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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Voyages et promenades

A la lisière de Paris, la Seine sépare Boulogne Billancourt et Issy les Moulineaux. Les deux communes se partagent ainsi l’île formée au milieu du fleuve qui abrite un lieu enchanteur et inattendu : "le Parc Saint Germain".

Une nature à la fois sauvage et ordonnée occupe une vingtaine d’hectares en une succession d’espaces et de jardins aux noms évocateurs : jardin des lavandes, clos, imprévu, découverte ou jardin des messicoles (fleurs qui accompagnent les moissons).

Les espaces végétaux écologiques où la faune et la flore recouvrent leurs droits alternent avec les jardins organisés, les grandes prairies et les sous bois. A l’extrémité du parc une colline expose en son sommet « La Tour aux figures » de Jean Dubuffet.

Au VIe siècle, ce lieu était une terre agricole propriété de l’Abbaye de Saint Germain des Prés. En 1867, l’exposition universelle y installe le pavillon agricole. Elle abrite ensuite les logements des ouvriers qui travaillent à l’Usine Renault, sur l’Ile Seguin toute proche. En 1964, un projet de zone portuaire pour le stockage du sable et du ciment est refusé catégoriquement par les communes et le Conseil régional, en 1973 le chantier colossal pour l’aménagement du parc peut commencer.

Aujourd’hui il fait un temps merveilleux, les odeurs des lavandes se mêlent à celles des blés coupés. Je m’imagine dans les champs, dans la garrigue, sur une ancienne voie romaine, et j’oublierai totalement que je suis en ville si, au loin, à deux ou trois détours de chemin, l’émergence de quelques immeubles ne me ramenait à la réalité.

Je vous laisse faire cette promenade romantique en musique !

Cliquez sous l'image à droite pour agrandir et sur le haut parleur à gauche

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Voyages et promenades

En ce jour de Juillet la chaleur est presque insupportable. Il faut un certain courage pour arpenter la "Cité Idéale" du Cardinal de Richelieu, mais c'est une visite à ne pas manquer et il est stimulant de penser qu'après avoir traversé la ville, on trouvera la fraîcheur des grands arbres de son parc

Armand Jean du Plessis (1585-1642) passe une partie de son enfance dans le château de ses ancêtres, au carrefour de la Touraine et de l'Anjou, en un lieu nommé Richeloc.

D’abord destiné aux armes, il devient évêque de Luçon (1607), cardinal (1623), enfin en 1624 le principal ministre de Louis XIII.

La demeure de ses ancêtres ne correspond plus alors à sa position. Il entreprend de fonder une "cité idéale", grandiose et unique, sur un terrain vierge et marécageux où ne s'élèvent que quelques petits hameaux.

Les travaux commencent dès 1631, ils sont confiés à Jacques Lemercier (1585-1654), architecte, ingénieur et graveur. Ils sont menés bon train. Une grande rue traverse la ville et dessert 28 hôtels particuliers tous identiques et destinés à des notables. A chaque extrémité deux places d'égale importance : la place Cardinale (de nos jours la place du Marché), proche du château, et la place Royale (devenue la place des Religieuses). Les maisons qui entourent la grande rue affirment certes une grande unité de construction, mais leur taille traduit une hiérarchie sociale.

CLIQUEZ SUR LES PHOTOS POUR LES AGRANDIR.
La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)
La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)

La grande rue et la place du Cardinal (photos MP)

Le Cardinal incite la population à venir habiter sa ville. Il offre privilèges, concessions de terrains à bâtir et fait organiser des foires et des marchés. Parallèlement à la création de la cité, Richelieu fait agrandir le château. Les travaux commencés en 1630 seront presque terminés en 1640.

A la mort du Cardinal, la haute société quitte la ville. Le château sera racheté bien plus tard (1805) par Alexandre Brouton qui, pendant près de quarante ans, le dépèce pierre par pierre. Le parc a été morcelé mais les canaux subsistent ainsi que deux grottes l'une était occupée par la cave du château, l'autre par l'orangerie.

Si le château n'est connu que par les plans et gravures, la ville elle-même est restée presque telle qu'elle était au XVIIe siècle, avec son église et ses halles. Elle constitue un exemple unique de l'urbanisme de l'époque.

Les halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du châteauLes halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du château
Les halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du châteauLes halles (photo MP),  vue aérienne de la ville , plan du château

Les halles (photo MP), vue aérienne de la ville , plan du château

L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)
L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)

L'entrée du parc et l'allée principale (photos MP)

La quête de la cité idéale remonte à l'antiquité. Elle symbolise, par sa topologie et ses aménagements, la plupart du temps, l'aspiration à une société plus démocratique, plus juste et plus libre. L'organisation sociale et urbaine de la cité est au cœur des réflexions des philosophes grecs. Platon (427 à 348 av. J.-C.) dans "La République" décrit une civilisation athénienne idéale, située dans un passé imaginaire.

Pour Aristote, Milet (une des plus anciennes cités d'Ionie, Ve siècle av. JC) représente la cité idéale pour l'organisation de son espace urbain qui rejoint les préoccupations des philosophes. On retrouve le tracé géométrique de Milet à Turin au Xe siècle.

Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)

Maquette de Millet (Pergamo Museum Berlin) - Plan de Turin par Nicolas de Fer - Turin Piazza san Carlo (photo Web)

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Plus près de nous Thomas More (1451-1530 – nommé, un temps, à la chancellerie du royaume par Henri VIII) décrit dans son livre « L’utopie » l’île d’Utopie où comme dans la République de Platon l’économie repose sur la propriété collective des moyens de production et l'absence d'échanges marchands. 54 villes toutes construites sur le même modèle urbain, avec les mêmes édifices et le même système politique, constituant l’île. Utopie forgé par More sur le grec « ou » (non) et topos (lieu)

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Avant lui, l’architecte italien Filareti (1400-1469) a décrit la ville idéale de Sforzando ; son projet, grand moment de réflexion artistique de la Renaissance, est fondé lui aussi, pour une part, sur le souvenir de la « République ». On note que dans ses dessins, les cités sont régies par les principes de symétrie et de perspective. Un édifice circulaire est le point de fuite vers lequel convergent toutes les lignes.

C’est le temps aussi de la «Vue de la cité idéale » d'abord attribué à Piero de la Francesca, puis à Luciano Laurana et maintenant à Francesco di Giorgio Martini ou Melozzo da Forli.

Vue de la Cité Idéale

Vue de la Cité Idéale

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

On retrouve ces principes dans la construction des places fortes comme Vitry le François au XVIe, Charleville en 1606, Henrichemont en 1631.

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Vient plus tard le goût des « industriels » pour la « Cité Idéale ». A la fin du XVIIIe siècle, l'architecte Claude Nicolas Ledoux construit la Saline Royale d'Arc et Senans. Elle préfigure les phalanstères et familistères du siècle suivant. L'ensemble est construit en demi-cercle. Au milieu le pouvoir avec la maison du Directeur et les locaux de production de sel, autour les maisons d'habitations et magasins. A noter que dans cette cité idéale, les enfants travaillent dès l'âge de 5 ans pour nettoyer les installations de l'usine, seulement abordables aux petites tailles !

En 1848 l'industriel Jean-Baptiste Godin installe ses ateliers à Guise dans l'Aisne. En s'inspirant du phalanstère de Charles Fourier (1772-1837), il crée le Familistère (classé monument historique en 1991) En 1867 l'atelier est devenu une vaste usine qui emploi 900 employés . Godin veut favoriser les relations sociales dans le cadre d’un habitat collectif qu’il appelle « palais social ».

Pour plus de détail :

http://www.familistere.com/jean-baptiste-andre-godin/

RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015
RICHELIEU - Cité du Cardinal - Juillet 2015

Après More, un certain nombre d’écrivains vont décrire la vie politique et sociale dans une cité imaginaire. Ainsi la métaphore de la ville idéale se retrouve plus tard chez Jules Verne dans "Une ville idéale", "Le docteur Ox"et "L'île à Helice". En 1891, Edward Bellamy décrit dans "Cent ans après", une société idéale non plus située sur une île, mais dans le futur (en l'an 2000). On peut aussi citer "Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley, roman paru en 1932, qui rappelle la civilisation athénienne imaginée par Platon.

Entre 1947 et 1952, Charles Edouard Jeanneret dit "Le Corbusier" réalise fort partiellement "la Cité Radieuse" de Marseille (rebaptisée par certains locaux « la Maison du fada »). Pour contrer l'étalement des villes, Le Corbusier propose de resserrer la ville en densifiant le centre avec des tours pour libérer des espaces pour des jardins, terrains de sports et de jeux, parking etc.

Aujourd'hui naissent également des cités idéales à vocation touristique (« haut de gamme »). L'exemple le plus fou se trouve à Dubaï avec "Palm Islands" : des complexes hôteliers et des villas, destinés aux plus riches, sont édifiés sur des îles artificielles . Dans le même esprit, et près de Palm Islands se trouve "The world" , succession de 300 îles en forme de planisphère . Avec la crise économique, les travaux commencés en 2003 ont été arrêtés en 2008 (les îles commençaient à se diluer dans la mer), ils semblent repartis.

