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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Articles avec #peintres catégorie

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Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Cette fresque de 5,75 m de long et de 1,15 m de hauteur représente "Les funérailles du comte de Flandre, Charles le Bon" (1083-1127) inhumé dans l'église Saint-Christophe de Bruges. (Charles le Bon fut assassiné par les hommes de son chancelier avide de pouvoir). Elle est l'œuvre de Jan Van Beers, qui, inspiré par les textes médiévaux et les œuvres du Moyen Age, fait défiler en procession, chevaliers, ecclésiastiques, échevins, croisés (qui accompagnèrent Charles Le Bon aux croisades, on les reconnait à la croix rouge qui orne leur habit), sous le regard de la foule et devant des moines agenouillés.

Jan Van Beers est né le 27 mars 1852 à Lierre, dans le province d'Anvers. Il est le fils du poète flamand du même nom. Il suit les cours des beaux arts d'Anvers et fait scandale avec sa clique d'amis. Un de ses grands amusements est de se promener dans les rues déguisé en femme. Après un voyage à Londres, il s'installe à Paris, où, pour se faire reconnaître, il tente tous les styles et tous les sujets.

 
Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un hommeAu balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme
Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un hommeAu balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme

Au balcon - Kaiser Karl enfant - La lectrice - Portrait d'un homme

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Après un voyage à Londres, il s'installe à Paris, où, pour se faire reconnaître, il tente tous les styles et tous les sujets. A partir de 1879, il se lance dans la production de petits tableaux, des miniatures, mais d'une précision extrême (on pourrait dire hyperréalistes). Le succès est immédiat "Soir d'été" obtient au salon de 1880 les louanges des critiques. Malheureusement les louanges ne vont pas perdurer.

En 1881, à Bruxelles, il expose deux tableaux : "Lily", et "La sirène" petite œuvre de 10x15cm.

Il est attaqué par trois critiques qui l'accusent d'avoir peint le tableau sur une photographie. Van Beers propose une expertise : si l'expert confirme l'accusation il donnera aux critiques 10.000 Fr pour Lily et 20.000 Fr pour la Sirène. Dans le cas contraire les critiques devront payer. Deux critiques refusent la proposition (ils ne veulent pas prendre le risque d'abimer l'œuvre), le troisième demande à Van Beers de s'enfermer et refaire l'un des deux tableaux, ce que le peintre refuse. Quelques jours plus tard "la Sirène" est vandalisée par un inconnu, les experts acceptent alors d'examiner l'œuvre. Van Beers prend de l'assurance et porte alors l'affaire en justice.

Il perd le procès sur décision de la Cour de Bruxelles (Journal des Tribunaux 1882: 123-124): "Attendu que la responsabilité du défendeur ne peut être engagée que s'il y a faute de sa part, c'est à dire, s'il a excédé les limites d'une critique honnête et loyale. (...) Que la bonne foi du défendeur doit être admise en ce sens qu'il n'a fait qu'exprimer dans des termes un peu vifs une conviction sincère qu'il s'était formée par l'examen des tableaux en eux-mêmes, abstraction faite de la personnalité de leur auteur. (...) Attendu que l'emploi de la photographie dans la peinture est sujet à discussion; que certains critiques le considèrent comme un abaissement de l'art, indigne du véritable artiste; que d'autres, à tort ou à raison, n'y voient qu'un moyen mécanique de venir en aide à la réalisation des idées du peintre (...)."

Un exemplaire de "La sirène"

Un exemplaire de "La sirène"

Ce qui fut appelé "l'affaire Van Beers" secoua le monde de l'Art Belge et fit des remous dans toute l'Europe. Elle permit à Van Beers de devenir par ce biais et comme il l'avait toujours désiré, riche et célèbre.

Cette affaire souleva aussi le problème de l'utilisation de la photographie. Paul Delaroche, dès 1839, avait exprimé son enthousiasme pour l'invention du daguerréotype, moyen facile pour rassembler rapidement des études. Delacroix avait également ouvert la voie.

Un nouveau scandale a lieu en 1884 lors d'une exposition au Palais de l'Industrie, Van Beers lacère un tableau qu'il dit ne pas être de lui.

Albert Wolff dans "le Figaro" de 1884 raconte que Jan van Beers faisait réaliser des copies de ses tableaux par l'un ou l'autre de ses élèves, ajoutait ensuite quelques touches puis les signait. Le procédé est discutable, mais le peintre , dont le but était d'être connu, se devait de satisfaire l'exigence de clients dont le choix n'était pas souvent négociable.

Ainsi le petit tableau "la sirène", objet du scandale a dû être reproduit un certain nombre de fois. On en retrouve un exemplaire dans une vente aux enchères de 2013 à Nantes, lot 27 - estimation de 400 à 600 euros -, un autre en octobre 2015 à Tours, lot 88 signé au dos - estimation 150/200 euros. Ces petites cotes démontrent bien l'oubli dans lequel est tombé Jan Van Beers.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

"Les funérailles du Comte de Flandre" occupent pourtant une des salles du sous-sol du Petit Palais. Si l'œuvre a pu paraître singulière en 1877, elle l'est moins pour nous qui sommes au XXIe siècle habitués aux libertés artistiques.

Jan Van Beers n'était d'ailleurs pas sans talent et son jeune âge au moment où il peint ce tableau (il n'a que 25 ans) le prouve.

Il l'expose en 1877 à Anvers, Amsterdam et Paris et n'obtient pas le succès escompté. Henri Houssaye exprimant l'incompréhension du public et des critiques, ironique et acerbe, écrit cette phrase "Il n'a, comme on dit, ni queue, ni tête".

La composition n'est pas sans intérêt.En hauteur, au balcon, la foule silencieuse et recueillie est la mieux placée pour voir le cortège et c'est à travers ses regards que l'on peut imaginer la scène vue du dessus.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015

Au milieu de ce cortège, au centre de la fresque, le peintre se représente : on peut apercevoir une petite partie de sa chemise colorée qui semble fortement en décalage avec les vêtements moyenâgeux.

Pour nous, spectateurs hors du tableau, le cortège est en partie dissimulé par les moines agenouillés formant barrière. Ce sont eux qui interpellent notre premier regard. Fantômes dissimulés sous les lourds plis noirs de leurs chasubles à capuches, ils m'apparaissent comme le sujet principal du tableau, les funérailles n'étant peut-être que le prétexte pour les mettre en scène.

Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015Jan Van Beers - Petit Palais - Nov 2015
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Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En septembre 2009, une rétrospective des œuvres du peintre Fernand Pelez était organisée par le Petit Palais à Paris. Elle souleva des critiques semblables à celles exprimées pour le Salon de 1886 par le Figaro qui trouvait la "sentimentalité" déplacée et écrivait : " Pelez exhibe un enfant à ce point misérable qu'il en devient répugnant". Dans le Figaro culture du 16 Novembre 2009, Eric Biétry-Rivièrre s'indigne : " Mendiants et souffreteux abondent pour accuser, en silence ou dans un désordre carnavalesque, la IIIe république… reste que tant de morbidité et de défaitisme finit par écœurer". Guy Boyer dans Connaissance des Arts du 26 septembre 2009 pose la question : "fallait-il monter cette rétrospective ? la production de Pelez oscillant entre paupérisme et académisme, reste faible. Certes il y a dans tous ces sujets larmoyants et ces grandes machines décoratives quelques éclairs de génie….mais vu le prix d'une rétrospective, ne faut-il pas consacrer son temps et son énergie à des artistes qui en valent la peine, qui ont une vision novatrice, qui nous interpellent encore aujourd'hui ?"

Messieurs les critiques vous aviez le cœur bien sec. Comment ne pas être ému par la peinture de Pelez ? comment nier la misère de son époque et comment ne pas être encore interpellé de nos jours (la pauvreté, moins criante sans doute, plus dissimulée certainement, touche 8,5 millions de personnes, catalogués pour notre confort "défavorisés").

L'écrivain Patrick Cauvin (décédé en 2010), dans le journal d'information local "Montmartre à la une" de 2009 s'exprimait différemment : "la parole des humbles ne fait toujours pas recette… de l'autre coté de l'avenue (celle du Petit Palais) des enfants grassouillets posent dans des jardins pimpants, ici ils dorment écrasés sous des couvertures trouées… et nul ne les regarde."

Un critique au salon de 1903

Un critique au salon de 1903

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Effectivement l'exposition n'amènera pas la foule, à l'encontre de Renoir qui était, en même temps, aux cimaises du Grand Palais.

Les gueux de Pelez me bouleversent, ils sont le cri du cœur d'un homme qui répétait de façon lancinante le mot "misère". Pour Pelez comme pour tous les peintres de son temps, le Salon et les médailles avaient une grande importance. Lorsque, après cinq ans d'absence, il n'obtint pas, au Salon de 1896, le succès espéré, il participa à la "Cavalcade de la Vache enragée" en faveur des artistes malheureux de Montmartre, carnaval de la misère qui incarnait une fracture sociale face à la modernisation de Paris.

A partir de cette date Pelez quitte la vie publique, il n'expose plus, ne vend plus mais continue de peindre de grandes compositions. A des acheteurs qui le sollicite, il répond : "Je ne suis pas le tapissier des bourgeois ; un jour peut-être je peindrai la misère des riches, et ce sera terrible".

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Pelez meurt le 7 aout 1913. En décembre ses élèves organisent, dans son atelier, une rétrospective de son œuvre. Le Président Raymond Poincaré est présent. La ville de Paris décide d’acheter aux héritières de Pelez, ses sœurs, quatre peintures pour 60.000 francs (ce qui est très cher pour l'époque), toutes exposées au Salon, dont « Un martyr ou le marchand de violette », et« Sans asile » .

Seymour de Ricci, collectionneur, historien et critique d’art, s'élève contre cette acquisition onéreuse : « Hélas ! Pour tout potage, nous devons nous contenter de quatre Pelez ! Et de quels Pelez ! De la peinture de concierge sensible (…) A qui fera t’on croire que ce Pelez (de Cordova, s’il vous plait) qui s’intitule « artiste-peintre » (…) soit qualifié pour représenter aux yeux de la postérité l’art français du début du XXème siècle ».

"Sans asile" peint en 1883, est pour moi une œuvre admirable dont le thème reste malheureusement d'actualité. Cette mère et ses enfants vivent sur le trottoir avec une chaise, un poêle et quelques ustensiles de cuisine. Qui sont-ils ? des émigrés ? des sans abris ? L'espace est clos, une ébauche d'ouverture sur la gauche, ruelle ou porte, signifie que pour ces malheureux la possibilité de sortir de la misère est mince. Sur le mur une affiche "Grande fête" dénonce la fracture sociale. La lumière vibre sur le mur, sans se poser sur l'ensemble du tableau, peint en camaïeu de terres et de bruns. Seul le bonnet blanc du nouveau né en reçoit les rayons. Est-ce une lueur d'espoir pour lui, son avenir peut-il être meilleur ? Ce tableau me touche infiniment, ces enfants innocents qui dorment sont poignants. J'ai de la peine à soutenir le regard butté et triste du garçon, l'aîné sans doute, conscient d'une responsabilité car le seul à veiller, comme celui rougi et désespéré et de sa mère.

Sans Asile - 136  x 236 cm - Photos MP - Paris Petit Palais

Sans Asile - 136 x 236 cm - Photos MP - Paris Petit Palais

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015
Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Emmanuel Pelez de Cordova d'Aguilar, nait le 18 Janvier 1848 à Paris.

Les origines aristocratiques espagnoles de la famille (son grand père à épousé Romana Manuela Fernandez de Cordova d'Aguilar, patronyme qui sera repris par les générations suivantes), n'empêchent pas la pauvreté et les ressources proviennent en partie des rentes de la grand-mère maternelle.

Son père Jean Louis Raymond Pelez de Cordova d'Aguilar, peintre amateur, a été contraint de délaisser ses pinceaux pour nourrir sa famille. Il devient dans les années 1840 illustrateur sous le nom de Raymond Pelez. C'est la grande époque de l'illustration qui apporte de nouveaux débouchés aux artistes.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Pelez a quatre sœurs et un frère ainé, Jean Louis Raymond, né en 1838, qui sera lui aussi illustrateur.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Ferdinand Emmanuel Pelez est donc immergé très tôt dans la bohème artistique dont font partie, non seulement son père et son frère, mais aussi son oncle et son cousin optant pour le prénom de Raymond, ce qui créera des confusions pour l'attribution des œuvres.

En 1866, à la suite d'une maladie, il est envoyé en convalescence à L'Isle-Adam sous la garde de son frère, il peint pour la première fois un petit paysage qui émerveille son père. La toile est présenté au Salon et acceptée. "Le sort en était jeté il était peintre". Il signe ses peintures Fernand Pelez.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En 1870, il est admis à l'Ecole des Beaux Arts dans l'atelier de Cabanel. On y pratique l'étude sur modèle vivant et l'étude d'après la bosse, généralement des moulages de plâtres de statues antiques.

