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Voir-ou-revoir

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Mes visites d'expositions, de musées et autres lieux culturels.

Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

        
Zeng Fanzhi est né en 1964 à Wuhan en Chine. Formé à l'Ecole des Beaux-Arts de sa ville natale il découvre l'art contemporain chinois et occidental . On décèle dans son travail les influences de Bacon, Pollock et Warhol.
Avec quelques unes de mes photos, je vous propose de visiter cette exposition telle que je l'ai parcourue.
 L'accrochage des oeuvres de l'ensemble de sa carrière est fait à rebours de 2013 à 1990. J'ai surtout été impressionnée par les grands paysages du hall et de la première salle. 

   
2013 untitled, réalisé pour le hall de l'exposition


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Zeng Ganzhi peint l'entremêlement des branches et lianes  avec un pinceau dans chaque main, une main travaille de façon précise, l'autre plus librement.

2012 - untitled
2012-untilted.jpg

2012 - Untitled
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2012 pure lande 
2012-pure-land.jpg

Détail
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2012 - hare - inspiré par le dessin d'Albrecht Dürer

    2012 hare

détail
05

2009 - Self portrait
2009 self portrait

2005 - Night
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2004 - Portrait
2004-portrait.jpg
détail
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2044 Idealism
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2003 - watermelon - La pastèque apparaît souvent dans les tableaux de Zeng Fanzhi :  souvenir d'un voyage au cours duquel il s'est nourri presque exclusivement de pastèque ; il avait alors 17 ans.
2003-watermelon.jpg

2001 - The last supper - deux symboles :  l'oeuvre de Leonard de Vinci, La Cène, et allusion politique (foulards rouges). La pastèque fait office de pain et de vin.
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MASQUES - Zeng Fanzhi s'installe à Pekin en 1994. Il se sent isolé dans cette grande métropole qui compte déjà dix millions d'habitants. Il réalise que "personne ne peut vivre sans masque" et que la personnalité des gens qu'il croise n'est jamais dévoilée au grand jour.

1997 - masque 8
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1996 - Mask 6
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1994 Mask 13

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Dans la dernière salle  : les premières oeuvres de Zeng Fanzhi. L'influence de Chaïm Soutine apparaît évidente.
La série des "Hopitaux" débute en 1991. Zeng Fanzhi habite à proximité d'un hôpital et c'est le seul endroit où les étudiants peuvent disposer d'une salle de bain : il s'y rend quotidiennement et peint Hospital Triptych n°1 à l'occasion de son diplôme. Le centre  du triptyque est conçu comme une Piétà.

1992 - Meat

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1991 - Hospital Triptych
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1990 untitled
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1990 - The man in melancholy
1990-a-man-in-malancholy-copie-1.jpg

Très intéressante exposition par la diversité des thèmes et des techniques.
Jusqu'au 16 Février 2014 - Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
                                               
                                                        °°°°°°°°°°°°

En ce moment également au MAM et jusqu'au  9 février :
DECORUM TAPIS ET TAPISSERIES D'ARTISTES.

Du plaisir à se promener parmi les centaines de créations : tapis, tapisseries, sculptures textiles.

Deux grandes tapisseries de Picasso.

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Graveurs

       
Dans mon article précédent, j'ai présenté de nombreuses xylographies réalisées par Félix Vallotton autour des années 1900. La passionnante exposition du Louvre, Les origines de l'estampe en Europe du Nord 1400-1470, nous ramène ainsi cinq siècles auparavant et nous présente les techniques alors utilisées, la xylographie, le burin et celle plus méconnue du criblé.

Les historiens s'accordent en effet, aujourd'hui, sur le fait que le pôle de développement et d'expérimentation de l'estampe se situe dans les pays germaniques entre 1400 et 1430. Il faut se rappeler néanmoins que l'estampe s'est aussi développée au XVe en France en Italie et dans les Flandres.

Etapes résumant les débuts de l'estampe en Europe du Nord
   
1400 - premières xylographies - productions anonymes - Le bois Protat
1440 - essor de la xylographie et premières gravures sur métal (burin)
1450 - premières gravures au criblé
1450 - premier graveur identifié d'après un monogramme - Le Maître ES (env.1420-1468)
           autres graveurs désignés sous les noms de : Maître des cartes à jouer - Maître au
           Banderoles - Le Maître de la Mort de Marie - ; et de biens jolis noms pour les graveurs
           qui travaillent avec les enlumineurs : Maître des bordures à fleurs - Maître des jardins
           d'amours.
1470 - l'estampe se généralise, elle est pratiquée par des artistes qui ne sont pas seulement des
          graveurs, le plus illustre Martin Schongauer (1450-1491)
A noter : l'eau forte fera son apparition en 1500.

Premières xylographies

Elles sont peu nombreuses, estimées pour la période de 1400 à 1440 à environ 70 estampes.

Le bois Protat

C'est la première xylographie connue.
Le bois Protat (du nom de son premier propriétaire, Jules Protat imprimeur) a été retrouvé vers la fin du XIXe siècle dans une maison de Laives au sud de Chalon-sur-Saône (elle servait de calage à un dallage ou un escalier). Son lieu de création reste encore un mystère. Les historiens penchent les uns pour la France, les autres pour l'Allemagne du sud. La datation oscille autour de l'année 1400.
Le bois de noyer conservé mesure 23cm dans sa largeur la plus longue et environ 58 cm de haut. Il est gravé des deux côtés, tête-bêche. Sur la face la mieux conservée, la crucifixion, le bras du Christ, qui apparaît en haut de l'image, a permis aux historiens de considérer que la xylographie originale devait mesurer 45x60cm. Elle a pu être imprimée à cette époque sur un papier au format royal 43x62cm.

Le bois Protat est une des merveilles de cette exposition

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Impression du bois Protat
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Une autre pièce déterminante des débuts de la gravure sur bois :

Le christ au mont des Oliviers, xylographie coloriée, vers 1420 - Allemagne du Sud

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Gravure au criblé

C'est une gravure en relief sur métal : on grave au moyen d'un burin ou avec des poinçons de différents calibres que l'on frappe au marteau. La frappe génère une série de petites cuvettes qui resteront blanches au tirage. Comme pour la xylographie c'est le relief qui est encré.
L'exposition du Louvre montre une magnifique plaque de cuivre gravée des deux côtés en criblé vers 1460-1470 : l'Annonciation avec la Visitation et la Nativité. Elle est d'abord considérée comme une gravure en taille-douce, le tirage effectué au XVIIIe en encrant les creux révèle une estampe sombre et indistincte. Pierre Gusman (1862-1941), historien et graveur, soupçonne qu'au lieu d'être une taille-douce la plaque a été gravée en relief. Il fait une photographie du tirage, son épreuve négative fait ressortir en blanc les tailles du burin et le criblé, il avait sous les yeux la preuve d'une estampe au criblé.
 tirage du XVIIIe imprimé en taille-douce (les creux sont encrés, le relief reste blanc)
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tirage moderne imprimé en relief (le relief est encré au rouleau, les creux restent blancs)
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Autres gravures au criblé

Sainte Catherine, vers 1450-1460

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Saint Bernardin de Sienne - 1454 ?
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L'essor de la xylographie et premières gravures sur métal


L'essor de l'estampe est pour une grande part lié à la dévotion du temps. Les pèlerinages sont nombreux. Les pèlerins dans l'attente de miracles vont se recueillir devant des reliquaires et achètent des images pieuses.
Les xylographies sont produites en quantité. Les copies se multiplient.