Palm Islands et The worldPalm Islands et The world

Palm Islands et The world

Les architectes ont le droit de concevoir et de réaliser une "Cité Idéale", organisée, unifiée, supposée avoir une influence sur l'éducation et le comportement humain, mais sont-il certains que ce cadre apportera le bonheur aux individus ?

"Le bonheur est un maître exigeant, surtout le bonheur d'autrui". Aldous Huxley.

Le parc de Richelieu (photo MP)

Le parc de Richelieu (photo MP)

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

Aujourd'hui vous ne subirez pas mes longs bavardages, je vous propose seulement de me suivre à Lyon, de regarder mes photos, mes coups de cœur, mes rencontres et peut-être d'aimer ce que j'ai aimé.

Prochain article fin juillet. Bonnes vacances à ceux qui partent !!

Michèle Pellevillain

Le musée des Beaux Arts est situé dans un majestueux bâtiment, place des Terreaux, qui abrita, jusqu'à la Révolution, l'abbaye bénédictine de Saint-Pierre-les-Nonnains. Il en subsiste la chapelle, l'escalier d'honneur, le réfectoire et le ravissant jardin. En 1792, l'église abbatiale est utilisée comme fabrique de salpêtre, et les bâtiments conventuels servent à de multiples usages, ce qui assurera sa survie. Menacée de vente ou de démolition, le bâtiment est transféré à la ville par un arrêté de Bonaparte d'avril 1802. Avant de devenir le musée actuel, le bâtiment sera Palais du commerce et des arts, abritant la Bourse et l'Ecole de dessin.

Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin
Le jardin,  entres autres, une très belle statue de Rodin

Le jardin, entres autres, une très belle statue de Rodin

Le réfectoire et l'escalier (décor de Puvis de Chavanne), cliquez pour agrandir les photosLe réfectoire et l'escalier (décor de Puvis de Chavanne), cliquez pour agrandir les photos

Le réfectoire et l'escalier (décor de Puvis de Chavanne), cliquez pour agrandir les photos

EXPOSITION TEMPORAIRE GEORGES ADILON (1928-2009)

"Architecte, diplômé de l'Ecole des beaux-arts de Lyon en 1949, Georges Adilon apparaît sur la scène artistique dans le milieu des années 1950. En 1960 sa peinture s'éloigne du courant lyonnais, il se tourne vers l'abstraction. En 1980 il établit un protocole basé sur des contraintes techniques et formelles - de la laque glycérophtalique noire sur du papier offset 92x130 -"

Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015

EXPOSITION TEMPORAIRE - GENEVIEVE ASSE (née en 1923 à Vannes)

"Le musée des Beaux-Arts de Lyon lui consacre un parcours, depuis les objets, natures mortes, volumes et plans abstraits des premières années jusqu'aux paysages et à la transfiguration des toiles blanches."

MES COUPS DE COEUR AU DEPARTEMENT PEINTURES SCULPTURES.

Pour agrandir au format de l'écran, cliquez dans le coin à droite de l'image.

MUSEE DES CONFLUENCES

Il a été conçu par l’agence autrichienne Coop Himmelb. Je ne verrai que l'extérieur mon séjour à Lyon étant très court. Un peu déçue par l'environnement et le temps gris qui n'offrait pas toute sa transparence à l'architecture.

Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015
Musée des Beaux-Arts de Lyon - Juin 2015

Un grand merci à mon amie Christine Bertrand, professeur d'Arts Plastiques, mon guide à Lyon. Grâce à elle j'ai pu rencontrer, dans l'intimité de son atelier, Marie France Chevalier, peintre. Admirer ses œuvres et converser avec elle a été un moment de partage exceptionnel, je la remercie également vivement de m'avoir accueillie.

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

" Velázquez a trouvé le parfait équilibre entre l'image idéale qu'on lui demandait de reproduire et l'émotion qui submerge le spectateur" Francis Bacon

Si l'on peut admirer , dans l'importante collection espagnole du musée du Louvre , Goya, le Greco, Zurbaran, Murillo, Ribera .., nous ne pouvons voir aucun tableau de Velázquez , seulement six œuvres de peintres qui gravitaient autour du Maître.

Le Louvre a manqué l'occasion de posséder un Velázquez lors d'un échange fait avec l'Espagne en 1941. Le Maréchal Pétain cherchait l'appui de Franco pour les négociations avec l'Allemagne. La France céda à l'Espagne des œuvres importantes comme "La dame d'Elche", une sculpture espagnole du Ve siècle avant JC, et "L'Immaculée Conception" de Murillo. En contrepartie, les conservateurs du Louvre pouvaient choisir au Prado deux tableaux parmi ceux que le musée possédait en deux exemplaires. Ils firent le bon choix entre les deux portraits d'Antonio de Covarrubias attribués au Greco. Manque de chance, entre les deux portraits de la reine Marie-Anne d'Autriche attribués à Velázquez, ils choisirent une réplique d'atelier.

cliquez sur les images pour agrandir
Velázquez Marie-Anne d'Autriche -  Musée du Prado  et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652Velázquez Marie-Anne d'Autriche -  Musée du Prado  et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652

Velázquez Marie-Anne d'Autriche - Musée du Prado et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652

Les tableaux de Velázquez sont rares (cent vingt conservés aujourd'hui) et surtout concentrés au musée du Prado (ce qui est légitime), quelques uns sont à Londres, à Rome,ou à Vienne etc. L'exposition du Grand Palais est la première grande rétrospective consacrée au Maître, elle présente soixante quatre chefs d'œuvres.

10 h du matin, étonnamment pas de file d'attente. Il en sera de même lorsque je ressortirai, Vélasquez n'attire pas la foule, et pourtant…

… pourtant ses portraits sont une merveille de sobriété et de naturel. Sa peinture qui semble à première vue d'une réalité surprenante n'est constituée, si l'on se rapproche des œuvres, que d'une succession de touches, un "tremblé du pinceau" , étonnant dans les tissus, les dentelles.

Vélasquez travaille "alla prima", il attaque directement la toile sans dessin préalable. Ses ennemis affirmaient "tout son art se limite à savoir peindre une tête", Velázquez ne peint pas "une tête", mais des physionomies vivantes et présentes qui nous parlent. D'ailleurs le pape Innocent X aurait dit en voyant son portrait : "troppo vero".

 Portrait du pape Innocent X - 1650 - 140x120cm - Rome, Galleria Doria Pamphilj

Portrait du pape Innocent X - 1650 - 140x120cm - Rome, Galleria Doria Pamphilj

Diego Velázquez voit le jour à Séville en 1599. Ainé de huit enfants, d'un homme de loi d'origine portugaise et d'une demoiselle de petite noblesse, il se fera connaître sous le nom de sa mère selon la tradition andalouse. Très tôt il découvre sa vocation artistique. Il entre à 11 ans dans l'atelier de Francisco Pacheco. Après cinq ans d'apprentissage il est agréé par la corporation des peintres et épouse Juana, la fille de son maître.

A partir de 1623, Velázquez devient peintre de cour, "Peintre de chambre" du roi Philippe IV, c'est ce qu'il souhaitait ardemment. Il doit répondre aux demandes de répliques des portraits de la famille royale. Beaucoup sont peintes par son atelier, et par son bras droit, Bautista Martinez Del Mazo, qui deviendra son gendre.

En 1643 il est nommé valet de chambre, sans exercice, assistant de la surintendance des Travaux Particuliers. En 1649, il est chargé de rassembler des œuvres d'art pour le roi, il effectue ainsi son second voyage en Italie (il peint à Rome le portrait du pape Innocent X). Puis il obtient la charge suprême de grand maréchal du Palais et en 1659 l'habit tant espéré de l'ordre de Santiago (ordre militaire et religieux catholique - Velázquez porte l'emblème sur sa poitrine dans son tableau des "Ménines" peint en 1656 - il aurait été rajouté après sa mort). En 1660, année de sa mort, il assiste en qualité de grand maréchal, au mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse, fille de Philippe IV.

La plus grande partie de sa vie, absorbée par les tâches administratives, son principal client étant le roi d'Espagne, Velázquez aura une production réduite. Il ne fera pas école (contrairement à Rubens, son rival à la cour de Philippe IV) et son style s'éteindra avec la mort de son gendre Del Mazo.

Le goût pour la peinture espagnole n'apparaît en France qu'au XIXe siècle. Tout comme le Caravage et Goya, Velázquez aura une influence sur les peintres de ce siècle et des suivants. Pour Manet il était "le plus grand peintre qui n'ait jamais existé". Il suscitera l'admiration de Picasso qui exécutera cinquante huit variantes sur les "Ménines" , et de Bacon qui peindra une série de quarante cinq tableaux sur le portrait d'Innocent X.

