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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Articles avec #eglises cathedrales basiliques catégorie

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Eglises Cathédrales Basiliques
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Je viens de passer quelques jours en Bretagne, je vous en rapporte une histoire de rêve, de passion, de volonté et de savoir.

A Saint Méloir des bois, joli petit village des Cotes d'Armor (en Bretagne), s'installe, il y a quelques années, un jeune anglais, John Davey, ébéniste, restaurateur et facteur d'orgue. Très rapidement il s'implique dans la vie du village, devient membre du conseil municipal. Par ailleurs, John Davey joue, chaque dimanche, de l’orgue à l'Eglise anglicane Saint Bartholomew de Dinard.

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Saint Méloir des Bois possède une église du XIXe siècle qui a été construite sur les ruines d'une chapelle du XIIIe. Si elle n'a pas un grand intérêt historique, elle possède un certain charme avec ses portes et fenêtres rutilantes, ses horloges dorées. Comme dans nombre de nos églises de village on n’y célèbre plus d'offices, sauf une fois l'an à l'Ascension pour la fête du Pardon de Saint Méloir. Pendant l’été, trois ou quatre concerts y sont organisés.

L’orgue de Saint Méloir des Bois – Côtes d’Armor -

A l'intérieur de l'église de chaque côté du chœur on peut découvrir deux statues polychromes datant du XVIIe. Marie-Thérèse, qui garde les lieux, est fière de montrer un ostensoir en cuivre doré offert par Napoléon III. A l'extérieur, dans une niche, se dissimule une Vierge à l'oiseau du XIVe siècle provenant de l'ancienne chapelle.

St Méloir,  St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP St Méloir,  St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP St Méloir,  St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP

St Méloir, St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP

Mais revenons à John Davey. Il a une trentaine d’années. Il est né et a passé son enfance à Leicester en Angleterre (région Midlands de l'est) où ses parents demeurent encore. Il a été enfant de chœur dans la chapelle anglicane Saint Luc qui se trouve dans l’enceinte de l’hôpital de Leicester.

Lorsque John Davey apprend que la chapelle Saint Luc va être démolie pour permettre l'extension de l'hôpital, il se forme dans sa tête un rêve fou : ramener à Saint Méloir l'orgue de chœur qui s'y trouve. Son projet est approuvé par le Maire de St Méloir, Michel Desbois, et par le diocèse (ils n’ont pas à participer financièrement).

Ses démarches en Angleterre sont facilitées par les bonnes relations qu'il a entretenues avec la chapelle Saint Luc. Il obtient quelques aides pour le transport, mais le plus important, le démontage et le remontage restent bénévoles.

Aidé par son père, John Davey démonte, en quatre jours, l'orgue de la chapelle St Luc. L’orgue, construit en 1890 par Joshua Porritt, mesure 4,75 mètres de haut, 3 mètres de large et 2 mètres de profondeur. Il est composé de 11 jeux et 578 tuyaux (du plus minuscule au plus grand), il comporte deux claviers manuels de 56 notes et un pédalier de 30 notes. Les éléments les plus fragiles sont mis en caisses.

Pendant ce temps à Saint Méloir on prépare dans le transept nord de l’église, l’espace où l’orgue sera installé. Lors du déplacement du confessionnal on découvre, le nez dans la terre, une statue de Saint Fiacre (XIVe), patron des jardiniers, qui servait de cale.

Saint Fiacre - cliquez sur les images pour les agrandir - potos MPSaint Fiacre - cliquez sur les images pour les agrandir - potos MP

Saint Fiacre - cliquez sur les images pour les agrandir - potos MP

Le précieux chargement embarque à Portsmouth pour Saint Malo et se retrouve éparpillé sur le sol de l’église de Saint Méloir. Puzzle, jeux de construction ? Il faut désormais toute l’intelligence, la rigueur, la logique et le savoir de John Davey pour reconstruire l’orgue.

Mais le remontage ne pouvait se faire sans l'aide précieuse d'Alan Jones, enthousiasmé par le projet, possédant lui aussi ingéniosité et dextérité manuelle. Les deux compagnons vont passer plus d’un mois à redonner vie à l’instrument à vent en remettant à leur juste place les milliers de pièces.

