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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Articles avec #oeuvres catégorie

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Oeuvres
Apoxyomène - Musée du Louvre - 24/01/2013-2016

Après avoir parcouru les musées du monde entier en passant par le Louvre en 2013, l'Apoxyomène a retrouvé l'île de Lošinj, en Croatie, où il s'était noyé. Il trône désormais dans une salle immaculée du musée qui lui est entièrement consacré.

Apoxyomène - Musée du Louvre - 24/01/2013-2016

Je publie à nouveau son histoire. Est-il véritablement heureux dans cette salle qui ressemble à la cellule capitonnée d'un hôpital psychiatrique ? Il aurait sans doute, tout comme moi, préféré une salle ouverte sur les eaux cristallines qui l'avaient protégé durant tant de siècles.

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On m'appelle l'Apoxyomène de Croatie. J'ai quitté la Grèce vers la fin du IVè siècle avant JC à bord d'un navire à destination de l'Italie. Je devais servir de décor dans une villa, un jardin ou dans des thermes.
Je suis un lutteur, mes muscles du torse sont particulièrement développés par rapport à mes jambes. J'étais occupé à nettoyer mon corps après l'effort, en raclant (d'où mon nom apoxyomène qui vient du grec racler gratter), à l'aide d'un stigile, le mélange d'huile et de sable qui enduisait ma peau, lorsqu'une tempête a éclatée dans les eaux croates de la Mer Adriatique.
Pour délester le bateau on m'a jeté par dessus bord, la chute m'a arraché l'auriculaire gauche et j'ai laché mon stigile. J'ai coulé à 45 mètres de fond, les courants m'ont arraché les yeux. Ma peau de bronze s'est erodée lentement mais j'ai lutté (après tout c'était mon métier) pour conserver mon aspect.
On m'a retrouvé en 1996, les scientifiques m'ont accueilli avec une grande joie, je suis selon eux exceptionnel car dans la grande majorité mes milliers de compatriotes (les athlètes et parmi lesquels les apoxyomènes étaient une source d'inspiration pour les artistes) n'ont pas survécu à l'Antiquité. Ils ont été refondus pour récupérer le cuivre et l'étain afin de fabriquer armes, outils et vaisselles.
Je suis toujours aveugle, je ne sais pas où je suis, il y a beaucoup de monde autour de moi, le brouhaha d'un lieu vaste et clos ; j'entends les commentaires flatteurs, je n'ai donc pas trop changé, on me trouve beau. Ce doit être le jour.  Soudain un silence profond s'installe. Je retrouve la solitude et l'angoisse des profondeurs de la mer où je suis resté vingt quatre siècles. Ce doit être la nuit.
  

                                                                               
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Depuis 2014, Over-Blog a changé sa version. Les articles publiés auparavant ne peuvent pas être modifiés. Il est possible de rajouter du texte et des photos  mais on ne peut pas modifier le texte original ni les photos (pas de clic pour les agrandir).

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Oeuvres

Ecrire un article sur le "Radeau de la Méduse" n'est certes pas d'une grande originalité, il y en a eu tant. Pourtant, la semaine dernière, admirant une fois de plus au Louvre ce tableau, j'ai eu très envie, moi aussi, de "parler" de Géricault et de son chef d'oeuvre.
photo MP
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Jean-Louis-André-Théodore Géricault naît à Rouen le 26 septembre 1791. Son père est avocat, sa mère, fille de procureur, possède des terres et des immeubles. Cette origine aisée lui assurera plus tard une indépendance financière durable (il recevra à la mort de sa mère en 1808 et à celle de sa grand-mère en 1813 des héritages substantiels). La famille s'installe à Paris en 1795.
En 1806, Géricault entre au Lycée Louis-le-Grand mais ne dépasse pas la quatrième. Il n'a que deux passions : les chevaux et la peinture. C'est un cavalier hors pair et il excelle dans la représentation dessinée et peinte de son animal favori.
Avec la complicité de son oncle Caruel qui l'engage fictivement comme comptable, Géricault peut étudier dans l'atelier de Vernet. En 1810 il entre dans l'atelier de Guérin où Delacroix le suivra quelques années plus tard.
Autoportrait vers 1812 - photo Web
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En 1812 il obtient la Médaille d'Or au Salon pour "Officier de Chasseurs". La presse fait son éloge (vie, fierté, verve et chaleur), mais sa touche trop audacieuse est désavouée.
photo web -
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En mars 1814 Géricault s'engage dans la Garde Nationale, puis après sa dissolution, aux "Mousquetaires du Roi". Il présente au Salon "Le cuirassier blessé" et "Le chasseur de la garde". La critique ne lui consacre que quelques lignes assez sèches.
photo web
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En 1815, trois mois après les Cent-jours, il démissionne et "revient à ses pinceaux avec une nouvelle ardeur". Selon ses biographes, Géricault se serait engagé dans la 1ère Compagnie des Mousquetaires "pour fuir son état" , "par folie de jeunesse" ou "peut-être simplement pour la perspective de vivre au milieu des chevaux".
En 1816, sa participation au concours du Grand Prix de Rome ne lui apporte pas le séjour espéré de quatre ans à la Villa Médicis : il est exclu à la deuxième épreuve. Après cet échec et peut être aussi à cause du scandale provoqué par sa liaison incestueuse avec sa tante Alexandrine Caruel, jeune épouse d'un mari trop vieux, il part en Italie à ses propres frais. Il séjourne à Florence, Rome, Naples et Sienne.