En 1875 Pelez expose au Salon "Les tireurs d'Arc" . La toile est acheté par l'Etat mais n'est pas jugée digne d'être exposée au Luxembourg. Elle est attribuée à la municipalité de Vichy.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

Les années qui suivent, Pelez reçoit des récompenses aux Salons, obtient des commandes de l'Etat, est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

En 1893 il devient Professeur de dessin à l'école privée Elisa Lemonnier, 24 rue Duperré.

Depuis 1886, il est installé dans un grand atelier au 62 Bd de Clichy, au pied de la butte Montmartre, dans l'immeuble même où s'ouvrira en 1893, au rez-de-chaussée, le cabaret des Quat'z'arts. Il devient une figure familière de la butte. En 1883 avec "Sans asile" il aborde sa manière personnelle : il sera le peintre des misérables, des marginaux, des mendiants dans le Paris joyeux de la Belle Epoque qui est aussi le Paris de l'exclusion sociale où le préfet Poubelle a éloigné de Paris les chiffonniers.

Fernand PELEZ - "Sans asile" Petit Palais Paris - oct. 2015

En 1903 il devient Membre du jury de la Société des artistes français. Il sera secouru à la fin de sa vie pour y avoir consacré du temps.

En 1910 le voilà d'officier de la Légion d'Honneur.

Fernand Pelez meurt le 7 août 1913. Selon ses propres termes il voulait "raconter les pauvres de Paris". Critiqué, contesté on lui a reproché de peindre la souffrance des gens, le propos étant en dehors du champ de la peinture. Inclassable, il restera en marge des mouvements reconnus de la fin du XIXe et du début du XXe et tombera dans l'oubli.

La rétrospective du Petit Palais de 2009 l'a-t-elle remis dans la lumière ? j'en doute. Je présume qu'il va rejoindre l'oubli sauf pour quelques uns, pour vous peut-être, et pour moi tant que je vivrai.


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En ce matin du mois d'aout, le Grand Palais est fermé, les abords du Petit Palais sont déserts. Les autocars déversent les touristes à Notre Dame, à la Tour Effel ,au Musée du Louvre…

Il fait beau, les magnifiques portes dorées du Petit Palais scintillent et s'ouvrent généreusement pour moi. Nous ne sommes que quelques visiteurs à arpenter les salles que je connais bien mais où j'aime revenir car le calme de ce musée permet de s'attarder longuement, et sans être dérangé devant un tableau.

Dans la salle des "Réalistes", je retrouve "Les Demoiselles des bords de la Seine". Support de nombreuses interprétations, elles ont fait le bonheur, comme la plupart des toiles de Courbet, des décrypteurs de significations. Courbet nous oblige à nous raconter une histoire, chacun se racontera celle qu'il lui plait de se raconter, le rêve est le domaine du regardant.

Photos MP

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Je suis fascinée, quant à moi, par la femme brune, par son visage sculptural et par le bouillonnement des jupons, tissus et dentelles. Elle ne semble pas reposer fermement sur le sol. Son regard chargé de sensualité et tourné vers le spectateur est-il destiné au peintre ? (on peut supposer que le chapeau qui se trouve dans la barque lui appartient) Qui est cette femme ? Une prostituée ? Peut-être Virginie Binet, maitresse et modèle de Courbet dont il aura un fils. (Ce patronyme Binet - celui de ma famille - ajoute un degré à ma fascination et intensifie ma rêverie).

Ce que l'on peut dire c'est que le tableau ne laisse pas percevoir aujourd'hui ce que l'on pouvait y trouver en 1856. Si pour nous il peut être émouvant, le XIXe siècle, éminemment bourgeois, ne pouvait qu'être choqué par la représentation d'une telle sensualité.

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Mais comment pourrais-je ne pas avoir, alors, en mémoire la représentation qu'en fait Picasso ? Comment pourrais-je oublier mon face à face avec "Ses Demoiselles des bords de la Seine" au Kuntmuseum de Bâle il y a bien longtemps ?

Picasso regarde les Demoiselles de Courbet. De quelle ordre est sa rencontre : rapport aux femmes ? pouvoir pictural ? "Pour Picasso la peinture et les femmes ne sont qu'un" (J.Chiari - Picasso). Affirmation d'un nouveau vocabulaire pictural, le tableau de Picasso nous parle-t-il des femmes du XXe siècle ? Il est difficile de définir ses Demoiselles comme représentatives de la sensualité ou des femmes.

Ces femmes sont femmes parce que Picasso le dit. Nous pourrions aussi bien y voir des hommes, ou un homme surtout dans la femme accoudée (Picasso lui-même).

Photo Web

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Photo Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandirPhoto Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandirPhoto Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandir

Photo Picasso par Brassaï - 1932 et photos MP - cliquez pour agrandir

Courbet, homme actif, engagé dans son époque autant que l'était Picasso dans la sienne, nous donne à voir un tableau auquel nous devons participer, le rêve est à notre portée à condition que nos pensées agissent.

Par contre nous subissons la violence de l'interprétation de Picasso "Un bon tableau, un tableau quoi il devrait être hérissé de lames de rasoir"(Malraux citation de Picasso)

L'espace temps qui sépare les Demoiselles des Bords de la Seine de Courbet de celles de Picasso marque la rupture entre deux mondes : celui du milieu du XIXe qui repose entièrement sur la nature et se confond avec la réalité et celui du début du XXe tourné vers l'avenir, où l'évolution est solidaire de la machine, de l'énergie, de la vitesse.

Avec le cubisme et Picasso, l'expression de l'individu et l'imitation de la nature ne jouent plus un rôle primordial : l'art à une vie propre. Picasso ne raconte plus une histoire, il organise la surface du tableau.

Picasso ne laisse subsister du naturalisme du tableau de Courbet que quelques taches vertes. Les femmes occupent approximativement le même espace que dans le tableau de Courbet, mais les dimensions sont restreintes en hauteur (105cm pour 174), alors que la longueur est presque la même. Cela prouve la détermination de Picasso de supprimer ce qui ne l'intéresse pas : la nature, les arbres. Profondeur et perspective abolies, les deux femmes se retrouvent mêlées, basculées en avant pour venir se plaquer à la verticalité du tableau.

Malgré les bouleversements que Picasso pratique dans le forme, il transparait dans différents points et détails du tableau une grande fidélité à Courbet. Une ressemblance avec l'original subsiste, mais sans trace de naturalisme photographique.

Malgré l'émotion que j'éprouve pour certains détails du tableau de Courbet, je dois avouer que ma préférence va à l'interprétation de Picasso.

