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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Articles avec #musees parisiens catégorie

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens
L’art n’est qu’un dérivatif à la puissance d’aimer -
Rodin (Paris 1840- Meudon1917)

Le musée Rodin de Paris, installé dans l'Hôtel Biron, vient de rouvrir ses portes après trois ans et demi de travaux, essentiellement de consolidations. Les murs blancs ont été abolis et peints en gris taupe et gris vert pour mettre en valeur les matériaux blancs, le plâtre et le marbre, chers à Rodin .

Les œuvres ne sont pas plus nombreuses, mais les bronzes posthumes ont été remplacés par des moulages exécutés du vivant de Rodin. Le parcours a été enrichi tout en conservant l’esprit de la présentation de Rodin.

Le musée a été créé, à la demande de Rodin, au début du XXe siècle et officiellement inauguré en 1919. La villa des Brillants à Meudon où Rodin vécut avec Rose Beuret, compagne de sa vie et épouse de dernière heure, est également devenue un musée Rodin.

cliquez sur les images pour les agrandir
Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée
Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée

Musée Rodin de Paris - 1) Entrée du musée 2) Musée vu du jardin 3) Jardin 4) Chapelle vue d'une fenêtre du musée 5) Jardin vu d'une fenêtre du musée

A quarante ans, Rodin a une tête puissante, un front large, les cheveux courts et une barbe longue, il ressemble au "Moïse" de Michel Ange.

1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile  2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle  3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile  2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle  3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile  2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle  3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile

1) Rodin dans son atelier - R.Avigdor 1897/98 - Huile sur toile 2) Buste de Rodin par Antoine Bourdelle 3) Auguste Rodin au turban par J.Paul Laurens vers 1885 huile sur toile

Rodin voue une grande admiration à Michel Ange, il est subjugué par son œuvre mais sa pratique est contraire : Michel Ange dégageait la figure enfouie dans le bloc en creusant la pierre ou le marbre (il enlèvait de la matière) ; Rodin est un modeleur de terre, un sculpteur de plâtre (il ajoute de la matière).

Rodin ne frappe pas lui-même la pierre, il s’entoure de patriciens talentueux qui sont chargés de tailler le marbre d'après ses modelages ou ses plâtres : François Pompon, Jules Desbois, Antoine Bourdelle, Séraphin Boudbinine, parmi d’autres.

Pour que soit conservée l'image d'un génie solitaire et romantique, Rodin acceptera d’être filmé par Sacha Guitry, ciseau et maillet en main. La séquence est émouvante mais l'illusion n'est pas parfaite.

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

D'ailleurs était-ce nécessaire ? Mettre en œuvre les projets d'un maître est une pratique encore courante de nos jours. Alors direz-vous où se cache le talent du maître ? Pour Rodin il se manifeste dans ses dessins (il en exécutera environ 9000 , dont 7000 sont conservés au Musée) et dans les centaines de figures et de formes qui naissent sous ses doigts, jaillissent de l'argile. Rodin est un modeleur de chair.

Pour comprendre son œuvre il suffit de regarder « La Porte de l’enfer », commande de l’Etat pour un musée qui ne verra jamais le jour. Durant vingt années, et sans tenir compte de la cessation du contrat, Rodin va modeler des centaines de figurines, les mêler, les enchevêtrer, en s’inspirant de la Divine Comédie de Dante puis des Fleurs du mal de Baudelaire. « La Porte » sera à la fois son œuvre et une source inépuisable d’inspiration. Rodin se nourrit de sa propre création, il extrait de "sa Porte" des figures (Ugolin, La Méditation, Le Penseur …) et des groupes pour les faire exploiter dans toutes les dimensions par ses assistants .

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La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails
La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails

La Porte de l'enfer - 1880-1882 - Maquette haut relief en plâtre et sculpture de détails

Dessins de RodinDessins de Rodin

Dessins de Rodin

Loin de l'idéal classique, Rodin joue de l'aspect fragmentaire de ses œuvres, les formes lisses surgissent du bloc brut dont la taille reste inachevée. On assiste à la naissance de l'œuvre, c'est ce qui nous émeut. Sa manière est celle du "non finito" : Rodin était sensible à la poésie et la beauté qui se dégageaient des sculptures antiques mutilées ou des fragments retrouvés.

La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889

La danaïde - marbre taillé par Jean Escoula - Assistant - 1889

Dernière vision - 1903 marbre taillé et Adam et Eve - marbre taillé en 1905 par Gaston SchneggDernière vision - 1903 marbre taillé et Adam et Eve - marbre taillé en 1905 par Gaston Schnegg

Dernière vision - 1903 marbre taillé et Adam et Eve - marbre taillé en 1905 par Gaston Schnegg

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

La « poire molle » comme l’appelait son père, ne s'intéresse depuis l’enfance qu’au dessin. Rodin est lent, distrait, inapte à poursuivre des études sérieuses. Sa mère et sa sœur Maria, convaincues de ses dons, arrivent à persuader le père de faire entrer Auguste en 1854 à l'école de dessin et de mathématiques nommée "Petite Ecole" (devenue Ecole Supérieure des Arts Décoratifs).

Après la "Petite Ecole", il échoue trois fois au concours des Beaux-arts pour la sculpture . Son seul soutien c'est Maria et il perd presque la raison lorsque Maria décède en 1862 . Il entre alors comme novice au monastère de la Congrégation du Très-Saint-Sacrement crée par le Père Eymard et c'est grâce à celui-ci qu'il retrouvera, avec le temps, le goût de la vie. Il quitte le monastère et retourne à la sculpture, ou plutôt au modelage. 1865 .

L'Homme au nez cassé (ou Le Masque de Bibi ) que Rodin considérait comme sa première grande œuvre est refusé au Salon. 1866.

il rencontre Rose Beuret, une couturière. Elle lui sert d'assistante et de modèle, lui prépare ses repas et fait la tournée des marchands pour vendre ses figurines "manière XVIIIe siècle". L'atelier de Rodin est alors situé rue Le Brun dans une ancienne écurie.

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

Son engagement dans l'atelier de Carrier-Belleuse lui permet de s'installer plus confortablement à Montmartre. Rose met au monde un garçon qu'il ne reconnaîtra jamais. Il suit Carrier-Belleuse en Belgique, une brouille les sépare et Rodin ouvre un atelier à Ixelles avec Antoine-Joseph Van Rasbourgh.

Musée RODIN - Réouverture - février 2016

Rose le rejoint sans leur fils, ils s'installent dans une petite maison près de la forêt de Soignes.

Rodin envoie son "Homme au nez cassé", retouché et exécuté en marbre par Léon Fouquet, au Salon de 1875. Il est accepté, l'affront de 1865 est réparé.

Après un voyage en Italie et imprégné des œuvres de Michel Ange, Rodin quitte Bruxelles. Il y a exposé "Le Vaincu" au Cercle artistique et littéraire. Il soumet cette statue rebaptisée "L'Age d'airain" au Salon de 1877. On le soupçonne d'avoir pratiqué un moulage sur son modèle (un jeune soldat, Auguste Neyt). La statue ne trouve pas d'acquéreur. Rodin retourne assister Carrier-Belleuse.