S’il est toujours facile de démonter quoi que ce soit, remonter est un autre problème. Lequel de nous, pour monter un meuble simple, même avec un plan, ne s’est pas retrouvé avec des vis en trop, un élément dont on ne sait que faire, ou un fauteuil avec une manette derrière plutôt que sur le côté ! Mais pour les deux amis, pas de problème, sans plan, tout a été remis à la bonne place, console, registre, sommier, tuyaux, soufflerie, transmission...et l’orgue fonctionne parfaitement.

Tous les réglages ne sont pas encore terminés, mais j’ai eu la joie de faire partie des quelques privilégiés qui ont pu entendre dimanche, pour la première fois, résonner dans l’église quelques morceaux interprétés par John Davey dont la gentillesse et la simplicité égalent sa maîtrise et son savoir.

Toute mon affection à Alan Jones qui m'a fait découvrir l'orgue de Saint Méloir.

La chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandirLa chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandirLa chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandir

La chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandir

LE DEMONTAGE - diaporama

  photos John Davey
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LE REMONTAGE - diaporama

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Et l'orgue reprend doucement vie ! (vidéo Alan Jones )

FR3 Bretagne a réalisé un reportage au cours du remontage à Saint Méloir

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Le film diffusé par FR3 aux informations régionales.

Si vous souhaitez avoir des renseignements ou si vous voulez venir voir l'orgue vous pouvez contacter John Davey par mail : johannesdavey@tiscali.co.uk

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Lorsque la Beauce est sur le parcours d'un voyage, comment résister à la tentation de faire une escale à Chartres. Se retrouver, même un bref instant, dans la cathédrale, est un moment privilégié de sérénité et de recueillement.

Notre Dame de Chartres, cathédrale gothique construite au début du XIIIe siècle (pour la majeure partie en trente ans), sur les ruines d'une cathédrale romane détruite lors d'un incendie en 1194, est la mieux conservée de son époque pour ses sculptures, son dallage exceptionnel, notamment le labyrinthe, et ses vitraux exaltant le "bleu de Chartres".

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La cathédrale possède 176 verrières datant des XIIe et XIIIe. Le bleu clair, dit "bleu de Chartres" est obtenu au moyen du bleu de cobalt et laisse passer la lumière de façon étonnante. Le vitrail de "Notre Dame de la Belle Verrière", qui a miraculeusement échappé à l'incendie (première moitié du 12e siècle), est le plus célèbre de la cathédrale.

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Notre Dame de la Belle Verrière (photos web)Notre Dame de la Belle Verrière (photos web)

Notre Dame de la Belle Verrière (photos web)

Voir un site excellent pour scruter en détail les vitraux de Chartres qu'il est difficile de voir à l'œil nu :

http://www.cathedrale-chartres.org/vitraux-cathedrale-chartres.php?id=2

La cathédrale de Chartres est la seule à avoir conservé son labyrinthe. Auxerre, Sens, Reims et Arras en comportaient de comparables qui ont été détruits respectivement en 1690, 1768, 1778, 1795. En 1826 le labyrinthe d'Amiens subissait le même sort mais était rétabli en 1894. Une probable raison de la destruction : les gens qui déambulaient dans les labyrinthes perturbaient les offices. Le labyrinthe de Chartres est le plus grand, son diamètre atteint presque treize mètres.

C' est un long chemin sur une surface réduite, dans lequel, contrairement au labyrinthe de Dédale, on ne peut pas se perdre. Il n'y a aucun piège, il faut seulement de la persévérance pour atteindre le centre, qui pour le monde gréco-romain représentait la mort, l'entrée étant la naissance et le parcours la vie. Pour le christianisme c'est l'Eglise qui détient le fil d'Ariane qui permet d'accéder au ciel et à la vie éternelle.

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L'autre intérêt de cette escale à Chartres était la manifestation "Portes ouvertes" des ateliers des maîtres verriers de Chartres et d'Eure-et-Loir. J'ai visité les ateliers Lorin-Hermet-Juteau, qui se trouve au pied de la cathédrale, sur les bords de l’Eure, dans l'ancien quartier médiéval. Après une agréable promenade au bord de la rivière, le portail franchi, on découvre un jardin charmant et une bâtisse de caractère.

