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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

 Quelqu'un m'a dit : "Qu'allez-vous faire un week-end à Valenciennes ?". Il est vrai qu'à priori cette ville, anciennement industrielle et minière, située à la frontière belge et sous-préfecture du département du Nord, n'a pas une réputation touristique.

En premier lieu je rendais visite à un ami qui ouvrait les portes de son atelier, ensuite cela me donnait l'occasion de visiter le Musée des Beaux Arts (ceux-ci offrent souvent de belles surprises), et d'aller également au musée Matisse du Cateau-Cambrésis.  

Le musée de Valenciennes ne m'a pas déçu,  il possède un ensemble remarquable de tableaux flamands du XVIIe (qui complétaient ma visite récente de l'exposition Jordaens), et bien d'autres richesses que j'ai pu admirer dans le calme et la tranquilité.

Je vous propose quelques oeuvres parmi celles qui m'ont touchées, et en préface la photo de la Basilique Notre Dame du Saint Cordon de Valenciennes. La partie restaurée est éclairée toute la nuit :  c'est superbe ! 

   
        photo MP

notre-dame-du-saint-cordon.jpg 
Si vous souhaitez connaître l'origine du Saint-Cordon : link

Le Musée des Beaux Arts
                       photo MPmusee-valenciennes.jpg
LES PEINTRES FLAMANDS

Pierre Paul Rubens - 1577-1640
                                                               photo webdescente-de-croix---peter-paul-rubens.jpg                                           détail photo MP descente-de-croix-detail.jpgJordaens - 1593-1678
L'arrestation du Christ
                        photo Web
Sans-titre-1.jpgAntoine van Dyck - 1599-1641
Le martyre de Saint Jacques
                                       photo webvan-dyck-et-atelier---le-martyr-de-saint-jacques.jpgMaarten de Vos - 1532-1603
L'adoration des Mages
                                    photo MPMarteen-de-Vos---l-adoration-des-mages.jpg                                      détail - photo MP
marteen-de-vos-detail.jpgFrans Pourbus le jeune - 1569/1570-1622
Portraitiste à la Cour de Bruxelles puis appelé à Paris il a réalisé le grand portrait de Marie de Medicis qui se trouve au Louvre. Le rendu des tissus est fabuleux.
Portrait d'Elisabeth de France
                                                              Photo MPFrans-II-Pourbus---Elisabeth-de-france.jpg                                                               détail photo MPpourus-datail.jpgJoachim Beuckelaer - 1534-1574 -
peintre des kermesses, et des marchés pretextes à des somptueuses natures mortes.
La pourvoyeuse de légumes
                          photo MPjoachim-beuckelaer.jpg                    détail photo MPbeuckelaer-detail.jpgBrueghel Jan I dit Brueghel de Velours - 1568-1625
Paysage au moulin
                           photo MPjan-I-Brueghel-paysage-au-moulin.jpgLES NATIFS DE VALENCIENNES
Antoine Watteau - 1684-1721, créateur du mouvement rococo inspiré par la commedia dell'Arte
La danse
                                                     photo webwatteau-la-dande.jpg
Jean Baptiste Carpeaux - 1827-1875 - peintre mais surtout sculpteur - Le musée lui consacre un grand espace
Autoportrait
                                   photo MPcarpeaux-autoportrait.jpgLe bal masqué au Tuileries - 
                      photo MPcarpeaux-le-bal-masque-au-tuileries.jpgLa première robe longue - terre cuite
                                                photo MPcarpeaux-la-premiere-robe-longue.jpgFrère et soeur - deux orphelins du Siège - terre cuite
                                        photo MPcarpeaux-frere-et-soeur-deux-orphelins-du-siege.jpgLes 4 joyeux personnages pour la Fontaine Watteau de Valenciennes - plâtre patiné
                                     photos MPcarpeaux-fontaine-watteau.jpgcarpeaux-fontaine-watteau-1868-platre-patine.jpgcarpeaux-watteau3.jpgcarpeaux-watteau4.jpgPour terminer cet aperçu très incomplet des oeuvres du Musée, ce tableau de Felix Auvray, né à Cambrai en 1800 et décédé à 33 ans,
La naissance de la vierge
                    photo MPfelix-auvray-cambrai-1800-1833---la-naissance-de-la-vierge.jpg

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris
"LA GLOIRE D'ANVERS"
(...) où donc as-tu trouvé ton soleil, ô Jordaens ? Ce pauvre soleil gris que le brouillard fait fondre (...)" Victor Hugo

Jacques Jordaens nait le 19 Mai 1593 à Anvers. Jacques est son véritable prénom (Jacus sur son acte de baptême). La transformation de Jacus en Jacob date du XIXe  dans le contexte de la renaissance linguistique flamande. Son père pratique le commerce du drap mais la famille Jordaens compte des peintres et des encadreurs dès le XVe siècle. Elle est aussi apparentée à l'une des principales dynasties de peintres-marchands, experts en commerce de l'Art, les "Goetkint".
Jordaens reçoit une éducation caractéristique de la bourgeoisie de son époque. S'il ne possède pas la même culture que Rubens (qui a étudié au collège Jésuite le latin, la littérature classique et les humanistes), il pratique quelques langues modernes dont le français.
En 1607-1608 Jordaens entre en apprentissage chez Adam van Noort, dont il épousera la fille Catharina en 1616;
Cette même année 1616 il est reçu franc-maître de la guilde de Saint Luc comme peintre à la détrempe (peinture dont les pigments sont liés à une solution aqueuse - gouache ou aquarelle - mais la détrempe peut aussi être associée à la tempera, pigments liés avec de l'oeuf). Jordaens se destinait sans doute à la production de cartons de tapisserie. La guilde définissait le cadre réglementaire de l'exercice de la profession, regroupait notamment les peintres d'Anvers et constituait un important lien de sociabilité et de solidarité.
A cette époque Jordaens commence sa collaboration avec Rubens. Contrairement à Rubens, qui fit en particulier un long séjour en Italie (8 ans), Jordaens ne quittera jamais Anvers. Dans sa ville, spécialisée dans le commerce d'art il a toutefois la possibilité de voir des oeuvres et des copies gravées venant de toute l'Europe. D'autre part Rubens a ramené de son séjour en Italie un savoir colossal : il en fera sans doute profiter son jeune collaborateur.
En 1620 Jordaens ouvre son propre atelier. Il aura jusqu'en 1660 de nombreux élèves (un seul sera connu, Jan Boeckhorst qui fréquentera aussi l'atelier de Van Dyck). L'atelier est tout à la fois école, manufacture, lieu d'exposition et boutique. Les assistants travaillent sur tout ou partie du tableau et réalisent les variantes plus ou moins nombreuses des oeuvres à succès du maître.
Les dessins et esquisses sont essentiels pour Jordaens. Splendides et parfois très aboutis ils peuvent servir de modèles. Les collaborateurs puisent dans les dessins, tenus sous clef, d'enfants, de femmes, d'hommes, jeunes ou vieux, d'animaux, qui leur permettent de composer des tableaux.
Lorsque Rubens disparait en 1640, suivit de Van Dyck en 1641, Jordaens devient le plus grand peintre Anversois.
A la fin de sa vie c'est un homme riche et considéré. Il meurt en 1678 le même jour que sa fille Elisabeth, ils ont probablement été victimes d'une épidémie. Ils sont tous les deux inhumés dans le cimetière calviniste (ou dans l'église) de Putte, de l'autre côté de la frontière hollandaise.
Reconnu en France dès le début du XVIIIe (les collections royales acquièrent pour Louis XV "Le Christ chassant les marchands du temple"), la popularité de Jordaens a chuté à partir de 1950, il était moins connu que Rubens et considéré comme son successeur et sa peinture réaliste ne correspondait plus aux critères du XXe siècle.
La rétrospective que lui consacre le Petit Palais, la première en France, est une réussite, on ne peut qu'être ébloui par les grandes compositions religieuses, les banquets réjouissants, les portraits familiaux et les très beaux dessins, à la pierre noire, à la plume ou au lavis.
Et je rêve depuis ma visite d'aller à Anvers....
Le parcours de l'exposition est organisée de façon thématique :
 
