494-1533) Portrait d'homme - 1521 - Fusain et pierre noire

Charles de la Fosse (1636-1716) - Tête de Jeune fille de profil - 1682 - Pierre noire, sanguine, pastel

Charles de la Fosse (1636-1716) - Tête de Jeune fille de profil - 1682 - Pierre noire, sanguine, pastel

Claude Mellan (1596-1688) - Cardinal de Richelieu - 1642 - quelques mois avant sa mort en décembre 1642

Claude Mellan (1596-1688) - Cardinal de Richelieu - 1642 - quelques mois avant sa mort en décembre 1642

A la fin de l'exposition un remarquable petit tableau (huile sur bois), environ 15x10 cm représente un "Paysan âgé lisant une feuille de papier. Ces petites peintures étaient en vogue au XVIIe siècle.

Entourage d'Adrian van Ostade - vers 1650

Entourage d'Adrian van Ostade - vers 1650

L'exposition se termine par ce petit tableau (huile sur cuivre) à double face de Martin Van Meytens. Ce qui apparaît comme une image pieuse cache en réalité un exemple de pornographie. Il ne reste de ces tableaux, nombreux au XVIIIe siècle, que quelques rares témoins aujourd'hui.

Tessin conservait ce tableau dans son cabinet de toilette.

Martin Van Meytens - peintre suédois (1695-1770) - Nonne agenouillée en train de lire - 1731Martin Van Meytens - peintre suédois (1695-1770) - Nonne agenouillée en train de lire - 1731

Martin Van Meytens - peintre suédois (1695-1770) - Nonne agenouillée en train de lire - 1731

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Entrée de l'exposition au MAMEntrée de l'exposition au MAM

Entrée de l'exposition au MAM

La rétrospective actuelle de l'oeuvre de Bernard Buffet au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris est un événement inattendu : elle est l'occasion pour beaucoup d'entre nous de découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de l'un des artistes les plus célèbres du XXe siècle.

L'ascension de Bernard Buffet fût fulgurante. Au milieu des années cinquante, il est considéré comme étant l'égal de Picasso (ce dernier doit sans doute fort peu apprécier cette estimation), un référendum organisé par le magazine "Connaissance des Arts", l'élit meilleur peintre de l'après-guerre.

1958. Première grande rétrospective à la galerie Charpentier et année charnière pour lui : il a trente ans, il est riche, il roule en Rolls, son succès commercial est énorme (il est le premier peintre à diffuser certaines de ses oeuvres sous forme de produits dérivés).

1959. André Malraux devenu Ministre chargé des Affaires Culturelles, inaugure la première Biennale de Paris qui "sacre" l'abstraction de Pierre Soulages ou de Georges Mathieu au détriment de la figuration. Pour Bernard Buffet, ce sera bientôt la chute brutale, il sera l'objet, selon Otto Hahn, d'un "terrorisme moral". On lui reproche, outre son succès commercial, son côté "people" artiste figure de la haute société. Pour les institutions et les critiques, dans le courant intellectuel du moment, il n'est plus acceptable. Bernard Buffet n'est pas du côté des abstraits... et il ose même affirmer qu'il est contre !

Depuis 1952, il présente chaque année, le premier jeudi de février, une exposition personnelle thématique, à la Galerie Garnier à Paris.Il est populaire. Le public lui reste fidèle. Dès le premier regard, son oeuvre est intelligible alors que l'abstraction impose une réflexion souvent aléatoire. Les collectionneurs continuent d'acheter ses oeuvres : Maurice Garnier, Roger Dutilleul, le Docteur Maurice Girardin, le japonais Kiichiro Okano qui fonde dans son pays, à Surugadaire, en 1973, le Musée Bernard Buffet riche de 2000 oeuvres ((peintures, aquarelles, dessins, affiches, livres).

J’ai découvert, en visitant cette rétrospective, un grand peintre dont je ne connaissais que quelques tableaux, notamment son « clown » (qui ne le connait pas ?), des portraits de sa femme Annabel et des vues de Paris. J’aime ses compositions rigoureuses, le dépouillement de ses premières œuvres aux teintes grises et ocre à la couche picturale fine, mais aussi plus tard l’éclatement de la couleur en pâte lourde dans les séries sur Le Cirque, Les Oiseaux, La Corrida, Sumi et Kabuki. Comment ne pas être impressionné par ses trois grands tableaux sur La Guerre, où l’on retrouve l’art de Callot, de Goya et du Douanier Rousseau.   

Dimanche 6 novembre, était diffusé sur Arte « Bernard Buffet, le grand dérangeur », un reportage passionnant et parfois émouvant qui a complété ma connaissance du peintre.

Les critiques   ne sont toujours pas tendres, comme celle de Philippe Dagen, journaliste, dans le Monde du 18 octobre : « A partir des années 1970, ce système a fini par fatiguer la plupart de ses supporteurs. Quant aux autres, cela faisait déjà longtemps qu’ils ne le regardaient plus, et cette exposition ne les convaincra pas qu’ils auraient eu tort ». A chacun sa vision. En ce qui me concerne, je suis ressortie convaincue par cette exposition et admirative de ce peintre prolifique.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

UNE VIE EN QUELQUES TABLEAUX

Bernard Buffet naît à Paris, le 10 juillet 1928 et grandit aux Batignolles. Dès 1942 il suit les cours de dessin de la Ville de Paris. En Janvier 1944 il entre avec dispense aux Beaux-Arts de Paris dans l'atelier d'Eugène Narbonne.