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Bacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les MéninesBacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les Ménines

Bacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les Ménines

Il est possible, pour certains visiteurs, que la succession des nombreux portraits de Velázquez et de ses collaborateurs paraisse ennuyeuse. Est-ce cela qui aura rebuté le public ou l'absence des célèbres Ménines ? Je ne vais pas me plaindre, j'ai pu admirer en toute quiétude les portraits aux regards puissants, la douceur des visages d'enfants, la beauté de Vénus, Saint Paul et Saint Thomas dont j'ai eu du mal à m'éloigner, l "Allégorie féminine" , et la merveilleuse "Sainte Lucine". L'impressionnant dernier tableau, énorme cheval blanc qui se cabre, sellé mais dépourvu de cavalier, semble prêt à galoper vers la profondeur sombre du tableau, laissant derrière lui le génie Velázquez et le siècle d'or espagnol.

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1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 16351 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 1635
1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 16351 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 1635

1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 - Pablo de Valladolid 1635

  - autoportrait - vers 1640 45x38cm - Musée des Beaux Arts de Valence

- autoportrait - vers 1640 45x38cm - Musée des Beaux Arts de Valence

L'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New HavenL'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New Haven

L'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New Haven

Bodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux ArtsBodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux Arts

Bodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux Arts

Le Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National GalleryLe Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National Gallery

Le Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National Gallery

Apollon dans la forge de Vulcain - 1630 - huile sur toile - 222x290cm - Madrid, Prado

Apollon dans la forge de Vulcain - 1630 - huile sur toile - 222x290cm - Madrid, Prado

Allégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New YorkAllégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New York

Allégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New York

La toilette de Vénus (Vénus au miroir) - 1647-1651 huile sur toile 123x177cm Londres National Gallery

La toilette de Vénus (Vénus au miroir) - 1647-1651 huile sur toile 123x177cm Londres National Gallery

Saint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux ArtsSaint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux Arts

Saint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux Arts

Portrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - ViennePortrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - Vienne

Portrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - Vienne

Portrait équestre du prince Balthazar Carlos - Huile sur toile 212x177cm - Madrid Musée du Prado

Portrait équestre du prince Balthazar Carlos - Huile sur toile 212x177cm - Madrid Musée du Prado

L'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulièreL'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulière

L'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulière

Marie Thérèse infante d'Espagne - 1651-1654 - huile sur toile 34,3X40cm - Metropolitan New York - Remarquez les merveilleux papillons de soie dans les cheveux !

Marie Thérèse infante d'Espagne - 1651-1654 - huile sur toile 34,3X40cm - Metropolitan New York - Remarquez les merveilleux papillons de soie dans les cheveux !

Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile

Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile

L’exposition présente évidemment de nombreuses toiles d’artistes que Velázquez a pu connaître, admirer ou influencer, beaucoup m'ont séduites mais j'ai volontairement choisi de ne présenter que des oeuvres du "peintre des peintres"

photos web - texte Michèle Pellevillain

Exposition au Grand Palais PARIS jusqu'au 13 juillet 2015

Un cheval blanc - vers 1636 - huile sur toile - 310x245cm - Madrid Palacio Real

Un cheval blanc - vers 1636 - huile sur toile - 310x245cm - Madrid Palacio Real

Nota

Après les encombrants groupes et les audio-guides , arrive un nouveau joujou : les lunettes ultralégères (l'audio-guide finissant par faire mal au bras !) " Google Glass" avec commentaires et plan de visite intégré pour un certain nombre d'œuvres… on peut même zoomer. Onze paires étaient à la disposition des visiteurs moyennant 8 euros (hors billet) et 300 euros de caution : "Si l’on se contente de regarder les 12 œuvres, la visite dure environ 1h. Nous avons pensé qu’une visite courte pourrait peut-être séduire un nouveau public , commente Agnès Alfandari. Ce qui est certain, c’est qu’on ressort avec le sentiment d’avoir vécu une expérience différente de tous les autres visiteurs". Je ne commenterai pas !

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Markus Lüpertz - Musée d'Art Moderne Paris - juin 2015

Je vous emmène aujourd'hui à la rencontre d'un artiste qui m'était, je l'avoue, totalement inconnu. La rencontre se fait par un passage vers un parc mystérieux. L'inconnu, c'est l'aventure, je ne la partagerai qu'avec quelques aventuriers masculins. L'espace sera tout à moi, sans groupes encordés à un guide, sans visiteurs casqués : liberté et bonheur absolu.

En 1941, Markus Lüpertz naît en Bohême, d'un père tchèque et d'une mère polonaise. La famille n'est devenue allemande qu'après la guerre. Il quitte rapidement l'école pour entrer en apprentissage chez un peintre, fabriquant d'étiquettes de bouteilles de vin, puis chez un graphiste qui lui fait intégrer l'école d'art appliqué de Krefeld. Markus Lüpertz a seulement quinze ans et son père doit lui faire une autorisation pour peindre les nus d'après modèles.

Lorsqu'il commence à peindre, l'expressionnisme abstrait et le pop art dominent le monde de l'art. Rapidement il s'émancipe et trouve sa propre voie où il confronte figuration et abstraction : "Le retour à la figuration est une nécessité formelle faisant suite à l'abstraction. Après le cinq cent millième carré et la énième forme, le sujet était épuisé…. quand nous peignons des nus, des figures, des paysages, c'est un élargissement de l'abstraction" (entretien avec Yasmine Youssi)

En 1962 il s'installe à Berlin ouest où il créait une galerie. En 1976 il est nommé professeur à l'académie des beaux-arts de Karlsruhe, puis en 1988, il devient directeur de l'académie des beaux-arts de Düsseldorf.

La grande rétrospective présentée au MAM s'échelonne de 1964 à 2015. Elle est conçue à rebours (peut-être pour renforcer le lien que l'artiste fait entre présent et passé ou parce qu'il affirme « Je travaille comme si je devenais de plus en plus jeune ») et s'articule autour de différentes thématiques qu'il serait trop long de détailler, j'en citerai quelques unes avec les images.

Entrer dans le monde de Markus Lupertz, passer de salle en salle, c'est faire un voyage à travers des paysages aux couleurs vives, des montagnes sombres, des plaines aux blés murs, croiser Ulysse, Mozart, Saliéri, des géants en marche, des soldats. .. on rêve, on invente des histoires, on sourit. Markus Lupertz s'entretient avec les maîtres du passé : Picasso, Poussin, Goya. Parfois une œuvre fait penser à Baselitz , Chagal ou Basquiat .

Escale. Dans une salle sombre, une projection : rencontre avec l'homme Markus Lupertz. Il marche lentement dans une grande allée bordée d'arbres (sans doute en rapport avec le décor franchi à l'entrée). Il porte une grande cape et un chapeau, tient à la main une canne : il est d'un autre siècle, éloigné de son œuvre. Il s'assoit et lit un de ses poèmes. Interview : il pose, costume noir très chic, bagues d'argent, il est hautain, je dirai même suffisant : "Mes élèves m'adulaient". Joue-t-il un rôle ?. Il semble plus sincère accoudé à un bar, décontracté : "J'ai besoin de la ville, du bruit, de voir des gens.." Je le préfère couvert de plâtre, artiste au travail, dans sa vérité.

Après cette rencontre avec l'homme extravagant et égocentrique qui me fait penser un peu à Dali, retrouver ses œuvres de jeunesse me ravit. Eléments figuratifs simplifiés, isolés, grossis : casquettes, casques, tentes perdent leur identité et parviennent à une sorte d'abstraction.

Une dernière œuvre avant de quitter l'exposition, datée de 1963/64. Donald Duck me fait un clin d'œil : belle aventure n'est-ce pas ? Découverte d'un des plus importants représentants du néo-expressionnisme allemand. Et tu ne connaissais pas ? Ignorante que tu es !

Photos MP - cliquez sur les images pour les agrandir
"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens

"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens

"Nus de Dos" - 2004-2005 - Inspirés, entre autres, des bas reliefs de Matisse, les nus se transforment en torse.

"Nus de Dos" - 2004-2005 - Inspirés, entre autres, des bas reliefs de Matisse, les nus se transforment en torse.

Le matin ou HoderlinLe matin ou HoderlinLe matin ou Hoderlin

Le matin ou Hoderlin

Matin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'aubergeMatin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'auberge

Matin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'auberge

"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner."Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner."Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.

"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.

2005 - Mozart et Salieri2005 - Mozart et Salieri2005 - Mozart et Salieri

2005 - Mozart et Salieri

"Le sourire Mycénien" - 1985 - Peintures monumentales renvoyant à l'Antiquité grecque.

"Le sourire Mycénien" - 1985 - Peintures monumentales renvoyant à l'Antiquité grecque.

"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature

"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature

"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau

"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau

"Congo" - 1981 - Pour l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Markus Lüpertz réalise un ensemble de peintures sur le thème "Congo-Correction du constructivisme" évoquant les principes du cubisme. C'est aussi à cette période qu'il commence à créer ses premières sculptures

"Congo" - 1981 - Pour l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Markus Lüpertz réalise un ensemble de peintures sur le thème "Congo-Correction du constructivisme" évoquant les principes du cubisme. C'est aussi à cette période qu'il commence à créer ses premières sculptures

"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail."Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail."Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.

"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.

