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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

" Velázquez a trouvé le parfait équilibre entre l'image idéale qu'on lui demandait de reproduire et l'émotion qui submerge le spectateur" Francis Bacon

Si l'on peut admirer , dans l'importante collection espagnole du musée du Louvre , Goya, le Greco, Zurbaran, Murillo, Ribera .., nous ne pouvons voir aucun tableau de Velázquez , seulement six œuvres de peintres qui gravitaient autour du Maître.

Le Louvre a manqué l'occasion de posséder un Velázquez lors d'un échange fait avec l'Espagne en 1941. Le Maréchal Pétain cherchait l'appui de Franco pour les négociations avec l'Allemagne. La France céda à l'Espagne des œuvres importantes comme "La dame d'Elche", une sculpture espagnole du Ve siècle avant JC, et "L'Immaculée Conception" de Murillo. En contrepartie, les conservateurs du Louvre pouvaient choisir au Prado deux tableaux parmi ceux que le musée possédait en deux exemplaires. Ils firent le bon choix entre les deux portraits d'Antonio de Covarrubias attribués au Greco. Manque de chance, entre les deux portraits de la reine Marie-Anne d'Autriche attribués à Velázquez, ils choisirent une réplique d'atelier.

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Velázquez Marie-Anne d'Autriche -  Musée du Prado  et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652Velázquez Marie-Anne d'Autriche -  Musée du Prado  et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652

Velázquez Marie-Anne d'Autriche - Musée du Prado et atelier de Velázquez - Musée du Louvre 209x125cm - vers 1652

Les tableaux de Velázquez sont rares (cent vingt conservés aujourd'hui) et surtout concentrés au musée du Prado (ce qui est légitime), quelques uns sont à Londres, à Rome,ou à Vienne etc. L'exposition du Grand Palais est la première grande rétrospective consacrée au Maître, elle présente soixante quatre chefs d'œuvres.

10 h du matin, étonnamment pas de file d'attente. Il en sera de même lorsque je ressortirai, Vélasquez n'attire pas la foule, et pourtant…

… pourtant ses portraits sont une merveille de sobriété et de naturel. Sa peinture qui semble à première vue d'une réalité surprenante n'est constituée, si l'on se rapproche des œuvres, que d'une succession de touches, un "tremblé du pinceau" , étonnant dans les tissus, les dentelles.

Vélasquez travaille "alla prima", il attaque directement la toile sans dessin préalable. Ses ennemis affirmaient "tout son art se limite à savoir peindre une tête", Velázquez ne peint pas "une tête", mais des physionomies vivantes et présentes qui nous parlent. D'ailleurs le pape Innocent X aurait dit en voyant son portrait : "troppo vero".

 Portrait du pape Innocent X - 1650 - 140x120cm - Rome, Galleria Doria Pamphilj

Portrait du pape Innocent X - 1650 - 140x120cm - Rome, Galleria Doria Pamphilj

Diego Velázquez voit le jour à Séville en 1599. Ainé de huit enfants, d'un homme de loi d'origine portugaise et d'une demoiselle de petite noblesse, il se fera connaître sous le nom de sa mère selon la tradition andalouse. Très tôt il découvre sa vocation artistique. Il entre à 11 ans dans l'atelier de Francisco Pacheco. Après cinq ans d'apprentissage il est agréé par la corporation des peintres et épouse Juana, la fille de son maître.

A partir de 1623, Velázquez devient peintre de cour, "Peintre de chambre" du roi Philippe IV, c'est ce qu'il souhaitait ardemment. Il doit répondre aux demandes de répliques des portraits de la famille royale. Beaucoup sont peintes par son atelier, et par son bras droit, Bautista Martinez Del Mazo, qui deviendra son gendre.

En 1643 il est nommé valet de chambre, sans exercice, assistant de la surintendance des Travaux Particuliers. En 1649, il est chargé de rassembler des œuvres d'art pour le roi, il effectue ainsi son second voyage en Italie (il peint à Rome le portrait du pape Innocent X). Puis il obtient la charge suprême de grand maréchal du Palais et en 1659 l'habit tant espéré de l'ordre de Santiago (ordre militaire et religieux catholique - Velázquez porte l'emblème sur sa poitrine dans son tableau des "Ménines" peint en 1656 - il aurait été rajouté après sa mort). En 1660, année de sa mort, il assiste en qualité de grand maréchal, au mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse, fille de Philippe IV.

La plus grande partie de sa vie, absorbée par les tâches administratives, son principal client étant le roi d'Espagne, Velázquez aura une production réduite. Il ne fera pas école (contrairement à Rubens, son rival à la cour de Philippe IV) et son style s'éteindra avec la mort de son gendre Del Mazo.

Le goût pour la peinture espagnole n'apparaît en France qu'au XIXe siècle. Tout comme le Caravage et Goya, Velázquez aura une influence sur les peintres de ce siècle et des suivants. Pour Manet il était "le plus grand peintre qui n'ait jamais existé". Il suscitera l'admiration de Picasso qui exécutera cinquante huit variantes sur les "Ménines" , et de Bacon qui peindra une série de quarante cinq tableaux sur le portrait d'Innocent X.

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Bacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les MéninesBacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les Ménines

Bacon - 1953 - Portrait d'Innocent X d'après Velázquez et Picasso - Les Ménines

Il est possible, pour certains visiteurs, que la succession des nombreux portraits de Velázquez et de ses collaborateurs paraisse ennuyeuse. Est-ce cela qui aura rebuté le public ou l'absence des célèbres Ménines ? Je ne vais pas me plaindre, j'ai pu admirer en toute quiétude les portraits aux regards puissants, la douceur des visages d'enfants, la beauté de Vénus, Saint Paul et Saint Thomas dont j'ai eu du mal à m'éloigner, l "Allégorie féminine" , et la merveilleuse "Sainte Lucine". L'impressionnant dernier tableau, énorme cheval blanc qui se cabre, sellé mais dépourvu de cavalier, semble prêt à galoper vers la profondeur sombre du tableau, laissant derrière lui le génie Velázquez et le siècle d'or espagnol.

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1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 16351 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 1635
1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 16351 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 -  Pablo de Valladolid 1635

1 - Luis de Congora y Argote - 1622 ; 2 - Portrait d'homme 1634 ; 3 - Juan Martinez Montanés 1635 ; 4 - Pablo de Valladolid 1635

  - autoportrait - vers 1640 45x38cm - Musée des Beaux Arts de Valence

- autoportrait - vers 1640 45x38cm - Musée des Beaux Arts de Valence

L'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New HavenL'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New Haven

L'immaculée Conception - 1618 1619 - 103x101,6cm - Natinal Gallery Londres et l'Education de la Vierge vers 1617-1618 - huile sur toile 168x136cm - Yale University New Haven

Bodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux ArtsBodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux Arts

Bodegones/ Trois Musiciens - vers 1616-1617 - huile sur toile 87x110cm - Berlin et Le repas des paysans vers 1618 - 96x112cm Budapest musée des Beaux Arts

Le Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National GalleryLe Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National Gallery

Le Christ chez Marthe et Marie - 1618 - huile sur toile - Londres et Le Repas à Emmaüs - vers 1617 huile sur toile 56,5x133,2cm - Dublin National Gallery

Apollon dans la forge de Vulcain - 1630 - huile sur toile - 222x290cm - Madrid, Prado

Apollon dans la forge de Vulcain - 1630 - huile sur toile - 222x290cm - Madrid, Prado

Allégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New YorkAllégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New York

Allégorie féminine - vers 1645-1655 - huile sur toile 64x58cm, Dallas et Jeune paysanne vers 1650 - huile sur toile 60x46,5cm, New York

La toilette de Vénus (Vénus au miroir) - 1647-1651 huile sur toile 123x177cm Londres National Gallery

La toilette de Vénus (Vénus au miroir) - 1647-1651 huile sur toile 123x177cm Londres National Gallery

Saint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux ArtsSaint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux Arts

Saint Paul 1616-1619 - huile sur toile 99,5x80cm - huile sur toile - Barcelone Musée National et l'Apôtre saint Thomas - 1619-1620 - huile sur toile 94x73cm - Orléans Musée des Beaux Arts

Portrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - ViennePortrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - Vienne

Portrait de Philippe IV en chasseur - vers 1632/1634 huile sur toile 200x120cm - Castres musée Goya et Portrait de l'Infante Marguerite en bleu - vers 1650 - 127x107cm huile sur toile - Vienne

Portrait équestre du prince Balthazar Carlos - Huile sur toile 212x177cm - Madrid Musée du Prado

Portrait équestre du prince Balthazar Carlos - Huile sur toile 212x177cm - Madrid Musée du Prado

L'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulièreL'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulière

L'Infant Felipe Prospero - 1659, huile sur toile 128,5x99,5cm - Vienne et Sainte Rufine - 1617 huile sur bois 35x28,5cm collection particulière

Marie Thérèse infante d'Espagne - 1651-1654 - huile sur toile 34,3X40cm - Metropolitan New York - Remarquez les merveilleux papillons de soie dans les cheveux !

Marie Thérèse infante d'Espagne - 1651-1654 - huile sur toile 34,3X40cm - Metropolitan New York - Remarquez les merveilleux papillons de soie dans les cheveux !

Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile

Les Ménines (las meninas - demoiselles d'honneur) - 1656 - 318x276cm - Musée du Prado. Le tableau devait être une affirmation de la continuité dynastique en la personne de l'infante Marguerite, mais la naissance d'un héritier mâle obligea Velazquez à modifier sa toile. Il élimina un personnage clé en peignant par -dessus son portrait devant sa toile

L’exposition présente évidemment de nombreuses toiles d’artistes que Velázquez a pu connaître, admirer ou influencer, beaucoup m'ont séduites mais j'ai volontairement choisi de ne présenter que des oeuvres du "peintre des peintres"

photos web - texte Michèle Pellevillain

Exposition au Grand Palais PARIS jusqu'au 13 juillet 2015

Un cheval blanc - vers 1636 - huile sur toile - 310x245cm - Madrid Palacio Real

Un cheval blanc - vers 1636 - huile sur toile - 310x245cm - Madrid Palacio Real

Nota

Après les encombrants groupes et les audio-guides , arrive un nouveau joujou : les lunettes ultralégères (l'audio-guide finissant par faire mal au bras !) " Google Glass" avec commentaires et plan de visite intégré pour un certain nombre d'œuvres… on peut même zoomer. Onze paires étaient à la disposition des visiteurs moyennant 8 euros (hors billet) et 300 euros de caution : "Si l’on se contente de regarder les 12 œuvres, la visite dure environ 1h. Nous avons pensé qu’une visite courte pourrait peut-être séduire un nouveau public , commente Agnès Alfandari. Ce qui est certain, c’est qu’on ressort avec le sentiment d’avoir vécu une expérience différente de tous les autres visiteurs". Je ne commenterai pas !

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Markus Lüpertz - Musée d'Art Moderne Paris - juin 2015

Je vous emmène aujourd'hui à la rencontre d'un artiste qui m'était, je l'avoue, totalement inconnu. La rencontre se fait par un passage vers un parc mystérieux. L'inconnu, c'est l'aventure, je ne la partagerai qu'avec quelques aventuriers masculins. L'espace sera tout à moi, sans groupes encordés à un guide, sans visiteurs casqués : liberté et bonheur absolu.