Buffet peint avec ardeur. C'est la guerre. Il utilise des morceaux de draps, de la toile à matelas. Les châssis sont fabriqués avec des chutes de bois rapportées de la miroiterie que dirige son père. La rareté des couleurs disponibles commande le ton gris ocre. Il peint ses proches, lui-même et tout ce qui l'entoure. Ses personnages longs et minces sont son propre reflet, celui d'un jeune homme qui a conservé sa silhouette maigre d'adolescent ayant vécu avec les restrictions de l'Occupation. Il a une mémoire visuelle exceptionnelle et compose directement le dessin sur sa toile au fusain, sans support de la nature ou de photos.

Deux hommes nus à table - 1947

Buffet à 20 ans, il remporte avec ce tableau le prix de la critique organisé par la Galerie Saint Placide. Il expose au Salon des Indépendants, et fait une première exposition personnelle.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le buveur - 1948 

Ce tableau est présenté en avril au prix de la jeune peinture créé par la Galerie Drouant-David. Au milieu du tableau on aperçoit le trait de raccordement de deux toiles assemblées.

Vacances en Vaucluse - 1950

Buffet rencontre Pierre Bergé dans un café de la rue de Seine. C'est le coup de foudre. Ils quittent Paris pour la Provence. Durant le Salon des Tuileries, le tableau exposé en vitrine à la Galerie Charpentier fait scandale et doit être retiré.

En 1951, les deux garçons sont hébergés par Giono à Manosque. Ils s'installent ensuite à Nanse jusqu'en 1955.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

La Crucifixion - 1952

Cette oeuvre fait partie de la première exposition thématique à la Galerie Drouant-David.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Les Horreurs de la guerre - 1954

Buffet n'a que 26 ans lorsqu'il peint cette série. Le peintre aspire à marquer son époque tout comme l'a fait Picasso avec Guernica..

L'Ange de la guerre - Les Pendus - Les Fusillés

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le clown - 1955

Le tableau, diffusé dans le monde entier, fait partie de la série sur le cirque qui marque la notoriété de Buffet. La cote du peintre monte. Il est en tête de la jeune école contemporaine. Il achète une belle demeure seigneuriale à Château d'Arc.

La voix humaine - 1957

Le livre entièrement calligraphié et illustré de pointes sèches originales de Buffet est une commande de Cocteau d'après le texte de sa pièce de théâtre écrite en 1930 et montée la même année par Berthe Bovy à la Comédie Française. La première représentation privée est chahutée par les Surréalistes. Cette pièce met en scène un unique personnage, une femme au téléphone en un dialogue lacunaire et tronqué.

 

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Voir la totalité de l'album ci-dessous

1958 - La Première grande rétrospective à la Galerie Charpentier est un énorme succès.

Après sa rupture avec Pierre Bergé, Buffet part à Saint Tropez et rencontre Annabel Schowb qu'il épouse en décembre. Ils auront trois enfants.

 

Maquette pour Toxique de Françoise Sagan - 1964

Entièrement illustrée par des dessins de Buffet - édité par Julliard

Court texte écrit par Françoise Sagan, sorte de journal d'un manque. Après son accident de voiture en 1957, elle reçoit pendant trois mois quotidiennement, un succédané de morphine appelé le "875" (palfium) qui la mène à faire une cure de désintoxication au cours de laquelle elle écrit cette confession

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

1956-1976

Buffet peint avec fureur. Il est sollicité pour des décors de ballets, des affiches de cinéma, des illustrations. Plus il est connu du grand public, plus sa réputation dans les milieux culturels baisse. En 1966 Connaissance des Arts le classe au 18e rang de l'index.

Au début des années 1970, il s'isole dans son atelier de Saint-Cast. Il n'assiste pas à l'inauguration du musée qui lui est consacré à Surugadaire au Japon. Il s'y rendra une première fois en 1980.

En 1984, il achète le Domaine de la Baume à Tourtour dans le Haut Var. Il y vivra jusqu'à sa mort (le domaine est devenu un hôtel de luxe)

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016
BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Le Kabuki - 1987

Série inspirée par le Japon. Le Kabuki est une forme de théâtre traditionnel japonais, très prisée des citadins, qui a vu le jour à l'époque Edo, au début du XVIIe siècle.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Vingt mille lieues sous les mers - 1989

Avec ces tableaux inspirés par Jules Verne, Buffet continue son travail sériel de grand format. Viendront à la suite les séries sur l'Enfer de Dante et les Folles.

Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante
Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante
Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante

Vingt mille lieux sous les mer et Buffet peignant la série de Dante

La harpiste - 1991

Nouvelle série sur le cirque

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

Les terroristes - 1997

Série très violente avec une pointe d'humour noir. Le peintre insiste surtout sur les armes des terroristes. Buffet qui s'estime victime d'un terrorisme culturel offre des cibles à la critique assassine.

BERNARD BUFFET - MAM PARIS - NOVEMBRE 2016

La mort - 1999

Atteint de la maladie de Parkinson, Bernard Buffet prépare méthodiquement sa sortie. Il a des difficultés pour tenir ses pinceaux et ne supporte pas l'idée de ne plus peindre. Le 4 Octobre 1999, il se suicide par asphyxie avec un sac plastique sur lequel il inscrit son nom. Ses cendres ont été dispersées dans le jardin du musée de Surugadaire.