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Gustave COURBET (1819-1877) - Les Demoiselles des bords de la Seine - 1856

Huile sur toile - 174x206 cm - Paris - Musée du Petit Palais

Pablo PICASSO (1881-1973) - Les Demoiselles des bords de la Seine - 1950

Huile sur toile - 105x201cm - Bâle - Kunstmuseum

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Huile sur toile - Musée Condé à Chantilly - 180x126cm - Commande de Louis XV pour la salle à manger des petits appartements du château de Versailles dite "des retours de chasse"

Huile sur toile - Musée Condé à Chantilly - 180x126cm - Commande de Louis XV pour la salle à manger des petits appartements du château de Versailles dite "des retours de chasse"

1735. Nous sommes à Versailles, sous le règne de Louis XV. Tous ces hommes , réunis autour d'une table dans un décor somptueux, reviennent de la chasse. Ils ont quitté leurs costumes de chasseurs, redingotes, gilets et tricornes pour leurs habits de cour.

Ils dégustent ,en grande quantité, les huitres qui ont été apportées de la côte par coureurs rapides. Sur la table, la vaisselle est en argent. L'étiquette veut que ni bouteille, ni verre ne touchent la table. Les verres sont posés à l'envers dans les verrières, petits bols rafraîchisseurs en porcelaine du Japon ou de Chantilly où une manufacture existe depuis 1725. Devant la table se tient un petit meuble style rocaille, avec son bac à glace, afin de mettre au frais les bouteilles.

Un des gentilshommes vient de couper, avec son couteau, la ficelle retenant le bouchon d'une bouteille, et tête levée, l'air amusé, regarde le bouchon qui vient de sauter. Un autre gentilhomme sert un verre. La bouteille qu'il tient à la main a un fond caractéristique d'un vin, objet d'un véritable engouement depuis 1735, appelé le "saute bouchon", vin effervescent du pays de Champagne.

De nos jours, ce monceau d'huitres et le Dom Pérignon coulant à flot coûteraient une fortune et ce déjeuner serait  encore réservé aux seuls dieux sur la terre, mais en petit comité soyons fous :

Champagne pour tout le monde !!

Huitres pour celles et ceux qui les aiment,

et

BONNE FIN D'ANNEE

à vous tous, fidèles lecteurs.

Michèle PELLEVILLAIN

photos Web

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"Le déjeuner d'huitres" - Jean-François de Troy -
"Le déjeuner d'huitres" - Jean-François de Troy -
"Le déjeuner d'huitres" - Jean-François de Troy -
"Le déjeuner d'huitres" - Jean-François de Troy -
"Le déjeuner d'huitres" - Jean-François de Troy -
"Le déjeuner d'huitres" - Jean-François de Troy -
"Le déjeuner d'huitres" - Jean-François de Troy -

L'invention du champagne est, pour les uns due aux français, pour les autres aux anglais. Ne chicanons pas, les idées peuvent jaillir en même temps, se croiser, se compléter.

En France, le bon moine Dom Pérignon (mort en 1715) officiait avec Dom Ruinart dans les celliers de l'Abbaye d'Hautvillers près d'Epernay. Lors d'un pèlerinage à l'Abbaye de Saint-Hilaire, dans le département de l'Aude, Dom Pérignon découvre la méthode de vinification des vins pétillants de Limoux (fabriqués depuis le début du XVIe siècle). Les deux moines sont surtout à l'origine des techniques d'assemblage entre les différents cépages et dans l'art de sélectionner les parcelles. Le vin est tiré au tonneau (inventé par les Gaulois, cocorico !), pour le vider il faut boire 250 litres et quelques !

Les Anglais connaissent le secret des bulles depuis le XVIIe siècle, savent transformer le vin tranquille en vin mousseux. A cette époque les vins de Champagne voyagent en tonneaux. Les vins sont tranquilles à cause du froid qui sévit à l'automne, la fermentation n'est pas achevée. Les négociants anglais disposent, dès 1660, de bouteilles en verre épais et très solide (well done !), les verriers français mettront longtemps à les égaler. Ils mettent le vin tranquille en bouteilles. Avec le retour de la chaleur au printemps, la fermentation reprend, ce qui rend le vin pétillant. Comme pour l'adoucir ils ajoutent du sucre de canne, cela accentue le phénomène : le vin fait plus que pétiller, il mousse, au point qu'il faut ficeler les bouchons pour éviter qu'ils sautent. Les Anglais ont redécouvert les avantages du liège (que l'antiquité Gréco-latine connaissaient), le bouchon est donc en liège et on le ficelle avec des fils de lin (plus tard le bouchon sera ficelé avec du fil de fer) .

Belle idée française ou anglaise, qu'importe, la mode des bulles se répand en Champagne dès 1720. A partir de 1735, sous le règne de Louis XV, le vin effervescent de Champagne a un succès immédiat dans l'aristocratie et à la cour. Le "saute bouchon" fait oublier le rigorisme de la fin du règne de Louis XIV. Légende ou fait historique, la première coupe à champagne apparue au XVIIIe siècle aurait été moulée sur le sein de la marquise de Pompadour !

"Le déjeuner d'huitres" - Jean-François de Troy -

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Hier, je suis allée voir le film de Mike Leigh, Mr TURNER avec Timothy Spall, deux heures trente d'un plaisir rare, qui donne envie de se replonger dans l'œuvre de Turner et dans sa vie.

"Tout le monde me l'avait décrit comme un rude, ennuyeux, pas intellectuel, vulgaire. C'est je crois, impossible. J'ai trouvé en lui un peu d'un excentrique, des manières douces, pragmatiques, un gentleman à l'esprit anglais, d'un ton naturel évidemment, d'un mauvais caractère évidemment, haïssant les tromperies de toutes sortes…" John Ruskin - Praeterita (1885-1889)

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Coucher de soleil écarlate - gouache - 1830

Coucher de soleil écarlate - gouache - 1830

Turner disait être né le 23 avril 1775, seule sa date de baptême est précisément connue, 14 mai 1775. Il grandit dans le quartier de Covent Garden. Son père William est perruquier et barbier, sa mère fragile psychologiquement, est internée, à la mort de sa fille Mary Ann âgée de 4 ans, au terrible asile de Bedlam.

Turner séjourne chez son oncle maternel à Brentford, petite ville à l'ouest de la capitale, et développe ses talents artistiques. Ses premiers dessins sont exposés dans la boutique de son père. Il fait son apprentissage auprès d'architectes et de topographes.

A 14 ans il s'inscrit à la prestigieuse Royal Academy of Arts où l'une de ses œuvres sera acceptée quelques mois seulement après son arrivée.

En 1790, Turner commence à voyager, parcourt les campagnes galloise, anglaise et écossaise, améliore sa technique de l'aquarelle, aborde la peinture à l'huile. En 1804, il ouvre sa propre galerie. Elle est attenante à sa maison de Harley Street. Son père vit à ses côtés et l'assistera dans son atelier jusqu'à sa mort en 1829.