 Il arrive  que  pour satisfaire la demande, les graveurs découpent les planches : sur une partie sont gravés le fond et le corps de la Sainte, sur une autre viennent s'intercaler les visages et attributs propres à chacune.
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Le Maître ES

Il est le premier graveur à avoir apposé un monogramme  sur ses gravures : E,e,es,ou ES. Une vingtaine d'estampes portent une marque mais l'estimation de sa production est beaucoup plus importante. Ce sont les images religieuses qui dominent dans son oeuvre.
En 1466, le monastère d'Einsiedeln en Suisse lui commande trois gravures pour le 500e anniversaire de l'apparition de la Vierge Marie au monastère.
Le Maître ES réalise trois burins de formats différents, la plus petite estampe pouvant être destinée au pèlerins les moins fortunés.
La Grande Madone d'Einsiedeln (20,8x12,4cm)
The Large Virgin of Einsiedeln
La Petite Madone (13,3x8,7cm)
marie deinsideln la petite 22116
La Très petite Madone (10x6,7cm)
The Smallest Virgin of Einsiedeln
Le Maître ES a également gravé des images satiriques très prisées dans la noblesse ainsi qu'un alphabet figuré.

Le fou et la femme à l'écusson, burin vers 1450-1470
im156 Israhel

Alphabet figuré - Lettre N (vers 1466)
726px-Letter N from the Fantastic Alphabet

Le Maître des cartes à jouer

Les premiers ensembles d'estampes gravées sur métal datables et localisables sont celles du Maître des cartes à jouer dont la production est estimée à une centaine d'oeuvres.
Les cartes de valeurs sont le plus souvent représentées par des animaux, l'exposition  en montre quelques unes. Les cartes des figures, qui ne sont pas exposées, sont à mon goût les plus belles.  

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Les images didactiques

 

Elles  illustrent, au travers d'une série de petits tableaux juxtaposés sur une même planche, les fondamentaux de la foi catholique. Elles sont surtout destinées au public illettré. La planche des Dix Commandements permet d'identifier les péchés, de les éviter ou de les confesser, mais la symbolique est assez énigmatique.

Les Dix commandements, les Cinq sens, les Sept péchés capitaux,
xylographie coloriée vers 1480 Bavière
catechisme emblc3a9matique
Le Martyre de saint Erasme est plus facile à comprendre,  les images se lisent comme un texte de gauche à droite et de haut en bas
xylographie coloriée vers 1460 - Souabe
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Martin Schongauer

Dans "l'Encensoir", Martin Schongauer arrive, avec sa grande maîtrise du burin, à jouer sur les ombres et les lumières. On retrouve la précision de l'orfévrerie, métier de son père (voir article Martin SCHONGAUER - Graveur - Musée Unterladen Colmar )

encensoir-martin-schongauer

Cette exposition est extrêmement enrichissante, surtout pour les graveurs (dont je fais partie). Si vous êtes dans la région parisienne ne la manquez surtout pas !

MUSEE DU LOUVRE - AILE SULLY - 2ème étage - Jusqu'au 13 Janvier 2014
 

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

"LE FEU SOUS LA GLACE"

Si avant ma visite au Grand Palais, il m'avait été demandé de citer des oeuvres de Vallotton, je n'aurais pas été très bavarde : quelques toiles du Musée d'Orsay, images d'intérieur, enfant jouant dans un jardin (peut-être confondu avec une peinture de Vuillard) autoportrait. Plus présent dans mon esprit un portrait de Misia vu à l'exposition "Misia Reine de Paris".
(MISIA SERT- Musée d'Orsay - août 2012 )
Cette première grande rétrospective consacrée à Félix Vallotton fait découvrir non seulement le peintre, mais aussi l'illustrateur, le caricaturiste, le critique d'art, l'écrivain auteur de trois romans et d'une dizaine de pièces de théatre, et surtout le graveur, pour moi,  sans équivalent.
Félix Vallotton naît à Lausanne le 28 décembre 1865 d'un père fabricant de chocolat et d'une mère fille de boulanger (il sera naturalisé français en 1900 sans renoncer à la nationalité suisse).
Il peint ses premiers tableaux à treize ans. A 16 ans, juste après avoir décroché son bac, il vient à Paris avec l'ambition de devenir un grand peintre. Il s'inscrit à l'Académe Julian berceau des post impressionnistes et des futurs nabis. Il peint de nombreux portraits et copie les grands maîtres au Louvre.
En 1891, il grave ses premières xylographies (sans doute à l'instigation de son ami le plus proche, Charles Maurin). Vallotton redonne une place à la gravure sur bois de fil en renouant avec les aplats francs et la simplicité de forme. Il opte pour une technique expressive en noir et blanc délaissant la lithographie en couleur qui bénéficiait d'une énorme popularité auprès des peintres en cette fin de siècle.
La gravure sur bois ne permet pas les nuances, on ne peut pas jouer avec les dégradés. Le burin creuse le bois, dégage le motif qui se montre en relief. A l'impression le relief est encré au moyen d'un rouleau et forme les zones noires, le bois creusé conserve le blanc du papier.
Vallotton excelle dans ce traitement du contraste noir et blanc. La force de ses noirs l'emporte souvent et ne laisse que peu de place au blanc.
Ses premiers bois gravés sont des portraits et des paysages de montagne. Puis après l'évocation de la foule et des rues parisiennes il exploite l'intérieur bourgeois, l'image de la femme et l'hypocrisie des moeurs.
En 1893, il rallie le groupe des Nabis (mais demeure le "Nabi étranger"), se lie d'amitié avec Vuillard. Il fait la connaissance de Thadée Natanson, cofondateur de La Revue blanche, et de sa femme Misia.
Vallotton devient illustrateur pour La Revue blanche, le Courrier français, Le Cri de Paris, Le Rire.
Il dessine plus d'une centaine de "masques", portraits-vignettes de célébrités dessinés en quelques traits et taches, publiés jusqu'en 1902 dans le Chasseur de chevelures, supplément humoristique de la Revue blanche. Il publie des articles dans La Gazette de Lausanne.
En 1899, il épouse Gabrielle Rodriguez-Henriques, riche veuve mère de trois enfants, fille d'Alexandre Bernheim. Quelque peu anarchiste dans les années 1890 son intégration dans cette grande famille parisienne l'oblige à modérer son discours. Conséquence du mariage ou retour à son ambition initiale de devenir un grand peintre : il délaisse la gravure au profit de la peinture.
En 1900, à l'exposition des Nabis chez Bernheim-jeune, il présente dix tableaux. Il écrit aussi son premier roman "Les soupirs de Cyprien Morus"(le second "La vie meurtrière" sera publié en 1907 et le troisième "Corbehaut" en 1918).
En 1903, le Salon d'Automne voit le jour dans le sous sol du Petit Palais à Paris. Vallotton est un membre fondateur, il participera aux expositions jusqu'à sa mort.
Sa carrière de peintre ne se fait pas sans l'incompréhension de la critique et du public, sa peinture est jugée froide, cérébrale, cruelle, ses nus choquent. Il utilise la photographie, qui le passionne, pour créer de nouveaux cadrages.
Vallotton, inclassable, reste à contre courant de son époque. Alors que le cubisme prend son essor, Vallotton continue de privilégier le dessin et la ligne dans ses tableaux.
En 1907 il fait un  portrait de Gertrude Stein avec un réalisme proche d'Holbein ; Picasso est moins fidèle à son modèle et dit  "Vous verrez, elle finira par lui ressembler !". La vision des peintres est tout aussi décalée dans  Les demoiselles d'Avignon de Picasso et le Bain Turc de Vallotton. 
De nombreux commentaires attribuent aux oeuvres de Vallotton les expressions d'inquiétude, de tension, de thriller, de monde hitchockien. Je ne le ressens pas ainsi : ses tableaux  sont lourds de silence, la solitude pèse même s'il y a deux personnages en présence, mais je n'y vois pas la noirceur de sentiments ou le meurtre.
En 1915, Vallotton retrouve la xylographie pour les planches de l'album "C'est la Guerre".
En 1917, il est envoyé en mission pour dépeindre la vie dans les tranchées. A son retour, à partir de ses esquisses, il peint sans relâche, et s'affranchira du réalisme avec une vision apocalyptique de "Verdun".
Jusqu'en 1925, il participe à des expositions en Europe, aux Etats Unis et au Japon.
Sa production tardive comporte de nombreuses natures mortes, ainsi au Salon d'Automne de 1925, le dernier auquel il participe, il expose "Dame-jeanne et caisse".
Opéré d'un cancer, il meurt le 29 décembre, lendemain de ses 60 ans.
       