- L'ARTISTE, SA FAMILLE ET LES PEINTRES D'ANVERS

La famille Jordaens est unie et ses membres incarneront souvent les personnages des tableaux du maître, notamment sa fille Elisabeth qui est présente de sa petite enfance à sa maturité. Jordaens fera uniquement les portraits de ses proches, Van Dyck était le maître pour les commandes royales et la bourgeoisie s'adressait à des peintres spécialisés.

Autoportrait fin des années 1640 - huile sur toile  81,5x59cm - Munich
    
1317341107 1645-1649-jacob-jordaens-autoportrait-huile-sur-
 
 
Autoportrait de Jordaens avec sa femme Catharina, leur fille Elisabeth et une servante
1621-1622 - huile sur toile 181x187cm - Madrid Prado 
The Family of the Artist by Jacob Jordaens

Portrait d'une jeune dame montrant son bijou (Elisabeth ?) vers 1637 huile sur toile 74,5x55,5cm
Sans-titre-7
La Sainte famille vers 1620 huile sur bois 105,8x75,5cm - (L'enfant est Elisabeth et la Vierge Catharina)     sainte famille


- LA BIBLE ET LES SAINTS
Dans ce domaine l'activité de Jordaens est féconde. Elevé par ses parents dans le catholicisme il se convertira au calvinisme au milieu du siècle, mais cela ne l'empêchera pas de continuer à travailler pour l'église et une clientèle catholique. Dans son oeuvre se mêlent les apports de Rubens et du Caravage.

L'adoration des bergers -  1616-17- huile sur toile - 255x175cm - Musée de Grenoble
2.L'adoration des bergers- Photographie © Musée de Grenob

    Le sacrifice d'Isaac - vers 1625-1630 huile sur toile 242x155cm the sacrifice of isaac
Adam et Eve - La chute de l'homme - vers 1640 - huile sur toile 184x221cm - Budapest -
d'après Rubens qui avait lui-même copié Titien
Jacob-Jordaens-The-Fall-of-Man-2-

Adam et Eve - Rubens - 1628-1629 -  huile sur toile   237x184 -- Le Prado -
rubens-Adam-et-Eve
 
Titien - Adam et Eve - vers 1550 - huile sur toile - 240x186cm -  Le Prado -
adam122 titien
Les quatre évangélistes - 1625-1630 - huile sur toile 134x118cm - Musée du Louvre

Ce tableau, objet de nombreuses interprétations iconographiques, fait maintenant consensus sur la représentation des quatre évangélistes mais leur identification reste problèmatique. Il y a quelqes années, l'historien allemant Christian Tümpel a désigné le jeune homme en blanc comme étant Jean, le personnage près de lui serait Matthieu, ils sont au premier plan près de la Bible. Derrière eux, Marc, dont le premier métier consistait à fabriquer des toiles de tentes s'appuie sur la tenture, et le personnage qui écrit serait Luc (Jordaens a pris pour modèle le calligraphe de la guilde de ...Saint Luc.. de Graef).
4.les quatre évengélistes © RMN-Grand Palais (musée du
- LES DECORS PROFANES

Deux oeuvres marquent son apogée dans ce domaine : "Le temps fauchant la calomnie et le vice", et "la mort étranglant la jalousie" peint en collaboration avec Rubens pour la salle d'apparat de la "Maison des bois" résidence princière aux environs de la Haye. L'exposition présente une vidéo de ces oeuvres.
Mais nous avons plus près de nous un exemple de ces décors : dans la galerie est du Palais du Luxembourg, le plafond de l'annexe de la Bibliothèque du Sénat conserve depuis le Consulat douze peintures réalisées par Jordaens pour sa demeure anversoise : les douze signes du zodiaque.  
Le verseau
Jordaens - AquariusLa vierge
Jordaens - Virgo
- QUOTIDIENS ET PROVERBES

Les proverbes constituaient l'un des rares lieux de rencontre entre le savoir des élites et le plus grand nombre. Leur représentation avait un arrière-plan moral : montrer, éduquer, divertir.
Le nom de Jordaens est inséparable des diverses version du "Roi boit", représentation de la fête de l'Epiphanie.