En novembre 1817, rentré à Paris, il résume amèrement son séjour en Italie :"une année de tristesse et d'ennui". A Paris c'est l'agitation avec la publication le 1er Novembre du récit de Corréard et Savigny "Naufrage de la frégate Méduse" qui a un grand retentissement dans le public. L'ouvrage a été aussitôt interdit mais une traduction anglaise paraît en 1818.
Ce fait divers fascine Géricault.

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Pour aller marquer la reprise de possession du Sénégal que les traités de Paris de 1814 et de  1815 avaient accordée à la France, une flottille  française quitte, le 17 Juin 1816, l'île d'Aix pour Saint Louis. Quatre bâtiments la composent : une frégate royale, la Méduse, une corvette, l'Echo, une flute, la Loire et un brick, l'Argus.
La Méduse - gravure
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Hugues Duroy de Chaumarey, vieil émigré qui, au retour des Bourbons, vient de reprendre du service, n'a pas navigué depuis vingt ans. Il commande la Méduse, 400 personnes sont à bord.
Dès le golfe de Gascogne, la Méduse, plus rapide, devance la flottille, suivie de loin par l'Echo. Le 2 juillet un gros nuage blanc est confondu avec le Cap Blanc. En dépit des signaux de l'Echo, la Méduse fonce sur le banc d'Arquin et s'enlise à 160 km de la côte.
Toute manoeuvre apparaît vite inutile : c'est le temps des fortes marées, l'eau est à son niveau le plus élevé. Il faut maintenant sauver l'équipage et les passagers.
Le 3 on commence la construction d'un radeau de vingt mètres sur sept, la "machine". Dans la nuit du 4 au 5, la mer est grosse, sous la violence des vagues, la quille de la Méduse se brise en deux. Au matin 2m70 d'eau ont envahi la cale. C'est la panique à bord ! Equipage et passagers se ruent sur les quatre canots, sur la chaloupe et sur la yole,  17   choisissant de rester sur la Méduse. 
Plan du radeau la "machine" - photo web
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152 naufragés doivent s'entasser sur la "machine". Parmi eux 122 soldats et officiers, 30 marins ou passagers dont l'ingénieur-géographe, Alexandre Corréard, le chirurgien de marine, Jean-Baptiste Savigny et une femme. On a chargé des quarts de farines, six barriques de vin et deux petites pièces d'eau. Sous le poids des cinquante premiers embarqués, le radeau s'enfonce sous l'eau, et lorsque tous s'y retrouvent  serrés les uns contre les autres, les naufragés de l'avant et de l'arrière ont de l'eau jusqu'à la poitrine. Pour allèger un peu le radeau on jette la farine à la mer.
Le 5 juillet, le radeau s'ébranle tiré par les quatre canots associés en une file. Mais bientôt, pour éviter un choc, le deuxième largue son amarre. Deux canots remorquent encore  la machine , mais  l'officier largue l'amarre qui le relie au radeau (il sera dit que l'amarre s'est rompue).
Le radeau reste seul. La suite est terrible. La nuit, vent et tempête  emportent des naufragés. Le jour, la chaleur insupportable amène certains à se jeter à la mer. Des soldats ivres se rebellent, on se bat, on s'entretue, on abandonne aux flots malades et mourants, affamés on se nourrit de cadavre. Le 11 juillet ne restent plus à bord qu'une quinzaine de  survivants qui ont dressé un mât doté d'une tente pour se procurer un peu d'ombre. Le 17 au matin une voile apparaît à l'horizon, un homme grimpe en haut du mât et agite  des pavillons. Le brick disparaît : le désespoir est atroce. Mais quelques heures plus tard, il est là : c'est l'Argus revenu du Sénégal à leur recherche. Les quinze rescapés, presque nus, flétris et brulés par le soleil, les membres rongés par la mer, hirsutes, les yeux caves, sont hissés à bord.  Parmi eux, Savigny et Corréard, le plus écorché et malade. Ils sont le 19 à Saint Louis. Les passagers des six embarcations ont presque tous été sauvés, deux marins seulement ont survécus sur la Méduse. Cinq parmi les quinze naufragés décèderont à l'hôpital.
Durant sa traversée de retour sur l'Echo, fin juillet, Savigny écrit le récit de ce naufrage avec l'intention de le déposer au ministère de la Marine. Il le fait dès son retour à Paris. "Le journal des débats"  en publie un large extrait le 13 septembre. Comment son manuscrit est-il arrivé entre les mains d'un rédacteur ? Savigny est soupçonné. L'affaire tourne au scandale. Le gouvernement tente de l'étouffer.
Au Sénégal, le malheureux Corréard est retenu par le gouverneur qui n'a pas apprécié une traduction anglaise de l'article du journal des débats parvenue à Saint Louis.  Le Gouverneur veut faire signer à Corréard un rapport rectificatif mensonger, celui-ci refuse malgré le chantage : son retour en France dépend de sa signature. Finalement, après plusieurs refus, le Gouverneur le libérera. Corréard retrouvera Sauvigny à Paris et ils écriront ensemble le livre qui paraît le 1er novembre 1817.
Chaumarey, lui, jugé à Rochefort, est condamné à trois ans de prison. Son procès tournera au procès de la monarchie.
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Géricault conçoit l'idée d'un grand tableau pour le Salon de 1819. Il commence par dessiner en lavis bruns les moments forts du récit, sorte de plan séquence : mutinerie, carnage, cannibalisme, sauvetage, puis exécute de nombreuses études peintes. Il rencontre Corréard et Savigny qui l'aide à rassembler un dossier bourré de pièces authentiques. Il fait réaliser une maquette du radeau par l'un des naufragés.