L'Age d'Airain - bronze - 1877L'Age d'Airain - bronze - 1877

L'Age d'Airain - bronze - 1877

En 1879 il obtient enfin une commande de l'Etat pour la porte du futur musée des Arts Décoratifs. Deux ateliers sont mis à sa disposition au Dépôt des marbres, 182 rue de l'Université. Vers 1884 une nouvelle élève très douée intègre son groupe de praticiens. Elle s'appelle Camille Claudel, elle est jolie, yeux bleus, cheveux jusqu'à la taille . Elle deviendra sa "divinité malfaisante", il promet tout ce qu'elle veut… il promet seulement.

En 1889, le vent a tourné, dix ans après la première commande officielle, Rodin est entouré d'un cercle d'admirateurs. Il fréquente tout ce que Paris compte comme écrivains, critiques, artistes et hommes politiques (il sera élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1903). Il est submergé de commandes de monuments , hommages à Victor Hugo, à Claude Lorrain, à Baudelaire....

La statue de Balzac "son enfant chéri" sera la plus controversée. Rodin a réalisé plusieurs études de nu dont une "au gros ventre". Il choisit finalement de représenter Balzac en robe de chambre, la tenue préférée de l'écrivain pour travailler. Rodin fait plusieurs essais. Il plonge un manteau dans du plâtre et l'installe au milieu de son atelier. L'étude finale en plâtre, exposée au salon de 1898, fera scandale.

1) Rodin - Balzac au gros ventre Plâtre  2) Tête de Balzac - terre cuite1) Rodin - Balzac au gros ventre Plâtre  2) Tête de Balzac - terre cuite

1) Rodin - Balzac au gros ventre Plâtre 2) Tête de Balzac - terre cuite

Pour la ville de Calais, Rodin fait surgir du plâtre enduit six hommes, six bourgeois la corde au cou qui commémorent une page d'histoire : les six bourgeois livrés à Edouard III, roi d'Angleterre en contrepartie de la vie des habitants. Rodin les imagine à l'instant du départ, "chacun d'entre eux avait à sa manière pris la résolution et vivait cette dernière heure à sa manière, la vivait avec son âme, la souffrait avec son corps qui tenait à la vie" (Auguste Rodin, de Rainer Maria Rilke, 1903). Rodin a recours à plusieurs assistants pour réaliser cette œuvre, dont Camille, Camille qui ne lui pardonne pas son attachement à sa vieille compagne Rose. En 1893 c'est la rupture entre les deux amants.

Rodin obtient du conseil municipal de Paris un terrain sur lequel il fait bâtir son pavillon de l'Alma, une gloriette Louis XVI "semblable à l'orangerie d'un château". Il y reçoit les visiteurs durant l'exposition universelle de 1900, vend pour deux cent mille francs de sculptures et de dessins. Sa "Porte" est exposée, ce sera la seule fois, elle ne sera fondue en bronze qu'après sa mort.

Le Conseil Municipal n'a pas apprécié qu'on lui force la main, Rodin doit libérer la place de l'Alma. Il fait démonter sa gloriette et la transfère à Meudon où il a acheté en 1895 la villa des Brillants. 1912 .

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L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon
L'allée menant à  la Villa des Brillants  et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon

L'allée menant à la Villa des Brillants et l'intérieur de la maison - Musée Rodin Meudon

Les bourgeois de Calais - plâtre Musée Rodin Meudon

Les bourgeois de Calais - plâtre Musée Rodin Meudon

Il subit sa première attaque. Il a quitté sa maîtresse du moment, Claire de Choiseul, pour retrouver Rose à Meudon. Durant la guerre ils partent en Angleterre puis à Rome. Lorsqu'il n'y a plus de danger ils retournent à la villa des Brillants, leur fils en est le gardien.

En 1917 Rodin lègue l'ensemble de ses œuvres à l'Etat. Elles seront présentées à l'Hôtel Biron. En janvier il épouse enfin Rose après une seconde attaque et une congestion cérébrale, il perd un peu la raison, on guide sa main pour la signature. Ils souffrent du froid et du rationnement. Rose meurt en février, Rodin la rejoint en Novembre

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Je vous propose de regarder encore quelques sculptures ....

1) Rodin - Femme accroupie 1906-1908 - Fonte au sable 2) l'Homme qui marche bronze 19071) Rodin - Femme accroupie 1906-1908 - Fonte au sable 2) l'Homme qui marche bronze 1907

1) Rodin - Femme accroupie 1906-1908 - Fonte au sable 2) l'Homme qui marche bronze 1907

Rodin - Mouvements de danse 1911 - plâtreRodin - Mouvements de danse 1911 - plâtreRodin - Mouvements de danse 1911 - plâtre

Rodin - Mouvements de danse 1911 - plâtre

Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016
Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016
Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016Musée RODIN - Réouverture - février 2016
  Rodin - Le baiser  Rodin - Le baiser

Rodin - Le baiser

Rodin - L'Orpheline alsacienne - vers 1180 - Buste en marbre taillé par Henri Tréhard - Assistant

Rodin - L'Orpheline alsacienne - vers 1180 - Buste en marbre taillé par Henri Tréhard - Assistant

L'atelier de Meudon, que j'avais visité l'été dernier, est impressionnant sans doute, mais l'ensemble est un peu froid. Auguste Rodin et Rose ont été inhumés dans le jardin près du Penseur.

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Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain
Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain

Photos (sauf "La Porte de l'enfer en bronze" et "L'homme au nez cassé") M.Pellevillain

Musée RODIN - Réouverture - février 2016
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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

Dans la cour du Musée du Louvre, tout autour de la pyramide, des petites fourmis s'agitent. Elles ne semblent pas très nombreuses, mais lorsque l'on pénètre dans la fourmilière elles s'entassent dans un bourdonnement assez infernal. Pour les éviter il suffit d'emprunter les escalators et d'atteindre le deuxième étage. Là règne le calme et la sérénité, et l'on découvre les salles, réaménagées il y a quelque temps, où les œuvres sont mises en valeur par les murs peints de différentes couleurs tendres.

photos MP - cliquez dessus pour les agrandir
 Musée du Louvre - 9 sept. 2015 Musée du Louvre - 9 sept. 2015 Musée du Louvre - 9 sept. 2015
 Musée du Louvre - 9 sept. 2015

Ainsi ce 9 septembre, je parcours les salles de la peinture française , des Pays Bas et des Flandres du XIVe au XVIIe. A chacune de mes visites au Louvre je découvre ou redécouvre des peintures devant lesquelles j'étais passée peut-être trop vite. Un tableau nous interpelle selon notre état d'esprit , c'est le partage d'un moment particulier.

Je vous présente ici une dizaine de tableaux devant lesquels je me suis arrêtée longuement.