Le Roi boit - 1638-1640 - huile sur toile 156x210cm - Musée royale de Bruxelles -
Le cartouche sur le mur du fond indique "où la boisson est gratuite il fait bon vivre", et Jordaens en autoportrait au premier plan rend le repas trop arrosé ! 15.Le-roi-boit©-Musées-royaux-des-Beaux-Arts-de-Belgique- 
  " Comme les vieux ont chanté, ainsi les jeunes jouent de la flûte" -
  1640-1645 - huile sur toile 154x208cm - Valenciennes Musée des Beaux Arts -
Jordaens se représente jouant de la cornemuse
jordaens130922p
Le satyre et le paysan - 188x168cm - huile sur toile - Musée Royal de Bruxelles
Une famille de paysan et un satyre sont assis à la même table. Le paysan souffle sur sa cuillère de soupe pour la refroidir, le satyre l'a vu un peu plus tôt, dans la campagne, souffler sur ses mains pour les rechauffer : "Cette homme souffle de la même bouche le chaud et le froid, comment lui faire confiance ?" et le satyre effrayé quitte la table !12 -Satyres-et-paysans1
- HISTOIRES PROFANES ET MYTHOLOGIE

Dès le début de sa carrière Jordaens traite les thèmes mythologiques, mais son regard est différent de celui de Rubens, il vide le mythe de son tragique pour aller vers la satyre et célébrer aussi la Nature.

    Allégorie de la fécondité de la terre -  vers 1623-1625 - huile sur toile - 180x241cm -  Bruxelles -Allegory-Of-Fertility-1618-1628Details-Jacob-Jordaens
Le Banquet de Cléopâtre - 1653  - huile sur toile -156,4x149,3cm  - Saint Petersbourg f9a8e2013b506604561cb6b104c5a0fc
 
Candaule faisant épier sa femme par Gygès - vers 1646 - huile sur toile -193x157cm -  Stockholm
Le tyran Candaule, fier de la beauté de sa femme contraint un courtisan, Gygès, à l'épier au moment de son coucher. La Reine s'en aperçoit et  se venge. Elle convoque Gygès et lui propose un marché : soit il assassine Candaule pour obtenir sa main et le trône de Lydie, soit il est exécuté. Gygès poignarde le roi et s'empare du trône.
10.Candaule faisant épier sa femme par GygèsPhoto © Nati
- MODELES CARTONS DE TAPISSERIES ET TENTURES

Jordaens conçut des modèles dans des registres divers : littérature proverbiale, thèmes équestres, mythologie et histoire antique ou médiévale. Sa spécialisation de peintre à la détrempe l'avait préparé à oeuvrer dans cette voie. Cartonnier de premier ordre, Jordaens participe au rapprochement entre lissiers et peintres qui marquera l'évolution de la tapisserie au XVIIe.

Carton - Chasseur et sa meute - pierre noire, aquarelle et gouache - 35,5x50,2cm - Londrescarton
La tapisserie - après  1639 -  laine et soie - 365x610cm -  Vienne
tapisserie
    Coups de coeur pour  toutes les études et  dessins de Jordaens  :
Parmi eux ces deux têtes de femme - huile sur bois 58,5x65,5cm - Nancy - Musée des Beaux Arts11-2-full
Photos Internet - Texte MP -

EXPOSITION DU 19 SEPTEMBRE au 19 JANVIER 2014 - Petit Palais Paris

    

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 12 Septembre 2013 -
De passage en Touraine mes pas me mènent au Prieuré de Saint-Cosme. Il s'y tient, dans l'ancien réfectoire, une exposition d'Ernest Pignon-Ernest (aucun lien avec Edouard Pignon) dont je connais peu les oeuvres. Je pénètre dans un très joli parc fleuri, passe devant la maison où a séjourné Ronsard, parcours les ruines de la chapelle pour atteindre le réfectoire.
Je n'ai pas ouvert le petit livret que l'on m'a remis à l'entrée, je veux d'abord "voir".
L'exposition s'appelle "Extases". Je découvre, en entrant, de magnifiques dessins (je comprendrai bientôt qu'ils sont préparatoires). L'extrémité du réfectoire est dans l'obscurité totale, puis un éclairage fait surgir une femme à demi couverte, la tête rejetée en arrière, bras au ciel dans la position d'un crucifié. C'est un portrait grandeur nature, dessin serigraphié collé sur un support dur, ondulé et corné, posé sur un miroir d'eau. Le reflet donne la sensation que la femme est en lévitation. Puis une seconde femme s'éclaire, aussi douloureuse mais offerte. Une troisième, une quatrième jusqu'à la septième, toutes en état de souffrance. Ce sont presque des sculptures. La mise en scène porte au recueillement. Le mysticisme se confirme avec la flamme rouge qui, au final, s'allume au fond du décor comme la veilleuse des églises indiquant la présence divine. 
Je demeure longtemps à admirer les apparitions de ces femmes torturées, je suis fascinée mais toujours sans comprendre qui elles sont, qu'importe l'émotion est là tellement forte qu'il me faudra faire un effort pour partir.
Plus tard, la lecture du livret confirme mon impression mystique. Ernest Pignon-Ernest a représenté sept femmes en état d'extase, sept femmes "épouses du Christ" : MadameGuyon, Marie-Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila et Marie de l'Incarnation.
"(...) Comme une quête et un défi, j'ai, en imaginant leur portrait tenté de représenter l
'infigurable, cherché comment faire image de chairs qui aspirent à se désincarner, comment exprimer ces contradictions intenses, ces paradoxes  spirituels et charnels, ces corps masqués et dévoilés traversés de plaisir et d'angoisse, de désir et de rejet (...)" Ernest Pignon-Ernest 
 
13 septembre -
Je veux "revoir" une fois encore, dans le silence et dans le noir, ces femmes en extase, les redécouvrir une à une. Mon émotion est la même et j'aurai, à nouveau, beaucoup de mal à me détacher du lieu. 
  Photos et diaporama MP 
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Ernest Pignon-Ernest  est un artiste de la rue. Il a affiché des images sérigraphiées (le plus souvent des corps à l'échelle1) sur les murs de Soweto, d'Alger, de Naples. Il dénonce l'art construit pour les musées et expositions (il y participe toutefois) et partage le sien avec générosité. Je pourrai donc photographier en toute liberté cette exposition et partager avec vous ma fascination.
 
VOIR LA VIDEO DE MA VISITE - cliquez   link
       
 
 Demeure de Ronsard - Prieuré de Saint-Cosme - La Riche - Indre et Loire
 jusqu'au 6 octobre 2013. 