Entre 1802 et 1845 il fait une vingtaine de séjours, en France, Suisse, Italie (à Rome et à Venise notamment dont la lumière le fascine), en Allemagne, aux Pays Bas, au Danemark. Il enseigne à la Royal Academy de 1811 à 1837.

Sa vie est parsemée de secrets et d'intrigues, on en connait peu de chose : c'est un homme mystérieux . Il ne s'est jamais marié. Il aurait eu une aventure avec une veuve, Sarah Danby, et serait peut-être le père de ses deux filles.

En 1833, il fait la connaissance de Sophie Booth, qui vit à Margate, une petite ville célèbre du Kent.

En 1840, Turner rencontre le jeune et riche John Ruskin, critique d'art et sociologue qui devient son plus ardent défenseur et collectionneur.

En 1846, Sophie Booth devenue veuve, Turner s'installe avec elle , à Londres, au bord de la Tamise, dans le quartier de Chelsea . Il y préserve sa vie privée. Les habitants du quartier le connaisse sous le nom de Mr Booth, ses amis pensent qu'il habite toujours sa maison de Queen Ann Street.

A sa fin de vie, Turner organise sa succession et nomme John Ruskin son exécuteur testamentaire. Lorsqu'il décède le 19 décembre 1851, Ruskin aura un lourd travail d'inventaire. Turner a légué la totalité de ses œuvres à l'Etat Britannique : 300 peintures, 37.000 dessins et aquarelles, 300 carnets de croquis. En 2003, Ian Warrell, conservateur de la Tate Britain découvre dans les réserves du musée une série de dessins érotiques soigneusement emballés dans un papier portant une annotation de la main de Ruskin "Gardé uniquement comme preuve d'un esprit égaré". Alors qu'on le prenait pour un avare, Turner a réservé sa maigre fortune à la création d'une fondation d'aide aux artistes

Turner ne concevait son existence d'artiste que dans la confrontation avec les autres peintres. Raphael, Titien, Rembrandt, et surtout Poussin et Claude Lorrain, l'inciterons à se surpasser. Eternel insatisfait il portait un regard exigeant sur son travail. Toute son existence a tourné autour du paysage, qui jusqu'à la fin du XVIIIe siècle était considéré comme un art mineur.

Peintre de la lumière (il était fasciné par la couleur jaune) et de l'espace, ses scènes de tempêtes célèbrent avec passion la nature. Totalement dégagée de l'objet, sa peinture était en avance sur son temps. Incompris de son vivant il sera célébré par tous les artistes du XXe siècle.

L'incendie du Parlement -  1834

L'incendie du Parlement - 1834

Le désastre en mer - 1835

Le désastre en mer - 1835

La côte de Northumberland - 1836

La côte de Northumberland - 1836

Le dernier voyage du Téméraire - 1839

Le dernier voyage du Téméraire - 1839

Les esclaves jettant par dessus bord les morts et les mourants - 1840

Les esclaves jettant par dessus bord les morts et les mourants - 1840

Tempête de neige en mer - 1842

Tempête de neige en mer - 1842

Le rigi bleu - 1842

Le rigi bleu - 1842

Pluie vapeur et vitesse - 1844

Pluie vapeur et vitesse - 1844

Venise en approche - 1844

Venise en approche - 1844

Chateau de Norham - lever de soleil - 1845

Chateau de Norham - lever de soleil - 1845

Le film Mr Turner est magnifique . Avec des images fortes et belles, Mike Leigh nous faire revivre les vingt cinq dernières années de la vie de Turner. Dans l' une des premières scènes, son père, préparant un repas, rase, avec son coupe-chou, la soie d'une tête de cochon, puis s'attaque à la barbe de son fils qui dans la vie ne cesse de grogner et grimacer. "Quand je me regarde dans un miroir je vois une gargouille" dit-il.

Ce personnage laid et obèse, fait jaillir de ses pinceaux des paysages sublimes, et au fil du temps la qualité de sa peinture rejaillit sur lui, on le trouve moins hideux. Solitaire face aux paysages superbes qui l'inspirent il devient émouvant. Il lui faut ressentir ce qu'il va peindre : une séquence du film nous le montre attaché au mât d'un navire au cœur d'une tempête.

Autre épisode croustillant qui se passe avant l'ouverture du salon de 1832 à la Royal Academy. Turner, rondouillard, face rubiconde, jovial, retrouve ses confrères prétentieux et guindés : une boule dans un jeu de quilles ! Les tableaux sont accrochés côte à côte, sans aucun espace, du sol au plafond. Celui de Turner, "Le Ville d'Utrecht prenant la mer" aux couleurs pâles et lumineuses, côtoie "l'inauguration du Pont de Waterloo" de Constable , toile colorée et vibrante. Constable est encore occupé à multiplier les touches de vermillon et de garance. Turner va chercher un pinceau saturé de rouge minium et dépose au milieu de sa toile une tache ronde, contrepoint compétitif qui rend Constable furieux. Plus tard Turner reviendra en effacer la moitié pour en faire une bouée.

Les années avec Sophie Booth sont plus douces, mais au moment de sa mort sa dernière pensée sera pour sa servante ("Damoiselle") ,pauvre créature bien disgraciée, défigurée par un horrible psoriasis, dévouée à lui corps et âme, et qu'il a abandonnée dans sa maison de Queen Ann.

Les dernières paroles de Turner : "Le soleil est Dieu".

Ce film est peu distribué… courrez y !!

La Ville d'Utrecht prenant la mer - 1832

La Ville d'Utrecht prenant la mer - 1832

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Lorsque je me rends dans la Grande galerie du Louvre, je ne manque jamais de m'arrêter, dans le salon carré, devant la "Bataille de San Romano" de  Paolo Uccello.

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Cette oeuvre me fascine depuis de longues années. J'aime la douceur presque féminine du visage et la tristesse du regard du condottiere Micheletto da Cotignola. Son énorme couvre chef aux motifs floraux le différencie de sa troupe qui porte casques à oeillères et cimiers (ornements  fantastiques surmontant les casques). Micheletto, sur son étalon noir henissant, va donner à ses cavaliers l'ordre de charger : c'est la contre attaque décisive de la bataille. Les deux chevaux du premier plan, à droite, suggèrent la profondeur du tableau. Entre eux un arbalétrier ajuste une flèche, les cavaliers sont regroupés en cercle autour de lui, regards dirigés vers son "mazzocchio" (bonnet drapé sur une armature en bois et en osier, objet privilégié par Paolo Uccello). Devant le condottiere cinq cavaliers chargent déjà, chevaux en mouvement, lances pointées vers l'ennemi.