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Cet atelier, le plus ancien de la région, a été fondé en 1869 par Nicolas Lorin sur l'emplacement d'une ancienne tannerie. Trois générations se sont donc succédé, Charles puis François jusqu'en 1972. A l'époque de l'Exposition Universelle de 1878, la Maison Lorin employait 53 personnes, exécutant de nombreux vitraux en France comme à l'étranger.

Les locaux qui possèdent encore des équipements de la fin du 19e siècle ont été inscrits au patrimoine des "Monuments historiques" en 1999.

En 1972, Gérard Hermet, Jacques et Mireille Juteau tous trois maîtres verriers et diplômés de l'école nationale supérieure des métiers d'Art , achetèrent l'entreprise. Depuis le décès de Jacques Juteau, en 1988, Gérard Hermet et Mireille Juteau continuent de faire vivre l'atelier avec leur équipe de compagnons.

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A. Mannessier - Eglise St Sepultre Abeville
A. Mannessier - Eglise St Sepultre Abeville

Les ateliers restaurent aussi bien des vitraux médiévaux que des vitraux du XIXe siècle. Leur a été confiée notamment la restauration des vitraux prestigieux de Chartres, de Tours, de Bourges et de Rouen. Gérard Hermet et Mireille Juteau ont également leurs propres créations et ont travaillé avec des artistes tels Alfred Manessier, Philippe Lejeune ou Jean Pierre Raynaud.

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Créations Mireille Juteau - Eglise de Jambville  et Eglise de Saintes (photos web)Créations Mireille Juteau - Eglise de Jambville  et Eglise de Saintes (photos web)

Créations Mireille Juteau - Eglise de Jambville et Eglise de Saintes (photos web)

Cathédrale de Chartres - restauration - avant/après (photo web)

Cathédrale de Chartres - restauration - avant/après (photo web)

Actuellement les ateliers travaillent sur les vitraux de la cathédrale Saint Maclou de Pontoise, ces trésors de la Renaissance étaient altérés par la pollution et la condensation de l'eau. Les vitraux ont été déposés panneau par panneau, les baies ont été numérotées et conditionnées pour être transportées à Chartres. Certains panneaux ont déjà été réinstallés dans la cathédrale (voir vidéo ci-dessous), d'autres sont encore dans les ateliers. On peut donc voir de très près les couleurs éclatantes, les détails des visages, la peinture en grisaille, remarquer aussi les restaurations précédentes, pas toujours heureuses, que les maitres verriers s'appliquent à refaire.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

J'ai été séduite par le très beau dessin de Charles Crauk (1819-1905), peintre néoclassique. Ce précieux carton, conservé par l'atelier et exposé au mur, est celui d'un vitrail de l'église Saint Hilaire de Ladon (près de Montargis dans le Loiret) : "Le soir du combat, les habitants de Ladon secourent les soldats blessés".

Dans l'église de Ladon, un deuxième vitrail évoque également ce combat qui eût lieu le 24 novembre 1870, lors de la guerre franco-allemande. Son sujet : "1430 soldats français défendant Ladon contre 8000 allemands". Tous deux sont signées et datées "C.Lorin, Chartres 1894". Charles Lorin expose le second vitrail lors de l'exposition des « Arts appliqués à l'industrie » à la salle des fêtes d'Orléans en mai 1894.(voir "Journal du Loiret" du 24 mai 1894 ci-contre)

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Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)

Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)

C'était une passionnante visite. J'ai beaucoup apprécié pouvoir communiquer avec les maîtres verriers et j'ai été sensible, comme les très nombreux visiteurs, à la chaleur de leur accueil.

Avant de quitter Chartres, je suis allée revoir le Centre International du Vitrail qui occupe l'ancienne grange aux dimes ( 2e et 13e siècles) édifiée par les chanoines de la cathédrale. On peut y admirer une collection permanente de vitraux de la Renaissance en provenance d'édifices de Chartres disparus au cours de l'histoire, et actuellement une exposition temporaire de vitraux contemporains.