Quelle scène choisir pour son tableau ? Géricault décide de représenter la cruauté du faux espoir, le moment ou l'Argus pointe une voile à l'horizon et va disparaître à nouveau.
Son atelier étant trop petit, il loue un second local rue du Roule, à proximité de la place des Ternes, soit à deux pas de l'hôpital Beaujon où il étudie les malades qui souffrent et se procure des cadavres. Les études achevées, la toile de sept mètres sur cinq mise au carreau, il commence son "radeau". Il s'astreint à la solitude, rase ses beaux cheveux blonds, couche dans son atelier, y prend ses repas. Il fait poser des modèles professionnels mais aussi son entourage : Théodore Lebrun, Delacroix, et Corréard et Savigny pour jouer leur propre rôle. En Juillet 1819 Géricault transfère sa toile au foyer du théätre Italien pour l'achever.
Le 25 août le tableau est accroché au Louvre. Le public est à la fois attiré et rebuté par le réalisme et l'horreur du tableau. Au sommet de la pyramide humaine, Géricault à choisi un noir pour agiter un morceau de tissu, acte militant contre l'esclavagisme colonial. La critique est plutôt hostile : l'oeuvre s'écarte des normes néo-classiques et le camaïeu de tonalité brunâtre déconcerte - pour obtenir une telle qualité de brun Géricault a abusé du "bitume de Judée" qui ne sèche jamais parfaitement et s'assombrit de plus en plus, d'où l'effet de noirceur actuel du tableau et de bien d'autres de cette époque -.
Après de nombreuses délibérations de l'Académie, Géricault obtient une médaille d'or et sa première commande d'état : La Vierge du Sacré-Coeur, dont il se déchargera plus tard sur Vernet.