Deux tableaux de Josse LIEFERINXE, originaire du Hainaut, connu à Aix et à Marseille de 1493 à 1505 : "L' Adoration de l'enfant", et "La Visitation". Fragment de volet d'un retable de la vie de la Vierge.

peinture sur bois - 48x37cmpeinture sur bois - 48x37cm

peinture sur bois - 48x37cm

"Les trois prophètes de l'Annonciation", Isaïe, Jérémie, et Ezéchiel, peints vers 1490, dont l'auteur présumé est jean Changenet actif en Avignon de 1485 à 1493. Etonnants portraits, aux coiffes luxueuses, proches de ceux des maîtres du quattrocento. Les prophètes, têtes tournées dans des directions différentes semblent guetter quelque chose, l'inscription sur la banderole nous guide : "Un rejeton sort de la souche de Jessé, un surgeon pousse de ses racines - Isaïe XI"

Panneau fragmentaire - 61x95cm

Panneau fragmentaire - 61x95cm

Un portrait somptueux de Jean Fouquet (Vers 1415-1420 à Tours) : "Guillaume Jouvenel des Ursins", Chancelier de France.

Huile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retableHuile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retableHuile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retable

Huile sur bois de chêne - 73,2 x 96cm - Sans doute le panneau d'un retable

"La crucifixion du Parlement de Paris" (1450) de Maître Dreux Budé, avec un très beau détail, la Vierge Marie essuyant une larme et l'intéressant paysage de gauche où l'on aperçoit la Tour de Nesle, la forteresse du Louvre et l'hôtel du Petit-Bourbon. Au premier plan Saint Louis et Saint Jean Baptiste. A la droite du tableau Saint Denis et Charlemagne.

2,26  x 2,70 m2,26  x 2,70 m2,26  x 2,70 m

2,26 x 2,70 m

Je trouve plutôt comique le "portrait d'Henry IV représenté en Hercule terrassant l'hydre de Lerne", l'hydre symbolisant la ligue catholique et Henri IV devenant un héros, demi-dieu antique (peint par l'entourage de Toussaint Dubreuil vers 1600), au regard du beau portrait du "Flûtiste" de Jacob Bunel (1591) justement partenaire de Dubreuil au service d'Henry IV.

Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)

Portrait d'Henri IV (91x74cm) - Le flûtiste (46x36cm)

De la génération de Breughel, Pieter Huys se rapproche des œuvres de Jérôme Bosch avec "La tentation de Saint Antoine" 1547. Un détail frappant : la tour ronde basculée en avant qui présente une fausse perspective contrairement au reste du paysage.

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Une très pure "Sainte Madeleine ou jeune femme lisant" (Maître des demi-figures premier tiers du XVIe) Maître des demi-figures, Maître du buste des femmes est le nom donné au XIXe siècle à ce peintre anonyme des Pays Bas du XVIe siècle.

51x38cm environ - détail

51x38cm environ - détail

Je suis attirée par l'incroyable ciel rose de "La scène de bataille biblique", "La défaite de Sennachérib ?" (Gillis Van Valckenborch - 1597) . Pas si incroyable d'ailleurs ! J'ai photographié le même de ma fenêtre il y a quelques jours.

Le tableau présente une foule chatoyante organisée en des centaines de petites compositions. J'aime beaucoup, au cœur de la bataille, le bouillonnement gris formé par les éléphants. Au premier plan, la femme qui tient un enfant dans ses bras montre son étonnement à la vue des anges chassant l'armée de Sennachérib. J'avais sans aucun doute cette même expression en découvrant mon ciel rose, mais je n'ai pas vu d'anges !

1,35 x 2,70m - huile sur toile

1,35 x 2,70m - huile sur toile

de ma fenêtre

de ma fenêtre

Sennachérib était un roi Assyrien qui menaça de détruire Jérusalem en 701 avant J.C. Son attaque menée contre Juda et Jérusalem est décrite dans la Bible. Sennachérib mit fin à sa campagne lorsque l'ange du Seigneur entra dans son camp, massacrant en une nuit 185.000 soldats. Sennachérib et les survivants regagnèrent leur capitale à Ninive sur l'Euphrate.

Un très beau nocturne architectural vers 1610-1620 "Intérieur d'église - effet de nuit" de Hendrick II van Steenwyk, avec ses deux discrets personnages.

huile sur bois - 1,23 x 1,74 mhuile sur bois - 1,23 x 1,74 mhuile sur bois - 1,23 x 1,74 m

huile sur bois - 1,23 x 1,74 m

Et pour finir l'admirable "Saint Pierre repentant" de Gérard Seghers - 1624-1629 - Le coq évoquant bien évidemment le reniement de Saint Pierre (rappel de la parole du Christ, "En vérité je te le dis : cette nuit même, avant que le coq ait changé, tu m'auras renié trois fois"). On retrouve ce coq sur tous les clochers de nos églises. Il existe plusieurs significations, dont celle qui symboliserait le reniement de Saint Pierre et rappellerait aux hommes leur faiblesse.

huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copieshuile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies
huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copieshuile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies

huile sur toile - 1,45x1,09 m - composition a succès qui a connu plusieurs répliques et copies

Je souhaite que cette courte visite vous ait été agréable ! n'hésitez pas à donner votre sentiment sur cet article en laissant un commentaire.

Bien amicalement à tous mes lecteurs

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens
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Dans mon précédent article je vous décrivais la salle du Palais de Darius qui venait d'être rouverte au public. Une autre salle, "la cour du Sphinx" , a été rouverte en décembre 2014. Elle avait été fermée en 2002 pour stocker une partie des sculptures des réserves du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines qui se trouvaient dans les sous-sols. Le Louvre avait suivi les recommandations de la Préfecture de Paris qui craignait une crue centennale de la Seine.

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Au sol , la mosaïque des Saisons qui ornait  une riche villa romaine au IVe siècle, à Daphné, faubourg d'Antioche.

Au sol , la mosaïque des Saisons qui ornait une riche villa romaine au IVe siècle, à Daphné, faubourg d'Antioche.

On peut admirer à nouveau, fixées au mur , les 43 plaques, vestiges de la frise ionique du temple d'Artémis à Magnésie du Méandre, (actuelle Turquie) datées du IIe siècle avant JC. Elles représentent le combat entre les guerriers grecs menés par Héraclès et les Amazones.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015
La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Les grands chapiteaux de pilastres, décorés d'acanthes ou de griffons datent du IIe siècle avant JC, et les impressionnantes bases des colonnes ont été sculptées à l'époque impériale