Les armures et les armes sont recouvertes de feuilles d'argent. Le panneau en bois a permis à Paolo Uccello d'inciser leurs contours de façon très détaillée.  Sur les trompettes et garnitures de harnachement ce sont des applications de feuilles d'or. L'argent des armures a presque totalement disparu mais l'or des trompettes et des décorations reflète encore les changements de la lumière. Aurais-je préféré, dans la chambre de Laurent de Médicis, le tableau à son origine où brillaient de mille feux l'argent et l'or ? Peut-être pas, les écaillements et fendillements donnent maintenant aux armures une matière étonnante.

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Ce panneau  "Micheletto da Cotignola sur le champ de bataille" a longtemps été considéré comme partie d'un triptyque. Il est admis désormais qu'il a été rattaché à un diptyque "La bataille de San Romano" (dont l'un des panneaux se trouve à Londres à la National Gallery, l'autre aux Offices à FLorence) et qu'il a été peint en 1456, alors que les deux autres datent de  1435 /1440.
Les trois racontent la bataille du 1er Juin 1432, qui s'est déroulée en plein champ, à San Romano, et durant laquelle s'affrontèrent florentins et siennois.
Celui de Londres "Niccolo Mauruzzi da Tolentino à la tête de ses troupes" montre le début des hostilités.
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Celui de Florence "La défaite du camp siennois illustrée par la mise hors de combat de Bernardino della Ciarda" marque la fin des combats. Ce panneau est signé Pauli Ugielli Opus  (oeuvre de Paolo Uccello). 

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On remarque bien la similitude entre les deux dernières oeuvres alors que sur celui du Louvre il n'y a pas de paysage.
Les formats des panneaux sont rectangulaires mais devaient, à l'origine, être cintrés (sur le tableau du Louvre l'étentard du condottiere est tronqué). Il mesurent chacun environ 3,20 par 1,60m et sont peints à l'huile.
Après avoir appartenues aux Médicis, et subis des dommages au moment de leur chute, les Batailles ont été accrochées aux Offices en 1784. Restaurées, deux ont été mises dans les réserves et, au milieu du XIXe siècle, vendues à une collection privée. On les retrouve ensuite à Londres et à Paris.
Exécuté en 1436 pour la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence "Le monument équestre de John Hawkwood"  porte également la signature Pauli Ugielli Opus. Avec "
La Bataille" de Londres, ce sont les deux seules oeuvres signées Paolo Uccello.  

C'est à partir de cette année 1436 que Paolo di Dono se fit appeler  Paolo Uccello. Vasari indique que ce surnom serait dû à l'amour de Paolo pour les oiseaux (uccello en italien). Le rapprochement avec une famille bolonaise peu connue, les Uccelli, est une autre hypothèse : la signature Pauli Ugielli opus étant apposée sur un bouclier portant les mêmes couleurs que cette famille.
Le monument équestre de John Hawkwood - Florence - Santa Maria del Fiore 
fresque 732x404cm un cadre en trompe l'oeil fut ajouté au XVIe siècle

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Paolo di Dono, dit Paolo Uccello, nait en 1397. Son père Dono di Paolo, chirurgien et barbier, s'est installé à FLorence en 1373 et s'est marié en 1387 avec Antonia di giovanni del Beccuto, fille d'une ancienne famille florentine. En 1407 Paolo Uccello est assistant dans l'atelier de Ghiberti. En 1423 ? il s'inscrit à la compagnie de Saint Luc (organisation corporative des peintres). Parmi ses premières oeuvres une "Nativité" en 1425 (National Gallery Londres). En 1431 il peint deux séries de fresques pour le Cloître Vert de Santa Maria Novella de Florence. Il peindra également les quatre têtes de prophètes pour l'horloge de la cathédrale Santa Maria del Fiore (1433). Une huile sur toile  vers  1470 "Saint Georges et le dragon"est exposée à la Nationale Gallery de Londres. Un grand nombre d'oeuvres lui sont attribuées à partir de textes et documents et pour des motifs stylistiques.

En 1467 il se rend à Urbin avec son fils Donato et travaille pour la compagnie Corpus Domini, il pense peut-être y transférer son atelier. Il rentre à Florence en 1469. Septuagénaire il se déclare au cadastre "vecchio e senza inviamento - vieux et sans travail -. Il meurt le 12 décembre 1475. Il est enterré dans le sépulcre paternel à Santo Spirito.

Paolo Uccello est l'un des meilleurs perspectivistes de son temps, l'abondance des raccourcis et les mazzocchi aux facettes minutieusement décrites le prouvent. Il a séduit les artistes du XXe siècle, particulièrement les cubistes.

dessin d'un "mazzocchio" -
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Fresques de Santa Maria Novella  
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Horloge de Santa Maria del Fiore - cadran peint en 1433 - diamètre presque 7 mètres. Les 24 heures sont en chiffres romains dans l'ordre croissant mais antihoraire.   
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 mécanisme de l'horloge  
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 Saint Georges et le dragon - huile sur toile - National Gallery Londres - 55x44cm

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PHOTOS - diverses sources

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        Soyons honnêtes, avant d'avoir lu un entrefilet annonçant le retour, au Petit Palais à Paris, du tableau "Les Halles", son signataire Léon Augustin Lhermitte m'était totalement inconnu.
La curiosité, vilain défaut mais bonne qualité, me fait incessamment me rendre au Petit Palais pour découvrir ce peintre dont l'arrière petit-fils est Thierry Lhermitte,  acteur bien connu en France.

Léon Lhermitte (1844-1923) est né à Mont-Saint-Père dans le département de l'Aisne. Son père, instituteur, encourage son don pour la peinture et le laisse s'inscrire à l'Ecole Impériale de dessin à Paris, il a dix neuf ans. Il apprend la peinture de plein air avec Horace Lecoq de Boisbaudran, qui a également eu pour élèves Rodin, Legros, Fantin-Latour...
Il expose au Salon de 1864 des dessins proches de l'art de Millet. La consécration vient après 1880 avec des peintures de grand format et le succès populaire de "La paye des moissonneurs", que l'Etat lui achète le jour même de l'ouverture du Salon. Léon Lhermitte est consacré "peintre des paysans". Suivent alors commandes officielles et honneurs : Grand Prix de l'Exposition universelle 1889, Légion d'Honneur en 1884 (Officier en 1894 et Commandeur en 1911). En 1890 il adhère à la Société Nationale des Beaux-arts et en deviendra, à la suite de Rodin, vice-président. Il est élu membre de l'Institut en 1905.
En 1888, Léon Lhermitte est choisi pour exécuter un tableau destiné à l'Hôtel de Ville de Paris. Il propose de représenter les arrivages aux Halles.
Le tableau est exposé au Salon en 1895 où il obtient un grand succès. En 1902, cette oeuvre monumentale est marouflée sur un mur à l'Hôtel de Ville, dans le passage qui relie le cabinet du préfet au salon des Lettres. Le passage s' avérant un "passage où l'on ne passe jamais", l'oeuvre est déplacée et accrochée au Petit Palais. En 1942, nouveau déplacement : la toile est roulée et entreposée au dépôt municipal d'Auteuil puis d'Ivry. Elle tombe dans l'oubli.
En 2013, le tableau est restauré et prêté au musée de la Civilisation du Québec pour l'exposition "Paris en scène 1889-1914". Revenu en France depuis le mois de mars, il a retrouvé sa place initiale dans la galerie zénithale du Petit Palais.