En 1941, Markus Lüpertz naît en Bohême, d'un père tchèque et d'une mère polonaise. La famille n'est devenue allemande qu'après la guerre. Il quitte rapidement l'école pour entrer en apprentissage chez un peintre, fabriquant d'étiquettes de bouteilles de vin, puis chez un graphiste qui lui fait intégrer l'école d'art appliqué de Krefeld. Markus Lüpertz a seulement quinze ans et son père doit lui faire une autorisation pour peindre les nus d'après modèles.

Lorsqu'il commence à peindre, l'expressionnisme abstrait et le pop art dominent le monde de l'art. Rapidement il s'émancipe et trouve sa propre voie où il confronte figuration et abstraction : "Le retour à la figuration est une nécessité formelle faisant suite à l'abstraction. Après le cinq cent millième carré et la énième forme, le sujet était épuisé…. quand nous peignons des nus, des figures, des paysages, c'est un élargissement de l'abstraction" (entretien avec Yasmine Youssi)

En 1962 il s'installe à Berlin ouest où il créait une galerie. En 1976 il est nommé professeur à l'académie des beaux-arts de Karlsruhe, puis en 1988, il devient directeur de l'académie des beaux-arts de Düsseldorf.

La grande rétrospective présentée au MAM s'échelonne de 1964 à 2015. Elle est conçue à rebours (peut-être pour renforcer le lien que l'artiste fait entre présent et passé ou parce qu'il affirme « Je travaille comme si je devenais de plus en plus jeune ») et s'articule autour de différentes thématiques qu'il serait trop long de détailler, j'en citerai quelques unes avec les images.

Entrer dans le monde de Markus Lupertz, passer de salle en salle, c'est faire un voyage à travers des paysages aux couleurs vives, des montagnes sombres, des plaines aux blés murs, croiser Ulysse, Mozart, Saliéri, des géants en marche, des soldats. .. on rêve, on invente des histoires, on sourit. Markus Lupertz s'entretient avec les maîtres du passé : Picasso, Poussin, Goya. Parfois une œuvre fait penser à Baselitz , Chagal ou Basquiat .

Escale. Dans une salle sombre, une projection : rencontre avec l'homme Markus Lupertz. Il marche lentement dans une grande allée bordée d'arbres (sans doute en rapport avec le décor franchi à l'entrée). Il porte une grande cape et un chapeau, tient à la main une canne : il est d'un autre siècle, éloigné de son œuvre. Il s'assoit et lit un de ses poèmes. Interview : il pose, costume noir très chic, bagues d'argent, il est hautain, je dirai même suffisant : "Mes élèves m'adulaient". Joue-t-il un rôle ?. Il semble plus sincère accoudé à un bar, décontracté : "J'ai besoin de la ville, du bruit, de voir des gens.." Je le préfère couvert de plâtre, artiste au travail, dans sa vérité.

Après cette rencontre avec l'homme extravagant et égocentrique qui me fait penser un peu à Dali, retrouver ses œuvres de jeunesse me ravit. Eléments figuratifs simplifiés, isolés, grossis : casquettes, casques, tentes perdent leur identité et parviennent à une sorte d'abstraction.

Une dernière œuvre avant de quitter l'exposition, datée de 1963/64. Donald Duck me fait un clin d'œil : belle aventure n'est-ce pas ? Découverte d'un des plus importants représentants du néo-expressionnisme allemand. Et tu ne connaissais pas ? Ignorante que tu es !

Photos MP - cliquez sur les images pour les agrandir
"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens

"Arcadies" - 2013-2015 - Les oeuvres traduisent son intérêt pour les légendes et les figures de la mythologie grecque. L'Arcadie figure le pays du bonheur. Sculpture : Ulysse : Peintures : Arkadiens

"Nus de Dos" - 2004-2005 - Inspirés, entre autres, des bas reliefs de Matisse, les nus se transforment en torse.

"Nus de Dos" - 2004-2005 - Inspirés, entre autres, des bas reliefs de Matisse, les nus se transforment en torse.

Le matin ou HoderlinLe matin ou HoderlinLe matin ou Hoderlin

Le matin ou Hoderlin

Matin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'aubergeMatin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'auberge

Matin, midi, minuit - Attaque - Saint Samaritain - Arrivée à l'auberge

"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner."Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner."Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.

"Hommes sans femmes, Parsifal" 1993-1997 - La série comprend plusieurs centaines d'oeuvres inspirées de Perceval, figure de la légende arthurienne, et peut-être de l'interprétation qu'en a donnée Wagner.

2005 - Mozart et Salieri2005 - Mozart et Salieri2005 - Mozart et Salieri

2005 - Mozart et Salieri

"Le sourire Mycénien" - 1985 - Peintures monumentales renvoyant à l'Antiquité grecque.

"Le sourire Mycénien" - 1985 - Peintures monumentales renvoyant à l'Antiquité grecque.

"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature

"La guerre" 1992 - Exécution et Dictature

"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau

"D'après Poussin" - 1989-1990 - un fragment issu d'un tableau ancien est réinséré dans un contexte nouveau

"Congo" - 1981 - Pour l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Markus Lüpertz réalise un ensemble de peintures sur le thème "Congo-Correction du constructivisme" évoquant les principes du cubisme. C'est aussi à cette période qu'il commence à créer ses premières sculptures

"Congo" - 1981 - Pour l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Markus Lüpertz réalise un ensemble de peintures sur le thème "Congo-Correction du constructivisme" évoquant les principes du cubisme. C'est aussi à cette période qu'il commence à créer ses premières sculptures

"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail."Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail."Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.

"Peinture dithyrambique" 1964-1976 - Markus Lûpertz, comme il le formule lui même "impose aux objets existants une contruction" : simplification de la forme, exagération de la plasticité ou encore grossissement du détail.

1967 Arrangement pour une casquette

1967 Arrangement pour une casquette

Les blésLes blés

Les blés

1965 - Tunnel de fleurs rouges

1965 - Tunnel de fleurs rouges

Donald Duck - 1963/64
Donald Duck - 1963/64

Exposition jusqu'au 19 Juillet 2015 -

Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Avenue du Président Wilson - 75116

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Publié dans : #Expositions à Paris

LES PASSIONS DE ROBERTO LONGHI

Le Musée Jacquemart-André abrite en ce moment une très belle exposition intitulée de Giotto à Caravage. Elle rassemble un certain nombre d'œuvres acquises par l'historien d'art , poète, écrivain et collectionneur Roberto Longhi.

Roberto Longhi naît à Alba dans le Piémont en 1890. Il étudie à l'université de Turin dont l'atmosphère conservatrice fait le désespoir de ses vingt ans. Marqué par ses origines piémontaises il s'intéresse plus aux peintres de l'Italie du nord qu'aux Toscans. En 1911, il propose une thèse qui apparaît, à l'époque, pour le moins originale ; elle concerne un lombard : Caravage. Est-ce le choc devant les toiles de Courbet vues à la Biennale de Venise en 1910 qui l'a mené à Caravage. Il dira du maître d'Ornans qu'il a "une sévérité dépouillée tout à fait caravagesque".

Au moment où Roberto Longhi soutient sa thèse sur Caravage, le XVIIe est relativement ignoré en Italie car étouffé entre le brillant XVIe , avec Raphaël et Michel-Ange, et l'élégant XVIIIe et les védutistes, Guardi, Canaletto, Pannini, Piranèse.

Caravage (1571-1610), de son vrai nom Michelangelo Mérisi (Caravaggio est le village où il est né), était considéré comme un peintre brutal et vulgaire. Sa peinture était jugée scandaleuse (il faisait poser des filles du peuple, des pochards et des prostituées), sa vie l'était tout autant, il fut arrêté et incarcéré de nombreuses fois. En 1600, les toiles peintes pour l'église Saint-Louis-des-Français (Le Martyre de saint Matthieu) l'ont rendu célèbre à Rome. Plus tard il sera adulé à Naples. Recherché pour meurtre il part pour Malte où il est intronisé chevalier. Une nouvelle incartade lui vaut un séjour en prison. Il s'évade et s'installe en Sicile pour une année. Il y peint "la Résurrection de Lazare". Il regagne Naples, peint "David tenant la tête de Goliath" . Victime d'un attentat, blessé, il part pour Rome à bord d'une felouque. En 1610, on le retrouve mort sur une plage près de Rome. Il n'a pas quarante ans.

Caravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de CaravageCaravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de Caravage

Caravage - Le Martyre de saint Matthieu - 1599-1600 - huile sur toile 323x343 - Rome -Eglise Saint-Louis-des-Français. Détail - Au fond en haut à gauche du tableau autoportrait de Caravage

Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.  Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.

Caravage - David tenant la tête de Goliath - 1605-1606 - huile sur toile 125x100cm - Rome - Galerie Borghèse - Détail - autoportrait de Caravage où l'on distingue, sur le front, la trace de la blessure reçue à Naples.

Caravage - Petit Bacchus malade - vers 1593-1594 - huile sur toile 67x53cm - Rome Galerie Borghèse. Caravage a réalisé trois autoportraits, celui-ci étant le premier.

Caravage - Petit Bacchus malade - vers 1593-1594 - huile sur toile 67x53cm - Rome Galerie Borghèse. Caravage a réalisé trois autoportraits, celui-ci étant le premier.

Contesté de son vivant, il l'est encore plus après sa mort. Ses œuvres sont redistribuées à ses rivaux. Totalement oublié, il disparaitra durant trois siècles. Il faudra attendre 1890 et l'autrichien Wolfgang Kallab pour que des œuvres aux attributions discutées soient réattribuées à Caravage en se fondant sur le traitement de la lumière et sur certaines particularités. Avec la découverte de documents d'archives, d'autres spécialistes continueront les travaux, et en 1920 Roberto Longhi s'engage à son tour "On dit Michelange de Caravage, indifféremment ténébriste ou luministe. On l'a oublié, sans lui il n'y aurait pas eu Ribera, Vermeer, La Tour, Rembrandt. Et Delacroix, Courbet, Manet eussent peint autrement".

Roberto Longhi se passionne pour Caravage mais il contribue aussi à révéler les primitifs italiens des XIVe et XVe siècle, Giotto, Masaccio, Masolino. Il devient très tôt collectionneur et commence à acheter des toiles dès 1915. La peinture du Seicento n'intéressait personne, elle n'était donc pas coûteuse. Il gardera toujours près de lui, dans sa chambre, un exemplaire du "Garçon mordu par un lézard" de Caravage acquise en 1925, et prouvera que Caravage pouvait reproduire certaines de ses œuvres.