Autoportrait - xylographie - 13,1x10,7cm - BNF - 1891
SAM 4064
La Jungfrau - xylographie - 14,5x25,5cm - BNF - 1892

SAM 4067
La manifestation - xylographie - 20,3x32cm  - BFN - 1893
SAM 4070
La charge - xylographie - 20x26cm - BNF - 1893
SAM 4075
Intimités - L'argent - xylographie - 17,9x22,5cm - Musée de Genève - 1898
SAM 4062
Le feu d'artifice - xylographie - 16,4x12,2cm - BNF - 1900
36
C'est la guerre - la tranchée - xylographie - 17,6x22,3cm - BNF - 1915
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Les fils de fer - xylographie - 17,7x22,5cm - BNF - 1915   
50
L'orgie - xylographie - 17,7x22,3cm - BNF - 1915
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Portraits vignettes - Paul Verlaine  - Alexandre Dumas - Stendhal
                 french-poet-paul-verlaine-1896!xlSmall              french-writer-alexandre-dumas-1895!xlSmall                   portrait-of-french-writer-stendhal-1897!xlSmall


Portrait d'Emile Zola d'après une photographie -  huile sur carton -76x63,5cm - Collection WF Zurich - 1901
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Les Andelys le soir - huile sur toile - 73,3x60,5cm - collection particulière - 1924
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Le ballon - huile sur toile marouflé sur bois 48x61cm - musée d'Orsay - 1899
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Misia à sa coiffeuse - détrempe sur carton - 35,9x29cm - Musée d'Orsay - 1898
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Nu à l'écharpe verte - huile sur toile - 112x145cm - Musée des Beaux Arts La Chaux-de-Fonds - 1914
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Le sommeil - huile sur toile 113,5x162?5 - Musée de Genève - 1908
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La blanche et la noire - huile sur toile - 114x147cm - Fondation Hahnloser - Jaggli - 1913
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Baigneuse de face - huile sur toile - 130,5x97cm - Kunsthaus Glarus - 1908
38

Portrait de Gertrude Stein - 1907
Félix Vallotton 
Félix Valloton, Portrait of Gertrude Stein, 1907  
Picasso
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Le Bain Turc - huile sur toile - Musée de Genève 1907  et les Demoiselles d'Avignon Picasso 1907

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Verdun - huile sur toile 114x146 - Musée de l'armée Paris - 1917
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Les deux tableaux qui suivent  -  "Etude de Fesses" - huile sur toile 38x46cm - collection particulière vers 1884 et "Le Jambon"  huile sur toile 61,5x50cm - Dallas Texas - sont isolés et accrochés côte à côte sur un mur.  Subtilité que je ne comprends pas ? ou facétie des commissaires de l'exposition ? Je trouve le rapprochement assez inesthétique.

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Poivrons rouges - huile sur toile - 46x55cm - Kunstmuseum Solothurn - 1915
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Dame-jeanne et caisse - huile sur toile - 73x100cm - Dallas - texas - 1925
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EXPOSITION PARIS, GRAND PALAIS - GALERIES NATIONALES

JUSQU'AU 20 JANVIER 2014

 

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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Expositions à Paris

Musée du Louvre PARIS - Octobre 2013    

Dès l'entrée dans le Hall Napoléon, la mise en relation de deux sculptures, la tête de cheval colossale de Donatello et son ancêtre grecque plus petite révèle le thème de l'exposition : la place majeure occupée par la sculpture au printemps de la Renaissance. Les oeuvres de Donatello, l'artiste le plus créatif du siècle, y tiennent la place essentielle auprès de celles de Ghiberti, Michelozzo, Mino da Fiesole, Della Robbia, Brunelleschi, etc. et en parallèle leur héritage antique. 
L'exposition est très riche, outre les chefs d'oeuvre de la sculpture, elle rassemble des dessins, des manuscrits, des pièces d'orfèvrerie etc. A la fin du parcours un bas relief va m'émouvoir particulièrement : "La Vierge et l'Enfant" (Madone Bliss du nom de sa donatrice) de Luca della Robbia.    

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Terre cuite émaillée 1450-1460 - New-York - The Metropolitan Museum of Art louvre.png

 
J'ai découvert les oeuvres des della Robbia, il y a de nombreuses années au Louvre dans la salle des sculptures italiennes, sans m'y attacher véritablement. Lors d'un voyage à Florence j'ai appris à les connaître mieux. J'ai pu voir, au Bargello en particulier, une très belle Vierge à l'Enfant de Luca della Robia et j'ai été conquise par les médaillons d'Andréa della Robbia sur la façade de l'Hopital des Innocents... puis j'avais un peu oublié les della Robbia jusqu'à cette exposition qui m'incite à parler de cette famille, sans doute moins connue que les grands sculpteurs présents au "Printemps de la Renaissance".   
Vierge à l'Enfant - Bargello - Florence
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Hopital des Innocents - Florence

LA FAMILLE DELLA ROBBIA
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LA TECHNIQUE  DE LA TERRE CUITE VERNISSEE

Luca della Robbia n'a rien inventé, il a amélioré la technique de la majolique pour pouvoir l'appliquer à des sculptures, parfois monumentales (les grandes sculptures en terre cuite existaient déjà, Donatello en avait fait une, dressée sur un contrefort du Duomo, mais il fallait la repeindre  régulièrement).
La technique de la terre cuite vernissée, ou majolique, a été développée dans les civilisations orientales. Byzantins et Romains en héritèrent, les Arabes l'introduisirent plus tard en Espagne et dans l'Ile de Majorque (majolique venant de l'italien majolica qui désignait Majorque au XVe).
La majolique était surtout destinée à fabriquer de la vaisselle. C'est une catégorie de faïences dites "à décor de grand feu sur émail cru" qui reçoivent l'essentiel de leur décor avant la cuisson qui s'effectue à 950°C.

L'amélioration de Luca della Robbia a consisté à faire en sorte que la sculpture puisse résister aux conditions atmosphériques aussi bien intérieures qu'extérieures.

Dans ce but, Luca a mis au point une double cuisson :
- tout d'abord, après avoir laissé sécher l'argile modelée plusieurs jours, il la cuit entre 750 et 950° C.
- puis après application de l'émail au pinceau, il cuit une seconde fois à une température d'un niveau légèrement inférieure provoquant une vitrification permanente sur le support d'argile.
Luca rend ainsi sa faïence "éternelle".

L'émail est constitué d'un mélange de plomb,d'étain, de silice et d'oxydes métalliques.
Les couleurs utilisées sont claires, très peu variées : la blanc se rapproche du marbre de carrare, le bleu occupe le fond, quelques tons vifs animent les bordures.
La technique de Luca della Robbia resta longtemps secrète afin de garantir la compétitivité de son atelier en lui assurant une avance certaine sur les ateliers rivaux. L'absence de toute note, de toute indication la protegeait. (la recette magique aurait été dévoilée par la femme de ménage des della Robbia à Benedetto Buglioni (1460-1521), qui ouvrit son propre atelier en 1480 et travailla avec son neveu Santi Buglioni (1494-1576)).
Avec le succès, l'atelier mit au point un procédé de moulage d'un modèle préexistant afin de le multiplier. Le coût des oeuvres devint accessible. Il faut toutefois établir une distinction entre les créations personnelles de Luca della Robbia (Andréa et ses fils ayant également réalisé des pièces d'une qualité unique) et certaines production de l'atelier.

