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Voir-ou-revoir

Voir-ou-revoir

Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

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                                          THE POLITICAL LINE

Sans que ce soit la foule, beaucoup plus de visiteurs qu'à l'accoutumée au Musée d'Art Moderne. Un peu de monde qui circule pour une exposition de Keith Haring apparaît quasi nécessaire, c'est un artiste de la rue qui cherchait à faire un art pour tous et aimait s'approprier l'espace publique, par ailleurs les salles du MAM sont vastes et ses oeuvres sont grandes.
L'exposition est organisée de façon thématique rappelant les grands combats de Haring : contre le capitalisme, la négation de l'individu, le dogmatisme religieux, le racisme, le nucléaire, l'homophobie et à la fin de sa vie la lutte contre le Sida.
Avec les dessins de la première salle, Haring a mis en place le vocabulaire qu'il utilisera par la suite de façon répétitive. Il avait étudié la phonétique et créait avec les signes référencés un langage simple et lisible (qui peut aussi se compliquer dans l'accumulation, devenant des sortes de hiéroglyphes sur les vases, les totems ou les statues).
Ses dessins sont de véritables performances qu'il exécute de façon spontanée, sans travail préparatoire, souvent au sol. Il utilise l'acrylique et les feutres. Les traits sur les sculptures en bois sont gravés en creux et peints. Les vases sont en fibres de verre. Haring peint sur papier, sur toile mais aussi sur des bâches de vinyle.
Né en 1958 Haring s'inscrira dans une école d'art mais n'y restera que quelques mois. Il étudie en autodidacte le travail de Klee, Dubuffet, Pollock, Alechinsky. 
En 1978, première exposition à Pittsburgh. La même année il s'installe à New York où il assume et vit pleinement son homosexualité. Le sexe est très présent dans ses oeuvres. Exerçant son art en public, il peint devant le MOMA ou Tiffany's, puis dessine dans le métro sur les panneaux noirs destinés à reçevoir les affiches. De 1980 à 1985 il exécute plus de 5000 dessins à la craie, performance physique et artistique qui est vue par des millions de personnes.
Lorsque le virus du Sida se propage dans les années 1980 il en fait une bataille personnelle et réalise des affiches prônant des rapports sexuels protégés.
En 1987, à Paris, en trois jours, il peint une fresque à l'Hopital Necker.
En 1988 il apprend qu'il est contaminé "je suis allé au bord de l'Est river, je me suis assis et j'ai pleuré, pleuré, pleuré. Mais après, voilà, il faut continuer. Vous reprenez vos esprits et vous réalisez que ce n'est pas la fin là tout de suite, qu'il y a d'autres choses, et que vous devez continuer et trouver comment vous allez faire pour gérer ça, affronter, faire face."
Il continue en effet : il ouvre un Pop Shop à Tokyo, il réalise des peintures murales à Barcelone, Monaco, Chicago, New York et Pise ; il crée une fondation pour les enfants défavorisés et la lutte contre le Sida.
Il meurt le 16 février 1990 à New York des suites de la maladie.

Quelques symboles décryptés :

Le bébé à quatre pattes - c'est le bébé radiant, il représente l'énergie, la vie
les croix X - marquent les personnes anonymes comme cibles
USA et le Dollar - sont symboles du capitalisme (Haring a pourtant lui-même un rapport ambigu avec l'argent et le pouvoir, il devient rapidement riche et célèbre, ouvre un Pop Shop en 1986 à Manhattan ou il vend t-shirts, casquettes, badges. Le Pop Shop ne s'est pas révélé rentable mais a contribué à accroïtre encore sa popularité)
Les croix qui pénètrent les corps - contestent le fondamentalisme (Haring respecte la foi individuelle mais combat le fondamentalisme "une grande partie du mal qui se produit dans le monde est causée au nom du bien - religion, faux prophètes, artistes à la noix, hommes politiques, businessmen"
Les ordinateurs et écrans de télévision qui remplacent le cerveau - représentent le danger qui pèse sur la créativité de l'individu (Il a pourtant lui-même bénéficié d'une couverture médiatique incroyable et a rapidement joué le jeu de la "peoplisation" de sa vie et de ses relations, parmi lesquelles Madonna, Basquiat, et Andy Warhol avec lequel il se lie d'amitié en 1983)
Le spermatozoïde avec des cornes de diable - c'est le virus du Sida

                                                          °°°°°°°°°°°
Une très belle exposition, qui avec ses deux cents oeuvres, fait découvrir toutes les facettes de Keith Haring dont l'oeuvre, qui ne s'étend que sur une douzaine d'années, délivre  au-delà des petits personnages colorés  un message encore d'actualité aujourd'hui.
Energique, engagé, et à l'évidence ne manquant pas d'humour, c'est un grand artiste, pour moi très attachant.
Ses oeuvres sont pour la presque totalité "sans titre", mes photos seront sans commentaire et suivront le parcours de l'exposition comme je l'ai fait moi-même.
Une remarque toutefois pour une de ses dernières oeuvres, il se représente en squelette urinant sur une plante qui fleurit de plus en plus : l'homme meurt mais l'art est éternel.


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Portrait d'Andy Warhol
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Exposition jusqu'au 18 août 2013.
A noter que vingt très grands formats sont exposés au CENQUATRE, rue Curial à Paris. J'y cours !
Et si vous voulez tout savoir sur Keith Haring deux films extrêmement intéressants  :
première partie link 

seconde partie link



 


Commenter cet article

NISE 14/05/2013 11:42

Quel plaisir de plonger de nouveau dans l'atmosphère de cette étonnante exposition.C'est très beau. Bisous bisous.

Lucien 13/05/2013 09:36

Merci de partager toutes ces visites que tu as l'occasion de faire. Amitiés.

Titi Eli 11/05/2013 20:04

C'est vrai que çà a un petit côté aztèque, moi qui fait
la chasse (photographique) aux beaux tags je ne peux qu'aimer.
Merci pour le reportage. Bisous

rufus 11/05/2013 19:07

Démarche bien courageuse aujourd'hui, comme souvent d'ailleurs, que la votre chère Michèle . Merci,merci à vous !
Elle doit nous inciter, particulièrement dans le cas Haring, à "aller voir", à utiliser votre aide à notre initiation, et... à regarder vraiment .

vahram 11/05/2013 18:59

il faut une vie pour décrypter tout cela... trop, c´est trop, sous des masques enfantins, que de lectures possibles.Mais quelque chose d´assez azteque, magique