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Musées Province

Le château de Saché, au coeur de la Touraine, a été érigé au Moyen-âge et remanié à la Renaissance. Il a été mis au goût du XIXe siècle par son propriétaire de l'époque, Jean Margonne, qui y  reçut souvent Honoré de balzac. A Saché de 1830 à 1837, Balzac travailla à l'écriture du "Père Goriot", des "Illusions perdues" et de la "Recherche de l'absolu" et surtout trouva l'inspiration pour écrire "Le lys dans la vallée".
Devenu Musée Balzac en 1951, le château accueille en ce moment des oeuvres de Pierre Alechinsky illustrant un essai peu connu d'Honoré de Balzac, le "Traité des excitants modernes", publié en 1839, en préface au livre de Brillat- Savarin "La physiologie du goût".
Dans cet essai Balzac décrit "les effets nocifs de l'absorption de cinq substances, découvertes depuis environ deux siècles, introduites dans l'économie humaine et qui connaissent des développements si excessifs que les sociétés modernes peuvent s'en trouver modifiées d'une manière inappréciable".
Les cinq substances sont l'alccol, le sucre, le thé, le café et le tabac. Balzac, qui n'était pas sans consommer ces substances - en particulier le café qu'il buvait sans modération - veut démontrer "l'influence sur les destinées humaines de ce qui entre dans la bouche". Il en fait tantôt la critique, tantôt l'éloge, cite des anecdotes, donne des recettes, prévient qu'elles peuvent mener à l'apathie et à la mort. Même si ce que Balzac démontre n'est sans doute pas toujours crédible, le texte reste passionnant, drôle et visionnaire : il devance notre récent "le tabac tue" inscrit sur les paquets de cigarettes ainsi que les recommandations sur l'abus d'alcool et de sucre.
Pierre Alechinsky ne fait pas une illustration mot à mot, on note deux ou trois allusions au texte de Balzac : le tabac qu'il exprime par une fumée de bateau à vapeur (Balzac parle "des prolétaires fumant comme des remorqueurs") ; un récipient pour évoquer le café ou le thé... Alechinsky reste toujours en retrait du texte, laisse aller son imagination et affirme "imager n'est pas concurrencer".
Pour l'édition publiée en 1989 (Editeur Yves Rivière), Alechinsky signe quatorze linogravures et sept eaux-fortes hors texte. Pour le livre, Alechinsky qui avait d'abord réalisé des eaux-fortes à l'aquatinte a finalement opté pour la linogravure compatible avec une presse typographique. Les sept hors textes sont des eaux-fortes en gravure profonde. L'exposition montre l'intégralité des illustrations associées à des extraits de l'essai. Viennent ensuite les variations plastiques déclinées en 1999 et 2009 : dix grandes encres marouflées sur toile et surmontant une prédelle d'une ou deux linogravures, puis les eaux fortes rejetées qu'Alechinsky complète et agrandit avec d'autres gravures en ajoutant des bordures peintes à la tempera.
Le château a réservé quatre salles aux oeuvres. Les autres pièces sont meublées XIXe : salle à manger, salon, chambre de Balzac, salle Rodin, et la "salle de l'imprimerie" où l'on peut admirer trois belles presses.
Une exposition à ne pas manquer si vous passez près de Saché, par contre ne boudez pas le plaisir de lire l'essai savoureux de Balzac.

       Le château - photo MP
SAM 3833
Photos Web
Inauguration de l'exposition en présence d'Alechinsky
images

 
Une plaque de linogravure, en dessous le tirage sur le livre - 
linogravure copie
 livre


photos MP 
Les hors texte   
Une plaque d'eau-forte sur cuivre, en dessous le tirage papierSAM 3827

 

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 Autres hors texte

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  SAM 3819


 photos Web 

 Quelques variations de 1999 et 2009
Les encres marouflées sur toile avec une predelle avec une ou deux linogravures

Sans titre-1Sans titre-1 copie
Les variations avec bordures peintes à la tempera
photo web
2013-alechinsly-balzacphotos MP
Les grands formats
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SAM 3823 SAM 3824   
 "Salle de l'imprimerie"

Une presse lithographique à corneSAM 3829

Une presse typographiqueSAM 3830Une presse à reliure
SAM 3832
Jusqu'au 29 septembre 2013- Musée Balzac - 37190 Saché
Honoré de Balzac - Traité des excitants modernes - édition de poche Babel n° 122 - avec les reproductions des linogravures, des textes de Pierre Alechinsky et de Michel Butor.



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Publié dans : #Chateaux

Situé au nord-ouest de Paris, à quelques kilomètres de Magny en Vexin, le parc de soixante dix hectares du domaine de Villarceaux enchante par ses pièces d'eau, son jardin renaissance, sa terrasse italienne bordée de palmiers, son manoir et ses deux châteaux.
Le domaine a appartenu à la famille de Mornay durant plus de quatre siècles. Le dernier héritier, Louis de Mornay marquis de Villarceaux (1619-1691), Capitaine de la meute royale des 70 chiens courants pour la chasse au renard et au lièvre de Louis XIV, n'ayant pas eu d'enfant, le domaine fut transmis à son neveu Charles de Tillet. La famille du comte de Villefranche, dernier propriétaire, sera expulsée en 1975. La fondation Léopold Mayer se portera acquéreur et la gestion de Villarceaux est assurée par le Conseil Régional de l'Ile de France depuis 1989.
Le château du bas
Son histoire commence au XIe ou XIIe siècle. Reconstruit, fortifié, agrandi durant la Renaissance, il n'en reste aujourd'hui qu'une tour d'angle dénommée "Tour Saint Nicolas" avec les murs qui l'encadre et l'ancien logis seigneurial. Françoise d'Aubigné (1635-1719) y séjourna après la mort de son mari, le poète Paul Scarron. Elle fut durant trois ans la maîtresse de Louis de Mornay avant de devenir l'épouse secrète de Louis XIV. L'histoire la retient sous le nom de Madame de Maintenon. Louis de Mornay serait l'auteur d'un portrait de Françoise Scarron aujourd'hui exposé dans le château du haut.

Le manoir
Construit au XVIIe, situé au bord de l'eau, il comporte une tour et un passage vouté. Il abrita les amours de Louis de Mornay et de Ninon de Lenclos.

Ninon (1616-1705) a vecu le règne de Louis XIII et le Siècle de Louis XIV. Figure presque légendaire de femme galante et savante du XVIIe - peu de personnalités de ce temps eurent une aussi riche collection de souvenirs que la sienne - c'est elle qui accueillit Françoise d'Aubigné à Villarceaux.
Le château du haut
Il a été construit entre 1755 et 1759 pour Charles du Tillet, marquis de Labuissière. Cette maison de villégiature bourgeoise, de style Louis XV classique, abrite une belle collection de meubles du XVIIIe.