Centre International du Vitrail  - Vitrail de Saint Paul - XIIIe
Centre International du Vitrail  - Vitrail de Saint Paul - XIIIeCentre International du Vitrail  - Vitrail de Saint Paul - XIIIe

Centre International du Vitrail - Vitrail de Saint Paul - XIIIe

UN APERCU DE LA TECHNIQUE DE BASE DU VITRAIL

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La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

La technique du vitrail est très ancienne et maitrisée depuis le XIIe siècle. A cette époque on commence à utiliser les tiges de plomb pour enchâsser les morceaux de verre à la place du châssis en bois. Quelques améliorations au XVIe : le diamant remplace la tige chauffée au rouge. De nos jours la cuisson est simplifiée par l'emploi de fours électriques.

La maquette : elle est à l'échelle 1/10e, indiquant le tracé général des plombs, la place de l'armature métallique qui maintient les différents panneaux, les taches de couleur, le détail des personnages, décoration, etc.

Le carton : c'est l'agrandissement de la maquette sans indication de couleur et précisant le réseau de plomb.

Le calque : permet de relever par transparence le dessin des lignes du carton, il déterminera la découpe des morceaux de verre. Les différents éléments sont numérotés

Le calibre : le calque est reporté sur un papier fort (ainsi que les numéros) qui est ensuite découpé soit à la lame si le dessin est géométrique, soit au ciseaux à trois lames permettant d’enlever une bande de papier dont la largeur est égale à l'épaisseur de l'âme du plomb.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

La coupe du verre : il est coupé en fonction du calibre au moyen d'un diamant. On utilise un petit marteau (marteline) pour détacher le morceau en frappant sur la face opposé à la coupe à l'endroit du trait du diamant. Les imperfections sont corrigés avec une pince plate ou grugeoire, les arêtes vives sont polies afin d'éviter les coupures.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

Les verres sont teintés ou blancs. La palette de couleur est étendue, les teintes se font le plus souvent dans la masse à l'aide d'oxydes métalliques, mais il existe d'autres techniques.

Chaque morceau est placé sur le calque pour suivre la progression du travail.

La peinture : Elle est appelée "grisaille". C'est un oxyde de cuivre finement broyé, selon les techniques délayé à l'eau, au vinaigre ou à la térébenthine. On y ajoute une petite quantité de gomme arabique ou d'essence grasse pour l'adhésion au verre. Il existe plusieurs couleurs de grisaille. Pour donner la teinte de la chair on applique sur le verso du verre un jaune d'argent ou un jaune orangé

Les plaques peintes doivent être cuites dans un four à une température de 630°. On compte 4 à 5 heures pour obtenir le degré voulu. Il faut ensuite attendre 24 h. avant de défourner pour éviter un refroidissement brutal qui casserait les plaques.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

Le sertissage : chaque pièce est encastrée dans les baguettes de plomb, lorsque tous les plombs sont assemblés ils sont solidarisés en faisant fondre un peu d'étain à chaque intersection.

Pour des raisons de solidité la surface d'un panneau de vitrail n'excède jamais 1m2. Au-delà de cette surface le vitrail est divisé au moyen de tiges métalliques (barbotières, pannetons et feuillards).

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 Un temps gris sur le Val d'Oise ce dimanche 26 février 2012. Quelques rayons discrets éclairent au loin les collines de Cormeilles et d'Orgemont, mais la lumière est suffisante pour que les vitraux (14 d'entre eux sont du XVIè siècle, les 8 autres furent ajoutés dans le même style à la fin du XIXè siècle) illuminent de leurs couleurs chatoyantes la Collégiale et nos coeurs.

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Le 8 février 2012, je publiais un article sur la SAGRADA FAMILIA. Je viens de découvrir une vidéo qui nous montre virtuellement la construction terminée (prévue pour 2026). Impressionnant !

Certains de mes nouveaux lecteurs n'ont peut-être pas lu cet article, je le réédite à la suite de la vidéo.

On l'appelle communément cathédrale mais la Sagrada Familia est une basilique. Une cathédrale est le Siège de l'évêque du diocèse alors qu'une basilique est un titre accordé par le Pape à certaines églises. Il arrive cependant qu'une basilique devienne un Siège épiscopal, c'est ce qui est prévu pour la Sagrada Familia.