 
LUCA DELLA ROBBIA

Luca della Robbia rompt avec la tradition familiale pour se consacrer à la sculpture. Il étudie l'art antique et se forme dans les ateliers de Nanni di Banco. Il commence par sculpter le marbre.
La coupole de Santa Maria del FIore (consacrée en 1438) domine la ville et les ateliers s'activent à répondre aux nombreuses commandes des autorités du Duomo.
La première oeuvre connue de Luca : la 'Cantoria del Duomo". 
Commandée par les autorités du Duomo en 1431 ou 1432 pour la sacristie, c'est un balcon d'orgue ou plusieurs chantres peuvent se réunir. Une deuxième fut commandée à Donatello. Elles ont été retirées au 17e. Les reconstitutions d'après les fragments sont au musée du Duomo.

Cantoria reconstituée
       692px-Cantoria_di_luca_della_robbia_01.JPG

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Elément sauvegardé - marbre -  Musée du Bargello

Les autorités du Duomo s'intéressèrent fortement à la terre cuite vernissée utilisée par Luca, matériau beaucoup moins cher que le marbre et propre à réduire les délais de fabrication. Luca reçoit la commande de deux lunettes pour les entrées des sacristies nord et sud du Duomo, la Résurrection en 1442, au dessus de la porte de bronze qu'il a réalisé, et l'Ascension en 1446.


dellarobia5 dellarobia7     dellarobia8
En 1459, à la mort à Florence du Cardinal Jaime du Portugal, Luca della Robbia décore le plafond de la chapelle tout spécialement ajoutée à l'église romane de San Miniato al Monte pour recevoir le tombeau du Cardinal.dellarobia92.jpg

 Les quatre médaillons portent les Vertus cardinales et au centre la colombe du Saint Esprit dellarobia93
Les représentations de la vierge et l'Enfant constituent un thème majeur dans l'oeuvre de Luca della Robbia.
La "Vierge à la Pomme" qui se situe vers la fin des années 1450 est sans doute l'un des plus beaux reliefs de la Madone de Luca, Marie et son fils sont d'une beauté extrême.  Si la grâce de la Vierge est touchante, c'est surtout l'Enfant Jésus qui émeut par son réalisme. Ce n'est pas un adulte miniature, tel qu'on le représente souvent, mais un véritable bébé potelé serré contre sa Maman.     

Musée du Bargello - Florence - terre cuite vernissée - 70x52cm
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La "Vierge et l'Enfant dans le jardin de roses" date approvimativement de la même époque

 dellarobia4.jpg    

Musée du Bargello -  terre cuite vernissée -  83x63cm - della-robbia-vierge-c3a0-lenfant.jpg

Madone àl'Enfant - (Galerie de l'Hôpital des Innocents - Florence)


ANDREA DELLE ROBBIA - LE SUCCESSEUR
La très grande diffusion de l'art de la terre vernissée devra beaucoup à Andréa devenu maître-artisan de l'atelier. Ses cinq fils travailleront avec lui.
     andréa madone au cherubin

"Madone au chérubin" Musée du Louvre

 

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Les deux médaillons d'Andréa sur la façade de l'hopital des Innocents à Florence
   (institution de bienfaisance pour les enfants fondée au XIIe.).
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LES FILS D'ANDREA

- MARCO DELLA ROBBIA

Il devient moine chez les dominicains en 1496 sous le nom de" Fra' Mattia della Robbia" marco

Vierge à l'Enfant - 1522-1527 - Eglise du couvent des Pères Capucins - Renacavata

- GIOVANNI DELLA ROBBIA 
giovanni1.JPG 

Enfant et guirlande - Musée de l'Ermitage - Saint-Petersbourg

- LUCA LE JEUNE
En 1529, en conflit avec l'atelier rival de Santi Buglioni, Luca rejoint en France Girolamo. Ce sera la fin de la production de l'atelier della Robbia

lucas le jeune 

Emblème des Bartolini 1523 - Bargello Florence

- FRANCESCO DELLA ROBBIA
Devenu moine dominicain (Fra'Ambrogio della Robbia) au couvent San Marco de Florence en 1495, il conserve malgré tout des liens très étroits avec l'atelier familial
nativity-francesco-della-robbia.jpg 

Nativité - 1490 - 185x185cm - Eglise Santa Maria degli Angeli - La Verna - Italie

- GIROLAMO DELLA ROBBIA
Girolamo est appelé par François 1er en 1527 pour décorer le château de Madrid (aujourd'hui détruit). Il fonde un atelier à Suresnes, près de Paris, et fait l'essentiel de sa carrière en France où il meurt en 1566.
girolamo

Buste de François 1er - 1529 - dia. 44,5cm - Metropolitan Museum of Art - New-York 200px-Girolamo_Della_Robbia_Bode_Berlin_1.jpg

 1515-1520 - Berlin - Musée Bode 

Le nombre d'oeuvres conservées est considérable et s'étale sur plus d'un siècle (d'où la difficulté de l'attribution à l'un ou l'autre artiste de la famille). Leur coût accessible a favorisé une vaste diffusion dans les intérieurs privés comme dans les monastères, les oratoires et les confréries de dévotion très nombreux à Florence.
L'atelier des della Robbia, appelé fort justement "Bottega" a été un lieu prestigieux de fabrication et de vente, exportant dans toute l'Europe les terres vernissées à fond bleu, couleur du ciel de toscane.

 

 LE PRINTEMPS DE LA RENAISSANCE - MUSEE DU LOUVRE - JUSQU'AU 6 JANVIER 2014

 

 

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Je viens d'acquérir un coffret-livre de l'intégralité des reproductions des estampes des "Gobbi" de Jacques Callot. Cette acquisition m'incite à compléter un article précédent. (cliquez : "Les misères de la guerre" Jacques CALLOT )  

Nous sommes à Florence en 1612.
 Cosme II de Médicis règne sur le grand-duché de Toscane depuis 1609. Il a 22 ans, il est miné par la tuberculose et s'appuie sur son premier ministre pour gouverner. Il a épousé en 1608 Marie Madeleine d'Autriche.
Jacques Callot a 20 ans, il a quitté Rome pour Florence. Il entre dans l'atelier de Giulio Parigi (graveur et architecte, ayant en particulier aménagé les jardins de Boboli).
Le Grand-duc a commandé à Antonio Tempesta la réalisation de 29 estampes pour "la pompe funèbre" de sa belle soeur, Marguerite d'Autriche, Reine d'Espagne, morte en 1611 (on entend par "la pompe funèbre" une série d'estampes sur la vie de la Reine). Surchargé de commandes Tempesta confie à Callot 15 gravures (quelques-unes aussi à Raphaelo Schiaminossi). 09.jpg
Pour visualiser ma vidéo sur toute la série de "la pompe funèbre" de la reine Marguerite : cliquez link

Callot, buriniste, découvre l'eau forte qui se pratique sur un vernis tendre et poisseux difficile à manipuler ; par contre cette technique, au contraire du burin, donne liberté et rapidité et séduit immédiatement le graveur. Un inconvénient toutefois : elle ne permet pas de faire des traits fins.
En 1614, le talent de Callot est reconnu officiellement, il est admiré, le Grand-duc le pensionne. Callot s'installe au Palais des Offices et fréquente la cour où tout est prétexte à fêtes et réjouissances.
En 1617, un orfèvre lui commande deux toutes petites gravures sur argent (6x5cm). Il doit pour exécuter le dessin particulièrement fin se servir du vernis dur utilisé en orfèvrerie.
Fort de cette expérience, Callot va mettre au point un vernis, variante de celui qu'employaient les luthiers, séchant et durcissant rapidement qui va l'autoriser à faire des traits d'une finesse encore jamais égalée. Il aura tout le temps qu'il désire pour travailler et ne sera pas contraint de tremper tout de suite la plaque dans l'eau forte. Callot va pouvoir dessiner avec précisions les multitudes de petits personnages qui lui sont si particuliers (un exemple impressionnant "la Foire d'Impruneta" gravée en 1620, qui comporte plus de 1000 personnages).
Jacques_Callot_-_La_foire_d-Impruneta-_1620.jpg
Callot expérimente aussi la technique des "morsures successives" qui consiste à plonger la plaque de cuivre dans des bains d'acide successifs pour obtenir une morsure plus ou moins profonde du trait.
Puis d'une façon toute personnelle il utilise une échoppe couchée (échoppe des orfèvres) au lieu de la pointe pour pouvoir réaliser un trait créant des pleins et des déliés. Il abandonne les hachures traditionnelles pour rendre les zones sombres et utilise des lignes parallèles sans les croiser avec d'autres.  
Les précisions techniques ci-dessus sont un peu une redite, elles me paraissent très importantes pour comprendre l'impact qu'a eu Jacques Callot sur l'évolution de l'eau-forte et l'influence qu'il a exercé sur de grands graveurs comme Abraham Bosse, Rembrandt, ou Van Dyck.
Après divers essais de sa méthode, Callot dédie au prince Laurent de Médicis, frère du Grand-duc de Florence, une suite de 50 petites eaux fortes, les Cappricci di Varie Figure (Les caprices - 1620-1621).