Cette série extraordinaire sera exposée en Février 2000.

et plus d'images .... ci-dessous

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Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Exposition Albert Marquet - Peintre du temps suspendu

Le petit Albert est assis au bord de la Garonne, à Bordeaux, là où il est né. Il ne joue pas avec les autres enfants, il reste à l'écart. Il a un handicap : un pied-bot qui le fait claudiquer. Sa myopie a-t-elle été décelée ? Porte-t-il déjà des petites lunettes rondes ? Pour moi cela le rend attachant mais pour des petits garnements c'est l'objet de moqueries supplémentaires. Alors, le petit Albert, délaissé et silencieux, s'attache à la vie du port, au chargement des bateaux, au déplacement des grues, au va et vient des passants, aux reflets dans l'eau.

En classe, Albert est encore la risée de ses camarades : cela n'incite pas à être bon élève. Il s'isole et parsème livres et cahiers de croquis Son père tempête : "Tu finiras sous les ponts" , mais sa mère le comprend, reconnait ses dons pour le dessin. En 1892, elle décide de partir à Paris afin qu' Albert entre à l'Ecole des Arts Décoratifs. Pour assurer la subsistance de la famille elle prend une boutique de broderies. Les élèves surnomment Albert "l'English". Parmi eux se trouve Matisse. Il a six ans de plus qu'Albert, il prend sa défense et lui évite d'être le souffre-douleur de l'atelier.

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Tous deux intègrent ensuite l'école des Beaux Arts dans l'atelier de Gustave Moreau. Albert y peint des nus, mais très vite il s'éloigne de l'académisme et dès 1898, utilise, en précurseur, des couleurs pures.

ci-contre, "Nu dit fauve" 1898

1905 : C'est la première fois que le salon d'automne a lieu au Grand Palais. Ingres, Manet, Renoir, bénéficient d'une rétrospective. Cézanne est présent. Le Douanier Rousseau expose son "Lion ayant faim se jette sur l'antilope". Dans une salle sont accrochées des peintures de Laprade, Camoin, Vlaminck, Derain... et Marquet. Matisse présente sa "Femme au chapeau". Pour les critiques ce sont des barbouillages, des peintures de fous aux couleurs criardes. Informé, Emile Loubet, Président en fin de mandat, refuse d'inaugurer le Salon.

Dans cette même salle contestée, trône un torse d'enfant et un petit buste en marbre, dans un style Renaissance italienne, du sculpteur Albert Marque (Albert MARQUE qu'il ne faut pas confondre avec Marquet sera aussi le créateur d'une tête de poupée qui obtiendra un grand succès. Elle est aujourd'hui très recherchée par les collectionneurs ). Le critique Louis Vauxcelles s'écrie "Donatello au milieu des fauves" . Le qualificatif "fauve" est resté, le mot fauvisme devait apparaître plus tard pour désigner à la fois le groupe et son art.
 

Page du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de MatissePage du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de Matisse

Page du journal "'illustration" sur les "fauves" - "La femme au chapeau" de Matisse

En 1906, sur les conseils de son ami Camoin, Marquet part peindre au Havre avec Dufy. Il redécouvre la vie d'un port, l'eau, les reflets. Il adoucit sa palette, privilégie les gris.

Il expose à la Galerie Druet en 1907. Les collectionneurs russes Morozov et Chtchoukine lui achètent des toiles. C'est la raison de la présence de nombreuses œuvres de Marquet au Musée de l'Ermitage et au Musée Pouchkine . Il sera d'ailleurs invité à Moscou en 1934.

Le port du Havre 1906

Le port du Havre 1906

Il se marie tard, à la cinquantaine avec Marcelle Martinet de vingt ans sa cadette. Il a rencontré Marcelle à Alger où il passe tous les hivers sur les conseils d'Elie Faure, son ami médecin, écrivain et collectionneur.

Chaque année, et jusqu'à sa mort, il voyage beaucoup de ports en ports : Londres, Tanger, Barcelone, Oslo, Stockholm, Alger, Rotterdam… "il se sentait partout chez lui où il y avait de l'eau et des bateaux" écrira Marcelle.

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Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -
Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 -  Marseille 1907 -  Alger -

Hambourg 1909 - Honfleur 1911 - Naples 1908 - Marseille 1907 - Alger -

Mais Marquet aime aussi intensément Paris et les quais de la Seine. Le présage de son père ne se réalisera pas : il ne dort pas sous les ponts, il les peint vu de haut, installé en étage dans différents ateliers. C'est sa particularité : traiter le paysage en vue plongeante. Paris est gris, c'est la réalité, Marquet l'interprète en camaïeux : le gris de la Seine s'accorde au gris des façades, des toits, des rues, du ciel.

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Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928
Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928
Quai des Grands Augustins 1906 -  Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928

Quai des Grands Augustins 1906 - Quai Saint Michel avec fumée 1909 - Vue de Notre Dame 1928

C'est une peinture sobre et élégante. Quelques lignes noires soulignent un quai ou un pont. Les petits personnages sont extraordinaires : vus de près ils sont construits d'un trait de pinceau spontané, de loin ils apparaissent vivants, animent merveilleusement le paysage.

La crue de la Seine 1910 -

La crue de la Seine 1910 -

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Comme pour affirmer sa passion de l'eau, des ports et des bateaux, Marquet n'acceptera comme récompense que le titre de "peintre officiel de la marine".