1967 Arrangement pour une casquette

1967 Arrangement pour une casquette

Les blésLes blés

Les blés

1965 - Tunnel de fleurs rouges

1965 - Tunnel de fleurs rouges

Donald Duck - 1963/64
Donald Duck - 1963/64

Exposition jusqu'au 19 Juillet 2015 -

Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Avenue du Président Wilson - 75116

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LES PASSIONS DE ROBERTO LONGHI

Le Musée Jacquemart-André abrite en ce moment une très belle exposition intitulée de Giotto à Caravage. Elle rassemble un certain nombre d'œuvres acquises par l'historien d'art , poète, écrivain et collectionneur Roberto Longhi.

Roberto Longhi naît à Alba dans le Piémont en 1890. Il étudie à l'université de Turin dont l'atmosphère conservatrice fait le désespoir de ses vingt ans. Marqué par ses origines piémontaises il s'intéresse plus aux peintres de l'Italie du nord qu'aux Toscans. En 1911, il propose une thèse qui apparaît, à l'époque, pour le moins originale ; elle concerne un lombard : Caravage. Est-ce le choc devant les toiles de Courbet vues à la Biennale de Venise en 1910 qui l'a mené à Caravage. Il dira du maître d'Ornans qu'il a "une sévérité dépouillée tout à fait caravagesque".

Au moment où Roberto Longhi soutient sa thèse sur Caravage, le XVIIe est relativement ignoré en Italie car étouffé entre le brillant XVIe , avec Raphaël et Michel-Ange, et l'élégant XVIIIe et les védutistes, Guardi, Canaletto, Pannini, Piranèse.

Caravage (1571-1610), de son vrai nom Michelangelo Mérisi (Caravaggio est le village où il est né), était considéré comme un peintre brutal et vulgaire. Sa peinture était jugée scandaleuse (il faisait poser des filles du peuple, des pochards et des prostituées), sa vie l'était tout autant, il fut arrêté et incarcéré de nombreuses fois. En 1600, les toiles peintes pour l'église Saint-Louis-des-Français (Le Martyre de saint Matthieu) l'ont rendu célèbre à Rome. Plus tard il sera adulé à Naples. Recherché pour meurtre il part pour Malte où il est intronisé chevalier. Une nouvelle incartade lui vaut un séjour en prison. Il s'évade et s'installe en Sicile pour une année. Il y peint "la Résurrection de Lazare". Il regagne Naples, peint "David tenant la tête de Goliath" . Victime d'un attentat, blessé, il part pour Rome à bord d'une felouque. En 1610, on le retrouve mort sur une plage près de Rome. Il n'a pas quarante ans.

Caravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de CaravageCaravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de Caravage

Caravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de Caravage

Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.  Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.

Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.

Caravage - Petit Bacchus malade - vers 1593-1594 - huile sur toile 67x53cm - Rome Galerie Borghèse. Caravage a réalisé trois autoportraits, celui-ci étant le premier.

Caravage - Petit Bacchus malade - vers 1593-1594 - huile sur toile 67x53cm - Rome Galerie Borghèse. Caravage a réalisé trois autoportraits, celui-ci étant le premier.

Contesté de son vivant, il l'est encore plus après sa mort. Ses œuvres sont redistribuées à ses rivaux. Totalement oublié, il disparaitra durant trois siècles. Il faudra attendre 1890 et l'autrichien Wolfgang Kallab pour que des œuvres aux attributions discutées soient réattribuées à Caravage en se fondant sur le traitement de la lumière et sur certaines particularités. Avec la découverte de documents d'archives, d'autres spécialistes continueront les travaux, et en 1920 Roberto Longhi s'engage à son tour "On dit Michelange de Caravage, indifféremment ténébriste ou luministe. On l'a oublié, sans lui il n'y aurait pas eu Ribera, Vermeer, La Tour, Rembrandt. Et Delacroix, Courbet, Manet eussent peint autrement".

Roberto Longhi se passionne pour Caravage mais il contribue aussi à révéler les primitifs italiens des XIVe et XVe siècle, Giotto, Masaccio, Masolino. Il devient très tôt collectionneur et commence à acheter des toiles dès 1915. La peinture du Seicento n'intéressait personne, elle n'était donc pas coûteuse. Il gardera toujours près de lui, dans sa chambre, un exemplaire du "Garçon mordu par un lézard" de Caravage acquise en 1925, et prouvera que Caravage pouvait reproduire certaines de ses œuvres.

Jeune garçon mordu par un lézard - vers 1595 - huile sur toile - 65,8x52,3cm - Londres National Gallery et une autre version à la Fondation Longhi

Jeune garçon mordu par un lézard - vers 1595 - huile sur toile - 65,8x52,3cm - Londres National Gallery et une autre version à la Fondation Longhi

Giotto di Bondone (vers 1267-1337) Saint Jean l'Evangeliste 1320 - tempera et or sur bois - 128x55,5cm Abbaye royale de Chaalis

Giotto di Bondone (vers 1267-1337) Saint Jean l'Evangeliste 1320 - tempera et or sur bois - 128x55,5cm Abbaye royale de Chaalis

Masaccio - Vierge à l'Enfant (Vierge de la chatouille) vers 1426-1427 - tempera et or sur bois 24,5x18,2cm - Florence - Galleria degli Uffizi

Masaccio - Vierge à l'Enfant (Vierge de la chatouille) vers 1426-1427 - tempera et or sur bois 24,5x18,2cm - Florence - Galleria degli Uffizi

De 1934 à 1949, Longhi est professeur d'histoire de l'Art à l'Université de Bologne. Il formera plusieurs générations d'historiens d'art. Parmi ses élèves, Mina Grégori (Commissaire de cette exposition, spécialiste de Caravage), et le cinéaste Pasolini qui plus tard lui dédicacera son deuxième film Mamma Roma.

Mina Grégori explique que "la méthode de Longhi c'était l'œil….il a enseigné à ses élèves à penser avec le regard".

Pasolini disait de Roberto Longhi "il a été tout simplement, la Révélation" la confrontation des formes et l'arrêt sur les détails dans l'étude de Masaccio, Piero della Francesca, Caravage "était déjà du cinéma". Etrangement Pasolini, comme Caravage, sera retrouvé sur la plage d'Ostie près de Rome, assassiné à l'âge de cinquante cinq ans.

En 1949, c'est pour Longhi la consécration. Il est nommé à la chaire d'histoire de l'art médiéval et moderne de l'université de Florence (il demeure depuis dix ans dans les collines florentines). Il y exercera jusqu'en 1966.

Sa collection comprend 256 œuvres, maîtres anciens et modernes confondus, que Longhi se plaisait à comparer : Léonard à Renoir, Courbet à Caravage. Cette méthode critique innovante était faite d'aller-retour incessants entre les maîtres anciens et la peinture moderne. "L'histoire passée se colore toujours de celle du présent".

C'est sans doute grâce à Roberto Longhi que les amateurs d'art du XXe siècle ont soudain aimé Piero della Francesca , peut-être Giotto et surtout Caravage. En 1951, Roberto Longhi organise à Milan, au Palazzo Reale, une exposition "Caravage et les Caravagesques" qui connaît un grand succès. En 1985, le Metropolitan Museum de New York présente "l'Age de Caravage" avec des originaux récemment identifiés, et en 1988 le Grand Palais propose "Le Siècle du Caravage dans les collections françaises".

Caravage, peintre réaliste, adepte des gros plans et des cadrages serrés, spécialiste des clairs obscurs saisissants, est désormais considéré , grâce à Roberto Longhi, comme le génie précurseur de l'école naturaliste du XIXe siècle.

Roberto Longhi décède le 3 juin, chez lui Villa il Tasso, sous le regard du "Garçon mordu par un lézard". La Villa il Tasso est devenue la Fondation Longhi, lieu de pèlerinage des étudiants d'art italien.

Ne manquez pas cette superbe exposition, la foule n'y est pas considérable, seuls quelques groupes sont gênants. Il est facile de s'approcher des œuvres. C'est aussi un plaisir de flâner ensuite dans les appartements de ce bel hôtel particulier dont la collection de meubles et d'œuvres d'art est remarquable. J'aime y retrouver quelques tableaux de Botticelli, Carpaccio et Paolo Uccello.

Dosso Dossi (vers 1489-1542) Garçon à la corbeille de fleurs  - détail - 1524, huile sur bois transposée sur toile 67,3 x 65,2 - Fondazione Longhi

Dosso Dossi (vers 1489-1542) Garçon à la corbeille de fleurs - détail - 1524, huile sur bois transposée sur toile 67,3 x 65,2 - Fondazione Longhi

Caravage - Amour endormi 1608 - huile sur toile 72x105cm - Florence Palazzo Pitti

Caravage - Amour endormi 1608 - huile sur toile 72x105cm - Florence Palazzo Pitti

Orazio Borgianni (1574-1616) Déploration  du Christ - vers 1615 - huile sur toile 73,8x90,3cm - Fondation Longhi

Orazio Borgianni (1574-1616) Déploration du Christ - vers 1615 - huile sur toile 73,8x90,3cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Annonce de la naissance de Samson à Manoach et sa femme - vers 1630 - huile sur toile 99x124,8cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Annonce de la naissance de Samson à Manoach et sa femme - vers 1630 - huile sur toile 99x124,8cm - Fondation Longhi

Giovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation LonghiGiovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation LonghiGiovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation Longhi

Giovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation LonghiMatthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation Longhi

A la fin du parcours de l'exposition, j'ai été émerveillée et impressionnée par les trois magnifiques tableaux de Jusepe de Ribera installés côte à côte et de même format 126 x 97cm : Saint Barthelemy, Saint Thomas et Saint Paul. (Jusepe Ribera - 1591-1652) Lorsque Longhi fit l'acquisition de ces tableaux, il leur trouvait une similitude à l'art de Ribera qui s'était installé très jeune en Italie. Ils ont été attribués à Ribera en 2000.