La Sagrada Familia, plus précisément "temple expiatoire de la Sainte Famille" a été consacrée basilique le 7 novembre 2010 par Benoit XVI. Va-t-il béatifier Antoni Gaudi enterré dans la crypte ? C'est ce que demande certains depuis longtemps.
Messe de consécration :ceremonia-de-bendición-de-la-basílica-de-la-sagrada-famil

Lorsque Gaudi reprend le chantier de la Sagrada Familia l'année 1883, il a 31 ans, il est déjà célèbre.

Joseph M. Bocabella a acquit un terrain grâce aux dons collectés par "l'association des dévots de Saint Joseph", terrain assez éloigné du nouveau quartier de l'Eixample, mais déjà inclus sur les plans. Il a confié en 1881 la construction d'une église à l'architecte Francesc de Paula Villar qui a élaboré un projet néo-gothique. Très vite une mésentente s'installe et Bocabella fait appel à Antoni Gaudi.   
Dessin de Villar :
Sagrada Familia (Villar)

Gaudi a un projet beaucoup plus ambitieux. Il conçoit un temple un peu plus grand avec une architecture où son imagination mêle des références végétales, mystico-religieuses symboliques et iconographiques. Il prévoit une tour de 170 m de haut dédiée à Jésus Christ.   
Dessin de Gaudi :452px-Sagrada Familia-sección-copie-1

La crypte est inauguré en 1884.

En 1891 les travaux de la façade de la nativité commencent mais Gaudi comprend rapidement qu'il ne verra pas son oeuvre achevée. Il élève au maximum de leurs hauteurs des parties significatives mais peu fonctionnelles et extérieures au temple. De cette manière, il rend impossible la modification de la hauteur prévue et ce qui est construit ne sera utile que lorsque le temple sera terminé. Il laisse ainsi une marque de son style architectural très personnel qui servira de guide après sa mort.

En 1906 Gaudi s'installe dans sa maison du parc Guell et se consacre désormais uniquement à la Sagrada Familia.(la photo de sa maison est visibles dans l'article sur le parc Guell). 

A partir de 1910 les années sont dures pour lui : décès de sa nièce, sa seule famille avec son père (mort en 1906). Gaudi est resté célibataire, il n'a approché sans succès qu'une femme en 1884, Josefa Moreu, institutrice. Plusieurs de ses amis décèdent  ainsi qu'Eusebi Guell son mécène. La crise économique de 1915 a paralysé le chantier.
La Sagrada Familia en 1915 : 736px-Sagrada Familia 1915

"Mes grands amis sont morts. Je n'ai pas de famille, ni de client, ni de fortune, ni rien. Donc je peux me livrer entièrement au temple". Il s'y consacrera effectivement totalement allant même jusqu'à s'installer à la fin de sa vie dans l'atelier de la Sagrada Familia.

Fervent croyant, devenu ascète, ne se souciant plus de son aspect, lorsque Gaudi se fait renverser par un tramways le 7 juin 1926 il est pris pour un mendiant et n'est pas secouru immédiatement. C'est seulement le lendemain que le chapelain de la Sagrada Familia le reconnait, mais il est trop tard. Gaudi décède le 10 juin et le 12 juin une foule immense se presse pour ses obsèques.

La Sagrada Familia a traversé un siècle de guerres, de révolutions, de progrès, de changement de moeurs. Elle emerveille, elle étonne, elle déconcerte, elle rebute, elle révolte, c'est une pure oeuvre d'art. Elle a son propre style, celui de Gaudi poursuivit par les six architectes qui lui ont succédé, le dernier Jordi Bonet y travaille depuis 1985. (voir l' interview après les images).