La sincérité qui émane des tableaux de Marquet rend cette exposition très attachante. Marquet regarde, et peint, tout simplement.

Albert MARQUET - 1875-1947 - Né à Bordeaux, décédé à Paris. Repose au cimetière de la Frette sur Seine (Val d'Oise)

Exposition jusqu'au 21 août 2016

Ci-contre, "Les persiennes" 1945, une de ces dernières toiles

Mon coup de cœur dans cette exposition - "Les hangars du port de Bougie" Algérie 1929

Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016

Mais on pouvait voir aussi, et entre autres dessins et tableaux (l'exposition comporte une centaine d'oeuvres) ...

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Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
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Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
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Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
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JACQUES GRINBERG - Musée d'Art Moderne Paris

(Sofia 1941 - Paris 2011)

Jusqu'au 18 septembre, une salle du MAM est consacrée à ce peintre, pionnier de la Nouvelle Figuration.

Jacques Grinberg peint "des œuvres au langage politique violent, antibourgeois et antimilitariste qui dénoncent la censure, l'oppression mais aussi la solitude ou l'enfermement. Jacques Grinberg qui signait Jacques, était aussi bien marqué par les idées communistes de ses parents que par la tragédie des camps nazis".

Cette présentation de quelques œuvres majeures du peintre est organisée à l'occasion de l'acquisition d'une œuvre par le musée et d'une donation par les enfants de l'artiste et par des collectionneurs.

La salle 14bis dédiée à Jacques Grinberg se trouve au niveau de la collection permanente du Musée.

Association l'Homme Bleu

http://www.jacquesgrinberg.com

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Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Albert Marquet - Musée d'Art Moderne- Paris - Août 2016
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992
Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992

Sans titre 1980 - Pax 1990 - Guerre d'Irak 1992

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PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016

Une photo émouvante, dont j'ai beaucoup de mal à me détacher, marque le destin tragique de Paula Modersohn-Becker. Paula est couchée, sa tête reposant sur un oreiller blanc où courre une broderie ajourée de petits soleils. Elle tient serrée contre elle un bébé et pose une main protectrice sur le petit crâne. Son visage est marqué par un accouchement qui a duré deux jours et s'est terminé au chloroforme et aux forceps . Ses lèvres dessinent un sourire fatigué. Est-ce le bonheur ?

Le temps est suspendu.

Il y a eu un avant.

Paula Becker est une adolescente déterminée à devenir peintre. Elle poursuit ses études d'art à Berlin, puis, plus tard rejoint un groupe de peintres à Worpswede, un village pauvre situé au nord de Brême, entouré de marais, de forêts et de dunes. Elle y rencontre son futur mari Otto Modersohn. Elle fait aussi la connaissance de Clara Westhoff, sculpteur, et de Rainer Maria Rilke, poète. Ils seront ses deux plus fidèles amis.

A Worpswede Paula peint dans un esprit symboliste des paysages brumeux, des marais. Elle dessine à l'hospice des pauvres, peint des portraits d'enfants et de vieillards.

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A l'aube du XXe siècle, elle est attirée par Paris, ville lumière. Elle y séjourne quatre fois, seule et inconnue, entre 1900 et 1907. A cette époque, l'animation règne au "Bateau Lavoir" avec Picasso, Modigliani, Juan Gris, Léger, le Douanier Rousseau… la liste serait longue.

Paula ne les croise pas et reste en marge de tout courant, libre de s'exprimer. Par le biais des expositions, les œuvres de Cézanne, Gauguin et Rousseau, la marquent profondément et la confortent dans sa propre démarche esthétique. Durant ses séjours à Paris, elle ne rencontrera que Rodin.

Durant huit années elle n'a qu'un seul but , "consciemment et inconsciemment, oh, peindre, peindre, peindre !"

Elle peint des autoportraits (influencée par les portraits égyptiens du Fayoum) , des natures mortes, des poissons rouges dans un bocal (dix ans avant Matisse), des fillettes nues, des bébés aux joues roses qui tètent, des mères et leurs nourrissons liés dans une plénitude charnelle...

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Puis un jour de mai 1906, elle se dénude et peint son reflet dans un miroir, elle a simulé un ventre rond. Un tissu blanc entoure ses hanches, elle porte un collier d'ambre, comme sur de nombreux autoportraits. Celui-ci est le plus célèbre : c'est la première fois qu'une femme se peint nue. En bas de la toile on peut lire : "j'ai peint ceci à l'âge de trente ans, à l'occasion de mon sixième anniversaire de mariage, PB".

Autoportrait au sixième anniversaire de mariage - mai 1906 - détrempe sur carton - 101,8x70,2cm. Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Autoportrait au sixième anniversaire de mariage - mai 1906 - détrempe sur carton - 101,8x70,2cm. Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Paula a pris des distances avec son mari : "Cher Otto… Mais je ne veux pas venir vers toi maintenant, je ne peux pas… Et je ne veux aucun enfant de toi : pas maintenant"

L'année 1906 Paula a travaillé fébrilement : quatre-vingts tableaux. Elle a vécu entourée de ses toiles.

Etre femme artiste est souvent un déchirement : comment choisir entre l'art et la famille ? Comment allier les deux ? Le dilemme se posait sans aucun doute pour Paula : "moi, pauvre petit être humain, je ne sais pas quel est le bon chemin pour moi", puis "ce qui compte le plus pour moi : la paix pour mon travail, et ça je l'ai aux côtés d'Otto".