Jeune garçon mordu par un lézard - vers 1595 - huile sur toile - 65,8x52,3cm - Londres National Gallery et une autre version à la Fondation Longhi

Jeune garçon mordu par un lézard - vers 1595 - huile sur toile - 65,8x52,3cm - Londres National Gallery et une autre version à la Fondation Longhi

Giotto di Bondone (vers 1267-1337) Saint Jean l'Evangeliste 1320 - tempera et or sur bois - 128x55,5cm Abbaye royale de Chaalis

Giotto di Bondone (vers 1267-1337) Saint Jean l'Evangeliste 1320 - tempera et or sur bois - 128x55,5cm Abbaye royale de Chaalis

Masaccio - Vierge à l'Enfant (Vierge de la chatouille) vers 1426-1427 - tempera et or sur bois 24,5x18,2cm - Florence - Galleria degli Uffizi

Masaccio - Vierge à l'Enfant (Vierge de la chatouille) vers 1426-1427 - tempera et or sur bois 24,5x18,2cm - Florence - Galleria degli Uffizi

De 1934 à 1949, Longhi est professeur d'histoire de l'Art à l'Université de Bologne. Il formera plusieurs générations d'historiens d'art. Parmi ses élèves, Mina Grégori (Commissaire de cette exposition, spécialiste de Caravage), et le cinéaste Pasolini qui plus tard lui dédicacera son deuxième film Mamma Roma.

Mina Grégori explique que "la méthode de Longhi c'était l'œil….il a enseigné à ses élèves à penser avec le regard".

Pasolini disait de Roberto Longhi "il a été tout simplement, la Révélation" la confrontation des formes et l'arrêt sur les détails dans l'étude de Masaccio, Piero della Francesca, Caravage "était déjà du cinéma". Etrangement Pasolini, comme Caravage, sera retrouvé sur la plage d'Ostie près de Rome, assassiné à l'âge de cinquante cinq ans.

En 1949, c'est pour Longhi la consécration. Il est nommé à la chaire d'histoire de l'art médiéval et moderne de l'université de Florence (il demeure depuis dix ans dans les collines florentines). Il y exercera jusqu'en 1966.

Sa collection comprend 256 œuvres, maîtres anciens et modernes confondus, que Longhi se plaisait à comparer : Léonard à Renoir, Courbet à Caravage. Cette méthode critique innovante était faite d'aller-retour incessants entre les maîtres anciens et la peinture moderne. "L'histoire passée se colore toujours de celle du présent".

C'est sans doute grâce à Roberto Longhi que les amateurs d'art du XXe siècle ont soudain aimé Piero della Francesca , peut-être Giotto et surtout Caravage. En 1951, Roberto Longhi organise à Milan, au Palazzo Reale, une exposition "Caravage et les Caravagesques" qui connaît un grand succès. En 1985, le Metropolitan Museum de New York présente "l'Age de Caravage" avec des originaux récemment identifiés, et en 1988 le Grand Palais propose "Le Siècle du Caravage dans les collections françaises".

Caravage, peintre réaliste, adepte des gros plans et des cadrages serrés, spécialiste des clairs obscurs saisissants, est désormais considéré , grâce à Roberto Longhi, comme le génie précurseur de l'école naturaliste du XIXe siècle.

Roberto Longhi décède le 3 juin, chez lui Villa il Tasso, sous le regard du "Garçon mordu par un lézard". La Villa il Tasso est devenue la Fondation Longhi, lieu de pèlerinage des étudiants d'art italien.

Ne manquez pas cette superbe exposition, la foule n'y est pas considérable, seuls quelques groupes sont gênants. Il est facile de s'approcher des œuvres. C'est aussi un plaisir de flâner ensuite dans les appartements de ce bel hôtel particulier dont la collection de meubles et d'œuvres d'art est remarquable. J'aime y retrouver quelques tableaux de Botticelli, Carpaccio et Paolo Uccello.

Dosso Dossi (vers 1489-1542) Garçon à la corbeille de fleurs  - détail - 1524, huile sur bois transposée sur toile 67,3 x 65,2 - Fondazione Longhi

Dosso Dossi (vers 1489-1542) Garçon à la corbeille de fleurs - détail - 1524, huile sur bois transposée sur toile 67,3 x 65,2 - Fondazione Longhi

Caravage - Amour endormi 1608 - huile sur toile 72x105cm - Florence Palazzo Pitti

Caravage - Amour endormi 1608 - huile sur toile 72x105cm - Florence Palazzo Pitti

Orazio Borgianni (1574-1616) Déploration  du Christ - vers 1615 - huile sur toile 73,8x90,3cm - Fondation Longhi

Orazio Borgianni (1574-1616) Déploration du Christ - vers 1615 - huile sur toile 73,8x90,3cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Annonce de la naissance de Samson à Manoach et sa femme - vers 1630 - huile sur toile 99x124,8cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Annonce de la naissance de Samson à Manoach et sa femme - vers 1630 - huile sur toile 99x124,8cm - Fondation Longhi

Giovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation LonghiGiovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation LonghiGiovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation Longhi

Giovanni Lanfranco - David avec la tête de Goliath - vers 1617 - huile sur toile, 130x152,5cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation LonghiMatthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation Longhi

Matthias Stomer - Guérison de Tobit - vers 1640-1649 - huile sur toile 155x207cm - Fondation Longhi

A la fin du parcours de l'exposition, j'ai été émerveillée et impressionnée par les trois magnifiques tableaux de Jusepe de Ribera installés côte à côte et de même format 126 x 97cm : Saint Barthelemy, Saint Thomas et Saint Paul. (Jusepe Ribera - 1591-1652) Lorsque Longhi fit l'acquisition de ces tableaux, il leur trouvait une similitude à l'art de Ribera qui s'était installé très jeune en Italie. Ils ont été attribués à Ribera en 2000.

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De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015De Giotto à Caravage - Musée Jacquemart-André - mai 2015

NOTA

Le Musée Jacquemart-André était à l'origine la demeure d'Edouard André. La construction de ce magnifique hôtel particulier fut commencée en 1868 (architecte Henri Parent). Edouard André , après une carrière militaire, décide de se consacrer uniquement à sa collection de tableaux, de meubles et d'objets d'art. En 1872 Il commande un portrait à Nélie Jacquemart . Il l'épousera en 1881.

En 1876, un grand bal marque l' inauguration de l'hôtel. Il est relaté dans le journal " l'Illustration" : « Rien ne manquait d’ailleurs pour faire du bal de M. André une de ces fêtes à sensation, dont les magnificences font époque. Les murs des deux pièces d’entrée, le vestiaire et le vestibule disparaissaient sous une tenture odorante de violettes et de camélias. Les dorures du double salon de danse ruisselaient, étincelantes sous les feux de mille bougies. »

Le Musée appartient depuis 1912 à l'Institut de France.

Gustave Courbet (1819 - 1877) Le Désespéré, autoportrait - vers 1843 - huile sur toile 45x54cm - collection particulière

Gustave Courbet (1819 - 1877) Le Désespéré, autoportrait - vers 1843 - huile sur toile 45x54cm - collection particulière

Musée Jacquemart-André - 158 bd Haussmann - 75008 PARIS.

Exposition jusqu'au 20 juillet 2015

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Publié dans : #Expositions à Paris

NAISSANCE DE L'INTIME

Les bains publics, fréquents au Moyen Age, disparaissent durant la Renaissance. Prendre un bain, s’immerger dans une cuve devient une pratique rare. Il existe seulement, dans quelques grands châteaux, des "appartements de bains", et dans les villes des «bordels-étuves» où l’on se restaure tout en trempant dans l’eau, et où les lits ne sont pas très loin.

Il faut dire que l’eau est rare dans les villes. En outre, pour le commun des mortels, l’idée de s’y tremper fait peur : les veines s’ouvriront, l’eau pénètrera dans les principaux membres et avec elle le « venin » de la peste.

L'eau étant absente, on pratique une toilette sèche dans la chambre ou le boudoir. On s'essuie avec des étoffes douces et blanches, on s'enduit de parfums, d'onguents, on porte sur soi des "pommes de senteur". Seuls les doigts sont trempés dans ce que l’on ne peut même pas appeler une cuvette, plutôt un plat. Ce qui compte c’est de changer de linge. «Une bonne chemise de toile changée tous les jours vaut, à mon avis, le bain quotidien des Romains» (Martin Lister).

Le mot « toilette » qui désignait tout d’abord l’étoffe (la toile) qui recouvrait la table où l’on posait les ustensiles de soin, va s’appliquer désormais au rite de changer de linge. Cette toilette n’est pas intime, elle se fait en présence de domestiques, de visiteurs. «On dit qu’on rend visite à quelqu’un à sa toilette, quand on le vient entretenir pendant qu’il s’habille ou se déshabille» (Dictionnaire universel).

Au début du XVIIIe siècle, la « toilette » est la même que celle inventée au siècle précédent, mais le langage se précise. On invente le « lever » : un serviteur apporte une boisson, aide à enfiler les bas. Lors de la « petite toilette », on se fait coiffer, habiller ; lors de la « grande toilette » le poudrage et le maquillage vont dissimuler les défauts de la peau, marquée en ces temps là par la petite vérole. Le parfum reste indispensable, les odeurs corporelles et celles de la ville sont extrêmement fortes.

Dans le courant du XVIIIe siècle les frayeurs du passé disparaissent, l'eau revient progressivement. La fin de la toilette sèche est une révolution, même si les ablutions restent partielles : bains de pieds et recours au bidet pour les parties intimes. La promiscuité n'est plus tolérée mais il n'y a pas encore d'espace réservé. Les ablutions attirent les indiscrets derrière les portes entrebâillées. C'est seulement dans les bains collectifs, qui reviennent à la mode, que l'on trouve des espaces clos. Jean-Jacques Poitevin installe à Paris en 1761, sur la Seine, une péniche-bain comportant des cabinets individuels.

A la fin du XIXe siècle le lieu de la toilette devient réservé, l’espace se ferme. L’eau devient plus accessible, la pratique d'ablutions peut être quotidienne au moyen de bassines ou baquets, d'éponges et de savons. Avec le XXe siècle douches et baignoires se démocratisent, mais l'eau courante n'est pas encore distribuée partout et encore moins dans les étages des logements. La baignoire pour ceux qui en possèdent , installée dans un lieu clos, offre un lieu de plaisir aussi psychologique que physique.

De nos jours la salle de bain est présente dans nos maisons, dans nos appartements, l’eau coule à flot. La toilette est pour nous un rite quotidien, on se prélasse sous la cascade tiède de la douche ou l’on s’immerge longuement dans un grand bain chaud. Propreté et plaisir sont liés. Que l’espace soit simple et petit, ou grand et somptueux, c’est un lieu intime, privé, où l’on se revivifie. En s’abandonnant à ce luxe on oublie que l’eau manque encore dans de nombreux pays.

C’est ce rite de la toilette, illustré depuis le Moyen Age par les graveurs et les peintres, que nous fait vivre le Musée Marmottan avec une exposition extrêmement riche.

On y découvre, au fil du temps, des représentations liées à des pratiques symboliques de la fécondité, puis des femmes se parant devant leur miroir et aussi des thèmes libertins.

A partir de la fin du XIXe siècle, le thème de la "femme à la toilette" renouvelle le genre du nu : celui-ci n'est plus traité de façon académique, il s'adapte à un lieu, celui du cabinet de toilette. Avec Degas et Bonnard la femme prend toutes les poses possibles. Les objets : brocs, bassines, éponges, ont aussi leur place dans le tableau.

Au XXe siècle, avec Cézanne, Picasso, Kupka, le nu féminin n'est plus imitatif, il devient un problème formel. Désormais la toilette est surtout liée à la mode et à la publicité pour les cosmétiques et le corps féminin reste un sujet essentiel pour les photographes.