L'histoire est intéressante - la visite obligatoirement guidée nous l'apprend - mais c'est surtout le plaisir de la promenade dans le parc, sur les terrasses, dans le jardin des simples et autour des plans d'eau qui m'a séduite. Le jardin sur l'eau est remarquable. J'ai également beaucoup aimé la montée au château du haut par un talus dit "en vertugadin" et la vue que l'on découvre de sa terrasse.

         photos MP
        L'entrée du parc,  la Tour Saint Nicolas et le château du bas
1

 3        Le manoir de Ninon - vue de l'accueil2       Les écuries4

        L'entrée du manoir5

       Le manoir après avoir franchi le passage vouté       6       Le jardin des simples7        8        Le jardin sur l'eau11        Au loin le chateau du haut12

        Le grand plan d'eau - Au XVI- siècle les Mornay y développe la pisciculture. L'activité est très profitable du fait de l'obligation religieuse de "faire maigre" de nombreux jours de l'année. Le domaine approvisionne entre autres Versailles et Paris.15

       La montée au château16 17         La  salle à manger- au fond le portrait de Françoise Scarron19

      Le grand salon - de larges baies donnent sur le bassin et sur les collines du vexin20

 

18

 

C'est l'un des plus beau site de l'Ile de France, l'un des plus méconnu aussi. Peu de monde à la visite guidée qui dure presque deux heures. L'entrée est gratuite.

Ouvert du 6 avril au 20 octobre - en basse saison de 14 h à 17 h, mercredi, samedi, dimanche
du 1er juin au 31 août, tous les après midi sauf le lundi.

DOMAINE DE VILLARCEAUX

95110 CHAUSSY

Tel 01 34 67 74 33     

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Publié dans : #Expositions à Paris

Né à Melbourne en 1958, Ron Mueck fut d'abord créateur et animateur de marionnettes pour la télévision et le cinéma. En 1996 il réalise une sculpture d'un mètre de long, "Dead Dad" représentant le cadavre de son père. Cette oeuvre le propulse dans le milieu de l'art contemporain. Il se consacre alors totalement à la sculpture et expose à la 49e Biennale de Venise "Boy", cinq mètres de haut, qui connait un immense succès.

Ron-Mueck-Boy2
L'hyperréalisme des sculptures de Ron Mueck est poussé à l'extrême et s'applique au moindre détail du corps humain. Sa particularité tient aussi à la dimension de ses oeuvres : reniant la normalité Ron Mueck créé des géants ou des nains.
A priori Ron Mueck a tout d'un sculpteur classique. Il travaille d'après dessins, photos ou modèles vivants, s'inspirant de bandes dessinées, de l'histoire de l'art, de fables ou de légendes. Ses modelages confectionnés en argile par accumulation de matière sont ensuite moulés en plusieurs morceaux avec du silicone souple et du plâtre. Après démoulage il obtient les moules "en creux" qui sont enduits couche après couche de polyester puis eux mêmes démoulés pour obtenir au final, et reliés entre eux, l'oeuvre.
C'est une technique courante.... et pourtant le moulage qui paraît simple pour une oeuvre de dimension raisonnable, l'est beaucoup moins pour les oeuvres gigantesques. Le film de Gautier Deblonde, "La création dévoilée", présenté à la Fondation Cartier est sur ce point passionnant. On y voit Ron Mueck dans son atelier londonien travailler notamment sur sa sculpture gigantesque "Couple under umbrella".
Après avoir réalisé un modelage de son sujet en petites dimensions, Ron Mueck prépare l'exécution à la taille gigantesque. Il réalise d'abord le squelette de la sculpture : une armature de bois et fils de fer grillagés qui donne le volume. Aidé de ses assistants, il colle des bandelettes qui sont ensuite recouvertes d'argile. Ron Mueck travaille alors l'argile avec sa précision hyperréaliste. L'énorme sculpture terminée, viennent les moulages successifs, mais sa taille génère un remarquable défi technique pour la séparation des différentes pièces et l'envergure des moules. C'est un travail de longue haleine : en dix sept ans Ron Mueck n'a réalisé qu'une quarantaine de sculptures.
L'exposition de la Fondation Cartier présente neuf oeuvres dont la plus importante est  "Couple under an Umbrella". A sa vue je n'ai pas ressenti à proprement parlé une émotion, plutôt une crainte devant son gigantisme. Transportée dans un monde de géants mes délires d'enfant ont resurgi. En m'approchant j'ai oublié l'appréhension pour m'attacher aux détails : le grain de la peau, les veines qui transparaissent, les plis aux articulations, le duvet des jambes, les pieds et les mains remarquables, les cheveux qui ont été plantés un à un.
Puis ma crainte a totalement disparu, le couple est profondément humain, les visages expriment la sérénité. L'homme allongé regarde au loin, sa tête repose sur la cuisse de la femme et leurs bras liés sont une preuve de tendresse et d'intimité.
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Couple under an umbrella - matériaux divers - 300x400x350 environ1234
Deux autres grandes oeuvres :

"Still Life", inspiré à Ron Mueck par la grippe aviaire, ne m'interpelle pas
matériaux divers 215x89x50cm

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"Mask II" qui semble être un autoportrait . Là aussi l'angoisse me saisit 11bis 12 13

 

Les six autres oeuvres sont de petites dimensions
Woman with shopping - matériaux divers - 113x46x30cm910
Woman with Sticks - matériaux divers - 170x183x120cm78
Youth - matériaux divers - 65x28x16cm1516
"Man in a boat"(la barque 425cm L) et "Drift"  accroché au mur (118x96x21cm)matériaux divers 
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Young couple - matériaux divers - 89x43x23cm17.jpg18
voir une vidéo sur le modelage de "Young Couple"cliquer sur link

Ron Mueck avait exposé à la Fondation Cartier en 2005, c'était se première exposition personnelle en France. Le succès avait été immense et c'est encore à ce jour l'exposition la plus fréquentée dans l'histoire de la Fondation. Elle sera sans aucun doute supplantée par l'actuelle (prolongée jusqu'au 27 octobre 2013-elle a commencé le 16 avril). Cela n'a rien d'étonnant car Ron Mueck fait surgir le rêve et ses oeuvres parlent d'elles-mêmes. Pour ma part si ses sculptures achevées ne m'ont pas laissé indifférente, c'est surtout son travail, et sa quête acharnée de la perfection, révélés par le film de Gautier Deblonde, qui m'ont le plus marquée.

    voir une vidéo sur l'installation de l'exposition : cliquer sur  link

D'autres sculpteurs hypérréalistes ont précédé Ron Mueck, parmi eux Duan Hanson (1925-1996) célèbre dans les années 1960 dont l'inspiration couvrait tous les sujets qui dérangent duan hansonet d'autres moins connus sont contemporains de Ron Mueck  comme Jamie Salmon qui sculpte des géants:jamie salmonet Jackie K Séo qui sculpte des nains :jackie k seo
Fondation Cartier - 261 Bd Raspail - PARIS 75014 - Métro Raspail - Tous les jours sauf lundi de 11 h à 21 h
Entrée 10,50 € - tarif réduit 7 € -
Il y a de plus en plus de monde, la file d'attente est importante.   