En juin 1820, Géricault part à Londres et entre en contact avec James William Bullock, directeur de l'Egyptian Hall avec lequel il signe un contrat pour exposer son "radeau". L'inauguration a lieu le 10 juin en présence d'une foule nombreuse. Le 12 l'exposition est ouverte au public, le prix d'entrée est fixé à un shilling. Le succès est immense et Géricault reçoit pour sa part 17.000 fr. En mars 1824 le tableau sera exposé à Dublin mais ce sera un échec malgré le prix d'entrée abaissé à 20 pence.
En Angleterre Géricault découvre Constable et Turner mais aussi les courses de chevaux. Il exécute une grande série d'oeuvres équestres, dont le Derby d'Epsom.
photo web - Le Derby d'Epsom
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Revenu d'Angleterre en mauvaise santé, Géricault fait plusieurs chutes de cheval. En février 1823 il est contraint de s'aliter, il souffre atrocement d'une tumeur qui s'est formée près des vertèbres. Il ne quittera plus son lit.
Le 10 décembre 1823, Delacroix écrit dans son journal : "il y a quelques jours, j'ai été chez Géricault. Quelle triste soirée ! il est mourant : sa maigreur est affreuse ; ses cuisses sont grosses comme mes bras. Je fais des voeux bien sincères pour qu'il vive, mais je n'espère plus".

Ary Scheffer - La mort de Géricault - 1824 - Musée du Louvre - photo web

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Théodore Géricault décède le 26 janvier 1824. Il n'a que 32 ans, sa carrière aura duré moins de quinze ans. Qu'aurait-il fait ensuite ? N'a-t-il été que "l'ébauche d'un génie" ? Sa face émaciée, moulée en plâtre, rapidement commercialisée, devient le symbole du martyre de l'artiste romantique.
photo web
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En novembre 1824, une vente après décès a lieu à l'Hötel Bullion. Grâce à l'intermédiaire du peintre Dedreux Dorcy, ami fidèle de Géricault, le Musée du Louvre achète "Le radeau de la Méduse" 6.005 fr. En 1859, le tableau devenant de plus en plus noir, le Louvre commande une copie conforme à l'échelle, à Etienne Ronjat et Pierre Désiré Guillement, celle-ci se trouve au Musée de Picardie à Amiens.

LE RADEAU DE LA MEDUSE

 
Etudes - photos web
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Etude pour les portraits de Corréard et Savigny
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huile sur bois - 50x70cm - 1ère esquisse - musée du Louvre
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Deuxième esquisse - 65x83cm - Musée du Louvre
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LE TABLEAU - photo  web
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Détails - photo mp
C'est Delacroix qui a posé pour le personnage couché le visage contre le radeau
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Bibliographie
Alexandre Corréard et Jean Baptiste Savigny - Le naufrage de la Méduse - folio poche
La vérité sur le naufrage de la Méduse - Anglas de Praviel
Gericault - catalogue de l'exposition au Grand Palais 1991 1992
Géricault - l'Invention du réel - Gallimard
Tout l'oeuvre peint de Géricault - Flammarion
Divers sites Internet

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Publié dans : #Oeuvres

Bacchus a été un sujet d'inspiration pour de nombreux peintres et sculpteurs. Il est le plus souvent représenté jeune (puisque comme Apollon sa jeunesse est éternelle) couronné de pampre, de lierre ou de figuier et tenant à la main un thyrse entouré de feuillage et de bandelettes, une grappe de raisin ou une corne en forme de coupe. Dieu romain de la Végétation et de la Vigne il est tantôt assis sur un tonneau, tantôt monté sur un char traîné par des panthères.
Certains artistes se sont intéressés à Bacchus enfant, notamment Claude Michel dit Clodion, avec un bas relief en stuc "La panthère de Bacchus défendant ses petits", réalisé en 1782 comme élément du décor de la cour d'honneur de l'hôtel Bourbon-Condé de Paris.
Ce long bas relief se trouve désormais dans la cour Puget du Musée du Louvre.
Une panthère furieuse, l'oeil noir, poursuit deux enfants "mortels" aux pieds dodus qui lui ont dérobé ses petits. Sur la droite, entouré de ses amis, petits satyres aux pieds de bouc, Bacchus couronné et tenant un thyrse à la main se précipite pour barrer le chemin aux chenapans.
Il m'est impossible de passer à proximité de cette bande d'enfants sans m'arrêter un instant pour les regarder vivre.
 