A-t-elle choisi délibérément, à trente et un ans, d'être enceinte, a-t-elle provoquée le destin ?

La petite Mathilde nait le 2 novembre 1907.

Le temps est suspendu.

Il y a un court après.

Le 21 Novembre, la maison est en fête, envahie de fleurs et de bougies : Paula peut se lever. Elle tombe foudroyée par une embolie d'être restée couchée. Son dernier mot est "schade" "dommage".

Nourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cmNourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cm

Nourrisson avec la main de sa mère -détrempe 1903 - 31,3x26,7cm - acheté par Rilke / Portrait de Rilke - juin 1906 détrempe 32,3x24,5 cm

De son vivant Paula n'aura vendu que trois tableaux, dont un petit à Rilke. Le succès viendra trop tard.

A l'ouverture de sa succession on découvrira une œuvre incroyablement importante, plus d'un millier de tableaux et dessins. Sa correspondance et son journal deviendront des best-sellers. L'Allemagne la reconnaitra , on lui consacrera un musée à Brême en 1927.

Cette photo m'obsède. Sans cette fin dramatique, quel aurait pu être l'autre chemin de Paula. On dit maintenant qu'elle a effleuré le cubisme. Aurait-elle rejoint, voir dépassé dans sa démarche les célébrités du début du siècle ? Elle en avait la volonté, l'énergie, le talent. …" shade"

Beaucoup d'émotion à visiter cette exposition, mais aussi à lire le merveilleux livre de Marie Darrieussecq, "Etre ici est une splendeur" (biographie de Paula), ainsi que le poème de Rainer Maria Rilke dédié à Paula, "Requiem" .

"J'achèterai des fruits, où l'on retrouve la campagne, jusqu'au ciel.

Car à ceci tu t'entendais : les fruits dans leur plénitude.

Tu les posais sur des coupes devant toi,

tu en évaluais le poids par les couleurs.

Et comme des fruits aussi tu voyais les femmes,

tu voyais les enfants, modelés de l'intérieur

dans les formes de leur existence.

Et pour finir, toi-même tu te vis comme un fruit,

tu te dépouillas de tes vêtements,

tu allas te placer devant le miroir et tu t'y enfonças tout entière,

sauf le regard : lequel, sans fléchir,

s'abstint de dire : c'est moi. Non : ceci est.

extrait de "Requiem" - Rainer Maria Rilke

LE SITE DU MUSEE DE PAULA : http://www.museen-boettcherstrasse.de/francais

PAULA MODERSOHN-BECKER - 1876 Dresde 1907 Worpswede

Musée d'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS jusqu'au 21 août 2016

Ce tableau termine l'exposition -  Vieille domestique au jardin 1906 -  96x80,2cm - Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

Ce tableau termine l'exposition - Vieille domestique au jardin 1906 - 96x80,2cm - Musée Paula Modersohn-Becker - Brême

PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016
PAULA MODERSOHN-BECKER - MAM PARIS - MAI 2016

APPEL A CANDIDATURE

Artistes demeurant dans le Val d'Oise et la région Ile de France

Les amis des arts d'Ermont - ARAMI - ART CONTEMPORAIN EN VAL D'OISE

Exposition au Théâtre Pierre Fresnay ERMONT - 95120

du 19 au 27 novembre 2016

renseignements, règlement et bulletin d'inscription : www.arami95.com

Voir l'exposition 2015 ci-dessous :

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LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

L'innocence archaïque

Un homme quitte son domicile du 2 bis rue Perrel, près de Montparnasse. Sur sa porte on peut lire l'affichette « Dessin, peinture, musique, cours à domicile, prix modérés ». Il a la soixantaine passée, marche légèrement courbé. Il porte un chapeau mou, mais a délaissé sa canne car il est encombré d'un grand tableau. Il se rend chez le célèbre marchand Ambroise Vollard dont la galerie se situe au 6 de la rue Laffitte.

Vollard se montre très enthousiaste devant l'œuvre.

« Parfait, dit l’homme, ainsi vous pourriez me donner une attestation comme quoi je fais des progrès ».

Il explique la raison de cette demande : il s’est entiché d’une femme, mais les parents sont réticents pour donner leur fille à un «artiste sans le sou ».

« La fiancée n’est pas majeure, demande Vollard, il lui faut le consentement de ses parents ? »

« Non, répond l’homme, elle a cinquante quatre ans ».

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

H.Rousseau - 1890 - Moi-même, Portrait-paysage - huile sur toile 146x113cm - Prague -

Cet homme, c’est Henri Rousseau, surnommé « le Douanier » parce qu’il a travaillé à l’octroi de Paris, où il était chargé de vérifier les denrées alimentaires entrant dans la ville. Il est deux fois veuf et depuis 1903 la solitude lui pèse.

Le peintre quitte Vollard muni de son attestation, elle sera complétée par une autre, rédigée par Apollinaire. Malgré tout le mariage ne se fera pas. Rousseau restera célibataire durant les quelques années qui lui restent à vivre.

Cette anecdote m'amuse mais me laisse perplexe. Elle a souvent servi à démontrer la naïveté de Rousseau. Pour moi, elle s'apparente plutôt à une farce. Rousseau pouvait-il vraiment croire que ces certificats seraient de nature à convaincre des bourgeois réticents ? J’en doute, je l’imagine plutôt présentant le document aux parents de sa conquête avec un œil facétieux et un petit sourire narquois dissimulé sous sa moustache.