Nota - toutes les photos proviennent d'internet 

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Publié dans : #Musées Province

  Je dois l'avouer : depuis quelques années je ne me précipite vraiment pas sur les expositions de peintres impressionnistes, c'est un peu comme avoir mangé trop de chocolat, l'écoeurement n'est pas loin. Pourtant lors d'un passage à Caen je n'ai pu résister à pousser les portes de son Musée des Beaux Arts. Ce n'était pas ma première visite car j'aime retrouver, dans l'enceinte du château, son architecture contemporaine.
"Un été au bord de l'eau", le titre est enchanteur, cela sent bon les vacances, cela s'accorde bien avec le but de mon voyage : la mer. Allons, je ne vais pas prétendre tout connaître des impressionnistes, je peux au moins passer le bout de mon nez... Vous reprendrez bien un petit chocolat !
Le thème de l'exposition évoque en particulier l'essor des villégiatures de bord de mer qui étaient initialement vouées aux traitements thérapeutiques. Le développement du chemin de fer (notamment la ligne Paris-Le Havre inaugurée en 1847) facilite l'accès à la côte, le tourisme se développe, Deauville, Trouville, Dieppe, Cabourg deviennent des destinations privilégiées pour "aller au bains".
Si les tableaux des impressionnistes dominent, ce nouveau genre ne leur est pas réservé, l'exposition présente d'autres peintres ayant traité des scènes de plage. C'est un cheminement d'une trentaine d'années allant du très beau Renoir qui ouvre la visite "La Nymphe à la source" de 1869, au tableau de Matisse "La dame à la terrasse" de 1906 qui la termine. C'est la mutation de l'art moderne : la lumière vers la couleur.
Les peintres suivent la mode et installent leurs chevalets sur la plage. Monet, Manet, Morisot, Degas vont représenter des scènes de plage spontanées, presque des ébauches. On a retrouvé du sable dans  la pâte des tableaux de Manet ! Eugène Boudin s'installe à Trouville vers 1853 et s'attache à la représentation des bains de mer, sous son influence Monet peindra les plages de Trouville et Sainte-Adresse.
Barques et voiles vont également captiver les peintres avec les régates ou les promenades. A partir des années 1870, parallèlement aux plaisirs de la mer, ce thème s'épanouit sur les bords de la Seine. D'Asnières à Bougival, d'Argenteuil à Courbevoie les rives s'animent, Caillebotte, Seurat, Monet se passionnent pour les voiles et les couleurs mouvantes de l'eau. La mer, les bords de Seine sont des lieux de détentes pour les citadins, les peintres feront ainsi l'éloge des loisirs et du temps libre.
La dernière partie de l'exposition s'attache aux baigneurs et à la représentation du corps nu. Les corps s'exposent au soleil, en pleine lumière. Les peintres démontrent leur refus du traitement académique du nu dans l'atelier.
Une visite très agréable, peu de monde, un accrochage thématique très intéressant et quelques très belles oeuvres.  

Aurais-je retrouvé le plaisir du chocolat ?

Le Musée - photo MP

muséemusée2
Les photos qui suivent proviennent de différents sites internet
Auguste Renoir - La nymphe à la source - 1869-1870 - huile sur toile 55,7x122,9 - Londres National Gallerypierreauguste-renoir-nymphe-an-der-quelle-08265
Henri Matisse - La dame à la terrasse - 1906 - 60,5x85xm - Musée de l'Ermitage Saint Petersbourgdamealaterrasse-1906-musee-de-lermitage-st-petersbourg-65x.jpg
Eugène Le Poittevin - 1865 - Baignade à Etretat - 21x48,5cm - Collection Peindre en Normandiela baignade a etretat poittevin
Ernest-Ange Duez - 1894 - L'heure du bain - 160x102,6cm - huile sur toile - Rouen Musée des Beaux Artsl-heure-du-bain-ernest-ange-duez-copie-1.jpg
Claude Monet - 1868 - Voiliers en mer - 45x61 - huile sur toile - Lausanne Musée des Beaux Arts
claude monet voilier en mer
Berthe Morisot - 1869 - Vue du petit port de Lorient - 43?5x73cm - Washington - National GalleryBerthe Morisot The Harbor at Lorient
Monet - Régates à Argenteuil - huile sur toile 60X100cm - 1874 - Paris Musée d'Orsaymonet les barques régates à argenteuil detail
Edgar Degas - Petites paysannes se baignant à la mer vers le soir - 1875 - huile sur toile 65x81cm - collec.particulièredegas

Paul Cezanne - vers 1892 - Baigneurs - huile sur toile 22x33cm - Lyon Musée des Beaux ArtsBaigneurs-1892-Paul-Cezanne
Frantisek Kupka - 1906 - L'eau - huile sur toile - Musée des Beaux Arts de Nancyl-eau-frantisek-kupka-copie-1.jpg
Maurice Denis - Soir de septembre - 1911 - huile sur toile - 65x94cm - Brest Musée des Beaux Artssoirdeseptembrelaplagedetrestrignel
Et mon  coup de tendresse
Mary Cassatt - 1884 - Enfants jouant à la plage - huile sur toile - 97,4x74,2 - Washington - National Gallery 4d5eb8a5
Jusqu'au 29 septembre - Musée des Beaux Arts de Caen - Le château - 14000 CAEN
  tous les jours de 10 h à 18 h
"Le café Mancel", restaurant du musée, propose une cuisine délicieuse dans un cadre agréable avec vue sur la cour intérieure du château.   