 

On remarque bien sur cette gravure des Caprices le traité des lignes verticales et l'épaississement du trait pour créer les zones d'ombres 

les-caprices-10-l'homme-qui
Mais revenons à la cour du Grand-duc.
Callot y fait la rencontre des Gobbi, nains bossus, sortes de bouffons, qui dansent et gesticulent pour distraire la cour. Lorsqu'ils ne sont pas assez en verve on les fait boire pour les mettre en train. Les Gobbi amusent sans doute beaucoup Callot, il en fait de nombreux croquis et dessins (les études et préparations pour ses gravures sont d'ailleurs peu connues du grand public mais le placent parmi les plus grands maîtres).
Il côtoie aussi les Zanni , comédiens et comiques masqués qui jouent aussi bien à la cour que sur les places publiques. Il note leurs grimaces, leurs contorsions, le détail de leurs costumes.
                                         Zanni - Scapin  personnage typique de la Commedia dell'artele-zani-ou-scapin.jpg
En 1621, à la mort du Grand-duc, Callot rentre à Nancy. "C'est l'evêque de Toul, Monseigneur Jean des Porcellets qui va ramener Callot à Nancy, où la cour l'accueillera assez mal. Dans un premier temps, Callot est réduit pour vivre à répéter des planches précédemment publiées à Florence (les Caprices, l'Impruneta) et à graver les dessins qu'il avait rapportés en grand nombre d'Italie" (la revue Lorraine Fev.1992)
Ainsi naissent la série des Balli di Sfessania (du nom d'une danse populaire). 24 estampes de 10x7cm.
les-balli-copie-1.jpgpuis celle des Gobbi (21 estampes d'environ 9x6cm) qui auront un grand succès.
Bien qu'ayant vécu près de la noblesse, Callot aura toujours un regard tourné vers la misère. Il réalise la série des Gueux (25 estampes d'environ 14x19cm).
Jacques_Callot_Beggar.jpg
Les gravures des Gobbi, des Balli et des Gueux peuvent paraître mineures au regard de l'oeuvre considérable de Jacques Callot traitant la religion, les paysages et villes lorrains, la guerre. En ce qui me concerne ce sont mes gravures préférées. Callot s'y montre profondément humain avec une vision à la fois compatissante et critique de ses contemporains.
Dans les Gobbi son sens de l'humour et de la caricature me réjouit et son trait de graveur tout en pleins et déliés est inégalable et inégalé.
Ci dessous vidéo de la série des Gobbi.


Si vous souhaitez voir la vidéo en plus grand et avec son, cliquez : link

Je dois d'avoir pu scanner les estampes des Gobbi à l'aimable autorisation de Denise Bloch qui préface ainsi son coffret édité par Association d'idées : "Pour apporter notre modeste pierre à ce bel édifice "Renaissance" mis en chantier par la ville de Nancy, nous avons tenu à rendre hommage à Jacques Callot, illustre représentant du maniérisme tardif. Nous vous proposons l'intégralité des reproductions des estampes "Les Gobbi" d'après la série complète conservée au Musée Lorrain de Nancy et numérotée de 1 à 21. Nos copies ont été améliorées au niveau de la netteté du trait de gravure et légèrement agrandies par rapport aux originaux. Ces petites figures imaginées par Callot pour signifier les misères et les ridicules humains, sont imprimées en quadrichromie pour traduire de manière fidèle l'aspect de l'eau forte, sur un papier format 21cmX29,7 cm pour convenir à une éventuelle mise sous verre. Elles sont réunies dans un coffret cartonné dont la page titre : "Jacques Callot, Les Gobbi" est rehaussée d'une belle typographie sérigraphiée en 3 couleurs. Ce portfolio a été labellisé "Renaissance" par la mission Renaissance Nancy 2013. http://www.editionszoom.com
   
     
     

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 Quelqu'un m'a dit : "Qu'allez-vous faire un week-end à Valenciennes ?". Il est vrai qu'à priori cette ville, anciennement industrielle et minière, située à la frontière belge et sous-préfecture du département du Nord, n'a pas une réputation touristique.

En premier lieu je rendais visite à un ami qui ouvrait les portes de son atelier, ensuite cela me donnait l'occasion de visiter le Musée des Beaux Arts (ceux-ci offrent souvent de belles surprises), et d'aller également au musée Matisse du Cateau-Cambrésis.  

Le musée de Valenciennes ne m'a pas déçu,  il possède un ensemble remarquable de tableaux flamands du XVIIe (qui complétaient ma visite récente de l'exposition Jordaens), et bien d'autres richesses que j'ai pu admirer dans le calme et la tranquilité.

Je vous propose quelques oeuvres parmi celles qui m'ont touchées, et en préface la photo de la Basilique Notre Dame du Saint Cordon de Valenciennes. La partie restaurée est éclairée toute la nuit :  c'est superbe ! 

   
        photo MP

notre-dame-du-saint-cordon.jpg 
Si vous souhaitez connaître l'origine du Saint-Cordon : link

Le Musée des Beaux Arts
                       photo MPmusee-valenciennes.jpg
LES PEINTRES FLAMANDS

Pierre Paul Rubens - 1577-1640
                                                               photo webdescente-de-croix---peter-paul-rubens.jpg                                           détail photo MP descente-de-croix-detail.jpgJordaens - 1593-1678
L'arrestation du Christ
                        photo Web
Sans-titre-1.jpgAntoine van Dyck - 1599-1641
Le martyre de Saint Jacques
                                       photo webvan-dyck-et-atelier---le-martyr-de-saint-jacques.jpgMaarten de Vos - 1532-1603
L'adoration des Mages
                                    photo MPMarteen-de-Vos---l-adoration-des-mages.jpg                                      détail - photo MP
marteen-de-vos-detail.jpgFrans Pourbus le jeune - 1569/1570-1622
Portraitiste à la Cour de Bruxelles puis appelé à Paris il a réalisé le grand portrait de Marie de Medicis qui se trouve au Louvre. Le rendu des tissus est fabuleux.
Portrait d'Elisabeth de France
                                                              Photo MPFrans-II-Pourbus---Elisabeth-de-france.jpg                                                               détail photo MPpourus-datail.jpgJoachim Beuckelaer - 1534-1574 -
peintre des kermesses, et des marchés pretextes à des somptueuses natures mortes.
La pourvoyeuse de légumes
                          photo MPjoachim-beuckelaer.jpg                    détail photo MPbeuckelaer-detail.jpgBrueghel Jan I dit Brueghel de Velours - 1568-1625
Paysage au moulin
                           photo MPjan-I-Brueghel-paysage-au-moulin.jpgLES NATIFS DE VALENCIENNES
Antoine Watteau - 1684-1721, créateur du mouvement rococo inspiré par la commedia dell'Arte
La danse
                                                     photo webwatteau-la-dande.jpg
Jean Baptiste Carpeaux - 1827-1875 - peintre mais surtout sculpteur - Le musée lui consacre un grand espace
Autoportrait
                                   photo MPcarpeaux-autoportrait.jpgLe bal masqué au Tuileries - 
                      photo MPcarpeaux-le-bal-masque-au-tuileries.jpgLa première robe longue - terre cuite
                                                photo MPcarpeaux-la-premiere-robe-longue.jpgFrère et soeur - deux orphelins du Siège - terre cuite
                                        photo MPcarpeaux-frere-et-soeur-deux-orphelins-du-siege.jpgLes 4 joyeux personnages pour la Fontaine Watteau de Valenciennes - plâtre patiné
                                     photos MPcarpeaux-fontaine-watteau.jpgcarpeaux-fontaine-watteau-1868-platre-patine.jpgcarpeaux-watteau3.jpgcarpeaux-watteau4.jpgPour terminer cet aperçu très incomplet des oeuvres du Musée, ce tableau de Felix Auvray, né à Cambrai en 1800 et décédé à 33 ans,
La naissance de la vierge
                    photo MPfelix-auvray-cambrai-1800-1833---la-naissance-de-la-vierge.jpg