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D'autres représentations de Bacchus enfant en peinture et sculpture sont aussi touchantes :

 Bellini - Le jeune Bacchus - 1514 - National Gallery Washington (qui a un peu une allure de fille - voir l'histoire de Dionysos enfant plus bas)
bellini - Young Bacchus. 1514. Oil on wood. 48 x 3-copie-1François Boucher - Etude pour Bacchus endormi
Boucher - EnfantAugustin Dumont - Leucothoé et Bacchus - 1828 - Musée des Beaux Arts de Grenoble
11219120.bcee7424.560Silène portant Bacchus - Ie et IIe siècle - détail - Musée du Louvre
_DSC3577--1-.jpgHenri Allouard - Bacchus - copie en plâtre - Musée de Pau
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Et un "enfant Bacchus buvant" de Guido Reni - 1623 -
Musée de Dresde - Allemagne (déjà représentatif du Dieu de l'ivresse !)
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La légende de Bacchus chez les romains est calquée sur le mythe grec de Dionysos. Brièvement ci-dessous l'enfance de Dionysos :

Zeus, sous l'apparence d'un mortel vint à séduire Sémélé, fille de Cadmos (fondateur de Thèbes)
Son épouse Héra, jalouse, prit la forme de la vieille nourrice de Sémélé (suivant d'autres sources la forme d'une vieille voisine), lui fit avouer le nom de son amant. Elle la persuada de demander à son mystérieux amoureux d'apparaître sous son véritable aspect. Sémélé demanda, Zeus refusa, Sémélé lui interdit sa couche. Furieux Zeus cèda et apparut avec tonnerre et éclairs. Sémélé fut consumée. Avant qu'elle n'expire Zeus délivra l'enfant et le plaça dans sa propre cuisse (parfois c'est Hermès qui est déclaré placer l'enfant dans la cuisse). L'enfant naquit deux mois plus tard.
Il est donc deux fois né, d'où son nom Dionysos.
Hermès confia l'enfant à Ino (soeur de Sémélé) en lui ordonnant de le déguiser en fille afin qu'il échappa à la haine d'Héra. Héra survint néanmoins, frappa de folie les nourriciers (Ino et son époux Athanas).
Sur l'ordre de Zeus, Dionysos fût alors transformé en chevreau par Hermès et confié aux nymphes du Mont Hélicon. Elles l'installèrent dans une caverne, le dorlotèrent, le nourrirent de miel. C'est sur le mont Nyssa que Dionysos découvrira la vigne et inventera le vin.
Un dernier épisode confirmant la jalousie "vindicative" de l'épouse du Maître des Dieux :
pour certains : Alors que Dionysos avait pris l'aspect d'un chevreau, les Titans, envoyés par Héra, le capturent, le déchirent membre à membre puis le dévorent. Athéna parvient à sauver son coeur, Déméter (ou Apollon?) lui rend la vie.
pour d'autres : Sur l'ordre d'Héra, les Titans s'emparent du nouveau-né, petit enfant cornu, à la tête couronnée de serpents, le coupent en morceaux, le font bouillir dans un grand chaudron. Secouru (il était temps) et reconstitué par sa grand-mère Rhéa, il revient à la vie.
NOTA - Pour les romains, Zeus est Jupiter, Héra est Junon, Hermès est Mercure.
 

 

Bacchus chez les romains, contrairement à Dionysos chez les grecs, n'a pas une grande importance. Son culte, les bacchanales, est pratiqué par des initiés ; les orgies et beuveries qui accompagnent ces célébrations prennent  une  telle  ampleur  qu'elles  provoqueront  un  scandale et seront interdites  par le Sénat romain en 186 av. JC.

Beaucoup plus tard les peintres feront des bacchanales un sujet, allant même jusqu'à y faire participer des putti !

  Le Titien -  Bacchanales pour Alphonse Ier d'Este - 1518-1520 - détail
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Il y a quelques jours, en flânant au rez-de-chaussée de l'aile Sully, j'ai aperçu, isolé dans le coin d'une salle, un personnage qui m'était inconnu. Sans bras, dressé sur deux jambes gonflées d'oedème, les pieds solides, le nez retroussé, les yeux cernés de bitume, un petit sourire en coin, il me regardait fixement.
Ce jeune homme (sans attributs... mais je l'ai tout de suite appelé jeune homme) est âgé de 9000 ans. Il est né à Aïn Ghazal en Jordanie. Il est en plâtre de gypse. Il a été conçu au septième millénaire, période néolithique précéramique. Lorsqu'il a été retrouvé en 1985 dans une fosse avec une trentaine de comparses il était en mauvais état.  Il a été envoyé avec quelques autres pour traitement à Washington. Il y est resté jusqu'en 1996 aux bons soins de l'équipe de Carol Grissom à la Smithsonian Institution Conservation Analytical Laboratory. Après ce long séjour il était à nouveau debout, on avait remplacé son squelette, fait d'une armature de cordes en fibres tressées, par une armature moderne invisible. Sa peau conserve des craquelures alors qu'elle était à l'origine lisse et son crâne rugueux n'a pas retrouvé sa probable perruque.
Revenu dans son pays, le jeune homme fut confié en 1997 pour trente années renouvelables au Musée du Louvre en échange de la restauration d'un monument de Jérah. Il est le doyen des oeuvres du Musée.
Ce jeune homme, pour lequel j'ai eu un coup de coeur pour ne pas dire un coup de foudre, était une statue anthropomorphe qui avait pu avoir une fonction rituelle. Penser qu'il avait traversé des millénaires pour m'adresser un sourire a éclairé toute ma journée.