Quelques traits de sa biographie révèlent en effet une certaine malice. Bien au contraire ses détracteurs y voient la justification de leur attribution à Rousseau des seuls qualificatifs « naïf », « ingénu », « enfantin ». C'est évidemment très réducteur : Rousseau est un personnage, ambigu peut-être, mais attachant, riche, un créateur, ce n'est pas seulement "un style".

En réalité il y a peu de documents et de sources fiables sur Henri Rousseau. Son atelier a été dispersé à sa mort, sa famille n'a pas perçu l'intérêt d'en conserver des traces. Rousseau est à la fois marginal dans son milieu social et dans le monde des Arts.

Totalement autodidacte, il commence à peindre sur le tard, sans doute vers 1871. Il obtient sa carte de copiste au Louvre et au Musée du Luxembourg en 1884. Il prend sa retraite pour se consacrer pleinement à la peinture en 1893, il a quarante neuf ans.

Le lion, ayant faim, se jette sur l'antilope - 1898-1905 - Huile sur toile 200x301 - Bâle, Fondation Beyeler

Le lion, ayant faim, se jette sur l'antilope - 1898-1905 - Huile sur toile 200x301 - Bâle, Fondation Beyeler

Il parvient à s'insérer dans le circuit artistique grâce au Salon des Indépendants où il expose régulièrement à partir de 1886, invité par un de ses premiers défenseurs : Paul Signac.

Au salon de 1905, Rousseau expose "Le Lion ayant faim"(Vollard lui achètera 200 francs, soit à peu près 800 euros actuels - source : http://france-inflation.com/calculateur_inflation.php).

Nota - Un petit paysage a été vendu aux enchères en 2014 par Arcadja 60.000 €

Son tableau provoque l'amusement du public et aussi l'indifférence des critiques, peu inquiet de l'influence de Rousseau sur les jeunes générations. Ils se trompaient : Rousseau a contribué à ouvrir de nouvelles voies plastiques et expressives et à imposer la singularité de sa vision. Picasso et Léger retiendront la leçon.

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H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920

H.Rousseau - Portrait de Monsieur X (Pierre Loti) 1906 - huile sur toile 61x50cm, Zurich et Le mécanicien de Fernand Léger 1920

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

Le Douanier Rousseau a lui-même été inspiré par "L'Homme au bonnet rouge" de Carpaccio - 1480-1490 - 35x23cm, Venise

Henri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée PicassoHenri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée Picasso

Henri Rousseau - Les Joueurs de football - 1908 - Huile sur toile, 100,3x 80,3 cm - Naw-York et Picasso - Baigneuses au ballon 1928. Huile sur toile, 21,7x41,2cm, Paris Musée Picasso

Dans l'almanach du groupe "Der Blaue Reiter", Kandinsky présentera Rousseau comme "le père du nouveau réalisme". Il lui achètera le tableau "La Basse-cour".

H.Rousseau "La basse-cour"- huile sur toile 24,6x32,9cm - 1896.1898 - Centre Pompidou - leg Nina Kandinsky 1981

H.Rousseau "La basse-cour"- huile sur toile 24,6x32,9cm - 1896.1898 - Centre Pompidou - leg Nina Kandinsky 1981

Les peintres de l'avant-garde parsèmeront leurs tableaux de références aux œuvres du Douanier qu'ils considèrent comme un maître.

Les surréalistes retiennent de l'œuvre de Rousseau la magie des images "d'intérêt dérisoire au point de vue réaliste, ses œuvres sont bel et bien du ressort surréaliste avant la lettre" A. Breton

Durant les années 1906-1908, Rousseau rencontre Delaunay, qui est l'un de ses premiers soutiens et collectionneurs, et Picasso. Il fréquente la bande du "Bateau Lavoir", les reçoit chez lui où l'on mange et boit ce qu'il y a. Rousseau jeûne parfois durant une semaine pour recevoir un joyeux mélange de gens de lettres, peintres, élèves, commerçants et demoiselles de son quartier, dans une atmosphère fantasque et musicale.

Quelques mois avant de quitter le "Bateau Lavoir" Picasso organise le célèbre "banquet" en l'honneur de Rousseau et pour célébrer la toile qu'il a acheté cinq francs chez le père Soulié : le Portrait de Madame M.

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Henri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par BrassaïHenri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par Brassaï

Henri Rousseau - Portrait de femme - 1895 - Huile sur toile, 160x105 cm - Paris musée Picasso et Portrait de Picasso dans son atelier devant la toile de Rousseau 1932 par Brassaï

L'œuvre de Rousseau comprend de nombreux paysages, des scènes de la vie quotidienne, des portraits, des natures mortes. Les compositions, qu'il appelait lui-même des "créations", traitaient de sujets romanesques, patriotiques ou "modernes", allégoriques ou exotiques.

Les jungles sont la part la plus surprenante et la plus ambitieuse de son œuvre. Il transpose sur un mode fantastique la végétation qu'il a observée dans les serres du Jardin des plantes, c'est l'expression personnelle d'un regard porté sur la nature. Rousseau est isolé, il n'adhère (sans doute n'est-il pas convié non plus) à aucun des mouvements en "isme" de son époque. Il est aussi plus libre.