Les photos qui suivent sont issues d'Internet -
Tissée vers 1500 au Pays bas. 287x265cm - Une des 6 tapisseries dédiées à la vie seigneuriale. Jeune femme au bain.

Tissée vers 1500 au Pays bas. 287x265cm - Une des 6 tapisseries dédiées à la vie seigneuriale. Jeune femme au bain.

Anonyme école de fontainebleau  -111x98cm -  Dame à sa toilette XVIe siècle huile sur bois - Kunstmuseum Bâle.  Cette image inaugure un type de représentation promis à une grande fortume au siècle suivant

Anonyme école de fontainebleau -111x98cm - Dame à sa toilette XVIe siècle huile sur bois - Kunstmuseum Bâle. Cette image inaugure un type de représentation promis à une grande fortume au siècle suivant

Nicolas Régnier - Jeune femme à sa toilette 1626 - 130x105cp - huile sur toile - Lyon Musée des Beaux arts - La femme au miroir est toujours fastueusement vétue, le peintre prouve sa virtuosité

Nicolas Régnier - Jeune femme à sa toilette 1626 - 130x105cp - huile sur toile - Lyon Musée des Beaux arts - La femme au miroir est toujours fastueusement vétue, le peintre prouve sa virtuosité

Abraham Bosse (d'après) La vue - femme à sa toilette - après 1635 - 104x137cm huile sur toile - Musée des Beaux arts de Tours.

Abraham Bosse (d'après) La vue - femme à sa toilette - après 1635 - 104x137cm huile sur toile - Musée des Beaux arts de Tours.

Georges de la Tour - La femme à la puce - 1638 - 121x89cm - huile sur toile - Nancy - Musée lorrain. Une femme mélancolique, sans doute de milieu modeste,  écrase une puce entre ses ongles

Georges de la Tour - La femme à la puce - 1638 - 121x89cm - huile sur toile - Nancy - Musée lorrain. Une femme mélancolique, sans doute de milieu modeste, écrase une puce entre ses ongles

François Boucher - 1738 - 86,3x76,2cm -  La Mouche ou Une dame à sa toilette huile sur toile - collec.particulière.

François Boucher - 1738 - 86,3x76,2cm - La Mouche ou Une dame à sa toilette huile sur toile - collec.particulière.

Fançois Eisen - Jeune femme à sa toilette 1742 - huile sur bois - 36,5x27,3cm Abbeville - Musée Boucher-de-Perthes - La jeune femme s'apprête à utiliser le bidet situé derrière elle. La servante verse l'eau et chasse la fillette.

Fançois Eisen - Jeune femme à sa toilette 1742 - huile sur bois - 36,5x27,3cm Abbeville - Musée Boucher-de-Perthes - La jeune femme s'apprête à utiliser le bidet situé derrière elle. La servante verse l'eau et chasse la fillette.

François Boucher - vers 1742 ou1760 ? - Le bain de pieds - 53,1x41,6cm - huile sur toile -

François Boucher - vers 1742 ou1760 ? - Le bain de pieds - 53,1x41,6cm - huile sur toile -

Cliquez pour agrandir les photos. François Boucher - L'enfant gâté et la Jupe relevée - 1742 ou1760 ? - 52,5x42cm - huile sur toile - collec.parti. Cliquez pour agrandir les photos. François Boucher - L'enfant gâté et la Jupe relevée - 1742 ou1760 ? - 52,5x42cm - huile sur toile - collec.parti.

Cliquez pour agrandir les photos. François Boucher - L'enfant gâté et la Jupe relevée - 1742 ou1760 ? - 52,5x42cm - huile sur toile - collec.parti.

Edgar Degas - Femme dans son bain -1883 - Pastel - 19,7x41cm - Musée d'Orsay - Paris

Edgar Degas - Femme dans son bain -1883 - Pastel - 19,7x41cm - Musée d'Orsay - Paris

Wtadyslaw Slewinski - Femme peignant ses cheveaux 1897 - huile sur toile - 64x91cm - Cracovie - Musée national

Wtadyslaw Slewinski - Femme peignant ses cheveaux 1897 - huile sur toile - 64x91cm - Cracovie - Musée national

Eugène Lomont - Jeune femme à sa toilette - 1898 - huile sur toile - 54x65cm - Beauvais -musée de l'Oise

Eugène Lomont - Jeune femme à sa toilette - 1898 - huile sur toile - 54x65cm - Beauvais -musée de l'Oise

Toulouse-Lautrec - La Toilette - Mme Favre se faisant les mains - 1891 - peinture à l'essence sur carton - 76x72cm - Suisse, collection Nahmad

Toulouse-Lautrec - La Toilette - Mme Favre se faisant les mains - 1891 - peinture à l'essence sur carton - 76x72cm - Suisse, collection Nahmad

Pierre Bonnard - Nu au tub - 1903 - huile sur toile 44x50cm - Toulouse, Fondation Bemberg

Pierre Bonnard - Nu au tub - 1903 - huile sur toile 44x50cm - Toulouse, Fondation Bemberg

Frantisek Kupka - 1908 - Le rouge à lèvres - huile sur toile 63,5x63,5cm - Centre Pompidou - Paris

Frantisek Kupka - 1908 - Le rouge à lèvres - huile sur toile 63,5x63,5cm - Centre Pompidou - Paris

Fernand Léger - Les femmes à la toilette - 1920 - huile sur toile 92;3x73,3cm Suisse, collection Nahmad

Fernand Léger - Les femmes à la toilette - 1920 - huile sur toile 92;3x73,3cm Suisse, collection Nahmad

Picasso - Femme à la montre - 1936 - huile sur toile - 65X54,2cm - Paris - Musée Picasso

Picasso - Femme à la montre - 1936 - huile sur toile - 65X54,2cm - Paris - Musée Picasso

Erwin Blumenfeld - Etude pour une photographie publicitaire - 1948 - 51x 41,5cm - Centre Pompidou - Paris

Erwin Blumenfeld - Etude pour une photographie publicitaire - 1948 - 51x 41,5cm - Centre Pompidou - Paris

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Publié dans : #Eglises Cathédrales Basiliques
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Je viens de passer quelques jours en Bretagne, je vous en rapporte une histoire de rêve, de passion, de volonté et de savoir.

A Saint Méloir des bois, joli petit village des Cotes d'Armor (en Bretagne), s'installe, il y a quelques années, un jeune anglais, John Davey, ébéniste, restaurateur et facteur d'orgue. Très rapidement il s'implique dans la vie du village, devient membre du conseil municipal. Par ailleurs, John Davey joue, chaque dimanche, de l’orgue à l'Eglise anglicane Saint Bartholomew de Dinard.

photo MP

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Saint Méloir des Bois possède une église du XIXe siècle qui a été construite sur les ruines d'une chapelle du XIIIe. Si elle n'a pas un grand intérêt historique, elle possède un certain charme avec ses portes et fenêtres rutilantes, ses horloges dorées. Comme dans nombre de nos églises de village on n’y célèbre plus d'offices, sauf une fois l'an à l'Ascension pour la fête du Pardon de Saint Méloir. Pendant l’été, trois ou quatre concerts y sont organisés.

L’orgue de Saint Méloir des Bois – Côtes d’Armor -

A l'intérieur de l'église de chaque côté du chœur on peut découvrir deux statues polychromes datant du XVIIe. Marie-Thérèse, qui garde les lieux, est fière de montrer un ostensoir en cuivre doré offert par Napoléon III. A l'extérieur, dans une niche, se dissimule une Vierge à l'oiseau du XIVe siècle provenant de l'ancienne chapelle.

St Méloir,  St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP St Méloir,  St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP St Méloir,  St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP

St Méloir, St Pierre, la Vierge à l'oiseau - cliquez sur les images pour les agrandir - photos MP

Mais revenons à John Davey. Il a une trentaine d’années. Il est né et a passé son enfance à Leicester en Angleterre (région Midlands de l'est) où ses parents demeurent encore. Il a été enfant de chœur dans la chapelle anglicane Saint Luc qui se trouve dans l’enceinte de l’hôpital de Leicester.

Lorsque John Davey apprend que la chapelle Saint Luc va être démolie pour permettre l'extension de l'hôpital, il se forme dans sa tête un rêve fou : ramener à Saint Méloir l'orgue de chœur qui s'y trouve. Son projet est approuvé par le Maire de St Méloir, Michel Desbois, et par le diocèse (ils n’ont pas à participer financièrement).

Ses démarches en Angleterre sont facilitées par les bonnes relations qu'il a entretenues avec la chapelle Saint Luc. Il obtient quelques aides pour le transport, mais le plus important, le démontage et le remontage restent bénévoles.

Aidé par son père, John Davey démonte, en quatre jours, l'orgue de la chapelle St Luc. L’orgue, construit en 1890 par Joshua Porritt, mesure 4,75 mètres de haut, 3 mètres de large et 2 mètres de profondeur. Il est composé de 11 jeux et 578 tuyaux (du plus minuscule au plus grand), il comporte deux claviers manuels de 56 notes et un pédalier de 30 notes. Les éléments les plus fragiles sont mis en caisses.

Pendant ce temps à Saint Méloir on prépare dans le transept nord de l’église, l’espace où l’orgue sera installé. Lors du déplacement du confessionnal on découvre, le nez dans la terre, une statue de Saint Fiacre (XIVe), patron des jardiniers, qui servait de cale.

Saint Fiacre - cliquez sur les images pour les agrandir - potos MPSaint Fiacre - cliquez sur les images pour les agrandir - potos MP

Saint Fiacre - cliquez sur les images pour les agrandir - potos MP

Le précieux chargement embarque à Portsmouth pour Saint Malo et se retrouve éparpillé sur le sol de l’église de Saint Méloir. Puzzle, jeux de construction ? Il faut désormais toute l’intelligence, la rigueur, la logique et le savoir de John Davey pour reconstruire l’orgue.

Mais le remontage ne pouvait se faire sans l'aide précieuse d'Alan Jones, enthousiasmé par le projet, possédant lui aussi ingéniosité et dextérité manuelle. Les deux compagnons vont passer plus d’un mois à redonner vie à l’instrument à vent en remettant à leur juste place les milliers de pièces.

S’il est toujours facile de démonter quoi que ce soit, remonter est un autre problème. Lequel de nous, pour monter un meuble simple, même avec un plan, ne s’est pas retrouvé avec des vis en trop, un élément dont on ne sait que faire, ou un fauteuil avec une manette derrière plutôt que sur le côté ! Mais pour les deux amis, pas de problème, sans plan, tout a été remis à la bonne place, console, registre, sommier, tuyaux, soufflerie, transmission...et l’orgue fonctionne parfaitement.

Tous les réglages ne sont pas encore terminés, mais j’ai eu la joie de faire partie des quelques privilégiés qui ont pu entendre dimanche, pour la première fois, résonner dans l’église quelques morceaux interprétés par John Davey dont la gentillesse et la simplicité égalent sa maîtrise et son savoir.

Toute mon affection à Alan Jones qui m'a fait découvrir l'orgue de Saint Méloir.

La chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandirLa chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandirLa chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandir

La chapelle Saint Luc - John et le Vicaire devant l'orgue - l'Organiste - Photos John Davey - cliquez sur les images pour les agrandir

LE DEMONTAGE - diaporama

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LE REMONTAGE - diaporama

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Et l'orgue reprend doucement vie ! (vidéo Alan Jones )

FR3 Bretagne a réalisé un reportage au cours du remontage à Saint Méloir

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Le film diffusé par FR3 aux informations régionales.