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Dressée dans une embrasure, tournant le dos à l'escalier Daru, Melpomène est une des plus grandes statues du Louvre. Elle est en marbre et mesure 3,92 m. Elle date du Ier siècle avant JC-Ier siècle après . Muse de la tragédie, elle a été découverte en 1496 à Rome sur le Champ de Mars, elle était dépourvue de bras. En 1782, Giovanni Pierantoni lui ajoutera des avant-bras et le masque tragique . Quatre autres muses ont été retrouvées vers la fin du XVIe siècle. Melpomène fait sans doute partie d'un groupe de neuf muses qui décoraient le théâtre ou le portique de Pompée, premier édifice de spectacle en pierre à Rome. Melpomène est la seule a avoir conservé sa tête d'origine.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Dans une salle adjacente, on peut voir une très belle tête en marbre d'Athéna casquée datant de 470-460 av. JC. Le visage devait être rehaussée de peinture, les cils en métal, le cou s'encastrant dans le corps d'une statue. Les trous de fixation signalent l'existence d'éléments rapportés, cheveux, bijoux, cimier sur le casque.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Au mur, une métope du temple d'Olympie," Les oiseaux du lac Stymphale" 450 av. JC. Du corps d'Héraclès, seuls la tête et le bras subsistent, la reconstitution donne une effet totalement surréaliste de l'histoire représentée : les oiseaux de la forêt proche du lac de Stymphale dévoraient les fruits et les récoltes. Héraclès les attira en jouant des castagnettes de bronze que lui avait offertes Athéna. Il tua les oiseaux et les offrit à la déesse.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Et enfin, la belle statue (IIème siècle après JC, en marbre) d'Héraclès et Télèphe a quitté la salle des Caryatides pour s'installer dans ce bel espace. Est-ce une vérité historique (mythologiquement parlant) ? Héraclès a-t-il tenu Télèphe dans ses bras ? Selon le récit qui suit on peut en douter.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015
La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015
La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015
La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Héraclès et Augé

En ce temps là, Aléos était roi de Tégée, au pays d'Arcadie. Il avait épousé Néère qui lui avait donné quatre enfants : une fille Augé, et trois garçons. Un jour, l'Oracle assena à Aléos, de passage à Delphes, que les frères de Néère seraient occis par le fils de sa propre fille.

Si le sort de ses beaux frères ne le tracassait qu'à demi, il savait par contre qu'il aurait à redouter la colère de son épouse s'il n'agissait pas (on sait à quel point, dans la Grèce d'alors, les rois ont eu du mal à maintenir le calme dans leur foyer). Aléos, en outre, aimait bien sa femme.

Il revint vite à Tégée, fit de sa fille une prêtresse d'Athéna, dans le sanctuaire qu'il avait fondé, lui souligna que sa fonction lui imposait la plus stricte chasteté, que sa vie en ce monde en dépendait.

C'était une très bonne solution ...

Un peu plus tard, Héraclès, toujours sur les routes, passa à Tégée. On ne sait s'il partait combattre Augias qui lui devait encore le salaire promis pour le nettoyage de ses écuries, ou bien s'il rentrait à Sparte. Aléos le reçut chaleureusement. La réception eût lieu dans le temple d'Athéna. Augé était présente, pure et chaste dans ses voiles. Vous connaissez Héraclès : très vite il repéra la jeune vierge, avec le vin, vint l'appétit coupable. Certains affirment que, pris de boisson, Héraclès viola purement et simplement Augé, d'autres relèvent que le sacrifice ayant eu lieu hors du sanctuaire, près d'une fontaine, il y aurait eu rendez-vous.

Le lendemain Héraclès poursuivit sa route.... et alla faire un enfant à Parthénope. Six mois passèrent. La famine et la peste s'étaient abattues sur Tégée ; Aléos s'interrogeait. La pythie assura qu'un crime avait été commis dans le temple d'Athéna. Le Déesse se vengeait. Le roi alla voir et constata que les rondeurs de sa fille étaient un aveu. Aléos le prit très mal : le flot des pleurs d'Augé, sa déclaration d'être une victime injustement chargée des crimes d'un violeur ivre ne calmèrent pas le Roi.

Il traina la malheureuse sur la place du marché pour la tuer. Là devant la foule, gêné, il recula et préféra charger son ami, le roi Nauplios, grand navigateur au passé trouble, de la noyer.

Sur le chemin de Nauplie, Augé mit au monde un fils qu'elle cacha dans un fourré. Nauplios n'avait aucune raison de noyer Augé, donc perdre l'argent que lui vaudrait la vente de cette très belle princesse. Elle fût achetée finalement par Teuthras, en Mysie (Asie Mineure).

Le bébé restait dans son fourré, sur le mont Parthénios. Un lièvre l'allaita un temps (il est dit parfois que c'est une biche, comme représenté sur la statue) avant que les bergers le découvrent, l'appellent Télèphe et le conduisent à leur maître le roi Corithos.

Quant Télèphe fût grand, voulant savoir de qui il était le fils, il alla interroger l'Oracle de Delphes qui l'envoya en Mysie chez le roi Teuthras. Il avait bien sur tué auparavant ses deux oncles (à la parole d'Apollon, on ne saurait échapper).

Sur les retrouvailles de la mère et du fils, les versions sont diverses ; la plus théâtrale et par là la plus vraisemblable est la suivante :

Quant Télèphe survint, Teuthras était aux prises avec un Argonaute, Idas, qui voulait s'emparer du trône. Teuthras promit à Télèphe Augé, qu'il avait adoptée, s'il le tirait des griffes d'Idas. Bien sur, en une seule bataille Teuthras était sauvé. Les futurs époux furent présentés l'un à l'autre. Télèphe ne reconnut pas sa mère dans sa ravissante fiancée, car c'était elle ! Augé ne reconnut pas son fils (sa ressemblance à son père était pourtant prodigieuse). Vint la noce, les célébrations et, dans la chambre le "tête à tête".

Fidèle au souvenir d'Héraclès (elle n'avait cessé de l'aimer !) Augé s'était munie d'une épée pour protéger sa semi-virginité. Elle serait allée jusqu'au meurtre si les dieux n'avaient délégué un serpent pour les séparer et qu'ils puissent crier, l'une - ô mon fils !, l'autre - ô ma mère ! et tomber dans les bras l'un de l'autre !

Heureux ils quittèrent vite la Mysie et retrouvèrent leur Arcadie chérie.

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Salle du Sphinx - Pavillon Denon - Musée du Louvre Paris

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PHOTOS MP

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L’archer, les deux mains serrées sur la hampe de sa lance pointée vers le haut, le pommeau reposant sur son pied, attend l'ordre de se mettre en marche. Son visage de profil est bruni par le soleil, sa barbe est frisée en petites boucles serrées. Une corde est roulée en torsade sur ses cheveux (bandeau encore porté aujourd’hui dans certains pays arabes pour maintenir le carré de tissu placé sur la tête). Sa seconde arme est un grand arc : la corde est passée dans son bras gauche, la courbure de la branche s’élève au dessus de sa tête. Les liens du carquois qu’il porte sur le dos retombent vers le sol. Sa longue tunique descend jusqu’aux chevilles , elle a de larges manches dégageant ses poignets ornés de bracelets sans doute en or. Des boucles d'oreilles, également jaunes, complètent la parure.

Si cette œuvre était une pièce unique, nous serions fascinés par sa constitution en briques moulées dans une pate siliceuse, par la belle harmonie de glaçures vertes, brunes, blanches et jaunes. Ce bas relief n’est pas épais, pas plus de 5 mm, mais avec le recul il semble plus important. Le fond est d’un bleu changeant selon le degré de cuisson qu’a subi la brique.