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Publié dans : #Expositions à Paris

Tamara de Lempicka, de son nom de naissance, Maria Gorska, est née probablement en 1898, à Varsovie. La Pologne faisait alors partie de l'Empire Russe.
Son père, juif russe, et sa mère, polonaise, sont d'un milieu aisé et cultivé. Ils vivent tantôt à Varsovie, tantôt à Saint Petersbourg ou à Lausanne. En 1914, Tamara suit les cours des Beaux Arts de Saint Petersbourg.
Elle épouse, en 1918, un avocat polonais, Tadeusz Lempicki. La Révolution d'Octobre contraint le couple à l'exil à Paris. Elle s'inscrit, en 1920, à l'Académie Ranson et à la Grande Chaumière, devient la disciple de Maurice Denis et d'André Lhote.
Une première exposition, à Milan en 1925, marque le début de sa carrière. Elle y fait la connaissance de Gabriele d'Annunzio, l'écrivain célèbre, dandy-esthète, séducteur irrésistible des plus belles femmes. Elle aura avec lui une relation tumultueuse, plus soucieuse de faire le portrait d'Annunzio (ce qui lui aurait apporté la célébrité) que de devenir sa maîtresse.
De retour en France, elle mène une vie mondaine. Habillée par les grands couturiers elle devient l'icône des photographes, organise des soirées propres à lui apporter des commandes.
Divorcée en 1928, elle part l'année suivante à New York où une commande l'appelle. Elle exécute là-bas de nombreux tableaux, réalise des études (gratte-ciels...) Remariée, en 1933, avec le baron Raoul Kuffner (de comtesse elle devient baronne) elle s'exile aux Etats Unis en 1939 pour fuir la guerre.
La meilleure période de création de Tamara de Lempicka se situe entre 1925 et 1935. Cette période est trop courte pour lui assurer une longue célébrité. Elle peint pourtant plus de 150 tableaux. L'Art Déco (successeur de l'Art Nouveau) est alors en plein épanouissement, mais concerne avant tout les arts décoratifs et l'architecture. La carrière de Tamara de Lempicka se trouve liée à un mouvement qui ne durera pas et qui ne sera pas axé sur la peinture. Tout au plus importait-il que des tableaux chers, si possible portraits de commande signés par un peintre "mondain", complètent une décoration.
Si ses nus à la froideur sensuelle et aux rondeurs cubistes font penser à la peinture de la Renaissance, les yeux en l'air, les bouches pulpeuses rouge vif, les ongles carminés des modèles font référence aux stars de l'époque (Greta Garbo, Marlène Dietrich...). Ses fillettes elles-mêmes ont une attitude ambigüe, pures, mais très sensuelles.
Pour mettre en valeur ses couleurs vives, dont le nombre est limité, elle use de fonds noirs ou gris.
Après son installation aux Etats Unis, ses sujets changent radicalement : elle peint des paysages et des natures mortes ce qui lui vaut le surnom de "Baroness with a Brush". Sa peinture conserve son style mais devient classique. La mode a changé, son travail plait moins.
Après guerre son oeuvre tombe dans l'oubli, elle finit ses jours à Mexico où elle décède  en 1980. Ses cendres sont répandues sur le volcan Popocatepetl.
Il faudra attendre les années soixante-dix et le regain de l'Art Déco pour qu'elle reprenne se place de grande "prêtresse" des Années Folles, de l'émancipation des femmes, de leur liberté d'expression et de leur homosexualité. Ses peintures, représentatives d'un monde qui voulait ignorer la crise qui sévissait alors, sont devenues très recherchées. De nos jours, la plupart de ses tableaux appartiennent à des collectionneurs privés, leur cote atteint 300 000 à 750 000 euros pour les grands formats les plus marquants.
   
Les tableaux qui suivent sont tous exposés à la Pinacothèque, les photos proviennent de différents sites  internet

                                         1922 - Fillette avec un ours en peluche - collection particulière 1922

 
                                        1923 -femme à la robe noire 1- 95x60,5cm - huile sur toile   - photo dans l'atelier de Tamara 
                                         collection particulière
                                        1923      931

                                         1923 - La carafe Louis-Philippe 35,5x27,5cm - huile sur toile - collection particulière1923
                                            1926 - Photo dédicacée de Gabriele d'Annunzio738

                        1927 - La belle Rafaëla - 77x105,4cm - huile sur toile - collection particulière    10-la-belle-rafaela-59488158-copie-1.jpg
                      1927 - La Belle Rafaëla en vert - 36x61cm - huile sur toile - collection particulièrelempicka la belle rafala en vert-copie-1
                      1928 - Portrait d'Arlette Boucard - 70x130cm - huile sur toile - collection particulière1928
             1928 - Portrait du Baron Kuffner- 36x27 cm - huile sur bois - Centre Pompidou - France - don de l'Artiste en 19761928.2
                                           Tamara de Lempicka en 1928tamara 1928
                                               1930 - Nu aux buildings - 92x73 cm - huile sur toile - collection particulière1930
                                         1930 - L'écharpe bleue - 56x5 x 48cm - huile sur bois - collection particulière1930
                                  1936 - Saint Jean-Baptiste - 35x30 cm - huile sur carton - collection particulière1936
1938 - Nature morte aux arums  et au miroir - 65,8 x 49,2 - huile sur toile - Centre Pompidou - France - don de l'Artiste1938
1941 - Cruche sur une chaise I (nature morte aux oeufs). 60,5 x 55cm - huile sur contreplaqué - Musée d'Art Moderne de St Etienne France1941
                               1951 - chambre d'hotel - 51x41 cm - huile sur toile - Musée des Beaux arts de Nantes - Francel1951
           1952 - Femme au chapeau - 91,4x 61 cm - Huile sur toile - Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne - France
1952
Mon coup de coeur - La tunique rose - 73x166 cm - huile sur toile - collection particulière1927
PINACOTHEQUE DE PARIS - 8 rue Vignon Paris 8ème - jusqu'au 8 septembre 10 h 30 - 18 h 30 tous les jours.