Si vous souhaitez avoir des renseignements ou si vous voulez venir voir l'orgue vous pouvez contacter John Davey par mail : johannesdavey@tiscali.co.uk

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Publié dans : #Eglises Cathédrales Basiliques

Lorsque la Beauce est sur le parcours d'un voyage, comment résister à la tentation de faire une escale à Chartres. Se retrouver, même un bref instant, dans la cathédrale, est un moment privilégié de sérénité et de recueillement.

Notre Dame de Chartres, cathédrale gothique construite au début du XIIIe siècle (pour la majeure partie en trente ans), sur les ruines d'une cathédrale romane détruite lors d'un incendie en 1194, est la mieux conservée de son époque pour ses sculptures, son dallage exceptionnel, notamment le labyrinthe, et ses vitraux exaltant le "bleu de Chartres".

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La cathédrale possède 176 verrières datant des XIIe et XIIIe. Le bleu clair, dit "bleu de Chartres" est obtenu au moyen du bleu de cobalt et laisse passer la lumière de façon étonnante. Le vitrail de "Notre Dame de la Belle Verrière", qui a miraculeusement échappé à l'incendie (première moitié du 12e siècle), est le plus célèbre de la cathédrale.

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Notre Dame de la Belle Verrière (photos web)Notre Dame de la Belle Verrière (photos web)

Notre Dame de la Belle Verrière (photos web)

Voir un site excellent pour scruter en détail les vitraux de Chartres qu'il est difficile de voir à l'œil nu :

http://www.cathedrale-chartres.org/vitraux-cathedrale-chartres.php?id=2

La cathédrale de Chartres est la seule à avoir conservé son labyrinthe. Auxerre, Sens, Reims et Arras en comportaient de comparables qui ont été détruits respectivement en 1690, 1768, 1778, 1795. En 1826 le labyrinthe d'Amiens subissait le même sort mais était rétabli en 1894. Une probable raison de la destruction : les gens qui déambulaient dans les labyrinthes perturbaient les offices. Le labyrinthe de Chartres est le plus grand, son diamètre atteint presque treize mètres.

C' est un long chemin sur une surface réduite, dans lequel, contrairement au labyrinthe de Dédale, on ne peut pas se perdre. Il n'y a aucun piège, il faut seulement de la persévérance pour atteindre le centre, qui pour le monde gréco-romain représentait la mort, l'entrée étant la naissance et le parcours la vie. Pour le christianisme c'est l'Eglise qui détient le fil d'Ariane qui permet d'accéder au ciel et à la vie éternelle.

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L'autre intérêt de cette escale à Chartres était la manifestation "Portes ouvertes" des ateliers des maîtres verriers de Chartres et d'Eure-et-Loir. J'ai visité les ateliers Lorin-Hermet-Juteau, qui se trouve au pied de la cathédrale, sur les bords de l’Eure, dans l'ancien quartier médiéval. Après une agréable promenade au bord de la rivière, le portail franchi, on découvre un jardin charmant et une bâtisse de caractère.

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Cet atelier, le plus ancien de la région, a été fondé en 1869 par Nicolas Lorin sur l'emplacement d'une ancienne tannerie. Trois générations se sont donc succédé, Charles puis François jusqu'en 1972. A l'époque de l'Exposition Universelle de 1878, la Maison Lorin employait 53 personnes, exécutant de nombreux vitraux en France comme à l'étranger.

Les locaux qui possèdent encore des équipements de la fin du 19e siècle ont été inscrits au patrimoine des "Monuments historiques" en 1999.

En 1972, Gérard Hermet, Jacques et Mireille Juteau tous trois maîtres verriers et diplômés de l'école nationale supérieure des métiers d'Art , achetèrent l'entreprise. Depuis le décès de Jacques Juteau, en 1988, Gérard Hermet et Mireille Juteau continuent de faire vivre l'atelier avec leur équipe de compagnons.

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A. Mannessier - Eglise St Sepultre Abeville
A. Mannessier - Eglise St Sepultre Abeville

Les ateliers restaurent aussi bien des vitraux médiévaux que des vitraux du XIXe siècle. Leur a été confiée notamment la restauration des vitraux prestigieux de Chartres, de Tours, de Bourges et de Rouen. Gérard Hermet et Mireille Juteau ont également leurs propres créations et ont travaillé avec des artistes tels Alfred Manessier, Philippe Lejeune ou Jean Pierre Raynaud.

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Créations Mireille Juteau - Eglise de Jambville  et Eglise de Saintes (photos web)Créations Mireille Juteau - Eglise de Jambville  et Eglise de Saintes (photos web)

Créations Mireille Juteau - Eglise de Jambville et Eglise de Saintes (photos web)

Cathédrale de Chartres - restauration - avant/après (photo web)

Cathédrale de Chartres - restauration - avant/après (photo web)

Actuellement les ateliers travaillent sur les vitraux de la cathédrale Saint Maclou de Pontoise, ces trésors de la Renaissance étaient altérés par la pollution et la condensation de l'eau. Les vitraux ont été déposés panneau par panneau, les baies ont été numérotées et conditionnées pour être transportées à Chartres. Certains panneaux ont déjà été réinstallés dans la cathédrale (voir vidéo ci-dessous), d'autres sont encore dans les ateliers. On peut donc voir de très près les couleurs éclatantes, les détails des visages, la peinture en grisaille, remarquer aussi les restaurations précédentes, pas toujours heureuses, que les maitres verriers s'appliquent à refaire.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

J'ai été séduite par le très beau dessin de Charles Crauk (1819-1905), peintre néoclassique. Ce précieux carton, conservé par l'atelier et exposé au mur, est celui d'un vitrail de l'église Saint Hilaire de Ladon (près de Montargis dans le Loiret) : "Le soir du combat, les habitants de Ladon secourent les soldats blessés".

Dans l'église de Ladon, un deuxième vitrail évoque également ce combat qui eût lieu le 24 novembre 1870, lors de la guerre franco-allemande. Son sujet : "1430 soldats français défendant Ladon contre 8000 allemands". Tous deux sont signées et datées "C.Lorin, Chartres 1894". Charles Lorin expose le second vitrail lors de l'exposition des « Arts appliqués à l'industrie » à la salle des fêtes d'Orléans en mai 1894.(voir "Journal du Loiret" du 24 mai 1894 ci-contre)

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Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)

Vitraux de l'eglise de Ladon (photo web)

C'était une passionnante visite. J'ai beaucoup apprécié pouvoir communiquer avec les maîtres verriers et j'ai été sensible, comme les très nombreux visiteurs, à la chaleur de leur accueil.

Avant de quitter Chartres, je suis allée revoir le Centre International du Vitrail qui occupe l'ancienne grange aux dimes ( 2e et 13e siècles) édifiée par les chanoines de la cathédrale. On peut y admirer une collection permanente de vitraux de la Renaissance en provenance d'édifices de Chartres disparus au cours de l'histoire, et actuellement une exposition temporaire de vitraux contemporains.

Centre International du Vitrail  - Vitrail de Saint Paul - XIIIe
Centre International du Vitrail  - Vitrail de Saint Paul - XIIIeCentre International du Vitrail  - Vitrail de Saint Paul - XIIIe

Centre International du Vitrail - Vitrail de Saint Paul - XIIIe

UN APERCU DE LA TECHNIQUE DE BASE DU VITRAIL

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La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

La technique du vitrail est très ancienne et maitrisée depuis le XIIe siècle. A cette époque on commence à utiliser les tiges de plomb pour enchâsser les morceaux de verre à la place du châssis en bois. Quelques améliorations au XVIe : le diamant remplace la tige chauffée au rouge. De nos jours la cuisson est simplifiée par l'emploi de fours électriques.

La maquette : elle est à l'échelle 1/10e, indiquant le tracé général des plombs, la place de l'armature métallique qui maintient les différents panneaux, les taches de couleur, le détail des personnages, décoration, etc.

Le carton : c'est l'agrandissement de la maquette sans indication de couleur et précisant le réseau de plomb.

Le calque : permet de relever par transparence le dessin des lignes du carton, il déterminera la découpe des morceaux de verre. Les différents éléments sont numérotés

Le calibre : le calque est reporté sur un papier fort (ainsi que les numéros) qui est ensuite découpé soit à la lame si le dessin est géométrique, soit au ciseaux à trois lames permettant d’enlever une bande de papier dont la largeur est égale à l'épaisseur de l'âme du plomb.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

La coupe du verre : il est coupé en fonction du calibre au moyen d'un diamant. On utilise un petit marteau (marteline) pour détacher le morceau en frappant sur la face opposé à la coupe à l'endroit du trait du diamant. Les imperfections sont corrigés avec une pince plate ou grugeoire, les arêtes vives sont polies afin d'éviter les coupures.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

Les verres sont teintés ou blancs. La palette de couleur est étendue, les teintes se font le plus souvent dans la masse à l'aide d'oxydes métalliques, mais il existe d'autres techniques.

Chaque morceau est placé sur le calque pour suivre la progression du travail.

La peinture : Elle est appelée "grisaille". C'est un oxyde de cuivre finement broyé, selon les techniques délayé à l'eau, au vinaigre ou à la térébenthine. On y ajoute une petite quantité de gomme arabique ou d'essence grasse pour l'adhésion au verre. Il existe plusieurs couleurs de grisaille. Pour donner la teinte de la chair on applique sur le verso du verre un jaune d'argent ou un jaune orangé

Les plaques peintes doivent être cuites dans un four à une température de 630°. On compte 4 à 5 heures pour obtenir le degré voulu. Il faut ensuite attendre 24 h. avant de défourner pour éviter un refroidissement brutal qui casserait les plaques.

La cathédrale de Chartres - L'art du vitrail - mars 2015

Le sertissage : chaque pièce est encastrée dans les baguettes de plomb, lorsque tous les plombs sont assemblés ils sont solidarisés en faisant fondre un peu d'étain à chaque intersection.

Pour des raisons de solidité la surface d'un panneau de vitrail n'excède jamais 1m2. Au-delà de cette surface le vitrail est divisé au moyen de tiges métalliques (barbotières, pannetons et feuillards).

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C'est toujours un immense plaisir d'entrer dans le Petit Palais, j'aime son hall somptueux et sa cour intérieur, qui ce jour là était inondée de soleil.

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Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015
Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015
Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015

L'exposition "Les bas-fonds du Baroque" s'ouvre sur un espace où, sur les murs, sont reproduites en grand format, des vues de Rome gravées par Giovanni Batista Falda. On peut y admirer également des copies d'antiques redécouvertes dans la cité papale. C'est un décor très impressionnant.

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La visite se poursuit de façon thématique : le souffle de Bacchus, la bohème des peintres, les charmes et sortilèges, les vices, les plaisirs et les passions, les désordres et la violence, Rome souillée ...