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De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015

NOTA

Le Musée Jacquemart-André était à l'origine la demeure d'Edouard André. La construction de ce magnifique hôtel particulier fut commencée en 1868 (architecte Henri Parent). Edouard André , après une carrière militaire, décide de se consacrer uniquement à sa collection de tableaux, de meubles et d'objets d'art. En 1872 Il commande un portrait à Nélie Jacquemart . Il l'épousera en 1881.

En 1876, un grand bal marque l' inauguration de l'hôtel. Il est relaté dans le journal " l'Illustration" : « Rien ne manquait d’ailleurs pour faire du bal de M. André une de ces fêtes à sensation, dont les magnificences font époque. Les murs des deux pièces d’entrée, le vestiaire et le vestibule disparaissaient sous une tenture odorante de violettes et de camélias. Les dorures du double salon de danse ruisselaient, étincelantes sous les feux de mille bougies. »

Le Musée appartient depuis 1912 à l'Institut de France.

Gustave Courbet (1819 - 1877) Le Désespéré, autoportrait - vers 1843 - huile sur toile 45x54cm - collection particulière

Gustave Courbet (1819 - 1877) Le Désespéré, autoportrait - vers 1843 - huile sur toile 45x54cm - collection particulière

Musée Jacquemart-André - 158 bd Haussmann - 75008 PARIS.

Exposition jusqu'au 20 juillet 2015

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NAISSANCE DE L'INTIME

Les bains publics, fréquents au Moyen Age, disparaissent durant la Renaissance. Prendre un bain, s’immerger dans une cuve devient une pratique rare. Il existe seulement, dans quelques grands châteaux, des "appartements de bains", et dans les villes des «bordels-étuves» où l’on se restaure tout en trempant dans l’eau, et où les lits ne sont pas très loin.

Il faut dire que l’eau est rare dans les villes. En outre, pour le commun des mortels, l’idée de s’y tremper fait peur : les veines s’ouvriront, l’eau pénètrera dans les principaux membres et avec elle le « venin » de la peste.

L'eau étant absente, on pratique une toilette sèche dans la chambre ou le boudoir. On s'essuie avec des étoffes douces et blanches, on s'enduit de parfums, d'onguents, on porte sur soi des "pommes de senteur". Seuls les doigts sont trempés dans ce que l’on ne peut même pas appeler une cuvette, plutôt un plat. Ce qui compte c’est de changer de linge. «Une bonne chemise de toile changée tous les jours vaut, à mon avis, le bain quotidien des Romains» (Martin Lister).

Le mot « toilette » qui désignait tout d’abord l’étoffe (la toile) qui recouvrait la table où l’on posait les ustensiles de soin, va s’appliquer désormais au rite de changer de linge. Cette toilette n’est pas intime, elle se fait en présence de domestiques, de visiteurs. «On dit qu’on rend visite à quelqu’un à sa toilette, quand on le vient entretenir pendant qu’il s’habille ou se déshabille» (Dictionnaire universel).

Au début du XVIIIe siècle, la « toilette » est la même que celle inventée au siècle précédent, mais le langage se précise. On invente le « lever » : un serviteur apporte une boisson, aide à enfiler les bas. Lors de la « petite toilette », on se fait coiffer, habiller ; lors de la « grande toilette » le poudrage et le maquillage vont dissimuler les défauts de la peau, marquée en ces temps là par la petite vérole. Le parfum reste indispensable, les odeurs corporelles et celles de la ville sont extrêmement fortes.

Dans le courant du XVIIIe siècle les frayeurs du passé disparaissent, l'eau revient progressivement. La fin de la toilette sèche est une révolution, même si les ablutions restent partielles : bains de pieds et recours au bidet pour les parties intimes. La promiscuité n'est plus tolérée mais il n'y a pas encore d'espace réservé. Les ablutions attirent les indiscrets derrière les portes entrebâillées. C'est seulement dans les bains collectifs, qui reviennent à la mode, que l'on trouve des espaces clos. Jean-Jacques Poitevin installe à Paris en 1761, sur la Seine, une péniche-bain comportant des cabinets individuels.

A la fin du XIXe siècle le lieu de la toilette devient réservé, l’espace se ferme. L’eau devient plus accessible, la pratique d'ablutions peut être quotidienne au moyen de bassines ou baquets, d'éponges et de savons. Avec le XXe siècle douches et baignoires se démocratisent, mais l'eau courante n'est pas encore distribuée partout et encore moins dans les étages des logements. La baignoire pour ceux qui en possèdent , installée dans un lieu clos, offre un lieu de plaisir aussi psychologique que physique.

De nos jours la salle de bain est présente dans nos maisons, dans nos appartements, l’eau coule à flot. La toilette est pour nous un rite quotidien, on se prélasse sous la cascade tiède de la douche ou l’on s’immerge longuement dans un grand bain chaud. Propreté et plaisir sont liés. Que l’espace soit simple et petit, ou grand et somptueux, c’est un lieu intime, privé, où l’on se revivifie. En s’abandonnant à ce luxe on oublie que l’eau manque encore dans de nombreux pays.

C’est ce rite de la toilette, illustré depuis le Moyen Age par les graveurs et les peintres, que nous fait vivre le Musée Marmottan avec une exposition extrêmement riche.

On y découvre, au fil du temps, des représentations liées à des pratiques symboliques de la fécondité, puis des femmes se parant devant leur miroir et aussi des thèmes libertins.

A partir de la fin du XIXe siècle, le thème de la "femme à la toilette" renouvelle le genre du nu : celui-ci n'est plus traité de façon académique, il s'adapte à un lieu, celui du cabinet de toilette. Avec Degas et Bonnard la femme prend toutes les poses possibles. Les objets : brocs, bassines, éponges, ont aussi leur place dans le tableau.

Au XXe siècle, avec Cézanne, Picasso, Kupka, le nu féminin n'est plus imitatif, il devient un problème formel. Désormais la toilette est surtout liée à la mode et à la publicité pour les cosmétiques et le corps féminin reste un sujet essentiel pour les photographes.

Les photos qui suivent sont issues d'Internet -
Tissée vers 1500 au Pays bas. 287x265cm - Une des 6 tapisseries dédiées à la vie seigneuriale. Jeune femme au bain.

Tissée vers 1500 au Pays bas. 287x265cm - Une des 6 tapisseries dédiées à la vie seigneuriale. Jeune femme au bain.

Anonyme école de fontainebleau  -111x98cm -  Dame à sa toilette XVIe siècle huile sur bois - Kunstmuseum Bâle.  Cette image inaugure un type de représentation promis à une grande fortume au siècle suivant

Anonyme école de fontainebleau -111x98cm - Dame à sa toilette XVIe siècle huile sur bois - Kunstmuseum Bâle. Cette image inaugure un type de représentation promis à une grande fortume au siècle suivant

Nicolas Régnier - Jeune femme à sa toilette 1626 - 130x105cp - huile sur toile - Lyon Musée des Beaux arts - La femme au miroir est toujours fastueusement vétue, le peintre prouve sa virtuosité

Nicolas Régnier - Jeune femme à sa toilette 1626 - 130x105cp - huile sur toile - Lyon Musée des Beaux arts - La femme au miroir est toujours fastueusement vétue, le peintre prouve sa virtuosité

Abraham Bosse (d'après) La vue - femme à sa toilette - après 1635 - 104x137cm huile sur toile - Musée des Beaux arts de Tours.

Abraham Bosse (d'après) La vue - femme à sa toilette - après 1635 - 104x137cm huile sur toile - Musée des Beaux arts de Tours.

Georges de la Tour - La femme à la puce - 1638 - 121x89cm - huile sur toile - Nancy - Musée lorrain. Une femme mélancolique, sans doute de milieu modeste,  écrase une puce entre ses ongles

Georges de la Tour - La femme à la puce - 1638 - 121x89cm - huile sur toile - Nancy - Musée lorrain. Une femme mélancolique, sans doute de milieu modeste, écrase une puce entre ses ongles

François Boucher - 1738 - 86,3x76,2cm -  La Mouche ou Une dame à sa toilette huile sur toile - collec.particulière.

François Boucher - 1738 - 86,3x76,2cm - La Mouche ou Une dame à sa toilette huile sur toile - collec.particulière.

Fançois Eisen - Jeune femme à sa toilette 1742 - huile sur bois - 36,5x27,3cm Abbeville - Musée Boucher-de-Perthes - La jeune femme s'apprête à utiliser le bidet situé derrière elle. La servante verse l'eau et chasse la fillette.