Je découvre ce tableau d'une belle harmonie grise,   et suis immédiatement séduite.  Mon regard va et vient dans le fourmillement des personnages qui s'agitent au petit matin : marchande de soupe, porteurs de volailles, vendeuses de légumes et de fruits colorés...C'est une description réaliste des Halles de la "belle époque" et d'un passé révolu (les Halles ne sont plus, depuis 1969, dans le quartier du Châtelet mais dans le Val de Marne, à Rungis), d'ailleurs les personnages du tableau se parlent, s'interpellent, se regardent, mais aucun n'est tourné vers nous, ils vivent dans un monde éloigné du notre et comptent bien y rester. C'est le monde des Rougon-Macquart, plus précisément celui du "Ventre de Paris", et tout le tableau de Léon Lhermitte tient dans quelques pages du livre d'Emile Zola, dont voici un petit extrait :

".../C'était une mer. Elle s'étendait de la pointe Saint-Eustache à la rue des Halles, entre les deux groupes de pavillons. Et, aux deux bouts, dans les deux carrefours, le flot grandissait encore, les légumes submergeaient les pavés. Le jour se levait lentement, d'un gris très doux, lavant toute chose d'une teinte claire d'aquarelle.../...A l'autre bout, au carrefour de la pointe Saint-Eustache, l'ouverture de la rue Rambuteau était barrée par une barricade de potirons orangés, sur deux rangs s'étalant, élargissant leurs ventres. Et le vernis mordoré d'un panier d'oignons, le rouge saignant d'un tas de tomates, l'effacement jaunâtre d'un lot de concombres, le violet sombre d'une grappe d'aubergines, ça et là, s'allumaient ; pendant que de gros radis noirs, rangés en nappes de deuil, laissaient encore quelques trous de ténèbres au milieu des joies vibrantes du réveil./..../Cependant, la foule des bonnets blancs, des caracos noirs, des blouses bleues, emplissait les étroits sentiers, entre les tas. C'était toute une campagne bourdonnante. Les grandes hottes des porteurs filaient lourdement au dessus des têtes. Les revendeurs, les marchands des quatre-saisons, les fruitiers, achetaient, se hâtaient.../"

Installation du tableau au Petit Palais - (404x635cm) photo WEB

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La paye des moissonneurs - huile sur toile 215x272 - 1882 - Musée d'Orsay PARIS - photo web
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Léon Lhermitte - photo web
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Plus de trois siècles me séparent de "La femme écrivant une lettre". Sur sa table le luth lui donne l'inspiration poétique et au premier plan le chien évoque sa fidélité. Elle s'applique à écrire quelques lignes. Tout laisse à penser qu'il s'agit d'un courrier destiné à l'être aimé. Dans l'ombre un messager attend humblement le pli qu'il portera au destinataire. Va-t-il parcourir à cheval plusieurs lieues pour remettre la lettre ? Le voyage va-t-il durer plusieurs jours, être dangereux ?

En ce dernier jour de l'an 2013 je n'écris pas avec une plume d'oie, j'utilise le clavier d'un ordinateur, je n'ai nul besoin d'un messager, d'un "clic" les quelques mots qui suivent vont s'envoler aux quatre coins du monde et pourront être lus dans l'instant : n'est-ce pas merveilleux ?

                                   Bonne et heureuse année 2014

                           que tous vos souhaits se réalisent

Très sincèrement et bien amicalement

Michèle Pellevillain

Frans Van Mieris (1635-1680)
"Femme écrivant une lettre" 1680 - huile sur bois - Rijksmuseum Amsterdam -  
Resté à l'ombre de Rembrandt ou Vermeer, Frans Van Mieris n'en est pas moins l'un des représentants du Siècle d'Or hollandais. Il a été reconnu de son vivant pour ses scènes de la vie quotidienne et pour sa technique rappelant la netteté de la porcelaine.
Photo MP


 

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Ce petit enfant merveilleusement beau au regard lointain, croque dans une figue. Il est auréolé d'or, couleur céleste, habillé de rose, emblème de la sagesse divine. Sa mère, au visage pur, regarde elle aussi l'horizon. Elle ne tient pas l'enfant serré contre elle, ses mains semblent nous l'offrir et l'on éprouve un irrésistible désir de le prendre dans nos bras.
L'enfant s'appelle Jésus, on le dit né à Bethleem la nuit du 24 au 25 décembre au moment du solstice d'hiver qui annonce une nouvelle période : l'arrivée de la lumière.
Je souhaite à mes fidèles lecteurs, avec ce tableau émouvant, un Noël heureux et lumineux.
Amicalement

Michèle Pellevillain

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Ambrogio LORENZETTI
Connu à Sienne en Toscane à partir de 1319 - Sienne, 1348
La Vierge et l'Enfant - vers 1330-1335
Panneau central d'un polyptyque dont les autres éléments n'ont pas été identifiés. Acquisition par le musée du Louvre en 1998.
La figue est parfois considérée comme le fruit de l'Arbre de la Connaissance, et symbolise par extension le péché originel.