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Publié dans : #Expositions à Paris
"LA GLOIRE D'ANVERS"
(...) où donc as-tu trouvé ton soleil, ô Jordaens ? Ce pauvre soleil gris que le brouillard fait fondre (...)" Victor Hugo

Jacques Jordaens nait le 19 Mai 1593 à Anvers. Jacques est son véritable prénom (Jacus sur son acte de baptême). La transformation de Jacus en Jacob date du XIXe  dans le contexte de la renaissance linguistique flamande. Son père pratique le commerce du drap mais la famille Jordaens compte des peintres et des encadreurs dès le XVe siècle. Elle est aussi apparentée à l'une des principales dynasties de peintres-marchands, experts en commerce de l'Art, les "Goetkint".
Jordaens reçoit une éducation caractéristique de la bourgeoisie de son époque. S'il ne possède pas la même culture que Rubens (qui a étudié au collège Jésuite le latin, la littérature classique et les humanistes), il pratique quelques langues modernes dont le français.
En 1607-1608 Jordaens entre en apprentissage chez Adam van Noort, dont il épousera la fille Catharina en 1616;
Cette même année 1616 il est reçu franc-maître de la guilde de Saint Luc comme peintre à la détrempe (peinture dont les pigments sont liés à une solution aqueuse - gouache ou aquarelle - mais la détrempe peut aussi être associée à la tempera, pigments liés avec de l'oeuf). Jordaens se destinait sans doute à la production de cartons de tapisserie. La guilde définissait le cadre réglementaire de l'exercice de la profession, regroupait notamment les peintres d'Anvers et constituait un important lien de sociabilité et de solidarité.
A cette époque Jordaens commence sa collaboration avec Rubens. Contrairement à Rubens, qui fit en particulier un long séjour en Italie (8 ans), Jordaens ne quittera jamais Anvers. Dans sa ville, spécialisée dans le commerce d'art il a toutefois la possibilité de voir des oeuvres et des copies gravées venant de toute l'Europe. D'autre part Rubens a ramené de son séjour en Italie un savoir colossal : il en fera sans doute profiter son jeune collaborateur.
En 1620 Jordaens ouvre son propre atelier. Il aura jusqu'en 1660 de nombreux élèves (un seul sera connu, Jan Boeckhorst qui fréquentera aussi l'atelier de Van Dyck). L'atelier est tout à la fois école, manufacture, lieu d'exposition et boutique. Les assistants travaillent sur tout ou partie du tableau et réalisent les variantes plus ou moins nombreuses des oeuvres à succès du maître.
Les dessins et esquisses sont essentiels pour Jordaens. Splendides et parfois très aboutis ils peuvent servir de modèles. Les collaborateurs puisent dans les dessins, tenus sous clef, d'enfants, de femmes, d'hommes, jeunes ou vieux, d'animaux, qui leur permettent de composer des tableaux.
Lorsque Rubens disparait en 1640, suivit de Van Dyck en 1641, Jordaens devient le plus grand peintre Anversois.
A la fin de sa vie c'est un homme riche et considéré. Il meurt en 1678 le même jour que sa fille Elisabeth, ils ont probablement été victimes d'une épidémie. Ils sont tous les deux inhumés dans le cimetière calviniste (ou dans l'église) de Putte, de l'autre côté de la frontière hollandaise.
Reconnu en France dès le début du XVIIIe (les collections royales acquièrent pour Louis XV "Le Christ chassant les marchands du temple"), la popularité de Jordaens a chuté à partir de 1950, il était moins connu que Rubens et considéré comme son successeur et sa peinture réaliste ne correspondait plus aux critères du XXe siècle.
La rétrospective que lui consacre le Petit Palais, la première en France, est une réussite, on ne peut qu'être ébloui par les grandes compositions religieuses, les banquets réjouissants, les portraits familiaux et les très beaux dessins, à la pierre noire, à la plume ou au lavis.
Et je rêve depuis ma visite d'aller à Anvers....
Le parcours de l'exposition est organisée de façon thématique :
 
- L'ARTISTE, SA FAMILLE ET LES PEINTRES D'ANVERS

La famille Jordaens est unie et ses membres incarneront souvent les personnages des tableaux du maître, notamment sa fille Elisabeth qui est présente de sa petite enfance à sa maturité. Jordaens fera uniquement les portraits de ses proches, Van Dyck était le maître pour les commandes royales et la bourgeoisie s'adressait à des peintres spécialisés.

Autoportrait fin des années 1640 - huile sur toile  81,5x59cm - Munich
    
1317341107 1645-1649-jacob-jordaens-autoportrait-huile-sur-
 
 
Autoportrait de Jordaens avec sa femme Catharina, leur fille Elisabeth et une servante
1621-1622 - huile sur toile 181x187cm - Madrid Prado 
The Family of the Artist by Jacob Jordaens

Portrait d'une jeune dame montrant son bijou (Elisabeth ?) vers 1637 huile sur toile 74,5x55,5cm
Sans-titre-7
La Sainte famille vers 1620 huile sur bois 105,8x75,5cm - (L'enfant est Elisabeth et la Vierge Catharina)     sainte famille


- LA BIBLE ET LES SAINTS
Dans ce domaine l'activité de Jordaens est féconde. Elevé par ses parents dans le catholicisme il se convertira au calvinisme au milieu du siècle, mais cela ne l'empêchera pas de continuer à travailler pour l'église et une clientèle catholique. Dans son oeuvre se mêlent les apports de Rubens et du Caravage.

L'adoration des bergers -  1616-17- huile sur toile - 255x175cm - Musée de Grenoble
2.L'adoration des bergers- Photographie © Musée de Grenob

    Le sacrifice d'Isaac - vers 1625-1630 huile sur toile 242x155cm the sacrifice of isaac
Adam et Eve - La chute de l'homme - vers 1640 - huile sur toile 184x221cm - Budapest -
d'après Rubens qui avait lui-même copié Titien
Jacob-Jordaens-The-Fall-of-Man-2-

Adam et Eve - Rubens - 1628-1629 -  huile sur toile   237x184 -- Le Prado -
rubens-Adam-et-Eve
 
Titien - Adam et Eve - vers 1550 - huile sur toile - 240x186cm -  Le Prado -
adam122 titien
Les quatre évangélistes - 1625-1630 - huile sur toile 134x118cm - Musée du Louvre

Ce tableau, objet de nombreuses interprétations iconographiques, fait maintenant consensus sur la représentation des quatre évangélistes mais leur identification reste problèmatique. Il y a quelqes années, l'historien allemant Christian Tümpel a désigné le jeune homme en blanc comme étant Jean, le personnage près de lui serait Matthieu, ils sont au premier plan près de la Bible. Derrière eux, Marc, dont le premier métier consistait à fabriquer des toiles de tentes s'appuie sur la tenture, et le personnage qui écrit serait Luc (Jordaens a pris pour modèle le calligraphe de la guilde de ...Saint Luc.. de Graef).
4.les quatre évengélistes © RMN-Grand Palais (musée du
- LES DECORS PROFANES

Deux oeuvres marquent son apogée dans ce domaine : "Le temps fauchant la calomnie et le vice", et "la mort étranglant la jalousie" peint en collaboration avec Rubens pour la salle d'apparat de la "Maison des bois" résidence princière aux environs de la Haye. L'exposition présente une vidéo de ces oeuvres.
Mais nous avons plus près de nous un exemple de ces décors : dans la galerie est du Palais du Luxembourg, le plafond de l'annexe de la Bibliothèque du Sénat conserve depuis le Consulat douze peintures réalisées par Jordaens pour sa demeure anversoise : les douze signes du zodiaque.  
Le verseau
Jordaens - AquariusLa vierge
Jordaens - Virgo
- QUOTIDIENS ET PROVERBES

Les proverbes constituaient l'un des rares lieux de rencontre entre le savoir des élites et le plus grand nombre. Leur représentation avait un arrière-plan moral : montrer, éduquer, divertir.
Le nom de Jordaens est inséparable des diverses version du "Roi boit", représentation de la fête de l'Epiphanie.