Ce qui devient plus extraordinaire, c’est que cet archer au regard fixe, immobile et rigide sur le panneau de 2m de haut, n’est pas unique mais a été multiplié à l’identique de nombreuses fois avec seulement deux variantes : le sens de la marche et les motifs de la tunique qui alternent soit des petites rosaces bleues sur un fond jaune, soit de petites maquettes de forteresses sur un fond blanc.

La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

Il y a 2500 ans, défilant les uns derrière les autres, ces archers formaient une frise se déroulant sur des centaines de mètres. Elle était sans doute installée, de façon assez élevée, sur une grande partie des façades extérieures du palais de Darius Ier à Suse. Elle encadrait la porte d'entrée. Des motifs polychromes géométriques ou floraux cernaient les frises et les panneaux, ornaient les escaliers, les montants de portes ou de fenêtres. La frise représentait-elle les « Immortels » garde d’élite du roi composée de 10000 hommes, ou bien l'image idéale de l'homme perse, soutien de l'empire ?

Ornement des escaliers

Ornement des escaliers

Au musée du Louvre, la salle dédiée au Palais de Darius était fermée depuis trois ans en raison de la construction de nouveaux escaliers devant desservir le pavillon Marengo.

Elle vient de rouvrir et je retrouve avec bonheur les nombreux panneaux reconstitués de « la frise des archers ».

La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

Darius Ier (522-486 av. JC) était roi de l’Empire perse achéménide dont la capitale était Suse. C’était un grand conquérant, son Empire s’étendait de la vallée du Nil à celle de l’Indus (il était aussi Pharaon d’Egypte) et un grand bâtisseur. Il fit élever, dès le début de son règne, le Palais de Suse, en porphyre et en bois de cèdre (défi à la nature dans un pays qui ne possédait ni arbres ni carrières), sur une terrasse artificielle de 12 hectares. Le palais comportait une salle d’audience royale nommé « Apadana » dont le plafond était supporté par des colonnes de près de vingt mètres couronnées d’un chapiteau avec pour élément décoratif deux bustes de taureaux.

Darius Ier a également fait construire le Palais de Persépolis.

Cliquez pour agrandir les photos

Colonnes couronnées de bustes de taureauxColonnes couronnées de bustes de taureaux

Colonnes couronnées de bustes de taureaux

Plan du Palais de Darius - Photo du site de Suse, avec au fond le Chateau de Jacques de Morgan (photos web)Plan du Palais de Darius - Photo du site de Suse, avec au fond le Chateau de Jacques de Morgan (photos web)

Plan du Palais de Darius - Photo du site de Suse, avec au fond le Chateau de Jacques de Morgan (photos web)

Sur le Palais de Darius, détruit par un incendie, Artaxerxés construisit un nouveau palais en laissant sur place les matériaux ruinés qui se retrouvèrent dans les fondations. A la fin du XIXe siècle, des fouilles sont entreprises. Le Britannique W.K. Loftus repère les grandes lignes de l’Apadana. En 1884/1885, Marcel Dieulafoy et sa femme reprennent l’exploration. Ils découvrent de nombreuses briques qui permettent de reconstituer deux panneaux représentant des archers. Puis des éléments innombrables sont récupérés dans l’Apadana. A partir de 1908 Les fouilles sont poursuivies par Roland de Mecquenem et Jacques de Morgan. Le musée du Louvre recueille des milliers de briques plus ou moins complètes. Il s’en suit un travail long et laborieux pour reconstituer un archer : il faut trier les briques, les répertorier, repérer les emplacements sur des patrons, combler les manques. Les archers remontés comportent entre 56 et 64 % de parties originales, les glaçures des éléments restaurés sont volontairement d'un ton plus clair . Aujourd’hui, les fonds de briques restant dans la réserve ne permettent plus d’envisager la réalisation d'autres panneaux.

La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

Dans la salle de Darius, outre la « frise des archers », on peut admirer la « frise des lions » et celle des « griffons », ainsi que de la vaisselle et des objets précieux. L' anse de vase en forme de bouquetin ailé (en argent partiellement doré) dont les pattes reposent sur un masque de Silène, nous permet d'imaginer le faste de la cour de Suse.

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La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015
La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015
La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015
La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015
La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015
La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

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La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015
La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

Musée du Louvre - Antiquités orientales - Salle Sully

Décor du Palais de Darius Ier - Site archéologique de Suse en Iran

Statue de Darius Ier - Musée de Téhéran - (photo web)

Statue de Darius Ier - Musée de Téhéran - (photo web)

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En cette merveilleuse matinée d'automne, marcher sur le chemin qui longe la voie du petit train allant de la porte Maillot au Jardin d'acclimatation est une agréable promenade. Je me rends à la limite du Bois de Boulogne où vient d'être inaugurée la Fondation Vuitton. L'architecture est signée Frank Gehry, californien de 85 ans, à qui l'on doit le musée Guggenheim de Bilbao.

Quelques pas dans l'avenue Mahatma Gandhi et je vois apparaître une étrange proue de navire. J'emprunte l'entrée du Jardin qui précède celle du musée, la proue se reflète dans un bassin qui descend en cascade. Je m'éloigne du bâtiment pour en admirer toute la dimension, l'architecture est étonnante, je ressens la même émotion qu'à l'approche du musée de Bilbao.

Photos MP - cliquez dessus pour les agrandir

Avec ses douze voiles de verre au vent, ce vaisseau est une prouesse technologique qui a sollicité les recherches de plus de deux cents ingénieurs et la dépose de trente brevets d'innovation. Un four spécifique a été créé pour mouler les panneaux uniques de la verrière de 13.500m2. Sous les voiles se trouvent les coques d'acier des onze salles d'exposition, dont l'ensemble appelé "iceberg" est recouvert d'un béton blanc à la texture douce. Le tout repose sur une dalle de deux cents mètres de long et de trois mètres d'épaisseur, coulé à vingt mètres au dessous du sol. Le faîte du bâtiment atteint quarante mètres. Sous la voilure qui diffuse une lumière douce, s'échelonne différentes terrasses d'où l'on découvre le Bois de Boulogne, le Jardin d'acclimatation, la Défense... C'est un lieu magique.

Il y a évidemment de nombreuses critiques sur la politique de mécénat, le coût des travaux et leur incidence sur le budget de l'état, les avantages fiscaux, le prix d'entrée, l'architecture qui parfois déplait etc..

Oublions un instant tout cela, entrer dans ce vaisseau c'est faire la plus belle des croisières.