Fançois Eisen - Jeune femme à sa toilette 1742 - huile sur bois - 36,5x27,3cm Abbeville - Musée Boucher-de-Perthes - La jeune femme s'apprête à utiliser le bidet situé derrière elle. La servante verse l'eau et chasse la fillette.

François Boucher - vers 1742 ou1760 ? - Le bain de pieds - 53,1x41,6cm - huile sur toile -

François Boucher - vers 1742 ou1760 ? - Le bain de pieds - 53,1x41,6cm - huile sur toile -

Cliquez pour agrandir les photos. François Boucher - L'enfant gâté et la Jupe relevée - 1742 ou1760 ? - 52,5x42cm - huile sur toile - collec.parti. Cliquez pour agrandir les photos. François Boucher - L'enfant gâté et la Jupe relevée - 1742 ou1760 ? - 52,5x42cm - huile sur toile - collec.parti.

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Edgar Degas - Femme dans son bain -1883 - Pastel - 19,7x41cm - Musée d'Orsay - Paris

Edgar Degas - Femme dans son bain -1883 - Pastel - 19,7x41cm - Musée d'Orsay - Paris

Wtadyslaw Slewinski - Femme peignant ses cheveaux 1897 - huile sur toile - 64x91cm - Cracovie - Musée national

Wtadyslaw Slewinski - Femme peignant ses cheveaux 1897 - huile sur toile - 64x91cm - Cracovie - Musée national

Eugène Lomont - Jeune femme à sa toilette - 1898 - huile sur toile - 54x65cm - Beauvais -musée de l'Oise

Eugène Lomont - Jeune femme à sa toilette - 1898 - huile sur toile - 54x65cm - Beauvais -musée de l'Oise

Toulouse-Lautrec - La Toilette - Mme Favre se faisant les mains - 1891 - peinture à l'essence sur carton - 76x72cm - Suisse, collection Nahmad

Toulouse-Lautrec - La Toilette - Mme Favre se faisant les mains - 1891 - peinture à l'essence sur carton - 76x72cm - Suisse, collection Nahmad

Pierre Bonnard - Nu au tub - 1903 - huile sur toile 44x50cm - Toulouse, Fondation Bemberg

Pierre Bonnard - Nu au tub - 1903 - huile sur toile 44x50cm - Toulouse, Fondation Bemberg

Frantisek Kupka - 1908 - Le rouge à lèvres - huile sur toile 63,5x63,5cm - Centre Pompidou - Paris

Frantisek Kupka - 1908 - Le rouge à lèvres - huile sur toile 63,5x63,5cm - Centre Pompidou - Paris

Fernand Léger - Les femmes à la toilette - 1920 - huile sur toile 92;3x73,3cm Suisse, collection Nahmad

Fernand Léger - Les femmes à la toilette - 1920 - huile sur toile 92;3x73,3cm Suisse, collection Nahmad

Picasso - Femme à la montre - 1936 - huile sur toile - 65X54,2cm - Paris - Musée Picasso

Picasso - Femme à la montre - 1936 - huile sur toile - 65X54,2cm - Paris - Musée Picasso

Erwin Blumenfeld - Etude pour une photographie publicitaire - 1948 - 51x 41,5cm - Centre Pompidou - Paris

Erwin Blumenfeld - Etude pour une photographie publicitaire - 1948 - 51x 41,5cm - Centre Pompidou - Paris

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Je viens de passer quelques jours en Bretagne, je vous en rapporte une histoire de rêve, de passion, de volonté et de savoir.

A Saint Méloir des bois, joli petit village des Cotes d'Armor (en Bretagne), s'installe, il y a quelques années, un jeune anglais, John Davey, ébéniste, restaurateur et facteur d'orgue. Très rapidement il s'implique dans la vie du village, devient membre du conseil municipal. Par ailleurs, John Davey joue, chaque dimanche, de l’orgue à l'Eglise anglicane Saint Bartholomew de Dinard.

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Saint Méloir des Bois possède une église du XIXe siècle qui a été construite sur les ruines d'une chapelle du XIIIe. Si elle n'a pas un grand intérêt historique, elle possède un certain charme avec ses portes et fenêtres rutilantes, ses horloges dorées. Comme dans nombre de nos églises de village on n’y célèbre plus d'offices, sauf une fois l'an à l'Ascension pour la fête du Pardon de Saint Méloir. Pendant l’été, trois ou quatre concerts y sont organisés.

L’orgue de Saint Méloir des Bois – Côtes d’Armor -

A l'intérieur de l'église de chaque côté du chœur on peut découvrir deux statues polychromes datant du XVIIe. Marie-Thérèse, qui garde les lieux, est fière de montrer un ostensoir en cuivre doré offert par Napoléon III. A l'extérieur, dans une niche, se dissimule une Vierge à l'oiseau du XIVe siècle provenant de l'ancienne chapelle.

St Méloir,  St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP St Méloir,  St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP St Méloir,  St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP

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Mais revenons à John Davey. Il a une trentaine d’années. Il est né et a passé son enfance à Leicester en Angleterre (région Midlands de l'est) où ses parents demeurent encore. Il a été enfant de chœur dans la chapelle anglicane Saint Luc qui se trouve dans l’enceinte de l’hôpital de Leicester.

Lorsque John Davey apprend que la chapelle Saint Luc va être démolie pour permettre l'extension de l'hôpital, il se forme dans sa tête un rêve fou : ramener à Saint Méloir l'orgue de chœur qui s'y trouve. Son projet est approuvé par le Maire de St Méloir, Michel Desbois, et par le diocèse (ils n’ont pas à participer financièrement).

Ses démarches en Angleterre sont facilitées par les bonnes relations qu'il a entretenues avec la chapelle Saint Luc. Il obtient quelques aides pour le transport, mais le plus important, le démontage et le remontage restent bénévoles.

Aidé par son père, John Davey démonte, en quatre jours, l'orgue de la chapelle St Luc. L’orgue, construit en 1890 par Joshua Porritt, mesure 4,75 mètres de haut, 3 mètres de large et 2 mètres de profondeur. Il est composé de 11 jeux et 578 tuyaux (du plus minuscule au plus grand), il comporte deux claviers manuels de 56 notes et un pédalier de 30 notes. Les éléments les plus fragiles sont mis en caisses.

Pendant ce temps à Saint Méloir on prépare dans le transept nord de l’église, l’espace où l’orgue sera installé. Lors du déplacement du confessionnal on découvre, le nez dans la terre, une statue de Saint Fiacre (XIVe), patron des jardiniers, qui servait de cale.

Saint Fiacre - cliquez sur les images pour les agrandir - potos MPSaint Fiacre - cliquez sur les images pour les agrandir - potos MP

Saint Fiacre - cliquez sur les images pour les agrandir - potos MP

Le précieux chargement embarque à Portsmouth pour Saint Malo et se retrouve éparpillé sur le sol de l’église de Saint Méloir. Puzzle, jeux de construction ? Il faut désormais toute l’intelligence, la rigueur, la logique et le savoir de John Davey pour reconstruire l’orgue.

Mais le remontage ne pouvait se faire sans l'aide précieuse d'Alan Jones, enthousiasmé par le projet, possédant lui aussi ingéniosité et dextérité manuelle. Les deux compagnons vont passer plus d’un mois à redonner vie à l’instrument à vent en remettant à leur juste place les milliers de pièces.

S’il est toujours facile de démonter quoi que ce soit, remonter est un autre problème. Lequel de nous, pour monter un meuble simple, même avec un plan, ne s’est pas retrouvé avec des vis en trop, un élément dont on ne sait que faire, ou un fauteuil avec une manette derrière plutôt que sur le côté ! Mais pour les deux amis, pas de problème, sans plan, tout a été remis à la bonne place, console, registre, sommier, tuyaux, soufflerie, transmission...et l’orgue fonctionne parfaitement.

Tous les réglages ne sont pas encore terminés, mais j’ai eu la joie de faire partie des quelques privilégiés qui ont pu entendre dimanche, pour la première fois, résonner dans l’église quelques morceaux interprétés par John Davey dont la gentillesse et la simplicité égalent sa maîtrise et son savoir.

Toute mon affection à Alan Jones qui m'a fait découvrir l'orgue de Saint Méloir.

La chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandirLa chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandirLa chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandir

La chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandir

LE DEMONTAGE - diaporama

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LE REMONTAGE - diaporama

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Et l'orgue reprend doucement vie ! (vidéo Alan Jones )

FR3 Bretagne a réalisé un reportage au cours du remontage à Saint Méloir

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Le film diffusé par FR3 aux informations régionales.

Si vous souhaitez avoir des renseignements ou si vous voulez venir voir l'orgue vous pouvez contacter John Davey par mail : johannesdavey@tiscali.co.uk

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Lorsque la Beauce est sur le parcours d'un voyage, comment résister à la tentation de faire une escale à Chartres. Se retrouver, même un bref instant, dans la cathédrale, est un moment privilégié de sérénité et de recueillement.

Notre Dame de Chartres, cathédrale gothique construite au début du XIIIe siècle (pour la majeure partie en trente ans), sur les ruines d'une cathédrale romane détruite lors d'un incendie en 1194, est la mieux conservée de son époque pour ses sculptures, son dallage exceptionnel, notamment le labyrinthe, et ses vitraux exaltant le "bleu de Chartres".