Le Roi boit - 1638-1640 - huile sur toile 156x210cm - Musée royale de Bruxelles -
Le cartouche sur le mur du fond indique "où la boisson est gratuite il fait bon vivre", et Jordaens en autoportrait au premier plan rend le repas trop arrosé ! 15.Le-roi-boit©-Musées-royaux-des-Beaux-Arts-de-Belgique- 
  " Comme les vieux ont chanté, ainsi les jeunes jouent de la flûte" -
  1640-1645 - huile sur toile 154x208cm - Valenciennes Musée des Beaux Arts -
Jordaens se représente jouant de la cornemuse
jordaens130922p
Le satyre et le paysan - 188x168cm - huile sur toile - Musée Royal de Bruxelles
Une famille de paysan et un satyre sont assis à la même table. Le paysan souffle sur sa cuillère de soupe pour la refroidir, le satyre l'a vu un peu plus tôt, dans la campagne, souffler sur ses mains pour les rechauffer : "Cette homme souffle de la même bouche le chaud et le froid, comment lui faire confiance ?" et le satyre effrayé quitte la table !12 -Satyres-et-paysans1
- HISTOIRES PROFANES ET MYTHOLOGIE

Dès le début de sa carrière Jordaens traite les thèmes mythologiques, mais son regard est différent de celui de Rubens, il vide le mythe de son tragique pour aller vers la satyre et célébrer aussi la Nature.

    Allégorie de la fécondité de la terre -  vers 1623-1625 - huile sur toile - 180x241cm -  Bruxelles -Allegory-Of-Fertility-1618-1628Details-Jacob-Jordaens
Le Banquet de Cléopâtre - 1653  - huile sur toile -156,4x149,3cm  - Saint Petersbourg f9a8e2013b506604561cb6b104c5a0fc
 
Candaule faisant épier sa femme par Gygès - vers 1646 - huile sur toile -193x157cm -  Stockholm
Le tyran Candaule, fier de la beauté de sa femme contraint un courtisan, Gygès, à l'épier au moment de son coucher. La Reine s'en aperçoit et  se venge. Elle convoque Gygès et lui propose un marché : soit il assassine Candaule pour obtenir sa main et le trône de Lydie, soit il est exécuté. Gygès poignarde le roi et s'empare du trône.
10.Candaule faisant épier sa femme par GygèsPhoto © Nati
- MODELES CARTONS DE TAPISSERIES ET TENTURES

Jordaens conçut des modèles dans des registres divers : littérature proverbiale, thèmes équestres, mythologie et histoire antique ou médiévale. Sa spécialisation de peintre à la détrempe l'avait préparé à oeuvrer dans cette voie. Cartonnier de premier ordre, Jordaens participe au rapprochement entre lissiers et peintres qui marquera l'évolution de la tapisserie au XVIIe.

Carton - Chasseur et sa meute - pierre noire, aquarelle et gouache - 35,5x50,2cm - Londrescarton
La tapisserie - après  1639 -  laine et soie - 365x610cm -  Vienne
tapisserie
    Coups de coeur pour  toutes les études et  dessins de Jordaens  :
Parmi eux ces deux têtes de femme - huile sur bois 58,5x65,5cm - Nancy - Musée des Beaux Arts11-2-full
Photos Internet - Texte MP -

EXPOSITION DU 19 SEPTEMBRE au 19 JANVIER 2014 - Petit Palais Paris

    

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 12 Septembre 2013 -
De passage en Touraine mes pas me mènent au Prieuré de Saint-Cosme. Il s'y tient, dans l'ancien réfectoire, une exposition d'Ernest Pignon-Ernest (aucun lien avec Edouard Pignon) dont je connais peu les oeuvres. Je pénètre dans un très joli parc fleuri, passe devant la maison où a séjourné Ronsard, parcours les ruines de la chapelle pour atteindre le réfectoire.
Je n'ai pas ouvert le petit livret que l'on m'a remis à l'entrée, je veux d'abord "voir".
L'exposition s'appelle "Extases". Je découvre, en entrant, de magnifiques dessins (je comprendrai bientôt qu'ils sont préparatoires). L'extrémité du réfectoire est dans l'obscurité totale, puis un éclairage fait surgir une femme à demi couverte, la tête rejetée en arrière, bras au ciel dans la position d'un crucifié. C'est un portrait grandeur nature, dessin serigraphié collé sur un support dur, ondulé et corné, posé sur un miroir d'eau. Le reflet donne la sensation que la femme est en lévitation. Puis une seconde femme s'éclaire, aussi douloureuse mais offerte. Une troisième, une quatrième jusqu'à la septième, toutes en état de souffrance. Ce sont presque des sculptures. La mise en scène porte au recueillement. Le mysticisme se confirme avec la flamme rouge qui, au final, s'allume au fond du décor comme la veilleuse des églises indiquant la présence divine. 
Je demeure longtemps à admirer les apparitions de ces femmes torturées, je suis fascinée mais toujours sans comprendre qui elles sont, qu'importe l'émotion est là tellement forte qu'il me faudra faire un effort pour partir.
Plus tard, la lecture du livret confirme mon impression mystique. Ernest Pignon-Ernest a représenté sept femmes en état d'extase, sept femmes "épouses du Christ" : MadameGuyon, Marie-Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila et Marie de l'Incarnation.
"(...) Comme une quête et un défi, j'ai, en imaginant leur portrait tenté de représenter l
'infigurable, cherché comment faire image de chairs qui aspirent à se désincarner, comment exprimer ces contradictions intenses, ces paradoxes  spirituels et charnels, ces corps masqués et dévoilés traversés de plaisir et d'angoisse, de désir et de rejet (...)" Ernest Pignon-Ernest 
 
13 septembre -
Je veux "revoir" une fois encore, dans le silence et dans le noir, ces femmes en extase, les redécouvrir une à une. Mon émotion est la même et j'aurai, à nouveau, beaucoup de mal à me détacher du lieu. 
  Photos et diaporama MP 
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Ernest Pignon-Ernest  est un artiste de la rue. Il a affiché des images sérigraphiées (le plus souvent des corps à l'échelle1) sur les murs de Soweto, d'Alger, de Naples. Il dénonce l'art construit pour les musées et expositions (il y participe toutefois) et partage le sien avec générosité. Je pourrai donc photographier en toute liberté cette exposition et partager avec vous ma fascination.
 
VOIR LA VIDEO DE MA VISITE - cliquez   link
       
 
 Demeure de Ronsard - Prieuré de Saint-Cosme - La Riche - Indre et Loire
 jusqu'au 6 octobre 2013. 