Fondation Louis Vuitton - Paris -
Fondation Louis Vuitton - Paris -
Fondation Louis Vuitton - Paris -
Fondation Louis Vuitton - Paris -
Fondation Louis Vuitton - Paris -
Fondation Louis Vuitton - Paris -
Fondation Louis Vuitton - Paris -
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Fondation Louis Vuitton - Paris -
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Fondation Louis Vuitton - Paris -

Quelques œuvres : le parcours de jeux de reflets autour du bassin d'Olafur Eliasson, le rideau de scène multicolore d'Ellsworth Kelly dans l'auditorium.Pierre Huygue et son voyage mystique en Antarctique, un tableau de la salle Richter

Fondation Louis Vuitton - Paris -  Fondation Louis Vuitton - Paris -
Fondation Louis Vuitton - Paris -  Fondation Louis Vuitton - Paris -

FONDATION LOUIS VUITTON

8 avenue du Mahatma Gandhi

Bois de Boulogne - 75116 PARIS

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LE LOUVRE DES SABLES - ABU DHABI
Pour réaliser le projet colossal d'un musée de 8.000m2 d'exposition, les Emirats arabes unis se sont adressés à la France. "Le Louvre des sables" imaginé par Jean Nouvel sera le premier grand musée universel du moyen orient. Il est en cours de construction sur l'Ile de Saadiyat et doit ouvrir ses portes en 2015.
Le nom"Louvre" a été cédé par la France à l'émirat pour une période de 30 ans en contrepartie d'une somme d'un milliard d'euros. La France prêtera également durant une dizaine d'années des oeuvres issues du musée du Louvre, mais aussi d'autres musées nationaux, en attendant qu'Abu Dhabi constitue sa propre collection. Lors de son ouverture, le Louvre d'Abu Dhabi sera riche de 900 oeuvres dont 300 prêtées par les musées français (cet accord a fait l'objet de nombreuses polémiques).
L'exposition "Naissance d'un musée" présente cent soixante des plus beaux chefs-d'oeuvres déjà acquis par le musée émirien, dans un parcours chronologique qui nous fait voyager des années 3000 avant JC jusqu'au début du XXe siècle.
Je n'irai jamais à Abu Dhabi. Cette découverte d'une partie des richesses du futur Louvre des sables, ainsi que du projet architectural de Jean Nouvel, a été un enchantement.
 

MAQUETTES DU MUSEE -   

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Construction en cours
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 Quelques-unes des merveilles ...

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Princesse de Bactriana, Asie centrale, fin du IIe millénaire avant JC.
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 Bracelet aux figures de lions , or, Iran VIIe siècle av. JC
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Bodhisattva debout , Pakistan, IIe IIIe siècle
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Fibule aquiliforme de Domagnano (or et grenats), Italie, seconde moitié du Ve siècle
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Vierge à l'enfant - Giovanni Bellini - Italie vers 1480-1485
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Christ montrant ses plaies - Allemagne, Bavière ou AUtriche - 1515-1520
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Les pugilistes Creugas et Damoxène - Antonio Canova - XVIII siècle
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Edouard Manet - Le bohémien - 1861/1862
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Paul Gauguin - Les enfants luttant 1888
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Et j'ai retrouvé Gustave Caillebotte que j'avais suivi à Yerres il y a quelques jours
La partie de besigue - 1881
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Pour terminer l'exposition :
Picasso - Portrait d'une dame - Papier collé et gouache 1928 - à côté Magritte "Le lecteur subjugué" 1928
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et aussi Yves Klein et Twombly.
Toutes les photos de cet article sont issues d'Internet.

Très beau film produit par le Musée du Louvre
LOUVRE ABU DHABI - PAYSAGES - cliquez : link

Exposition jusqu'au 28 Juillet 2014 - Musée du Louvre Paris.

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Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) est connu pour ses nombreuses restaurations de monuments dont quelques-unes des plus célèbres : Notre-Dame de Paris et la Sainte Chapelle, la cité de Carcassonne (Aude), le château de Pierrefonds (Oise). Il l'est moins comme initiateur en 1855 de l'ambitieux projet de présenter au public les trésors de l'art sculptural et monumental français du Moyen-âge au XIXe siècle sous forme de moulages à l'échelle 1.    

Statue d'Eugène Viollet-le-Duc en haut de Notre-Dame de Paris
- photo Web
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Les premiers moulages monumentaux sont réalisés en 1879 et le Musée de Sculpture Comparée ouvre ses portes en 1882 au Palais du Trocadéro (construit pour l'exposition universelle de 1878).       
photo web
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En 1937, le Palais du Trocadéro est détruit. De nouveaux bâtiments sont édifiés pour l'exposition universelle : c'est l'actuel Palais de Chaillot. Parallèlement le Musée de la Sculpture Comparée devient le Musée des Monuments Français avec la création d'une "galerie des peintures murales", initiée par Paul Deschamps (Conservateur du musée). La nouvelle galerie présente au public des copies grandeur réelle des fresques les plus représentatives de l'art mural.

Le Palais de Chaillot vu de l'esplanade du Champ de Mars. le Musée des Monuments Français est à droite. photo Web
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Les deux galeries occupent, à partir de 1945, l'aile gauche du Palais de Chaillot qu'elles partagent avec le Théâtre du même nom. En 1995 le Musée des Monuments Français ferme ses portes. Après dix ans de travaux le nouveau musée est inauguré  en septembre 2007.
Une "galerie d'architecture moderne et contemporaine" (de 1850 à nos jours) est venue s'ajouter aux deux collections du Musée des Monuments Français. Elle présente des maquettes, dessins, documents numériques, photographies, etc. Ces trois département forment la Cité de l'Architecture et du Patrimoine.
La Cité accueille des expositions temporaires :  actuellement "1925, quand l'art déco séduit le monde" . Je me proposais d'aller la voir, je ne pensais pas trouver autant de monde. Renonçant à la file d'attente j'ai opté pour "revoir" le Musée des Monuments Français.
C'est toujours un grand plaisir d'aller en quelques pas d'Autun à Vézelay, de Reims à Bourges, de Poitiers à Strasbourg, de voyager du XIIe au XVIIIe siècle à la rencontre des portails de cathédrales, des statues, des chapiteaux,  des piliers et gargouilles.
Il est évident que ces moulages de plâtre manquent un peu d'âme : on ne perçoit pas le grain de la pierre ou le satiné du marbre. L'apparence des oeuvres originales est donnée par une patine constituée d'argile, d'un liant et d'un pigment. Après un estampage à la terre, l'oeuvre étant protégée par du talc ou de la graisse,  les moulages sont faits par morceaux, joints au dos et fixés sur une structure portante avec de la filasse et du bois. Le moulage est ensuite retravaillé en façade pour masquer les raccords. Mais l'ensemble est tout de même impressionnant et a l'avantage de nous montrer de près ce qui n'est pas toujours à portée du regard.
L'accès aux peintures murales est mal indiqué : il faut monter au premier étage, traverser la galerie d'architecture moderne (de là la vue sur Paris et la Tour Eiffel est superbe), puis repérer le passage qui mène à la collection, et c'est alors quasiment en solitaire que l'on peut admirer les 400 copies planes ou en volumes (voutes, colonnes, chapiteaux). Là aussi c'est une promenade à travers la France et les siècles (du XIe au XVIe).
Pour terminer la visite ne pas omettre d'aller à la bibliothèque où se trouve l'une des pièces maîtresses de la collection : la reproduction à l'identique de la peinture murale de la voûte de l'Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe.