Le Caravage, souvent nommé, n'a par contre pas une seule toile sur les cimaises. Il est pourtant l'inspirateur de nombreux peintres présentés, et sa vie elle-même (ses démêlés avec la justice, ses duels) est très représentative de la vie romaine du XVIIe siècle.

 les photos qui suivent proviennent d'Internet
 Le jeune Bacchus malade - Le Caravage -  1593 galerie Borghèse

Le jeune Bacchus malade - Le Caravage - 1593 galerie Borghèse

Garçon avec panier de fruits - Le Caravage - 1593 galerie Borghèse

Garçon avec panier de fruits - Le Caravage - 1593 galerie Borghèse

L'exposition réunit des peintres caravagesques, des Bamboccianti et des paysagistes italianisants, venant de France (Valentin de Boulogne, Simon Vouet, Nicolas Tournier, Claude Lorrain), d'Europe du Nord (Pieter van Laer, Gerrit van Honthorst, Jan Miel) ou du Sud (Bartolomeo Manfredi, Lanfranco, Salvator Rosa ou Jusepe de Ribera).

Les caravagesques, qualifiés alors de naturalisti se réclament d'un art d'après nature. Les personnages des premiers plans, qu'ils soient cardinaux ou gueux sont peints "grandeur nature". Le clair-obscur est très utilisé.

Les Bamboccianti sont les suiveurs de Pieter Boddingh van Laer, surnommé "il Bamboccio" (le pantin) en raison de ses difformités physiques. Leurs œuvres, les bambochades, de petit format, figurent des personnages du petit peuple dans un paysage romain.

Les paysagistes italianisants, montrent la Rome pontificale de pauvres mis en scène dans les ruines romaines, symboles de la grandeur de la Ville éternelle.

Les artistes se retrouvent au sein de la confrérie des "Bentvueghels" (les oiseaux de la bande). A leur entrée dans l'association, les membres sont baptisés au vin. Ils sont tous peintres, de nationalité étrangère, jeunes, célibataires, fauchés, amoureux, toujours un verre à la main. Tous peignent "d'après nature" la vie nocturne des tavernes où se retrouvent la misère, la violence, la grossièreté. On y joue, on y boit. Bacchus est à l'honneur.

Manfredi (1582-1622) - Bacchus et un buveur vers 1621 - huile sur toile 132x96cm - Rome Palazzo Barberini

Manfredi (1582-1622) - Bacchus et un buveur vers 1621 - huile sur toile 132x96cm - Rome Palazzo Barberini

Anonyme caravagesque nordique (Simon Vouet ?) Homme faisant le geste de la fica - vers 1615-1625 - Huile sur toile 51x39cm. Lucques Palazzo Mansi
Anonyme caravagesque nordique (Simon Vouet ?) Homme faisant le geste de la fica - vers 1615-1625 - Huile sur toile 51x39cm. Lucques Palazzo Mansi

Le personnage fait le geste de la fica avec sa main, le pouce étant placé entre le majeur et l'index. Geste vulgaire qui figure une figue, symbole de la fécondité depuis l'Antiquité, mais aussi image du sexe féminin.

Simon Vouet (1590-1649) Jeune homme aux figues - vers 1615, huile sur toile 77,5x62,5cm - Caen Musée des Beaux Arts.
Simon Vouet (1590-1649) Jeune homme aux figues - vers 1615, huile sur toile 77,5x62,5cm - Caen Musée des Beaux Arts.

Ce jeune homme en costume féminin fait de la main droite le geste de la fica. Dans la main gauche, il tient deux figues qui renvoient plutôt à l'anatomie masculine. Son petit sourire moqueur apparaît comme une provocation : suis-je homme ou femme ? Ce tableau comme le suivant témoigne de l'atmosphère licencieuse dans la cité papale.

Giovanni Lanfranco (1582-1647) - jeune homme nu sur un lit avec un chat - 1620-1622 - huile sur toile 60x113cm - Londres Walpole Gallery

Giovanni Lanfranco (1582-1647) - jeune homme nu sur un lit avec un chat - 1620-1622 - huile sur toile 60x113cm - Londres Walpole Gallery

Jusepe de Ribera (1591-1652) Mendiant vers 1612 - huile sur toile 106x76cm. Rome Musée Borghese.
Jusepe de Ribera (1591-1652) Mendiant vers 1612 - huile sur toile 106x76cm. Rome Musée Borghese.

Le motif du mendiant, singulier au début des années 1610 va se multiplier. Ribera fait ici un véritable "portrait" de cet homme qui tend son chapeau pour recevoir une aumône, il lui donne la dignité qu'il confèrerait à un apôtre.

Poelenburgh peint une scène pastorale : des chèvres et des vaches paissent dans des ruines romaines surmontées d'une statue de vestale. Avec de très bons yeux on peut voir, sous la statue, un personnage de dos qui urine.

Salvator Rosa (1615-1673) Paysage de ruines avec une scène pastorale - vers 1621-1623, huile sur bois, 39x31,3cm Ariccia, Palazzo Chigi, collection Ferrari Salvator Rosa (1615-1673) Paysage de ruines avec une scène pastorale - vers 1621-1623, huile sur bois, 39x31,3cm Ariccia, Palazzo Chigi, collection Ferrari

Salvator Rosa (1615-1673) Paysage de ruines avec une scène pastorale - vers 1621-1623, huile sur bois, 39x31,3cm Ariccia, Palazzo Chigi, collection Ferrari

Rome est l'une des premières villes d'Europe à prendre des mesures répressives contre la mendicité. En 1581 huit cent cinquante pauvres sont placés dans l'ancien monastère San Sisto, transformé en hospice. En 1587, Sixte Quint interdit la mendicité dans les rues et fait interner les indigents dans un nouvel hospice qui peut accueillir deux mille personnes.

Sébastien Bourdon (1616-1671) mendiants devant un four à chaud - 1636-1638 - huile sur bois - Valencienne musée des beaux arts

Sébastien Bourdon (1616-1671) mendiants devant un four à chaud - 1636-1638 - huile sur bois - Valencienne musée des beaux arts

Grand maître des bambochades, Pieter Boddingh se représente en sorcier-alchimiste, figure de la mélancolie et du savoir. Au premier plan une nature morte avec un crâne (tradition des vanités). Le sorcier est effrayé par les pattes griffues d'un démon qui apparaissent sur le bord droit du tableau.

Pieter Boddingh van Laer (1599-1642) Autoportrait avec une scène de magie vers 1638 - huile sur toile 78,8x112,8cm

Pieter Boddingh van Laer (1599-1642) Autoportrait avec une scène de magie vers 1638 - huile sur toile 78,8x112,8cm

On peut, entre autres belles œuvres, admirer :

Claude VIgnon - (1503-1670) le jeune chanteur -  vers 1623 - huile sur toile 95x90cm Paris musée du Louvre

Claude VIgnon - (1503-1670) le jeune chanteur - vers 1623 - huile sur toile 95x90cm Paris musée du Louvre

Nicolas Régnier (vers 1588-1667) La farce, vers 1524-1625 - hile sur toile 97x131cm - Stockholm - Nationalmuséum

Nicolas Régnier (vers 1588-1667) La farce, vers 1524-1625 - hile sur toile 97x131cm - Stockholm - Nationalmuséum

Angelo Caroselli (1585-1652) Scène de sorcellerie - vers 1615 - huile sur panneau de noyer 66x61 - collection particulière

Angelo Caroselli (1585-1652) Scène de sorcellerie - vers 1615 - huile sur panneau de noyer 66x61 - collection particulière

Angelo Caroselli (1585-1652) Vanité ou Vanitas-Prudenza - vers 1615 - huile sur panneau de noyer 66x61cm - Florence Fondazione Longhi

Angelo Caroselli (1585-1652) Vanité ou Vanitas-Prudenza - vers 1615 - huile sur panneau de noyer 66x61cm - Florence Fondazione Longhi

Exposition riche et complexe. Le décor des salles, miroirs et tentures pourpres, confère une ambiance très sombre dans laquelle il est difficile de voir les détails des tableaux.

Exposition jusqu'au 24 Mai - Petit Palais, av. Winston Churchill - PARIS 8e

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Les bas-fonds du Baroque - Petit Palais - Paris - mars 2015

Cette même exposition a été présentée à la Villa Médicis à Rome du 7 octobre 2014 au 18 janvier 2015. (voir ci-dessous).

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Dans mon précédent article je vous décrivais la salle du Palais de Darius qui venait d'être rouverte au public. Une autre salle, "la cour du Sphinx" , a été rouverte en décembre 2014. Elle avait été fermée en 2002 pour stocker une partie des sculptures des réserves du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines qui se trouvaient dans les sous-sols. Le Louvre avait suivi les recommandations de la Préfecture de Paris qui craignait une crue centennale de la Seine.

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Au sol , la mosaïque des Saisons qui ornait  une riche villa romaine au IVe siècle, à Daphné, faubourg d'Antioche.

Au sol , la mosaïque des Saisons qui ornait une riche villa romaine au IVe siècle, à Daphné, faubourg d'Antioche.

On peut admirer à nouveau, fixées au mur , les 43 plaques, vestiges de la frise ionique du temple d'Artémis à Magnésie du Méandre, (actuelle Turquie) datées du IIe siècle avant JC. Elles représentent le combat entre les guerriers grecs menés par Héraclès et les Amazones.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015
La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Les grands chapiteaux de pilastres, décorés d'acanthes ou de griffons datent du IIe siècle avant JC, et les impressionnantes bases des colonnes ont été sculptées à l'époque impériale

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Dressée dans une embrasure, tournant le dos à l'escalier Daru, Melpomène est une des plus grandes statues du Louvre. Elle est en marbre et mesure 3,92 m. Elle date du Ier siècle avant JC-Ier siècle après . Muse de la tragédie, elle a été découverte en 1496 à Rome sur le Champ de Mars, elle était dépourvue de bras. En 1782, Giovanni Pierantoni lui ajoutera des avant-bras et le masque tragique . Quatre autres muses ont été retrouvées vers la fin du XVIe siècle. Melpomène fait sans doute partie d'un groupe de neuf muses qui décoraient le théâtre ou le portique de Pompée, premier édifice de spectacle en pierre à Rome. Melpomène est la seule a avoir conservé sa tête d'origine.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Dans une salle adjacente, on peut voir une très belle tête en marbre d'Athéna casquée datant de 470-460 av. JC. Le visage devait être rehaussée de peinture, les cils en métal, le cou s'encastrant dans le corps d'une statue. Les trous de fixation signalent l'existence d'éléments rapportés, cheveux, bijoux, cimier sur le casque.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Au mur, une métope du temple d'Olympie," Les oiseaux du lac Stymphale" 450 av. JC. Du corps d'Héraclès, seuls la tête et le bras subsistent, la reconstitution donne une effet totalement surréaliste de l'histoire représentée : les oiseaux de la forêt proche du lac de Stymphale dévoraient les fruits et les récoltes. Héraclès les attira en jouant des castagnettes de bronze que lui avait offertes Athéna. Il tua les oiseaux et les offrit à la déesse.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Et enfin, la belle statue (IIème siècle après JC, en marbre) d'Héraclès et Télèphe a quitté la salle des Caryatides pour s'installer dans ce bel espace. Est-ce une vérité historique (mythologiquement parlant) ? Héraclès a-t-il tenu Télèphe dans ses bras ? Selon le récit qui suit on peut en douter.