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Le château de Saché, au coeur de la Touraine, a été érigé au Moyen-âge et remanié à la Renaissance. Il a été mis au goût du XIXe siècle par son propriétaire de l'époque, Jean Margonne, qui y  reçut souvent Honoré de balzac. A Saché de 1830 à 1837, Balzac travailla à l'écriture du "Père Goriot", des "Illusions perdues" et de la "Recherche de l'absolu" et surtout trouva l'inspiration pour écrire "Le lys dans la vallée".
Devenu Musée Balzac en 1951, le château accueille en ce moment des oeuvres de Pierre Alechinsky illustrant un essai peu connu d'Honoré de Balzac, le "Traité des excitants modernes", publié en 1839, en préface au livre de Brillat- Savarin "La physiologie du goût".
Dans cet essai Balzac décrit "les effets nocifs de l'absorption de cinq substances, découvertes depuis environ deux siècles, introduites dans l'économie humaine et qui connaissent des développements si excessifs que les sociétés modernes peuvent s'en trouver modifiées d'une manière inappréciable".
Les cinq substances sont l'alccol, le sucre, le thé, le café et le tabac. Balzac, qui n'était pas sans consommer ces substances - en particulier le café qu'il buvait sans modération - veut démontrer "l'influence sur les destinées humaines de ce qui entre dans la bouche". Il en fait tantôt la critique, tantôt l'éloge, cite des anecdotes, donne des recettes, prévient qu'elles peuvent mener à l'apathie et à la mort. Même si ce que Balzac démontre n'est sans doute pas toujours crédible, le texte reste passionnant, drôle et visionnaire : il devance notre récent "le tabac tue" inscrit sur les paquets de cigarettes ainsi que les recommandations sur l'abus d'alcool et de sucre.
Pierre Alechinsky ne fait pas une illustration mot à mot, on note deux ou trois allusions au texte de Balzac : le tabac qu'il exprime par une fumée de bateau à vapeur (Balzac parle "des prolétaires fumant comme des remorqueurs") ; un récipient pour évoquer le café ou le thé... Alechinsky reste toujours en retrait du texte, laisse aller son imagination et affirme "imager n'est pas concurrencer".
Pour l'édition publiée en 1989 (Editeur Yves Rivière), Alechinsky signe quatorze linogravures et sept eaux-fortes hors texte. Pour le livre, Alechinsky qui avait d'abord réalisé des eaux-fortes à l'aquatinte a finalement opté pour la linogravure compatible avec une presse typographique. Les sept hors textes sont des eaux-fortes en gravure profonde. L'exposition montre l'intégralité des illustrations associées à des extraits de l'essai. Viennent ensuite les variations plastiques déclinées en 1999 et 2009 : dix grandes encres marouflées sur toile et surmontant une prédelle d'une ou deux linogravures, puis les eaux fortes rejetées qu'Alechinsky complète et agrandit avec d'autres gravures en ajoutant des bordures peintes à la tempera.
Le château a réservé quatre salles aux oeuvres. Les autres pièces sont meublées XIXe : salle à manger, salon, chambre de Balzac, salle Rodin, et la "salle de l'imprimerie" où l'on peut admirer trois belles presses.
Une exposition à ne pas manquer si vous passez près de Saché, par contre ne boudez pas le plaisir de lire l'essai savoureux de Balzac.

       Le château - photo MP
SAM 3833
Photos Web
Inauguration de l'exposition en présence d'Alechinsky
images

 
Une plaque de linogravure, en dessous le tirage sur le livre - 
linogravure copie
 livre


photos MP 
Les hors texte   
Une plaque d'eau-forte sur cuivre, en dessous le tirage papierSAM 3827

 

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 Autres hors texte

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 photos Web 

 Quelques variations de 1999 et 2009
Les encres marouflées sur toile avec une predelle avec une ou deux linogravures

Sans titre-1Sans titre-1 copie
Les variations avec bordures peintes à la tempera
photo web
2013-alechinsly-balzacphotos MP
Les grands formats
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SAM 3823 SAM 3824   
 "Salle de l'imprimerie"

Une presse lithographique à corneSAM 3829

Une presse typographiqueSAM 3830Une presse à reliure
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Jusqu'au 29 septembre 2013- Musée Balzac - 37190 Saché
Honoré de Balzac - Traité des excitants modernes - édition de poche Babel n° 122 - avec les reproductions des linogravures, des textes de Pierre Alechinsky et de Michel Butor.



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Publié le par voir-ou-revoir
Publié dans : #Chateaux

Situé au nord-ouest de Paris, à quelques kilomètres de Magny en Vexin, le parc de soixante dix hectares du domaine de Villarceaux enchante par ses pièces d'eau, son jardin renaissance, sa terrasse italienne bordée de palmiers, son manoir et ses deux châteaux.
Le domaine a appartenu à la famille de Mornay durant plus de quatre siècles. Le dernier héritier, Louis de Mornay marquis de Villarceaux (1619-1691), Capitaine de la meute royale des 70 chiens courants pour la chasse au renard et au lièvre de Louis XIV, n'ayant pas eu d'enfant, le domaine fut transmis à son neveu Charles de Tillet. La famille du comte de Villefranche, dernier propriétaire, sera expulsée en 1975. La fondation Léopold Mayer se portera acquéreur et la gestion de Villarceaux est assurée par le Conseil Régional de l'Ile de France depuis 1989.
Le château du bas
Son histoire commence au XIe ou XIIe siècle. Reconstruit, fortifié, agrandi durant la Renaissance, il n'en reste aujourd'hui qu'une tour d'angle dénommée "Tour Saint Nicolas" avec les murs qui l'encadre et l'ancien logis seigneurial. Françoise d'Aubigné (1635-1719) y séjourna après la mort de son mari, le poète Paul Scarron. Elle fut durant trois ans la maîtresse de Louis de Mornay avant de devenir l'épouse secrète de Louis XIV. L'histoire la retient sous le nom de Madame de Maintenon. Louis de Mornay serait l'auteur d'un portrait de Françoise Scarron aujourd'hui exposé dans le château du haut.

Le manoir
Construit au XVIIe, situé au bord de l'eau, il comporte une tour et un passage vouté. Il abrita les amours de Louis de Mornay et de Ninon de Lenclos.

Ninon (1616-1705) a vecu le règne de Louis XIII et le Siècle de Louis XIV. Figure presque légendaire de femme galante et savante du XVIIe - peu de personnalités de ce temps eurent une aussi riche collection de souvenirs que la sienne - c'est elle qui accueillit Françoise d'Aubigné à Villarceaux.
Le château du haut
Il a été construit entre 1755 et 1759 pour Charles du Tillet, marquis de Labuissière. Cette maison de villégiature bourgeoise, de style Louis XV classique, abrite une belle collection de meubles du XVIIIe.

L'histoire est intéressante - la visite obligatoirement guidée nous l'apprend - mais c'est surtout le plaisir de la promenade dans le parc, sur les terrasses, dans le jardin des simples et autour des plans d'eau qui m'a séduite. Le jardin sur l'eau est remarquable. J'ai également beaucoup aimé la montée au château du haut par un talus dit "en vertugadin" et la vue que l'on découvre de sa terrasse.

         photos MP
        L'entrée du parc,  la Tour Saint Nicolas et le château du bas
1

 3        Le manoir de Ninon - vue de l'accueil2       Les écuries4

        L'entrée du manoir5

       Le manoir après avoir franchi le passage vouté       6       Le jardin des simples7        8        Le jardin sur l'eau11        Au loin le chateau du haut12

        Le grand plan d'eau - Au XVI- siècle les Mornay y développe la pisciculture. L'activité est très profitable du fait de l'obligation religieuse de "faire maigre" de nombreux jours de l'année. Le domaine approvisionne entre autres Versailles et Paris.15

       La montée au château16 17         La  salle à manger- au fond le portrait de Françoise Scarron19

      Le grand salon - de larges baies donnent sur le bassin et sur les collines du vexin20

 

18

 

C'est l'un des plus beau site de l'Ile de France, l'un des plus méconnu aussi. Peu de monde à la visite guidée qui dure presque deux heures. L'entrée est gratuite.

Ouvert du 6 avril au 20 octobre - en basse saison de 14 h à 17 h, mercredi, samedi, dimanche
du 1er juin au 31 août, tous les après midi sauf le lundi.

DOMAINE DE VILLARCEAUX

95110 CHAUSSY

Tel 01 34 67 74 33     

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