 

 

 

 

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Avril 2013 Palais du Luxembourg. "CHAGALL, entre guerre et Paix" inflige au visiteur une longue file d'attente. Fréquenter les expositions médiatisées devient de plus en plus impossible à ceux qui, comme moi, refuse d'attendre une heure ou plus avant de s'entasser devant des toiles à entre-apercevoir. De retour chez moi, passablement hargneuse, vite plongée dans mes livres d'art, je rêve d'être commissaire d'une exposition sans file d'attente, où les visiteurs ont le temps d'admirer tranquillement les oeuvres, où les casques audio et les visites de groupes sont interdites. Alors au"Musée imaginaire voir ou revoir" je conçois l'exposition :
                                     Marc Chagall graveur et illustrateur 

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Au cours de sa longue vie (1887-1985) Marc Chagall, de son vrai nom Moïsche Zakharovitch Chagalov, pour s'exprimer dans un style très personnel, donc reconnaissable, a utilisé la peinture, la sculpture, le dessin, le vitrail, la mosaïque, la céramique, la poésie. Son oeuvre de graveur et d'illustrateur, moins connue, est considérable.
"Mon art vient des livres que j'ai vus sur les pupitres et dans les armoires des synagogues, et que j'ai touchés de mes mains päles"

A l'occasion de sa première exposition personnelle à Berlin en 1922, le Directeur de la Galerie Cassirer propose à Chagall d'éditer son manuscrit "Ma vie" qu'il illustrera de ses propres gravures. Pour cette approche Chagall utilise la technique la plus simple, la pointe sèche. C'est là que commence son travail de graveur. Le livre ne paraîtra jamais.

C'est une autre commande de gravures qui le ramène à Paris. Par l'intermédiaire de Blaise Cendrars, Ambroise Vollard (marchand d'art, galeriste et éditeur) lui propose d'illustrer "Les âmes mortes" de Gogol. A partir de septembre 1933 et en deux années, Chagall crée 107 planches en eau-forte. (Les âmes mortes paraîtront aux Editions Teriade en 1948)

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Chagall développe le projet d'illustrer "Les fables de la Fontaine". Vollard est d'accord. En 1925-27, il réalise plus de 100 gouaches s'inspirant plus des fables que les illustrant. Elles sont destinées à être transposées en gravures couleurs par des graveurs expérimentés. Le projet échoue et Chagall les entreprend lui-même en gravure noir et blanc en 1929. (Le livre ne sera édité qu'en 1952 par Teriade. Chagall, qui regrettait l'absence de couleur dans cet ouvrage, accepte de reprendre à la gouache les 100 gravures des 85 exemplaires de tête)
Le loup et l'agneau
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Le renard et la cigogne
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Le cheval et l'âne
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En 1931, nouvelle demande de Vollard : illustrer la Bible. Chagall part pour deux mois en Palestine. Il s'imprègne de la beauté de la Terre Sainte et se met au travail. Au début de la guerre (en 1939 année de la mort de Vollard) il a exécuté 66 planches. Le travail de préparation des gravures reste toujours le même, Chagall fait d'abord des ébauches à la gouache en couleur, il cherche ensuite à retrouver le chatoiement des couleurs dans une phase en noir et blanc. De 1952 à 1956 une nouvelle série complète l'existant, en 1957 le livre est enfin publié aux Editions Teriade (105 planches). A nouveau Chagall reprend à la gouache les gravures de 100 des exemplaires.
Abel et Caën
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Abraham en deuil de Sarah
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Elie sur le mont Carmel
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Lorsque Vollard décède de mort accidentelle en 1939, aucun des ouvrages commandés n'a été publié, Vollard a stocké les gravures de Chagall (on peut se poser des questions ?) Chagall interrompt son travail de graveur dans l'attente de la succession, ceci explique la remise en route de la Bible en 1952 (à noter que la difficile succession de Vollard ne se terminera qu'en 2010 avec la vente du contenu du "coffre Vollard")
Chagall a connu Teriade (Efstrathios Eleftheriades dit Teriade - écrivain, critique d'art et éditeur) avant guerre en 1926, les bonnes relations qu'ils nouent ont décidé Chagall à lui confier le travail inachevé par Vollard.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors qu'il est encore réfugié aux Etats-Unis, à l'occasion de la publication de "Four Tales for Arabian Nights" Chagall découvre la lithographie. Elle deviendra son mode d'expression privilégié pour l'illustration. C'est dans l'atelier de Fernand Mourlot, où Charles Sorlier devient son compagnon de travail, qu'il acquiert une totale maîtrise de la technique.
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En 1950 Teriade demande à Chagall de collaborer à sa revue "Verve". Dans le n° 24 paraissent 26 reproductions lithographiques de lavis en noir et blanc illustrant "Le Decameron" de Boccace. Suivent dans les n° 33 et 34, 105 planches de la Bible reproduites en héliogravures.
Le Decameron -
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Litho pour Verve 33 et 34
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1952. Nouvelle commande de Teriade : l'illustration de "Daphnis et Chloé" de Longus, auteur du IIe siècle natif de Lesbos comme Teriade. Cela donne l'impulsion à Chagall pour un premier voyage en Grèce, il vient de se remarier avec Valentina Brodsky.

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L'album "Cirque" paru en 1967, sera le fruit de la dernière collaboration entre le peintre et l'éditeur. L'album comporte 23 lithographies en couleur, 15 lithographies en noir et blanc, les textes sont de Chagall lui-même.

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En même temps qu'il travaille pour Tériade, Chagall collabore aux Editions d'Aimé Maeght. Celui-ci est son marchand depuis son retour à Paris en 1948. Maeght devient son éditeur et publie le livre de Jacques Lassaigne "Chagall" avec 15 lithographies du peintre ; puis un long poème d'Aragon, "Celui qui dit les choses sans rien dire", que Chagall illustre avec 24 eaux fortes et aquatintes surréalistes en couleur.
Celui qui dit ...
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Les succès de ses livres attirent à Chagall de nombreux éditeurs dont André Sauret qui publie "Vitraux pour Jerusalem" avec sept lithographies en 1963, "Tempête" de Shakespeare en 1957 (50 lithographies en noir).
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Parallèlement, Chagall travaille aussi avec l'éditeur Léon Amiel, à Paris et New-York, pour "The story of Exodus" (24 lithographies) et "l'Odyssée" (43 lithographies en couleur)

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Le dernier éditeur amené à travailler avec Chagall est installé à Genève, il dirige, lui aussi une galerie reconnue : c'est Gerald Cramer. Il propose à Chagall d'éditer ses "Poèmes", écrits entre 1930 et 1964 et de les illustrer avec 24 gravures, cette fois dans une nouvelle technique : la gravure sur bois.

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La production de Chagall graveur est impressionnante. C'est Sauret qui publie les six tomes de "Chagall lithographe" entre 1960 et 1986, il répertorie 1101 lithographies de l'artiste sur une période de plus de 60 ans (1922-1985).

Chagall a expérimenté de nombreuses techniques, la pointe sèche, l'eau-forte au trait, l'eau-forte à l'aquatinte, la lithographie, la gravure sur bois.

Libre, éloigné du réel, décrivant un monde de rêve où les humains sont capable de voler, Chagall est bien dans ses illustrations le peintre poète comme l'appelait ses amis de la Ruche.

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