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La cathédrale possède 176 verrières datant des XIIe et XIIIe. Le bleu clair, dit "bleu de Chartres" est obtenu au moyen du bleu de cobalt et laisse passer la lumière de façon étonnante. Le vitrail de "Notre Dame de la Belle Verrière", qui a miraculeusement échappé à l'incendie (première moitié du 12e siècle), est le plus célèbre de la cathédrale.

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Notre Dame de la Belle Verrière (photos web)Notre Dame de la Belle Verrière (photos web)

Notre Dame de la Belle Verrière (photos web)

Voir un site excellent pour scruter en détail les vitraux de Chartres qu'il est difficile de voir à l'œil nu :

http://www.cathedrale-chartres.org/vitraux-cathedrale-chartres.php?id=2

La cathédrale de Chartres est la seule à avoir conservé son labyrinthe. Auxerre, Sens, Reims et Arras en comportaient de comparables qui ont été détruits respectivement en 1690, 1768, 1778, 1795. En 1826 le labyrinthe d'Amiens subissait le même sort mais était rétabli en 1894. Une probable raison de la destruction : les gens qui déambulaient dans les labyrinthes perturbaient les offices. Le labyrinthe de Chartres est le plus grand, son diamètre atteint presque treize mètres.

C' est un long chemin sur une surface réduite, dans lequel, contrairement au labyrinthe de Dédale, on ne peut pas se perdre. Il n'y a aucun piège, il faut seulement de la persévérance pour atteindre le centre, qui pour le monde gréco-romain représentait la mort, l'entrée étant la naissance et le parcours la vie. Pour le christianisme c'est l'Eglise qui détient le fil d'Ariane qui permet d'accéder au ciel et à la vie éternelle.

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L'autre intérêt de cette escale à Chartres était la manifestation "Portes ouvertes" des ateliers des maîtres verriers de Chartres et d'Eure-et-Loir. J'ai visité les ateliers Lorin-Hermet-Juteau, qui se trouve au pied de la cathédrale, sur les bords de l’Eure, dans l'ancien quartier médiéval. Après une agréable promenade au bord de la rivière, le portail franchi, on découvre un jardin charmant et une bâtisse de caractère.

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Cet atelier, le plus ancien de la région, a été fondé en 1869 par Nicolas Lorin sur l'emplacement d'une ancienne tannerie. Trois générations se sont donc succédé, Charles puis François jusqu'en 1972. A l'époque de l'Exposition Universelle de 1878, la Maison Lorin employait 53 personnes, exécutant de nombreux vitraux en France comme à l'étranger.

Les locaux qui possèdent encore des équipements de la fin du 19e siècle ont été inscrits au patrimoine des "Monuments historiques" en 1999.

En 1972, Gérard Hermet, Jacques et Mireille Juteau tous trois maîtres verriers et diplômés de l'école nationale supérieure des métiers d'Art , achetèrent l'entreprise. Depuis le décès de Jacques Juteau, en 1988, Gérard Hermet et Mireille Juteau continuent de faire vivre l'atelier avec leur équipe de compagnons.

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A. Mannessier - Eglise St Sepultre Abeville
A. Mannessier - Eglise St Sepultre Abeville

Les ateliers restaurent aussi bien des vitraux médiévaux que des vitraux du XIXe siècle. Leur a été confiée notamment la restauration des vitraux prestigieux de Chartres, de Tours, de Bourges et de Rouen. Gérard Hermet et Mireille Juteau ont également leurs propres créations et ont travaillé avec des artistes tels Alfred Manessier, Philippe Lejeune ou Jean Pierre Raynaud.

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Créations Mireille Juteau - Eglise de Jambville  et Eglise de Saintes (photos web)Créations Mireille Juteau - Eglise de Jambville  et Eglise de Saintes (photos web)

Créations Mireille Juteau - Eglise de Jambville et Eglise de Saintes (photos web)

Cathédrale de Chartres - restauration - avant/après (photo web)

Cathédrale de Chartres - restauration - avant/après (photo web)

Actuellement les ateliers travaillent sur les vitraux de la cathédrale Saint Maclou de Pontoise, ces trésors de la Renaissance étaient altérés par la pollution et la condensation de l'eau. Les vitraux ont été déposés panneau par panneau, les baies ont été numérotées et conditionnées pour être transportées à Chartres. Certains panneaux ont déjà été réinstallés dans la cathédrale (voir vidéo ci-dessous), d'autres sont encore dans les ateliers. On peut donc voir de très près les couleurs éclatantes, les détails des visages, la peinture en grisaille, remarquer aussi les restaurations précédentes, pas toujours heureuses, que les maitres verriers s'appliquent à refaire.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

J'ai été séduite par le très beau dessin de Charles Crauk (1819-1905), peintre néoclassique. Ce précieux carton, conservé par l'atelier et exposé au mur, est celui d'un vitrail de l'église Saint Hilaire de Ladon (près de Montargis dans le Loiret) : "Le soir du combat, les habitants de Ladon secourent les soldats blessés".

Dans l'église de Ladon, un deuxième vitrail évoque également ce combat qui eût lieu le 24 novembre 1870, lors de la guerre franco-allemande. Son sujet : "1430 soldats français défendant Ladon contre 8000 allemands". Tous deux sont signées et datées "C.Lorin, Chartres 1894". Charles Lorin expose le second vitrail lors de l'exposition des « Arts appliqués à l'industrie » à la salle des fêtes d'Orléans en mai 1894.(voir "Journal du Loiret" du 24 mai 1894 ci-contre)

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Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)

Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)

C'était une passionnante visite. J'ai beaucoup apprécié pouvoir communiquer avec les maîtres verriers et j'ai été sensible, comme les très nombreux visiteurs, à la chaleur de leur accueil.

Avant de quitter Chartres, je suis allée revoir le Centre International du Vitrail qui occupe l'ancienne grange aux dimes ( 2e et 13e siècles) édifiée par les chanoines de la cathédrale. On peut y admirer une collection permanente de vitraux de la Renaissance en provenance d'édifices de Chartres disparus au cours de l'histoire, et actuellement une exposition temporaire de vitraux contemporains.

Centre International du Vitrail  - Vitrail de Saint Paul - XIIIe
Centre International du Vitrail  - Vitrail de Saint Paul - XIIIeCentre International du Vitrail  - Vitrail de Saint Paul - XIIIe

Centre International du Vitrail - Vitrail de Saint Paul - XIIIe

UN APERCU DE LA TECHNIQUE DE BASE DU VITRAIL

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La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

La technique du vitrail est très ancienne et maitrisée depuis le XIIe siècle. A cette époque on commence à utiliser les tiges de plomb pour enchâsser les morceaux de verre à la place du châssis en bois. Quelques améliorations au XVIe : le diamant remplace la tige chauffée au rouge. De nos jours la cuisson est simplifiée par l'emploi de fours électriques.

La maquette : elle est à l'échelle 1/10e, indiquant le tracé général des plombs, la place de l'armature métallique qui maintient les différents panneaux, les taches de couleur, le détail des personnages, décoration, etc.

Le carton : c'est l'agrandissement de la maquette sans indication de couleur et précisant le réseau de plomb.

Le calque : permet de relever par transparence le dessin des lignes du carton, il déterminera la découpe des morceaux de verre. Les différents éléments sont numérotés

Le calibre : le calque est reporté sur un papier fort (ainsi que les numéros) qui est ensuite découpé soit à la lame si le dessin est géométrique, soit au ciseaux à trois lames permettant d’enlever une bande de papier dont la largeur est égale à l'épaisseur de l'âme du plomb.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

La coupe du verre : il est coupé en fonction du calibre au moyen d'un diamant. On utilise un petit marteau (marteline) pour détacher le morceau en frappant sur la face opposé à la coupe à l'endroit du trait du diamant. Les imperfections sont corrigés avec une pince plate ou grugeoire, les arêtes vives sont polies afin d'éviter les coupures.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

Les verres sont teintés ou blancs. La palette de couleur est étendue, les teintes se font le plus souvent dans la masse à l'aide d'oxydes métalliques, mais il existe d'autres techniques.

Chaque morceau est placé sur le calque pour suivre la progression du travail.

La peinture : Elle est appelée "grisaille". C'est un oxyde de cuivre finement broyé, selon les techniques délayé à l'eau, au vinaigre ou à la térébenthine. On y ajoute une petite quantité de gomme arabique ou d'essence grasse pour l'adhésion au verre. Il existe plusieurs couleurs de grisaille. Pour donner la teinte de la chair on applique sur le verso du verre un jaune d'argent ou un jaune orangé

Les plaques peintes doivent être cuites dans un four à une température de 630°. On compte 4 à 5 heures pour obtenir le degré voulu. Il faut ensuite attendre 24 h. avant de défourner pour éviter un refroidissement brutal qui casserait les plaques.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

Le sertissage : chaque pièce est encastrée dans les baguettes de plomb, lorsque tous les plombs sont assemblés ils sont solidarisés en faisant fondre un peu d'étain à chaque intersection.