Après les images en cliquant sur LINK vous pourrez voir un film très intéressant sur la restauration à Washington de quelques uns de ses compagnons, en pied ou en buste et qui avaient quelquefois deux têtes.

Photos MP

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POUR VOIR LA VIDEO CLIQUER link

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Département des sculptures. Marie-Madeleine est là, immobile, protégée par les murs de verre ; il est impossible de passer devant elle sans être saisie par sa beauté. Impossible aussi de ne pas dialoguer avec elle, dialogue intérieur et silencieux comme le monde clos dans lequel elle se trouve enfermée.
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"D'où viens-tu Marie-Madeleine ?
Je suis née à Magdalena sur la rive occidentale du lac de Tibériade.
Il me semble que longtemps on t'a attribué des actes accomplis par d'autres femmes.
Il est vrai, on m'a dit être Marie de Béthanie, soeur de Lazare ; également la prostituée anonyme qui chez Simon le Pharisien inonde de parfums les pieds du Seigneur puis les essuie avec ses cheveux, et enfin Marie Magdalena guérie par Jésus des démons qui l'habitaient. Parfois même on ajouta une quatrième femme, Marie l'Egyptienne.
Et alors ? qui es-tu vraiment ?
Je suis unique et composite à la fois, après un long débat ma légende ne pouvait être modifiée et je suis Marie de Magdalena, image exemplaire de la pécheresse repentie et sanctifiée.
Comment es-tu arrivée en France ?
J'étais présente à la crucifixion du Christ, à la mise au tombeau, j'ai été la première à le voir après sa résurrection. Je ne me souviens plus très bien comment je suis arrivée en Provence. J'ai accosté aux Saintes-Maries-de-la-Mer avec mon frère Lazare et ma soeur Marthe. Nous avons converti à la foi chrétienne de nombreuses populations. Puis je me suis retirée du monde durant trente ans pour faire pénitence dans la grotte de La Sainte Baume. Sept fois par jour les anges me transportaient au Paradis pour me faire entendre les choeurs célestes. Je suis morte à Aix en Provence les anges m'y ont portée pour une dernière communion par l'évêque d'Aix, Maximin.
Il y a de nombreux pélerinages à La Sainte-Baume, mais aussi à Vezelay ?
La légende de Vézelay a été forgée par les moines pour expliquer la présence de reliques dans leur église. En 1037, l'abbé Geoffroy réforma l'abbaye et exposa mes reliques, des miracles se produisirent, les pèlerins affluèrent et l'église à l'origine sous l'invocation de Sainte Marie, passa sous mon patronage.
Tu es vraiment merveilleusement belle, le sculpteur qui t'a évoquée a su saisir ton expression recueillie d'extase mystique et donner à ta magnifique chevelure dorée qui se déploie sur ton corps toute la symbolique du rayonnement de ta sainteté.
On m'admire beaucoup, mais mes formes féminines non dissimulées me confèrent une image quasi profane depuis que j'ai perdu les anges sculptés qui m'accompagnaient.
Je ne trouve pas que ton image soit profane, ton visage doux et ton corps ciselés dans le tilleul et recouverts d'une polychromie originale pâle font de toi une beauté raffinée.
Avant mon repentir on me représente parée, fardée, confondue avec Vénus, on ajoute aussi à mon image un vase à parfums, un miroir de courtisane ou une tête de mort symbole de ma méditation à La Sainte Baume, mais tout compte fait je me préfère ainsi."

Dans la salle le silence retombe, lourd. Elle me fascine tant cette sculpture de Marie-Madeleine.      
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