La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015
La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015
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La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015La cour du Sphinx - Musée du Louvre - mars 2015

Héraclès et Augé

En ce temps là, Aléos était roi de Tégée, au pays d'Arcadie. Il avait épousé Néère qui lui avait donné quatre enfants : une fille Augé, et trois garçons. Un jour, l'Oracle assena à Aléos, de passage à Delphes, que les frères de Néère seraient occis par le fils de sa propre fille.

Si le sort de ses beaux frères ne le tracassait qu'à demi, il savait par contre qu'il aurait à redouter la colère de son épouse s'il n'agissait pas (on sait à quel point, dans la Grèce d'alors, les rois ont eu du mal à maintenir le calme dans leur foyer). Aléos, en outre, aimait bien sa femme.

Il revint vite à Tégée, fit de sa fille une prêtresse d'Athéna, dans le sanctuaire qu'il avait fondé, lui souligna que sa fonction lui imposait la plus stricte chasteté, que sa vie en ce monde en dépendait.

C'était une très bonne solution ...

Un peu plus tard, Héraclès, toujours sur les routes, passa à Tégée. On ne sait s'il partait combattre Augias qui lui devait encore le salaire promis pour le nettoyage de ses écuries, ou bien s'il rentrait à Sparte. Aléos le reçut chaleureusement. La réception eût lieu dans le temple d'Athéna. Augé était présente, pure et chaste dans ses voiles. Vous connaissez Héraclès : très vite il repéra la jeune vierge, avec le vin, vint l'appétit coupable. Certains affirment que, pris de boisson, Héraclès viola purement et simplement Augé, d'autres relèvent que le sacrifice ayant eu lieu hors du sanctuaire, près d'une fontaine, il y aurait eu rendez-vous.

Le lendemain Héraclès poursuivit sa route.... et alla faire un enfant à Parthénope. Six mois passèrent. La famine et la peste s'étaient abattues sur Tégée ; Aléos s'interrogeait. La pythie assura qu'un crime avait été commis dans le temple d'Athéna. Le Déesse se vengeait. Le roi alla voir et constata que les rondeurs de sa fille étaient un aveu. Aléos le prit très mal : le flot des pleurs d'Augé, sa déclaration d'être une victime injustement chargée des crimes d'un violeur ivre ne calmèrent pas le Roi.

Il traina la malheureuse sur la place du marché pour la tuer. Là devant la foule, gêné, il recula et préféra charger son ami, le roi Nauplios, grand navigateur au passé trouble, de la noyer.

Sur le chemin de Nauplie, Augé mit au monde un fils qu'elle cacha dans un fourré. Nauplios n'avait aucune raison de noyer Augé, donc perdre l'argent que lui vaudrait la vente de cette très belle princesse. Elle fût achetée finalement par Teuthras, en Mysie (Asie Mineure).

Le bébé restait dans son fourré, sur le mont Parthénios. Un lièvre l'allaita un temps (il est dit parfois que c'est une biche, comme représenté sur la statue) avant que les bergers le découvrent, l'appellent Télèphe et le conduisent à leur maître le roi Corithos.

Quant Télèphe fût grand, voulant savoir de qui il était le fils, il alla interroger l'Oracle de Delphes qui l'envoya en Mysie chez le roi Teuthras. Il avait bien sur tué auparavant ses deux oncles (à la parole d'Apollon, on ne saurait échapper).

Sur les retrouvailles de la mère et du fils, les versions sont diverses ; la plus théâtrale et par là la plus vraisemblable est la suivante :

Quant Télèphe survint, Teuthras était aux prises avec un Argonaute, Idas, qui voulait s'emparer du trône. Teuthras promit à Télèphe Augé, qu'il avait adoptée, s'il le tirait des griffes d'Idas. Bien sur, en une seule bataille Teuthras était sauvé. Les futurs époux furent présentés l'un à l'autre. Télèphe ne reconnut pas sa mère dans sa ravissante fiancée, car c'était elle ! Augé ne reconnut pas son fils (sa ressemblance à son père était pourtant prodigieuse). Vint la noce, les célébrations et, dans la chambre le "tête à tête".

Fidèle au souvenir d'Héraclès (elle n'avait cessé de l'aimer !) Augé s'était munie d'une épée pour protéger sa semi-virginité. Elle serait allée jusqu'au meurtre si les dieux n'avaient délégué un serpent pour les séparer et qu'ils puissent crier, l'une - ô mon fils !, l'autre - ô ma mère ! et tomber dans les bras l'un de l'autre !

Heureux ils quittèrent vite la Mysie et retrouvèrent leur Arcadie chérie.

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Salle du Sphinx - Pavillon Denon - Musée du Louvre Paris

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L’archer, les deux mains serrées sur la hampe de sa lance pointée vers le haut, le pommeau reposant sur son pied, attend l'ordre de se mettre en marche. Son visage de profil est bruni par le soleil, sa barbe est frisée en petites boucles serrées. Une corde est roulée en torsade sur ses cheveux (bandeau encore porté aujourd’hui dans certains pays arabes pour maintenir le carré de tissu placé sur la tête). Sa seconde arme est un grand arc : la corde est passée dans son bras gauche, la courbure de la branche s’élève au dessus de sa tête. Les liens du carquois qu’il porte sur le dos retombent vers le sol. Sa longue tunique descend jusqu’aux chevilles , elle a de larges manches dégageant ses poignets ornés de bracelets sans doute en or. Des boucles d'oreilles, également jaunes, complètent la parure.

Si cette œuvre était une pièce unique, nous serions fascinés par sa constitution en briques moulées dans une pate siliceuse, par la belle harmonie de glaçures vertes, brunes, blanches et jaunes. Ce bas relief n’est pas épais, pas plus de 5 mm, mais avec le recul il semble plus important. Le fond est d’un bleu changeant selon le degré de cuisson qu’a subi la brique.

Ce qui devient plus extraordinaire, c’est que cet archer au regard fixe, immobile et rigide sur le panneau de 2m de haut, n’est pas unique mais a été multiplié à l’identique de nombreuses fois avec seulement deux variantes : le sens de la marche et les motifs de la tunique qui alternent soit des petites rosaces bleues sur un fond jaune, soit de petites maquettes de forteresses sur un fond blanc.

La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

Il y a 2500 ans, défilant les uns derrière les autres, ces archers formaient une frise se déroulant sur des centaines de mètres. Elle était sans doute installée, de façon assez élevée, sur une grande partie des façades extérieures du palais de Darius Ier à Suse. Elle encadrait la porte d'entrée. Des motifs polychromes géométriques ou floraux cernaient les frises et les panneaux, ornaient les escaliers, les montants de portes ou de fenêtres. La frise représentait-elle les « Immortels » garde d’élite du roi composée de 10000 hommes, ou bien l'image idéale de l'homme perse, soutien de l'empire ?

Ornement des escaliers

Ornement des escaliers

Au musée du Louvre, la salle dédiée au Palais de Darius était fermée depuis trois ans en raison de la construction de nouveaux escaliers devant desservir le pavillon Marengo.

Elle vient de rouvrir et je retrouve avec bonheur les nombreux panneaux reconstitués de « la frise des archers ».

La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

Darius Ier (522-486 av. JC) était roi de l’Empire perse achéménide dont la capitale était Suse. C’était un grand conquérant, son Empire s’étendait de la vallée du Nil à celle de l’Indus (il était aussi Pharaon d’Egypte) et un grand bâtisseur. Il fit élever, dès le début de son règne, le Palais de Suse, en porphyre et en bois de cèdre (défi à la nature dans un pays qui ne possédait ni arbres ni carrières), sur une terrasse artificielle de 12 hectares. Le palais comportait une salle d’audience royale nommé « Apadana » dont le plafond était supporté par des colonnes de près de vingt mètres couronnées d’un chapiteau avec pour élément décoratif deux bustes de taureaux.

Darius Ier a également fait construire le Palais de Persépolis.

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Colonnes couronnées de bustes de taureauxColonnes couronnées de bustes de taureaux

Colonnes couronnées de bustes de taureaux

Plan du Palais de Darius - Photo du site de Suse, avec au fond le Chateau de Jacques de Morgan (photos web)Plan du Palais de Darius - Photo du site de Suse, avec au fond le Chateau de Jacques de Morgan (photos web)

Plan du Palais de Darius - Photo du site de Suse, avec au fond le Chateau de Jacques de Morgan (photos web)

Sur le Palais de Darius, détruit par un incendie, Artaxerxés construisit un nouveau palais en laissant sur place les matériaux ruinés qui se retrouvèrent dans les fondations. A la fin du XIXe siècle, des fouilles sont entreprises. Le Britannique W.K. Loftus repère les grandes lignes de l’Apadana. En 1884/1885, Marcel Dieulafoy et sa femme reprennent l’exploration. Ils découvrent de nombreuses briques qui permettent de reconstituer deux panneaux représentant des archers. Puis des éléments innombrables sont récupérés dans l’Apadana. A partir de 1908 Les fouilles sont poursuivies par Roland de Mecquenem et Jacques de Morgan. Le musée du Louvre recueille des milliers de briques plus ou moins complètes. Il s’en suit un travail long et laborieux pour reconstituer un archer : il faut trier les briques, les répertorier, repérer les emplacements sur des patrons, combler les manques. Les archers remontés comportent entre 56 et 64 % de parties originales, les glaçures des éléments restaurés sont volontairement d'un ton plus clair . Aujourd’hui, les fonds de briques restant dans la réserve ne permettent plus d’envisager la réalisation d'autres panneaux.

La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

Dans la salle de Darius, outre la « frise des archers », on peut admirer la « frise des lions » et celle des « griffons », ainsi que de la vaisselle et des objets précieux. L' anse de vase en forme de bouquetin ailé (en argent partiellement doré) dont les pattes reposent sur un masque de Silène, nous permet d'imaginer le faste de la cour de Suse.

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La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015
La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015
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La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

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La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015
La "frise des archers" - Musée du Louvre - fev.2015

Musée du Louvre - Antiquités orientales - Salle Sully

Décor du Palais de Darius Ier - Site archéologique de Suse en Iran

Statue de Darius Ier - Musée de Téhéran - (photo web)

Statue de Darius Ier - Musée de Téhéran - (photo web)

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
Château de Jàtiva
Château de Jàtiva

DE LEONARD DE VINCI A MICHEL-ANGE

La famille Borja, lointaine descendante de Pedro d'Atarès, seigneur de la petite ville de Borja, se prétendait d'ascendance romaine, évoquant même comme parent Jules César. Au XIIIe siècle les Borja sont des terriens espagnols que le roi d'Aragon récompense pour avoir expulsé les Maures de Valence, et auxquels il attribue, en 1238, la ville de Jàtiva dans la région de Valence. Au début du XVe, un des Borja, Alfonso, devient prêtre. En 1442, il va prêter obédience au pape Eugène IV pour Alphonse d'Aragon qui s'est emparé de Naples. Il plait au pape, devient cardinal, puis pape en 1455. Il a soixante dix sept ans, prend le nom de Calixte III. C'est par lui que commencent l'histoire et l'ascension des Borgia (le nom de Borja italianisé).

Calixte III s'entoure d'une foule de sœurs, neveux, nièces et cousins débauchés et les comble de bienfaits. Il s'attache particulièrement au petit Rodrigo (né en 1431, fils de sa sœur Isabel) qu'il éloigne de Jàtiva et de Valence pour l'envoyer à l'université de Bologne. En 1457 il nomme Rodrigo commissaire des troupes pontificales et vice-chancelier des églises de Rome. Calixte III ne règne que trois ans et décède en aout 1458. Quatre autres papes vont lui succéder, le dernier, Innocent VIII est élu en 1484.