C'est cette liberté que l'on retrouve dans ses jungles. On pénètre dans les camaïeux de verts, on écarte les feuilles géantes, on respire les fleurs colorées, on entend les cris des singes, on surprend un œil d'éléphant. Tout est douceur, la lumière, les ciels purs, les nuages roses, les lunes blanches. On est émerveillé et apaisé. C'est le paradis retrouvé, car rien n'est vraiment dramatique : le jaguar semble enlacer le joli cheval blanc plutôt que l'attaquer, le tigre "surpris" apparaît effrayé plus qu'effrayant, l'antilope saigne un peu mais le lion n'est pas terrifiant, il montre ses dents comme le rire des humains de Yun Minju.

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 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail
 La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail

La Charmeuse de serpents 1907 / Forêt tropical avec singes 1910 / Combat de tigre et de buffle 1908 / Cheval attaqué par un jaguar 1910 / Surpris ! 1891 / Le lion ayant faim se jette sur l'antilope - détail

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

A la fin de sa vie, Rousseau est dans le plus grand dénuement. Il meurt à l'hôpital Necker le 2 septembre 1910, victime d'une gangrène. Ses amis conviés au service religieux recevront les cartons alors que les obsèques sont déjà célébrées. Seuls Signac et Delaunay assistent aux funérailles. Enterré dans une fosse commune, sa dépouille sera transférée au cimetière de Bagneux grâce à la souscription de ses amis intimes, puis en 1947 à Laval son lieu de naissance.

L'épitaphe qui se trouve sur sa tombe est de Guillaume Apollinaire :

Gentil Rousseau tu nous entends

Nous te saluons Delaunay sa femme Monsieur Queval et moi

Laisse passer nos bagages en franchise à la porte du ciel

Nous t'apporterons des pinceaux des couleurs des toiles

Quelques autres œuvres exposées

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La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903
La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903
La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903

La Carriole du Père Junier - 1908 / La Guerre - vers 1894 / La tempête / Eve - vers 1906 / Un soir de Carnaval 1886 / Portrait de l'artiste à la lampe - 1902 / Portrait de la seconde femme de l'artiste - 1903

Et ma toile préférée d'Henri Rousseau qui n'est pas exposée mais que j'ai eu le bonheur d'admirer il y a quelques années.

La bohémienne endormie - 1897 - Huile sur toile 129x200 cm - MOMA New-York

LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016
LE DOUANIER ROUSSEAU - Musée d'Orsay - Mai 2016

A noter que Rousseau a écrit un drame: "La vengeance d'une orpheline russe" . J'ai pu me procurer une édition de 1947. Ce n'est pas une grande œuvre littéraire mais c'est émouvant de la lire. Une pièce de théâtre est difficile à construire, elle demande une mise en scène des personnages et à chacun sa façon de s'exprimer . Le "naïf douanier" réussit le challenge. On ne s'ennuie pas et l'on s'amuse même avec les serviteurs qui russes ou français s'expriment dans un même patois fleuri. Etonnant Rousseau, pas aussi naïf qu'on veut bien nous le faire croire !

Ci-contre manuscrit original

Le sujet de la pièce : Sophie est une jeune fille Russe orpheline, élevée par sa tante Mme Yadwigha à Saint Petersburg. Mme Yadwigha souhaiterait que Sophie épouse un officier de marine, Gaston, mais Sophie se laisse séduire par Henri, un allemand employé de banque. Il l'entraîne à Paris, puis l'abandonne sans un sou et sans logis. Elle jure de se venger. Elle est recueilli par le Général Bosquet, 76 ans, qui l'adopte. A la mort de celui-ci, riche héritière, elle retourne à Saint Petersburg. Sa tante est décédée. Elle retrouve Henri qui s'est marié. Gaston toujours épris de Sophie provoque Henri en duel et le tue.

EXPOSITION JUSQU'AU 17 JUILLET 2016

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UN PEINTRE VISIONNAIRE

Le titre de Conservateur du Muséum National qu'avait obtenu Hubert Robert en 1795 imposait, bien évidemment, que la grande rétrospective consacrée à son œuvre fût présentée là où il avait exercé sa fonction, là où il avait également demeuré : au Louvre !

Je n'étais pas une grande "fan" des ruines d'Hubert Robert, mais avec cette présentation , ce mélange de dessins, de gravures et de peintures, j'ai été conquise.

Hubert Robert, mémorialiste de son temps, décrit Paris, l'Histoire, la Révolution française et l'on regarde avec nostalgie, le pont Notre Dame , la Bastille en destruction, le port de Rome…

Mais ce que j'ai particulièrement aimé, ce sont ses merveilleux dessins à la sanguine, où, dans des décors gigantesques, se déplacent de petits personnages. C'est mon grand coup de cœur.

Tous ces dessins mesurent environ 30x40cm - photos web
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -
Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 -  Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -

Le Temple de La Sibylle à Tivoli ,1762 - La Cour de la villa Giulia ,1762 - La Villa Madame, 1761/6 - Escalier menant au portique de Vignole, 1762 -

Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74
Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 -  La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74

Le Tombeau d'un pape à Saint Pierre de Rome, 1758/59 - La Place du Capitole, 1762 - Dans Saint-Pierre de Rome, 1763 - Basilique romaine en partie détruite, 1772/74

Hubert Robert donne, dans son œuvre, une place considérable aux arbres. Il en fait même le sujet central du dessin "L'Arbre renversé".

Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780
Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780

Bord de rivière, 1772/74 - La Vieille Hutte sous les grands arbres, 1763 - Bustes romains dans un parc, 1763 - La Fuite de Galatée, 1780

L'Arbre renvrsé, 1762/63 -  Etude de plantes, 1761/62L'Arbre renvrsé, 1762/63 -  Etude de plantes, 1761/62

L'Arbre renvrsé, 1762/63 - Etude de plantes, 1761/62

Hubert Robert nait en 1733. Ses parents appartiennent à la maison du comte de Stainville. Hubert Robert est destiné à entrer dans les ordres. Il étudie au collège de Navarre (le comte n' est pas étranger à cette admission dans un collège aristocratique).

Devant ses dons évidents pour le dessin d'architecture, il devient élève du sculpteur Michel-Ange Slodtz en 1751. De 1754 à 1765 Hubert Robert séjourne à Rome auprès du comte de Stainville, nommé ambassadeur de France.

Bien qu'il ne soit pas lauréat du Prix de Rome, mais avec l'appui du comte il est logé à l'Académie de France, installée au palais Mancini. Il reçoit l'enseignement de Pannini, professeur de perspective à l'Académie et peintre de ruines, et celui de Piranèse dont l'atelier est situé non loin de l'Académie. En 1759 Hubert Robert obtient une place officielle de pensionnaire.

En 1765 c'est le retour à Paris où il connaît un succès immédiat avec ses œuvres associant un évènement contemporain à une vue de ruines. Cela lui vaut le surnom de "Robert des ruines". Ses clients, mécènes et amis comptent parmi les plus hauts personnages du royaume : Le comte d'Artois (frère de Louis XVI), le marquis de Marigny (frère de Mme de Pompadour), le comte de Stainville, fait duc de Choiseul et devenu ministre, la famille de La Rochefoucauld….

Il fréquente les "lundis" , réservés aux artistes, de Madame Geoffrin, riche bourgeoise de la rue Saint-honoré . Viennent y dîner Boucher, Carle van Loo, Joseph-Marie Vien. Les "mercredis de Madame" sont jours des gens de lettres et accueillent Marivaux, Fontenelle, Voltaire, d'Alembert et Diderot.

En 1766 Hubert Robert est reçu à l'Académie Royale pour son tableau "Port de Ripetta". L'année suivante il participe au premier Salon, il y présente plus de quinze tableaux dont le Port de Ripetta. Il exposera au Salon régulièrement jusqu'en 1798 une dizaine d'œuvres

Le Port de Ripetta - huile sur toile - Ecole des Beaux-Arts de Paris

Le Port de Ripetta - huile sur toile - Ecole des Beaux-Arts de Paris

En 1773 il décore pour le cardinal de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen, la salle des Etats de l'archevêché. C'est le seul décor d'Hubert Robert, conservé de nos jours en France.

Retrospective Hubert Robert au Louvre - avril 2016

En 1777 Louis XVI lui commande deux tableaux. Il assure aussi, à partir de cette année là, des travaux de décoration et de conception de jardins.

1789 - Il peint "La Bastille dans les premiers jours de sa démolition".

Le Muséum central des arts ouvre le 14 août 1793 dans les locaux vétustes de la Grande Galerie

La Bastille dans les premiers jours de sa démolition - 1789 - 77x114cm - huile sur toile - Musée Carnavalet-

La Bastille dans les premiers jours de sa démolition - 1789 - 77x114cm - huile sur toile - Musée Carnavalet-

La Grande Galerie en ruine - 1796 - 112x143 cm - Musée du Louvre

La Grande Galerie en ruine - 1796 - 112x143 cm - Musée du Louvre

Le 23 Octobre 1793, Hubert Robert est arrêté pour ses relations avec les ennemis de la liberté. Il est emprisonné à Sainte-Pélagie puis à Saint-Lazare. Il aurait réalisé durant son incarcération cinquante-trois tableaux et de multiples dessins. Il est libéré le 4 août 1794 à la chute de Robespierre. Il a échappé de peu à la guillotine (un homonyme aurait été guillotiné à se place).

Le ravitaillement des prisonniers à Saint Lazare - 1794 - Musée Carnavalet Paris

Le ravitaillement des prisonniers à Saint Lazare - 1794 - Musée Carnavalet Paris

Le 16 avril 1795, Hubert Robert est nommé conservateur du Muséum National, notre Louvre actuel.

En 1802 il est mis à la retraite de sa fonction au Muséum national qui prend le nom de musée Napoléon.

En 1806 il est expulsé du Louvre où il était logé.

Il meurt brutalement le 15 avril 1808.

Sous l'Empire (1805-1810) un nouvel éclairage de la Grande galerie du Louvre est réalisé par Percier et Fontaine qui se souviennent des projets qu'Hubert Robert a exposé au salon de 1796.

Projet d'aménagement de la Grande Galerie - 1796 - 155x145cm - huile sur toile - Musée du Louvre

Projet d'aménagement de la Grande Galerie - 1796 - 155x145cm - huile sur toile - Musée du Louvre

 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75
 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75 Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75

Destruction du pont Notre Dame, 1786 - Jeune Femme tendant un biberon à un bébé, huile sur bois, 1772, 22x27cm, Valence Musée - L'incendie de Rome, 207x288cm, Pavlovsk Musée des Beaux arts - L'abattage des arbres au Château de Versailles, 1775/75

Cette exposition est très riche, ce n'est ici qu'un bref aperçu. Ne la manquez pas !

JUSQU'AU 30 MAI 2016 - HALL NAPOLEON Musée du LOUVRE

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