Pour des raisons de solidité la surface d'un panneau de vitrail n'excède jamais 1m2. Au-delà de cette surface le vitrail est divisé au moyen de tiges métalliques (barbotières, pannetons et feuillards).

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C'est toujours un immense plaisir d'entrer dans le Petit Palais, j'aime son hall somptueux et sa cour intérieur, qui ce jour là était inondée de soleil.

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Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015
Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015
Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015

L'exposition "Les bas-fonds du Baroque" s'ouvre sur un espace où, sur les murs, sont reproduites en grand format, des vues de Rome gravées par Giovanni Batista Falda. On peut y admirer également des copies d'antiques redécouvertes dans la cité papale. C'est un décor très impressionnant.

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La visite se poursuit de façon thématique : le souffle de Bacchus, la bohème des peintres, les charmes et sortilèges, les vices, les plaisirs et les passions, les désordres et la violence, Rome souillée ...

Le Caravage, souvent nommé, n'a par contre pas une seule toile sur les cimaises. Il est pourtant l'inspirateur de nombreux peintres présentés, et sa vie elle-même (ses démêlés avec la justice, ses duels) est très représentative de la vie romaine du XVIIe siècle.

 les photos qui suivent proviennent d'Internet
 Le jeune Bacchus malade - Le Caravage -  1593 galerie Borghèse

Le jeune Bacchus malade - Le Caravage - 1593 galerie Borghèse

Garçon avec panier de fruits - Le Caravage - 1593 galerie Borghèse

Garçon avec panier de fruits - Le Caravage - 1593 galerie Borghèse

L'exposition réunit des peintres caravagesques, des Bamboccianti et des paysagistes italianisants, venant de France (Valentin de Boulogne, Simon Vouet, Nicolas Tournier, Claude Lorrain), d'Europe du Nord (Pieter van Laer, Gerrit van Honthorst, Jan Miel) ou du Sud (Bartolomeo Manfredi, Lanfranco, Salvator Rosa ou Jusepe de Ribera).

Les caravagesques, qualifiés alors de naturalisti se réclament d'un art d'après nature. Les personnages des premiers plans, qu'ils soient cardinaux ou gueux sont peints "grandeur nature". Le clair-obscur est très utilisé.

Les Bamboccianti sont les suiveurs de Pieter Boddingh van Laer, surnommé "il Bamboccio" (le pantin) en raison de ses difformités physiques. Leurs œuvres, les bambochades, de petit format, figurent des personnages du petit peuple dans un paysage romain.

Les paysagistes italianisants, montrent la Rome pontificale de pauvres mis en scène dans les ruines romaines, symboles de la grandeur de la Ville éternelle.

Les artistes se retrouvent au sein de la confrérie des "Bentvueghels" (les oiseaux de la bande). A leur entrée dans l'association, les membres sont baptisés au vin. Ils sont tous peintres, de nationalité étrangère, jeunes, célibataires, fauchés, amoureux, toujours un verre à la main. Tous peignent "d'après nature" la vie nocturne des tavernes où se retrouvent la misère, la violence, la grossièreté. On y joue, on y boit. Bacchus est à l'honneur.

Manfredi (1582-1622) - Bacchus et un buveur vers 1621 - huile sur toile 132x96cm - Rome Palazzo Barberini

Manfredi (1582-1622) - Bacchus et un buveur vers 1621 - huile sur toile 132x96cm - Rome Palazzo Barberini

Anonyme caravagesque nordique (Simon Vouet ?) Homme faisant le geste de la fica - vers 1615-1625 - Huile sur toile 51x39cm. Lucques Palazzo Mansi
Anonyme caravagesque nordique (Simon Vouet ?) Homme faisant le geste de la fica - vers 1615-1625 - Huile sur toile 51x39cm. Lucques Palazzo Mansi

Le personnage fait le geste de la fica avec sa main, le pouce étant placé entre le majeur et l'index. Geste vulgaire qui figure une figue, symbole de la fécondité depuis l'Antiquité, mais aussi image du sexe féminin.

Simon Vouet (1590-1649) Jeune homme aux figues - vers 1615, huile sur toile 77,5x62,5cm - Caen Musée des Beaux Arts.
Simon Vouet (1590-1649) Jeune homme aux figues - vers 1615, huile sur toile 77,5x62,5cm - Caen Musée des Beaux Arts.

Ce jeune homme en costume féminin fait de la main droite le geste de la fica. Dans la main gauche, il tient deux figues qui renvoient plutôt à l'anatomie masculine. Son petit sourire moqueur apparaît comme une provocation : suis-je homme ou femme ? Ce tableau comme le suivant témoigne de l'atmosphère licencieuse dans la cité papale.

Giovanni Lanfranco (1582-1647) - jeune homme nu sur un lit avec un chat - 1620-1622 - huile sur toile 60x113cm - Londres Walpole Gallery

Giovanni Lanfranco (1582-1647) - jeune homme nu sur un lit avec un chat - 1620-1622 - huile sur toile 60x113cm - Londres Walpole Gallery

Jusepe de Ribera (1591-1652) Mendiant vers 1612 - huile sur toile 106x76cm. Rome Musée Borghese.
Jusepe de Ribera (1591-1652) Mendiant vers 1612 - huile sur toile 106x76cm. Rome Musée Borghese.

Le motif du mendiant, singulier au début des années 1610 va se multiplier. Ribera fait ici un véritable "portrait" de cet homme qui tend son chapeau pour recevoir une aumône, il lui donne la dignité qu'il confèrerait à un apôtre.

Poelenburgh peint une scène pastorale : des chèvres et des vaches paissent dans des ruines romaines surmontées d'une statue de vestale. Avec de très bons yeux on peut voir, sous la statue, un personnage de dos qui urine.

Salvator Rosa (1615-1673) Paysage de ruines avec une scène pastorale - vers 1621-1623, huile sur bois, 39x31,3cm Ariccia, Palazzo Chigi, collection Ferrari Salvator Rosa (1615-1673) Paysage de ruines avec une scène pastorale - vers 1621-1623, huile sur bois, 39x31,3cm Ariccia, Palazzo Chigi, collection Ferrari

Salvator Rosa (1615-1673) Paysage de ruines avec une scène pastorale - vers 1621-1623, huile sur bois, 39x31,3cm Ariccia, Palazzo Chigi, collection Ferrari

Rome est l'une des premières villes d'Europe à prendre des mesures répressives contre la mendicité. En 1581 huit cent cinquante pauvres sont placés dans l'ancien monastère San Sisto, transformé en hospice. En 1587, Sixte Quint interdit la mendicité dans les rues et fait interner les indigents dans un nouvel hospice qui peut accueillir deux mille personnes.

Sébastien Bourdon (1616-1671) mendiants devant un four à chaud - 1636-1638 - huile sur bois - Valencienne musée des beaux arts

Sébastien Bourdon (1616-1671) mendiants devant un four à chaud - 1636-1638 - huile sur bois - Valencienne musée des beaux arts

Grand maître des bambochades, Pieter Boddingh se représente en sorcier-alchimiste, figure de la mélancolie et du savoir. Au premier plan une nature morte avec un crâne (tradition des vanités). Le sorcier est effrayé par les pattes griffues d'un démon qui apparaissent sur le bord droit du tableau.

Pieter Boddingh van Laer (1599-1642) Autoportrait avec une scène de magie vers 1638 - huile sur toile 78,8x112,8cm

Pieter Boddingh van Laer (1599-1642) Autoportrait avec une scène de magie vers 1638 - huile sur toile 78,8x112,8cm

On peut, entre autres belles œuvres, admirer :

Claude VIgnon - (1503-1670) le jeune chanteur -  vers 1623 - huile sur toile 95x90cm Paris musée du Louvre

Claude VIgnon - (1503-1670) le jeune chanteur - vers 1623 - huile sur toile 95x90cm Paris musée du Louvre

Nicolas Régnier (vers 1588-1667) La farce, vers 1524-1625 - hile sur toile 97x131cm - Stockholm - Nationalmuséum

Nicolas Régnier (vers 1588-1667) La farce, vers 1524-1625 - hile sur toile 97x131cm - Stockholm - Nationalmuséum

Angelo Caroselli (1585-1652) Scène de sorcellerie - vers 1615 - huile sur panneau de noyer 66x61 - collection particulière

Angelo Caroselli (1585-1652) Scène de sorcellerie - vers 1615 - huile sur panneau de noyer 66x61 - collection particulière

Angelo Caroselli (1585-1652) Vanité ou Vanitas-Prudenza - vers 1615 - huile sur panneau de noyer 66x61cm - Florence Fondazione Longhi

Angelo Caroselli (1585-1652) Vanité ou Vanitas-Prudenza - vers 1615 - huile sur panneau de noyer 66x61cm - Florence Fondazione Longhi

Exposition riche et complexe. Le décor des salles, miroirs et tentures pourpres, confère une ambiance très sombre dans laquelle il est difficile de voir les détails des tableaux.

Exposition jusqu'au 24 Mai - Petit Palais, av. Winston Churchill - PARIS 8e

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Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015

Cette même exposition a été présentée à la Villa Médicis à Rome du 7 octobre 2014 au 18 janvier 2015. (voir ci-dessous).

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