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Publié dans : #Autres

Adrienne, son épouse, disait qu'il avait des "mains en or".
Il savait tout faire, non pas comme on pourrait le croire, en amateur, mais en artisan éclairé. Il était devenu professeur technique de chaudronnerie après avoir exercé plusieurs années dans l'industrie. Le métier de chaudronnier, de nos jours totalement dévalorisé, lui avait permis de développer ses dons manuels. Il disait "Qui sait travailler le métal peut travailler tous les matériaux !"
La calculette, l'ordinateur et ses logiciels lui étaient inconnus. Issu d'une famille modeste, il avait acquis à l'école primaire de bonnes bases en calcul qui lui avaient permis, plus tard, de maîtriser la géométrie descriptive. Il effectuait des tracés très savants afin d'obtenir les développements des formes géométriques les plus complexes. Il était l'intelligence qui trace, distribue et assemble les pièces. Il avait l'habileté d'un artiste dinandier qui, par simple martelage doit donner au métal les formes les plus compliquées mais aussi les plus gracieuses. Il devait connaître tous les travaux de tôles, cornières, tuyaux, les soudures et le brasures.
En dehors des cours qu'il donnait au collège, il passait une grande partie de sa vie dans son atelier personnel pour répondre à tous les souhaits matériels d'Adrienne : ustensiles de cuisine, casseroles, plats, couverts dont elle avait besoin..., objets du quotidien, seaux, bassines, arrosoirs..., objets décoratifs, pendules, cadres photos.. la liste serait trop longue. Il utilisa l'acier inoxydable bien avant les années 60, date de son apparition massive. Il était un précurseur du beau, fonctionnel et durable avec un matériau recyclable, ce que recherche les designers contemporains.
Il conçut pour Adrienne, bien avant que les ménagères en soit équipées, une machine à laver le linge : fini pour elle, le baquet, la brosse et la planche à laver !
Quelque temps avant Noël, il créait en cachette les jouets pour ses enfants.
Les machines-outils qui occupaient son atelier étaient de sa fabrication (elles permirent plus tard à un jeune chaudronnier de créer son entreprise).
En dehors de la chaudronnerie et de la dinanderie, il fit les plans et bâtit entièrement sa maison, elle fut achevée après la seconde guerre mondiale. Il aménagea bien sûr l'intérieur, installa l'électricité, plus tard le chauffage central.
Mais sa prouesse technologique fut la construction d'un petit "cabriolet décapotable trois places". Receptionné par un Ingénieur des Mines, il s'appelera "LB". Il mettra près de deux ans à le réaliser, il l'utilisera durant quatre années et le cédera pour presque rien à un de ses élèves...il s'était commandé une 2 CV. Son bonheur était de fabriquer de ses mains, il pouvait ensuite se détacher facilement de son travail.
A l'époque, la consommation n'avait pas encore envahi notre société, les choses devaient perdurer. De cet homme nullement célèbre, mais exceptionnel, il reste de nombreux objets qui sont encore utilisés quotidiennement par sa famille, certains trônent sur des meubles, d'autres plus précieux sont rangés soigneusement.
Il avait des "mains en or", il était né le 22 juillet 1903, c'était mon père, il s'appelait Lucien BINET.

Casseroles avec bec verseur - acier inoxydable - années 1945 -

SAM 3481elles servent toujours même sur une plaque vitro-céramique et restent formidablement belles SAM 3482Louche et écumoir - 1945 - acier inoxydable SAM 3485le bord de l'écumoir est finement ourlé SAM 3486Couverts - 1935 - chaque membre de la famille avait son nom marqué sur le couteauSAM 3487Cafetière - acier inoxydable - année 1940 SAM 3449Cendrier - acier inoxydable - 1960 SAM 3466Cadre photo - acier inoxydable - 1960 SAM 3470Petit vide poche - acier inoxdable frappé - 1960 SAM 3475Pendulette et coupelle - maillechort ou argentan - 1930 SAM 3451  Encadrement de l'horloge en laiton - le mécanisme a été changé en 1990 SAM 3456 Jouet - Balance et poids - 1954 - inoxydable SAM 3477 SAM 3479Jouet - petite brouette - 1955 SAM 3446Arrosoir - 1935 - laiton - à l'origine peint en gris SAM 3488Dans l'atelier avec son fils et son gendre - 1950
Sans-titre---4Le plan de la maison - 1937
plan-maisonLa maison en 1945
Sans-titre---2
Sans-titre---1La maison en 2008
maison-de-la-rueLa petite voiture en construction - 1952
Sans-titre---3
Sans-titre---5j'occupais la troisième place dans le "spider" et j'en ai des souvenirs impérissables.
Sans-titre---6Le petit cabriolet terminé  essayé par ma soeur Henriette et Roger, son mari.
voiture-papa


LA DINANDERIE
La dinanderie est née au Moyen Age, son nom vient des "batteurs de métal" de Dinant en Belgique, où étaient établis de nombreux ateliers transformant essentiellement le laiton. A cette époque, les dinandiers créent des objets liturgiques et des objets du quotidien. Aujourd'hui, la dinanderie est un métier qui oscile entre la chaudronnerie traditionnelle, l'orfèvrerie et la sculpture.

 

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Publié dans : #Voyages et promenades

Il faisait un temps magnifique en Bretagne le 6 juillet, pourtant l'horizon en direction de Saint-Malo semblait recouvert par une épaisse fumée grise. A l'entrée de la ville, brusquement, on se heurtait à un mur de brume. Les remparts étaient déserts, la mer avait disparu, le silence était ponctué par le son répétitif d'une corne signalant l'entrée du port. J'ai aimé l'harmonie de gris et l'évanouissement progressif des remparts et des rochers dans cette brume. C'était un paysage magique et romantique. 
   

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UN PEU D'HISTOIRE

Durant l'antiquité les Coriosolites établissent leur capitale sur le site d'Alet, proche de l'emplacement actuel de Saint-Malo qui n'était alors qu'un rocher sur une presqu'ile peuplé par quelques pêcheurs et des oiseaux de mer.

Au Xe siècle la ville d'Alet est envahie et détruite par les Vikings. Les habitants trouvent refuge sur le rocher plus défendable. Une cité portuaire s'élève bientôt protégée par des remparts. On l'appelera Saint-Malo, du nom de Maclow ou Malo, moine Breton originaire de l'actuel pays de Galles, qui débarqua dans le pays vers le milieu du VIe siècle, devint évêque d'Alet et fut inhumé sur la presqu'ile.

Au XVe siècle, durant la guerre de cent ans, les marins de Saint-Malo remportent de nombreuses victoires et établissent la réputation de la ville qui sera plus tard connue comme "Cité des Corsaires" dont certains (le plus célèbre Surcouf) entreront dans l'Histoire.

Vauban fera réaliser de grands travaux pour remplacer les remparts du XIIe siècle. Ils seront terminés après sa mort en 1737.

En août 1944, la ville est bombardée durant 15 jours. Les remparts ne sont pas touchés mais la plupart des maisons sont détruites. La reconstruction intra-muros se fera dans un style "historicisant" pour conserver à la cité  sa personnalité. 

Saint-Malo chef lieu d'arrondissement d'Ille-et-Villaine est située à l'embouchure de la Rance. Ses habitants, environ 53.000, sont des Malouins.

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