Nota - Photo MP lorsqu'il  n'y a pas l'indication "photo web"

Vu sur Paris de l'intérieur du Musée - 
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GALERIE DES MOULAGES  -
   
MOISSAC (Tarn et Garonne) Portail de l'Eglise Abbatiale Saint Pierre - 1120-1130 -
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AUTUN (Saone et Loire) - Tympan du portail de la façade occidentale de la Cathédrale Saint-Lazare 
Le jugement dernier - vers 1125-1135 
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Saint-Michel, face aux démons, pèse les âmes des Damnés
03
Les Elus sont accueillis par Saint-Pierre
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Linteau du portail latéral - La tentation d'Eve. Le corps d'Eve rare exemple d'un nu à
l'époque médiévale épouse le cadre du support.
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VEZELAY (Yonne) Basilique Sainte-Marie-Madeleine - Portail central du narthex de la façade occidentale - 1125-1130
La Basilique a été sauvée de la ruine grâce à l'action de Prosper Mérimée et d'Eugène Viollet-le-Duc. Ce chantier engagé dès 1840 compte parmi les premiers travaux de l'architecte.
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CLUNY (Saône et Loire) Eglise Abbatiale Saint-Pierre-Saint-Pol - fin XIe - un chapiteau de la nef - le sacrifice d'Isaac
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REIMS (Marne)  Cathédrale Notre-Dame - Revers du portail central de la façade occidentale - La communion des chevaliers 1250-1260
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POITIERS (Vienne) Palais de Justice - Cheminée - Jeanne de Boulogne -1326-1360   
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SAINT MIHIEL - Meuse - Eglise Saint-Etienne 1554-1564 - Enfeu bas côté sud. La mise au tombeau. Les personnage sont plus grands que nature.
14

BOURGES  (Cher)  - Hôtel Jacques Coeur - 1443 - 1451 - Allège des fenêtres sur la façade sur cour        
15-bis

15-ter

BOURG EN BRESSE (Ain) Monastère de Brou - Sibyle Agrippa du tombeau de Philibert II le Beau, Duc de Savoie. Choeur de
l'église 1480 -1503
16-copie-1.jpg
   
    
16bis


17

PARIS - Fontaine des Innocents - Nymphes 1547
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19

PARIS - Arc de Triomphe Place de l'Etoile 1806 - 1836 - Tête de la Renommée dite la "Marseillaise" exécuté par François Rude, c'est l'épouse du sculpteur qui aurait posé.
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GALERIE DES PEINTURES MURALES

ROCAMADOUR (Lot) Chapelle Saint-Michel semi troglodytique XIIe

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24bis

CRESSAC (Charente) Chapelle des templiers - mur nord - Chevalier poursuivant un cavalier - fin XIIe
25ter
   
25bis

CAHORS (lot) Cathédrale Saint-Etienne - 1080 - 1135 - Coupole - photo Web
La copie des fresques est présentée à 14 m du sol alors que dans la réalité la coupole est à 30 m, le diamètre est conservé.

Cite de l architecture et du patrimoine coupole cathedrale

TAVANT (Indre et Loire) Chapelle Saint Nicolas - crypte - fin XIe   
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KERNASCLEDEN (Morbihan) Eglise Notre-Dame - voute 1420 1464 - photo web
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SAINT-SAVIN-SUR-GARTEMPE (Vienne) - Abbaye Xe- La reproduction à l'identique de la peinture de la voute dans la
bibliothèque est l'une des pièces maîtresses du musée.
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Voute de Saint Savin  réelle - hauteur 13 à 16 mètres -  photo web
Saint-Savin_nef.jpg

CITE DE L'ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE
Musée des Monuments Français

Entrée Principale Pavillon de Tête
1 place du Trocadéro
75016 PARIS
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Paris recèle bon nombre d'hôtels particuliers, de maisons, ateliers d'artistes bien souvent ravissants, chaque fois attachants. Le charme particulier de ceux que nous pouvons découvrir, car devenus musées, ne peut nous laisser indifférents.
Au numéro 16 de la rue Chaptal, dans la pente qui monte vers Montmartre, un géant feuillu garde le passage qui mène au musée de la Vie Romantique. Après quelques pas dans l'ombre, apparaît en pleine lumière, une petite maison aux volets vert tendre, ancienne demeure du peintre Ary Scheffer.

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photo MP
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Photo MP
Face à la maison, de chaque côté de la cour pavée, les deux ateliers du peintre. Celui de gauche où œuvrait Scheffer faisait office de Salon : il y recevait, chaque vendredi l'élite artistique et littéraire  (George Sand, Chopin, Delacroix, Rossini, Dickens..) Dans celui de droite travaillaient ses assistants et élèves, et son frère Henry également peintre.

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photo MP
Ary Scheffer est né a Dordrecht (Hollande) en 1795 , il arrive à Paris en 1811 et travaille dans l'atelier de Pierre-Narcisse Guérin. Son départ de l'atelier de Guérin coïncide avec le début du mouvement romantique.
Scheffer devient le professeur de dessin de la princesse Marie d'Orléans, fille du roi Louis-Philippe, elle-même sculpteur de talent. Avec l'instauration de la Seconde République, en 1848, sa faveur tombera bien évidemment.
Scheffer sera naturalisé français en 1850. Il meurt le 15 Juin 1858 dans son atelier d'Argenteuil où il s'était installé un mois auparavant.
La demeure de la rue Chaptal restera dans la famille Scheffer-Renan jusqu'en 1982, date à laquelle elle sera léguée à l'Etat pour qu'y soit ouvert un musée. En 1987, il deviendra après rénovation, l'actuel  musée de la Vie Romantique. Ary Scheffer n'est pas ce que l'on nomme arbitrairement un grand peintre, mais il fut un portraitiste accompli. Inspiré par Byron et Goethe, il peignit une longue série de sujets en vogue à l'époque. Sa meilleure œuvre est accrochée au Louvre :  "Les ombres de Francesca de Rimini et de Paulo Malatesta apparaissent à Dante et  à Virgile".

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Dans cette charmante maison on peut voir, entre autres, les portraits de"Marie d'Orléans", "la reine Marie-Amélie en deuil", et  "Sophie Marin" son épouse. Elle abrite également un important fond d'œuvres provenant de la propriété de George Sand.
Marie d'Orléans
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La reine Marie Amélie en deuil

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Sophie Marin

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J'ignorais totalement le talent de peintre de George  Sand, j'ai été séduite par les  "dendrites" que l'on peut admirer dans le "petit salon bleu" .

La dendrite est une variante de l'aquarelle. Une fois la couleur déposée au pinceau sur le papier on presse un bristol ou une vitre pour obtenir une tache aléatoire qui fait surgir des formes végétales ou minérales. On complète ensuite les formes suggérées par le hasard au gré de l'imagination.

Les dendrites de George  Sand sont remarquables, on y retrouve  en petit format le romantisme de Caspar Friedrich, 

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Le musée de la Vie Romantique est un agréable but de promenade  un jour de beau temps. Un salon de thé est installé dans le jardin.

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L'exposition "Des fleurs en hiver" que présente le Musée Delacroix n'est pas incontournable, mais revoir la petite place Fürstenberg et la maison de Delacroix est toujours un grand plaisir.