 

 La Sagrada Familia au milieu du quartier typique de l'Eixample avec ses carrés de bâtiments.   (google earth) 

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Facade de la Passion (photo MP)SAM_0893.JPG

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dessin de Gaudi - 1911

Pasión (Gaudí, 1911)croquis

 détail - Le Christ est suspendu a une croix horizontale si bien que son corps semble être au bord du vide (photo web)

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 détail - la figure de l'évangeliste est un hommage à Gaudi, portrait inspiré par une image connue de l'architecte (photo MP)

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 détail - les trois maries et le cyrénéen  (photo MP)

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détail - le baiser de Judas et le carré magique - les nombreuses combinaisons possibles des chiffres 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,13,14,15 (verticalement, horizontalement, diagonalement ...)donnent toujours le chiffre 33 - âge de la mort du Christ (photo MP)SAM 0897-copie-1

  La Facade de la Nativité  - (photo MP)SAM_0899.JPG

détail - portail de la charité - couronnement de Marie (photos MP)

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détail -  les anges trompettistes lancent leur appel aux quatres vents (photo MP)SAM_0905-copie-2.JPG

de chaque côté du portail de la charité, le portail de la foi et le portail de l'espérance

détail - l'arbre de vie - tout en haut de la facade de la nativité, le pinacle représente un cyprès couronnant les trois portails (photo MP)SAM 0906

 

Je n'ai malheureusement pas pu entrer à l'interieur, les belles photos qui suivent sont levées sur le web. J'y retournerai avec un intérêt encore plus grand, depuis mon retour de Barcelone je me suis beaucoup documentée sur Gaudi et ses oeuvres. 

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L'entrée de la Sagrada Familia est payante, des millions de personnes la visite chaque année, ce qui permet de poursuivre le chantier, car la Sagrada Familia n'est pas finie, il reste à achever la façade de la Gloire, ce sera la plus grande et la plus spectaculaire de toutes avec sa tour de 170 m de haut et les quatres dômes des évangelistes. Achèvement prévu en 2026 pour le centenaire de la mort de Gaudi.

Pour clore cet article je fermerai les portes de la Sagrada Familia . Les portes de bronzes contiennent les textes évangéliques représentés sur les sculptures de la façade de la passion. 8500 lettres. Pour  Subirachs , sculpteur de la façade de la Passion, ce sont deux livres ouverts qui ne troublent pas la solitude du Christ lié à la colonne.

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"Je crois que la consécration de cette église de la Sagrada Familia, à une époque où l'homme prétend édifier sa vie en tournant le dos à Dieu, comme s'il n'avait plus rien à lui dire, est un événement d'une grande signification" - Benoit XVI".  
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Interview  de Jordi Bonet par  Paul Ondarza du 7 novembre 2010 publié dans l'Osservatore Romano

 

Q - Comment a-t-il été possible durant les dernières décennies de continuer la construction tout en restant fidèle au projet initial.

R - Gaudi était un homme très intelligent. Il savait que la construction d'un monument aussi grand, payé par les gens, non seulement pourrait durer 20, 40, 50 ans, mais des siècles ... Le début a été avec la première pierre, posée en 1882, Gaudi est mort en 1926. Il a travaillé sur la Sagrada Familia pendant 41 ans et il a laissé suffisamment d'éléments pour la poursuite de son travail. Toute l'architecture nouvelle était basée sur l'observation de la nature, et dans la nature sont présentes des surfaces très résistantes, sans beaucoup de matériau. Ensuite, grâce à la géométrie - parce que l'architecture a besoin de la géométrie - grâce à la modulation et aux proportions qui se répètent, il a été possible de léguer à son successeur, non seulement une idée très grande, mais aussi exacte, parce que la géométrie est une science exacte. Donc Gaudi a utilisé des surfaces nouvelles, des surfaces réglées par une double courbure, des hyperboloîdes, des cônes, des surfaces hélicoïdales ... il a joué avec ces proportions de manière très simple et a utilisé des moules en plâtre à l'échelle 1:10. C'est vrai que toutes les études de Gaudi ont été détruites le premier jour de la guerre civile par les révolutionnaires,mais le plâtre a été laissé. Et grâce à ces modèles et à son étude des proportions, nous avons découvert des régles géométriques qui nous ont donné la possibilité de continuer exactement l'idée de Gaudi même sans sa présence.

Q - D'autre part, Gaudi savait qu'il ne pourrait pas achever ce travail, si bien qu'il a dit : "Mon client n'est pas pressé"..