 Juan de Juanes - Portrait du pape Calixte III - 1586 - huile sur cuir. 83x56cm Valence
Juan de Juanes - Portrait du pape Calixte III - 1586 - huile sur cuir. 83x56cm Valence

A la mort d'Innocent VIII, en juillet 1492, Rodrigo est légat pontifical. Deux fois son élection comme pape a échouée, mais cette fois il sent son heure arrivée. Pour être élu, il utilise la corruption et distribue tous ses biens (il n'en aura plus besoin en tant que pape) . Il accède ainsi au trône de saint Pierre sous le nom d'Alexandre VI. Il nomme ses proches à des charges lucratives, n'hésitant pas à aller jusqu'au crime pour aboutir à ses fins et mène un train de vie fastueux. Déjà son image est celle d'un pape cruel, perfide, lubrique et esclave de ses passions (à soixante ans, il tombe follement amoureux de Giulia Farnèse qui n'a que dix sept ans).

Juan de Juanes - Portrait du Pape Alexandre VI - 1586 - huile sur cuir - 83x56cm - Cabildo metropolitano de Valence
Juan de Juanes - Portrait du Pape Alexandre VI - 1586 - huile sur cuir - 83x56cm - Cabildo metropolitano de Valence

De sa liaison avec sa maîtresse Vannozza Cattanei naissent quatre enfants, Jean, César, Lucrèce et Geoffroi . Alexandre VI sera le premier pape à reconnaître ses enfants naturels et à en faire des princes : Jean l'aîné sera préfet de Rome (il sera assassiné et son frère César sera fortement soupçonné du meurtre) , César après avoir été cardinal deviendra chef d'armée, Lucrèce après deux mariages épousera en troisième noce Alphonse d'Este futur duc de Ferrare.

Alexandre VI décède en 1503, à soixante douze ans : c'est la chute de la maison Borgia. Lucrèce, duchesse de Ferrare, est épargnée. Depuis 1505, elle mène une vie paisible entourée de musiciens et de poètes. Cesar, fait prisonnier est livré au roi d'Espagne, il s'échappe et se met alors au service du roi de Navarre, il meurt durant le siège de Viana en 1507.

En 1671, comme une sorte de rédemption des Borgia, le petit-fils de Jean, François Borgia sera canonisé.

L'histoire sulfureuse de cette famille ,qui apparaît comme l'incarnation des vices les plus abominables, crimes, débauches, incestes, est devenue une légende. Elle a séduit de nombreux auteurs : Victor Hugo, Alexandre Dumas, et au cinéma, Mario Caserini (1910) Abel Gance (1925 et 1935)), Christian Jaque (1953), et plus près de nous les séries avec Jeremy Irons ou John Doman.

Elle se déroule dans une Europe en pleine mutation avec le conflit entre Réforme protestante et Eglise catholique, les guerres, la découverte de l'Amérique, l'invention de l'imprimerie.

Dans cette seconde moitié du Quattrocento, les cours et les cités italiennes rivalisent et favorisent le mécénat. L'art de la Renaissance s'affirme grâce aux grandes familles de marchands et de banquiers, tels les Médicis, mais aussi grâce aux papes.

Le musée Maillol nous a surtout présenté les Borgia en tant que mécènes. Alexandre VI a été le protecteur et le commanditaire de nombreux artistes dont trois favoris : Paolo da san Leocadio, Andrea Bregno, Antoniazzo Romano. César prendra Léonard de Vinci comme conseiller militaire pour tenter de former en Italie un Etat unitaire. Lucrèce s'entourera de poètes contribuant à la diffusion de leurs écrits.

Malgré le titre de l'exposition Léonard de Vinci et Michel-Ange sont peu représentés : une ébauche de la Piéta, un Christ en croix et deux dessins de Michel-Ange, un seul dessin de Léonard de Vinci, mais j'ai pu admirer des œuvres de Raphaël, Cranach, Verrocchio, Metsys et les œuvres qui contribuèrent à immortaliser les Borgia.

Ce fut, pour moi, vraiment, une très belle visite. Quelques ennuis de santé m'avaient empêchée de découvrir cette exposition avant ses derniers jours (elle s'est terminée le 15 février). Je ne peux donc plus plaider pour elle, par contre vous trouverez là les photos de nombreuses œuvres exposées.

Léonard de Vinci - trois vues d'une tête de barbue portrait présumé de César Borgia -

Léonard de Vinci - trois vues d'une tête de barbue portrait présumé de César Borgia -

Attribué à Michel-Ange - Pietà - fin XVe - terre cuite ; Andrea Bregno - base surmontée du buste d'Isis (IIe siècle) socle après 1475Attribué à Michel-Ange - Pietà - fin XVe - terre cuite ; Andrea Bregno - base surmontée du buste d'Isis (IIe siècle) socle après 1475

Attribué à Michel-Ange - Pietà - fin XVe - terre cuite ; Andrea Bregno - base surmontée du buste d'Isis (IIe siècle) socle après 1475

d'après Bartolomeo Veneto - portrait présumé de Lucrèce Borgia, 1510 - huile sur bois 58x42cm - Nimes musée des Beaux-Arts ;  Altobello Melone - Portrait de gentilhomme (César Borgia ?) vers 1510 - huile sur bois - 58x48cm - Bergame Accademia Carrarad'après Bartolomeo Veneto - portrait présumé de Lucrèce Borgia, 1510 - huile sur bois 58x42cm - Nimes musée des Beaux-Arts ;  Altobello Melone - Portrait de gentilhomme (César Borgia ?) vers 1510 - huile sur bois - 58x48cm - Bergame Accademia Carrara

d'après Bartolomeo Veneto - portrait présumé de Lucrèce Borgia, 1510 - huile sur bois 58x42cm - Nimes musée des Beaux-Arts ; Altobello Melone - Portrait de gentilhomme (César Borgia ?) vers 1510 - huile sur bois - 58x48cm - Bergame Accademia Carrara

Raphaël - portrait du Cardinal Farnèse - 1509/1511 - huile sur toile 138x91cm - Naples ;  Luca Longhi ? - Dame à la licorne (Giulia Farnèse ?) vers 1535 huile sur bois 132x98cm NaplesRaphaël - portrait du Cardinal Farnèse - 1509/1511 - huile sur toile 138x91cm - Naples ;  Luca Longhi ? - Dame à la licorne (Giulia Farnèse ?) vers 1535 huile sur bois 132x98cm Naples

Raphaël - portrait du Cardinal Farnèse - 1509/1511 - huile sur toile 138x91cm - Naples ; Luca Longhi ? - Dame à la licorne (Giulia Farnèse ?) vers 1535 huile sur bois 132x98cm Naples

Francucci Innocenzo, dit Innocenzo da imola - Portrait présumé de Vannozza Cattanei - 83x62cm Rome ; Fra'Bartolomeo - Portrait de Jérôme Savonarole - 1499 - huile et tempera sur panneau 72x56cm - FlorenceFrancucci Innocenzo, dit Innocenzo da imola - Portrait présumé de Vannozza Cattanei - 83x62cm Rome ; Fra'Bartolomeo - Portrait de Jérôme Savonarole - 1499 - huile et tempera sur panneau 72x56cm - Florence

Francucci Innocenzo, dit Innocenzo da imola - Portrait présumé de Vannozza Cattanei - 83x62cm Rome ; Fra'Bartolomeo - Portrait de Jérôme Savonarole - 1499 - huile et tempera sur panneau 72x56cm - Florence

Antoniazzo Romano - Annonciation 1500 - huile sur bois 130x185cm - Rome ; Titien - Le Pape Alexandre VI présente Jacopo Pesaro à St Pierre - 1502 - huile sur toile 147x188cm - AnversAntoniazzo Romano - Annonciation 1500 - huile sur bois 130x185cm - Rome ; Titien - Le Pape Alexandre VI présente Jacopo Pesaro à St Pierre - 1502 - huile sur toile 147x188cm - Anvers

Antoniazzo Romano - Annonciation 1500 - huile sur bois 130x185cm - Rome ; Titien - Le Pape Alexandre VI présente Jacopo Pesaro à St Pierre - 1502 - huile sur toile 147x188cm - Anvers

Lucas Signorelli - Gonfalon  - 1474 - huiles sur toile 156x104cm  - Bannière destinée aux processions peinte sur deux faces (crucifixion et descente du Saint Esprit) il fut divisé en deux panneaux en 1775.Lucas Signorelli - Gonfalon  - 1474 - huiles sur toile 156x104cm  - Bannière destinée aux processions peinte sur deux faces (crucifixion et descente du Saint Esprit) il fut divisé en deux panneaux en 1775.

Lucas Signorelli - Gonfalon - 1474 - huiles sur toile 156x104cm - Bannière destinée aux processions peinte sur deux faces (crucifixion et descente du Saint Esprit) il fut divisé en deux panneaux en 1775.

Quentin Metsys - Portrait d'Erasme 1517 - huile sur toile marouflé sur bois - 59x46cm Rome ;  Bernardino di Betto dit le Pinturicchio - L'Enfant Jésus aux mains - 1492 - fresque déposée 73x59cm - PérouseQuentin Metsys - Portrait d'Erasme 1517 - huile sur toile marouflé sur bois - 59x46cm Rome ;  Bernardino di Betto dit le Pinturicchio - L'Enfant Jésus aux mains - 1492 - fresque déposée 73x59cm - Pérouse

Quentin Metsys - Portrait d'Erasme 1517 - huile sur toile marouflé sur bois - 59x46cm Rome ; Bernardino di Betto dit le Pinturicchio - L'Enfant Jésus aux mains - 1492 - fresque déposée 73x59cm - Pérouse

Giovanni Bellini - La transfiguration du Christ - vers 1455 - huile sur bois 134x68cm - Venise ; Paolo da san Leocadio - Vierge à l'Enfant et Saint Jean 1500-1510 - huile sur bois 59x45cm Valence Giovanni Bellini - La transfiguration du Christ - vers 1455 - huile sur bois 134x68cm - Venise ; Paolo da san Leocadio - Vierge à l'Enfant et Saint Jean 1500-1510 - huile sur bois 59x45cm Valence

Giovanni Bellini - La transfiguration du Christ - vers 1455 - huile sur bois 134x68cm - Venise ; Paolo da san Leocadio - Vierge à l'Enfant et Saint Jean 1500-1510 - huile sur bois 59x45cm Valence

Andréa Mantegna - Saint Georges vers 1470 - tempera sur bois 66x32cm - Venise ; Andrea del Verrocchio - Saint Jerôme 1495 - huile sur papier marouflé sur bois 40x17cm - FlorenceAndréa Mantegna - Saint Georges vers 1470 - tempera sur bois 66x32cm - Venise ; Andrea del Verrocchio - Saint Jerôme 1495 - huile sur papier marouflé sur bois 40x17cm - Florence

Andréa Mantegna - Saint Georges vers 1470 - tempera sur bois 66x32cm - Venise ; Andrea del Verrocchio - Saint Jerôme 1495 - huile sur papier marouflé sur bois 40x17cm - Florence

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