Delacroix, membre du Conseil Municipal de Paris en 1851, ne s'installera qu'en décembre 1857 place Fürstenberg pour se rapprocher de l'Eglise Saint Sulpice dans laquelle il exécute la peinture murale "La lutte de Jacob avec l'Ange".

Delacroix était très présent dans la capitale, il y a occupé successivement dix logements et six ateliers avant d'acquérir la maison du 6 rue Fürstenberg, charmé par la cour intérieure qui lui permettait d'avoir un jardin. Il n'y faisait pourtant que de brefs séjours ; en raison de ses problèmes de santé il était plus souvent à  Champrosay, petit village lié à Draveil, où il loua d'abord quelques pièces dans la ferme de l'Hotel-Dieu, puis un pavillon en 1852.  

Les bouquets de fleurs sont étrangers au reste de son oeuvre. Il en présentera cinq au salon de 1849. Il perpétue la grande tradition de l'art de la nature morte qui prospéra aux XVIIe et XVIIIe siècles surtout aux Pays-bas et en Hollande. Les fleurs y jouent un grand rôle dans des compositions denses, mêlant les espèces sans tenir compte des périodes de floraisons. Ces bouquets fabuleux étaient exécutés par des spécialistes du genre, ou  comme Delacroix, par des peintres pour lesquels cette expression ne représentait qu'une petite partie de leur oeuvre. La France avait également ses spécialistes (voir quelques oeuvres ci-dessous). Après Delacroix et jusqu'à nos jours d'autres peintres donneront aux fleurs la possibilité d'une vie permanente en les fixant sur la toile.

La visite "Des fleurs en hiver" avec les quelques tableaux de Delacroix nous laisse un peu sur notre faim, les sculptures de Jean Michel Othoniel (dont la démarche est de réenchanter le monde) et celles de Johan Creten
 ne nous apportent personnellement qu'une faible consolation.

Jean Michel Othoniel a réalisé le "kiosque des noctambules", installation inaugurée en 2000 ayant fonction de bouche de métro à la Station Palais Royal (il a remporté le concours organisé par la RATP pour le centenaire du métro) et a exposé récemment au Centre Pompidou ses immenses colliers en verre de Murano. J'ai aimé une autre facette de son travail découverte au Musée : un herbier composé de photos et  textes sur un fond récurrent  rehaussé de couleurs de façon différente pour chaque planche. 

Cette exposition temporaire se termine le 18 Mars.

Eugène Delacroix est né en 1798 à Charenton-Saint Maurice, il est mort en 1863 à Champrosay. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.

La place Fürstenberg

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L'atelier
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Le jardin
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Les bouquets de Delacroix
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Delacroix

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Bouquets du XVIIe et XVIIIe
Nicolas Baudesson (1611-1666)  huile sur toile  
Membre d'une illustre famille de peintres de natures mortes
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Jean Michel Picart (1600 Anvers - 1682 Paris) huile sur toile 39,5x32 cm
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Michel Bruno Bellengé (1726-1793) célèbre pour ses contemporains
malgré les critiques de Diderot. huile sur toile 33x27cm
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Anne Vallayer-Coster (1744-1888) Très célèbre au XVIIIe. premier tableau
de fleurs en 1772. Diderot ne tarira pas d'éloges sur elle.
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La station de métro Palais-Royal - installation de JM Othoniel (dont je regrette
un peu la permanence)
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Mon coup de coeur - l'herbier du même JM Othoniel
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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Parisiens

Sur le haut de la butte Montmartre se trouve un Musée peu connu : une minuscule entrée, un petit comptoir pour vendre les billets, une quinzaine de marches qui mènent dans un sous-sol. C'est l'Espace DALI. Le dépliant remis à l'entrée nous annonce 200 oeuvres du Maître du surréalisme.
Peu de monde, quelques touristes et une classe de petits très silencieux, assis au sol, petites mains en l'air, un doigt tendu pour répondre aux questions.
Cette visite me permet d'attendre d'avoir le courage, ou pas, d'affronter la foule et le coude à coude devant les tableaux de DALI  au Centre Pompidou.
L'espace est  très grand, murs noirs, éclairage violent. Cela ressemble un peu à une "caverne d'Ali Baba" mais DALI, artiste hors du commun n'aurait sans doute pas détesté, et on peut admirer en toute tranquillité et aussi longtemps que l'on veut un très grand nombre de gravures et lithographies originales, et ça c'est merveilleux !
Salvador DALI est né à Figueras au nord de la Catalogne le 11 mai 1904, cette année là Picasso peint "la repasseuse" et l'Architecte Antonio Gaudi édifie "la dernière cathédrale vivante", la Sagrada Familia. Pour tout Catalan le lieu qui l'a vu naître est le centre du monde, pour DALI la Catalogne est le "nez de la terre" et il en est le génie. "Chaque matin au réveil, écrit-il dans son Journal d'un génie, j'expérimente un plaisir suprême : celui d'être Salvador Dali, et je me demande émerveillé ce que va encore faire de prodigieux aujourd'hui ce Salvador Dali".
DALI peintre et sculpteur est universellement connu. Il est aussi écrivain, poète, cinéaste. On entend beaucoup moins parler de Dali graveur ; il s'est pourtant toujours intéressé à la gravure. Ses premiers cours de dessin ont eu lieu le soir chez Juan Nunez, excellent graveur, durant ses études au Collège de Figueras.
DALI a illustré de nombreux textes. Le tout premier dès 1924 (une publication de poèmes en catalan), puis les illustrations d'oeuvres littéraires des surréalistes en même temps que certains de ses propres écrits comme "La Femme visible". En 1934, il illustre la nouvelle édition des "Chants de Maldoror" temps fort de sa carrière d'illustrateur. En 1956 il réalise des lithographies pour Don Quichotte de Cervantès.
Les gravures et lithographies présentées à l'Espace Dali sont des oeuvres des années 1970, illustrations de la Bible de Jérusalem, d'Alice au pays des merveilles, Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, etc.
DALI mêle les techniques, expérimente, se renouvelle sans cesse et donne aux oeuvres littéraires qu'il illustre sa propre vision surréaliste.
Si vous souhaitez voir et entendre le Maître parlant de ses "montres molles" dont plusieurs sculptures sont présentées dans l'Espace. cliquer :  link 
                                                                                                           
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Photos MP
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Après 50 ans de surréalisme - 1974 - série de 9 gravures à l'eau forte et coloriage - 66x50cm - 
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Alice au pays des merveilles - 1969 - Série de 13 gravures et héliogravures 56x42cm
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Moïse et le monothéisme - 1975 - illustration du Livre de Freud - 10 lithographies et gravures à l'eau forte 64x50cm - gravés sur plaque d'or et imprimés sur peau de mouton
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LA BIBLE DE JERUSALEM - 1972 - 40 lithographies
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Roméo et Juliette - 1975 - série de 10 lithographies 40x34cm
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détail

Tristan et Iseult - 1970 - série de 21 gravures en couleur - 45x33cm
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Mon coup de coeur parmi les sculptures - La femme à la tête de rose
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ESPACE DALI - 11 rue Poulbot - PARIS 18ème

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