R - Gaudi disait : nous avons toujours la Providence à la Sagrada Familia. Et la Providence m'a amené à travailler pendant plus de 25 ans pour arriver à la couverture de toute l'Eglise : 4500 mètres carrés, avec une capacité qui atteint sept à huit mille personnes à l'intérieur. Il est vrai que je me suis trouvé obligé de tenir compte de la réforme liturgique de Vatican II, ainsi que de la volonté de notre cardinal-archevêque de faire de l'église son Siège. En effet, dans le premier projet de Gaudi, la basilique n'était pas un siège épiscopal, et l'ambon n'était pas prévu(*). J'ai donc été obligé de concevoir le presbytère, ce qui implique un processus interprétatif important, mais Gaudi n'était plus là, et la poursuite semblait impossible. Et ici, il y a eu l'aide très importante de l'informatique, parce que - par exemple - là où il faut un mois pour tailler la pierre, le granit, à la main dans cette forme, avec l'ordinateur, cela a été possible en une nuit. Une chose qui aurait nécessité deux siècles maintenant on peut la faire en deux ans.

Q - Ce temple architecturalement parlant, n'est pas construit en béton armé, mais simplement en pierre de taille et se fonde donc sur les lois qui sont très différentes des méthodes modernes de construction..

R - Le béton armé, on ne sait pas combien de temps il durera : 100 ans, 150 ? Parce que le fer et l'acier et l'eau ne sont pas amis... Par la volonté de Gaudi, la couverture ne comporte pas un seul gramme d'acier : elle a été faite uniquement avec de la céramique et de la pierre, du granit. Et ainsi nous sommes sûrs d'une longue durée.

Q - Vous avez recueilli l'héritage pour la poursuite des travaux. Cependant, je me suis rappelé que vous avez également recueilli l'héritage spirituel de Gaudi, parce que Gaudi, en plus d'être un artiste était aussi un homme de foi. Le fait d'être artiste est-il inséparable d'être un homme de foi, lorsqu'on travaille a un ouvrage de ce genre ?

R - c'est un mystère, parce que la grâce de la foi ne dépend pas de la personne : c'est un don. L'art aussi est un don, tout le monde n'est pas un artiste. Je vais vous dire une chose étrange : la façade de la Passion s'arrête à la mort et à la sépulture de Jésus ; la résurrection de Jésus, on ne la voit pas. Pourquoi ? Parce que personne n'a vu la résurrection. Il faut entrer dans l'Eglise pour croire en la résurrection : c'est la pensée de Gaudi....

(*)chacune des deux  petites tribunes symétriques placées à l'entrée du choeur

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Antoni Gaudi et le parc Güell - 25 janvier 2012

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Eglises Cathédrales Basiliques

Dans la belle campagne du Perche entre Remalard et Mortagne au Perche jaillit dans les champs une Basilique néogothique, construite de 1894 à 1911.

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Le 1er juin 1911, Monseigneur Buguet célèbre pour la première fois la messe dans la Basilique. Il était arrivé en 1878 comme curé dans cette  commune extrêmement pauvre.  Il se donne parallèlement à sa mission spirituelle, faire prier pour les défunts, un objectif social : l'emploi. Il fonde en 1888 une imprimerie. Quarante ans plus tard, sous son impulsion, un grand sanctuaire est bâti avec l'immense basilique et une centaine d'habitants travaillent dans l'imprimerie.

Rapidement la confrérie paroissiale prend un essor extraordinaire et les pélerinages se développent.

Hier, durant ce week end passé dans la région, je découvre cette étonnante Basilique. Le village est calme, pratiquement personne dans les rues, personne autour de la basilique, mais on entend des chants : la Basilique est comble. En attendant de pouvoir y entrer nous allons voir l'église avec son beau vitrail du XVIème restauré en 1921 et classé par les Beaux Arts.

 

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A côté de la Basilique, l'Ermitage propose des retraites et des week ends spirituels.

 La fréquentation du site est estimée à 70000 personnes par an. 

 

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Le 30 octobre 2011 la messe sera diffusée en directe de la Basilique dans "Le jour du Seigneur"  sur France 2.

 

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